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samedi 25 janvier 2014

Reportage. L'éternel sit-in d'Imider

  • Par : Hicham Oulmouddane, TelQuel, 22/1/2014

Crédit photo : Hicham Oulmouddane
Reportage. L'éternel sit-in d'ImiderDepuis plus de deux ans, les habitants de la bourgade protestent contre la SMI qui exploite la mine d’argent. Si l’issue du bras de fer 
se fait attendre, la population n’a rien perdu de sa détermination.
Les habitants d’Imider ne désarment pas. Depuis août 2011, il ne se passe pas un jour sans que la population de cette localité de la région de Ouarzazate n’organise un sit-in. Les protestataires se réunissent au bord de la nationale 10, à l’endroit même où la Société métallurgique d’Imiter (SMI) a creusé un puits pour fournir de l’eau à la mine d’argent, située 2 kilomètres plus loin. 
En ce début d’après-midi ensoleillé, la température ne dépasse pas les cinq degrés. Mais ce n’est pas pour décourager les manifestants qui forment un cercle avec les hommes d’un côté  et les femmes de l’autre. Au centre, un encadrant, mégaphone à la main, répartit le temps de parole entre les participants. « Chaque famille doit mettre à disposition une personne pour assurer la permanence et assister aux sit-in », nous lance Ahmed Agraouli, membre du comité d’organisation. Après deux heures de débats sur l’avancement des négociations avec la SMI, la foule marche en direction des trois grands hameaux qui forment la bourgade d’Imider.
Pour comprendre les sources de ce conflit, il faut remonter à 2004, quand la SMI décide de procéder à une série de forages pour pomper l’eau et l’acheminer vers la mine. Durant le mois de ramadan 2011, le débit d’eau s’affaiblit au point qu’elle n’est disponible au robinet que 30 minutes par jour. Les habitants décident alors de réagir et coupent l’alimentation du principal forage qui fournit la mine en eau. Depuis, ils campent à proximité du château d’eau, situé sur les hauteurs du mont Alebban, à 1400 mètres d’altitude, pour éviter que cette vanne soit rouverte. Avec le temps, les militants ont fini par construire de petites cabanes de fortune. La surveillance du château d’eau mobilise une soixantaine de personnes qui passent la nuit sur place. « Chacun participe à l’achat du thé, du pain et d’autres denrées de première nécessité », souligne Ahmed Daoudi, membre du comité d’organisation de la contestation. Sur les murs du château d’eau, les habitants ont peint une fresque en hommage à Mustafa Ouchtoban. Employé de la mine, ce jeune homme de 27 ans a été condamné en 2012 à quatre ans de prison ferme pour le vol d’une pépite de 18 grammes. « Le jour il travaillait dans la mine et le soir il venait soutenir le sit-in. Suite à un contrôle de son véhicule, les gardiens ont trouvé un morceau de minerai qu’il aurait volé. Nous pensons qu’il s’agit d’une machination pour faire peur aux habitants et briser la contestation. Il a écopé de la peine maximale », raconte Ahmed Daoudi.

Le village fait grise mine
Outre la problématique de l’eau, la population évoque la présence de certains polluants comme le cyanure, utilisé en masse pour extraire l’argent, et le mercure, un des résidus libérés par le minerai lors de son 
incinération pour obtenir l’argent pur. « Le cyanure et le mercure ont provoqué des dégâts environnementaux. Nous n’avons pas les moyens de prouver cela par une étude scientifique, mais nous constatons les conséquences sur la faune et la mort mystérieuse du bétail des nomades de la région », explique Mohamed Agraouli.
A la porte de la mine, les entrées et sorties du personnel sont soigneusement surveillées et tout le monde, sans distinction, est passé au détecteur de métaux. Pour surveiller la mine, qui produit chaque année 300 tonnes d’argent, une antenne de la gendarmerie et des Forces auxiliaires a été installée à proximité. Et pour cause, pendant plusieurs années, le minerai était pillé par des bandes organisées qui s’introduisaient dans la mine la nuit pour subtiliser le précieux métal. Il y a trois ans, des malfrats, profitant du manque d’effectif des surveillants, se sont attaqués au coffre de la mine et ont subtilisé une tonne d’argent. Depuis, la sécurité a été renforcée et aucune infraction n’a été commise. Mais ces vols à répétition ont installé un climat de suspicion et empoisonné les relations entre la SMI et les habitants d’Imider.

