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samedi 25 janvier 2014

Reportage. L'éternel sit-in d'Imider

  • Par : Hicham Oulmouddane, TelQuel, 22/1/2014

Crédit photo : Hicham Oulmouddane
Reportage. L'éternel sit-in d'ImiderDepuis plus de deux ans, les habitants de la bourgade protestent contre la SMI qui exploite la mine d’argent. Si l’issue du bras de fer 
se fait attendre, la population n’a rien perdu de sa détermination.
Les habitants d’Imider ne désarment pas. Depuis août 2011, il ne se passe pas un jour sans que la population de cette localité de la région de Ouarzazate n’organise un sit-in. Les protestataires se réunissent au bord de la nationale 10, à l’endroit même où la Société métallurgique d’Imiter (SMI) a creusé un puits pour fournir de l’eau à la mine d’argent, située 2 kilomètres plus loin. 
En ce début d’après-midi ensoleillé, la température ne dépasse pas les cinq degrés. Mais ce n’est pas pour décourager les manifestants qui forment un cercle avec les hommes d’un côté  et les femmes de l’autre. Au centre, un encadrant, mégaphone à la main, répartit le temps de parole entre les participants. « Chaque famille doit mettre à disposition une personne pour assurer la permanence et assister aux sit-in », nous lance Ahmed Agraouli, membre du comité d’organisation. Après deux heures de débats sur l’avancement des négociations avec la SMI, la foule marche en direction des trois grands hameaux qui forment la bourgade d’Imider.
Pour comprendre les sources de ce conflit, il faut remonter à 2004, quand la SMI décide de procéder à une série de forages pour pomper l’eau et l’acheminer vers la mine. Durant le mois de ramadan 2011, le débit d’eau s’affaiblit au point qu’elle n’est disponible au robinet que 30 minutes par jour. Les habitants décident alors de réagir et coupent l’alimentation du principal forage qui fournit la mine en eau. Depuis, ils campent à proximité du château d’eau, situé sur les hauteurs du mont Alebban, à 1400 mètres d’altitude, pour éviter que cette vanne soit rouverte. Avec le temps, les militants ont fini par construire de petites cabanes de fortune. La surveillance du château d’eau mobilise une soixantaine de personnes qui passent la nuit sur place. « Chacun participe à l’achat du thé, du pain et d’autres denrées de première nécessité », souligne Ahmed Daoudi, membre du comité d’organisation de la contestation. Sur les murs du château d’eau, les habitants ont peint une fresque en hommage à Mustafa Ouchtoban. Employé de la mine, ce jeune homme de 27 ans a été condamné en 2012 à quatre ans de prison ferme pour le vol d’une pépite de 18 grammes. « Le jour il travaillait dans la mine et le soir il venait soutenir le sit-in. Suite à un contrôle de son véhicule, les gardiens ont trouvé un morceau de minerai qu’il aurait volé. Nous pensons qu’il s’agit d’une machination pour faire peur aux habitants et briser la contestation. Il a écopé de la peine maximale », raconte Ahmed Daoudi.

Le village fait grise mine
Outre la problématique de l’eau, la population évoque la présence de certains polluants comme le cyanure, utilisé en masse pour extraire l’argent, et le mercure, un des résidus libérés par le minerai lors de son 
incinération pour obtenir l’argent pur. « Le cyanure et le mercure ont provoqué des dégâts environnementaux. Nous n’avons pas les moyens de prouver cela par une étude scientifique, mais nous constatons les conséquences sur la faune et la mort mystérieuse du bétail des nomades de la région », explique Mohamed Agraouli.
A la porte de la mine, les entrées et sorties du personnel sont soigneusement surveillées et tout le monde, sans distinction, est passé au détecteur de métaux. Pour surveiller la mine, qui produit chaque année 300 tonnes d’argent, une antenne de la gendarmerie et des Forces auxiliaires a été installée à proximité. Et pour cause, pendant plusieurs années, le minerai était pillé par des bandes organisées qui s’introduisaient dans la mine la nuit pour subtiliser le précieux métal. Il y a trois ans, des malfrats, profitant du manque d’effectif des surveillants, se sont attaqués au coffre de la mine et ont subtilisé une tonne d’argent. Depuis, la sécurité a été renforcée et aucune infraction n’a été commise. Mais ces vols à répétition ont installé un climat de suspicion et empoisonné les relations entre la SMI et les habitants d’Imider.

La SMI rassure
La société minière réfute les arguments des manifestants. « Nos études du bassin hydrique sont pointues et démontrent de façon irréfutable qu’il n’existe aucun impact de nos forages sur le niveau d’eau du village », assure Ahmed El Maliki, responsable des forages d’eau. Le directeur général de la branche métaux précieux de Managem (groupe qui chapeaute la SMI, appartenant au holding royal SNI), Youssef El Hajjam, nous accompagne pour une visite de la mine. Il nous explique le développement de procédés pour extraire le minerai en utilisant moins d’eau grâce au recyclage des ressources hydriques. Nous arrivons dans un pavillon où sont installés les incinérateurs et où le minerai purifié est traité pour extraire l’argent. A côté, des dizaines de bidons de cyanure sont entreposés. Dans les incinérateurs, plusieurs quantités de mercure sont récupérées après l’opération. « Le cyanure est un produit essentiel pour isoler l’argent et le mercure est collecté pour ne pas s’évaporer ou s’échapper dans les nappes phréatiques. Nous disposons des certifications d’un cabinet international, qui atteste que nous prenons toutes les précautions pour protéger l’environnement », souligne Youssef El Hajjam.

