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jeudi 6 août 2015

Le pillage par le Maroc des richesses et ressources du peuple sahraoui est dénoncé

Alger, 31/7/2015 (SPS) .- 

Le représentant du Collectif des Défenseurs des Droits de l'Homme, Mohamed Salem Lakhal, a vivement dénoncé jeudi "le pillage systématique des richesses et ressources du peuple sahraoui", estimant que cette question était au cœur du conflit.

Intervenant lors de la 13ème semaine de solidarité organisée par la ville d'Alger-Centre, M. Lakhal a indiqué que "durant la dernière décennie marquée par des mouvements pacifiques sur les territoires occupés, le Maroc a intensifié ses violations en s'adonnant au pillage de la richesse halieutique des mers du Sahara occidental à travers des accords de partenariat illégaux conclus avec ses “partenaires”, en tête desquels l'UE".

Il a, en outre, dénoncé la spoliation au quotidien du phosphate au niveau de la région de Boukraa au Sahara occidental avec une exploitation de 2,6 millions de tonnes/jour. D'autres rapports font également état d'une exploration "dangereuse et illégale" du gaz naturel, citant les explorations effectuées par deux compagnies américaine et britannique.

samedi 18 janvier 2014

La France versatile et frivole, et le Sahara Occidental...


Par APSO, 11/1/2014 2014

La France tergiverse, pouvoir et média, sur les nuances de la liberté d'expression quand il s'agit du président et de ses amours, d'un humoriste et de ses excès... Serions-nous encore ensuqués par les excès multiples de la fin d'année pour supporter aussi peu de sérieux, tout ce bruit pour rien ? N'y a -t-il pas matière à pessimisme ?

Sur une échelle géographique aléatoire, il pourrait être plus intéressant de se pencher sur "la courbe du chômage inversée de façon imperceptible" et la hausse de la TVA, un peu plus loin sur Fukushima et ses fuites radioactives, les baleines pilotes et poulpe géant qui s'échouent, sur l'Europe et ses accords étrangement hyper-capitalistes et très discrets pour la protection des banques...

Vue d'ailleurs, notre France des droits de l'Homme est sûrement ridicule. Empâtée à ignorer son peuple, son devoir éthique d'éducation pour emplir les têtes et s'opposer à la haine, empâtée à oublier d'entendre les vigilants, penseurs et intellectuels.
Ou alors, l’ailleurs soit nous raille comme l'excellent "Demainonline" indépendant marocain en exil, soit ne se soucie pas de notre pauvre France démagogique.

En Tunisie, on s'occupe de choses sérieuses, et suite à une pression très forte de la population, de la société civile, des syndicats ouvriers, patronaux, des avocats et des associations de droits de l'Homme, le parti islamiste Ennahdha a accepté de céder le pouvoir à un gouvernement de compétence nationale pour assurer la dernière période de transition démocratique, préparer les prochaines élections et terminer la constitution et le processus électoral.

Les Congolais de la RDC en diaspora ont décidé qu'on ne s'amuserait plus tant que la situation de leur pays, champ de bataille et théâtre d'un génocide absent des médias autant que démesuré ne serait pas sur la voie de l'amélioration, et le despotisme d'État dégagé. On ne danse plus sur scène ni on ne s'amuse congolaisement en France (ni ailleurs) et le combat multiforme est devoir d'information internationale et de vigilance, quand la révolte gronde au pays et que continuent les massacres civils en masse. Cela se fait sans la France, mauvaise amie qui oublie encore de soutenir les aspirations et les efforts vers la démocratie de ce peuple en marche.

Les Sahraouis, amis des précédents, eux, se soucient de la France. Ils ont célébré en novembre dernier le troisième anniversaire de la manifestation qui en territoires occupés du Sahara Occidental avait réuni à Gdaim Izik 20 000 d’entre eux pendant un mois, avant l'attaque des forces de sécurité du colonisateur marocain. Depuis lors, fin 2010, des civils journalistes, militants de droits de l'homme, médiateurs, sont en prison à Salé 2 près de Rabat, et ont été condamnés sans preuve par un tribunal militaire à des peines allant de 20 ans à la perpétuité.  Condamnés pour leur identité.
2013 a encore été une année de continuité dans la lutte et la résistance, certes, mais aussi dans l'immobilisme international. La France n'a pas changé de ligne en passant de droite à gauche et continue à être responsable du statu quo de la situation. Chaque frémissement favorable a connu son contraire.