La SMI rassure
La société minière réfute les arguments des manifestants. « Nos études du bassin hydrique sont pointues et démontrent de façon irréfutable qu’il n’existe aucun impact de nos forages sur le niveau d’eau du village », assure Ahmed El Maliki, responsable des forages d’eau. Le directeur général de la branche métaux précieux de Managem (groupe qui chapeaute la SMI, appartenant au holding royal SNI), Youssef El Hajjam, nous accompagne pour une visite de la mine. Il nous explique le développement de procédés pour extraire le minerai en utilisant moins d’eau grâce au recyclage des ressources hydriques. Nous arrivons dans un pavillon où sont installés les incinérateurs et où le minerai purifié est traité pour extraire l’argent. A côté, des dizaines de bidons de cyanure sont entreposés. Dans les incinérateurs, plusieurs quantités de mercure sont récupérées après l’opération. « Le cyanure est un produit essentiel pour isoler l’argent et le mercure est collecté pour ne pas s’évaporer ou s’échapper dans les nappes phréatiques. Nous disposons des certifications d’un cabinet international, qui atteste que nous prenons toutes les précautions pour protéger l’environnement », souligne Youssef El Hajjam.

La couleur de l’argent
Malgré les multiples contacts entre l’administration de la SMI, les élus locaux et les représentants des populations, les négociations sont toujours au point mort. Pour obtenir réparation, les révoltés d’Imider exigent que la SMI  leur réserve 75% des postes en cas d’embauche. Une condition que l’administration minière considère comme un moyen de bloquer la négociation. « Les 1150 personnes qui constituent le personnel de la mine sont réparties entre les travailleurs de la SMI et les sous-traitants. Les ouvriers originaires d’Imider représentent 30 %. Si l’on ajoute ceux issus de la région, nous arrivons à  un total de 76 % », avance Youssef El Hajjam. Faux, selon les militants locaux. « Les habitants d’Imider ne représentent pas plus de 14% du personnel. Avec un quota de 
75 %, la SMI réparerait tous les dommages causés à la population depuis le début de l’exploitation en 1969 », explique Mohamed Agraouli, qui accuse dans la foulée la CDT, le syndicat le plus représenté au sein du personnel de la SMI. « La CDT a négocié avec l’administration le droit pour les enfants de mineurs d’hériter du poste de leurs parents. Mais vu que les ouvriers originaires d’Imider sont une minorité, nous resterons toujours sous-représentés », souligne-t-il.
Pourtant, la SMI a financé une série de projets pour soutenir l’infrastructure locale, comme le renforcement des khattarates, ces canaux sous-terrains d’eau, la mise à disposition d’un médecin et d’une ambulance, mais rien ne semble convaincre les habitants. « Toutes ces actions dont la SMI revendique la paternité font partie des programmes étatiques comme l’INDH», souligne Ahmed Daoudi. « Nous savons que la mine a une durée de vie limitée. Mais nous y travaillons tout de même pour permettre à nos enfants de faire des études et leur ouvrir d’autres perspectives d’emplois», poursuit-il, avant de rejoindre ses camarades pour assurer la surveillance du château d’eau. La nuit s’annonce très longue et glaciale, mais le moral des troupes est intact.


vendredi 3 janvier 2014

Marche du 2 janvier de la population d'Imider : 40 km, 3000 participants.



Mouvement sur la voie de 96- imider

Marche du 02 janvier 2014


      La population de la commune rurale d’Imider est sortie ce matin (10 h), dans une marche massive, assistée par des milliers de manifestants: jeunes et vieux, femmes et hommes, au long de la route nationale N°10 en direction de la ville "Boumaln". Les participants ont marché environ 40 kilomètres aller et retour, ce qui rend cette marche la plus longue depuis le début des manifestations encadrées par le Mouvement sur la voie de 96-Imider. 
 Photo : Imider: March of January 02, 2014


