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jeudi 17 avril 2014

Lettre ouverte sur le projet G1 d'Aoulouz, concernant la gestion des sources Taferzazte et Timilte



adressée


- Au Secrétaire Général du Parlement Européen
- Au Gouvernement fédéral d’Allemagne
- Au Directeur de la banque allemande de développement


Messieurs,


Veuillez prendre connaissance de nos fermes positions sur le projet G1 d’Aoulouz :


L’eau de nos sources :


-        Nos deux associations, Taferzazte et Timilte,  gèrent la répartition de l’eau d’irrigation des deux sources Tafarzazte et Timilte. Depuis 5 ans, et jusqu’à ce jour, ces deux associations se complètent dans leurs tâches .

-         En août 2013 les autorités ont créé deux nouvelles associations pour la gestion de nos deux sources. Elles portent les mêmes noms que nos deux associations (Taferzazte et Timilte) !

Ce qui signifie que nos deux associations d’origine  sont violemment éliminées de ce projet, ce qui oblige nos paysan(ne)s à déclarer leurs positions négatives envers ce projet. Donc nos deux sources, ainsi que notre mode d’irrigation par canaux,  ne sont pas concernées dans ce projet, ce qui va nous obliger à constituer un autre projet propre à nos paysan(ne)s.

Le projet G1 et ses conséquences sur la vie des paysan(ne) et leurs cultures :-         Nul n’a entre ses mains les documents de ce projet, ni même celui des associations constituées par les autorités, ce qui prive les paysan(ne)s du droit à l’information. Leur avenir est attaché à ce projet et ses conséquences sur leur vie sont d’une  importance vitale.

-        Il faut  savoir que 60% des terres de ces deux sources sont des terres du domaine et de Habous que les paysan(ne)s exploitent par voie de location. Seulement 40% des terres sont propriétés des paysan(ne)s ce qui veut dire qu’un grand pourcentage des terres va être à la disposition des grands propriétaires qui ont le droit de loyer sur le domaine et le Habous.

-         Le plan Maroc Vert est destiné à détourner les paysan(ne)s des cultures de blé vert, les cultures dites de revenu élevé. Le projet G1 est un des objectifs du Maroc Vert. Ce qui signifie que nos cultures Bio-Naturelles sont en danger de disparition.

-        Le niveau de vie sociale des paysan(ne)s de Tafarzazte et Timilte est encore proche de celle du Moyen Âge : il n’y a aucune modernisation malgré leur volonté déterminée à lutter pour leurs droits. Leurs groupements d’habitat sont marginalisés et dépourvus de toute norme, par exemple ils ne sont pas reliés aux réseaux de l’eau potable : les paysan(ne)s utilisent encore l’eau des puits … !
La question que nous posons aux  États Marocain et Allemand est : quel programme social a été prévu comme objectif pour soulager la misère au sein de nos communautés paysannes de Tafarzazte et Timilte ?

L’eau du barrage d’Aoulouz :

-        Les paysan(ne)s évacué(e)s du bassin du barrage laissent leurs biens pour l’intérêt public avec de faibles  indemnisations. Ils  sont hors de ce projet G1. Ils restent marginalisés dans leurs terres dépourvues de l’eau d’irrigation. 
Aujourd’hui ils déclarent leur opposition à ce projet qui va utiliser 18 millions de mètres cubes de l’eau du barrage...
-         Les paysan(ne)s d’Erragada commune d’Irrazane sont hors de ce projet malgré leur perte de l’eau d’irrigation. Un canal qui amène l’eau du barrage Aoulouz vers les domaines des grands propriétaires à Elguerdane et Ouled Teima passe sur leurs terres desséchées.

Voilà pourquoi nous déclarons notre ferme oppositions à ce projet qui ne tient pas compte des normes d’un vrai développement durable des paysan(ne)s de notre région.

Les organisations signataires :-         Syndicat national des petits paysan(ne)s et employé(e)s forestier(e)s - bureau provincial de Taroudant.

