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samedi 25 mai 2013

Histoire : Sahara occidental: la nation saharaouie de sa naissance à sa consolidation.


MediaLe conflit du Sahara occidental est un cas classique de colonisation. Une armée d'occupation jugulant et opprimant un peuple. Celui-ci est nié dans son histoire et dans sa culture. Le territoire de ce peuple a été occupé militairement et cette occupation s'exerce par la force des armes.
Le royaume du Maroc a soutenu et soutient toujours que ce conflit a été crée par l’Algérie. Pour rappel il faut se rappeler que l'Algérie n'a aucune revendication sur le territoire. Le front POLISARIO a été crée par d'authentiques Sahraouis ayant fait leur études à RABAT pour une partie d'entre-eux et n'ayant aucune attache avec l'Algérie. Elle a soutenu bien après un mouvement de libération nationale conformément à sa politique de l'époque.
En réalité le peuple sahraoui, formé de tribus (Réguibat, Larouissiyen, Oueled dilem, Les Tekna,..) n'en constitue pas moins un ensemble cohérent sociologiquement et culturellement. Ces tribus parlent la même langue (la HASSANIYA), ont les mêmes coutumes et le même mode de vie. Ce peuple n'est ni  Marocain, ni  Mauritanien.

La naissance de la nation sahraouie est-elle antérieure à l'invasion du territoire par le Maroc en 1975 ou est-elle postérieure à cet événement ?
 La nation dit-on est un ensemble d'individus ayant conscience d’appartenir à un même ensemble et dont la destinée est commune.
Si on prend en considération cette définition, on peut observer que les prémices de la nation sahraouie sont apparues lors de la manifestation de ZEMLA le 17 juin 1970. En effet ce jour là les tribus sahraouies se sont réunies et ont présenté un mémorandum commun porté par Mohamed BASSIRI.
Sur la naissance de la nation sahraouie, le professeur Maurice BARBIER publie un article sous le titre "La naissance de la nation sahraouie" dans la revue sahara-info N°60 du mois de mars 1982 (revue sahara-info N°60). Les numéros de cette revue sont téléchargeables gratuitement depuis le site sahara-info.org.
Media
Le même auteur publiera quelque mois plus tard un livre "Le conflit du sahara occidental" chez l'HARMATTAN qui est la référence sur ce conflit. Il est réédité plusieurs fois depuis.
Au jour d'aujourd'hui cette nation saharouie s'est raffermie preuve en est les manifestations d'EL AYOUNE et SMARA du 04 mai 2013.
Les autorités marocaines d'occupation prises au dépourvu ne savent pas quoi faire pour contrer ces manifestations à part la bastonnade, la prison et la torture.
Que de chemin parcouru depuis la création du Front POLISARIO le 10 mai 1973
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10 et 20 mai 1973, n'oublions pas ces deux dates ! Émergence de la lutte d'indépendance
du peuple sahraoui

10 mai 1973, création du Front Polisario, 20 mai 1973, décision prise de recourir à la lutte armée contre l'occupant espagnol. Ces deux dates fondatrices sont fêtées chaque année, dans les campements, depuis le début de l'exil en 1976 et au Sahara occidental, de manière publique, à mesure que se renforce l'opposition à l'occupation marocaine.
L'anniversaire des 40 ans prend d'autant plus de sens, cette année, que le développement du conflit, revient au premier rang de l'actualité marocaine et interroge avec acuité la Communauté internationale, impuissante à appliquer ses résolutions depuis près de 50 ans. 
Attentifs à fêter avec le peuple sahraoui cet important anniversaire, nous sommes également attentifs à la situation qui prévaut au Sahara occidental. Le huis-clos imposé pendant des décennies aux civils sahraouis, habitant leur pays occupé, par la monarchie marocaine, a échoué. Des associations sahraouies existent, les jeunes et les moins jeunes sont dans la rue, pacifiquement et le drapeau de la RASD y est devenu l'étendard le mieux partagé. La répression exercée par l'occupant quel que soit son arbitraire et sa cruauté n'y pourra rien. « Cette musique », insistante, tenace pour l'autodétermination et la conquête de la liberté d'expression semble être de mieux en mieux comprise, au grand dam de la monarchie qui alerte, mobilise, s'agite, dénonce….
Les anniversaires sont également l'occasion de se souvenir d'autres dates : le Sahara occidental est inscrit depuis 1964 sur la liste des territoires non autonomes et à ce titre éligible à l'application de la résolution 1514, de l'Assemblée générale des Nations unies, portant déclaration sur l'octroi à l'indépendance aux pays et peuples colonisés ; le 6 Septembre 1991, cessez le feu entre Maroc et Polisario et déploiement d'une Mission de paix pour la mise en œuvre du référendum d'autodétermination. Se souvenir aussi des déclarations marocaines, disparues avec la Marche verte et l'occupation du Sahara : en octobre 1966, le Ministre marocain des Affaires étrangères, déclarait devant l'Assemblée générale : « Le Maroc soutient une véritable indépendance pour le Sahara occidental, en mettant l'avenir de la région dans les mains de ses fils, qui dans un contexte de liberté, décideront librement de leur autodétermination ». Le Sahara était alors espagnol et jusqu'en 1970, les responsables marocains, Hassan II y compris, reprirent de telles déclarations. 

