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samedi 22 novembre 2014
Le Mouvement du 20 Février s’oppose à l'accueil du Forum mondial des droits de l'homme au Maroc.
samedi 23 novembre 2013
Imider : Vous dites charte «environnement» !
Par M.Moudarir, Energiemines
Six pour cent, c’est la contribution effective des mines au PIB national avec quelque 35.000 emplois.
C’est un secteur pourvoyeur de fonds et qui prend de l’ampleur dans l’économie du Royaume. Mais celui-ci manifeste un soubresaut explosif dans plusieurs villes avoisinantes des mines, dont les travaux se font dans des conditions dégradantes pour l’environnement, causant des dégâts importants.
Cette remarque nous fait dire que la question d’exploiter une mine relève avant tout de la condition écologique du site. Surtout quand il s’agit de points d’eau, c’est le cas d’ailleurs des villageois d’ Imiter, 200 kilomètres au nordest d’Ouarzazate. Le paysage est pittoresque, mais les signes de la désolation sautent aux yeux où les traces de dégâts restent encore apparents dans ce petit bourg qui, récemment, a mis en garde l’opinion publique contre l’exploitation abusive du peu d’eau qui existe encore et empêcher la Société métallurgique d’Imiter (SMI) de continuer ses travaux sans se soucier des inconvenances qui pourraient misérablement se traduire sur les habitants du coin.
Selon eux, la filiale de Managem surexploite la nappe phréatique et pollue l’environnement au cyanure ; insouciante. La SMI est une grande consommatrice d’eau, de l’avis des connaisseurs dans la région. Avec plus de 1.000 employés, l’exploitation tourne à plein régime au détriment des ressources hydrauliques. Une situation qui a poussé les habitants à ruer et ne sont pas près de lâcher prise.
Les maux des habitants qui souffrent des suites de l’exploitation minière sont dus en grande partie à l’absence d’un cadre légal et réglementaire qui protège leur environnement. La législation en vigueur, notamment le Code minier (qui date de 1951 !), n’impose aucune restriction aux entreprises exploitantes. On privilégie a priori le rendement sur le rétablissement de l’équilibre écologique. L’exemple le plus édifiant à cet égard, en est les études d’impact sur l’environnement. Obligatoires au préalable depuis 2003, ils sont rarement réalisés.
En 2010, sur instruction royale, une Charte de l’environnement et du développement durable a en effet été lancée en grande pompe pour mettre le Royaume en adéquation avec les normes internationales. Espérons que la mise au point de ce texte servira à stopper l’hémorragie.
http://energiemines.ma/?p=1261
C’est un secteur pourvoyeur de fonds et qui prend de l’ampleur dans l’économie du Royaume. Mais celui-ci manifeste un soubresaut explosif dans plusieurs villes avoisinantes des mines, dont les travaux se font dans des conditions dégradantes pour l’environnement, causant des dégâts importants.
Cette remarque nous fait dire que la question d’exploiter une mine relève avant tout de la condition écologique du site. Surtout quand il s’agit de points d’eau, c’est le cas d’ailleurs des villageois d’ Imiter, 200 kilomètres au nordest d’Ouarzazate. Le paysage est pittoresque, mais les signes de la désolation sautent aux yeux où les traces de dégâts restent encore apparents dans ce petit bourg qui, récemment, a mis en garde l’opinion publique contre l’exploitation abusive du peu d’eau qui existe encore et empêcher la Société métallurgique d’Imiter (SMI) de continuer ses travaux sans se soucier des inconvenances qui pourraient misérablement se traduire sur les habitants du coin.
Selon eux, la filiale de Managem surexploite la nappe phréatique et pollue l’environnement au cyanure ; insouciante. La SMI est une grande consommatrice d’eau, de l’avis des connaisseurs dans la région. Avec plus de 1.000 employés, l’exploitation tourne à plein régime au détriment des ressources hydrauliques. Une situation qui a poussé les habitants à ruer et ne sont pas près de lâcher prise.
Les maux des habitants qui souffrent des suites de l’exploitation minière sont dus en grande partie à l’absence d’un cadre légal et réglementaire qui protège leur environnement. La législation en vigueur, notamment le Code minier (qui date de 1951 !), n’impose aucune restriction aux entreprises exploitantes. On privilégie a priori le rendement sur le rétablissement de l’équilibre écologique. L’exemple le plus édifiant à cet égard, en est les études d’impact sur l’environnement. Obligatoires au préalable depuis 2003, ils sont rarement réalisés.
En 2010, sur instruction royale, une Charte de l’environnement et du développement durable a en effet été lancée en grande pompe pour mettre le Royaume en adéquation avec les normes internationales. Espérons que la mise au point de ce texte servira à stopper l’hémorragie.
http://energiemines.ma/?p=1261
dimanche 30 décembre 2012
Cause d'Imider: Rapport du Congrès Mondial Amazigh (CMA)
Imider (Province de Tinghir)spoliation des ressources naturelles et résistance populaire
Imider est une petite commune posée au pied du Haut-Atlas, à quelques 300 km au sud-est de Marrakech, entre Tinghir et Boumaln-N-Dadès, sur la N10, l’axe routier reliant Warzazat à Errachidia. C’est une zone désertique parsemée de petites localités dont l’existence est intimement liée à la présence de l’eau. Environ 5000 habitants vivent dans les 7 villages de cette commune (Ait-Mhend, Ait-Ali, Ait-Brahim, Anou N Izem, Izoumken, Taboulkhirt et Ikis), essentiellement de l’activité agricole vivrière (maraichage et petits élevages). Les habitants de cette région sont des Amazighs.