La couleur de l’argent
Malgré les multiples contacts entre l’administration de la SMI, les élus locaux et les représentants des populations, les négociations sont toujours au point mort. Pour obtenir réparation, les révoltés d’Imider exigent que la SMI  leur réserve 75% des postes en cas d’embauche. Une condition que l’administration minière considère comme un moyen de bloquer la négociation. « Les 1150 personnes qui constituent le personnel de la mine sont réparties entre les travailleurs de la SMI et les sous-traitants. Les ouvriers originaires d’Imider représentent 30 %. Si l’on ajoute ceux issus de la région, nous arrivons à  un total de 76 % », avance Youssef El Hajjam. Faux, selon les militants locaux. « Les habitants d’Imider ne représentent pas plus de 14% du personnel. Avec un quota de 75 %, la SMI réparerait tous les dommages causés à la population depuis le début de l’exploitation en 1969 », explique Mohamed Agraouli, qui accuse dans la foulée la CDT, le syndicat le plus représenté au sein du personnel de la SMI. « La CDT a négocié avec l’administration le droit pour les enfants de mineurs d’hériter du poste de leurs parents. Mais vu que les ouvriers originaires d’Imider sont une minorité, nous resterons toujours sous-représentés », souligne-t-il.
Pourtant, la SMI a financé une série de projets pour soutenir l’infrastructure locale, comme le renforcement des khattarates, ces canaux sous-terrains d’eau, la mise à disposition d’un médecin et d’une ambulance, mais rien ne semble convaincre les habitants. « Toutes ces actions dont la SMI revendique la paternité font partie des programmes étatiques comme l’INDH», souligne Ahmed Daoudi. « Nous savons que la mine a une durée de vie limitée. Mais nous y travaillons tout de même pour permettre à nos enfants de faire des études et leur ouvrir d’autres perspectives d’emplois», poursuit-il, avant de rejoindre ses camarades pour assurer la surveillance du château d’eau. La nuit s’annonce très longue et glaciale, mais le moral des troupes est intact.


dimanche 30 décembre 2012

Cause d'Imider: Rapport du Congrès Mondial Amazigh (CMA)


 Imider (Province de Tinghir)spoliation des ressources naturelles et résistance populaire
Imider est une petite commune posée au pied du Haut-Atlas, à quelques 300 km au sud-est de Marrakech, entre Tinghir et Boumaln-N-Dadès, sur la N10, l’axe routier reliant Warzazat à Errachidia. C’est une zone désertique parsemée de petites localités dont l’existence est intimement liée à la présence de l’eau. Environ 5000 habitants vivent dans les 7 villages de cette commune (Ait-Mhend, Ait-Ali, Ait-Brahim, Anou N Izem, Izoumken, Taboulkhirt et Ikis), essentiellement de l’activité agricole vivrière (maraichage et petits élevages). Les habitants de cette région sont des Amazighs.
Imider, vue générale
A l’origine : spoliation des terres collectives et des ressources naturelles des populations autochtones
Depuis 1969, la Société Métallurgique de Imider (SMI) exploite un gisement d’argent sur les terres collectives des habitants de Imider, puise dans la nappe phréatique l’eau nécessaire au traitement du minerai, rejette des polluants et n’apporte aucun avantage pour la population locale, pas même l’emploi des jeunes au chômage. Ces dernières années, les paysans de Imider ont constaté le recul des niveaux d’eau très inquiétants, de près de 60%, jusqu’à rendre inexploitables certaines parcelles productives jusque-là. Des champs d’arbres fruitiers ont ainsi été perdus faute d’eau. D’après les constats, l’appauvrissement de la ressource hydrique est due au pompage excessif effectué par la SMI. Plusieurs canalisations partent de plusieurs puits et convergent vers la mine qui consomme de grandes quantités d’eau. La mine utiliserait 1555 m3 d’eau par jour, soit plus de 12 fois la consommation journalière de tous les habitants de Imider. Si la situation devait perdurer, elle menacerait directement la vie dans cette localité.
Installations de la mine d’argent exploitée par la SMI, à 3 km de Imider
 
La mine, vue aérienne
 
Canalisations acheminant l’eau vers la mine
La pollution
Par ailleurs, les paysans ont constaté plusieurs effets de la pollution générée par l’exploitation du gisement d’argent.
Les eaux usagées rejetées par la mine sont hautement chargées de plusieurs composants très toxiques tels que le cyanure et le mercure et stockées à ciel ouvert. Ces eaux empoisonnent les oiseaux et les animaux et s’infiltrent dans la nappe phréatique et la contaminent, ce qui a provoqué la perte de plusieurs têtes de bétail et des maladies de la peau constatées chez les habitants d’Imider.

Marginalisation
Sur le plan social, les habitants ne tirent aucun bénéfice de l’exploitation du gisement d’argent pourtant très rentable (chiffre d’affaires de 75 millions d’Euros et bénéfices de 32 millions d’Euros en 2011). La SMI n’investit aucun Dirham dans les infrastructures locales qui connaissent un grand déficit (dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’électricité, des transports, etc) et ne respecte pas ses engagements de recruter prioritairement la main d’oeuvre locale.
Protestations et revendications
Prenant conscience des conséquences néfastes des conditions d’exploitation de la mine, les habitants de Imider se sont réunis le 1/08/2011 pour réclamer une étude scientifique indépendante sur les externalités négatives produites par la mine, la mise en place par la SMI de dispositifs capables de réduire la pollution, réduction de la quantité d’eau consommée par la mine, investissement d’une part des bénéfices dans la création d’infrastructures sociales et l’embauche prioritaire des chômeurs locaux. La question de la l’illégalité de l’occupation des terres collectives par la mine a également été posée.
Agraw, l’assemblée des habitants de Imider
Agraw, l’assemblée des habitants
 
Résistance populaire
Afin d’appuyer leurs revendications, les habitants ont commencé à organiser des sit-in réguliers devant la mine puis devant le siège de la commune de Imider. Parallèlement, des discussions ont été entamées entre le comité représentant les habitants (désigné par l’Agraw) et le représentant de la SMI. Trois semaines après, aucune des revendications des habitants n’a été entendue par la firme qui exploite la mine d’argent. En conséquence, les habitants de Imider ont décidé d’utiliser un nouveau moyen de pression : couper l’eau qui alimente la mine. C’est ce qu’ils ont pu faire mais pour un seul point d’eau, celui qui se trouve sur le mont Aleban situé à deux kilomètres à l’est de Imider, les autres puits étant gardés par l’armée. Depuis le 23 août 2011, ils ont installé un campement permanent sur le mont Aleban et gardent fermée la vanne d’eau qui s’y trouve.
 