La Minurso a été renouvelée sans mandat de protection des populations civiles sahraouies qui affirment leur identité ou revendiquent le respect de leurs droits internationalement établis. La France est probablement victime d’une tergiversation géométrique sur la variabilité de l’intensité et de la quantité des coups donnés… puisqu’elle est responsable de cet état de fait. Les manifestations sahraouies de protestation hebdomadairement attaquées par les forces de sécurité marocaines qui cognent avec la visible jubilation de l’impunité mais ne tuent pas beaucoup ou cachent bien les corps n’y ont pas suffi. On peut avoir la même crainte pour 2014 si l’influence internationale ne pèse pas sur cette même France, malgré la permanence des protestations sahraouies en territoires occupés, et les déchaînements de violence qu’ils ont reçus toute l’année 2013. On appelle ça communément les droits de l’Homme, et les militants internationaux et ceux du Sahara Occidental s’appliquent à rapporter les horreurs commises sans que la France des droits de l’Homme ne s’en soucie.


Vidéo EM, El aaiun  occupé, activité de nuit des policiers marocains, ordre ou terreur ?

 




vendredi 30 août 2013

L'énergie verte complice de l’occupation au Sahara Occidental


28/8/2013




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Western Sahara Resource Watch lance aujourd'hui un rapport détaillé sur la manière dont le Maroc a l'intention de construire de centrales d'énergie renouvelable de plus de 1000 MW (mégawatts) au Sahara Occidental, un territoire que le Maroc occupe partiellement.


«Ces projets solaires et éoliens, quel que soit le vert, seront d’un grave préjudice pour le peuple du Sahara Occidental. L'énergie produite sera utilisée pour tirer profit de ressources déjà illégalement exploités par le Maroc au Sahara Occidental, intensifiant ainsi l’incessant pillage. Et en exportant l'énergie vers l'Union Européenne et le Maroc proprement dit, la puissance occupante cherche à ancrer sa revendication intenable sur le territoire », a déclaré Sara Eyckmans, coordinatrice de Western Sahara Resource Watch (WSRW).

Téléchargez le rapport « La  Marche Vert Sale», ici. (pour l'instant uniquement en anglais. Le rapport sera publié en francais dans quelques jours).

Le Maroc ne produit lui-même ni pétrole ni gaz, et son gouvernement a faim d’énergie. Le rapport montre que le nouveau front de production d'énergie solaire et éolienne sera situé dans le territoire que le peuple sahraoui a fui après l'invasion militaire marocaine de 1975, connu sous le nom de Marche Verte.

Aujourd'hui, la production d'énergie à partir de sources éoliennes et solaires au Sahara Occidental constitue au plus 5,5% de la production totale d'énergie du Maroc à partir de ces sources. En 2020, toutefois, le total pourrait être porté à un étonnant 26,4%, selon le nouveau rapport.

De grands acteurs internationaux du secteur de l'énergie verte, dont les entreprises françaises Alstom et EDF Energies Nouvelles, ont déjà été appâtés par le gouvernement marocain. La plupart des compagnies mentionnées dans le rapport n'ont pas répondu aux questions concernant leurs projets. Dès aujourd'hui, alors que le rapport est lancé, du matériel d’installation de la technologie éolienne est déchargé dans le port de El Aaiun, au Sahara Occidental.

Depuis l'invasion, le gouvernement marocain utilise les ressources naturelles du Sahara Occidental comme il lui plaît, en violation du droit international. Avec l'augmentation de l'accès à l'énergie, le secteur de la pêche et les industries extractives seront plus lucratifs. Par ces projets, le Maroc connecte d’avantage le territoire qu'il occupe au sien et au réseau énergétique de l'Europe, une démarche politique déloyale.

Le propriétaire légitime de cette terre, le peuple sahraoui, n'a pas consenti aux projets marocains, qui sont des violations d'un avis juridique clé des Nations Unies sur la question. À ce jour, l'ONU considère le Sahara Occidental comme une colonie.

