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jeudi 2 mars 2017

Toujours d'actualité : la guerre du cèdre au Maroc

jeudi 2/3/2017

Accueil / A C T U A L I T É / Guerre du cèdre au Maroc: silence on coupe !
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Maroc : la guerre du cèdre, un autre écocide impuni
Cédraie: silence, on coupe !

Chaque nuit, depuis plusieurs jours déjà, le rythme et les nombres d’abattages clandestins de cèdres centenaires se sont multipliés. L’impunité dans laquelle se font ces abattages a grandi. Les forestiers les plus courageux et les plus déterminés quand à eux, réfléchissent à deux fois avant de « s’interposer » pour essayer d’arrêter l’hémorragie.
Ces agents qui sont armés sans permission de port d’armes, qui risquent leur vie à chaque intervention sans pour autant avoir d’indemnités de risques, qui sont appelé à « réagir » de nuit comme de jour alors qu’ils sont considérés comme de simples fonctionnaires, n’ont plus la motivation pour risquer leurs vies comme avant.

Pas par peur, non. Ça n’a jamais été un problème. Pas par paresse, non. On ne devient pas forestier quand on est paresseux. Mais plutôt par crainte du déshonneur. Car aux risques du métier, au manque de moyens et aux conditions difficiles s’est ajouté le risque…d’aller en prison. c’est la goutte qui fait déborder le vase.
Depuis qu’on a mis leurs collègues au cachot avec les criminels de droit commun, qu’on les a séparés pour les mettre chacun dans une cellule, parfois même avec des proches du jeune qui est mort lors de la nuit fatidique, depuis qu’on a sali leurs noms et qu’on les a sacrifié pour calmer une foule manipulée par les mafias de cèdres et les opportunistes en tout genre, depuis ce moment-là, les choses ont changé. Et ce changement est loin de bénéficier à la conservation du cèdre de l’Atlas, qui vient de rejoindre la liste rouge des espèces en danger.


 e/

samedi 9 janvier 2016

Pour Demain, ils changent le monde




Très inspirant, le film Demain est sorti ce mercredi dans les salles. Une ode à ceux qui ont transformé leur vie pour éviter la catastrophe. En Belgique aussi, nombreux sont ceux qui vivent déjà autrement
Le documentaire Demain, signé Cyril Dion et Mélanie Laurent (Dikkenek, Inglourious Bastards),  est sorti en salle mercredi 6/1. De nombreux citoyens belges font partie des 10.266 crowdfunders qui ont participé à la réalisation de ce beau documentaire, sous forme de road-movie, qui emmène les réalisateurs aux quatre coins du monde rencontrer ceux qui, à leur échelle, n'attendent pas les catastrophes climatiques et énergétiques annoncées pour transformer leur quotidien. En 2012, Cyril Dion et Mélanie Laurent sont assommés par les conclusions de deux chercheurs américains dans la revue Nature: jamais depuis la formation de la Terre les températures n'ont changé aussi rapidement qu'aujourd'hui et, si nous ne changeons pas à notre tour, nous assisterons au probable effondrement des écosystèmes à l'horizon 2040-2100.
Pourtant, il est encore possible de limiter les dégâts, c'est le sous-titre du film ("Partout dans le monde, des solutions existent"). Et des milliers de personnes dans le monde n'ont pas attendu la COP 21 ni l'Accord de Paris pour agir. Dans des zones détruites par un effondrement industriel, comme à Detroit, l'exode de la population a été tel qu'il était devenu très difficile de trouver des fruits et légumes frais. Les habitants restants se sont donc retroussés les manches pour installer 1.600 fermes urbaines sur les terrains vagues. Toujours aux Etats-Unis, San Francisco est devenue si performante en matière de gestion des déchets que 80 % d'entre eux sont aujourd'hui réutilisés, compostés ou recyclés. L'objectif d'atteindre zéro déchet en 2020 y semble réaliste. De la Scandinavie à l'Inde, on découvre comment des collectivités réinventent la mobilité douce, la démocratie participative, des usines vertes ou encore l'école.
"Faire circuler les objets, plutôt que les stocker ou les jeter, permet de retrouver l'abondance pour tous."
Car "tout est lié", dit Cyril Dion. L'alimentation est en lien avec l'énergie, l'énergie avec l'économie, l'économie avec la démocratie et la démocratie avec l'éducation. C'est la force de ce documentaire d'expliquer les choses très simplement et de montrer qu'on n'est pas obligé de tout changer d'un coup. Justement, comme tout est lié, chaque initiative en entraîne une autre. Et chacun "fait sa part".  "Ce n'est pas un documentaire écolo, relève Mélanie Laurent. C'est un regard sur la société telle qu'elle pourrait être demain." Et, franchement, ça donne plutôt envie… 
En Belgique aussi, nombreux sont ceux qui prennent les devants. Certains décident de ne plus produire aucun déchet , d'autres font pousser des légumes "à partager" dans les rues de la ville  ou produisent leur propre énergie renouvelable. Pour les soutenir, ils peuvent compter sur des réseaux, comme Alternatiba ou Mouvement de la Transition.

