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jeudi 8 août 2013

Tollé au Maroc après la grâce royale d’un pédophile espagnol




par
Rédacteur en chef adjoint, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®, 5/8/2013
Les enfants sont le dernier tabou. Y toucher, c’est toucher au cœur même d’une société, la traumatiser et compromettre son développement psychologique optimal futur. Et son développement tout court. La contraignant inutilement à investir un temps précieux dans sa reconstruction et sa reconnexion avec elle-même. C’est pourquoi tout dirigeant politique avisé a intérêt à ce que son nom soit dissocié d’une telle entreprise hautement dommageable.

Le Maroc était plongé dans la torpeur d’un Ramadan particulièrement chaud cette année. Les préparatifs des festivités organisés par l’État pour célébrer le quatorzième anniversaire de l’accès de Mohamed VI au Trône allaient bon train. Mais, voilà! Coup de tonnerre dans le ciel bleu de l’été marocain! Une nouvelle, révélée d’abord par un site électronique (andaluspress.com), reprise ensuite et documentée par deux sites indépendants marocains ("Lakome.com" et "Alif Post") et relayée par les médias sociaux et la presse internationale, a eu l’effet d’une bombe. Le black out des médias d’État et des radios marocaines dites privées n’a pas pu empêcher cette nouvelle de se répandre comme une traînée de poudre dans le cyberespace marocain.


Daniel Galván, un pédophile espagnol gracié par Mohamed VI
Daniel Galván Viña (1950-) est celui par qui le scandale est arrivé. Ce ressortissant espagnol s’est installé en 2004 à Kenitra, une ville située au nord de la capitale Rabat. Il était connu dans son voisinage comme ancien professeur universitaire à la retraite ("El Pais" n'a trouvé aucune trace de lui à l'université de Murcie, où il prétendait avoir été professeur). Quelques années plus tard, le pot aux roses est découvert. On a appris que le sympathique retraité ibérique était en fait un dangereux pédophile. Il avait non seulement violé onze enfants, un garçon (Omar, 14 ans) et dix filles, âgés au moment des faits entre deux (Nawal) et quinze ans (Fatéma), mais également filmé ses "exploits". Il agissait à ses heures perdues comme proxénète. Pour appâter ses jeunes proies, il leur offrait des bonbons et les invitait à son appartement ou dans sa ferme et s’y livrait à des agressions sexuelles.
Le 2 mai 2011, le tribunal de première instance de la ville de Kenitra l’a condamné à une réclusion criminelle ferme de 30 ans pour pornographie et abus sexuels sur ses victimes mineures et à leur verser 50 000 dirhams. Un jugement confirmé en appel le 9 septembre de la même année.
Jusque-là, les jeunes victimes et leurs familles traumatisées pouvaient avoir le sentiment que le prédateur sexuel n’a pas réussi à échapper à la justice marocaine. Une condition incontournable à la guérison de leur blessure narcissique. Mais, le 30 juillet 2013, les plaies d’une blessure non encore cicatrisée se sont rouvertes.
À l’occasion de son quatorzième anniversaire d’accession au Trône, Mohamed VI a ordonné la libération de 48 (sur un total de 163) prisonniers espagnols qui purgeaient leur peine dans différents centres de détention. Une réponse à la requête formulée auprès de lui par le roi Juan Carlos d’Espagne lors de sa récente visite au pays. Le hic? Le nom du fameux pédophile de Kenitra figure dans cette liste. Il a donc quitté la prison après y avoir passé dix-huit mois seulement! Le 1er août, il a logé une poursuite auprès de la justice marocaine contre les familles de ses victimes pour éviter de leur payer les 50 000 dirhams d’indemnités qui leur sont dues. Il a également récupéré auprès de la Cour d'appel de Kenitra un passeport qui avait expiré pendant sa détention et pu regagner le même jour l’Espagne.