-         Association Taroudant Agricole

-         Association Tafarzazte d’usagers d'eau spécifique  aux agriculteurs

-         Association Timilte d’usagers d'eau spécifique  aux agriculteurs

-         Association Errigada d’usagers d'eau spécifique  aux agriculteurs

samedi 4 mai 2013

Des nouvelles des paysans pauvres d'Aoulouz : nous avons gagné !


Le programme G1 (RG) d'Aoulouz est suspendu. La constitution des associations est annulée, les paysan(ne) ont protesté le 16 et 23 avril contre deux assemblées des deux sources Tafarzazte et Timilte. L'assemblé du 02 mai est annulée.

Relire : http://solidmar.blogspot.fr/2013/04/umt-les-paysannes-pauvres-daoulouz.html

Le lien des v
idéos des protestations des paysan(ne)s :

https://www.youtube.com/user/lahoucine1955/videos
Les photos de leur participation au 1er mai
à Taroudant :

Payticipation des paysan(ne)s au premier mai 2013 à Taroudant


samedi 23 mai 2009

La tribu des Doublal se soulève au Maroc

par Yusef Brahim, Diaspora sahraoui, 1/5/2009
Près de 700 membres de la tribu Doublal d’origine sahraouie dans la région de Tata sur la frontière algéro-marocaine, ont enclenché un mouvement de contestation contre le Makhzen. Ils protestent ouvertement contre la fermeture par l’armée marocaine de la zone de Oued Drâa qui les a privés d’exploiter leurs terres et de faire paître leurs cheptels.
La tribu de Doublal exprime sa colère depuis samedi par des manifestations et des sit-in alors que les éléments de l’armée royale ont empêché une marche sur le poste militaire de Khengat Boukhbar. Des militaires ont été déployés dans le secteur en question et ont dispersé les protestataires en faisant feu dans leur direction.
Des témoins ont rapporté que la situation dans laquelle se trouve la tribu est intolérable depuis que les forces armées royales ont dressé des barrages empêchant les agriculteurs et les maquignons de rejoindre leurs terres sous prétexte que c’est une zone militaire. Les protestataires réclament la réouverture de Oued Drâa pour jouir des terres dont ils sont propriétaires. Ils soulèvent d’autres entraves et difficultés auxquelles ils font face depuis le début du conflit entre le Maroc et le Front Polisario.
L’armée royale s’est emparée des dromadaires des éleveurs à qui elle impose des amendes pour pouvoir les récupérer. Les habitants de Tata sont déterminés à arracher leurs droits et ont refusé de répondre à la demande des responsables militaires et locaux d’arrêter leur mouvement contestataire. Ils réclament un dialogue sérieux avec les hautes autorités, et qui débouche sur des solutions concrètes à leurs problèmes.
La situation est explosive, elle pourrait dégénérer davantage. Les membres de la tribu de Doublal sont marginalisés, n’ont pas droit à l’emploi, à l’éducation ni ne bénéficient de projets de développement. Ils demandent aux autorités leurs droits, des conditions pour un développement réel, et surtout la réouverture inconditionnée de l’Oued Drâa indispensable pour leur survie. Les analystes craignent des affrontements, et le Makhzen pourrait rééditer le scénario de Sidi Afni et user de la violence pour résoudre ce dossier.
La province de Tata est située en milieu désertique : le climat este de type aride, les précipitations sont faibles et irrégulières et les températures souvent très élevées (jusqu’à 48°C en été). Dans ce milieu aux conditions biophysiques extrêmes, marquées par un déficit hydrique accentuée, le mode de mise en valeur principal du milieu est le système oasien. La population est d’origine arabe et les villages sont composées essentiellement de femmes, d’enfants et de personnesd âgées. Le reste se trouve à l’armée ou en Europe.