 Pour résumer: ce sont des communautés locales qui mettent en œuvre leur propre "résilience" aux crises (climatiques, énergétiques, monétaires, etc.). Le jeudi 17 décembre, à Bruxelles, trois groupes (1000Bxl en Transition, Ixelles en Transition et Etterbeek en Transition) organisaient justement un "Marché de Noël du gratuit". Nous y étions.

Un marché de Noël gratuit

Derrière les grandes baies vitrées de la Maison de quartier Malibran, une soixantaine de personnes, de looks, d'âges et d'origines variés, s'affairent. À l'entrée, une bénévole, chapeau de Noël sur la tête, explique l'initiative. "Le principe, c'est d'éviter la surconsommation, même à Noël. Si vous n'avez rien apporté à donner, ce n'est pas grave, vous pouvez quand même prendre ce qui vous plaît. Mais l'idée, c'est d'être raisonnable, de repartir seulement avec ce que vous êtes capable de porter, histoire qu'il n'y en ait pas certains qui repartent avec une remorque remplie, sourit-elle. Si vous avez apporté des choses qui n'ont pas été choisies, vous les reprenez en partant." Sur les tables, on trouve des livres, des vêtements, des jouets, de la déco… Le tout (sauf exception) en bon état. Les gens discutent dans un gentil brouhaha. Les contacts sont plus nombreux et plus chaleureux que lors d'un marché de Noël traditionnel.
"Faire circuler les objets, plutôt que les stocker ou les jeter, permet de retrouver l'abondance, sourit Frédérique, une autre bénévole. Mais ce n'est pas encore vraiment entré dans les mœurs. Les gens nous demandent: "C'est vrai que je ne dois rien payer? C'est tellement ancré en nous: même moi, quand je prends un objet ici, j'ai un peu l'impression de voler", sourit-elle.
C'est la troisième édition. Chaque fois, elles ont attiré beaucoup de monde. Même un peu trop, l'année passée… "A un moment, on ne s'en sortait plus", glisse Caroline, d'Ixelles en Transition. Lors des marchés gratuits organisés régulièrement sur la place Flagey, l'attitude de certaines personnes qui se ruaient sur les objets "comme des rapaces" la choquait dans un premier temps.
"Ça déçoit un peu, mais il faut surtout prendre ça comme une occasion d'apprendre, d'affiner les règles du jeu… On a envie de leur dire: "Il y en a assez pour tout le monde. Il faudrait réapprendre à partager". Mais on reste cool parce que le but, c'est surtout de permettre le lien… Et puis ceux qui prennent beaucoup ont certainement leurs raisons. Il faut plutôt essayer de discuter, pour comprendre." C'est ce qui les a poussés à insister sur l'accueil à l'entrée. "Si le contact est bon, si les principes sont bien expliqués, on limite les malentendus, explique François-Olivier Devaux, d'Etterbeek en Transition pour qui le marché gratuit prend un sens tout particulier à Noël. Ça rappelle qu'on peut tous donner."
"On a souvent une image très "bobo" du Mouvement en Transition, poursuit-il. Mais les marchés gratuits, comme les Repair Cafés (où des bénévoles retapent gratuitement des objets pour d'autres personnes), ce sont vraiment des points de rencontre entre différentes milieux." Pendant ce temps, trois musiciens d'une cinquantaine d'années s'installent avec une guitare, un oud et une derbouka pour installer une ambiance toute méditerranéenne. François-Olivier parle d'une dame, notamment, qui sans être impliquée dans le "noyau dur" de la Transition fait vraiment le lien entre le groupe et une communauté marocaine de la commune. "Elle ne vient pas aux réunions et pourtant, elle est vraiment devenue un moteur du marché du gratuit."
Après ce genre d'événements, les membres des Initiatives de Transition organisent un souper pour "fêter" ce qui a fonctionné, discuter de ce qui pourrait être amélioré. "Le côté célébration, autoremerciements est important", dit Caroline. "Si on fait ça uniquement par idéal altruiste, on s'épuise au bout de six mois, confirme François-Olivier. Parce que malgré l'énergie investie tout ne fonctionne pas, ce qui peut être très désespérant. D'où l'intérêt de fêter ce qui fonctionne, de renforcer les liens entre nous pour prendre soin de soi. Parce que la Transition, c'est avant tout une bande de voisins, d'amis."
Plus d'infos: www.reseautransition.be, https://alternatiba.eu

mardi 1 septembre 2015

La Fédération de la gauche démocratique promet des élus « transparents » et des communes « vertes »


La Fédération de la gauche démocratique promet des élus « transparents » et des communes « vertes »

Représentée par Nabila Mounib, la Fédération de la gauche démocratique a présenté un programme axé sur la transparence des élus et la lutte contre la pollution.