Alors 40 années étaient-elles nécessaires pour revenir au droit, reconnaître l'identité d'un peuple et son droit à décider librement de son avenir ? Il est désormais urgent de « conclure » pour le peuple sahraoui et tous les peuples du Maghreb ?

Favoriser les conditions d'une réelle liberté d'expression pour chaque civil et écouter ce qui se dit au Sahara occidental, mettre en place de réelles négociations suivant toutes les recommandations des résolutions des Nations unies. L'anniversaire du déclenchement de la lutte armée contre l'Espagne, doit être ressenti comme un signal ! Les Sahraouis depuis 1991, ont choisi la voie pacifique et politique, mais ce choix sera-t-il toujours possible ? La reprise de la guerre ne pourrait-elle pas être la seule réponse face à la négligente impuissance de la Communauté internationale, incapable d'imposer le respect de leur droit au Maroc ?
Association des Amis de la RASD 356 rue de Vaugirard 75015 Paris
www.sahara-info.org / www.ecrirepourlesliberer.com

samedi 23 mai 2009

La tribu des Doublal se soulève au Maroc

par Yusef Brahim, Diaspora sahraoui, 1/5/2009
Près de 700 membres de la tribu Doublal d’origine sahraouie dans la région de Tata sur la frontière algéro-marocaine, ont enclenché un mouvement de contestation contre le Makhzen. Ils protestent ouvertement contre la fermeture par l’armée marocaine de la zone de Oued Drâa qui les a privés d’exploiter leurs terres et de faire paître leurs cheptels.
La tribu de Doublal exprime sa colère depuis samedi par des manifestations et des sit-in alors que les éléments de l’armée royale ont empêché une marche sur le poste militaire de Khengat Boukhbar. Des militaires ont été déployés dans le secteur en question et ont dispersé les protestataires en faisant feu dans leur direction.
Des témoins ont rapporté que la situation dans laquelle se trouve la tribu est intolérable depuis que les forces armées royales ont dressé des barrages empêchant les agriculteurs et les maquignons de rejoindre leurs terres sous prétexte que c’est une zone militaire. Les protestataires réclament la réouverture de Oued Drâa pour jouir des terres dont ils sont propriétaires. Ils soulèvent d’autres entraves et difficultés auxquelles ils font face depuis le début du conflit entre le Maroc et le Front Polisario.
L’armée royale s’est emparée des dromadaires des éleveurs à qui elle impose des amendes pour pouvoir les récupérer. Les habitants de Tata sont déterminés à arracher leurs droits et ont refusé de répondre à la demande des responsables militaires et locaux d’arrêter leur mouvement contestataire. Ils réclament un dialogue sérieux avec les hautes autorités, et qui débouche sur des solutions concrètes à leurs problèmes.
La situation est explosive, elle pourrait dégénérer davantage. Les membres de la tribu de Doublal sont marginalisés, n’ont pas droit à l’emploi, à l’éducation ni ne bénéficient de projets de développement. Ils demandent aux autorités leurs droits, des conditions pour un développement réel, et surtout la réouverture inconditionnée de l’Oued Drâa indispensable pour leur survie. Les analystes craignent des affrontements, et le Makhzen pourrait rééditer le scénario de Sidi Afni et user de la violence pour résoudre ce dossier.
La province de Tata est située en milieu désertique : le climat este de type aride, les précipitations sont faibles et irrégulières et les températures souvent très élevées (jusqu’à 48°C en été). Dans ce milieu aux conditions biophysiques extrêmes, marquées par un déficit hydrique accentuée, le mode de mise en valeur principal du milieu est le système oasien. La population est d’origine arabe et les villages sont composées essentiellement de femmes, d’enfants et de personnesd âgées. Le reste se trouve à l’armée ou en Europe.
