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jeudi 24 octobre 2013

Rif : Les jeunes de Targuist réclament toujours la réalisation de projets royaux lancés en 2007

 
Voilà plus de deux mois que les jeunes de Targuist battent le pavé. Leur principale revendication : la concrétisation sur le terrain de projets lancés par le roi Mohammed VI lors de sa visite en 2007. Six ans plus tard, rien n’a été fait. Les promesses du gouverneur d’accélérer le « rythme » des réalisations ne semblent guère convaincre les représentants des contestataires. Dimanche, ils sont descendus dans les rues. Les forces de l’ordre, également.
Il n’y a pas que le Sahara qui est en ébullition, le Rif l’est également. Cette année, c’est Targuist qui a repris le flambeau de la contestation de Bni Bouyache et Imzouren. La petite ville a connu, dans l’après-midi du dimanche 20 octobre, une nouvelle marche organisée par des jeunes contre le conseil municipal, dont le siège était l’objectif final des manifestants.
Contrairement au dernier mouvement de contestation qui a eu lieu le vendredi 11 octobre, cette fois, les autorités locales, montrant ainsi leur soutien au conseil communal, ont choisi la manière forte en tentant de disperser la manifestation.

Les jeunes réclament toujours la réalisation des projets lancés par le roi
L’intervention des forces de l’ordre a causé, selon des sources locales, des blessés dans les rangs des manifestants. Et pourtant, leurs réclamations sont toutes légitimes avec notamment des meilleures conditions de vie pour l’ensemble des habitants de Targuist. Mais leur principale doléance est surtout la réalisation des projets royaux annoncés lors de la visite de Mohammed VI en 2007.

Le gouverneur de Targuist a tenté, début septembre, de nouer le dialogue avec les représentants de la contestation, mais en vain. Ces derniers ont rejeté son offre. Il a, également, promis d’accélérer la "cadence" des projets lancés par le monarque. Des tentatives qui n’ont pas pu calmer la colère des habitants.
Force est de constater que nous sommes en face du même scénario que celui de Bni Bouyach et Imzouren en 2012. Il se répète, cette fois, à Targuist. Il y a une réelle volonté de la population rifaine de voir des projets structurants se développer.
Le recours à la matraque en guise de réponse de l’Administration territoriale à ces revendications ne fait que raviver les tensions et accentuer le manque de confiance entre le Rif et Rabat.

 http://www.yabiladi.com/articles/details/20348/jeunes-targuist-reclament-toujours-realisation.html

dimanche 18 août 2013

DanielGate : certaines manifestations tolérées, d'autres interdites. Le Makhzen reste le Makhzen ...

 Par Souad Guennoun, 10/8/2013

Pendant que la manifestation se tenait à Casa le mardi 6 août et à Rabat le lendemain, à Imzouren, dans le Rif la manifestation a été interdite le mercredi 7 août.
Depuis, samedi 10 août à Bni Bouayach, dans le Rif, la famille de Mohamed Jaloul et les familles des militants détenus du Rif,  ont manifesté le jour de l'aïd pour exiger la libération des détenus politiques. Elles ont dénoncé les conditions de détention de leurs enfants qui croupissent dans les prisons privés de leurs droits, pendant que la grâce royale est accordée pour des criminels, des trafiquants de droguer et des violeurs d'enfants.
Mohamed Jaloul, enseignant à Bni Bouayach , arrêté le 8 mars 2012, condamné à 5 ans de prison pour manifestation non autorisée, blocage route, jets de pierre... toute la panoplie habituelle pour criminaliser les luttes .
Relire : samedi 7 avril 2012 Le procès du syndicaliste Mohamed Jelloul reporté deux fois  
Autre affaire qui a été révélée en rapport avec l'Affaire Danielgate et qui fera sûrement du bruit : Mohamed Mounir Molina, maroco-espagnol, a été gracié à l'occasion de la fête du trône 48h avant le début de son procès. Sa première audience devait se tenir le 1 er août 2013 devant la cour d'Appel d'Al Hoceima . Il figurait sur la liste des 48 détenus graciés .Md Mounir Molina avait été arrêté le 9 février 2013 pour trafic international de stupéfiants

 

samedi 24 mars 2012

Province d’Al Hoceïma. Casseurs en uniforme. Ignoble...Impensable !

De nos envoyés spéciaux Abdelhafid Marzak et Brahim Taougar (photo) actuel n°133, 16/3/2012

Après Taza, les événements de Béni Bouayach et Imzouren témoignent d’un profond malaise social qui traverse nombre de régions. Manifestations, répression, arrestations. Sur fond de chômage et de sentiment d’abandon, les violences ne sont pas toujours du côté que l’on croit. "actuel" a recueilli des témoignages édifiants mettant en cause les forces de l’ordre. Reportage.

