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dimanche 4 octobre 2015

Le PSU serait le mieux armée pour défendre la position du Maroc sur le SO ?!?

Sahara
 Crise Maroc-Suède : Nabila Mounib tente de corriger les erreurs de la diplomatie officielle 
Avant son départ en Suède, la secrétaire générale du PSU s’est entretenue avec l’ambassadrice de ce pays. Mme Mounib essaie de corriger les erreurs de la diplomatie officielle.
 
Nabila Mounib, 
secrétaire générale du PSU / Ph. ALM


Depuis sa désignation à la tête de la délégation des partis de gauche qui se déplacera en Suède, la secrétaire générale du PSU a pris très au sérieux sa mission. Hier elle s’est réunie avec l’ambassadrice de Stockholm à Rabat, Mme Erika Ferrer, qui affronte sa première grande crise depuis sa nomination à ce poste en septembre dernier.
« L’entrevue a abordé la question du Sahara et la tension que connaissent les relations maroco-suédoises dans le sillage du projet de résolution de reconnaissance d’une entité au sud du Maroc », indique un communiqué du PSU parvenu à notre rédaction.

Un tour de chauffe avant son départ en Suède
Mme Mounib a présenté à l’ambassadrice « un exposé sur l’évolution du conflit opposant le Maroc et les séparatistes du Polisario », axé sur « l’Histoire » et « les enjeux des relations internationales et régionales ». Elle a par ailleurs saisi cette occasion pour réitérer la position de son parti à l'égard du différend territorial, privilégiant une « solution politique négociée accordant une autonomie de cette région sous la souveraineté marocaine », ajoute la même source. Ce qui cadre parfaitement avec la proposition du Royaume présentée au Conseil de sécurité en 2007.
Cet entretien avec l’ambassadrice est un tour de chauffe pour la n°1 du PSU. Nabila Mounib devra répéter le même exercice avec les mêmes arguments, du 4 au 7 octobre, à l’occasion des réunions qu’elle tiendra avec ses interlocuteurs suédois. Une visite à laquelle l’autre partie est déjà préparée. La ministre des Affaires étrangères, Mme Margot Wallström, s’est dite prête à entendre la position marocaine sur le dossier du Sahara occidental.
Sur ce dossier, la démarche de Mme Mounib suit les traces de Abderrahman El Youssoufi. L’ancien premier ministre était à l’origine de suspensions ou de retraits de la reconnaissance de la prétendue "RASD" par quelques Etats d’Amérique du sud. La gauche, aujourd'hui plus particulièrement le PSU, est la mieux armée pour défendre la position du Maroc dans des pays gouvernés par les sociaux-démocrates.

samedi 3 octobre 2015

Sahara : Une femme présidera la délégation marocaine vers la Suède, la "gauche" contre l'autodétermination ?

 Mohammed Jaabouk 01.10.2015

Mme Nabila Mounib présidera la délégation marocaine vers la Suède. Les officiels se rendent enfin compte de l’importance des femmes dans la défense de la position du Royaume sur le Sahara, surtout dans un pays qui a dépassé la parité et sans quota.
La délégation marocaine qui se déplacera le dimanche 4 octobre à Stockholm devrait subir un changement radical. Les chefs du PJD, l’Istiqlal, le PAM, le MP et l’UC ne seront pas du voyage. Seuls les leaders de l’USFP, du PPS et du PSU plaideront la position du Royaume sur le dossier du Sahara occidental devant les politiques suédois.

Une surprise à laquelle s’ajoute la présidence de la mission marocaine confiée à Nabila Mounib, la secrétaire générale du Parti socialiste unifié. Les responsables jouent ainsi la carte de la gauche et du genre afin de persuader les sociaux-démocrates, au pouvoir actuellement à Stockholm, ainsi que leurs alliés les Verts, de suspendre le projet de résolution au parlement appelant à reconnaitre la « RASD ».
Mme Mounib contre Aminatou Haidar
Le choix de la secrétaire générale du PSU pour prendre la tête de la délégation marocaine pourrait s'avérer judicieux. La Suède est un État précurseur en Europe ayant appliqué la parité dans leurs institutions politiques sans même imposer de quota. Ainsi Les femmes représentent 59% des ministres de l’exécutif de Stefan Löfven. Ce n’est d’ailleurs pas une spécificité des formations de gauche. En effet, sous le deuxième mandat du gouvernement de centre droit (2010-2014) dirigé par John Fredrik Reinfeldt, elles étaient 13 sur un total de 24 ministres, soit 54,17%.

En optant pour Nabila Mounib le Maroc tente de combler son retard par rapport au Polisario qui joue à fond la carte des femmes depuis de nombreuses années. Les actions d’Aminatou Haidar sont à ce titre déterminantes pour le mouvement séparatiste, notamment en Europe et aux États-Unis. Elle permet au Front d'enregistrer des succès sur les questions des droits de l’Homme et l’exploitation des ressources naturelles du Sahara, compensant ainsi les revers du Polisario et de l’Algérie au Conseil de sécurité.

Et ce n’est pas un hasard si la conférence qui se tiendra le 15 octobre au parlement suédois sur « les 40 ans de la colonisation du Sahara » verra la participation de trois polisariennes : Aminatou Haidar, Rebab Amidane et Sonnia Abderrahman.