Imider, vue générale
A l’origine : spoliation des terres collectives et des ressources naturelles des populations autochtones
Depuis 1969, la Société Métallurgique de Imider (SMI) exploite un gisement d’argent sur les terres collectives des habitants de Imider, puise dans la nappe phréatique l’eau nécessaire au traitement du minerai, rejette des polluants et n’apporte aucun avantage pour la population locale, pas même l’emploi des jeunes au chômage. Ces dernières années, les paysans de Imider ont constaté le recul des niveaux d’eau très inquiétants, de près de 60%, jusqu’à rendre inexploitables certaines parcelles productives jusque-là. Des champs d’arbres fruitiers ont ainsi été perdus faute d’eau. D’après les constats, l’appauvrissement de la ressource hydrique est due au pompage excessif effectué par la SMI. Plusieurs canalisations partent de plusieurs puits et convergent vers la mine qui consomme de grandes quantités d’eau. La mine utiliserait 1555 m3 d’eau par jour, soit plus de 12 fois la consommation journalière de tous les habitants de Imider. Si la situation devait perdurer, elle menacerait directement la vie dans cette localité.
Installations de la mine d’argent exploitée par la SMI, à 3 km de Imider
La mine, vue aérienne
Canalisations acheminant l’eau vers la mine
La pollution
Par ailleurs, les paysans ont constaté plusieurs effets de la pollution générée par l’exploitation du gisement d’argent.
Les eaux usagées rejetées par la mine sont hautement chargées de plusieurs composants très toxiques tels que le cyanure et le mercure et stockées à ciel ouvert. Ces eaux empoisonnent les oiseaux et les animaux et s’infiltrent dans la nappe phréatique et la contaminent, ce qui a provoqué la perte de plusieurs têtes de bétail et des maladies de la peau constatées chez les habitants d’Imider.
Marginalisation
Sur le plan social, les habitants ne tirent aucun bénéfice de l’exploitation du gisement d’argent pourtant très rentable (chiffre d’affaires de 75 millions d’Euros et bénéfices de 32 millions d’Euros en 2011). La SMI n’investit aucun Dirham dans les infrastructures locales qui connaissent un grand déficit (dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’électricité, des transports, etc) et ne respecte pas ses engagements de recruter prioritairement la main d’oeuvre locale.
Protestations et revendications
Prenant conscience des conséquences néfastes des conditions d’exploitation de la mine, les habitants de Imider se sont réunis le 1/08/2011 pour réclamer une étude scientifique indépendante sur les externalités négatives produites par la mine, la mise en place par la SMI de dispositifs capables de réduire la pollution, réduction de la quantité d’eau consommée par la mine, investissement d’une part des bénéfices dans la création d’infrastructures sociales et l’embauche prioritaire des chômeurs locaux. La question de la l’illégalité de l’occupation des terres collectives par la mine a également été posée.
Agraw, l’assemblée des habitants de Imider
Résistance populaire
Afin d’appuyer leurs revendications, les habitants ont commencé à organiser des sit-in réguliers devant la mine puis devant le siège de la commune de Imider. Parallèlement, des discussions ont été entamées entre le comité représentant les habitants (désigné par l’Agraw) et le représentant de la SMI. Trois semaines après, aucune des revendications des habitants n’a été entendue par la firme qui exploite la mine d’argent. En conséquence, les habitants de Imider ont décidé d’utiliser un nouveau moyen de pression : couper l’eau qui alimente la mine. C’est ce qu’ils ont pu faire mais pour un seul point d’eau, celui qui se trouve sur le mont Aleban situé à deux kilomètres à l’est de Imider, les autres puits étant gardés par l’armée. Depuis le 23 août 2011, ils ont installé un campement permanent sur le mont Aleban et gardent fermée la vanne d’eau qui s’y trouve.
Bassin d’eau de la SMI sur le mont Aleban et campement des habitants d’Imider
De nouvelles réunions ont eu lieu entre les représentants de l’Agraw et ceux de la SMI, en présence des autorités locales, mais sans résultat.
A partir de ce moment, les autorités marocaines décident d’utiliser la manière forte dans le but de décourager, puis de déloger les habitants du mont Aleban et de libérer la conduite d’eau fermée.