Bassin d’eau de la SMI sur le mont Aleban et campement des habitants d’Imider

De nouvelles réunions ont eu lieu entre les représentants de l’Agraw et ceux de la SMI, en présence des autorités locales, mais sans résultat.
A partir de ce moment, les autorités marocaines décident d’utiliser la manière forte dans le but de décourager, puis de déloger les habitants du mont Aleban et de libérer la conduite d’eau fermée.
Répression et manipulations

Mustafa Ouchtoban, condamné à 4 ans de prison ferme

Le premier à faire les frais de ce changement de stratégie de la part des autorités marocaines, fut Mustafa Ouchtoban, un jeune homme de 27 ans habitant Imider, employé de l’entreprise «Glomine» sous-traitante de la SMI assurant la maintenance de ses équipements. Bien qu’il travaille sur le site de la mine, M. Ouchtoban a choisi d’être solidaire des populations de Imider et membre actif du mouvement de protestation populaire. Le 5/10/2011, il est tout simplement accusé par la direction de la SMI d’avoir volé 18 grammes d’argent de la mine et aussitôt jugé et condamné à 4 ans de prison ferme et incarcéré à la prison de Warzazat. Un jugement arbitraire et une peine d’une extrême sévérité au vu de la faible quantité d’argent supposée volée (18 grammes) et de sa valeur dérisoire (l’équivalent de 15 Euros) et également le fait que les 18 grammes d’argent n’ont pas été trouvés sur M. Ouchtoban mais dans le véhicule de service qu’il conduisait. N’importe qui aurait pu dissimuler cette minuscule quantité de métal argent dans ce véhicule appartenant à l’entreprise. Comme l’ont fait observer les avocats de la défense, il n’y a  aucune preuve réelle et sérieuse contre M. Ouchtoban qui est en réalité condamné pour son implication dans le mouvement de protestation contre la société SMI et pour intimider les autres acteurs de ce mouvement.
Cette condamnation considérée comme une provocation, a été fortement dénoncée par l’Agraw, l’assemblée des habitants de Imider et elle a eu pour effet de renforcer la détermination des habitants qui ont initié plusieurs actions de protestation. Parmi celles-ci, le boycott de l’école par tous les élèves et étudiants jusqu’à la satisfaction des revendications des populations. Pendant ce temps, les forces de sécurité (gendarmerie et forces auxiliaires) utilisent toutes formes de menaces individuelles et d’arrestations arbitraires opérées dans la rue ou au domicile des citoyens, parfois de nuit, afin de les intimider et de les terroriser. Ainsi, au 1/12/2011, 13 personnes ont été arrêtées puis relâchées après les avoir interrogées et menacées. Lorsqu’ils sont en détention provisoire dans les locaux de lagendarmerie royale, les citoyens sont soumis à des mauvais traitements (ils sont frappés, privés de sommeil, insultés, menacés) et sont contraints d’apposer leurs empreintes digitales sur des papiers blancs sur lesquels les gendarmes rédigent ensuite les «dépositions» qu’ils remettent au juge. Des hommes de main sont également utilisés par les autorités pour provoquer et agresser les animateurs du mouvement de protestation de Imider, comme cela s’est produit le 6/02/2012 à Boumal N Dadès, lorsque Brahim Hamdaoui et Hamid Bato, membres de la commission du dialogue de l’Agraw ont été sauvagement frappés par un groupe de huit personnes. Les animateurs du mouvement de protestation sont également sous l’étroite surveillance des gendarmes qui utilisent même des hélicoptère pour poursuivre et terroriser les habitants en attendant le moment propice pour les arrêter. Mais les  populations restent mobilisées et leur mouvement de grève générale est toujours suivi de manière assidue ainsi que les manifestations publiques qui se succèdent devant le siège de la commune d’Imider et parfois devant la mine.
 Le 12 juillet 2012, soit près d’une année après le début de la révolte des habitants contre la Société SMI, Faska Ladad, Benacer Mohand, Karim Lahcen, Djouhad Mohamed et Tayeb Amar, sont arrêtés par les gendarmes puis condamnés un mois plus tard à des peines de 2 ans de prison ferme chacun, pour des motifs liés au mouvement de grève d’Imider.  Finalement, le 8/10/2012, la Cour d’Appel transforme la sentence en 2 ans de prison avec sursis, ce qui a permis le retour des 5 personnes chez elles dès le lendemain.
Sit-in de la population sur le mont Aleban sous la surveillance des gendarmes et du personnel sécurité de la SMI.
Au cours du mois d’octobre 2012, une autre tactique a été utilisée par les autorités locales de Imider et Tinghir en collaboration avec la direction de la SMI, afin de casser le mouvement de protestation qui est resté ferme et uni malgré 15 mois de résistance dans des conditions très hostiles. Les représentants de l’autorité de l’Etat et ceux de la  firme SMI ont eux-mêmes choisi de  faux-représentants des habitants et ont fait mine d’entamer avec eux un pseudo dialogue. Cette méthode a été aussitôt dénoncée par les représentants légitimes de l’Agraw, qui ont mis en garde les autorités contre ce procédé à la fois malhonnête et qui menace la paix civile.
Au mois de décembre 2012, après soit 16 mois de protestation populaire et de grève générale, rien n’a bougé. La Société SMI, bien que privée d’une partie de l’eau dont elle a besoin (celle bloquée par les habitants sur le mont Aleban), continue de fonctionner même au ralenti et compte sur l’épuisement des populations harcelées par les forces de sécurité gouvernementales. Pourtant la SMI ne respecte ni les lois marocaines (exploitation de puits d’eau sans autorisation, non respect des accords signés notamment concernant l’emploi local) ni les lois internationales (particulièrement celles concernant les droits des peuples autochtones). Les habitants de Imider bénéficient du soutien d’associations de défense des droits humains, de certains syndicats et d’un grand nombre d’organisations de la société civile. Mais le gouvernement central reste sourd, aveugle et muet devant l’évidente injustice que vit la population de Imider. Celle-ci souffre mais continue de résister.

