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lundi 11 mai 2015

Maroc : l’exclusion sociale peut être génératrice de troubles sociaux


Un indice de développement social en test au Maroc

Les pays africains sont appelés à réorienter leurs programmes de développement afin de s’atteler efficacement à résoudre les questions d’exclusion humaine.
C’est l’une des conclusions majeures du dernier rapport de la commission économique des Nations Unies pour l’Afrique sur le développement social en Afrique. Le document insiste en effet sur le fait que cette réorientation des programmes doit se faire de manière à viser les causes structurelles et les mécanismes sous-jacents. «L’exclusion étant un phénomène multidimensionnel, la meilleure façon d’en comprendre l’étendue, la nature et les causes est d’examiner la vaste gamme de ses aspects et de ses effets tels qu’ils se manifestent dans le cycle de vie», expliquent les économistes de la commission économique. Faute d’une approche plus inclusive du développement et de la croissance, les conditions de vie des populations ne connaîtront en effet qu’une faible amélioration. Ceci serait d’autant plus problématique qu’il est communément admis que l’exclusion sociale qui peut en découler peut être génératrice de troubles sociaux et peut gravement compromettre la paix et la stabilité de la région. C’est dans ce contexte que les équipes de la commission planchent actuellement sur la conception d’un indice africain de développement social afin d’en faire un outil d’accompagnement des pays africains appelés à relever les défis de l’inclusion sociale. Actuellement, le projet est en cours dans cinq pays parmi lesquels le Maroc.
www.lavieeco.com
2015-05-09

dimanche 8 mars 2015

Artwatch Africa : appel à candidatures pour une formation au Maroc en droits culturels, droits artistiques et droits de l’Homme


Artwatch Africa, programme d’Arterial Network, en collaboration avec l’association Racines pour la culture et le développement au Maroc et en Afrique, organisent à Casablanca (Maroc), du 6 au 8 avril 2015 une formation sur :
- Les droits culturels, les droits artistiques et les droits de l’Homme
- L’expression artistique et culturelle comme plaidoyer des droits de l’Homme
Cette formation sera suivie les 9 et 10 avril, d'un séminaire régional (Afrique du Nord) consacré à la liberté d'expression créative et dont l'objectif est de définir, avec les participants à la formation et d'autres acteurs régionaux, un plan d'action pour la promotion, la sensibilisation et le plaidoyer pour la liberté d'expression artistique comme droit humain fondamental et universel.
 
Objectifs de la formation :
Assurée par une experte en droits de l’Homme, cette formation vise à renforcer les capacités des acteurs clés à:
- Promouvoir de façon pro-active et défendre les droits à la liberté d’expression créative.
- Surveiller les atteintes à cette liberté sur le continent et à mobiliser les institutions de soutien pour les artistes soumis aux contraintes et aux menaces.
- Offrir des outils de plaidoyer pour défendre les droits des artistes.
- Construire une coopération entre le secteur culturel et les droits de l’Homme en Afrique. 

A l'issue de la formation et du séminaire, les participants seront en mesure de :
- Faire du lobbying et développer un plaidoyer pour la liberté d’expression créative.
- Sensibiliser les médias et la société civile de chaque région sur le projet Artwatch Africa et sur les enjeux de la liberté d’expression créative dans la société.
- Informer et mettre à jour (articles, blogs, réseaux sociaux) les données sur la liberté d’expression créative et les cas d’infraction.
- Identifier et mobiliser les partenaires.
- Surveiller et rédiger un rapport sur les différents cas d’atteintes à la liberté d’expression créatives (loi, infraction, censure, etc) 

A qui s'adresse cette formation ?
- Aux membres des organisations culturelles et artistiques de la société civile.
- Aux membres des organisations de défense des droits de l’Homme.
- Aux acteurs artistiques et culturels engagés.
- Aux journalistes, bloggeurs et podcasteurs. 

Critères d'éligibilité:
- Etre francophone.
- Etre ressortissant d'un des pays suivants : MAROC, MAURITANIE, TUNISIE, EGYPTE.
- Garantir sa disponibilité à voyager du dimanche 05 au samedi 11 avril 2015 à Casablanca, Maroc (pour les candidats internationaux ou habitant en dehors de Casablanca).
- Garantir sa disponibilité et son engagement à participer à l'atelier de formation et au séminaire régional, prévus pour la période du 06 au 10 avril 2015.
- Etre en possession d’un passeport valide pour des fins de voyage lors de la période sus-citée (pour les candidats internationaux).
- Veiller à l’obtention du visa d'entrée sur le territoire marocain pour les participants égyptiens et mauritaniens.
A noter :
- Il n’y a aucune restriction d’âge.
- Les frais de déplacement et d’hébergement sont couverts par les organisateurs.
- Plusieurs personnes travaillant dans la même structure peuvent présenter leur candidature.

