
Human Rights Watch emboîte le pas à Amnesty International
Elle exige l’introduction de la surveillance des droits de l’homme dans la Minurso
Par : Merzak Tigrine, 16/4/2014
Après Amnesty International,
c’est au tour de l’autre ONG de défense des droits de l’homme, Human
Rights Watch, de mettre la pression sur le Conseil de sécurité des
Nations unies, en l’exhortant à introduire le mécanisme de surveillance
des droits de l’homme au Sahara occidental.
En
prévision de la réunion du Conseil de sécurité, qui se tiendra à la fin
avril pour se prononcer sur un projet de résolution sur le dossier du
Sahara occidental, l’organisation internationale des droits de l’homme
Human Rights Watch s’est félicitée, lundi, des suggestions faites par le
dernier rapport du Secrétaire général de l'ONU sur le conflit du Sahara
occidental.
Dans ce cadre, HRW a appelé le Conseil de sécurité de
l’ONU à introduire le mécanisme de surveillance des droits de l’homme au
Sahara occidental au sein de la Minurso.
L’ONG a adressé une lettre
aux 15 pays membres de l’organe exécutif de l’ONU dans laquelle elle
leur rappelle que la Minurso est la seule mission de maintien de la paix
de l'ONU qui “ne comporte pas le mandat de surveiller et de faire des
rapports sur la situation des droits de l'homme” du peuple sahraoui.
Saluant l'appel lancé par Ban Ki-moon, dans son rapport sur la situation
au Sahara occidental adressé au Conseil de sécurité, dans lequel il
préconise la nécessité d'une “surveillance durable, indépendante et
impartiale des droits de l'homme” du peuple sahraoui, HRW souligne que
les mécanismes ponctuels de surveillance des droits de l'homme existant
actuellement “ne sont pas suffisants” pour répondre totalement aux
critères d'une “surveillance durable, indépendante et impartiale” de ces
droits tels que préconisés par le chef de l'ONU.
Poursuivant dans
le même ordre d’idées, elle a affirmé que ces critères “ne seraient
mieux satisfaits que par l'élargissement du mandat de la mission des
Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental
(Minurso) pour y inclure la surveillance des droits de l'homme sur les
violations commises”. Human Rights Watch indique dans sa lettre que les
initiatives des droits de l'homme annoncées depuis 2011 par le Maroc
“n'ont pas encore changé la situation des droits de l'homme au Sahara
occidental”. Il est souligné que la situation se caractérise toujours
par “la ferme répression” perpétrée par le Maroc contre tous les
Sahraouis qui “revendiquent le droit à l'autodétermination”. HRW met
l’accent sur le fait que les autorités marocaines “continuent d'empêcher
les Sahraouis d'organiser des manifestations publiques, d'entraver
l’accréditation des associations sahraouies pour la défense des droits
de l'homme et de refuser de prendre en charge les plaintes crédibles de
violence policière contre les Sahraouis, et continuent de poursuivre et
d'emprisonner les militants sahraouis suite à des procès inéquitables
dans lesquels aucune investigation n'est menée sur les actes de
tortures” contre les Sahraouis. HRW ajoute qu’elle constate une
discrimination dans le traitement de la question des droits de l'homme
du peuple sahraoui dans le cadre de l'ONU.
L’ONG rappelle qu'au
cours de ces dernières années, les missions de surveillance des droits
de l'homme et d’élaboration des rapports inhérents “sont devenues une
partie intégrante des opérations de maintien de la paix des Nations
unies dans le monde”. HRW cite, pour les cas les plus récents, la
République démocratique du Congo, la Côte d'Ivoire, le Mali, le Liberia,
l'Afghanistan et le Soudan du Sud.
Pour Human Rights Watch il est
clair qu’“avec une surveillance impartiale des Nations unies, il est non
seulement plus difficile aux parties en conflit de déformer les faits
sur les violations des droits de l'homme, mais cela dissuade aussi les
abus et favorise la responsabilisation, ce qui est essentiel à la
promotion de la stabilité et des règlements politiques”.
“Nous
exhortons le Conseil de sécurité à mettre fin à cette situation anormale
dans laquelle la Minurso est la seule mission de maintien de la paix
qui demeure dépourvue d'un mandat de surveillance et d’élaboration de
rapports sur les violations des droits de l'homme”, souligne Human
Rights Watch, dans son rapport, qui est accompagné par un second
document dans lequel elle a décrit au Conseil de sécurité les violations
continues des droits de l'homme des Sahraouis par le Maroc.
M T