Indignation au Maroc et sur la toile marocaine
La décision royale a suscité un tollé sur les réseaux sociaux. Plusieurs Marocains se sont indignés d’une grâce ressentie comme un second viol des victimes du pédophile espagnol. Des activistes du mouvement d’opposition du 20 Février ont lancé sur YouTube et Facebook un appel à tenir sit-in le vendredi 2 août devant le parlement à Rabat contre la grâce du pédophile espagnol. Un rendez-vous placé sous le thème: "le peuple demande l’indépendance de la justice". En quelques heures, la page a recueilli un franc succès auprès des Marocains, totalisant 24 742 participants sur plus de 146 000 invités. Les commentaires postés y sont dans l’ensemble hostiles à la libération du pédophile espagnol. (1).
D’autres pages l’ont rejoint dans la mobilisation populaire.
Parallèlement à la campagne sur les réseaux sociaux, une pétition sous le thème "Non à la grâce de violeurs d’enfants" est visible sur le site Avaaz.org. (2)
Dans différentes villes, d’autres manifestations sont prévues pour les jours à venir.
Devant la tournure inattendue qu’a prise cette affaire controversée, on était en droit de s’attendre rapidement de la part du Palais royal ou du gouvernement Benkirane à une campagne de communication publique pour tenter de contrôler les dommages faits à l’image de Mohamed VI et inverser la vapeur populaire. Silence radio! Même attitude chez les leaders des partis politiques. Chose surprenante, les opposants islamistes du mouvement Al-Adl Wal-ihssane sont étrangement demeurés silencieux. Même mutisme embarrassé du côté des médias d’État et des radios dites privées (vivant indirectement des subsides de l’État) et chez nombre d’intellectuels et d’artistes de renom. Il suffisait d’aller sur leurs pages Facebook pour le constater.
Ce silence a montré dans un premier temps la difficulté réelle éprouvée par le pouvoir à trouver la voie appropriée de communiquer sans commettre une nouvelle bourde. Mais d’un autre côté, il lui a fourni un moment de répit pour affûter ses arguments et lancer des ballons d’essai sur la Toile.
Alors que le Cabinet royal marocain se murait dans le silence, le Palais royal espagnol communiquait sur le rôle de Juan Carlos dans cette affaire de grâce. Son service de presse a confirmé par exemple au site d’informations marocain Alif Post (1er août) que le souverain ibérique avait sollicité de Mohamed VI sa grâce à un groupe de prisonniers espagnols, mais sans fixer la liste des bénéficiaires. Une tâche qui a incombé à l’ambassade espagnole à Rabat, toujours selon les communicants du palais ibérique. Cette représentation diplomatique a de son côté fait endosser cette responsabilité à son ministère de tutelle. Ce dernier a quant à lui pointé du doigt les autorités marocaines. Autrement dit: aucune des parties ibériques ne voulait être associée à la grâce controversée du pédophile toxique.
Côté marocain, pouvoir et médias d’État et radios dites privées se sont imposés un black out assourdissant sur toute cette affaire. Le temps également de préparer les éléments de langage. Pendant ce temps, le hiatus s’est élargi entre un pouvoir demeuré muet et une opinion publique qui voulait déjà connaître l’identité de la personne qui avait mis le nom du pédophile ibérique sur la fameuse liste.
Il a fallu donc attendre le 1er août pour qu’enfin on commence à apprendre un peu plus sur cette affaire. Au compte-gouttes! Le ministre islamiste de la Justice, Mustafa Ramid, a confirmé à l’AFP la grâce du pédophile et indiqué que désormais il sera interdit de territoire au Maroc. Mais ni lui ni son collègue de communication, Mustapha El Khalfi (PJD), n’ont voulu commenter la décision royale, faute d’être habilité à le faire, du propre dire de M. Ramid. Donc, le violeur d’enfants marocains a bénéficié d’une mesure de clémence royale. Mais, comment cela a-t-il pu arriver?
Lors de la même entrevue téléphonique à l’AFP, le ministre Ramid a ajouté, sur le mode sibyllin, que "l'administration a pour mission d'exécuter." Une affirmation qui pourrait être interprétée comme un aveu d’impuissance de son département face au Cabinet royal. D’ailleurs, le site "Lakome.com" a rapporté, le 1er et 3août, deux nouveaux éléments susceptibles d’éclairer d’un jour nouveau cette affaire. D’une part, une citation rapportée par l’agence espagnole "Europa Press" nous apprend que c’est à Rabat (et donc à aucune partie espagnole) qu’est revenu l’établissement de la liste des amnistiés espagnols. D’autre part, Ramid a dit à ''Akhbar Youm'' que son département a reçu du Cabinet royal la liste des Espagnols à gracier et son ministère s’est exécuté. Autrement dit, l’entourage royal voulait voir le pédophile ibérique libéré. Cet empressement répondait-il à un échange de bons services entre services secrets extérieurs marocains (DGED) et espagnols (CRI)? Est-ce à cela que faisait allusion M. Ramid quand il a dit que cette grâce répondait à des "raisons d’intérêt national"? La question se pose encore avec plus d’acuité puisque le dénommé Daniel Galvan pourrait être, selon "El Pais" et "Lakome.com", (3) un ancien officier de l’armée irakienne. Il aurait collaboré en Irak avec le CRI et d’autres services occidentaux de renseignement, avant d’être exfiltré d’abord en Espagne, où il a obtenu une nouvelle identité, ensuite au Maroc, lieu de son point de "chute".