The population of Imider since ten o'clock in the morning in a massive protest march attended by thousands of people: young and old, female and male, along the national road No. 10 going in the direction of the "Boumalne" city, the participants have cut approximately 40 kilometers back and forth; , Making it the longest distance since the beginning of the protests, which regulated by the Movement on the road 96 Imider, since march began after joined of the participants of the other villages of the commune except the residents of the village "Anunezm" and "Izumgen" that they are in a organized march cut approximately 3 kilometers across the road relate between these villages and the national road 10 so as to integrate with the march coming from the other villages, moreover the number of participants in this form of protest exceeded three thousand, As the demonstrators walk more than 20 kilometers until the population reached the limits of “Tribal lands” few kilometers of distance to the, "Boumalne." City, This great march which is tightly organized, two break and three general assemblies; (one for informing: Before starting the march, two for decisions: During the march)
As usual, the authorities; threats and provocate, including threats “to intervene in the case of the march exceeded the administrative boundaries of the commune rural of Imider” on the tongue of the Commander of "Todgha" even all the provocations and threats the habitants continue in their road.
 The walk back, it lasted four hours, so that the participants did not realize their homes and sit-in until eight o'clock in the evening and safely despite the intensification of the dark and the protestors are still going on along the way, thanks to tight regulation of the process of the traffic...
This march Comes as a continuity of the forms of protest which regulated by the Movement on the road 96 since August 2011 and as a escalatory step for the current stage of the Imider’s struggle, so that the authorities is still going on in the security approach against the population; successive arbitrary arrests among the activists of the Movement on the basis on feigned complaints raised from tails party of “A’lmakhzen” and persons with personal interests against militants, Which in turn is the basis of the records of the judicial police fraudulent "Tinghir" In addition to the fact that many fabricated and forged files, in which it bought years in prison against freedom fighters of the Movement and those activists are not investigated, but to be directly in unfair judgments pronounced by the Court of Appeal and the lower court in " Ouarzazate." city ...
On the other hand, protestors expressed their condemnation of the security approach applied by the Company's mineral of Imider (SMI) in complicity with the authorities, which is still going on in politics and try to circumvent within the legal file of the population and try to impose its proposals on protesters, during the continuance of the silver mine in dealing within a refusal Convention of November 2012 which is refused by the population in Petitions of more than 2000; signing of the adults ... And in the latter, demonstrators expressed their determination to continue the peaceful struggle until achieving their  violated rights that are gone for decades .

Alebban: 03/01/2014
La marche a commencé après le rassemblement des participants des villages de la commune, sauf les habitants des villages "Anounizm" et "Izumgen" qui ont marché  plus de 3 kilomètres afin de rejoindre la marche venant des autres villages. Le nombre des participants a dépassé 3000 manifestants, qui ont atteint les frontières des terres tribales d’Imider sur environ 25 km de marche à pied.
  Cette grande marche qui a été bien organisée a connu deux  pauses et trois assemblées générales,(une pour informer, avant le départ de la marche, une deuxième de décisions, au cours de la marche). 
Comme d'habitude, les autorités ont menacé et provoqué les manifestants,  c’est le cas du commandant de Tinghir qui a menacé "d'intervenir dans le cas où la marche dépasse les limites administratives de la commune rurale d’Imider" mais malgré tout ça, les participants ont continué leur chemin jusqu’à ce qu’ils dépassent les limites administratives et même celle de la tribu.



Le chemin du retour a duré quatre heures, de sorte que les participants ne se rendent pas compte de leur résistance et du sit-in jusqu'à huit heures (20h) du soir. Malgré l'intensification de l'obscurité, les manifestants  poursuivent la marche au long de la route en toute sécurité, grâce à la régulation rigoureuse du  processus de la circulation.


Cette marche vient en continuité aux formes de protestation encadrées par le Mouvement sur ​​la voie de 96 depuis 1re août 2011 et constitue une réponse à la situation actuelle de la lutte d'Imider, de sorte que les autorités sont toujours en cours d’exécution de l'approche sécuritaire contre la population. Des arrestations arbitraires successives de militants du Mouvement ont lieu sur ​​la base de plaintes soulevées par des ayants intérêt du personnel de la SMI et du Makhzen contre les militants, ce qui constitue par la suite la base des dossiers frauduleux et fabriqués de la police judiciaire à «Tinghir», par lesquels sont achetées des années de prison aux militants du mouvement, combattant pour la liberté. De plus les dossiers judiciaires et les accusations les composant ne sont pas soumis à une enquête préalable, mais par contre, les jugements prononcés par la Cour d'appel et la cour inférieure de «Ouarzazate» sont basés directement sur les recours établis par la police judiciaire de Tinghir.

D'autre part, les manifestants ont exprimé leur condamnation de l'approche sécuritaire suivie par la société métallurgique d’Imider (SMI) en complicité avec les autorités, qui sont toujours en cours d’exécution de leur politique et leur tentation de contourner le dossier des droits légitimes de la population et ainsi les tentations d’imposer ses propositions sur les manifestants vue sa poursuite à faire traiter le placebo-protocole de convention du 19-11-2012 opposé par la population par plus de 2000 signature des adultes ...