Documents à fournir :
- Un curriculum vitae
- Une lettre de motivation non manuscrite, mettant en évidence :
• l’expérience précédente en tant qu’activiste culturel ou pour les droits de l’Homme et la liberté d’expression et de création.
• les informations relatives à l’expérience pratique dans au moins un des domaines cités ci-dessus.
Veuillez envoyer votre CV et votre lettre de motivation au plus tard le vendredi 13 mars 2015 à midi GMT à :
Thierry Fanilo Randriamanampy
Email: beffanilo@gmail.com
 
Les candidats sélectionnés seront contactés à partir du lundi 16 mars 2015.

Liens utiles :
Associations Racines : www.racines.ma
Arterial Network : www.arterialnetwork.org
Artwatch Africa : www.arterialnetwork.org/artwatch
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info@racines.ma

vendredi 4 avril 2014

Le grand écart statistique du Maroc : des bulles de surdéveloppement au milieu d’un océan de pauvreté traditionnelle

Par Omar Saghi, TelQuel,  2 avril 2014 
Une récente publication internationale révèle que le Maroc se situe en queue de peloton mondial pour l’éducation. Récriminations, regrets marocains. D’autres études pointent le mauvais élève de la santé publique. De la mortalité des femmes en couche. Des maladies infantiles. De la pauvreté rurale. Du retard des infrastructures. Emois, introspection, soucis à Rabat. Mauvais élève arabe, le Maroc ne fait pas mieux que la Mauritanie, que le Yémen, que le Soudan. Certaines régions (le Tafilalet, le Rif, le Haut-Atlas…) se bousculent du côté des pays les moins avancés (PMA) dans les colonnes statistiques mondiales aux côtés du Mali ou de la Bolivie. 
Bref, le Maroc est sous-développé.

D’autres chiffres défilent. Les meilleures écoles supérieures du Sud ? Parmi elles figurent des fleurons de l’Education nationale, publique ou privée. Les plus grandes places boursières africaines ? Casablanca caracole en tête. Les étudiants étrangers dans les grandes écoles parisiennes ? Marocains principalement, avec les Chinois et les Allemands. Les grandes entreprises maghrébines ? Les grands ports ? Les success stories médiatiques, artistiques, architecturales dans le monde arabe ? Marocains souvent. Bref, le Maroc est un pays émergent.

Mais la cohérence y passe. Et ceux qui se penchent sur le sort de ce pays jouent à compartimenter leurs analyses. D’où la dichotomie sauvage des avis sur le Maroc. Pays à la traîne. Pays pionnier. Délabré. Emergent. Médiéval. Innovant… Il ne s’agit pas de l’habituel jugement binoculaire, du verre à moitié vide ou à moitié plein. En réalité le verre marocain est plein, et vide également. Les deux avis se défendent, arguments chiffrés à l’appui. Ce n’est pas une bizarrerie quantique, mais le témoignage emblématique du dualisme marocain.
Le pays en effet, depuis l’indépendance, a fait le pari d’une modernisation qui préserve les structures politiques traditionnelles. Il lui fallait des caïds et des polytechniciens, des ouléma et des médecins, une bourgeoisie forte et entreprenante et une paysannerie nombreuse et arriérée. Il a donc, via ses programmes politiques, l’affectation de ses ressources, ses choix idéologiques et ses alliances, créé des bulles de surdéveloppement au milieu d’un océan de pauvreté traditionnelle : peu d’écoles publiques, des instituteurs sous-payés, des programmes poussiéreux d’une part, et de l’autre quelques écoles supérieures brillantes, des bourses rares et bien ciblées, des accords de coopération élitistes ; un investissement public maigre, des infrastructures squelettiques, pas de classes moyennes, mais d’importantes facilités fiscales à quelques secteurs ciblés, des flux financiers abondants et concentrés, une façade atlantique suréquipée…
Si le Maroc pointe aujourd’hui parmi les meilleurs et les pires, auprès des pays du Golfe et du Liban, et aussi du Yémen et de la Mauritanie, si nous perturbons les boussoles des instances de comptabilité internationales et les nôtres, il ne s’agit ni de schizophrénie ni de manque de données, mais du fruit d’une politique vieille d’un demi-siècle : maintenir un ancien régime en le dotant de produits high-tech. Le dualisme marocain n’est pas involontaire, ce n’est pas le résultat malheureux de négligences, mais l’effet pensé d’une politique cohérente. Les efforts contraires, entamés depuis deux décennies, pour combler le fossé entre les deux Maroc, doivent se situer par rapport à cette histoire.
Omar Saghi, paru dans Telquel