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mardi 1 septembre 2015

La Fédération de la gauche démocratique promet des élus « transparents » et des communes « vertes »


La Fédération de la gauche démocratique promet des élus « transparents » et des communes « vertes »

Représentée par Nabila Mounib, la Fédération de la gauche démocratique a présenté un programme axé sur la transparence des élus et la lutte contre la pollution.

C’est épaulée du vétéran du Parti socialiste unifié, Mohamed Bensaïd Aït Idder, que Nabila Mounib a présenté, le 25 août, le programme de la Fédération de  la gauche démocratique (FGD) pour les élections communales du 4 septembre. La candidate aux élections communales de Sidi Belyout a fait part de sa fierté de « présenter une liste qui compte beaucoup de compétences » en vue des prochaines échéances électorales. Pour rappel, la FGD est une alliance composée du PSU, du parti d’avant-garde socialiste démocratique (PASD) et du Congrès national ittihadi (CNI).

Déclaration de patrimoine

Dans son programme, la FGD détaille sa vision de la gestion communale. Dans son discours, Nabila Mounib a évoqué des principes comme la « transparence » et l’ « honnêteté ». La secrétaire générale du PSU s’est également engagée à  lutter « contre la corruption, la marginalisation et l’exclusion ».   La FDG promet de soumettre tous les conseillers communaux et régionaux à une déclaration de patrimoine au début et à la fin de leurs mandats. Dans le même ordre d’idées, elle promet une transparence au niveau du budget de la commune, de l’octroi de marchés et la publication des rapports et comptes rendus
Au niveau de l’administration, l’alliance représentée par Nabila Mounib compte  faciliter et informatiser l’accès des citoyens aux documents administratifs. Elle compte également revoir  les dossiers relatifs aux gestions déléguées de l’eau, de l’électricité, de l’assainissement ainsi que celle des zones de stationnement. Une gestion déléguée sur le dos de  laquelle la FGD met la cherté des services.

Une commune plus verte

Dans son programme, résolument tourné vers le social, la FGD prévoit également de « sauver et réhabiliter les établissements scolaires publics ». L’alliance des trois partis de gauche veut également mettre en place des programmes de traitement contre l’addiction destinés aux « jeunes des rues ».
Enfin, la FGD veut des communes plus vertes. Elle prévoit notamment de protéger les espaces verts, de mettre en place des  pistes cyclables ainsi que des journées sans voitures au centre des communes. L’alliance qui était représentée par Nabila Mounib compte aussi construire des toilettes publiques, des parkings souterrains et aériens. Finalement, un système de tri des déchets est prévu.
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samedi 3 mai 2014

Nabila Mounib : « Le système makhzénien 
se renforce de plus en plus »

  • Par : Nina Kozlowski, 29/4/2014
Nabila Mounib : « Le système makhzénien 
se renforce de plus en plus »
Crédit photo : Rachid Tniouni
Coalition avec des partis de gauche, boycott des élections, appel à une monarchie parlementaire et à une nouvelle constitution … la chef du PSU s’explique sur les orientations et la stratégie de son parti.
Nabila Mounib arrive avec une heure de retard et entame directement la conversation avec un réquisitoire révolutionnaire : critique du libéralisme et du néocolonialisme, appel à la laïcité, révolution culturelle… La secrétaire générale du PSU rêve de profonds changements, tout en ayant l’intime conviction qu’elle ne les verra probablement pas de son vivant. Pour se consoler, elle philosophe et se dit que ce n’est pas grave, que l’être humain est éphémère et qu’il a un petit rôle à jouer. Franche du collier, drôle, à l’aise avec son image de « belle nana », la leader gauchiste n’en est pas moins un animal politique, qui use et abuse des éléments de langage pour asséner ses convictions et sa vérité.

Le PSU, de front avec le Parti de l’avant-garde démocratique et socialiste et le Congrès national ittihadi, fait partie de la toute nouvelle Fédération de la gauche démocratique. Quelles sont vos ambitions ?
Un nouveau schéma politique se dessine au Maroc. Le système makhzénien se renforce de plus en plus, puisque de nombreux partis l’ont rejoint et qu’il en a lui-même créé, notamment le PAM. On assiste aussi à l’expansion de courants islamistes qui se présentent comme l’unique alternative et la seule force d’opposition, alors que le PJD, par exemple, a prouvé son inefficacité à changer les choses. Au milieu de ces deux entités, il y a une gauche fragile, balkanisée, qui a complètement raté le rendez-vous de 2011. Aujourd’hui avec la Fédération, nous passons à l’étape supérieure pour replacer notre courant au centre. Nous nous sommes renforcés grâce à des structures locales et régionales, et nous nous sommes mis d’accord sur un projet commun centré sur la séparation des pouvoirs, une constitution démocratique et l’avènement d’une monarchie parlementaire.
Pourtant, vous n’envisagez toujours pas de participer aux élections législatives. Comment comptez-vous concrétiser votre projet ?
Nous avons choisi la lutte démocratique. Nous sommes présents dans chaque région et commune du Maroc, en tant que militants et en tant qu’élus. Le but est d’ouvrir les consciences, d’aiguiser l’esprit critique des Marocains et de lutter avec eux contre l’injustice, car le changement doit venir de la base. Nous cherchons également à attirer les élites, plongées dans un profond attentisme, afin de les encourager à lutter par la création intellectuelle et culturelle.