C’est épaulée du vétéran du Parti socialiste unifié, Mohamed Bensaïd Aït Idder, que Nabila Mounib a présenté, le 25 août, le programme de la Fédération de  la gauche démocratique (FGD) pour les élections communales du 4 septembre. La candidate aux élections communales de Sidi Belyout a fait part de sa fierté de « présenter une liste qui compte beaucoup de compétences » en vue des prochaines échéances électorales. Pour rappel, la FGD est une alliance composée du PSU, du parti d’avant-garde socialiste démocratique (PASD) et du Congrès national ittihadi (CNI).

Déclaration de patrimoine

Dans son programme, la FGD détaille sa vision de la gestion communale. Dans son discours, Nabila Mounib a évoqué des principes comme la « transparence » et l’ « honnêteté ». La secrétaire générale du PSU s’est également engagée à  lutter « contre la corruption, la marginalisation et l’exclusion ».   La FDG promet de soumettre tous les conseillers communaux et régionaux à une déclaration de patrimoine au début et à la fin de leurs mandats. Dans le même ordre d’idées, elle promet une transparence au niveau du budget de la commune, de l’octroi de marchés et la publication des rapports et comptes rendus
Au niveau de l’administration, l’alliance représentée par Nabila Mounib compte  faciliter et informatiser l’accès des citoyens aux documents administratifs. Elle compte également revoir  les dossiers relatifs aux gestions déléguées de l’eau, de l’électricité, de l’assainissement ainsi que celle des zones de stationnement. Une gestion déléguée sur le dos de  laquelle la FGD met la cherté des services.

Une commune plus verte

Dans son programme, résolument tourné vers le social, la FGD prévoit également de « sauver et réhabiliter les établissements scolaires publics ». L’alliance des trois partis de gauche veut également mettre en place des programmes de traitement contre l’addiction destinés aux « jeunes des rues ».
Enfin, la FGD veut des communes plus vertes. Elle prévoit notamment de protéger les espaces verts, de mettre en place des  pistes cyclables ainsi que des journées sans voitures au centre des communes. L’alliance qui était représentée par Nabila Mounib compte aussi construire des toilettes publiques, des parkings souterrains et aériens. Finalement, un système de tri des déchets est prévu.
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mardi 7 octobre 2014

Pierre Rabhi, un humaniste vigilant et créatif

Philosophe, agriculteur écologiste, écrivain, Pierre Rabhi est l'un des invités d'honneur du colloque "Comment construire une société avec nos fragilités ?" organisé les 10, 11 et 12 octobre à Toulouse par l'association "Une place pour chacun". Apprentis d'Auteuil est partenaire de l'événement. Interview.

Pourquoi vous êtes-vous, dès 1961, soucié de l'homme et de son environnement ?

J’avais décidé de faire un retour à la terre pour me soustraire à la civilisation “hors sol” que commençaient à dessiner, sous mes yeux, ce que l’on nommera plus tard les Trente Glorieuses. L’agroécologie me semblait concilier approche de la nature et activité vivrière. J’entends l’agroécologie comme l’ensemble des pratiques agricoles préservant, voire améliorant, les ressources naturelles, et favorisant l’autonomie alimentaire des populations. Vingt ans plus tard, je suis allé au Burkina Faso en Afrique pour transmettre aux paysans ce que j’avais appris et compris : prendre soin de la nature et l’honorer, c’est prendre soin de l’être humain et l’honorer. Je suis devenu le fils, le responsable, l’amant de la Terre. 

Pierre Rabhi en Ardèche © Guillaume Atger/Divergence

Vous avez créé des structures (1) dans le cadre d’un projet de société écologique et humaniste. Pourquoi ?

Les êtres humains doivent comprendre une réalité : Avons-nous besoin de la nature ? Oui ! La nature a-t-elle besoin de nous ? Non ! Nous devons sortir de cette agriculture qui produit et détruit en même temps. 60 % du patrimoine nourricier de l’humanité représenté par la semence transmise de génération en génération depuis 10 000-12 000 ans, a déjà disparu. Je parle d’un crime contre l’humanité, car nous confisquons graduellement aux êtres humains la capacité de se nourrir par les ressources dont ils ont hérité de l’histoire de l’humanité et de la nature.
(1)    Le monastère de Solan, Terre & Humanisme, La Ferme des enfants, Le Hameau des Buis, Oasis en tous lieux, Les Amanins, Colibris

Est-il encore temps d’interpeller l’être humain ?