En 1996 déjà…
Il est utile de rappeler que Imider a connu il y a 16 ans, un mouvement de protestation similaire et pour les mêmes raisons. Les manifestations et les sit-in devant le siège de la SMI ou devant les puits de puisement de l’eau par la Société, avaient débuté le 26/01/1996 et se sont poursuivis sans relâche jusqu’au 10 mars de la même année. Ce matin-là, plus de 500 éléments des forces de sécurité gouvernementales ont brutalement attaqué le campement provisoire des manifestants et les ont frappés avec une grande violence, les poursuivant jusqu’à leurs domiciles. A l’issue de cette attaque, on dénombre de très nombreux blessés et 23 personnes arrêtées dont 17 ont été condamnées à des peines allant de 1 à 2 ans de prison ferme et des amendes. Ourahma Lancen, une des personnes emprisonnées, est décédé peu de temps après sa libération, semble t-il des suites de sa blessure à la tête infligée lors de l’attaque du 10 mars 1996 et des mauvais traitements qu’il aurait subi pendant sa détention à la prison de Warzazat.
 

La SMI en bref
Créée en 1969, la Société Métallurgique d'Imiter (SMI) est une filiale de la Société Managem, elle-même filiale de la Holding Société Nationale d’investissement (SNI) qui appartient à la famille royale marocaine et qui a réalisé un chiffre d’affaires de 50 milliards de DH en 2010 (4,5 milliards d’Euros). La SMI qui exploite le gisement d’Imider produit des lingots d'argent métal d'une pureté de 99,5 %. Le site est équipé d’une usine de traitement et d’une unité de lixiviation et emploie 444 personnes. En 2011, le chiffre d’affaires de la SMI était de 803 millions de DH (75 millions d’Euros) et un bénéfice net de 351 millions de DH (32 millions d’Euros).
Revendications de l’Agraw, l’assemblée des habitants de Imider :
- Libération immédiate et sans conditions de Mustafa Ouchtoban
- Satisfaction des revendications socioéconomiques et écologiques présentées à la SMI
- Respect des droits des populations de Imider à leurs terres et à leurs ressources naturelles
Rapport rédigé par les membres du CMA en partenariat avec l’APMM-Maroc, section Tinghir, nov. 2012
Rapport transmis au Rapporteur Spécial des Nations sur les droits des Peuples Autochtones, au Comité des Nations Unies pour les droits économiques, sociaux et culturels, à la Direction Maghreb de l’Union Européenne, au Parlement Européen et aux ONG.

mardi 11 décembre 2012

Imider, marche et grève de la faim de solidarité

Imider 10/12/2012
Manifestation et grève de la faim à l'occasion du Jour Mondial des Droits de l'Homme

تظاهرة احتجاجية و إضراب عن الطعام في إميضر بمناسبة اليوم العالمي لحقوق الإنسان

 

samedi 8 décembre 2012

A Imider, le 10 décembre pour la journée mondiale des ddH : marche de protestation et grève de la faim



8/12/2012

--
D'après traduction partielle google :
Pour marquer la Journée mondiale des droits de l'homme le 10 décembre de chaque année, et pour continuer les formes pacifiques de notre lutte , le groupe  "argent" province Amadhar Tinerhir en sit-in depuis le mois d'août 2011, continue à revendiquer ses droits légitimes, pour continuer à résister comme  les générations passées  en 1986, 1996, 2004, 2010, pour assurer la stabilité et des conditions de vie décentes dans le respect des droits de l'homme.

   Rendez-vous
le lundi 10 décembre 2012 au niveau de  Amadhar centre et sur le Mont Alban pour condamner l'intransigeance constante  et les violations des droits de l'homme à tous les niveaux : les droits des enfants,  l' éducation, la santé,  la sécurité  et les loisirs,  les droits des femmes bafoués dans la région et le reste des droits économiques et sociaux,  le pillage de la richesse dont la population ne bénéficie pas , et la pollution de l'environnement .

    (...)


      
Ce sit-in débutera sur le Mont Alban. A cette occasion aura lieu une  grève de la faim tout au long de la journée pendant 24 heures pour pleurer la situation désastreuse face à des parasites et en solidarité avec le détenu Mustafa Oushtouban
 
Albanais / Amadhar: 08/12/2012
-قليم تنغير

بـــــلاغ : تخليدا لليوم العالمي لحقوق الإنسان.