Répression et manipulations
![]() |
Mustafa Ouchtoban, condamné à 4 ans de prison ferme
|
Cette condamnation considérée comme une provocation, a été fortement dénoncée par l’Agraw, l’assemblée des habitants de Imider et elle a eu pour effet de renforcer la détermination des habitants qui ont initié plusieurs actions de protestation. Parmi celles-ci, le boycott de l’école par tous les élèves et étudiants jusqu’à la satisfaction des revendications des populations. Pendant ce temps, les forces de sécurité (gendarmerie et forces auxiliaires) utilisent toutes formes de menaces individuelles et d’arrestations arbitraires opérées dans la rue ou au domicile des citoyens, parfois de nuit, afin de les intimider et de les terroriser. Ainsi, au 1/12/2011, 13 personnes ont été arrêtées puis relâchées après les avoir interrogées et menacées. Lorsqu’ils sont en détention provisoire dans les locaux de lagendarmerie royale, les citoyens sont soumis à des mauvais traitements (ils sont frappés, privés de sommeil, insultés, menacés) et sont contraints d’apposer leurs empreintes digitales sur des papiers blancs sur lesquels les gendarmes rédigent ensuite les «dépositions» qu’ils remettent au juge. Des hommes de main sont également utilisés par les autorités pour provoquer et agresser les animateurs du mouvement de protestation de Imider, comme cela s’est produit le 6/02/2012 à Boumal N Dadès, lorsque Brahim Hamdaoui et Hamid Bato, membres de la commission du dialogue de l’Agraw ont été sauvagement frappés par un groupe de huit personnes. Les animateurs du mouvement de protestation sont également sous l’étroite surveillance des gendarmes qui utilisent même des hélicoptère pour poursuivre et terroriser les habitants en attendant le moment propice pour les arrêter. Mais les populations restent mobilisées et leur mouvement de grève générale est toujours suivi de manière assidue ainsi que les manifestations publiques qui se succèdent devant le siège de la commune d’Imider et parfois devant la mine.
Le 12 juillet 2012, soit près d’une année après le début de la révolte des habitants contre la Société SMI, Faska Ladad, Benacer Mohand, Karim Lahcen, Djouhad Mohamed et Tayeb Amar, sont arrêtés par les gendarmes puis condamnés un mois plus tard à des peines de 2 ans de prison ferme chacun, pour des motifs liés au mouvement de grève d’Imider. Finalement, le 8/10/2012, la Cour d’Appel transforme la sentence en 2 ans de prison avec sursis, ce qui a permis le retour des 5 personnes chez elles dès le lendemain.
Le 12 juillet 2012, soit près d’une année après le début de la révolte des habitants contre la Société SMI, Faska Ladad, Benacer Mohand, Karim Lahcen, Djouhad Mohamed et Tayeb Amar, sont arrêtés par les gendarmes puis condamnés un mois plus tard à des peines de 2 ans de prison ferme chacun, pour des motifs liés au mouvement de grève d’Imider. Finalement, le 8/10/2012, la Cour d’Appel transforme la sentence en 2 ans de prison avec sursis, ce qui a permis le retour des 5 personnes chez elles dès le lendemain.
Sit-in de la population sur le mont Aleban sous la surveillance des gendarmes et du personnel sécurité de la SMI.
Au cours du mois d’octobre 2012, une autre tactique a été utilisée par les autorités locales de Imider et Tinghir en collaboration avec la direction de la SMI, afin de casser le mouvement de protestation qui est resté ferme et uni malgré 15 mois de résistance dans des conditions très hostiles. Les représentants de l’autorité de l’Etat et ceux de la firme SMI ont eux-mêmes choisi de faux-représentants des habitants et ont fait mine d’entamer avec eux un pseudo dialogue. Cette méthode a été aussitôt dénoncée par les représentants légitimes de l’Agraw, qui ont mis en garde les autorités contre ce procédé à la fois malhonnête et qui menace la paix civile.
Au mois de décembre 2012, après soit 16 mois de protestation populaire et de grève générale, rien n’a bougé. La Société SMI, bien que privée d’une partie de l’eau dont elle a besoin (celle bloquée par les habitants sur le mont Aleban), continue de fonctionner même au ralenti et compte sur l’épuisement des populations harcelées par les forces de sécurité gouvernementales. Pourtant la SMI ne respecte ni les lois marocaines (exploitation de puits d’eau sans autorisation, non respect des accords signés notamment concernant l’emploi local) ni les lois internationales (particulièrement celles concernant les droits des peuples autochtones). Les habitants de Imider bénéficient du soutien d’associations de défense des droits humains, de certains syndicats et d’un grand nombre d’organisations de la société civile. Mais le gouvernement central reste sourd, aveugle et muet devant l’évidente injustice que vit la population de Imider. Celle-ci souffre mais continue de résister.
En 1996 déjà…
Il est utile de rappeler que Imider a connu il y a 16 ans, un mouvement de protestation similaire et pour les mêmes raisons. Les manifestations et les sit-in devant le siège de la SMI ou devant les puits de puisement de l’eau par la Société, avaient débuté le 26/01/1996 et se sont poursuivis sans relâche jusqu’au 10 mars de la même année. Ce matin-là, plus de 500 éléments des forces de sécurité gouvernementales ont brutalement attaqué le campement provisoire des manifestants et les ont frappés avec une grande violence, les poursuivant jusqu’à leurs domiciles. A l’issue de cette attaque, on dénombre de très nombreux blessés et 23 personnes arrêtées dont 17 ont été condamnées à des peines allant de 1 à 2 ans de prison ferme et des amendes. Ourahma Lancen, une des personnes emprisonnées, est décédé peu de temps après sa libération, semble t-il des suites de sa blessure à la tête infligée lors de l’attaque du 10 mars 1996 et des mauvais traitements qu’il aurait subi pendant sa détention à la prison de Warzazat.
La SMI en bref
Créée en 1969, la Société Métallurgique d'Imiter (SMI) est une filiale de la Société Managem, elle-même filiale de la Holding Société Nationale d’investissement (SNI) qui appartient à la famille royale marocaine et qui a réalisé un chiffre d’affaires de 50 milliards de DH en 2010 (4,5 milliards d’Euros). La SMI qui exploite le gisement d’Imider produit des lingots d'argent métal d'une pureté de 99,5 %. Le site est équipé d’une usine de traitement et d’une unité de lixiviation et emploie 444 personnes. En 2011, le chiffre d’affaires de la SMI était de 803 millions de DH (75 millions d’Euros) et un bénéfice net de 351 millions de DH (32 millions d’Euros).