Mercredi 14 mars, 8 heures du matin. Nous sommes sur la route nationale n°2, direction Al Hoceïma. A seulement deux kilomètres de la ville d’Imzouren, théâtre des récents affrontements entre forces de l’ordre et manifestants, un autre drame se joue. Les automobilistes qui ont l’habitude de faire escale à Sidi Bou Afif, le temps d’un petit déjeuner, avant de négocier les derniers virages et pentes qui encerclent les montagnes de l’entrée d’Al Hoceïma, sont sous le choc. La piste goudronnée qui traverse la ville est parsemée de grosses pierres rendant la conduite en ligne droite impossible. Des restes de pneus dégagent encore de la fumée et une forte odeur de caoutchouc brûlé. Des mobylettes abandonnées par terre au milieu de la route, il ne reste que la carcasse. Des tronçons de conduits d’égouts bloquent la route par endroits, des bobines géantes de câbles électriques jonchent les trottoirs. 

La nuit a visiblement été longue et mouvementée. Des deux côtés de la route, les façades des commerces sont éventrées. Les vitrines, jusqu’aux étages supérieurs, sont cassées. Les propriétaires de restaurants et autres snacks se tiennent devant leurs boutiques, entourés par les habitants, mais aussi par des automobilistes, garés des dizaines de mètres plus loin et décidés, à défaut d’un petit déjeuner, à satisfaire leur curiosité. « Ce sont les forces de l’ordre qui ont tout saccagé ! », nous lance Anouar, propriétaire d’un snack-restaurant. A l’intérieur de son commerce, on se croirait au lendemain d’un cambriolage. Et d’après lui, c’en est un. Tout est sens dessus dessous. Les tables et les chaises sont cassées, les présentoirs réfrigérés démontés, et le matériel éparpillé par terre. Nous nous frayons difficilement un chemin dans ce chaos pour découvrir un téléviseur à écran plat complètement détruit. Sur les portes, des traces de bottes sont visibles. Et Anouar de pointer du doigt la police. « Quand ils sont venus, ils ont pris ma caisse-enregistreuse avec tout ce qu’il y avait à l’intérieur, s’indigne-t-il. Ils ont également pris toute la viande dans le frigo. Ils ont organisé un barbecue au milieu de la route. Avant de partir, ils ont tabassé tout le monde, y compris les clients. » Au total, Anouar y aura laissé un peu plus de 70 000 dirhams de marchandises. Pour d’autres, les pertes sont plus écrasantes.

Déploiement impressionnant des forces de l’ordre
Pourquoi une telle intervention ? Y avait-il tant de manifestants à disperser ? « La marche organisée par les membres du bureau local de l’Association des jeunes chômeurs a pris fin vers 18 heures. Les forces de l’ordre sont arrivées sur place à 19 heures ! », affirme le propriétaire d’un restaurant. Les commerçants auraient été pris par surprise et submergés par le nombre impressionnant des forces de l’ordre déployées. « Ils étaient entre 300 et 400. Des véhicules sont venus les déposer. D’autres ne transportaient que de grosses pierres. Ils ont tout de suite commencé à nous les jeter », témoigne un sexagénaire. Ce ne serait apparemment pas le seul matériel utilisé contre les habitants. Des jeunes nous montrent des restes de cartouches à gaz lacrymogène. « Ils en ont lancé un peu partout, même dans les maisons », affirment-ils. Ceux qui ont été pris au piège en essayant de s’enfuir se seraient retrouvés encerclés. « Une vingtaine d’agents bloquaient ceux qui voulaient fuir. Ils les tabassaient et les traitaient de petits-fils d’Espagnols », déclare un habitant. Autour de nous, les jeunes du douar affluent peu à peu pour commenter les événements.
Lot d’insultes et tabassage
A la mi-journée, ceux qui sont déjà sur place accueillent en criant victoire l’un des leurs. Il vient d’être relâché, après douze heures de détention. « Je suis allé voir mon frère, mineur, à l’hôpital d’Al Hoceïma. Il y est placé en garde à vue depuis hier. Sur place, sept agents de police m’ont tabassé et jeté du haut de l’escalier. Ils m’ont récupéré en bas pour me transférer au commissariat », affirme Jamal, la vingtaine, rétabli depuis quelques mois seulement d’un accident qui lui a occasionné 23 points de suture à la tête. Dans un tel état de santé, les jeunes du village voient mal comment Jamal aurait pu s’aventurer dans une quelconque manifestation. Une fois au commissariat, le malheur de Jamal ne faisait que commencer. Il aura droit au même lot d’insultes. « Huit policiers m’ont frappé en même temps à coups de pieds, de gifles et de matraque. Aucune partie de mon corps n’a été épargnée. Quand je les ai suppliés de ne pas me taper sur la tête à cause de mon accident, la fréquence et la puissance des coups ont augmenté », affirme-t-il. Les œdèmes présents sur certaines parties de son corps témoignent de la violence exercée. Certains hématomes ont la taille d’une chaussure.