    تخليدا لليوم العالمي لحقوق الإنسان الموافق  ل 10 ديسمبر من كل عام، و استمرارا للاشكال النضالية السلمية التي تخوضها ساكنة الجماعة "الفضية" إميضر بإقليم تنغير منذ شهر غشت 2011 للمطالبة بحقوقها المشروعة. وبإعتبار معركة إميضر الحالية هي مواصلة لمقاومة اجيال سابقة « 1986, 1996, 2004, 2010 « لضمان الإستقرار و ظروف العيش الكريم و حقوق الإنسان .
     ستنضم الساكنة يوم الإثنين 10 ديسمبر 2012 اشكالا احتجاجية على مستوى مركز إميضر و فوق جبل ألبان، تنديدا بإستمرار مسلسل التعنت وانتهاك حقوق الإنسان  في جميع الأصعدة ابتداء من حقوق الأطفال في التعليم و  الصحة و الأمن و الأمان الشخصي و الترفيه، وحقوق النساء المهضومة في المنطقة وسائر الحقوق الاقتصادية والاجتماعية ونهب الثروات وعدم استفادة السكان من ثرواتهم إضافة الى تلويث البيئة.
     هذه المناسبة العالمية التي يخلدها سكان جماعة إميضر للمرة الثانية على التوالي في ظل خوضهم لإعتصام مفتوح  في العراء هو الاطول في تاريخ المغرب دخل شهره السادس عشر.
     احتجاجات الساكنة السلمية و الحضارية قوبلت بالقمع و انتهاك الحقوق المدنية و بحكم توظيف القضاء للزج بالمناضلين في السجون بعد تلفيق ملفات مفبركة ضدهم و محاكمتهم محاكمات غير عادلة انتقاما لنضالهم و صمودهم كما حدث للمناضل مصطفى اوشطوبان الذي لا يزال يقبع في السجن المدني بوارزازت منذ 05 اكتوبر 2011 ظلما و عدوانا.
     هي مناسبة للتاكيد على تشبت الساكنة بقضيتهم الانسانية ، قضية حقوقية بامتياز في شمولية الحقوق وفي كونيتها، و للتنديد باستمرار سياسية انكار الحقوق و الالتفاف على المطالب المرفوعة في ظل غياب اي ارادة حقيقية من طرف الشركة لإيجاد حلول حقيقة للقضية.
      هذا وسيشرع المعتصمون فوق جبل ألبان في هذه المناسبة بإضراب عن الطعام طوال اليوم لمدة 24 ساعة حدادا على الوضعية المزرية التي تعيشها الساكنة و تضامنا مع المعتقل مصطفى اوشطوبان. كما سيقام شكل نضالي في مركز إميضر يصب في  التعريف بالحقوق والحريات اللازمة لكرامة كل إنسان وقيمته.

لبـــــــان / إميضر :08/12/2012

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jeudi 9 août 2012

Imider, comme un caillou dans la chaussure du prédateur !

par Salah Elayoubi, lundi 6/8/ 2012
Avec leurs mains dessus leurs têtes
Ils avaient monté des murettes
Jusqu´au sommet de la colline
Qu´importent les jours les années
Ils avaient tous l´âme bien née
Noueuse comme un pied de vigne

Jean Ferrat  « La Montagne »

 

A Imider, ce petit village de l’Atlas marocain, où le courage semble avoir définitivement pris ses quartiers,  il est une certitude que la détermination n’est ni une affaire de sexe, d’âge ou de nombre, mais affaire de conscience collective.

Depuis le mois d’Août 2011, les fiers habitants de cette vallée encaissée de l’Atlas luttent sans discontinuer, contre la prédation et le saccage de leur environnement. Ils bravent la misère et les rigueurs extrêmes de l'Atlas marocain pour dénoncer l'injustice. 

Face à eux, rien moins que le roi, par le truchement de sa Holding, la SMI, filiale de l’ONA, qui étend ses tentacules partout où brille le métal qu’elle n’hésite pas à extirper et littéralement confisquer, au nez et à la barbe des « indigènes », au moyen de méthodes pour le moins contestables. D’énormes quantités d’eau utilisées par la mine sont rejetées sans aucune précaution dans la nature, tout autour de la concession, retournant ainsi, par gravitation  à la nappe phréatique d’où elles ont été tirées, chargées de toutes les scories résultant de la purification du métal, de cyanure et de mercure. La photo satellite est sans appel et montre les dégâts effroyables  infligés à l’environnement. Une vision d’apocalypse qui nous renvoie sur une autre planète. Plus bas dans la vallée, les récoltes se péjorent d’année en année et les arbres fruitiers et les palmiers se meurent asphyxiés par le poison.

Vue aérienne de la Mine de la SMI

L’épreuve de force ne date pas d’hier. En 1986, alors que les responsables avaient décidé de creuser un nouveau puits, les habitants pressentant le désastre qui allait s’ensuivre, avaient tenté de s’y opposer. Résultat : bastonnades, arrestations et emprisonnements de plusieurs des protestataires. Une autre tentative de blocage de la mine en 1996, avait duré quarante-huit jours et s’était soldée par une intervention violente des forces de l’ordre qui n’a épargné ni femmes, ni enfants, ni vieillards, avec à la clé la destruction du campement amazigh, des arrestations et des condamnations à de la prison ferme pour deux femmes.
Si les autorités n’ont, cette fois, pas osé intervenir massivement, c’est que le printemps marocain est passé par là et la communauté internationale qui a entendu les lamentations de ceux d’Imider,  a désormais les yeux rivés sur ce petit bout de l’Atlas où le campement des indignés est devenu un village. De bric et de broc, de toiles vieillottes, de fossés creusés à même le sol, de blocs de pierres, mais un village tout de même. Celui de la dignité !

Mustapha Ouchtoubane 

Alors à défaut de tout saccager, les gendarmes font dans la répression chirurgicale en arrêtant et emprisonnant ceux qu’ils pensent être les meneurs.  Après Mustapha Ouchtoubane, condamné à quatre ans de prison, en appel le 13 février 2012, cinq autres militants arrêtés le jeudi 12 juillet encourent, à leur tour, de lourdes peines de prison pour leur appartenance au « Mouvement sur la voie de 96 ».

Pourtant, Moha Bennaser, Faska Laadad,  Karim Lahcen, Taïeb Omar et  Moha Ouljihad et les autres, ne sont ni des criminels, ni des agitateurs. Tout juste revendiquent-ils le respect de l’environnement et le partage des bénéfices de la mine avec la région qui semble avoir été condamnée par le pouvoir central à l’exclusion de tout développement.

 "Les cinq d'Imider"
 Les autorités locales pensent réduire au silence
 
 les populations de la région. Lourde erreur, car en pays amazigh, la détermination n’est pas un mythe. Qui n’a pas vu la vidéo de ce garçon d’une dizaine d’années interpellant les responsables du pays,  ne peut comprendre la portée réelle de la prise de conscience.

 Le petit Amazigh rebelle d'Imider. 
         «  Les gouvernants devront  un jour,  assumer les conséquences de ces actes accomplis par les
subordonnés corrompus et incompétents qu’ils ont nommés ! » clame le petit berbère, en véritable tribun, face caméra.