 La grâce, une prérogative royale
Selon la Constitution octroyée en 2011, ''le Roi exerce le droit de grâce" (Article 58).
La grâce fait donc partie des prérogatives de Mohamed VI et personne n’a légalement le droit de la discuter. D’ailleurs, malgré le caractère hautement controversé de la grâce du pédophile espagnol, à l’exception de la chef du PSU, Nabila Mounib, aucun chef politique n’a émis le moindre commentaire là-dessus. Les salafistes et les islamistes de l’oppositionnelle Al-Adl Wal Ihssane et du gouvernemental PJD n’ en ont soufflé mot. Idem pour la quasi-totalité des figures publiques de l’art, de la culture, de l’académie, de l’associatif et des médias. On a même entendu, sur le réseau de télévision Al-Jazeera, Najat Anouar refuser catégoriquement de commenter cette grâce, elle qui, à titre de présidente de l’association "Touche pas à mon enfant", devait être la première concernée par la défense des droits des enfants victimes d’abus sexuels.

 
Répression brutale du sit-in devant le parlement
Plusieurs Marocains n’ont pas été convaincus par l’argument constitutionnel. Ils ont ressenti la grâce royale du pédophile espagnol comme un second viol des onze jeunes victimes et un appel d’air aux pédophiles du monde entier et y ont vu une mesure favorisant l’impunité et une menace pour l’intégrité physique et psychologique et pour la sécurité de leurs enfants. Ils se sont donné rendez-vous, le 2 août, devant le parlement et dans plusieurs villes pour exprimer leur colère et dénoncer la mesure royale.
S’il y avait à Rabat des militants de ce qui reste du mouvement du 20 Février et des membres de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH), la plupart des milliers de manifestants étaient de simples citoyens, sans allégeance politique.
Mais, au lieu de les laisser se rassembler devant le parlement, les forces de l’ordre sont intervenues de manière violente. Faisant plusieurs blessés.
La sociologue marocaine Aïcha Taj a expliqué à Tolerance.ca que ''la police était en nombre. Elle avait mis des barrages pour bloquer certaines issues menant au boulevard Mohamed V et contrôler le mouvement de foule et l’accès au site. Même des jeunes attablés à un café à proximité, en attendant l’heure du sit-in, n’avaient pas échappé à ses gourdins. Des dirigeants de l’AMDH, dont Abdelhamid Amine, des journalistes, des photographes, des professeurs universitaires, des artistes, des étudiants ont eu leur part des coups de la police". Le témoignage d’une autre femme, appelons-la Hasna, corrobore la version des faits de la sociologue. Cette mère de famille de classe moyenne a raconté à Tolerance.ca que: ''il y avait plusieurs groupes de manifestants. À chaque fois qu’on revenait sur les lieux, on se faisait "virer". A côté de Balima, sur une terrasse, un type gisait au sol. Il s'est fait massacrer devant nous, la tête dans une flaque de sang. Je ne sais pas qui il était! En avançant un peu, de nouveau, on est tombé sur des flics qui tapaient sur deux jeunes". L’écrivaine Mouna Hachim a fait le même constat: "J'ai vu la brutalité des forces de l'ordre. J'ai vu des citoyens de tous bords, des slogans pacifiques, mais fermes. Des petits groupes à chaque fois dispersés. Des matraques qui pleuvent. Des personnes à terre, certaines embarquées en estafette" (extraits de son post "Candide n’a pas raison'' sur Facebook). D’autres villes ont assisté à un scénario similaire. Décuplant la colère des manifestants et leur sentiment de frustration.