Jusqu’aux années 70, l’organisation sociale était adaptée au système nomade des populations de la région. L’oasis était plus un lieu de production de dattes qu’un réel lieu de vie. En effet, le territoire de vie et de production des habitants de Tata était alors particulièrement vaste (plusieurs centaines de km²). La période comprise entre janvier et septembre était consacrée au nomadisme. Laissant leurs terres aux soins de leurs khamès (hommes qui ont le savoir-faire de l’abriculture), les familles quittaient le douar pour transhumer vers le Sahara. Les habitants de la région cheminaient lentement vers le sud, à travers les forêts d’Acacia radiana. Ils y faisaient paître leurs troupeaux, tout en fabriquant du charbon de bois qu’ils échangeaient avec d’autres populations. Une fois passée la crue de l’Oued Drâa (entre mars et mai), ils mettaient en culture les terres limoneuses et humides du bord de l’oued. Les céréales principales étaient l’orge et le blé tendre. Pendant 4 à 5 mois, les terres de l’Oued Drâa, situées à près de 50 km de la palmeraie pour la récolte des dattes, la population de Tata reprenait le chemin de la palmeraie pour la récolte de dattes qui a lieu d’octobre à novembre. Une fois les dattes récoltées et séchées, les familles reprenaient le chemin de l’oued et du sahara.
Le territoire de vie et de production était particulièrement vaste, puisque près de 150 km séparaient les deux pôles de production agricole principaux. Entre ces deux pôles se trouvait un élément essentiel au système pastoral : les pâturages à acacias. La vie des habitants de la région s’organisait en fonction de ces trois espaces essentiels. Par ailleurs, les échanges entre les différents clans ou tribus nomades s’organisait alors en fonction de ces trois espaces. Les échanges entre les différens clans ou tribus du sud étaient fréquents. Les oasis de la région étaientt alors résolument tournée vers le sud.
L’année 1975 marque l’invasion par le Maroc du Sahara Occidental et le début d’une sanglante guerre entre le royaume chérifien et le Front Polisario. Les conséquences pour la région de Tata, située à quelques kilomètres de la zone militarisée, furent importantes. En effet, dès le début du conflit, de nombreux jeunes hommes de la province se sont engagés dans les rangs de l’armée marocaine. Ces hommes originaires de la région sont très appréciés pour leur bonne connaissance du désert. Ceci a eu des conséquences fatales : la plupart des villages (douars) furent attaqués et grand nombre des jeunes ont été tués dans les affrontements.
Ceux qui sont restés en vie, envoient la quasi totalité de leurs salaires à leur famille ;. Ces nouveaux revenus sont d’autant plus nécessaires que dès le début du conflit, les terres de l’Oued Drâa sont interdites d’accès et placées en zones militarisées. La partie sud de Tata devient inaccessible. Le territoire est donc amputé de deux ressources essentielles : Le parcous à acacia qui fournissait pâturage et charbon de bois ainsi que les terres fertiles de l’Oued Drâa. Le territoire de production se retrace donc sur les oasis de la région qui, dès lors, doivent subvenir aux besoins alimentaires des familles des douars. A l’enrôlement des jeunes hommes dans l’armée, s’ajoute un autre phénomène : Dès la fin de la décennie 1970, les migrations des jeunes ou parfois même de familles entières se multiplient vers le Nord et vers l’Europe.