Discours soufflé par des comploteurs tapis derrière la caméra, prétendent les thuriféraires de l’indéfendable. Et alors ? Peu importe le pianiste, c’est la partition qui compte !  

Une image qui en rejoint d’autres, lorsque les femmes berbères toutes de noir vêtues, perchées sur les escarpements du Rif et de l’Atlas, entonnaient les youyous et les chants traditionnels, pour encourager leurs hommes à cheval, montant à l’assaut de l’envahisseur français ou espagnol.

-          « Seul le drapeau a changé, un colonialisme en a remplacé un autre ! » rappellent certains villageois, hors caméra.

Après les gauchistes du dimanche, le régime marocain conforté par ses islamistes du vendredi, pense pouvoir affaiblir l’ « Aube citoyenne », en enchaînant les mesures coercitives. Son bras séculier s’est étendu également,  à ceux d’Imider pour leur imposer la « Pax Makhzena ». Mais c’est oublier un peu trop vite que la lutte des peuples pour leur dignité est comme un caillou dans la chaussure du dictateur. Changer de chaussure ne met jamais ce dernier à l'abri de voir l'intrus revenir lui titiller les orteils.





jeudi 2 août 2012

Imider : une mobilisation sans précédant...



Par, Lhoussain Azergui,1/8/2012
 
Imider : une mobilisation sans précédant...
Un an après, rien n’a pu entammer la détermination des populations décidées à en découdre avec ceux qui exploitent leur Terre.
Au sommet du mont d’Aleban, à deux kilomètres d’Imider, une localité située à quelque 200 km au nord-est d’Ouarzazat, des habitants en colère organisent un sit-in depuis déjà une année. Ils protestent contre l’exploitation d’une mine d’argent sur leurs terres depuis 1969 par la Société métallurgique d’Imider (SMI), une filiale du groupe minier Managem géré par la Société nationale d’Investissement (SNI) appelée aussi "Maroc SA", une propriété du roi du Maroc. Si cette entreprise a généré en 2010 un chiffre d’affaires de 74 millions d’euros, ce qui la place parmi les plus importantes mines d’argent en Afrique, les habitants, eux, vivent à l’âge de pierre, dans l’indigence et la pauvreté. Ils n’ont ni routes, ni dispensaires, ni écoles, ni réseau Internet. L’hôpital le plus proche est situé à 200 km.

Pire encore. La surexploitation de la mine a provoqué la pollution de leur environnement immédiat au cyanure et au mercure, deux produits chimiques que la SMI utilise pour le traitement du minerai. C’est la faiblesse et l’interruption par la suite du débit d’eau dans les puits et dans les robinets des habitants qui ont enclenché le mouvement de colère. La baisse du débit en eau atteint plus de 60 %.

En réaction à ces injustices, les habitants commencent par manifester pacifiquement leur colère devant la mine, mais face au silence méprisant de l’entreprise, ils changent radicalement de méthode. Ils coupent l’alimentation en eau de la mine. Leurs revendications sont claires. Ils exigent de partager les profits matériels de la SMI. Ils revendiquent aussi que 75 % des recrutements soient réservés aux habitants de la région touchée par la sécheresse et le chômage et exigent la participation au développement économique et sociale de la région, considérée comme l’une des plus pauvres au Maroc.

Déterminés à lutter pour leurs droits, plusieurs milliers d’hommes, de femmes et d’enfants construisent des abris de fortune au sommet du mont d’Aleban, à 1400 mètres d’altitude, en dépit des conditions climatiques rudes et des intimidations des autorités.

Répression et intimidation :

Face au mouvement de protestation, les autorités ont tenté vainement de corrompre certains habitants en leur promettant des emplois et des privilèges matériels. Mais ils ne sont plus dupes. Ils connaissent le vrai visage des autorités. Déjà en 1996, quelques mois après être entamée, une manifestation similaire a été dispersée par la force. Bilan : un mort et plusieurs dizaines de militants condamnés à de lourdes peines de prison.

Quelques mois seulement après le début de ce sit-in en août 2011, le gouverneur de Tinghir a menacé de "brûler les manifestants" et d’utiliser la force contre eux. Mais, face à leur détermination, les autorités passent de l’intimidation à la répression ouverte. Elles tentent de les discréditer et commencent par arrêter un jeune militant, Mustapha Ouchtobane, en novembre 2011. Il sera condamné à quatre ans de prison ferme par le tribunal d’Ouarzazat, dans un procès expéditif digne des plus terribles des dictatures. Le 12 juillet 2012, cinq autres militants sont également arrêtés par les gendarmes à Tinghir. Le dossier semble monté de toute pièce. Un entrepreneur, connu pour ses liens avec les autorités, les accuse d’avoir vandalisé un projet de rénovation d’une maison des jeunes à Imider. Ils risquent de lourdes peines de prison.

Les autorités jouent "le pourrissement" :

Enfermées dans une impasse sécuritaire, les autorités risquent à nouveau d’user de la force pour déloger les manifestants du mont d’Aleban, au lieu de négocier une issue à cette situation. Les procès intentés aux militants du Mouvement sur la voie de 96 et la lourde peine infligée à Mustapha Ouchtobane n’étaient qu’un prélude. Dans un pays ou seul l’arbitraire est roi, une réaction brutale des autorités contre les manifestants n’est pas à exclure. La vigilance doit être de mise.

Il semble que les autorités et l’administration de la SMI jouaient le "pourrissement". Elles comptaient sur l’essoufflement du mouvement de protestation et la démobilisation des habitants. Peine perdue. Le mouvement continue à gagner du terrain. Les habitants sont plus que jamais déterminés à arracher leurs droits à l’entreprise et à vivre dignement sur leur propre terre. Même les enfants n’ont pas échappé au mouvement. Ils ont manifesté fréquemment à Tinghir et près de la mine, ils ont boycotté l’école et ont observé une année blanche.