Opération de "damage control"
Pris au dépourvu, le Cabinet royal devait réagir vite pour préserver l’image de Mohamed VI de souffrir de cette situation. Selon un premier communiqué, diffusé vendredi soir, le roi "n'a jamais été informé, de quelque manière que ce soit et à aucun moment, de la gravité des crimes abjects pour lesquels l'intéressé a été condamné". Le communiqué poursuit: "Il est évident que jamais le Souverain n'aurait consenti à ce que Daniel Galvan Fina puisse arrêter de purger sa peine, au regard de l'atrocité des crimes monstrueux dont il a été reconnu coupable". Il n’est donc pas responsable de la grâce qu’il avait pourtant ordonnée, d’où le lancement d’une enquête en vue de "déterminer les responsabilités et les points de défaillance qui ont pu mener à cette regrettable libération et d'identifier le ou les responsables de cette négligence afin de prendre les sanctions nécessaires". Comme ce communiqué n’avait pas suffi à calmer une grogne qui promettait de prendre de l’ampleur, un second communiqué, tombé ce dimanche 4 août, a annoncé l’annulation de la grâce royale du pédophile espagnol.
Ces communiqués dédouanent donc Mohamed VI de toute responsabilité de la décision qu’il avait pourtant ordonné.
***
Une brèche s'est ouverte au Maroc. Le roi a cédé devant la pression populaire. Désormais, il devra composer avec une opinion publique qui a profondément changé sous l’impact, entre autres, du Printemps arabe et des médias sociaux. Il devra à l’avenir prendre en compte les nouvelles contraintes de son action. D’un autre côté, cette affaire controversée de la grâce royale devrait être saisie comme une occasion pour réformer en profondeur le système de grâce et doter le pays d’un pouvoir judiciaire autonome par rapport au pouvoir exécutif.


1) https://www.facebook.com/events/312545095558719/?notif_t=plan_user_invited
2) http://www.avaaz.org/ar/petition/dn_lfw_lmlky_n_mGtSb_Tfl_lmGrb/?copy
3) Le Monde, 3 août 2013

 


































© Droits réservés.

samedi 1 juin 2013

Dimanche 26 mai - Mouvement 20 février : manifestation avortée, violente répression des participants. Communiqué AMDH

Par Souad G Attac-Maroc, 26/5/2013
 Le Mouvement du 20 Février a appelé à manifester dans toutes les villes pour la libération de tous les détenus politiques dans les prisons au Maroc.
A Rabat et Casablanca, la répression a été forte, les militants ont été violemment dispersés puis pourchassés. Une présence importante des forces de répression et de policiers en civil.
A Imzouren, les militants ont été dispersés dès leur arrivée sur le lieu de la manifestation.
L'appel a été soutenu par l'AMDH et les partis de gauche .
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Par Abdel El Haji fb
  Répression sans précédent des forces de répression au Maroc contre les manifestants pacifistes en sit-in pour la libération des prisonniers politiques des geôles du régime marocain. 
Notre camarade Abdelhamid Amine, ancien vice-président de l'AMDH n'a pas échappé à cette vague de répression. Il a été trainé par les policiers sur plus de 100 m et présente quelques lésions. De même qu’un représentant du syndicat de l’UMT, des responsables de l’AMDH ainsi que de nombreux militants ont été tabassés par les policiers. Plusieurs militants ont été hospitalisés.



m.lakome.com

‏لكم. كوم – أخذ النقاش السياسي في المغرب، خاصة من طرف قيادات الأحزاب السياسية يمتح قاموسه من لغة شعبوية تفرغه من كل مضمون. بدأ انحطاط قاموس هذا الخطاب بـ"خرجات" حميد شباط و "قفشات" عبد الإله بنكيران، واليوم انضاف إلى هذا الثنائي مصطفى الباكوري، التكنقراطي، خريج المدارس العليا في باريس، 
ليغرف هو نفسه...‏
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Mouvement 20 février : manifestation avortée, répression des participants




Manifestation réprimée à Rabat - Dimanche 26 mai 2013


Le mouvement du 20 février n'a pas pu manifester hier à Rabat pour la libération des détenus politiques : les participants ont été violemment dispersés par les forces de l'ordre dès leur arrivée au point de rendez-vous.
La manifestation organisée hier dimanche à Rabat par le mouvement du 20 février n'a pas pu avoir lieu : les participants ont été violemment dispersés par les forces de l'ordre selon les témoignages recueillis. Parmi les blessés, plusieurs militants de l'AMDH – dont Abdelhamid Amine et Samira Kinani. Des témoins rapportent que des courses-poursuite ont eu lieu autour de Bab El Had, point de rendez-vous de la manifestation. Le mot d'ordre de ce rassemblement était la libération des détenus politiques au Maroc.