Enfin, les manifestants ont exprimé leur attachement à la lutte pacifique jusqu'au désarmement des droits violés depuis des décennies ...



«  Vous pouvez cueillir des fleurs, mais vous ne pouvez pas arrêter l’avance du printemps ».
 --
Amussu : Xf Ubrid N96 (ImiDer) - En Sit-in depuis Août 2011.

Contacts: 
                 M. Agrawli    : 06 18 12 34 95
                      O. Uxabassu : 06 38 52 92 93
                      T. Moha         : 06 10 12 38 80

mercredi 10 avril 2013

La lutte des habitants d'Imider

Par Brahim O, 9/4/2013 

Pourquoi c'est important

Localement, depuis le 1er août 2011, l’ensemble des habitants de la commune rurale se sont rassemblés en unanimité sur des revendications socio-économiques, défendues dans le cadre du Mouvement : sur la voie de 96 - Imider -, représentant unique et légitime de la population des 7 villages, confirmant par là leur droit à l’accession à la jouissance des richesses de leur communauté et la défense de leurs droits légitimes en tant que citoyens, légaux à l’égard des litiges les liants à la SMI.(Société Minière Imider)

Appauvrissement des ressources hydrauliques :

La population de la commune d'Imider souffre d'une grave pénurie d'eau potable depuis le printemps 2011, engendrée par une surexploitation de la nappe phréatique souterraine par la SMI ( puits de Targit depuis 1986 et forages de Tidsa depuis 2004), ce qui a provoqué des effets néfastes sur l'agriculture, la principale activité des riverains, sachant que cette source est exploitée sans tenir compte de la loi 10-95 sur la gestion d'eau. En plus, cet élément vital est pollué par les vestiges du processus de production par l'infiltration de substances toxiques (comme le cyanure interdit à l'échelle mondiale) dans la nappe phréatique souterraine.

Une pollution atteignant l'eau, l'atmosphère et le sol ...

La société entreprend les opérations de production de l'argent en utilisant divers produits chimiques toxiques (Ex :Cyanure), laissant des déchets liquides, gazeux et solides qui ont, sans aucun doute, un impact sur l'environnement (atmosphère, eau, faune et flore). Sans négliger pour autant la gravité de cet effet en l'absence d'une "Étude d'impact" et d'un management environnemental (ISO 14001), parce qu'elle n'était pas classées et écologiquement non homologuée. Ajoutant que la SMI occupe les terrains collectifs et les terres des paysans sans aucun justificatif légal.

L'exclusion, la marginalisation et les illusions de développement :

En dépit de sa richesse minérale énorme, la commune d'Imider enregistre le manque des infrastructures les plus basiques et les plus essentielles; la majorité des villages souffrent de l'isolement et l'absence de routes asphaltées, ainsi que les établissements et personnel de santé, et l'absence de généralisation du réseau électrique, le transport scolaire et l'eau potable ...
Comme l'Homme est la pierre angulaire de tout développement, la SMI n'a pas respecté son rôle comme un véritable acteur de développement en partenariat avec toutes les parties prenantes.

Emploi :


Quoique le plus grand producteur de l'argent en Afrique se trouve sur les territoires de la commune d'Imider, la part des emplois occupée par les jeunes imidriens ne dépasse pas les 14% du nombre global du personnel. En plus de l'exclusion systématique des jeunes de la commune, on note la violation de la convention conclue entre la SMI et les représentants de la commune en 2010. Ainsi que l'article sur l'emploi saisonnier des étudiants et des stagiaires de la Convention de 2004.

Nous appuyant sur les remarques précédentes, réaffirmons par la présente note notre attachement à nos droits légitimes et au principe de dialogue responsable et sérieux pour trouver une solution globale au conflit. Imposer une solution unilatérale, telle la reprise et la poursuite du pompage de l’eau au moindre coût, ne ferait qu’envenimer la situation.

Marche des élèves
Nous appelons toutes les bonnes volontés de considérer la situation dans sa globalité et exhortons les médias, les organismes nationaux et internationaux et organisations de défense des droits humains à se rendre sur place pour ouvrir une enquête approfondie et impartiale et trouver une solution qui rendrait la dignité aux habitants et permettrait le développement de la région et son épanouissement et ceci pour le bénéfice de toutes les parties en présence. 
Une pétition a été lancée.