Le silence des hautes autorités de l’État et la répression qui frappe les militants du
Mouvement sur la voie de 96, une année après le début de ce sit-in, est une infamie et une insulte aux habitants de cette région. Ce silence est synonyme de mépris.

Que faire alors ?

Bien que la spontanéité des rassemblements et l’aspect festif de la lutte des habitants d’Imider ait certains côtés positifs, elle a souvent des inconvénients. Les "sit-inneurs" sont certes déterminés à arracher leurs droits. Mais, la détermination, suffit-elle à elle seule pour faire fléchir une entreprise de la taille de la SMI ? La réponse est bien sûr non. Le combat est loin d’être gagné.

Il est alors urgent que de nouvelles pistes soient explorées afin d’exercer plus de pressions sur cette entreprise et, par ricochet, sur les autorités. L’absence de planification de nouvelles actions laissera au hasard des choix cruciaux, ce qui pourrait avoir des résultats désastreux.

mardi 24 juillet 2012

IMIDER : Déclaration à propos des récentes arrestations des militants

De : Amussu Imider, 24/7/2012 

Objet : Mouvement " Sur la Voie de 96 Imider "

Déclaration à propos des récentes arrestations 
des militants d’Imider
A DIFFUSER LARGEMENT

5.png Le jeudi 12 juillet 2012 les forces de la gendarmerie royale ont procédé à l’arrestation de cinq militants du mouvement " Sur la voie de 96 –Imider"- en se basant sur une plainte formelle déposée par l'entrepreneur responsable du projet d'extension de la maison des jeunes où il accuse les militants de former un gang criminel, de l’avoir agressé et détruit les matériaux de construction ainsi que la partie construite du projet.

Tous les prisonniers sont des acteurs associatifs engagés parmi la population d’Imider dans les actions qu’elle mène et qui ont culminé dans son sit-in ouvert depuis le mois d'août 2011 pour réclamer ses droits socio-économiques. 

Voici la liste et le profil des détenus :

1. Bennaser Mohamed, 63ans, huit enfants, président de l’association Tifawt pour le développement et l’eau potable et membre du Comité local de l'Initiative nationale pour le développement humain; INDH ;

 2. Lahcen Karim, 32ans, deux enfants, marchand de légumes et activiste dans la même association ; 3. Omar Taib, 42ans, six enfants, conducteur ;

 4. Ljihad Mohamed, 32ans, un enfant, chômeur ; 

5. Faska Laadad, 24 ans, célibataire, diplômé-chômeur (licence en études anglaises). 

2.png Tous les militants résident à Imider. Dès l’annonce de 
l’arrestation des
 militants, les
 populations, deshommes et des 
femmes de 
différentes tranches d'âge, se sont 
https://mail-attachment.googleusercontent.com/attachment/u/0/?ui=2&ik=44f82f650d&view=att&th=138b9665d82a2913&attid=0.8&disp=inline&realattid=f_h510cwmw7&safe=1&zw&saduie=AG9B_P9hTrBhxLUhxPAozbX-WLtJ&sadet=1343154761248&sads=t4DBE-Hpd0BpG7Seu7H1XZAnV18rassemblées et se sont rendues dans une marche pacifique vers le poste de la Gendarmerie Royale, où ils ont tenu un sit-in pour exiger la libération immédiate des détenus. Après l'interrogatoire des militants, la police judiciaire a rédigé contre eux des procès-verbaux contenant des aveux, comme d’habitude, fabriqués ainsi que des accusations en dehors de l’objet de ladite plainte : meneurs du sit-in, d’entrave à la scolarisation des élèves, et de sabotage des projets de développement inclus dans la politique de l'État.
 Les mêmes charges fallacieuses retenues contre notre frère Mustafa Ouchtoubane et les autres détenus d’Imider qui croupissent dans la prison de Ouarzazate.

https://mail-attachment.googleusercontent.com/attachment/u/0/?ui=2&ik=44f82f650d&view=att&th=138b9665d82a2913&attid=0.7&disp=inline&realattid=f_h510csmo6&safe=1&zw&saduie=AG9B_P9hTrBhxLUhxPAozbX-WLtJ&sadet=1343157262424&sads=n8PtDkZn1kK3AA1VTfFnOGINcvM Vers minuit, dans un scénario digne d’Hollywood, les détenus ont été transférés à 
Ouarzazate comme un groupe de 
terroristes armés, sous la protection de dizaines de 
gendarmes armés de matraques, pour être ensuite renvoyés à la Chambre criminelle de la Cour d'appel le 14 Juillet et pour fixer l'audience au Jeudi 26 juillet. Toutes ces manœuvres du Makhzen , visant à porter atteinte à la réputation de nos militants, ne feront que renforcer notre détermination et la constance de notre résistance sur le mont de la fierté (Mont-Alebban) jusqu'à atteindre la dignité et la justice sociale.

 Dans ce contexte précis, nous rappelons à l’opinion publique nationale et internationale l’essentiel de nos revendications légitimes

* La libération immédiate et inconditionnelle de tous les détenus de la cause d’Imider ; 
 * La réponse immédiate à nos revendications légitimes. Nous dénonçons : 
* Les arrestations arbitraires des militants de la cause d’Imider ;
 * La politique systématique de l’oreille sourde envers les revendications légitimes de la population.

 Nous réaffirmons :  
* L’innocence de nos détenus 
* Notre attachement au pacifisme ; notre principe de lutte 
* La légitimité de nos droits ; 

Nous exprimons notre solidarité avec : 
* Les détenus de la cause d’Imider et leurs familles
 * Tous les détenus d’opinion libre et leurs familles

 Nous appelons tous les organismes et toutes les organisations nationales et internationales des droits humains et toutes les consciences à soutenir notre cause juste et pour la libération des détenus. Nous plaçons le makhzen au centre de la responsabilité de la situation que subit notre commune par ses actes inacceptables. 
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      La monarchie marocaine use de l'arbitraire à Imider

Par Afafa (Roubaix) Tamazgha (Paris)24/7/2012
Les associations Afafa et Tamazgha dénoncent des arrestations arbitraires de militants d’Imider par la police de la monarchie marocaine. Un autre militant, Mustapha Ouchtoubane, a été arrêté, lui, le 5 octobre 2011 et condamné, en première instance, le 1er décembre 2011, à quatre ans de prison ferme. La condamnation est confirmée par la cour d’appel de Ouarzazate le 13 février 2012, ne laissant aucune chance à ce militant.