Conférence de presse à l'AMDH
Après la diffusion d'un communiqué, l'AMDH a accueilli ce lundi matin à Rabat une conférence de presse du mouvement du 20 février pour revenir sur les événements de dimanche et dénoncer l'atteinte à la liberté de manifester et à l'intégrité physique des participants. L'occasion aussi pour l'association de présenter un rapport sur les détenus politiques au Maroc. Il y a trois semaines, l'AMDH et Mamfakinch avaient lancé le site "freekoulchi.org" dont l'objectif est de recenser l'ensemble de ces détenus.

 http://fr.lakome.com/index.php/politique/845-mouvement-20-fevrier-manifestation-avortee-repression-des-participants?fb_action_ids=536944366353907%2C536944026353941&fb_action_types=og.likes&fb_source=other_multiline&action_object_map={%22536944366353907%22%3A654642334553193%2C%22536944026353941%22%3A162918617214898}&action_type_map={%22536944366353907%22%3A%22og.likes%22%2C%22536944026353941%22%3A%22og.likes%22}&action_ref_map=[]
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Zohra Essa a partagé une photo de Najib Chaouki.
Rabat, hier, manif du M20, le géant Ablehamid Amine, l'ex-Président de l'AMDH, à terre, scandant "DIGNITÉ, DIGNITÉ, DIGNITÉ ...", un grand bravo cher monsieur, une tonne d'admiration à ce citoyen DIGNE et FIER, merci pour ton courage, merci pour ton sacrifice, merci ...
Younes
سحل الرئيس السابق للجمعية المغربية لحقوق الانسان عبد الحميد أمين بباب الأحد بالرباط
Abdelhamid Amine trainé par les policiers


L'ASDHOM condamne la répression qui s'est abattue sur les militant-e-s du M20F et de l'UMT, le dimanche 26 mai à Rabat







Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc
ASDHOM 79, rue des Suisses  92000 Nanterre



Par le Bureau exécutif de l’ASDHOM,Paris, le 30 mai 2013 

Dimanche noir pour la liberté de manifester au Maroc



Le mouvement 20-Février et ses soutiens avaient appelé à des rassemblements pacifiques le dimanche 26 mai 2013.

Si les rassemblements d’Imzouren et de Tanger dans le Nord du Maroc ont été purement et simplement interdits et se sont dispersés sans heurts, ceux de Casablanca et de Rabat ont été violemment dispersés.

Le rassemblement de Rabat a, lui, été prévu à la place Bab El-Had. Lorsque les manifestant-e-s ont commencé à affluer vers 18h, la place était déjà cernée par des cordons des forces de l’ordre. Alors qu’aucune interdiction du rassemblement n’a été notifiée, ces derniers ont chargé sans sommation les militant-e-s en usant de toutes formes de violence : Tabassage, humiliation, menaces, insultes, etc.

Plusieurs militant-e-s du mouvement 20-Février ainsi que des syndicalistes et des défenseurs des droits humains, venus les soutenir, ont été malmenés et blessés, piétinant ainsi la Convention internationale pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme que l’ONU a adoptée le 9 décembre 1998.

Leur seul tort : manifester pacifiquement pour demander la libération des prisonniers politiques qui croupissent dans les geôles marocaines.



Les images qui nous sont parvenues montrent la violence inouïe et disproportionnée de l’intervention des forces de l’ordre.

Ceci confirme, si besoin est, la tendance au Maroc ces derniers mois vers :

-   Un durcissement de la répression

-   Une recrudescence des arrestations

- Des procès en cascades et des peines d’emprisonnement à l’encontre de manifestants, de syndicalistes et de défenseurs des droits humains pour « rassemblement non autorisé ou armé, destruction de biens publics, insultes et outrage à fonctionnaire d’Etat dans l’exercice de ses fonction, etc. »



Cette situation ne peut par conséquent qu’augmenter le nombre de prisonniers politiques, syndicaux et d’opinion au Maroc.

Tout en soutenant les manifestant-e-s, victimes des interventions violentes des forces de l’ordre marocaines, l'ASDHOM alerte l'opinion publique internationale sur l’escalade répressive des autorités marocaines et dénonce les graves violations des droits humains constatées dernièrement.