L’intervention des forces de sécurité a-t-elle pour autant permis un retour à l’ordre public ? Pour les habitants de Béni Afif, la réponse est non.

Au lendemain de ces événements, mercredi 14 mars, ils organisaient à nouveau un sit-in devant les commerces saccagés en fin d’après-midi pour protester contre la brutalité dont ils se considèrent victimes. « Nous refusons ce comportement et nous continuerons à faire entendre notre voix. Nous ne cèderons pas à l’intimidation », lançait un participant, quelques minutes avant le début du mouvement de protestation.
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Rif et régionalisation

Les régions du Rif sont chargées d’histoire. Après des années d’essor économique, les événements de 58-59 ont laissé des séquelles que la marginalisation « préméditée » des années soixante a renforcées. Le processus de réconciliation, entamé il y a dix ans, à travers la visite historique de Mohammed VI, est dans une impasse. Les discussions et les promesses n’avaient-ils pour but que d’acheter une paix sociale à durée déterminée ? Les chômeurs, puisqu’il s’agit essentiellement d’eux, ne manifestent pas pour le plaisir. C’est pourquoi, ils ont joué le jeu et ont gelé tous leurs rassemblements. Après le départ du roi, la désillusion a grandi au fil des mois. Les infrastructures sont toujours absentes, l’économie régionale faible et le chômage élevé. Le désespoir a gagné en puissance. Voilà sans doute pourquoi quelques-uns lèvent le drapeau du Rif. « Loin d’être une demande d’indépendance, le drapeau est un renvoi aux années de richesse qu’a connue la région. Un passé glorieux dont les jeunes d’aujourd’hui s’inspirent et auquel ils aspirent. C’est également un appel à l’application du principe de la régionalisation, synonyme de retour à la démocratie, le tout dans une dimension nationale », affirme Ali Belmezian. Et les jeunes que nous avons rencontrés de souligner qu’aucun discours séparatiste n’a accompagné ce drapeau.

Entretien avec Ali Belmezian, président de la branche Al Hoceïma AMDH

« Il n’a jamais été question de devenir l’instrument de l’autorité »

Ali Belmezian, président de la branche Al Hoceïma de l’Association marocaine des droits humains revient sur les événements, et analyse le sentiment d’abandon des habitants de la région.

Quel est le bilan chiffré des blessés de l’intervention de Sidi Bou Afif ?
Les autorités ont monté une cellule permanente à l’hôpital d’Al Hoceïma avec pour seule mission de procéder à l’arrestation des blessés arrivant d’Imzouren ou de Sidi Abou Afif. Les cliniques ont, quant à elles, reçu l’instruction de ne pas les admettre. Les blessés se barricadent donc chez eux. Nous ne disposons pas aujourd’hui de chiffres exacts. Cependant, nous avons pu constater trois cas de fractures à l’épaule, au bras ou à la main, une dizaine de blessures légères. En parallèle, les forces de l’ordre ont procédé à une trentaine d’arrestations.

Que sont devenus les blessés qui redoutent d’être arrêtés ?
L’AMDH a lancé un appel à ces victimes. Nous les accompagnerons à l’hôpital afin qu’ils aient accès aux soins d’urgence qui conviennent à l’état de chacun d’entre eux. Nos portes leur sont ouvertes. Nous pourrons, en même temps, les recenser.

L’intervention de Béni Afif était-elle justifiée ?
A Al Hoceïma, le phénomène baltajia n’a jamais pu voir le jour. Les autorités ont vainement essayé de recruter des citoyens pour déposer des plaintes contre les manifestants. Elles les incitaient à se venger en se faisant justice eux-mêmes. Les habitants ont toujours refusé cette approche. Il n’a jamais été question de devenir l’instrument de l’autorité dans cette région. Aujourd’hui, les autorités se vengent.

Des commerces ont été saccagés. Quelle en est la raison selon vous ?
Après l’échec de cette campagne de recrutement, le pouvoir en place a considéré que les plaintes reçues étaient une manœuvre de manipulation de la part des habitants. Tout le monde est devenu alors une cible potentielle. A Béni Bouayach, ce concept a partiellement fonctionné. Certains membres du bureau exécutif du Conseil municipal avaient, au début, affirmé que les forces de l’ordre avaient saccagé leurs commerces. Interviewés par la chaîne 2M, ils diront plus tard avoir déposé des plaintes contre X. Entre-temps, ils avaient eu une réunion avec le wali.

Qu’en est-il des manifestants ?
Ils étaient tous déjà rentrés chez eux quand tout cela s’est passé. La marche a pris fin vers 18h. Les forces de l’ordre sont arrivées sur les lieux plus tard.