Contact :
Sara Eyckmans, coordinatrice, Western Sahara Resource Watch, Bruxelles, Tél +32 475458695, coordinator@wsrw.org
Erik Hagen, président, Western Sahara Resource Watch, Oslo, Tel +47 45265619, info@vest-sahara.no
Katalie Clong, Amis du Peuple du Sahara Occidental, France, apsolument@yahoo.fr
http://www.wsrw.org/a111x2637

  Dirty Green March by WesternSahara

mardi 12 février 2013

L'adorable AMDH !

Par Ali Fkir, 12/2/2013

L'adorable AMDH !

L'AMDH toujours rayonnante, toujours attirante. Elle est grande l'AMDH, grande par ses repères, ses principes, ses positions conséquentes et osées, grande par la qualité de ses militantes et de ses militants.En face de nombreuses difficultés, nos autres frères africains, ne peuvent s'adresser qu'à l'AMDH. C'est dommage que toutes les autres forces démocratiques du pays préfèrent "cultiver leurs réduits jardins". La solidarité internationaliste n'est pas à l'ordre du jour ! 
Il ne suffit pas de parler de "l'internationalisme", et fermer les yeux sur le calvaire que vivent nos frères subsahariens: persécution policière, agressions racistes... mais persécute, refoule leurs victimes...

J'ai honte d'être "citoyen" d'un pays qui accueille bras ouverts, les potentats de la planète, les suceurs du sang des travailleurs, les pilleurs des richesses des peuples, la racaille des pétrodollars, la recherche d'un petit bonheur, d'un peu de chaleur humaine. Et dire que le Maroc ne ménage aucun effort pour créer les conditions paradisiaques chaque fois qu'un tyran africain arrive chez nous, et surtout lorsqu'il "défend" la marocanité du Sahara Occidental.

Ali Fkir, amazigh,arabe, africain, communiste et donc internationaliste.


De : Haouzi Abdelmalek <abd20222@yahoo.fr>
À : "pressemaroc@yahoogroupes.fr" <pressemaroc@yahoogroupes.fr>
Envoyé le : Mardi 12 février 2013 2h30
Objet : Amdh(Ar+Ph)/ حول الترافع وحقوق اللاجئين بالمهدية


الجمعية المغربية لحقوق الإنسان تنظم يومين دراسيين حول المرافعة للدفاع عن حقوق اللاجئين وطالبي اللجوء
 