L’ASDHOM interpelle les responsables marocains sur leur devoir de se conformer à leurs engagements internationaux et au texte même de la Constitution marocaine en termes de respect des droits de l’Homme. Les pratiques des forces de l’ordre marocaines sont à l’opposé des libertés fondamentales dont la liberté de manifester, la liberté d’expression et d’opinion, qui sont censées être garanties. Elle réclame une enquête impartiale sur les violences policières du dimanche 26 mai pour que les responsables de cette répression répondent de leurs actes devant la justice et pour que cesse l’impunité.



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Abdelhamid Amine : «La vie sans dignité, c’est une vie d’animal»


    Le militant des droits humains Abdelhamid Amine (69 ans), revient sur la violence et l'humiliation que lui ont fait subir les forces de l'ordre dimanche 26 mai 2013 à Rabat, à l'occasion de la 27ème journée nationale d'action du Mouvement du 20 Février. Amine décrit sa souffrance physique et morale alors qu'il a été trainé sur la chaussée par ceux qui voulaient l'empêcher de manifester. Témoignage.
    Tout d'abord,  une manifestation pacifique a été organisée par les syndicalistes de l'Union Marocaine du Travail et leurs sympathisants, devant le siège  régional de l'UMT à Rabat. L'objectif de cette manifestation était de protester contre la décision d’interdire l’accès au siège de l'UMT certains militantes et militants qui s’opposent à la bureaucratie corrompue. Depuis cette interdiction, plus d’une vingtaine de manifestations pacifiques similaires ont été organisées. Certaines coïncidaient avec des manifestations du Mouvement du 20 Février, sans que les forces de sécurité n’interviennent. Ainsi, quand la manifestation a démarré à l’heure prévue, les manifestants ont commencé à scander des slogans tels que «syndicaliste et fier de l’être, mais je  ne suis ni vendu ni acheté», ou «l’Union est un bastion libre, et que la corruption dégage», ou «nous sommes venus  protester car ils nous ont interdit l’accès au  siège» et enfin «par l'unité et la solidarité, nous atteindrons nos objectifs». Dix minutes après,  les forces de sécurité sont intervenues, d’une façon "soft" au début, puis, avec violence pour disperser la manifestation pacifique. Ils ont employé gourdins, coups de pied et insultes. Certains militants ont été blessés. Moi, j’ai été bousculé assez violemment. Ainsi, la manifestation a été vite dispersée…
    Vers 18h, heure prévue pour le début de la manifestation du Mouvement du 20 Février à Rabat, les militants de ce mouvement, dont moi-même, ont commencé à affluer vers la place Bab El Had, point de rencontre habituel. J’ai remarqué que les forces de sécurité encerclaient la place qui est restée déserte. Pour autant que je sache, les organisateurs n’ont reçu aucune décision d'interdiction, comme le wali de Rabat avait l’habitude de le faire en pareilles circonstances.
    Soudain, et sans passer par les sommations légales classiques (annonce par mégaphone que la manifestation est interdite), les agents de sécurité ont commencé à violenter les militants et les citoyens en usant de gourdins, de coups de poings, de coups de pied, d’insultes vulgaires, et en traînant certains à même le sol, comme on peut le voir sur les bandes vidéos et les photos publiées par les journalistes sur Internet. 
    « J’ai été traité comme les moutons de l’Aïd »
    A 18 heures, je me tenais debout avec quelques camarades à la place Bab El Had dans l’attente du début de la manifestation. J’ai donc assisté, sans bouger de là où j’étais, au début des violences policières. La police m’a demandé de quitter l’endroit mais j’ai refusé, en absence d’un prétexte raisonnable. Ils ont pu disperser des manifestants, qui se sont rassemblés à cinquante ou cent mètres de la place Bab El Had, scandant des slogans de protestation contre la répression et revendiquant la libération des détenus  politiques (qui était le thème central de la 27ème journée nationale d’action).
    Quand la police s’en est prise à moi, j’ai été poussé et j’ai reçu des coups de pied. J’ai trouvé qu’un seul moyen d'auto-défense: m’asseoir par terre. A partir de là, j’ai été tiré et traîné sur le sol sur plusieurs dizaines de mètres. Ce procédé est une double torture: d'abord, c’est le moins grave, est d’ordre physique en raison des douleurs aux épaules, au dos, aux articulations, surtout si vous souffrez de rhumatisme.
    -Deux, c’est la torture morale et psychique: quand je suis trainé par terre, je pense au mouton de la fête religieuse du sacrifice Aïd El Adha, qui, une fois égorgé, est trainé de la même façon pour éviter que la laine de sa peau ne soit tachée de sang. Je vous laisse imaginer le traumatisme causé à un patriote qui milite depuis l’âge de 9 ans, qui a connu toutes sortes de répressions, et qui se retrouve à 69 ans en train d’être traité par le makhzen exactement comme on traite un mouton qu’on vient d’abattre. C’est le sommet de l'humiliation et du mépris de la dignité humaine. C'est pourquoi après m’être retrouvé jeté de l’autre coté, je me suis mis debout pour crier encore et encore : « Dignité, liberté, justice sociale ». Je suis donc retourné à mon endroit initial, sans me soucier des conséquences.  Car la dignité est pour moi plus importante que toute autre chose, et plus importante que la vie elle-même, parce que la vie sans dignité, c'est la mort de l'Homme, c’est une vie d’animal.
    La même scène s’est répétée à quatre ou cinq reprises : à chaque fois j’ai été trainé par terre et tenu à l’écart, par la force, de Bab El Had. J’y suis retourné à chaque fois. J’ai reçu des coups de pieds de la part de certains policiers sadiques, ainsi que des coups de talkie-walkie sur la tête de la part d’un responsable sécuritaire  qui a disparu peu de temps après que j’aie dénoncé publiquement son comportement fasciste. J’ai reçu un autre coup sur la tête sans en connaître la source.
    À un certain moment, lorsque la police s’est aperçue que leurs méthodes peu élégantes n’étaient pas efficaces, elle a décidé d’accéder à la place Bab El Had en dressant un cordon composé de dizaines de policiers et d’agents des Forces auxiliaires.

