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jeudi 8 août 2013

Nabila Mounib affirme que des "mafias" interviennent dans les procédures de grâce


Nabila Mounib

Dans un entretien vidéo avec Lakome, la secrétaire générale du PSU qualifie l'élite politique «d'hypocrite et d'opportuniste» et exige des excuses publiques de la part du roi à l'ensemble du peuple marocain.

La secrétaire générale du Parti Socialiste Unifié (PSU), Nabila Mounib a exprimé son profond étonnement à l'égard du contenu du communiqué du Cabinet royal qui insiste sur la méconnaissance du roi vis-à-vis des crimes commis par le violeur d'enfants marocains.
La patronne du PSU s'exclame : «Tous les pouvoirs sont concentrés entre les mains du roi et celui-ci lors du dernier discours du Trône, prend des airs de guide porteur de visions qui donne des instructions et quand un dossier de cette ampleur surgit, on nous dit qu'on n'est pas au courant ?! Qui dirige le pays alors ?!».
Concernant la procédure des grâces en général, Nabila Mounib avance : "Dans notre pays, nous souffrons de corruption institutionnalisée, et tout le monde sait l'existence de mafias qui opèrent à l'occasion soit de la fête du trône, l'Aid Seghir (fin du Ramadan) ou l'Aid El Kebir (Fête du mouton), pour établir les listes de ceux qui vont bénéficier de la grâce. Et tout cela est rémunéré. Ces mafias demandent aux familles si elles veulent que leur proche soit gracié à l'occasion de l'Aid Seghir ou de l'Eid El Kebir. Et chaque grâce à son tarif propre."

"Le roi est responsable de ce qui s'est passé"
Dans cet entretien vidéo accordé à Lakome, Nabila Mounib déclare que le roi est responsable de ce qui s'est passé car, selon elle, il est tenu de faire vérifier, au cas par cas, les dossiers des grâces avant de les signer. Mounib a par ailleurs demandé au roi de «présenter ses excuses»  sous la forme d'un discours officiel ou à travers un communiqué adressé «au peuple marocain qui a été blessé dans son amour propre» a-t-elle ajouté.
Mounib a également précisé que les excuses du roi au peuple marocain n'entameraient en rien son prestige expliquant que si le régime marocain avait été une monarchie parlementaire, rien de tout cela ne ce serait produit et le gouvernement aurait été tenu responsable à la place du roi.
La leader PSU n'a pas manqué de qualifier «d'hypocrites et d'opportunistes» l'élite politique du pays et avec elle l'ensemble des mouvements islamistes marocains qui se sont tous éclipsés suite à l'indignation et à l'humiliation qu'ont subies les marocains dans cette affaire.
Cet entretien avec Nabila Mounib a eu lieu lundi, une heure seulement avant le limogeage de Hafid Benhachem.

www.lakome.com/index.php/maroc/1223-nabila-mounib-le-roi-doit-presenter-des-excuses-publiques-a-l-ensemble-du-peuple-marocain

samedi 11 août 2012

Les affaires de spoliation immobilière de Casablanca atterrissent au Sénat français


Depuis quelques années plusieurs affaires de spoliation immobilière ont atterri dans les tribunaux de la capitale économique. En cause, une « mafia » qui userait de documents falsifiés et de complicités à plusieurs niveaux pour prendre possession de terrains ou immeubles qui ont évidemment une valeur financière non négligeable. Pourtant, les affaires patinent au niveau du procureur général, au grand dam des familles de victimes qui commençent à perdre patiente. Résumé de ces affaires dignes d’un grand feuilleton policier.
Le Sénat français
 
Tout commence au début des années 2000. Une bande de criminels marocains sème la terreur dans le secteur de l’immobilier à Casablanca. Sa spécialité : la spoliation des biens immobiliers appartenant à des Marocains de confession juive mais également aux étrangers, notamment Français, Espagnols et Italiens n’habitant plus au royaume. Certains des biens spoliés appartiennent également à l’Etat marocain. « Cette bande est une véritable mafia qui a de l’argent et qui est hautement soutenue. Mais par qui et pourquoi ?, je ne peux pas vous répondre. Ce qui est sûr c’est qu’en France, la justice en aurait déjà terminée avec ce genre d’affaire », lance l’une de nos sources suivant de près ces dossiers de spoliation et souhaitant rester anonyme.