Vous ne regrettez donc pas d’avoir boycotté les élections législatives et le référendum constitutionnel, en 2011 ?
Cette année-là, le Mouvement du 20 février est descendu dans la rue avec les mêmes revendications que le PSU. Nous y avons cru, car les attentes étaient très fortes. Juste avant les élections, notre parti a exigé qu’une instance autonome organise les élections à la place du ministère de l’Intérieur. Nous avons également exigé la mise à jour des listes électorales et l’ouverture des médias aux sensibilités d’habitude muselés. Aucune de nos revendications n’a été entendue. Les élections n’ont pas été totalement libres et la Constitution n’était pas démocratique. Pourquoi participer à cette mascarade ?

Qu’est-ce qui différencie le PSU d’une association ou d’un think tank ?
Le PSU est un parti  indépendant avec une grande histoire. Nous proposons des solutions aux problématiques posées dans leur globalité, alors que les actions menées par les associations, souvent utiles et importantes, demeurent ponctuelles.  Le militantisme sur le terrain, les mémorandums et les projets de réformes envoyés au gouvernement ne suffisent pas, mais nous avons fait le choix d’une troisième voie. Celui d’être une véritable force d’opposition au système makhzénien et aux courants islamistes non démocratiques.

Vous croyez vraiment à l’avènement d’une monarchie parlementaire ?
Je crois qu’à des moments politiques cruciaux, il faut aller vers des ruptures. On a beaucoup entendu parler de transition démocratique, mais ce n’était qu’un leurre.  Un régime de monarchie parlementaire, appuyé sur la souveraineté populaire et l’Etat de droit est incontournable pour le maintien de la cohésion et de la paix sociale. Le fait d’adopter des choix non démocratiques menace la stabilité et le développement du pays, mais également la pérennité même de l’institution monarchique. L’injustice sociale est grandissante, la corruption sévit toujours et le peuple se réfugie dans la haine ou la désillusion. Pendant ce temps, les politiques font la sourde oreille avec leur bricolage et leur terrorisme culturel. Et le Maroc demeure dans la stabilité de la médiocrité, de l’injustice et du sous-développement.

Vous n’avez pas l’impression de faire partie d’un mouvement marginal ?
Je me sens marginalisée par les outils de destruction organisée, qui ont anesthésié le peuple et sapé les mouvements de gauche. Le discours du PSU est écouté et apprécié par les Marocains que nous rencontrons, notamment les jeunes et les femmes.

Sincèrement, vous n’avez pas fait un peu dans le jeunisme en intégrant plusieurs membres du M20 dans votre parti ?
Le PSU a toujours cherché à intégrer des jeunes, sans y parvenir efficacement car certains considèrent que la politique sert les intérêts personnels et non l’intérêt général. Plusieurs membres du M20 ont intégré le parti et quelques éléments nous on déçu. Le militantisme c’est avant tout un engagement sincère, de l’humilité, de l’honnêteté, du courage et du travail. Ce n’est pas une question de vedettariat.

Aujourd’hui, beaucoup plus que dans le passé, la laïcité est au centre de vos discours. Pourquoi ?
Il est assez difficile d’évoquer ce concept dans un pays où le climat culturel est gagné par le conservatisme et l’archaïsme. Il faut beaucoup de courage pour parler de laïcité. Nous sommes dans une bipolarisation entre un intégrisme laïque et un extrémisme religieux. Le mieux serait de créer des espaces de débat pour en parler sereinement, mais aussi d’avoir une école publique ouverte afin de développer la conscience citoyenne et l’esprit critique.

Croyez-vous à une réforme de l’islam ?
L’Islam en tant que religion ne constitue pas le problème, c’est l’instrumentalisation du religieux à des fins politiques qui en est un. Je ne suis pas contre une relecture de l’islam, mais c’est un chantier parallèle que les intellectuels doivent mener. Je crois d’abord à l’Etat de droit, où la religion peut être un terreau de valeur et non un instrument politique. Il y a une manipulation de la religion qui fait le jeu des forces impérialistes et qui embourbe le monde arabe dans le sous-développement. 

Profil :
1960. Voit le jour à Casablanca
1985. Intègre l’Organisation de l’action démocratique et populaire (OADP)
2011. Défend le boycott des élections et du référendum constitutionnel
2012. Est élue à la tête du Parti socialiste unifié (PSU)


dimanche 18 août 2013

Editorial misogyne du journal de l’USFP contre Nabila Mounib : premières réactions

Après les attaques contre les jeunes du 20 février, le journal Al Ittihad boucle sa boucle de hassanisation. l'attaque ignoble contre Mme. Mounib, confirme que le pire ennemi de la démocratie est celui qui en parle sans n'y croire et sans ne s’y conformer. L'USFP est un cadavre en état de décomposition, un cadavre qui empeste la scène politique marocaine.
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Editorial misogyne du journal de l’USFP contre Nabila Mounib : premières réactions