Jusqu’aux années 70, l’organisation sociale était adaptée au système nomade des populations de la région. L’oasis était plus un lieu de production de dattes qu’un réel lieu de vie. En effet, le territoire de vie et de production des habitants de Tata était alors particulièrement vaste (plusieurs centaines de km²). La période comprise entre janvier et septembre était consacrée au nomadisme. Laissant leurs terres aux soins de leurs khamès (hommes qui ont le savoir-faire de l’abriculture), les familles quittaient le douar pour transhumer vers le Sahara. Les habitants de la région cheminaient lentement vers le sud, à travers les forêts d’Acacia radiana. Ils y faisaient paître leurs troupeaux, tout en fabriquant du charbon de bois qu’ils échangeaient avec d’autres populations. Une fois passée la crue de l’Oued Drâa (entre mars et mai), ils mettaient en culture les terres limoneuses et humides du bord de l’oued. Les céréales principales étaient l’orge et le blé tendre. Pendant 4 à 5 mois, les terres de l’Oued Drâa, situées à près de 50 km de la palmeraie pour la récolte des dattes, la population de Tata reprenait le chemin de la palmeraie pour la récolte de dattes qui a lieu d’octobre à novembre. Une fois les dattes récoltées et séchées, les familles reprenaient le chemin de l’oued et du sahara.
Le territoire de vie et de production était particulièrement vaste, puisque près de 150 km séparaient les deux pôles de production agricole principaux. Entre ces deux pôles se trouvait un élément essentiel au système pastoral : les pâturages à acacias. La vie des habitants de la région s’organisait en fonction de ces trois espaces essentiels. Par ailleurs, les échanges entre les différents clans ou tribus nomades s’organisait alors en fonction de ces trois espaces. Les échanges entre les différens clans ou tribus du sud étaient fréquents. Les oasis de la région étaientt alors résolument tournée vers le sud.
L’année 1975 marque l’invasion par le Maroc du Sahara Occidental et le début d’une sanglante guerre entre le royaume chérifien et le Front Polisario. Les conséquences pour la région de Tata, située à quelques kilomètres de la zone militarisée, furent importantes. En effet, dès le début du conflit, de nombreux jeunes hommes de la province se sont engagés dans les rangs de l’armée marocaine. Ces hommes originaires de la région sont très appréciés pour leur bonne connaissance du désert. Ceci a eu des conséquences fatales : la plupart des villages (douars) furent attaqués et grand nombre des jeunes ont été tués dans les affrontements.
Ceux qui sont restés en vie, envoient la quasi totalité de leurs salaires à leur famille ;. Ces nouveaux revenus sont d’autant plus nécessaires que dès le début du conflit, les terres de l’Oued Drâa sont interdites d’accès et placées en zones militarisées. La partie sud de Tata devient inaccessible. Le territoire est donc amputé de deux ressources essentielles : Le parcous à acacia qui fournissait pâturage et charbon de bois ainsi que les terres fertiles de l’Oued Drâa. Le territoire de production se retrace donc sur les oasis de la région qui, dès lors, doivent subvenir aux besoins alimentaires des familles des douars. A l’enrôlement des jeunes hommes dans l’armée, s’ajoute un autre phénomène : Dès la fin de la décennie 1970, les migrations des jeunes ou parfois même de familles entières se multiplient vers le Nord et vers l’Europe.