Cette bande criminelle est très bien organisée et est composée d'une dizaine de personnes : hommes d’affaire, médecins, avocats, fonctionnaires, conservateurs fonciers et faussaires. « Les avocats appartenant à cette bande vont voir les avocats de la partie adverse pour les acheter. Il y a aussi des conservateurs qui ferment les yeux sur des irrégularités administratives. Il faut qu’il y ait beaucoup de hauts responsables impliqués pour en arriver à ce stade ! » lâche notre contact.

Une justice marocaine à double vitesse
Ce que notre source n’arrive pas à digérer dans ces affaires est que les autorités judiciaires marocaines connaissent l’identité de certains des membres de cette mafia et notamment les cerveaux, mais que ces derniers sont toujours en liberté, sans avoir écopé d’une peine de prison.
Il dénonce là une justice à deux vitesses au royaume. « Si vous ouvrez n’importe quel journal marocain, vous pourrez lire des histoires comme cet homme affamé qui a volé récemment une banane et qui a pris un an de prison ou encore cet homme qui a volé il y a plusieurs années un mulet à Kénitra et qui a pris 8 ans de prison ! », déplore-t-il. « Nous avons frappé à toutes les portes et à tous les niveaux, les plus hautes instances judiciaires du royaume sont au courant de ces affaires ainsi que le Sénat français ! Cependant, rien n’est fait pour arrêter ces criminels », poursuit-il.
D’ailleurs notre source nous remet un rapport de police émanant du service de la police judiciaire de la préfecture de police de Casablanca, datant du 14 septembre 2010 et destiné au procureur du Roi au tribunal de première instance de Casablanca. Le policier qui a rédigé le rapport explique qu’il a enquêté dans une affaire d’usurpation d’identité de deux Français spoliés. Il n’hésite pas à donner le prénom et le nom d’un des cerveaux de la bande ainsi que son numéro de carte d’identité marocaine ! L’enquêteur l’accuse d’avoir falsifié des documents pour s’accaparer les biens de ces deux Français et souligne que la justice marocaine lui a même interdit de quitter le territoire marocain. Une interdiction qui s’est faite sans passer par la case prison. Incompréhensible.

Des cachets de notaires volés
C’est justement dans la falsification de documents officiels que la bande excelle redoutablement. Elle en a même fait sa marque de fabrique. Une fois que le bien à spolier est choisi et que les propriétaires sont identifiés, la bande passe à l’étape de la falsification des papiers administratifs avec la complicité de faussaires. Objectif : créer des personnes et des héritiers fictifs étrangers qui viendront réclamer le bien immobilier au Maroc. Tous les documents, les plus élémentaires sont falsifiés. Cela va des faux passeports, fausses cartes d’identité, fausses cartes de séjour, en passant par de faux titres fonciers aux faux actes notariés comportant parfois des cachets volés directement à des notaires à l’étranger ou des actes falsifiés comportant leur signature imitée.
D’après notre source, plusieurs notaires en France se sont faits avoir par cette bande criminelle mais la plupart d’entre eux ne veulent pas porter plainte, de peur de représailles, précise notre source. Un seul notaire a osé porter plainte pour faux et usage. Entretenant désormais un mépris pour le Maroc, il est actuellement le client d’une avocate française qui défend également 6 autres familles lésées dans ces affaires de spoliation au Maroc.
Après de nombreux allers-retours entre la France et le Maroc et de nombreux courriers envoyés au ministère marocain de la Justice, dont nous obtenons copie, l’avocate en question est démoralisée et fatiguée de voir que ces requêtes restent sans réponse. Ses clients ne demandent qu’une chose : récupérer leur bien spolié. « A ce jour, rien n’a encore abouti. Aucune audience n’a été prévue, les dossiers bloquent toujours au niveau du procureur général et le ministre de la Justice ne répond pas à mes courriers, sans me donner de raisons valables », regrette-t-elle. De son côté, Yabiladi a contacté à plusieurs reprises ces derniers jours le ministère de la Justice pour savoir ce que comptait faire le ministre, Mustapha Ramid pour arrêter les membres de cette bande, mais sans résultat.