    Abdelhamid Amine aux prises avec les forces de police
    En même temps, j’observais que la place Bab El Had était redevenue accessible pour tous les autres manifestants. Ceci confirmait le caractère arbitraire et stupide de cette décision. Ceci a eu pour effet de renforcer ma détermination à défendre ma dignité quel qu’en fût le prix. La dignité, à cet instant, est devenue synonyme de mon retour  sans condition à mon endroit initial  afin que chacun assume sa responsabilité. Comme je ne disposais pas du numéro de téléphone du Wali de la région, j’ai téléphoné à Mr Rochdi, directeur des affaires générales à la wilaya pour lui dire ce qui se passait, l’informer de la décision prise par les forces de sécurité et lui faire part de ma forte détermination à revenir à Bab El Had. En même temps, en raison de mon état de santé devenu préoccupant, certains de mes amis autorisés à rester à mes côtés se sont inquiétés des effets des coups que j’avais reçus sur la tête. Ils ont insisté pour que je sois transféré aux urgences médicales dans l’ambulance qui était stationnée sur place. J'ai refusé. J’ai refusé d’accepter la décision qui limitait arbitrairement ma liberté de mouvement dans un lieu public.
    Séquestré dans un coin de rue
    À cet instant, ma femme m'a rejoint et m’a soutenu. J’ai alors décidé d'écrire sur une  bannière en papier: «Abdelhamid Amine, militant du Mouvement du 20 Février, assiégé par la police».  Une fois que j'ai fini d'écrire, l’a police me l’a arrachée brutalement et l'a déchirée. Ensuite, ils se sont jetés sur moi et m’ont attrapé à quatre, chacun tenant un de mes membres, pendant que  ma femme criait devant cette scène horrible. J’ai été transporté dans cette posture, sur une centaine de mètres, vers une petite ruelle sans issue. Une fois de plus, je me suis trouvé devant une décision étrange : interdit par la police de quitter la ruelle dans laquelle je me suis trouvé en compagnie de ma femme, complètement  effondrée. 
    J’ai donc protesté encore contre cette détention dans une ruelle sans issue. Il s'agissait de la deuxième décision étrange contre ma liberté de mouvement. J’ai crié: « Pourquoi vous violez la loi de cette façon brutale ? Si j’ai commis un crime, vous devez m’arrêter tout simplement au lieu de m’empêcher  d’aller à Bab El Had ou de me bloquer dans une ruelle sans issue ».
    C’est alors que le responsable des opérations de sécurité (qui m'avait déjà informé de mon interdiction d’accéder à la place Bab El Had) est venu me voir et m'a dit à voix haute :
    -         Non, non, vous n'êtes pas en détention, vous êtes libre, je vous en prie, sortez, vous êtes libre. En fait, que voulez-vous Mr Amine? Que revendiquez-vous ?
    -         Vous connaissez bien ma revendication.
    -         Que voulez-vous donc ?
    -         Vous m’avez humilié et insulté ma dignité. Je veux une réparation au moins partielle de ce préjudice, je veux donc revenir à Bab El Had.
    Il a accepté. C'est ainsi que j'ai pu y retourner avec ma femme. En arrivant, j’ai embrassé le sol deux fois, puis j’ai encore crié avec mon épouse et d'autres militants : «  Liberté, dignité, justice sociale ». Il était environ 21 heures.
    Après cela, nous sommes allés aux urgences de  l'hôpital Avicenne. La vie continue, la lutte aussi.
    Il ne faut pas que ce qui s’est passé ce 26 mai à Rabat aille aux oubliettes, car il montre que rien n’a vraiment changé au Maroc. Le Makhzen peut toujours changer son discours, il peut modifier la constitution et il peut changer son gouvernement, mais il est incapable de changer sa nature anti-démocratique et anti-droits de l’Homme.
    Un certain nombre de militantes et militants envisagent de poursuivre en justice les responsables de violations graves du 26 mai. Quelle est l’utilité de cette démarche tant que la justice n’est pas indépendante ?
    Je pense personnellement que la réaction utile est de renforcer les forces démocratiques anti-makhzen et les unir dans le cadre du Mouvement du 20 Février, sur la base des revendications faites contre la tyrannie, l'oppression, l'injustice, la corruption, et la lutte pour un Maroc de la dignité, de la liberté, de l'égalité, de la justice sociale, de la démocratie et des droits humains pour tous.
    Je remercie toutes les personnes, tous les organes et aussi tous les médias qui ont exprimé leur solidarité avec moi et avec les autres victimes de la répression de la manifestation du 26 mai à Rabat.
    Liberté immédiate pour les prisonniers du Mouvement du 20 Février et tous les prisonniers politiques.
    Vive le Mouvement du 20 Février. Vive le peuple.