Driss Lachgar, premier secrétaire de l'USFP

L'éditorial du quotidien de l'USFP Al Ittihad Al Ichtiraki de ce 13 août 2013 tire à boulets rouges sur Nabila Mounib, la patronne du PSU, suscitant l'indignation de certaines figures de la gauche à l'intérieur comme à l'extérieur du parti de la rose.
Rarement attaque aussi crûment misogyne a été publiée sur les colonnes d'un journal, encore moins dans un périodique contrôlé par un parti de gauche qui se dit progressiste, l'USFP. L'auteur de l'éditorial d'Al Ittihad Al Ichtiraki de ce mardi 13 aout 2013, a laissé libre court à ses penchants misogynes en s'attaquant à la secrétaire générale du PSU, Nabila Mounib.
On peut notamment y lire : "nous savons qu'elle (Nabila Mounib) est influencée par un brin de culture de salons de coiffure et qu'elle propose aux partis des séances de brushing dans des salons d'esthétique". Dans une autre expression non moins provocatrice, il est dit que "la camarade Mounib se comporte à l'égard des questions politiques et sociales et avec les mouvements de l'histoire comme si elle se trouvait dans une parfumerie ou dans un salon d'esthétique". Des expressions qui ont fait réagir des figures réputées de la gauche marocaine.
Réaction de Mohammed Boubekri, cadre de l'USFP
Mohammed Boubekri, l'un des cadres dirigeants de l'USFP, a exprimé sa forte opposition au contenu de l'éditorial en question. Pour lui, l'édito "défend une position fondamentaliste et réactionnaire vis-à-vis de la femme et n'a rien à voir avec les valeurs démocratiques par son agressivité à l'égard des femmes de salons de coiffure" .
Dans un entretien téléphonique avec Lakome, le responsable Uspéiste soutient que ce texte "a dévié des objectifs tracés par les congrès du parti qui insistent sur le respect et la défense de l'égalité homme femme". Boubekri pense que "les termes utilisés constituent une atteinte humiliante à l'égard des femmes de salons de coiffure", avant de se demander "ces femmes ne sont-elles pas des citoyennes marocaines?"
De plus, Boubekri s'est dit "surpris" du ton de l'édito à l'égard de la patronne du PSU qui selon lui, "a montré son respect à l'USFP lors de l'entretien vidéo avec Lakome tout en émettant des réserves quant à une éventuelle coalition avec la direction actuelle du parti". "Ce qui est tout à fait son droit" a-t-il ajouté.
Boubekri a par ailleurs précisé que l'actuelle direction de l'USFP "doit être attentive aux critiques qui lui sont adressées par l'ensemble de la gauche marocaine afin que le  parti puisse améliorer son rendement politique".
Réaction de Khadija Riyadi
Pour sa part, la présidente du collectif national des associations de défense de droits de l'homme et la vice-présidente de l'AMDH, Khadija Riyadi considère que "le ton de l'édito d'Al Itihad Al ichtiraki témoigne de la bassesse du discours politique et du machisme qui domine la scène politique au Maroc".
Dans un entretien téléphonique avec Lakome, Riyadi a souligné le caractère "dangereux" de cet édito qui sort, selon elle, "de l'opinion personnelle puisqu'il parle au nom de l'USFP et donc au nom de l'ensemble des encartés du parti".
Khadija Riyadi a par ailleurs ajouté que l'édito en question "n'exprime pas une position politique mais une attaque contre la femme en tant que telle, ce qui révèle un degré de machisme inquiétant".
Rappelons que lors d'un entretien vidéo avec Lakome, la secrétaire générale du PSU, Nabila Mounib avait écarté toute possibilité de coalition avec l'USFP sous sa direction actuelle malgré le respect qu'elle dit témoigner au reste des militants du parti de la rose.

jeudi 8 août 2013

Nabila Mounib affirme que des "mafias" interviennent dans les procédures de grâce


Nabila Mounib

Dans un entretien vidéo avec Lakome, la secrétaire générale du PSU qualifie l'élite politique «d'hypocrite et d'opportuniste» et exige des excuses publiques de la part du roi à l'ensemble du peuple marocain.

La secrétaire générale du Parti Socialiste Unifié (PSU), Nabila Mounib a exprimé son profond étonnement à l'égard du contenu du communiqué du Cabinet royal qui insiste sur la méconnaissance du roi vis-à-vis des crimes commis par le violeur d'enfants marocains.
La patronne du PSU s'exclame : «Tous les pouvoirs sont concentrés entre les mains du roi et celui-ci lors du dernier discours du Trône, prend des airs de guide porteur de visions qui donne des instructions et quand un dossier de cette ampleur surgit, on nous dit qu'on n'est pas au courant ?! Qui dirige le pays alors ?!».
Concernant la procédure des grâces en général, Nabila Mounib avance : "Dans notre pays, nous souffrons de corruption institutionnalisée, et tout le monde sait l'existence de mafias qui opèrent à l'occasion soit de la fête du trône, l'Aid Seghir (fin du Ramadan) ou l'Aid El Kebir (Fête du mouton), pour établir les listes de ceux qui vont bénéficier de la grâce. Et tout cela est rémunéré. Ces mafias demandent aux familles si elles veulent que leur proche soit gracié à l'occasion de l'Aid Seghir ou de l'Eid El Kebir. Et chaque grâce à son tarif propre."