      نظمت الجمعية المغربية لحقوق الإنســــان يومين دراسيين  في موضوع " المرافعة للدفاع عن حقوق اللاجئين وطالبي اللجوء " بالمهـــــدية طيلة يومي 09 و10 فبراير الجاري  وذلك  بتنسيق مع  اللجنة الاسبانية لمساعدة اللاجئين
 "  CEAR"
 وبدعم من الجمعية الاسبانية للتعاون الدولي من أجل التنمية "AECID"
فبعد الافتتاح الذي تشرفت به السيدة خديجة رياضي رئيسة الجمعية م ح إ  وكلمات الهيئات  المشاركة ..
انطلقت أشغـــــال هذين اليومين التكوينيين  حيث قدم  الأستاذ : حسن محفوظ  مدخلا عاما ومقدمات للترافع  لينتقــــل الجميع الى ورشات الاشتغال على
 الترافع للدفاع عن حقوق اللاجئين وطالبي اللجوء  التي قسمت الى موضوعين :
الأول تعلـــق بالترافع أمام الهيئات الدولية أطرها الرفيق : "ستيفان جولينيت
Stéphane Julinet
ممثل مجموعة مناهضة العنصرية ، والمــرافقة والدفاع عن المهاجرين بالمغرب
GADEM
والذي اثار سياسات الاتحاد الأوروبي  وانعكاساتها على مصير اللاجئين والمهاجرين بشكل عام  .كما  تطرق إلى مضامين مجموعة من الاتفاقيات الأوربية وأهدافها  كمعاهدات روما /لوكسمبورغ /ماسترخت /أمستردام ... والتي أجــــريت  كلها بالفضاء الأوربي ووسعت من صلاحيات الاتحاد الأوربي  دون ان يغفل اتفاقيات  أخرى  عقدت مع دول البحر الأبيض المتوسط كالمغرب الجزائر و تونس والتي تسعى في النهاية الى  الحد من الهجرة .
أما  الموضوع الثاني : فأطره الأستاذ محمد خطاب   الذي تناول بالتحليل المرافعة أمام المؤسسات الوطنية منطلقا من سؤال هل يشكل قانون الهجرة 02/03  المتعلق بدخول وإقامة الاجانب بالمغرب أداة يمكن اعتمادها  في الترافع لتحقيق مطالب اللاجئين ؟؟  خصوصا ان هذا النص القانوني  تعتريه مجموعة من النواقص وهو غير شامل لقضايا الهجرة  حيث يغفل وضعية المهاجر المغربي بالبلدان الاخرى  أم وجب الرجوع الى القانون الدولي  كالاتفاقية الدولية لحماية حقوق جميع العمال المهاجرين وأفراد أسرهم والتي  تشكل أوسع إطار في القانون الدولي لحماية حقوق المهاجرين واللاجئين ... مبرزا  الانتهاكات التي يتعرض اليها الجنوب صحراويين من طرف السلطات المغربية  والتي تعرقل  ولوجهم  الى أي حق من الحقوق .
     موضوع  آخر ذا أهمية قصوى في المرافعة  أطره الأستاذ :  دياشاري بوديوكرو " Diachari Poudiocro " عن شبكة الشرق للهجرة والعبور  " ROMP " ويتعلق بعمليات  التشبيك الذي اثار من خلاله المؤطر أهمية التنسيق وتكتل الفاعلين  في كل مرافعة .. وقسم  اللاجئين وطالبي اللجوء حسب وضعياتهم وحالاتهم وأهدافهم...  ليخلص الى كون اللاجئين لأسباب اجتماعية واقتصادية هم الاكثر عددا من اللاجئين السياسيين لإثارة الانتباه الى قضاياهم الملحة حسب الأولوية ويختتم  بكيفية وضع خطة طريق للتشبيك ناجعة من أجل النضال والمرافعة للدفاع وحماية حقوق اللاجئين والمهاجرين .
      أما الرفيق سعيد الطبل فركز في مداخلته على السياسات الاوروبية للهجرة وانعكاساتها على حقوق المهاجرين بالمغرب والدور الدركي الذي يلعبه المغرب لصالحها  بغرض تخليص الاخيرة  من الهجرات المكثفة. مبرزا ما يعانيه المهاجر ببلدنا .
فبين ثنــــايا الخضوع لتعليمات الاتحاد الاوروبي وعدم احترام حقوق الانسان يجد المهاجر نفسه في المغرب في وضعية شرود وتشرد وضياع ..
 
تقرير عبدالمالك حوزي
ملحوظة : التكوين كان كله باللغة الفرنسية واي ترجمة خاطئة أتحمل شخصيا مسؤوليتها مع  الاعتذار المسبق
الصـــــور
 

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dimanche 30 décembre 2012

Cause d'Imider: Rapport du Congrès Mondial Amazigh (CMA)


 Imider (Province de Tinghir)spoliation des ressources naturelles et résistance populaire
Imider est une petite commune posée au pied du Haut-Atlas, à quelques 300 km au sud-est de Marrakech, entre Tinghir et Boumaln-N-Dadès, sur la N10, l’axe routier reliant Warzazat à Errachidia. C’est une zone désertique parsemée de petites localités dont l’existence est intimement liée à la présence de l’eau. Environ 5000 habitants vivent dans les 7 villages de cette commune (Ait-Mhend, Ait-Ali, Ait-Brahim, Anou N Izem, Izoumken, Taboulkhirt et Ikis), essentiellement de l’activité agricole vivrière (maraichage et petits élevages). Les habitants de cette région sont des Amazighs.
Imider, vue générale
A l’origine : spoliation des terres collectives et des ressources naturelles des populations autochtones
Depuis 1969, la Société Métallurgique de Imider (SMI) exploite un gisement d’argent sur les terres collectives des habitants de Imider, puise dans la nappe phréatique l’eau nécessaire au traitement du minerai, rejette des polluants et n’apporte aucun avantage pour la population locale, pas même l’emploi des jeunes au chômage. Ces dernières années, les paysans de Imider ont constaté le recul des niveaux d’eau très inquiétants, de près de 60%, jusqu’à rendre inexploitables certaines parcelles productives jusque-là. Des champs d’arbres fruitiers ont ainsi été perdus faute d’eau. D’après les constats, l’appauvrissement de la ressource hydrique est due au pompage excessif effectué par la SMI. Plusieurs canalisations partent de plusieurs puits et convergent vers la mine qui consomme de grandes quantités d’eau. La mine utiliserait 1555 m3 d’eau par jour, soit plus de 12 fois la consommation journalière de tous les habitants de Imider. Si la situation devait perdurer, elle menacerait directement la vie dans cette localité.
Installations de la mine d’argent exploitée par la SMI, à 3 km de Imider
 