Je proclame et j'écris inlassablement que la Terre n'est pas un gisement de ressources à épuiser mais une magnifique oasis de vie à aimer. Plutôt que de se réjouir, de prendre soin, d’organiser un vivre ensemble harmonieux sur cette planète magnifique qui offre absolument tout, l’humanité la massacre, en fait un champ de bataille, une banque, un casino… Quand le dernier arbre aura été coupé, que la dernière rivière aura été empoisonnée, que le dernier poisson aura été capturé, alors seulement, l’humanité découvrira que l’argent ne se mange pas. Par ailleurs, sans en être pleinement consciente, l’humanité se détruit avec des maladies générées par une nourriture toxique, une eau impure, un air pollué… 
N’oublions jamais, que sur les 24 heures de formation de la planète, l’Homme est apparu dans les deux dernières minutes ! Je n’ai pas peur de la destruction de la planète, j’ai peur de la disparition de l’homme.

Comment préserver « cette magnifique oasis de vie » ?

J’ai intitulé un de mes livres Vers la sobriété heureuse. Nous sommes dans un système où la publicité nous harcèle avec des : « Achetez, achetez, achetez ! ». Or,les ressources de la planète sont limitées. C’est la raison pour laquelle je remets en question la notion de croissance économique. Pour favoriser la croissance, nous détruisons les forêts, écumons les mers, saccageons la planète sans pour autant générer une prospérité équitablement partagée. 
Aujourd’hui, sur notre planète, des femmes et des hommes sont dans l’incapacité de donner un bol de riz à leurs enfants ! Des frères humains vivent dans la détresse la plus absolue et d’autres consomment des anxiolytiques dans une société repue ! 
L’argument selon lequel nous sommes trop nombreux est un alibi facile. Sans prêcher pour la prolifération humaine indéfinie, j’affirme que la planète peut nourrir énormément de monde, à condition de ne pas gaspiller, de cultiver correctement et de donner à la survie biologique plus d’importance qu’à l’armement, par exemple. C’est une question de responsabilité de l’humanité.

Cette prise de conscience débute-t-elle, dès l’enfance, par l’éducation ?

En matière d’éducation, je déplore deux énormes erreurs : les enfants vivent dans un système de compétitivité - dominant-dominé - et non de coopération, et les établissements éducatifs donnent l’impression d’être des manufactures qui préparent un être humain formaté en occultant complètement la personnalité de chaque élève. Il est indispensable d’abolir ce terrible climat de compétition qui donne à l’enfant l’impression que le monde est une arène physique et psychique, produisant l’angoisse d’échouer au détriment de l’enthousiasme d’apprendre. Les établissements éducatifs devraient tous proposer de la terre à cultiver, des ateliers d’initiation manuelle, artistique…

Éduquer ne signifie-t-il pas faire naître l’enfant à lui-même ?

L’aider à révéler sa personnalité unique, être attentif à sa vraie vocation, à ses talents propres, à ses réelles compétences, l’accompagner dans son apprentissage de la vie, dans son devenir, et non l’obliger à suivre à tout prix un programme pour lequel il n’est pas fait ? Prenons l’enfant dans l’ensemble de ses dimensions, y compris émotionnelles, pour en faire un être humain accompli, capable de penser, de critiquer, de créer, de maîtriser et de gérer ses émotions, au lieu d’en faire un citoyen utile au système, avec la hiérarchie de l’excellence, de la beauté… Une logique totalement inhumaine. Il ne suffit pas de se demander : « Quelle planète laisserons-nous à nos enfants ? » Il faut également se poser la question : « Quels enfants laisserons-nous à notre planète ? »
La société doit, dès l’enfance, attirer l’attention sur la vie, le respect de la vie et le respect des autres… des femmes notamment. Pourquoi sont-elles subordonnées aux hommes ? Pourquoi le masculin domine-t-il tout ? Il n’y a aucune raison. Le masculin et le féminin sont complémentaires. Ce sont les deux énergies qui font la vie ! À partir de là, tout est possible : éduquer autrement, cultiver autrement, vivre autrement !

Est-ce votre père, forgeron, poète et musicien, qui vous a transmis cette sagesse ?

Cet homme simple, habitant une petite oasis du Sud algérien, travaillant le métal pour réparer les modestes objets du quotidien et vaquant, chaque jour, à ses occupations de père nourricier, m’a transmis de belles choses. Il était libre jusqu’au jour où la mine de charbon et son nouveau métier de conducteur de locotracteur, l’ont aliéné. Le soir, il rentrait le visage souillé. Souverain dans sa forge, il s’était mis à l’heure de la civilisation nouvelle. Cette exploitation de l’homme par l’homme m’a profondément blessé. 
Plus tard, avec ma double culture franco-algérienne, je me suis retrouvé entre le marteau et l’enclume et je me suis passionné pour la philosophie et les philosophes. En quête de vérité, Socrate conclut : « Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien ! »

Né dans une famille musulmane, vous vous êtes converti au christianisme, à l’âge de 16 ans. Et aujourd’hui ?