Les morts ressuscités comme par magie
Au-delà de la gravité des actes criminels commis par cette bande, on ne peut rester insensible ou s’empêcher d’esquisser un sourire sur le côté absurde de certaines de ces falsifications, comme si la bande criminelle prenait un malin plaisir à narguer les autorités marocaines ou à se moquer de leur manque de réaction. Par exemple, dans l’une des affaires que suit notre source, les falsificateurs ont crée la fausse identité d’une femme héritière qui deviendra l’unique héritière de 5 différentes familles spoliées ! Dans d’autres cas, des cartes d’identité nationale falsifiées ont un nom et un prénom différents mais le numéro de la CIN ainsi que l’adresse et la date de naissance sont similaires ! A cela il faut ajouter diverses fautes d’orthographe dans les prénoms des personnes fictives créées ou des incohérences dans la couleur de leurs yeux sur des passeports falsifiés.
Le meilleur reste certainement le pouvoir de cette mafia de faire ressusciter les morts comme par enchantement. Dans le compte-rendu de l’enquêteur de la police judiciaire de Casablanca, le policier raconte que le numéro deux de la bande fournit à la justice marocaine un faux contrat de vente d’une parcelle de terrain signé avec un Français en 2008-2009… alors que ce même Français est décédé en 2003 !

Ces spoliations atterrissent au Sénat français
Cependant, cela fait bien longtemps que l’avocate qui a accepté de nous parler ne rit plus. Elle a décidé de prendre le taureau par les cornes. Voyant que la justice marocaine ne réagissait pas à ses requêtes, elle a décidé d’écumer les recours judiciaires français et notamment de saisir le Sénat français. Elle a déjà rencontré un sénateur PS qui a été sensibilisé sur les dossiers des victimes qu’elle défend. Le sénateur a promis de mentionner ces affaires de spoliation en posant une question au gouvernement, à laquelle le ministre français des Affaires Etrangères ou de la Justice devra répondre. De son côté, notre source anonyme renchérit. Elle, promet d’envoyer ces dossiers de spoliations immobilières sur les bureaux des députés de la Commission Européenne pour mettre la pression sur le Maroc. Un joli caillou dans la godasse de la justice au Maroc, qu'il serait pourtant simple à enlever.

http://www.yabiladi.com/articles/details/12304/affaires-spoliation-immobiliere-casablanca-atterrissent.html
Les affaires douteuses se suivent et se ressemblent dans ce pays où le sport national consiste a faire plus grand, plus beau, plus riche et plus tape-à-l'oeil que le voisin. Et dans cette escalade de m'as-tu-vu, le corollaire est évidement la corruption, le vol, la rapine et l'escroquerie. Mais tout a une fin ! Patience, le temps que le peuple maintenu, jusque là dans l'ignorance de la sordide réalité de cette monarchie scélérate, se persuade définitivement, que le mauvais exemple vient d'en haut !



mercredi 18 juillet 2012

Affaire Alioua ou la paix séparée et le "Grisbi"

Salah Elayoubipar Salah Elayoubi, 18/7/2012

 Dans les couloirs de la Brigade de Police Judiciaire de Casablanca, menottes aux poignets, Khalid Alioua, n’en mène pas large. Cueilli dans son costume tabac, lors de son interpellation, il ne l’a plus quitté depuis. Délesté de sa cravate, de son ceinturon, de ses lacets de chaussures et encadré par deux policiers, il a la tête de l’emploi. Baissée. Point de péroraison pour l’ancien porte-parole du gouvernement. 

 Point de fioritures non plus. Il ressemble, à ses frères, les escrocs présumés, lorsque les rattrape la justice: très peu fier d’être « tombé », de s’être fait « alpaguer » et d’avoir à rendre des comptes au peuple marocain, même si l’on dit que la justice au Maroc se rend au nom du roi. Ce n’est pas un vague soupçon qui pèse sur « notre ami », ni l’ombre d’un doute. Ce n’est pas non plus, de la petite rapine ou une de ces occasions qui font le larron, dont il est question, mais plutôt de détournement de fonds, de prise illégale d’intérêts, de vol qualifié. Le parfait répertoire de l’escroc par métier, du criminel en col blanc avec comme circonstance aggravante, un maroquin à l’appui et la préméditation qui va avec. 