La mine, vue aérienne
 
Canalisations acheminant l’eau vers la mine
La pollution
Par ailleurs, les paysans ont constaté plusieurs effets de la pollution générée par l’exploitation du gisement d’argent.
Les eaux usagées rejetées par la mine sont hautement chargées de plusieurs composants très toxiques tels que le cyanure et le mercure et stockées à ciel ouvert. Ces eaux empoisonnent les oiseaux et les animaux et s’infiltrent dans la nappe phréatique et la contaminent, ce qui a provoqué la perte de plusieurs têtes de bétail et des maladies de la peau constatées chez les habitants d’Imider.

Marginalisation
Sur le plan social, les habitants ne tirent aucun bénéfice de l’exploitation du gisement d’argent pourtant très rentable (chiffre d’affaires de 75 millions d’Euros et bénéfices de 32 millions d’Euros en 2011). La SMI n’investit aucun Dirham dans les infrastructures locales qui connaissent un grand déficit (dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’électricité, des transports, etc) et ne respecte pas ses engagements de recruter prioritairement la main d’oeuvre locale.
Protestations et revendications
Prenant conscience des conséquences néfastes des conditions d’exploitation de la mine, les habitants de Imider se sont réunis le 1/08/2011 pour réclamer une étude scientifique indépendante sur les externalités négatives produites par la mine, la mise en place par la SMI de dispositifs capables de réduire la pollution, réduction de la quantité d’eau consommée par la mine, investissement d’une part des bénéfices dans la création d’infrastructures sociales et l’embauche prioritaire des chômeurs locaux. La question de la l’illégalité de l’occupation des terres collectives par la mine a également été posée.
Agraw, l’assemblée des habitants de Imider
Agraw, l’assemblée des habitants
 
Résistance populaire
Afin d’appuyer leurs revendications, les habitants ont commencé à organiser des sit-in réguliers devant la mine puis devant le siège de la commune de Imider. Parallèlement, des discussions ont été entamées entre le comité représentant les habitants (désigné par l’Agraw) et le représentant de la SMI. Trois semaines après, aucune des revendications des habitants n’a été entendue par la firme qui exploite la mine d’argent. En conséquence, les habitants de Imider ont décidé d’utiliser un nouveau moyen de pression : couper l’eau qui alimente la mine. C’est ce qu’ils ont pu faire mais pour un seul point d’eau, celui qui se trouve sur le mont Aleban situé à deux kilomètres à l’est de Imider, les autres puits étant gardés par l’armée. Depuis le 23 août 2011, ils ont installé un campement permanent sur le mont Aleban et gardent fermée la vanne d’eau qui s’y trouve.
 
Bassin d’eau de la SMI sur le mont Aleban et campement des habitants d’Imider

De nouvelles réunions ont eu lieu entre les représentants de l’Agraw et ceux de la SMI, en présence des autorités locales, mais sans résultat.
A partir de ce moment, les autorités marocaines décident d’utiliser la manière forte dans le but de décourager, puis de déloger les habitants du mont Aleban et de libérer la conduite d’eau fermée.
Répression et manipulations