Ces arrestations s’inscrivent certainement dans la stratégie de la police marocaine qui vise à intimider un mouvement qui tient et qui résiste maintenant depuis près d’un an. En effet, régulièrement, et ce depuis août 2011, des manifestations sont organisées par la population d’Imider pour dénoncer la holding SMI (Société de métallurgie d’Imider) qui exploite la plus grande mine d’argent d’Afrique. En effet, cette holding, filiale du groupe SNI/ONA [1] exploite la mine d’Imider depuis 1969 et fait des bénéfices parfois exorbitants alors que la population locale vit dans la misère totale. Pire, cette population est privée d’eau et assiste à l’épuisement de sa nappe phréatique. Les manifestants exigent, entre autre, que 75% des emplois soient réservés à la population locale frappée par un fort taux de chômage. Ils exigent ainsi à ce que leur territoire où est exploitée une mine d’argent qui produit une grande fortune puisse bénéficier d’infrastructures qui permettent aux citoyens de vivre dignement.

Les citoyens, à l’unanimité, se sont ainsi organisés au sein du Mouvement sur la voie de 96 qui est le cadre légitime représentant de cette commune rurale de sept villages. Ils ont fait savoir leur objectif principal à savoir "l’accès à la jouissance des richesses de leur communauté et la défense de leurs droits légitimes en tant que citoyens".

Ce n’est pas la première fois que les populations d’Imider se mobilisent contre cette société qui participe à l’enrichissement de la famille allaouite. En effet, en 1996, et pendant quarante-huit jours, les villageois occupent les abords de la mine jour et nuit et manifestent régulièrement. La police intervient pour disperser les populations, elle brûle les tentes et détruit tout ce qui s’y trouve notamment la nourriture. L’intervention musclée des forces de répression marocaines a ainsi fait vingt-deux blessés. Vingt-trois personnes, dont deux femmes, ont été arrêtées ; seize parmi elles ont été relâchées après la garde à vue et six seront condamnées à des peines de prison allant de un à deux ans.

Dix ans auparavant, en 1986, suite à la privatisation de la société, ses responsables avaient décidé de creuser un nouveau puits malgré le refus des habitants. Ces derniers tentent de s’y opposer et les autorités procèdent à l’arrestation de six agriculteurs qu’elles emprisonnent sans jugement pendant un mois.

Aujourd’hui c’est sur le mont Alban que des habitants des villages d’Imider ont installé un camp face à la mine, le long de la route nationale 10 qui relie Ouarzazate à Tinghir. Le camp est devenu un village et c’est à cet endroit que la population a partiellement coupé une conduite d’eau qui alimente la mine. Chaque jour se tient une assemblée générale où femmes, hommes et enfants s’expriment durant plusieurs heures.

Le camp vit de la solidarité des villageois d’Imider. Cette action qui, par ailleurs, réduit la production d’argent, est utilisée comme moyen de pression sur la direction de la mine par les villageois déterminés à arracher leurs droits.
Ce mouvement exceptionnel en Afrique du Nord mérite soutien et encouragement ; il serait injuste que le combat de ces courageux villageois du Moyen-Atlas ne puisse aboutir ! D’autant plus qu’il n’est pas exclu que la monarchie ait recours à la force et à la violence pour casser cette mobilisation. Un régime qui, à maintes fois, a fait preuve de barbarie est capable de tout pour protéger ses intérêts...

Ci-après le communiqué des associations Afafa et Tamazgha.
par Masin Ferkal.
 
                                  COMMUNIQUE
L’Etat marocain procède à des arrestations arbitraires 
                                  à Imider

Cinq militants amazighs, membres du Mouvement sur la voie de 96 ont été arrêtés jeudi 12 juillet par la police de la monarchie marocaine et seront traduits devant le tribunal de Ouarzazat le 26 juillet 2012. Il s’agit de Moha Bennaser, Karim Lahcen, Faska Laadad, Taïeb Omar et Moha Ouljihad.
Le Mouvement sur la voie de 96 organise des rassemblements sur la montagne d’Alebban à Imider, près de Tinghir (sud-est du territoire marocain), depuis août 2011. Ces manifestants pacifiques exigent de la Société métallurgique d’Imider (SMI) qui exploite la mine d’argent d’Imider d’embaucher parmi les habitants de la région. Ils dénoncent également la pollution de la région par des produits toxiques utilisés par cette société et préviennent quant au risque de l’épuisement de la nappe phréatique. A signaler que la majorité des actions de cette société sont détenues par Mohamed 6, le monarque alaouite.
En décembre 2011, un autre militant du Mouvement sur la voie de 96, Mustapha Ouchtoubane, a été arrêté et condamné à une peine de quatre ans de prison ferme par le tribunal de Ouarzazat.

Nous tenons à dénoncer ces arrestations arbitraires et exigeons la libération inconditionnelle des détenus Mustapha Ouchtoubane, Moha Bennaser, Karim Lahcen, Faska Laadad, Taïeb Omar et Moha Ouljihad.

Nous appelons à la solidarité avec ces détenus ainsi qu’avec l’ensemble des détenus politiques amazighs qui croupissent dans les prisons marocaines.


Afafa (Roubaix) Tamazgha (Paris)

Contact :
Afafa. E-mail : associationafafa@yahoo.fr
Tamazgha. Tel : 06.52.10.15.63 / E-mail : tamazgha.paris@gmail.com
http://tamazgha.fr/La-monarchie-marocaine-use-de-l.html