 Autant le dire, le chef d’accusation est long comme le bras. Tellement long, qu’on se dit que l’ex-ministre aura tant à raconter que démêler l’écheveau, pointer les responsabilités des uns, définir les complicités des autres et confectionner un dossier pour le tribunal, prendra un temps certain, avant que l'ancien ministre ne puisse s’asseoir enfin sur le banc d’infamie pour connaître sa peine. 

 Si les contours de cette affaire semblent se préciser, Khalid Alioua ne s’expliquera sans doute, jamais, sur la manière dont lui et ses complices se sont appropriés les millions de dirhams de frais de fonctionnement des départements dont il avait la charge et qui sont partis en fumée, en frais de bouche, factures de téléphone, achat de véhicules, bons d’essence, frais de déplacement, primes diverses et caisse noire. Une brigade entière de policiers n’y suffirait pas.

 A moins que, comme de coutume, dans ce merveilleux pays qui en a le secret, les choses ne finissent par s’arranger et notre homme et sa clique de finir blanchis, comme d’autres avant eux

D’ailleurs, ce dernier semble, à ce point, acquis à cette certitude, qu’il en est à tenir ce langage qui confirme la triste réalité de voyou qui est la sienne: il se lamente, pleurniche sur son sort et clame à qui veut l’entendre qu’il va faire « éclater la grenadine ». Une expression typiquement marocaine, lourde de sens qui équivaut à un aveu de culpabilité, utilisée en règle générale par les malfrats qui se tiennent les uns les autres par des secrets inavouables et qu'ils menacent de révéler si la solidarité venait à leur faire défaut. La confirmation qu'une véritable association de malfaiteurs se serait emparée des organes vitaux du pays, pour en piller les ressources. 

 On se doutait bien qu’il n’y avait rien de bon chez ces gauchistes qui avaient choisi de pactiser avec leur ancien pourfendeur et le bourreau du peuple marocain. Je me souviens avoir trouvé quelque chose d’indécent et de misérable, dans cette photographie officielle qui unissait, alors, le bourreau souriant d’avoir réussi son coup, à ses anciennes victimes. Elle semblait, à mes yeux, sceller un pacte avec le diable en personne et m’avait mis au désespoir. 

Tant d’années de luttes de nos aînés prenaient ainsi, lamentablement fin, par le truchement de cette paix séparée, aux allures de reddition sans condition et de trahison sans nom. Une spécialité désormais avérée et assumée, semble-t-il par nos élites. De le pure traîtrise, au moment même où le régime était isolé et agoni de toutes parts, par la communauté internationale qui avait, enfin réussi à démasquer le dictateur finissant. 

 Grâce au combat d’une poignée de justes, le monde avait soudain découvert que le jardin secret du roi retentissait des supplications du petit Abdelllatif Oufkir et des siens et que Hassan II était ce pervers narcissique qui avait enrichi son inclination pour la dictature, d’un florilège de raffinements dont le sadisme n’était pas le moindre et qui le faisait tuer ses semblables à petit feu, dans son arrière-cour. 

 Les révélations qui pleuvent comme vache qui pisse, nous ramènent à cette sordide réalité que ce que nos politiciens toutes tendances confondues, idolâtrent par-dessus tout, c’est l’oseille, l’avoine, le Grisbi dans ce qu'il a de plus glauque, de plus sombre et de plus sordide. 

 L’affaire Alioua, les échanges de bons procédés entre Salaheddine Mezzouar et Nourreddine Bensouda, l’enrichissement de Taoufik Hjira et de Yasmina Baddou sont autant d’aveux que quelque chose s’est définitivement grippé dans le système politique marocain et que la vénalité éloigne tout autant nos élites de leur véritable travail de politiciens, qu’elle les rapproche des desseins de vulgaires mafieux. 

 On ne regrettera qu’une chose dans cette affaire indigne, c’est que l’ex-ministre, ce présumé escroc et voleur à la petite semaine, soit désormais, logé à la même enseigne que Mouad Belghouat, Alias « Lhaqed » et Younes Belkhdim, Alias « Le poete du peuple », la prison de Oukacha. Une véritable insulte à ces deux héros du printemps marocain