Mustafa Ouchtoban, condamné à 4 ans de prison ferme

Le premier à faire les frais de ce changement de stratégie de la part des autorités marocaines, fut Mustafa Ouchtoban, un jeune homme de 27 ans habitant Imider, employé de l’entreprise «Glomine» sous-traitante de la SMI assurant la maintenance de ses équipements. Bien qu’il travaille sur le site de la mine, M. Ouchtoban a choisi d’être solidaire des populations de Imider et membre actif du mouvement de protestation populaire. Le 5/10/2011, il est tout simplement accusé par la direction de la SMI d’avoir volé 18 grammes d’argent de la mine et aussitôt jugé et condamné à 4 ans de prison ferme et incarcéré à la prison de Warzazat. Un jugement arbitraire et une peine d’une extrême sévérité au vu de la faible quantité d’argent supposée volée (18 grammes) et de sa valeur dérisoire (l’équivalent de 15 Euros) et également le fait que les 18 grammes d’argent n’ont pas été trouvés sur M. Ouchtoban mais dans le véhicule de service qu’il conduisait. N’importe qui aurait pu dissimuler cette minuscule quantité de métal argent dans ce véhicule appartenant à l’entreprise. Comme l’ont fait observer les avocats de la défense, il n’y a  aucune preuve réelle et sérieuse contre M. Ouchtoban qui est en réalité condamné pour son implication dans le mouvement de protestation contre la société SMI et pour intimider les autres acteurs de ce mouvement.
Cette condamnation considérée comme une provocation, a été fortement dénoncée par l’Agraw, l’assemblée des habitants de Imider et elle a eu pour effet de renforcer la détermination des habitants qui ont initié plusieurs actions de protestation. Parmi celles-ci, le boycott de l’école par tous les élèves et étudiants jusqu’à la satisfaction des revendications des populations. Pendant ce temps, les forces de sécurité (gendarmerie et forces auxiliaires) utilisent toutes formes de menaces individuelles et d’arrestations arbitraires opérées dans la rue ou au domicile des citoyens, parfois de nuit, afin de les intimider et de les terroriser. Ainsi, au 1/12/2011, 13 personnes ont été arrêtées puis relâchées après les avoir interrogées et menacées. Lorsqu’ils sont en détention provisoire dans les locaux de lagendarmerie royale, les citoyens sont soumis à des mauvais traitements (ils sont frappés, privés de sommeil, insultés, menacés) et sont contraints d’apposer leurs empreintes digitales sur des papiers blancs sur lesquels les gendarmes rédigent ensuite les «dépositions» qu’ils remettent au juge. Des hommes de main sont également utilisés par les autorités pour provoquer et agresser les animateurs du mouvement de protestation de Imider, comme cela s’est produit le 6/02/2012 à Boumal N Dadès, lorsque Brahim Hamdaoui et Hamid Bato, membres de la commission du dialogue de l’Agraw ont été sauvagement frappés par un groupe de huit personnes. Les animateurs du mouvement de protestation sont également sous l’étroite surveillance des gendarmes qui utilisent même des hélicoptère pour poursuivre et terroriser les habitants en attendant le moment propice pour les arrêter. Mais les  populations restent mobilisées et leur mouvement de grève générale est toujours suivi de manière assidue ainsi que les manifestations publiques qui se succèdent devant le siège de la commune d’Imider et parfois devant la mine.
 Le 12 juillet 2012, soit près d’une année après le début de la révolte des habitants contre la Société SMI, Faska Ladad, Benacer Mohand, Karim Lahcen, Djouhad Mohamed et Tayeb Amar, sont arrêtés par les gendarmes puis condamnés un mois plus tard à des peines de 2 ans de prison ferme chacun, pour des motifs liés au mouvement de grève d’Imider.  Finalement, le 8/10/2012, la Cour d’Appel transforme la sentence en 2 ans de prison avec sursis, ce qui a permis le retour des 5 personnes chez elles dès le lendemain.
Sit-in de la population sur le mont Aleban sous la surveillance des gendarmes et du personnel sécurité de la SMI.
Au cours du mois d’octobre 2012, une autre tactique a été utilisée par les autorités locales de Imider et Tinghir en collaboration avec la direction de la SMI, afin de casser le mouvement de protestation qui est resté ferme et uni malgré 15 mois de résistance dans des conditions très hostiles. Les représentants de l’autorité de l’Etat et ceux de la  firme SMI ont eux-mêmes choisi de  faux-représentants des habitants et ont fait mine d’entamer avec eux un pseudo dialogue. Cette méthode a été aussitôt dénoncée par les représentants légitimes de l’Agraw, qui ont mis en garde les autorités contre ce procédé à la fois malhonnête et qui menace la paix civile.
Au mois de décembre 2012, après soit 16 mois de protestation populaire et de grève générale, rien n’a bougé. La Société SMI, bien que privée d’une partie de l’eau dont elle a besoin (celle bloquée par les habitants sur le mont Aleban), continue de fonctionner même au ralenti et compte sur l’épuisement des populations harcelées par les forces de sécurité gouvernementales. Pourtant la SMI ne respecte ni les lois marocaines (exploitation de puits d’eau sans autorisation, non respect des accords signés notamment concernant l’emploi local) ni les lois internationales (particulièrement celles concernant les droits des peuples autochtones). Les habitants de Imider bénéficient du soutien d’associations de défense des droits humains, de certains syndicats et d’un grand nombre d’organisations de la société civile. Mais le gouvernement central reste sourd, aveugle et muet devant l’évidente injustice que vit la population de Imider. Celle-ci souffre mais continue de résister.