"Le roi est responsable de ce qui s'est passé"
Dans cet entretien vidéo accordé à Lakome, Nabila Mounib déclare que le roi est responsable de ce qui s'est passé car, selon elle, il est tenu de faire vérifier, au cas par cas, les dossiers des grâces avant de les signer. Mounib a par ailleurs demandé au roi de «présenter ses excuses»  sous la forme d'un discours officiel ou à travers un communiqué adressé «au peuple marocain qui a été blessé dans son amour propre» a-t-elle ajouté.
Mounib a également précisé que les excuses du roi au peuple marocain n'entameraient en rien son prestige expliquant que si le régime marocain avait été une monarchie parlementaire, rien de tout cela ne ce serait produit et le gouvernement aurait été tenu responsable à la place du roi.
La leader PSU n'a pas manqué de qualifier «d'hypocrites et d'opportunistes» l'élite politique du pays et avec elle l'ensemble des mouvements islamistes marocains qui se sont tous éclipsés suite à l'indignation et à l'humiliation qu'ont subies les marocains dans cette affaire.
Cet entretien avec Nabila Mounib a eu lieu lundi, une heure seulement avant le limogeage de Hafid Benhachem.

www.lakome.com/index.php/maroc/1223-nabila-mounib-le-roi-doit-presenter-des-excuses-publiques-a-l-ensemble-du-peuple-marocain

Tollé au Maroc après la grâce royale d’un pédophile espagnol




par
Rédacteur en chef adjoint, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®, 5/8/2013
Les enfants sont le dernier tabou. Y toucher, c’est toucher au cœur même d’une société, la traumatiser et compromettre son développement psychologique optimal futur. Et son développement tout court. La contraignant inutilement à investir un temps précieux dans sa reconstruction et sa reconnexion avec elle-même. C’est pourquoi tout dirigeant politique avisé a intérêt à ce que son nom soit dissocié d’une telle entreprise hautement dommageable.

Le Maroc était plongé dans la torpeur d’un Ramadan particulièrement chaud cette année. Les préparatifs des festivités organisés par l’État pour célébrer le quatorzième anniversaire de l’accès de Mohamed VI au Trône allaient bon train. Mais, voilà! Coup de tonnerre dans le ciel bleu de l’été marocain! Une nouvelle, révélée d’abord par un site électronique (andaluspress.com), reprise ensuite et documentée par deux sites indépendants marocains ("Lakome.com" et "Alif Post") et relayée par les médias sociaux et la presse internationale, a eu l’effet d’une bombe. Le black out des médias d’État et des radios marocaines dites privées n’a pas pu empêcher cette nouvelle de se répandre comme une traînée de poudre dans le cyberespace marocain.


Daniel Galván, un pédophile espagnol gracié par Mohamed VI
Daniel Galván Viña (1950-) est celui par qui le scandale est arrivé. Ce ressortissant espagnol s’est installé en 2004 à Kenitra, une ville située au nord de la capitale Rabat. Il était connu dans son voisinage comme ancien professeur universitaire à la retraite ("El Pais" n'a trouvé aucune trace de lui à l'université de Murcie, où il prétendait avoir été professeur). Quelques années plus tard, le pot aux roses est découvert. On a appris que le sympathique retraité ibérique était en fait un dangereux pédophile. Il avait non seulement violé onze enfants, un garçon (Omar, 14 ans) et dix filles, âgés au moment des faits entre deux (Nawal) et quinze ans (Fatéma), mais également filmé ses "exploits". Il agissait à ses heures perdues comme proxénète. Pour appâter ses jeunes proies, il leur offrait des bonbons et les invitait à son appartement ou dans sa ferme et s’y livrait à des agressions sexuelles.
Le 2 mai 2011, le tribunal de première instance de la ville de Kenitra l’a condamné à une réclusion criminelle ferme de 30 ans pour pornographie et abus sexuels sur ses victimes mineures et à leur verser 50 000 dirhams. Un jugement confirmé en appel le 9 septembre de la même année.
Jusque-là, les jeunes victimes et leurs familles traumatisées pouvaient avoir le sentiment que le prédateur sexuel n’a pas réussi à échapper à la justice marocaine. Une condition incontournable à la guérison de leur blessure narcissique. Mais, le 30 juillet 2013, les plaies d’une blessure non encore cicatrisée se sont rouvertes.
À l’occasion de son quatorzième anniversaire d’accession au Trône, Mohamed VI a ordonné la libération de 48 (sur un total de 163) prisonniers espagnols qui purgeaient leur peine dans différents centres de détention. Une réponse à la requête formulée auprès de lui par le roi Juan Carlos d’Espagne lors de sa récente visite au pays. Le hic? Le nom du fameux pédophile de Kenitra figure dans cette liste. Il a donc quitté la prison après y avoir passé dix-huit mois seulement! Le 1er août, il a logé une poursuite auprès de la justice marocaine contre les familles de ses victimes pour éviter de leur payer les 50 000 dirhams d’indemnités qui leur sont dues. Il a également récupéré auprès de la Cour d'appel de Kenitra un passeport qui avait expiré pendant sa détention et pu regagner le même jour l’Espagne.