Revendications de l’Agraw, l’assemblée des habitants de Imider :
- Libération immédiate et sans conditions de Mustafa Ouchtoban
- Satisfaction des revendications socioéconomiques et écologiques présentées à la SMI
- Respect des droits des populations de Imider à leurs terres et à leurs ressources naturelles
Rapport rédigé par les membres du CMA en partenariat avec l’APMM-Maroc, section Tinghir, nov. 2012
Rapport transmis au Rapporteur Spécial des Nations sur les droits des Peuples Autochtones, au Comité des Nations Unies pour les droits économiques, sociaux et culturels, à la Direction Maghreb de l’Union Européenne, au Parlement Européen et aux ONG.
mardi 11 décembre 2012
Imider, marche et grève de la faim de solidarité
Imider 10/12/2012
Manifestation et grève de la faim à l'occasion du Jour Mondial des Droits de l'Homme
تظاهرة احتجاجية و إضراب عن الطعام في إميضر بمناسبة اليوم العالمي لحقوق الإنسان







Manifestation et grève de la faim à l'occasion du Jour Mondial des Droits de l'Homme
تظاهرة احتجاجية و إضراب عن الطعام في إميضر بمناسبة اليوم العالمي لحقوق الإنسان








vendredi 5 octobre 2012
IMIDER : Déclaration à l’attention de l’opinion. Jugement des détenus le 8 octobre
Mouvement : Sur la Voie de 96 – Imider –
Province de Tinghir
Déclaration à l’attention de l’opinion nationale et internationale
Concerne : les intimidations des autorités régionales à l’encontre des populations d’Imider
Depuis le début du sit-in pacifique de la population de la commune d’Imider sur le mont Alebban, pour :

I.- Réclamer des droits économique et sociaux,
II.- Protester contre l’exploitation abusive des ressources naturelles par la société métallurgique d’Imider (SMI),
III.- Mettre un terme définitif à la pollution de l’environnement au cyanure par la SMI,
IV.- Et pour exiger la fin des violations subies par notre population, ainsi que toutes les formes d’injustices dont elle est victime,
« Mouvement Sur la Voie de 96″ : Imider, le 30 septembre 2012
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IMIDER Khow @IMIDERKhow
Déclaration à l’attention de l’opinion nationale et internationale
Concerne : les intimidations des autorités régionales à l’encontre des populations d’Imider
Depuis le début du sit-in pacifique de la population de la commune d’Imider sur le mont Alebban, pour :
I.- Réclamer des droits économique et sociaux,
II.- Protester contre l’exploitation abusive des ressources naturelles par la société métallurgique d’Imider (SMI),
III.- Mettre un terme définitif à la pollution de l’environnement au cyanure par la SMI,
IV.- Et pour exiger la fin des violations subies par notre population, ainsi que toutes les formes d’injustices dont elle est victime,
En guise de seule réponse, les autorités régionales ont adopté un double langage pour casser cette résistance, au mépris des intérêts vitaux de la population de notre commune. En effet, tandis que des forces auxiliaires ont été déployées autour du puits Targuit pour poursuivre le détournement illégal de ses eaux depuis 1986 – en dépit des plaintes des habitants et des paysans affectés -, nous constatons que la force publique agit pour le compte de la société SNI et pour la protection de ses intérêts, au détriment de ceux de notre population.
Cette action se traduit sur le terrain par une politique systématique de répression tout azimut, comprenant harcèlements, intimidations, encerclements, arrestations arbitraires ; ainsi que des procès- spectacles aboutissant à des verdicts injustes fondés sur des procès-verbaux fabriqués de toute-pièce, c’est-à-dire annexés aux déclarations des détenus préalablement signés dans le poste de police.
Plus que ces agissements, la partialité et même la complicité des autorités locales (avec une entreprise minière privée, aux méthodes d’exploitation illégales) s’est manifesté à travers la convocation récurrente du comité de dialogue au poste de la gendarmerie de Tinghir, pour des motifs fallacieux et ce, notamment aux lendemains du 13ème et 14ème round du dialogue, entre le 28 juin et le 14 août 2012.
Parallèlement à de telles manœuvres, la politique de répression systématique s’est intensifié ces derniers temps, plus particulièrement à la suite de la réunion du 25 septembre, à l’occasion de laquelle le comité de dialogue a reçu une convocation du Maire de la Province à une autre réunion devant avoir lieu, ce 1er octobre 2012. En même temps, les patrouilles de surveillance des gendarmes se sont poursuivies dans plusieurs communes rurales, dans le seul but d’intimider et de terroriser les populations. Cette répression, qui n’épargne ni vieux, ni jeunes, ni militants ni leurs familles, s’est étendu jusqu’aux petits élèves, dont certains sont poursuivis en justice pour provocation des autorités.
Une telle situation, responsable du climat de terreur généralisée, a eu pour effet la perte de confiance des populations dans les autorités : Alors que ces dernières œuvrent pour un dialogue de bonne foi, en vue d’une solution équitable à leurs problèmes, sur la base de leurs droits légitimes sur les ressources minières naturelles de leurs terre ancestrale, la terreur qu’elles subissent met en évidence les réelles intentions des parties hostiles à ce dialogue et à toute solution non conforme à leurs intérêts privés.