Le patronat agraire attaque

par Ali Fkir 22/05/2009
C'est incroyable, mais c'est vrai ! Les grands propriétaires terriens et autres capitalistes agraires manifestent à Agadir.
Contre qui ?
Contre les ouvriers, les "ingrats".
Que demandent ils?
Que l'Etat utilise plus de matraques contre ces "ingrats".
Pourquoi?
Par ce que ces "zoufrias" et "zoufriates", exigent le respect de la réglementation en vigueur:
- L'application du SMAG
- Le respect de la durée de travail hebdomadaire
- Le paiement des heures supplémentaires
- L'établissement des bulletins de paie
- La déclaration à la CNSS
- Le respect du droit à l'adhésion syndicale
- Le respect de la dignité des ouvrier-Ers
- Mettre fin au harcellement sexuel dont sont victimes les ouvrières
.......
La région de Chouka Aït Baha et du Sous Massa-Drâa ( plus de 100 000 ouviRer-Eres dont plus de 70 000 à Chtouka) est devenue l'eldorado (vert) des capitalistes (marocains et étrangers): terres fertiles, réserves d'eau relativement importantes, force de travail à très bon marcher, les rapports de productions médiévaux, la loi n'est faite que pour protéger les vampires agraires...les différents ministères (de l'agriculture, de l'intérieur, des finances...) sont totalement dévoués au service de ces voraces. Ceux-ci ne paient pas d'impôts! C'est le comble !!!
Depuis quelques temps, les capitalistes agraires organisent de véritables expéditions punitives contre les travailleurs et les travailleuses, recrutant pour cela des marginalisés et autres "bras cassés", épaulés dans cette sale besogne par les les forces de répression publiques. Des blessés, des détenus se comptent par dizaines. Les militants syndicalistes restent les premiers visés.
Les "patrons" ont manifesté à Agadir. Ils n'ont pas été gênés par les "forces de l'ordre". La télévision était là pour assurer la couverture de l'événement.
Et si c'étaient les ouvrierEs? les blessés (et pourquoi pas les morts) et les détenus seraient des centaines.
C'est très grave ce qui se passe dans le "monde de travail".
Les directions syndicales doivent sortir de leur torpeur, les militants doivent dépasser leur bavardages stériles, les distributeurs de promesses électorales sans lendemain doivent revoir leur stratégie de "démocratie par la démocratie".
À Chouka, dans le Sous Massa-Drâa, à Sidi Bernoussi, à Aïn Sebâa, à Skoura-Boulmane, à Larache, à Beni Mellal...la lutte des travailleurs est la même. La cause reste la même.
Nous devons tous réagir à ce qui se passe, le train de la lutte de classes n'attend pas les traînards.

dimanche 26 avril 2009

La lutte des paysans d'Aoulouz pour leur droit naturel à l’eau d’irrigation continue

Par Amal Lahoucine, avril 2009

Les paysans de la Saguia de Taferzazte subissent des poursuites depuis un an, afin de leur arracher leur droit naturel à l'eau d'irrigation. L'alliance des compradores de Sebt El Guerdan et des féodaux d’ Aoulouz, soutenue par les autorités de Taroudant, mène une guerre farouche contre eux. Jusqu'à aujourd'hui 8 paysans ont été inculpés et poursuivis :

- Mohamed Zarit a été emprisonné pendant 10 jours à la prison de Taroudant en juillet 2008 avant d'être relaxé.

- Abdelhak Lboujat, Jamal Imgharn et Abdelaziz Id Otman sont poursuivis au tribunal de Taroudant, ils attendent deux procès, un civil et l'autre pénal.

- Brahim Lboujat, Abderrahim Sarghini et Rachid Touggani sont convoqués le 29 avril 2009 devant le juge communal d'Aoulouz.

- Lboujat Malek était convoqué le 24 avril 2009 pour se présenter au Caïdat d'Aoulouz.

Toujours la même inculpation : "Détournement de l'eau privée de la Saguia de Taferzazte". "L'eau privée", c'est-à-dire la privatisation de l'eau par le régime marocain à travers des associations montées de toutes pièces.

Après une année de luttes pour le droit à l'eau violé par les féodaux à Aoulouz, les paysans de Taferzazte ont regagné tout ce qu'ils ont perdu pendant l'année 2007/2008. Les pluies cette année sont bien tombées, l'eau a coulé dans la rivière Souss après qu'elle a dépassé les murs des barrages Aoulouz et Moukhtar Soussi, ça fait 3 mois qu'elle coule sans arrêt. Les paysans de Taferzazte n'ont pas payé un centimeu pour avoir l'eau cette année et leurs récoltes de blé sont multipliées par quatre, une récolte que les paysans n'ont jamais connue depuis que l'Association d'Aoulouz de l'eau d'irrigation a été constituée.