Indignation au Maroc et sur la toile marocaine
La décision royale a suscité un tollé sur les réseaux sociaux. Plusieurs Marocains se sont indignés d’une grâce ressentie comme un second viol des victimes du pédophile espagnol. Des activistes du mouvement d’opposition du 20 Février ont lancé sur YouTube et Facebook un appel à tenir sit-in le vendredi 2 août devant le parlement à Rabat contre la grâce du pédophile espagnol. Un rendez-vous placé sous le thème: "le peuple demande l’indépendance de la justice". En quelques heures, la page a recueilli un franc succès auprès des Marocains, totalisant 24 742 participants sur plus de 146 000 invités. Les commentaires postés y sont dans l’ensemble hostiles à la libération du pédophile espagnol. (1).
D’autres pages l’ont rejoint dans la mobilisation populaire.
Parallèlement à la campagne sur les réseaux sociaux, une pétition sous le thème "Non à la grâce de violeurs d’enfants" est visible sur le site Avaaz.org. (2)
Dans différentes villes, d’autres manifestations sont prévues pour les jours à venir.
Devant la tournure inattendue qu’a prise cette affaire controversée, on était en droit de s’attendre rapidement de la part du Palais royal ou du gouvernement Benkirane à une campagne de communication publique pour tenter de contrôler les dommages faits à l’image de Mohamed VI et inverser la vapeur populaire. Silence radio! Même attitude chez les leaders des partis politiques. Chose surprenante, les opposants islamistes du mouvement Al-Adl Wal-ihssane sont étrangement demeurés silencieux. Même mutisme embarrassé du côté des médias d’État et des radios dites privées (vivant indirectement des subsides de l’État) et chez nombre d’intellectuels et d’artistes de renom. Il suffisait d’aller sur leurs pages Facebook pour le constater.
Ce silence a montré dans un premier temps la difficulté réelle éprouvée par le pouvoir à trouver la voie appropriée de communiquer sans commettre une nouvelle bourde. Mais d’un autre côté, il lui a fourni un moment de répit pour affûter ses arguments et lancer des ballons d’essai sur la Toile.
Alors que le Cabinet royal marocain se murait dans le silence, le Palais royal espagnol communiquait sur le rôle de Juan Carlos dans cette affaire de grâce. Son service de presse a confirmé par exemple au site d’informations marocain Alif Post (1er août) que le souverain ibérique avait sollicité de Mohamed VI sa grâce à un groupe de prisonniers espagnols, mais sans fixer la liste des bénéficiaires. Une tâche qui a incombé à l’ambassade espagnole à Rabat, toujours selon les communicants du palais ibérique. Cette représentation diplomatique a de son côté fait endosser cette responsabilité à son ministère de tutelle. Ce dernier a quant à lui pointé du doigt les autorités marocaines. Autrement dit: aucune des parties ibériques ne voulait être associée à la grâce controversée du pédophile toxique.
Côté marocain, pouvoir et médias d’État et radios dites privées se sont imposés un black out assourdissant sur toute cette affaire. Le temps également de préparer les éléments de langage. Pendant ce temps, le hiatus s’est élargi entre un pouvoir demeuré muet et une opinion publique qui voulait déjà connaître l’identité de la personne qui avait mis le nom du pédophile ibérique sur la fameuse liste.
Il a fallu donc attendre le 1er août pour qu’enfin on commence à apprendre un peu plus sur cette affaire. Au compte-gouttes! Le ministre islamiste de la Justice, Mustafa Ramid, a confirmé à l’AFP la grâce du pédophile et indiqué que désormais il sera interdit de territoire au Maroc. Mais ni lui ni son collègue de communication, Mustapha El Khalfi (PJD), n’ont voulu commenter la décision royale, faute d’être habilité à le faire, du propre dire de M. Ramid. Donc, le violeur d’enfants marocains a bénéficié d’une mesure de clémence royale. Mais, comment cela a-t-il pu arriver?
Lors de la même entrevue téléphonique à l’AFP, le ministre Ramid a ajouté, sur le mode sibyllin, que "l'administration a pour mission d'exécuter." Une affirmation qui pourrait être interprétée comme un aveu d’impuissance de son département face au Cabinet royal. D’ailleurs, le site "Lakome.com" a rapporté, le 1er et 3août, deux nouveaux éléments susceptibles d’éclairer d’un jour nouveau cette affaire. D’une part, une citation rapportée par l’agence espagnole "Europa Press" nous apprend que c’est à Rabat (et donc à aucune partie espagnole) qu’est revenu l’établissement de la liste des amnistiés espagnols. D’autre part, Ramid a dit à ''Akhbar Youm'' que son département a reçu du Cabinet royal la liste des Espagnols à gracier et son ministère s’est exécuté. Autrement dit, l’entourage royal voulait voir le pédophile ibérique libéré. Cet empressement répondait-il à un échange de bons services entre services secrets extérieurs marocains (DGED) et espagnols (CRI)? Est-ce à cela que faisait allusion M. Ramid quand il a dit que cette grâce répondait à des "raisons d’intérêt national"? La question se pose encore avec plus d’acuité puisque le dénommé Daniel Galvan pourrait être, selon "El Pais" et "Lakome.com", (3) un ancien officier de l’armée irakienne. Il aurait collaboré en Irak avec le CRI et d’autres services occidentaux de renseignement, avant d’être exfiltré d’abord en Espagne, où il a obtenu une nouvelle identité, ensuite au Maroc, lieu de son point de "chute".


 La grâce, une prérogative royale
Selon la Constitution octroyée en 2011, ''le Roi exerce le droit de grâce" (Article 58).
La grâce fait donc partie des prérogatives de Mohamed VI et personne n’a légalement le droit de la discuter. D’ailleurs, malgré le caractère hautement controversé de la grâce du pédophile espagnol, à l’exception de la chef du PSU, Nabila Mounib, aucun chef politique n’a émis le moindre commentaire là-dessus. Les salafistes et les islamistes de l’oppositionnelle Al-Adl Wal Ihssane et du gouvernemental PJD n’ en ont soufflé mot. Idem pour la quasi-totalité des figures publiques de l’art, de la culture, de l’académie, de l’associatif et des médias. On a même entendu, sur le réseau de télévision Al-Jazeera, Najat Anouar refuser catégoriquement de commenter cette grâce, elle qui, à titre de présidente de l’association "Touche pas à mon enfant", devait être la première concernée par la défense des droits des enfants victimes d’abus sexuels.