Je suis dans le divin. Je retiens deux lignes fortes : « Je ne sais rien » de Socrate et « Aimez-vous les uns les autres » de Jésus de Nazareth. Ce qui m’invite à plus de modestie et m’incite à comprendre et agir. 
La vie est une belle aventure lorsqu’elle est jalonnée de petits ou de grands défis à surmonter. Ils entretiennent la vigilance, suscitent la créativité, stimulent l’imagination et, pour tout dire, déclenchent l’enthousiasme, à savoir, le divin en nous.

Votre vrai nom Rabah Rabhi, le “vainqueur” en arabe, vous incite-t-il à toujours vouloir mieux ?

Il m’est très difficile de répondre à cette question. J’essaie de servir, par amour, mes convictions. J’essaie d’honorer le don que la vie m’a fait et d’être cohérent avec moi-même. J’aime m’impliquer dans ce qui construit et non dans ce qui détruit. Et je reprends, à ma manière, la légende amérindienne du colibri. Un jour, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activa, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou (mammifère d’Amérique tropicale, ndlr), agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! » Et le colibri de lui répondre : « Je le sais, mais je fais ma part. » Faire sa part modestement, honnêtement, avec beaucoup de ferveur, c’est participer au changement du monde.

samedi 28 juin 2014

A Skoura, le rêve d'une palmeraie 100% écologique






Une palmeraie 100% écologique

  • Écrit par La rédaction

La palmeraie de Skoura près de Ouarzazate par A. Azizi

Catherine et Philippe sont établis depuis 2006 dans la palmeraie de Skoura, province de Ouarzazate, et ont mis en oeuvre un projet d'agrotourisme sous la forme d'une ferme d'hôtes, du nom de Sawadi, pour l'accueil de visiteurs de passage dans un espace verdoyant entièrement géré selon les principes du développement durable. A ce titre là, ils ont reçu le 24 février 2014 à Agadir des mains de la Ministre déléguée chargée de l'environnement, Madame Hakima El Haite, le Trophée Maroc pour un tourisme durable, dans la catégorie environnement.
Aujourd'hui pleinement occupés à faire vivre leur ferme d'hôtes dans la palmeraie de Skoura, Catherine Quenisset et Philippe Ferrer Mora ne sont pas des nouveaux venus dans le domaine du développement durable puisque leurs professions en France les ont amené depuis longtemps à s'intéresser au développement de la qualité dans le monde de l'entreprise. C'est ainsi que tous deux ont participé à l'élaboration de la norme ISO 26000 relative à la responsabilité sociétale des entreprises, norme qui définit la responsabilité de toute entreprise en regard de l'impact de ses activités sur la société et l'environnement.
Catherine Quenisset et Philippe Ferrer Mora de la maison d'hôtes Sawadi par A. Azizi
Par un des heureux hasards de l'existence, ils découvrent lors d'un séjour au Maroc la palmeraie de Skoura et un projet de maison d'hôtes initié par un autre français sur un vaste terrain niché au milieu des palmiers. L'opportunité de reprendre en main ce projet les séduit et c'est alors qu'ils décident de poser leur vie au Maroc et d'ainsi poursuivre leur implication pour le développement durable, mais cette fois là, en mettant en pratique eux mêmes ce qu'ils enseignaient à d'autres, à savoir une activité économique performante mais qui n'impacte en rien sur la qualité environnementale de son territoire d'implantation et porteuse d'avantages sociaux pour la population avoisinante.
Au fil des années, Sawadi s'est agrandi pour passer de 4 à 20 chambres, une ferme s'est mise en place avec l'élevage d'une quarantaine de moutons, des chèvres, des volailles, des vaches. Un large espace est consacré à la culture des légumes et des fruits avec l'application effective des principes d'une agriculture biologique : zéro pesticide, zéro engrais, zéro produit chimique.
L'essentiel de ce qui se consomme ici est produit sur le lieu, grâce à une équipe motivée de 15 personnes et à une organisation maitrisée de tous les processus liés à leur activité : tri des déchets, compost, fabrication d'une lessive non toxique pour les sols, non traitement chimique de l'eau de piscine ...
La maison d'hôtes Sawadi par A. Azizi
Une activité économique qui crée de la richesse sans détruire son environnement
Comme aiment à l'expliquer Catherine et Philippe, Sawadi, c'est un véritable projet agricole et touristique avec une vraie exigence environnementale et cela fonctionne, contrairement à ce que trop de personnes continuer de penser. Pour eux, et l'expérience du terrain vient confirmer leur conviction, il est possible de cultiver le sol sans engrais, il est possible d'avoir du lait de qualité de la vache locale Tidili sans avoir besoin d'importer des animaux étrangers, il est possible de cultiver moultes légumes et fruits sans détruire les sols et les nappes phréatiques, il est possible de ne pas anéantir les abeilles par l'usage de tous les produits chimiques. Et, le plus important, il est possible de faire vivre une économie qui crée de la richesse sans détruire son environnement.