En 1996 déjà…
Il est utile de rappeler que Imider a connu il y a 16 ans, un mouvement de protestation similaire et pour les mêmes raisons. Les manifestations et les sit-in devant le siège de la SMI ou devant les puits de puisement de l’eau par la Société, avaient débuté le 26/01/1996 et se sont poursuivis sans relâche jusqu’au 10 mars de la même année. Ce matin-là, plus de 500 éléments des forces de sécurité gouvernementales ont brutalement attaqué le campement provisoire des manifestants et les ont frappés avec une grande violence, les poursuivant jusqu’à leurs domiciles. A l’issue de cette attaque, on dénombre de très nombreux blessés et 23 personnes arrêtées dont 17 ont été condamnées à des peines allant de 1 à 2 ans de prison ferme et des amendes. Ourahma Lancen, une des personnes emprisonnées, est décédé peu de temps après sa libération, semble t-il des suites de sa blessure à la tête infligée lors de l’attaque du 10 mars 1996 et des mauvais traitements qu’il aurait subi pendant sa détention à la prison de Warzazat.
 

La SMI en bref
Créée en 1969, la Société Métallurgique d'Imiter (SMI) est une filiale de la Société Managem, elle-même filiale de la Holding Société Nationale d’investissement (SNI) qui appartient à la famille royale marocaine et qui a réalisé un chiffre d’affaires de 50 milliards de DH en 2010 (4,5 milliards d’Euros). La SMI qui exploite le gisement d’Imider produit des lingots d'argent métal d'une pureté de 99,5 %. Le site est équipé d’une usine de traitement et d’une unité de lixiviation et emploie 444 personnes. En 2011, le chiffre d’affaires de la SMI était de 803 millions de DH (75 millions d’Euros) et un bénéfice net de 351 millions de DH (32 millions d’Euros).
Revendications de l’Agraw, l’assemblée des habitants de Imider :
- Libération immédiate et sans conditions de Mustafa Ouchtoban
- Satisfaction des revendications socioéconomiques et écologiques présentées à la SMI
- Respect des droits des populations de Imider à leurs terres et à leurs ressources naturelles
Rapport rédigé par les membres du CMA en partenariat avec l’APMM-Maroc, section Tinghir, nov. 2012
Rapport transmis au Rapporteur Spécial des Nations sur les droits des Peuples Autochtones, au Comité des Nations Unies pour les droits économiques, sociaux et culturels, à la Direction Maghreb de l’Union Européenne, au Parlement Européen et aux ONG.

lundi 19 novembre 2012

Imider demande une enquête indépendante

Mouvement : Sur la Voie de 96 IMIDER

COMMUNIQUE DE PRESSE
En réponse aux fausses déclarations du ministre marocain de l'Intérieur
A propos de la cause d’IMIDER

La lutte pacifique des manifestants d'Imider est parvenue à gagner une solidarité et un soutien remarquables aux niveaux local et national, grâce à la légitimité des revendications et l'aspect non violent des manifestations tenues depuis plus de 15 mois. Dans ce même contexte, le mardi 13 novembre courant, le ministre de l’intérieur, lors d’une audience tenue dans la chambre des conseillers, a répondu à une question au sujet de la cause noble d’Imider, présentant des propos qui reprennent l’approche adoptée par ses subordonnés dans la province de Tinghir et par la société minière rejetant les droits des citoyens d'Imider.