Dans de telles circonstances, nous réitérons notre disposition à poursuivre le dialogue, que nous souhaitons constructif, pour une solution juste et équitable … Mais nous tenons à rappeler, À Qui de Droit et à l’opinion publique, nationale et internationale, notre détermination inébranlable à défendre nos légitimes droits sociaux et économiques.
« Mouvement Sur la Voie de 96″ : Imider, le 30 septembre 2012
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IMIDER Khow
Les détenus politiques de la cause "imidrienne" seront jugés en cours d'appel de Ouarzazate le 08 octobre !
mardi 25 septembre 2012
Magnifique et courageuse marche des élèves d'Imider au Mont Alebban
Mouvement : Sur la Voie de 96 -ImiDer -
Province de Tinghir -
MarocDéclaration du 23 septembre 2012 .
Ce sont, environ huit
cents (800) élèves qui ont pris part à une manifestation de protestation et
de solidarité sur le mont Alebban où leurs parents tiennent depuis le mois
d’août 2011, un sit-in de protestation, regroupant des représentants des sept
villages de la commune rurale d'Imider.
Menée en bon ordre, sur une distance
de quatre (4) kilomètres, la marche, qui concernait l’ensemble
des collèges et du primaire, est partie du centre de la commune
pour rejoindre la route nationale n° 10, où s’est opérée la jonction
avec les élèves provenant des autres villages entourant la mine. Les
élèves ont escaladé les hauteurs du Mont Alebban, devenu un symbole de
la lutte pour la dignité, en scandant des slogans, entonnant des
chants berbères et portant des affiches dénonçant la misère et les
problèmes liés à l’enseignement après que la délégation provinciale
de l'éducation nationale ait décrété la saison 2011/2012, « année
blanche ».
Après l’espoir né des promesses du délégué provincial de
l'éducation nationale et du gouverneur lors d'une réunion le 31 Août 2012
avec le comité de dialogue représentant légitime de la population, les
parents d'élèves ont autorisé les élèves à reprendre leurs études en signe
de bonne volonté. Mais la réalité et l’entêtement des responsables
ont achevé de briser les rêves de ceux qui pensaient enfin voir
se dissiper les nuages obscurcissant l’avenir de la région.
Malgré
la richesse de celle-ci en ressources minérales, l'absence de
transports scolaires inflige aux enfants du village d'Ikis, des
marches harassantes de plus de deux heures sur des chemins escarpés,
pour se rendre à l'école. La pénurie de fournitures scolaires, la
vétusté des infrastructures, le manque d'équipements, la faiblesse
des effectifs des enseignants, la surpopulation des salles de
classe (trois élèves par table) et son corollaire, la promiscuité des
niveaux et des programmes enseignés et les qualifications
professionnelles misérables des enseignants, sont autant d’insultes, de
violences et d’injustices insupportables faites à nos enfants et à travers
eux, à toute la région pour ce qu’elle représente à nos yeux.
C’est
pour toutes ces raisons et pour d’autres, comme la solidarité avec
les militants du Mont Alebban, injustement condamnés qu’a été menée
cette marche. Les jeunes manifestants affirment leur détermination de
mener aux côtés de leurs parents la lutte et ont menacé de boycotter
l’année scolaire si la situation du système éducatif ne s’améliorait pas et
si "l'accompagnement des élèves" pour une meilleure réinsertion ne
se faisait pas conformément aux promesses qui leur ont été faites lors
de la rencontre avec les responsables. Après avoir mené des ateliers
de
discussions pacifiques à ciel ouvert sur le mont Alebban, les
élèves ont repris le chemin du retour accompagnés de leurs parents
en confiant à leurs frères aînés le soin de poursuivre la lutte
entamée voilà plus de treize mois, par ceux d’Imider.
Lien vers l'album photos du 23.09.2012 :
مسيرة التلاميذ : 23 / 09 / 2012 Marche des élèves :
https://www.facebook.com/media/set/?set=a.532138303469304.140422.264059770277160&type=3
Lien vers les vidéos du 23.09.2012 :
Imider : Cercle de discussion tenu des élèves:
http://www.youtube.com/watch?v=lJg4G9hKt40
مسيرة احتجاجية لتلاميذ إميضر 23/09/2012
http://www.youtube.com/watch?v=TAUmqCUoxg0

Hamid Elhail :
Imider le village oublié ! C' est là les vrais militants !
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Ali Fkir a partagé une photo de الشعب يريد إسقاط الإستبداد_ أنشرها بقدر حبك لشعبك.
AU MAROC, L'ARGENT NE PROFITE PAS AUX VILLAGEOIS d'IMIDER
MINES - Des centaines de personnes font un sit-in près d'une immense mine d'argent...
«Nous vivons à l'âge de pierre»: au fin fond du Maroc, des hommes,
femmes et enfants protestent depuis des mois contre une société qui
exploite, près de leur village, l'une des plus grandes mines d'argent
d'Afrique dont ils veulent partager les bienfaits matériels. A deux
kilomètres d'Imiter, un village berbère niché au pied du Haut Atlas
marocain (sud), la Société métallurgique d'Imiter (SMI), filiale du
groupe Managem, indirectement contrôlée par un holding de la famille
royale......