Catherine et Philippe considère Sawadi comme le prototype d'une activité touristique durable. Leur objectif, et finalement leur rêve, est que la palmeraie de Skoura devienne une palmeraie écologique, et donc durable. Sans cela, ce site naturel est voué à disparaitre comme ce fut le cas pour tant d'autres palmeraies.
L'urgence est double. Il faut avant tout cesser la destruction des sols par l'usage de tous les produits chimiques. Ils ont conscience que le point de départ de cette évolution doit se faire au niveau de la population, même si aujourd'hui, ils reconnaissent que personne n'est vraiment convaincu des avantages réels et surtout de l'efficacité d'une agriculture biologique.
L'autre urgence est selon eux est de maitriser le développement du tourisme dans la palmeraie. En l'absence d'une politique d'assainissement et de traitement des déchets, le nombre croissant de lieu d'hébergement sera catastrophique pour l’écosystème local et pour les habitants. A terme, et cela illustre le défi qui fait face à l'ensemble du Maroc, les touristes se détourneront de cette destination qui péréclitera peu à peu pour devenir un endroit sans économie, abandonné par sa jeunesse et sans plus d'avenir que de se voir recouvrir par les sables et l'oubli.
La maison d'hôtes Sawadi par A. Azizi
La Palmeraie de Skoura, laboratoire vivant de l'écologie
Pour parvenir à réaliser ce rêve d'une palmeraie 100% écologique, ils ont fait appel à leurs anciens réflexes professionnels et établi un plan d'action pour engager les évolutions nécessaires.
Selon eux, le premier des axes d'intervention est d'abord d'améliorer la vie des habitants de la palmeraie, notamment en apportant des réponses concrètes aux problèmes d'accès à l'eau ou bien à celui des transports. Ensuite, il convient de stopper l'impact négatif sur les sols par la mise en place d'un système de traitement des eaux et de tri sélectif des déchets. Enfin, et c'est le plus difficile, il faut travailler à l'évolution des habitudes en matière d'agriculture et pour y parvenir, ils proposent la mise en place d'un centre de formation où pourraient s'exercer les bonnes pratiques pour une agriculture biologique. Un tel lieu devraient notamment intégrer l'apprentissage des savoir faire artisanaux locaux et l'ensemble pourrait ainsi accompagner les adultes et les jeunes générations à s'approprier leur territoire pour le faire fructifier dans la durée et en saine harmonie avec le monde.
La palmeraie de Skoura pourrait ainsi devenir un lieu renommé de production de produits des terroirs : les produits à l'eau de rose, les confitures, le miel ... Elle pourrait redevenir un vrai oasis, un lieu de verdure et donc de fraicheur pour l'accueil de tous. Elle serait alors une source d'économie partagée entre tous les résidents, marocains comme étrangers.
De nombreuses personnes œuvrent déjà à cet objectif. Réunis en association ou par le biais de leur activité professionnel, comme ici à Sawadi, ils sont nombreux à comprendre que la Palmeraie de Skoura est sur le fil de son destin, que si rien n'est encore trop tard, rien n'est encore gagné.
Catherine et Philippe appellent de leurs voeux la mobilisation des responsables publics, au niveau local, provincial, régional et national, afin de faire de la palmeraie de Skoura l'exemple écologique pilote qui préfigurera le tourisme de demain, l'horizon 2030 de la vision stratégique du royaume.
C'est l'appel qu'ils ont lancé lors de la remise de leur Trophée Maroc 2014 pour un tourisme durable.
Une fois encore, l'équation gagnante pour un tourisme et un développement durables se confirme : le défi se joue et se gagne au niveau local ; population, acteurs privés et acteurs publics réunis dans un même mouvement.


mercredi 26 février 2014

Écologie : le Maroc s'améliore mais peut mieux faire

 Par : Athar HOUSNI, 27/2/2014


Bonne performance environnementale pour le Maroc durant ces dix dernières années. C’est ce qui ressort du dernier Indice de performance environnemental (IPE) 2014 publié par les universités Yale et Columbia.



Environnement 11En l’espace d’une décennie, le royaume a pu enregistrer une progression de 6,66% se plaçant, au titre de l’année 2014, au 81e rang sur 178 pays avec un score de 51,89 sur 100. Cet indice biennal qui permet d’évaluer écologiquement les pays du monde se base sur 22 indicateurs rassemblés en deux axes : la santé et l’écosystème. Après un mauvais classement en 2012 (105e sur 178), le Maroc s’est sensiblement amélioré grâce à de bons scores en matière d’exploitation forestière (100/100), de qualité d’air (99/100) et de mortalité infantile (64,96/100).