A Imider, depuis le 1er août 2011, l’ensemble des habitants de la commune rurale se sont rassemblés à l’unanimité sur des revendications socio-économiques, défendues dans le cadre du Mouvement : sur la voie de 96 - Imider -, seul représentant légitime de la population des 7 villages, confirmant par là leur droit à l’accession à la jouissance des richesses de leur communauté et la défense de leurs droits légitimes en tant que citoyens, légaux à l’égard des litiges les liant à la SNI.
De sa part, la société appartenant à la SNI (Société National de l’Investissement), ne se soucie qu’à augmenter sa production afin de piller au maximum les ressources naturelles et les métaux précieux que recouvrent nos terres. Et ce sans aucun respect des lois régissant le secteur minier ni aucun engagement sociétal ni environnemental envers les riverains.
La mine d'Imider, agissant ainsi, détruit l’environnement par des tonnes de rejets toxiques dispersés de manière anarchique au long de vastes terrains occupés déloyalement depuis le démarrage de l’usine. L’attaque de l’environnement, par ladite société, manifeste clairement, monsieur le ministre,  sur la surexploitation des ressources hydrauliques depuis le creusement du puits « Targuit » en 1986 sans aucun aspect légalisant son exploitation. Ainsi qu’en 2004 en implantant des forages illégaux eux aussi mettant en panne l’agriculture, la principale source de survie des habitants affaiblis par ce monstre argenté. Monsieur le ministre, les forces publiques dépendant de votre administration veillent sur cela de manière permanente. Alors que les autres administrations du gouvernement dont vous faites partie font l’oreille sourde depuis des décennies malgré les réclamations incessantes des populations d’Imider.
En parallèle avec ces opérations de pillage et d'épuisement, des tonnes du métal d’argent sont commercialisées dans le marché noir par un lobby comprenant des responsables de la SNI complices avec des responsables de l’Etat  sur la province de Tinghir. Dans ce cadre, nous appelons le gouvernement à  envoyer une délégation ministérielle pour l'établissement des faits et mettre fin à l’exclusion et l’atteinte à la dignité des habitants de la commune d’Imider.
La SNI est placée au premier rang africain en matière de production de l’argent avec une moyenne annuelle de 240 tonnes de métal d’une pureté atteignant 99.5%. Elle finalise un projet d’extension de la mine visant à atteindre plus de 300 tonnes métal d’argent à compter de fin 2013, ce qui signifie plus de ressources naturelles à surexploiter ; plus d’impact négatif sur la vie des populations voisines. D’ailleurs, elles ont vu leurs « khettaras » sécher durant 7 ans et se trouvent face à une étude manquant de crédibilité vu qu’elle s’est basée sur des analyses faites dans les laboratoires de la société minière. Les mesures de débit des « khettaras » prises par le bureau d’études INIVAR Sarl montrent une baisse considérable mettant en cause les pompages de la SNI.
Revenant aux déclarations de monsieur le ministre, nous soulignons leur fausseté et leur éloignement de la réalité, une réalité qu’il cherche à camoufler comme ne cessent ses subordonnés de le faire en complot avec les bénéficiaires de la situation actuelle. 
Monsieur le ministre, les dialogues tenus avec les directeurs de la société minière, en présence des autorités locales n’ont jusqu’à présent conduit à la conclusion d’aucun accord. Cela a conduit la SNI à vouloir se retirer du processus du dialogue et pousser les autorités locales à former un comité de dialogue substituant pour conclure un accord au détriment des droits légitimes des villageois. 
En se basant sur ce qui précède, nous, Mouvement : Sur la Voie de 96 – Imider -, appelons toutes les bonnes volontés à considérer la situation dans sa globalité et exhortons les médias, les organismes nationaux et internationaux et organisations de défense des droits humains à se rendre sur place pour ouvrir une enquête approfondie et impartiale et trouver une solution qui rendrait la dignité aux habitants et permettrait le développement de la région et son épanouissement et ceci pour le bénéfice de toutes les parties en présence.

IMIDER, ALEBBAN 14.11.2012

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