La nature a favorisé leur lutte, ce qui n'a pas satisfait le féodalisme qui n'a reçu aucun sou de Taferzazte, qui a reçu la lutte des paysans comme un coup de poing, ceux-ci ayant déclaré leur indépendance de l'association officielle d'Aoulouz en constituant leur propre association d'irrigation. Ce qui ne plaît pas aux autorités de Taroudant qui refusent ce fait, alors M. le gouverneur a constitué à Aoulouz ce qu'il appelle le comité local pour l'eau de Taferzazte afin d'empêcher les paysans de s'organiser.

L'association d'Aoulouz pour l'eau d'irrigation a été constituée en juin 2001 par la décision des autorités de Taroudant, dans le but de recevoir les dons des organisations internationales et en premier lieu de la GTZ (Organisme allemand de coopération technique) . D'après la déclaration du directeur du bureau régional de mise en valeur agricole, d'après les paysans, cette association n'a ajouté aucune valeur à la Saguia Tafarzazte qui reçoit toujours l'eau en direct de sa source naturelle, la rivière Souss sans rien débourser. C'est la même chose pour les deux autres Saguias El Jadida et Timilte, ce sont donc trois sources qui donnent 8 débits 24 heures sur 24 heures durant toute l'année pendant 7 ans à un prix de 15,00 dhs par heure, ce qui fait 7 millions de dirhams (650 000 Euros). Toute cette somme payée par les paysans de trois Saguiate est une source financière pour le féodalisme qui exploite l'eau d'Aoulouz. Aujourd'hui les comptes de cette association sont à zéro dirhams, une vraie catastrophe pour la politique intégriste de l'agriculture au Souss.

Les paysans de Taferzazte ont refusé cette situation surtout après le détournement par l’association officielle de l'eau de de la quatrième Saguia, celle de Taboumhawte en 2007/2008, cette Saguia qui a perdu sa source après l’entrée en fonction du barrage d’Aoulouz en l'an 2000. Les paysans de Taferzazte ont perdu l'année dernière toutes leurs récoltes en blé, maïs et olives, ce fut vraiment une année noire pour eux.
Le syndicat des paysans d'Aoulouz a joué un rôle important dans l'organisation de leur lutte pendant toute une année. Cette année, après des pluies considérables jamais vues pendant 10 ans, l'eau a débordé du lac de retenue du barrage d’Aoulouz pour se déverser dans la rivière Souss depuis 3 mois. Les féodaux sont mécontents de cette situation, d'une part la récolte de Taferzazte est riche, unique et considérable et d'autre part les paysans n'ont rien déboursé pour avoir l'eau. L’ association officielle a perdu tous ses avoirs et même son compte bancaire, après qu’elle a été condamnée à reverser à certains paysans une somme de 1,2 million de dirhams (100 000 €).

La loi 2.84 stipule que les paysans n’ont pas à payer pour l’eau coulant naturellement. Le président de l’association officielle d’Aoulouz continue néanmoins à s’acharner à vouloir racketter les paysans. Il leur mène donc une guerre farouche, soutenu par le gouverneur de Taroudant. Il est condamné à échouer.

samedi 25 avril 2009

Skoura : TERGIVERSATIONS D'UN ÉTAT VOYOU

par Ali Fkir, 24/04/09 à midi
La nuit du lundi 20 avril 2009, les paysans de Skoura avait décidé de suspendre provisoirement leur marche de protestation vers Fés. Les autorité s’étaient engagées à dialoguer avec les 5 représentants des paysans en présence des militants de Sefrou . L’Etat devrait être représenté par le Wali de la région Fés-Boulmane, et ce avant le dimanche 26 avril. Or il s’est avéré que l’engagement des autorité n’était qu’une manœuvre honteuse pour gagner du temps. Les autorités viennent d’annoncer que la dite « rencontre » n’aura pas lieu avant le mercredi 29 avril. Pire, le caïd de Skoura, les commis locaux et autres appendices du makhzen essaient de démobiliser les paysans en leur disant qu’ils étaient manipulés politiquement et que la marche a été planifiée par des militants politiques…La réponse des paysans aux manœuvres des autorités ne s’est pas faite attendre : ce matin (vendredi 24 avril) Skoura a connu un grand rassemblement pour protester contre les tergiversations des autorités. Le sit in reprendra cet après-midi après la prière du vendredi.