Les points faibles
Néanmoins, les chercheurs des deux universités américaines Yale et Columbia dévoilent des indicateurs stagnants ou à la baisse en matière d’accès à l’eau potable (26/100), ou de pêche où le Maroc a un score de 19,37/100. L’agriculture représente un indicateur qui s’améliore enregistrant une hausse de 14,48% en dix ans, notamment grâce à la régulation de l’utilisation des pesticides. Cela dit, malgré cette hausse, le classement reste assez piètre, soit au 161e rang sur 178, pour cette activité qui représente le cœur de l’activité économique du Maroc. Il est à noter que le Maroc est devancé, dans l’IPE 2014, par des voisins tels que l’Égypte, qui se classe à la 50e position, la Tunisie à la 52e ou encore la Turquie à la 66e. De son côté, l’Algérie se place au 92e rang.

samedi 28 décembre 2013

Pierre Rabhi : "L’écologie interroge notre regard sur la vie"

Dans un entretien avec Reporterre, au moment où il lance la "révolution des colibris", Pierre Rabhi souligne la dimension humaniste de l’écologie.

En ce début 2013, il est encore temps de tirer un bilan de l’année précédente. Que retenez-vous des élections présidentielles françaises, américaines, russes ; des conférences de Rio, de Doha ou d’Hyderabad ?
Pierre Rabhi - Nous sommes aujourd’hui dans un contexte général d’interrogations sur l’avenir, et l’écologie entre en ligne de compte comme un paramètre qu’il faut appréhender. C’est normal. Mais ce paramètre, qui est essentiel, n’est pas suffisamment mis en exergue, selon moi. Je dirais qu’on met un peu d’écologie pour condimenter l’ensemble du système, mais l’écologie n’apparaît pas encore comme un urgence et une priorité absolue. Au contraire. Je dirais même que l’écologie politique reste un peu limitée. Je pense que c’est parce qu’elle s’appuie sur du factuel. Or l’écologie ne nous interpelle pas seulement sur le trou d’ozone, le carbone ou sur l’épuisement des ressources, mais aussi sur un registre plus intime, un registre de l’ordre du personnel. L’écologie interroge notre regard sur la vie, notre positionnement par rapport aux mystères de la vie. Il n’y a pas assez de beauté invoquée, pas assez de mystères. On reste sur un discours élémentaire, mais qui ne prend pas l’élan de quelque chose de plus fondamental et essentiel.

Vous reconnaissez-vous dans la mobilisation populaire qui s’est formée à Notre Dame des Landes ?
Je ne peux que m’y reconnaître. Notre-Dame-des-Landes est un exemple de cette modernité qui ne prend à l’évidence pas en compte la priorité écologiste. Quand on détériore un espace vivant, on le détériore pour très longtemps. On fait une soustraction douloureuse sur ce patrimoine vivant, alors qu’on aurait besoin au contraire de mieux le préserver. A partir de là, je ne peux pas souscrire à des caprices immédiats face à quelque chose qui a plutôt une densité éternelle.

Qu’est-ce qui vous dérange particulièrement dans le projet de Notre-Dame-des-Landes ?
Je sens derrière tout ça une manifestation de la vanité humaine, je sens un prétexte à créer de l’emploi et du profit. Je ne suis pas dupe de tout ça.

L’argument de l’emploi n’est-il pas valable ?
C’est un argument que tout le monde sort. C’est un argument facile, puisque le modèle dit effectivement qu’il faut de la croissance pour s’en sortir. C’est comme cela qu’on s’installe dans un quiproquo type « c’est par la croissance qu’on va augmenter les choses ». Seulement, ce qu’on oublie, c’est que lorsqu’on commet un préjudice sur la nature, celui-ci dure longtemps. Cela peut être un préjudice immédiat, mais quoiqu’il en soit, on l’inflige aux générations futures. On ne peut pas, sous prétexte de créer de l’emploi, détruire ce qui est le patrimoine collectif de l’humanité, depuis le passé jusqu’au futur.

Le chômage est pourtant un problème fondamental de notre société actuelle, comment crée-t-on de l’emploi sans créer de richesses, lorsqu’on porte comme vous un projet de décroissance ?
Je récuse de manière radicale le modèle, car il donne la priorité absolue au profit au détriment de l’humain et de la nature. Je ne peux pas admettre ce modèle, qui est comme une idéologie intégrée. Il provoque les symptômes négatifs, et ensuite on nous demande de nous acharner sur ces symptômes, sans aller vers la raison première qui a elle-même déterminée le modèle. C’est de cette raison dont il faut se débarrasser. Sinon, on maintiendra la logique qui produit les dérives et les dysfonctionnements. Croire que, parce qu’on va rajouter quelques emplois par-ci ou par-là – même s’il s’agit de milliers d’emploi ! – cela s’inscrit dans une continuité de la durée de la vie, c’est une illusion. On répond à une problématique limitée en mettant en cause les fondements limités. On est dans le délire complet. Il faut se débarrasser de ce modèle de croissance économique infinie, qui a produit une féodalité planétaire. Si on fait le bilan, qui profite de toute cette mécanique mondiale ? C’est quand même un tout petit club de super-nantis, qui laisse dans la détresse, voire dans l’indigence, la majorité de l’humanité…