La SMI a généré en 2010
un chiffre d'affaires de 74 millions d'euros, et un document interne
indique que la mine d'Imiter place le Maroc au premier rang des
producteurs d'argent en Afrique. Les manifestants demandent que 75% des
recrutements soient réservés aux habitants de la région, mais la société
juge cette demande «irréaliste»..... (....AFP)
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Même pas un moyen de transport pour ces enfants d'IMIDER
Photos prise le 23 septembre 2012
AU MAROC, L'ARGENT NE PROFITE PAS AUX VILLAGEOIS d'IMIDER
MINES - Des centaines de personnes font un sit-in près d'une immense mine d'argent...
«Nous vivons à l'âge de pierre»: au fin fond du Maroc, des hommes, femmes et enfants protestent depuis des mois contre une société qui exploite, près de leur village, l'une des plus grandes mines d'argent d'Afrique dont ils veulent partager les bienfaits matériels. A deux kilomètres d'Imiter, un village berbère niché au pied du Haut Atlas marocain (sud), la Société métallurgique d'Imiter (SMI), filiale du groupe Managem, indirectement contrôlée par un holding de la famille royale......
La SMI a généré en 2010
un chiffre d'affaires de 74 millions d'euros, et un document interne
indique que la mine d'Imiter place le Maroc au premier rang des
producteurs d'argent en Afrique. Les manifestants demandent que 75% des
recrutements soient réservés aux habitants de la région, mais la société
juge cette demande «irréaliste»..... (....AFP)
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Même pas un moyen de transport pour ces enfants d'IMIDER
Photos prise le 23 septembre 2012
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Même pas un moyen de transport pour ces enfants d'IMIDER
Photos prise le 23 septembre 2012
lundi 17 septembre 2012
Mise au point de la situation à Imider
Mouvement :
sur la Voie de 96 – ImiDer –
Province de Tinghir
Mise
au point
Alebban,
Le jeudi 13 septembre 2012
Hommage
et respect à l'esprit du martyr "Lahcen Usbdan», un martyr du soulèvement
populaire, la bataille héroïque historique de la population d’Imider, Année
1996 ;
Un
salut de défi et de résistance aux militants et activistes de la cause
imidrienne;
Un
salut de défi et de résistance aux détenus de la pensée libre,
spécialement, les détenus de la cause imidrienne pendant les années 1986.1996
et 2011. Ainsi que les détenus de 2011-2012 ; ceux libérés et ceux
qui croupissent dans les geôles du déshonneur du Makhzen. Notamment Mustapha
Ouchtoubane, Bennaser Mohamed, Lahcen Karim, Omar Taib, Ljihad Mohamed et Faska
Laadad.
Un
salut de honte et de déshonneur aux ennemis de la cause
imidrienne, cause juste et légitime.
Depuis
le 1er août 2011,
la commune d'Imider poursuit une lutte historique. Elle a varié ses formes
pacifiques de protestation. Cela a permis la tenue depuis le 20 août 2011
d’un sit-in sur le mont Alebban. Cette action est menée depuis
plus de 13 mois. La détermination de la population n’a été érodé ni par
les conditions naturelles difficiles ni par la campagne impressionnante de la
part du «Makhzen» et de médias au service de parties bien connues... Cette
campagne hostile vise à désinformer l’opinion publique concernant les
acquis réels de la population d’Imider dans le cadre de l'initiative "Programme
de développement des zones minières".
Pour rappel, en raison de l’absence
forcée des enfants des classes durant une saison complète
(2011/2012), cette année a été déclarée officiellement et audacieusement par la
délégation provinciale de l’éducation nationale «une année blanche». Une
décision prise au cours de la réunion tenue, le 31 août 2012, en présence du
comité du dialogue (représentant de la population) et de l'autorité locale. Elle
se basait sur un rapport du comité régional chargé de la discussion de l'état
des établissements d'enseignement de la commune, daté du 30 juillet
2012.
C’est dans ce contexte que les parents et tuteurs des élèves de la commune ont suggéré la mise sur pied d’une colonie de vacances destinée à aider à la préparation psychologique des élèves.
C'est ce rapport du comité régional qu’ont adopté la soi-disant «police judiciaire» et la soi-disant «procuration générale» dans le procès des 5 militants jugés le 09 août 2012, qui permet de dévoiler toutes les ‘‘mains invisibles’’ qui ont contribué de près ou de loin à la fabrication du dossier de détention des 5 détenus du 12 juillet 2012.
Dans le même contexte, le «Makhzen» continue à manœuvrer pour faire taire les voix unies autour de droits légitimes. À titre d’exemple, il exploite des ‘‘mains invisibles’’ se prévalant de manière mensongère du titre de représentant légitime et légal de la population de la commune et par conséquent, éligibles à négocier en son nom.
Toutes ces manœuvres dilatoires visent essentiellement à saper la légitimité du Comité de dialogue, qui avait mené rondement un dialogue en 15 rondes, et à entraver la démarche positive qui a porté notre cause. Ces ‘‘mains invisibles’’ craignent l’impact négatif du succès de notre mouvement sur leurs intérêts et leur réputation.
Étant donné ce qui précède, nous déclarons à l'opinion publique locale, nationale et internationale ce qui suit:
Notre
Condamnation:
-
Des arrestations arbitraires contre les militants de la cause
imidrienne.
-
De La gestion irresponsable des droits légitimes de la population.
- Des provocations et des menaces telles que les poursuites à l'encontre comité de
dialogue et la mobilisation des voyous pour provoquer des
conflits.