     http://fr.lakome.com/index.php/chroniques/864-abdelhamid-amine-la-vie-sans-dignite-c-est-une-vie-d-animalhttp://fr.lakome.com/index.php/chroniques/864-abdelhamid-amine-la-vie-sans-dignite-c-est-une-vie-d-animal

    mercredi 1 mai 2013

    1er mai 2013: grand succès du défilé du courant démocratique

    Par Ali Fkir, 1er mai 2013:  grand succès du défilé du courant démocratique (UMT)

    Malgré la répression, les intimidations, l'empêchement des travailleurs et autres citoyens de se joindre au défilé des syndicalistes libres et progressistes (le courant démocratique/UMT), le défilé a eu lieu avec grand succès. Les travailleurs (à leur tête les ouvriers agricoles), les jeunes du MVT20FEVRIER les militantEs marxistes, toutes tendances confondues étaient là, les prisonniers politiques, les grévistes de la faim étaient dans les pancartes, dans les slogans, dans les coeurs les victimes du système makhzenien étaient là.... BRAVO! BRAVO! BRAVO! à Rabat
    REPRESSION :
    Une armada de forces de répression a agressé vers 9 h du matin (1er mai 2013) les syndicalistes (courant démocratique de l'UMT). La militante Khadija Ghamiri, la parlementaire et secrétaire régionale de Rabat a été tabassée, jetée à terre et a reçu des coups sur sa poitrine et autres parties sensibles de corps, de même que la militante Naïma Naym, syndicaliste et membre du secrétariat national d'ANNAHJ ADDIMOCRATII (la VOIE DÉMOCRATIQUE). Des cordons répressifs ont été formés pour faire peur aux militants et surtout pour empêcher les travailleurs et autres citoyens de se joindre au défilé organisé par le mouvement syndical démocratique et progressiste. Malgré la répression, les intimidations...les syndicalistes libres ont réussi leur pari. Le défilé a connu un grand succès. Les ouvriers ( à leur tête les ouvriers agricoles) ont représenté plus de 90% du cortège. Les sensibilités marxistes étaient là. Aucune fausse note. 
    Les prisonniers politiques , les grévistes de la faim étaient présents dans les slogans, dans les pancartes et surtout dans l'allocution de Khadija Ghamiri. 
    Félicitations syndicalistes libres! Félicitation marxistes !
     GLOIRE A LA CLASSE OUVRIÈRE!
     



















































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    1er Mai 2013 FDT-Oujda — ‎فاتح ماي الفيدرالي بمدينة وجدة 2013‎ (24 photos)