 
Répression brutale du sit-in devant le parlement
Plusieurs Marocains n’ont pas été convaincus par l’argument constitutionnel. Ils ont ressenti la grâce royale du pédophile espagnol comme un second viol des onze jeunes victimes et un appel d’air aux pédophiles du monde entier et y ont vu une mesure favorisant l’impunité et une menace pour l’intégrité physique et psychologique et pour la sécurité de leurs enfants. Ils se sont donné rendez-vous, le 2 août, devant le parlement et dans plusieurs villes pour exprimer leur colère et dénoncer la mesure royale.
S’il y avait à Rabat des militants de ce qui reste du mouvement du 20 Février et des membres de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH), la plupart des milliers de manifestants étaient de simples citoyens, sans allégeance politique.
Mais, au lieu de les laisser se rassembler devant le parlement, les forces de l’ordre sont intervenues de manière violente. Faisant plusieurs blessés.
La sociologue marocaine Aïcha Taj a expliqué à Tolerance.ca que ''la police était en nombre. Elle avait mis des barrages pour bloquer certaines issues menant au boulevard Mohamed V et contrôler le mouvement de foule et l’accès au site. Même des jeunes attablés à un café à proximité, en attendant l’heure du sit-in, n’avaient pas échappé à ses gourdins. Des dirigeants de l’AMDH, dont Abdelhamid Amine, des journalistes, des photographes, des professeurs universitaires, des artistes, des étudiants ont eu leur part des coups de la police". Le témoignage d’une autre femme, appelons-la Hasna, corrobore la version des faits de la sociologue. Cette mère de famille de classe moyenne a raconté à Tolerance.ca que: ''il y avait plusieurs groupes de manifestants. À chaque fois qu’on revenait sur les lieux, on se faisait "virer". A côté de Balima, sur une terrasse, un type gisait au sol. Il s'est fait massacrer devant nous, la tête dans une flaque de sang. Je ne sais pas qui il était! En avançant un peu, de nouveau, on est tombé sur des flics qui tapaient sur deux jeunes". L’écrivaine Mouna Hachim a fait le même constat: "J'ai vu la brutalité des forces de l'ordre. J'ai vu des citoyens de tous bords, des slogans pacifiques, mais fermes. Des petits groupes à chaque fois dispersés. Des matraques qui pleuvent. Des personnes à terre, certaines embarquées en estafette" (extraits de son post "Candide n’a pas raison'' sur Facebook). D’autres villes ont assisté à un scénario similaire. Décuplant la colère des manifestants et leur sentiment de frustration.


Opération de "damage control"
Pris au dépourvu, le Cabinet royal devait réagir vite pour préserver l’image de Mohamed VI de souffrir de cette situation. Selon un premier communiqué, diffusé vendredi soir, le roi "n'a jamais été informé, de quelque manière que ce soit et à aucun moment, de la gravité des crimes abjects pour lesquels l'intéressé a été condamné". Le communiqué poursuit: "Il est évident que jamais le Souverain n'aurait consenti à ce que Daniel Galvan Fina puisse arrêter de purger sa peine, au regard de l'atrocité des crimes monstrueux dont il a été reconnu coupable". Il n’est donc pas responsable de la grâce qu’il avait pourtant ordonnée, d’où le lancement d’une enquête en vue de "déterminer les responsabilités et les points de défaillance qui ont pu mener à cette regrettable libération et d'identifier le ou les responsables de cette négligence afin de prendre les sanctions nécessaires". Comme ce communiqué n’avait pas suffi à calmer une grogne qui promettait de prendre de l’ampleur, un second communiqué, tombé ce dimanche 4 août, a annoncé l’annulation de la grâce royale du pédophile espagnol.
Ces communiqués dédouanent donc Mohamed VI de toute responsabilité de la décision qu’il avait pourtant ordonné.
***
Une brèche s'est ouverte au Maroc. Le roi a cédé devant la pression populaire. Désormais, il devra composer avec une opinion publique qui a profondément changé sous l’impact, entre autres, du Printemps arabe et des médias sociaux. Il devra à l’avenir prendre en compte les nouvelles contraintes de son action. D’un autre côté, cette affaire controversée de la grâce royale devrait être saisie comme une occasion pour réformer en profondeur le système de grâce et doter le pays d’un pouvoir judiciaire autonome par rapport au pouvoir exécutif.


1) https://www.facebook.com/events/312545095558719/?notif_t=plan_user_invited
2) http://www.avaaz.org/ar/petition/dn_lfw_lmlky_n_mGtSb_Tfl_lmGrb/?copy
3) Le Monde, 3 août 2013

 


































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dimanche 22 janvier 2012

Imider et les "Envahisseurs"

par Salah Elayoubi, 21/1/2012

Ne vous fiez pas aux images d’Epinal, distillées par l’office marocain du tourisme dans ses brochures alléchantes, pour touristes, en mal de dépaysement.

La misère qui prévaut dans les villages de l’Atlas, n’a rien de bucolique.
Elle est sans commune mesure avec ce que véhicule la littérature contemporaine, sauf à compulser les revues et visionner les reportages, relatant les malheurs de populations en proie aux guerres, aux catastrophes naturelles ou aux confiscations entreprises par les multinationales.

La route qui relie Aït Hani à Rich, passe par Imider. Elle serpente au fond des gorges du Todgha, en calquant son cheminement sur celui de l’Oued du même nom, qui puise son hydrographie, dans les réservoirs inépuisables du Haut-Atlas.