Notre
attachement à:
-L’innocence
des détenus de notre cause juste et légitime.
-
La justice de notre cause et de la légitimité de nos revendications.
-Au dialogue comme une option stratégique, au pacifisme et à la
démocratie exemplaire comme des principes universels encadrant notre
lutte pour récupérer nos droits bafoués.
Notre
solidarité inconditionnelle avec:
-Les
détenus de notre cause et de leurs familles dans leur
détresse.
-
Tout détenu d’opinion libre sans aucune exception.
-
Tous les soulèvements populaires au Maroc et à l'étranger, réclamant la
dignité.
Notre
détermination à
poursuivre la lutte dans les formes que nous voyons adéquates pour récupérer nos
droits et jusqu’à la libération de nos détenus innocents.
« D’abord,
ils vous ignorent. Ensuite, ils se moquent de
vous. Puis ils vous attaquent. Et,
alors, vous gagnez »
Mahatma
Gandhi
Libellés :
Imider ou Imiter,
lutte des villageois d'Imider,
prisonniers
lundi 20 août 2012
Merci à ceux qui ont soutenu la cause d'Imider
العربية
تحية إعلامية خاصة إلى جميع الأقلام الحرة والعدسات الحرة التي أبت إلا
أن تلبي الواجب المهني إزاء ما يدور في الجماعة القروية لإميضر من أحداث ومستجدات
دون أن ننسى الصحافة الإلكترونية التي كان لها الفضل الأول في نشر ومتابعة
احتجاجاتنا منذ مراحلها الأولى.
فتحية خالصة إلى كل هؤلاء الرجال والنساء الذين شكلوا دعما جديا وجيدا
لقضيتنا ولولاهم لنبذنا المخزن بآلته القمعية في صمت رومانسي.
كما نسجل التعتيم الذي نهجه الإعلام الرسمي الذي دفعنا ضريبته في فواتير
الكهرباء وتنكر لنا في لحظة نحن في أمس الحاجة له. لا ننكر الدقائق الذي تناولت
موضوع إميضر بتعليمات من المركز ولو أن المادة التي بثت كانت معدلة بشكل تعمد فيه
الطاقم إخفاء الحقيقة أو بالاحرى تقديمها في قالب لا يغضب أصحاب
القرار.
وفي الأخير ندعوا كافة الإعلاميين التفاعل مع قضيتنا وتنوير الحقيقة
والرأي العام وكسر الطوق الذي ما فتئ المخزن يحاول فرضه على الأحرار على المستوى
الوطني عامة وإميضر خاصة.
Français
Nous
saluons tous les médias et les journalistes qui sont restés fidèles à leur
travail et répondent à l’appel de la cause
d’Imider. Sans
oublier la presse électronique, qui était la première à soutenir nos protestations
et à diffuser nos nouvelles
depuis les premiers jours du mois d’Août 2011.
Des
hommes et des femmes ont formé, par leurs écrits et leurs actions, un appui
remarquable et confirmé pour notre cause. Et sans eux, le Makhzen nous
assassinerait à première vue dans un silence médiatique et sans la moindre
hésitation.
Nous
condamnons également le black-out des médias par les organismes officiels qu’on
a pour payé leurs taxes sur nos factures d’électricité pour nous déguiser en un
temps où nous avons un besoin urgent. Effectivement, quelques minutes nous sont
consacrées dans leurs flashes infos, mais ceci est venu après le succès des
efforts des médias internationaux puis
l’écho laissé par ces efforts auprès de la presse internationale. Ainsi
qu’après « des
instructions venant du pouvoir central ».
Ajoutant
que ces articles publiés visent à détendre l'atmosphère et à présenter la
vérité dans une image n'irritant pas les autorités centrales.
En
conclusion, nous invitons tous les médias pour interagir avec notre cause pour
la vérité et l'éveil de l'opinion publique et de briser le carcan que le
« Makhzen » a tenté d'imposer aux hommes libres au niveau national en général et
à Imider spécialement.
( nous avons laissé ce texte tel qu'il était,malgré certains passages difficiles à comprendre)
English
We
greet all those journalists and media who remained faithful to their duty and
responded to the call of Imider's cause. Without forget to mention the
electronic press, which was the first to carry our demonstrations and to
disseminate news of our activities from the August the first 2011. These men and
women have formed, by their words and actions, extraordinary and encouraging
support for our cause. Without them, the "makhzen" would have silently
assassinated us, without hesitation.
Conversely,
we condemn the officially sanctioned media black-out which was intended to hide
our protests despite the fact that we paid taxes on our electric bills to these
same official organisms at a time we so urgently needed it. Actually, a few
minutes were allotted to us in their news, but after the efforts of
international media and its echoes, which makes the authorities give instruction
from the center in order to break the truth that would not annoy
them.
Finally,
we invite all media to participate actively in our mission to rouse public
opinion by getting to the truth, and breaking the cord that the regime's power
has tried to impose on free men throughout the country in general and in Imider
particularly.
A Imider aujourd'hui, 20/8/2012 http://youtu.be/JVJzTMyJa3w
Libellés :
Imider ou Imiter,
marches protestation,
presse,
soutien
jeudi 9 août 2012
Imider, comme un caillou dans la chaussure du prédateur !