Pendant que les représentants de l’Etat fuient leurs responsabilités face aux revendications légitimes des citoyens sinistrés des inondations d’octobre 2008, les cultures, le bétail, les arbres, les humains, les oiseaux…meurent de soif. L’Etat gaspille des milliards dans des futilités, ce même Etat refuse de secourir des paysans en détresse. A quoi sert l’argent versé par le peuple marocain ? à entretenir une poignée d’oisifs ? à alimenter les comptes bancaires des corrompus, des voleurs des deniers publics, à financer des corps de répression, à engraisser « les élus » qui ne représentent qu’eux-mêmes ? Messieurs les magouilleurs ! au lieu de chercher la petite bête aux militants de l’AMDH et aux militants marxistes, vous feriez mieux de faire face aux problèmes réels des citoyens.

C’est scandaleux !!

mercredi 22 avril 2009

Marche à Skoura

Dernières infos:
Comme signalé précédemment , les corps de répression ont empêché hier soir (21/4/2009) les paysans de continuer leur marche vers Fès. Les 5 représentants (dont le camarade Aziz El Idrissi qui porte encore les traces de la violence exercée sur eux) ont été relâchés. Les autorités ont permis aux représentants des paysans d'aller à Sefrou "dialoguer" avec les représentants de l'tat.
Le dialogue a eu lieu en présence de 3 militants de Sefrou dont le camarade Ezeddine Manjli, arrêté et condamné au lendemain des événements de septembre 2007.
Le wali de Fès, Boulmane recevra les représentants des paysans avant le dimanche 26 avril 2009 pour voir concrètement comment remettre en bon état toutes les infrastructures détruites par les inondations.
Les marcheures/marcheuses ont regagné Skoura tard dans la nuit. Signalons que pendant que les paysans marchaient vers Fès, les habitants de la région de Skoura ont organisé une grande manifestation. Des camions de renforts ont été dépêchés par les autorités pour "imposer l'ordre".
Les paysans se sont engagés entre eux à ne pas lâcher prise tant que leurs revendications légitimes ne seront pas satisfaites.
Ali Fkir (mercredi 22 avril 2009, 15h)
Les paysan-nes pauvres de SKOURA ont entamé ce matin, mardi 21 avril 2009, une marche vers Fés exigeant l'intervention de l'Etat pour remettre en bon état les infrastructures détruites par les inondations d'octobre 2008. Les marcheurs/marcheuse s ont parcouru jusqu'à présent (midi 55 mn) 20 km . Les militants de l'AMDH de SKOURA se trouvent avec les marcheurs/marcheuse s. Des barrages de forces de répression essaient sans succès de stopper la marche. Le nombre de protestataires est estimé (pour le moment)à 200 paysan-nes.
Ali Fkir, 21 avril 2009 13h10mn
Tél: - Aït Hadi Rachid (au nom des paysan-nes) : 06 68 07 45 97 - Aziz El idrissi (militant AMDH Skoura): 06 10 98 06 13 - Ali Fkir (observateur) : 06 64 27 29 40

La route est coupée entre Skoura et Sefrou:
La route, les collines avoisinantes sont occupées par les différents corps de répression. Toute la région est totalement quadrillée. L'après-midi, 5 représentants marcheurs ont été arrêtés et violentés. Devant la colère des paysans, les 5 militants (dont un membre de l'AMDH) ont été relâchés. Les représentants des protestataires ont été autorisés à rejoindre Sefrou pour entamer des discussions avec les représentants de l'Etat. Ces représentants ont exigé la présence de la section de l'AMDH de Sefrou dans toutes les étapes de négociation.
Les autres marcheurs vont passer la nuit dans le froid glacial de la montagne.
Ali Fkir, 21 avril, 19h44