Partout où les hommes ont réussi à domestiquer cette ressource vitale, qu’est l’eau, celle-ci le leur a rendu au centuple, faisant naître des tâches de verdure salvatrices, éblouissantes de beauté et d’harmonie, à l’ombre desquelles s’est épanouie la vie, certes fragile, mais autosuffisante, d’un chapelet de populations.

Quelques ressources naturelles, exploitées à bon escient, auraient suffi à apporter un complément à ce bonheur, en permettant de financer la santé, l’éducation, la formation sportive, l’accès à la culture. En un mot, tout ce qui contribue à l’épanouissement des populations et fait la fierté du citoyen d’appartenir à une Nation.

Imider avait un peu de tout cela : de l’eau, du soleil, une mine d’argent et une population courageuse, intelligente et besogneuse.

Tout pour bien faire !

Sauf que !

Sauf que, aux fourches caudines du colonialisme, ont succédé celles de l’ONA, par le pactole de millions d’Euros annuels, alléché.

Ce géant spécialisé dans la confiscation, imite, à s’y méprendre, la technique du rapace, prélevant sa dîme, sur le cheptel, pour s’en aller la déchiqueter et la dévorer dans son nid. Encore que, contrairement à ces oiseaux magnifiques, qui contribuent, de façon souveraine, à l’équilibre du biotope dans lequel ils évoluent et ne tuent que pour leur subsistance, le groupe royal se révèle un prédateur impitoyable, boulimique, « collectionniste » et destructeur, appliquant à la région, des méthodes proprement mafieuses, consistant à ratisser, le plus largement possible, les richesses, pour les exfiltrer, ensuite, du pays, afin de les transformer en devises, stockées dans les banques européennes et américaines, le coût des infrastructures, de la main-d’œuvre, des études, de la sécurité restant, comme de bien entendu, pour grande part, à la charge du contribuable marocain.

Qui s’étonnera, dès lors, face à tant d’impunité, de voir le principal actionnaire de cette multinationale, caracoler en tête du hit-parade des fortunes mondiales ?

Au village, qui semble avoir été oublié des hommes et des dieux, les femmes, surgies de leurs masures vernaculaires décrépies, plantées au milieu de nulle part, racontent aux vidéastes amateurs, une histoire qui en rappelle une autre, celle de cette saga hollywoodienne des années 70, créée par Larry Cohen, « Les envahisseurs » et où il est question d’eau raréfiée et polluée au mercure, d’hélicoptères virevoltant à basse altitude pour terroriser, de miliciens venus d’ailleurs, en voitures banalisées, enlever des citoyens, pour les conduire, manu militari, dans l’antre de la mine, pour les y battre, les torturer, menacer d’attenter à leur vie, à celle de leur famille ou à l’honneur de leurs filles, de leurs femmes ou celui de leurs sœurs.

Une tragédie que contemplent des gendarmes débonnaires, mains dans les poches, cigarette au bec et arme au pied, quand ils n’y participent pas, en donnant, purement et simplement la chasse, jusque dans la montagne, aux hommes, venus protester, contre le détournement de l’eau du village, pour les besoin de la mine.

Plusieurs femmes exhibent des hématomes indescriptibles autant qu’insupportables, infligés par les matraques de nervis, venus appliquer, avec une sauvagerie inouïe, le châtiment décidé, dans le confort d’une exo planète du côté de Rabat, à l’encontre de ces empêcheurs de rapiner en rond.

- « Nous ne nous arrêterons plus ! Qu’ils nous tuent ou qu’ils nous donnent nos droits ! », crie l’une d’elles, paraphrasant, bien involontairement, ce que gronde le peuple, ailleurs, dans nos villes.

D’autres évoquent le sort d’un des enfants d’Imider, Mustapha Ouchtoubane, ce héros de la résistance au pillage, tombé dans un traquenard tout aussi grossier et tout aussi grotesque que celui tendu à ce chanteur de Casablanca qui a osé défier le roi et sa mafia.

Sauf que Mustapha a eu le malheur de naître, dans ces montagnes éloignées, où le silence est une chape facile à déployer.

Autre tragédie, exprimée par d’autres mots, tout aussi pathétiques, tenus par ces villageois berbères des Aït Hdiddous, enclavés dans leurs villages, à l’adresse des quelques militants de la société civile et du mouvement du vingt février, venus leur porter secours, dans le froid glacial, qui fendait la pierre, en ce mois de janvier 2012:

- « Nous n’avons pas besoin d’argent, ni de couvertures. Nous avons besoin que l’on parle de notre cause ! »

Lors de son élection à la tête du Parti Socialiste Unifié, Nabila Mounib avait eu ces quelques mots à l’endroit de ses camarades :

- « J'ai une pensée toute particulière pour d'autres femmes qui ne me liront peut être jamais, car elles vivent en marge de la lecture et de la dignité . Des femmes qui sont exclues et pour lesquelles la survie reste un combat de tous les instants. »

Sans doute Nabila pensait-elle à ces femmes d’Imider ou d’ailleurs, qui livrent, pour l’histoire, de poignants récits et témoignages de leurs souffrances pour que plus jamais l’histoire ne les oublie, comme elle l’a fait, tant de fois, depuis l’arrivée de ces envahisseurs, semblant venus d’une autre planète, avec pour destination le Maroc et ses richesses et pour but avoué, en faire leur univers !

Lire aussi : "les indignés de Tinghir", solidmar 18/1/2012