Avec leurs mains dessus leurs têtes
Ils avaient monté des murettes
Jusqu´au sommet de la colline
Qu´importent les jours les années
Ils avaient tous l´âme bien née
Noueuse comme un pied de vigne
Jean Ferrat « La Montagne »

A
Imider, ce petit village de l’Atlas marocain, où le courage semble
avoir définitivement pris ses quartiers, il est une certitude que la
détermination n’est ni une affaire de sexe, d’âge ou de nombre, mais
affaire de conscience collective.
Depuis le mois d’Août
2011, les fiers habitants de cette vallée encaissée de l’Atlas luttent
sans discontinuer, contre la prédation et le saccage de leur
environnement. Ils bravent la misère et les rigueurs extrêmes de l'Atlas
marocain pour dénoncer l'injustice.
Face à eux, rien moins que
le roi, par le truchement de sa Holding, la SMI, filiale de l’ONA, qui
étend ses tentacules partout où brille le métal qu’elle n’hésite pas à
extirper et littéralement confisquer, au nez et à la barbe des
« indigènes », au moyen de méthodes pour le moins contestables.
D’énormes quantités d’eau utilisées par la mine sont rejetées sans
aucune précaution dans la nature, tout autour de la concession,
retournant ainsi, par gravitation à la nappe phréatique d’où elles ont
été tirées, chargées de toutes les scories résultant de la purification
du métal, de cyanure et de mercure. La photo satellite est sans appel et
montre les dégâts effroyables infligés à l’environnement. Une vision
d’apocalypse qui nous renvoie sur une autre planète. Plus bas dans la
vallée, les récoltes se péjorent d’année en année et les arbres
fruitiers et les palmiers se meurent asphyxiés par le poison.

Vue aérienne de la Mine de la SMI
L’épreuve
de force ne date pas d’hier. En 1986, alors que les responsables
avaient décidé de creuser un nouveau puits, les habitants pressentant le
désastre qui allait s’ensuivre, avaient tenté de s’y opposer.
Résultat : bastonnades, arrestations et emprisonnements de plusieurs des
protestataires. Une autre tentative de blocage de la mine en 1996,
avait duré quarante-huit jours et s’était soldée par une intervention
violente des forces de l’ordre qui n’a épargné ni femmes, ni enfants, ni
vieillards, avec à la clé la destruction du campement amazigh, des
arrestations et des condamnations à de la prison ferme pour deux femmes.
Si
les autorités n’ont, cette fois, pas osé intervenir massivement, c’est
que le printemps marocain est passé par là et la communauté
internationale qui a entendu les lamentations de ceux d’Imider, a
désormais les yeux rivés sur ce petit bout de l’Atlas où le campement
des indignés est devenu un village. De bric et de broc, de toiles
vieillottes, de fossés creusés à même le sol, de blocs de pierres, mais
un village tout de même. Celui de la dignité !
Alors
à défaut de tout saccager, les gendarmes font dans la répression
chirurgicale en arrêtant et emprisonnant ceux qu’ils pensent être les
meneurs. Après Mustapha Ouchtoubane, condamné à quatre
ans de prison, en appel le 13 février 2012, cinq autres militants
arrêtés le jeudi 12 juillet encourent, à leur tour, de lourdes peines de
prison pour leur appartenance au « Mouvement sur la voie de 96 ».
Pourtant, Moha Bennaser, Faska Laadad, Karim Lahcen, Taïeb Omar et Moha Ouljihad et les autres, ne
sont ni des criminels, ni des agitateurs. Tout juste revendiquent-ils
le respect de l’environnement et le partage des bénéfices de la mine
avec la région qui semble avoir été condamnée par le pouvoir central à
l’exclusion de tout développement.

"Les cinq d'Imider"
Les
autorités locales pensent réduire au silence
les populations de la
région. Lourde erreur, car en pays amazigh, la détermination n’est pas
un mythe. Qui n’a pas vu la vidéo de ce garçon d’une dizaine d’années
interpellant les responsables du pays, ne peut comprendre la portée
réelle de la prise de conscience.
| Le petit Amazigh rebelle d'Imider. |
«
Les gouvernants devront un jour, assumer les conséquences de ces
actes accomplis par les
subordonnés corrompus et incompétents qu’ils ont
nommés ! » clame le petit berbère, en véritable tribun, face caméra.
Discours
soufflé par des comploteurs tapis derrière la caméra, prétendent les
thuriféraires de l’indéfendable. Et alors ? Peu importe le pianiste,
c’est la partition qui compte !
Une image qui en rejoint
d’autres, lorsque les femmes berbères toutes de noir vêtues, perchées
sur les escarpements du Rif et de l’Atlas, entonnaient les youyous et
les chants traditionnels, pour encourager leurs hommes à cheval, montant
à l’assaut de l’envahisseur français ou espagnol.
- « Seul le drapeau a changé, un colonialisme en a remplacé un autre ! » rappellent certains villageois, hors caméra.
Après
les gauchistes du dimanche, le régime marocain conforté par ses
islamistes du vendredi, pense pouvoir affaiblir l’ « Aube citoyenne »,
en enchaînant les mesures coercitives. Son bras séculier s’est étendu
également, à ceux d’Imider pour leur imposer la « Pax Makhzena ». Mais
c’est oublier un peu trop vite que la lutte des peuples pour leur
dignité est comme un caillou dans la chaussure du dictateur. Changer de
chaussure ne met jamais ce dernier à l'abri de voir l'intrus revenir lui
titiller les orteils.
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