Les paysans de SKOURA en colère
La région de SKOURA à une trentaine de km de Boulmane, est considérée région sinistrée depuis octobre 2008 : le seul barrage qui alimentait la vallée, 22 km de canalisation (seguya), deux ponts…. ont été complément détruits depuis le 10 octobre 2008.
Le 17 octobre 2008, une manifestation a été organisée (à l’initiatives des militants de l’AMDH) devant le caïdat exigeant une aide urgente aux sinistrés et la reconstruction des infrastructures vitales détruites par les inondations. Au nom de l’Etat, les autorités de la région ont annoncé que les travaux allaient débuter bientôt. Des semaines passent sans nouveau. Devant les questions des sinistrés et des militants de l’AMDH, les autorités s’étaient engagées à entamer les travaux le mois de février 2009.
On est à la fin d’Avril, rien (mais vraiment rien) de concret. Les autorités prétendent que le budget alloué à la province a bénéficié à Missour (autre zone sinistrée où l’AMDH a organisé des sit in et des marches populaires pour obliger l’Etat a intervenir et prendre en charge – c’est le rôle de l’Etat- les dégâts causés par les inondations ).
En colère, les paysans de Skoura ont décidé d’observer un sit in de 2 jours devant le caïdat. Ce qui a été fait le samedi 18 et dimanche 19 avril 2009.
Ce n’est qu’un avertissement crient les 120 paysans en sit in. La prochaine étape connaîtra la participation des centaines de protestataires et d’autres formes de lutte.

Données relatives à la région de SKOURA :
- Province de Boulmane (dont le siège se trouve à Missour )
- A une trentaine de Km de Boulmane
- 750 familles (3 000 « âmes »)
- Plus de 2000 hectares cultivés ou plantés
- La superficie des exploitations/ propriétés varie entre1 (un) hectare et 3,5 hectares ( région peuplée de paysans pauvres)
- 160 000 oliviers (année de bonne récolte : 3 500 tonnes d’olives ; année moyenne 2 600 tonnes ; mauvaise année 1 000 tonnes)
- Plus de 7 000 têtes de bétail
- 261 paysans sont organisés en coopérative dont le rôle essentiel reste la répartition équitable de l’eau
- Deux communes « électorales »
- Un petit barrage alimente en eau toute la région (aujourd’hui détruit à100%)
- Une séguya de 22 km assure la distribution de l’eau (détruite)
- Deux ponts détruits
Selon les estimations des services techniques de la région, le coût des réparations ne dépassera pas 1 milliard de centimes (10 millions de dh).
L’Etat dépense des milliards pour réaliser en quelques semaines des travaux d’aucune utilité sociale, mais il ne fait rien pour sauver 16 000 oliviers, des centaines d’arbres fruitiers , 7 000 têtes de bétail, des cultures de légumes, de blé, de maïs…l’Etat ne fait rien pour secourir 3000 citoyen-es. Les impôts directs et surtout indirects collectés auprès du peuple ne servent en fin de compte qu’à alimenter les comptes bancaires des dilapidateurs des deniers publics, à construire des casernes militaires, des commissariats, de somptueux bâtiments pour les administrations, à renflouer les caisses des patrons en « difficulté », à assurer une vie de paradis aux généraux, aux patrons des corps de répression, à assurer une rente à vie aux ex ministres, aux ex parlementaires et à tous les valets du palais…C’est scandaleux !
L’argent du peuple, au lieu qu’il alimente une caisse de solidarité nationale, il finance l’oisiveté d’une minorité.
« ….. ET GARE A LA REVANCHE , QUAND TOUS LES PAUVRES S’Y METTRONT… ! »
Ali Fkir (Mohammedia le 20avril 2009)