Que doit faire l’écologie politique pour porter ce contre-modèle ? Quels sont les leviers du changement pour les écologistes ?
L’écologie, telle qu’elle est, ce n’est pas un défaut. L’écologie, c’est la Vie. L’écologie ne choisit pas « vous êtes de droite, vous êtes de gauche », elle n’est pas du tout basée sur des choix de ce genre. On l’oublie complètement, mais l’écologie concerne la survie de l’humanité, ou pas. Il y a une biosphère, qui s’est construite d’une certaine façon, depuis des millénaires ; la Vie est advenue, la vôtre, la mienne, etc. L’écologie ne doit pas être réduite à une pensée politique et limitée, car construite sur l’éphémère. On ne peut pas prendre ce qui est de l’ordre de la pérennité de la vie elle-même pour une pensée limitée et simplement conjoncturel. On est en train de faire des mélanges.
Vous savez, l’écologie aurait dû être enseigné à l’enfant depuis tout petit. On devrait lui apprendre qu’il est vivant grâce à la vie, telle qu’elle s’est organisée, et qu’il est une des expressions de cette Vie. Qu’il doit respecter. Mais on est loin du compte, car il y a le profit, complètement stupide et sans limites, qui s’est emparé de tout, et au lieu de voir notre planète comme une magnifique oasis sur laquelle on a beaucoup de chances de vivre, on la voit comme un gisement de ressources qu’il faut épuiser jusqu’au dernier arbre. Tant que notre conscience ne se sera pas suffisamment élevée pour concevoir que cette planète nous offre tout, absolument tout, de quoi nous nourrir, de quoi nous réjouir, de quoi nous guérir, etc… nous continuerons de la polluer, de la dégrader, d’en faire un champ de bataille, de violence et d’égorgement. C’est l’horreur.

Soyons fous, imaginons que François Hollande vous appelle demain matin et vous nomme médiateur sur ce dossier de Notre-Dame-des-Landes, que faites-vous ? Quelles décisions prenez-vous ?
Je ne suis pas du tout sûr que François Hollande est libre de cette décision… La question est de comprendre qui gouverne véritablement. Moi, j’ai eu beaucoup d’estime pour Obama au début, j’ai suivi un peu sa vie antérieure, son application sociale. Il avait démontré qu’il avait cette générosité nécessaire. Mais si on compare le Obama « militant », dans son engagement personnel, et le Obama « président des Etats-Unis », il n’y a pas du tout le même espace de liberté. Aujourd’hui, au vu de la complexité des systèmes – où se mêlent le politique et le profit – je m’interroge sur les marges de manœuvre. Il y a des consciences éveillées, qui veulent bien faire et avec beaucoup de sincérité, mais je me demande s’ils ont les coudées franches.

NDDL est donc la représentation d’une oligarchie qui possède tout ?
Où est l’intérêt collectif dans le projet, c’est ça qu’il faut voir. Y a-t-il un réel intérêt à réaliser cet aéroport ou est-ce seulement l’intérêt de quelques-uns ? Je ne suis pas dupe de ce que signifie le politique, aujourd’hui, je ne suis pas dupe des accointances, de ce qui se passe dans les coulisses, des intérêts des uns et des autres. Je sais tout ce qui se déclenche quand il y a du « politico-commercialo-profito » derrière tout ça. C’est ce qui fait obstacle au changement. Quand je me suis présenté aux élections présidentielles en 2002, notre slogan, c’était l’appel à l’insurrection des consciences. Et le deuxième, c’était « quelle planète laisserons-nous à nos enfants et quels enfants laisserons-nous à la planète ? ». Il faut vraiment reconnecter le destin de l’humanité avec les fondements de la Vie. Or, aujourd’hui le destin de l’humanité a mis une règle du jeu totalement artificielle, puisqu’on est parti sur une dissociation de la nature et de nous-mêmes. Non ! Je suis la Nature, vous comme moi, nous sommes la nature. Nous ne sommes pas des robots fabriqués je ne sais comment, nous sommes véritablement la nature. Nous sommes des mammifères, qu’on le veuille ou non. Ce n’est pas « la nature » et « moi ». La Nature, c’est moi.

Suite de l’entretien : "Le superflu est sans limites alors qu’on n’assure pas l’indispensable".
- Propos recueillis par Barnabé Binctin


Source : Barnabé Binctin pour Reporterre.
Première mise en ligne sur Reporterre le 16 février 2013 :bientôt un an et pas une ride !.
Photo : Patrick Lazic.
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