Pourquoi ces protestations ?
Pour des revendications simples, à la fois économiques, sociales et politiques. Le Rif a subi de plein fouet les effets de la politique contre l’immigration. Il récolte aussi aujourd’hui les fruits de longues années de trafic de drogue. Il y a un déficit en infrastructures. De même, la région ne dispose pas d’industrie. Il n’y a donc pas d’opportunité, pas d’alternative. Les habitants réclament également plus de transparence et moins de corruption dans le processus électoral.

Est-ce la première fois qu’ils manifestent ?
Le mouvement de protestation a démarré il y a un an. Les marches et sit-in étaient quotidiens. Les autorités n’ont jamais essayé de stopper ces activités de peur de se mettre les populations à dos.

Qu’est-ce qui a changé aujourd’hui ?
Cette vague de répression est venue avec l’arrivée du PJD au pouvoir. Celui-ci, en remportant les élections, a cru qu’il avait remporté une victoire contre le mouvement qui appelle au changement : le 20-Février. Les événements d’aujourd’hui, comme ceux de Taza et Khénifra, témoignent de la volonté du nouveau gouvernement d’éradiquer les dernières poches de résistance de ce mouvement au Maroc. Car celles-ci perturbent le projet gouvernemental actuel.


mardi 20 mars 2012

Espace Européen Pour le soutien du Mouvement du 20 février Maroc : soutien au peuple de Rif

12/3/2012
                                  Communiqué
          Contre la répression féroce sur Aït Bouayach et 
                     d’autres localités du Rif

Aït Bouayach est aujourd’hui encerclée par les forces répressives de l’Etat marocain. Une localité dans la province d’Al Hoceima, restée à l’abandon, exposée au mépris des autorités qui se refusent à répondre aux moindres revendications légitimes de la population. Ces revendications inscrites dans la contestation menée par le Mouvement du 20 février, sont scandées sur l’ensemble du pays, durant un an. 
 Et voici un an que l’Etat marocain ignore, d’une manière scandaleuse, la volonté des Marocains de réfuter le statut de « Sujets » pour vivre en dignité, en liberté, en justice sociale, en paix et en prospérité.

Aït Bouayach –  comme hier Taza, avant-hier Sidi Ifni – est une ville martyre exposée à l’arbitraire d’une répression féroce et généralisée, ce 8 mars : boutiques saccagées : pillage à l’étalage par les forces de police ; portes des maisons défoncées ; arrestations ; tabassages et torture ; harcèlements salaces à l’adresse des femmes, insultes ordurières envers les hommes. Les forces de la répression sèment à Aït Bouayach, désarroi et terreur au sein d’une population qui manifeste pacifiquement.
Le même infernal scénario d’un État aux abois, strictement opposé à la construction de l’Etat de Droit, est à l’œuvre dans d’autres localités du Rif (Imzouren et Boukidaren). L’Etat marocain se dirige-t-il dans le sillage des dictateurs qui matent dans le sang les peuples qui exigent la démocratie ? La répétition diabolique des massacres perpétrés par Hassan II et son valet Oufkir, en 1958, serait-elle un objectif inavoué ?

Dans le contexte que nous vivons, la violence de l’Etat ne peut qu’être condamnable  et condamnée ; et ne peut légitimer aucun pouvoir, quel qu’il soit. La haine déversée sur les enfants du peuple marocain par l’Etat et ses élites, est à la mesure de la gestion catastrophique des affaires de la cité. Depuis des décennies, les contentieux ne font que s’accumuler. Le Maroc est la propriété privée de quelques prédateurs, comme viennent de le relater des écrits bien récents. Ni projet de société ni respect de la loi et du droit. L’économie du pays est mise « en coupe réglée » pour l’enrichissement des détenteurs du pouvoir.

Nous dénonçons l’état de siège et le blocus militaire sur l’ensemble des localités du Rif. Et nous demandons que le Makhzen mette un terme à l’escalade punitive, aux emprisonnements et arrestations arbitraires des militantes et militants du Mouvement du 20 février. Nous appelons l’Opinion publique nationale et internationale à la vigilance et au soutien du peuple marocain, contre la barbarie qui s’abat sur les villes marocaines.

C’est aux consciences libres et intègres de déchirer le silence sur la servitude et l’esclavagisme en pleine modernité, et d’accompagner le peuple marocain dans son rêve de construire un Etat de Droit.

Car le Maroc n’est pas un Etat de Droit. Il n’est surtout pas « une exception ».

12/03/2012
http://www.annahjaddimocrati.org/index.php/en/accueil/77-fr/826-espace-europeen-pour-le-soutien-du-mouvement-du-20-fevrier

lundi 12 mars 2012

LE RIF: Les affrontements prennent de l'ampleur

Par Ali Fkir, correspondant local du site d’ANNAHJ ADDIMOCRATI, 11/3/2012

En ce moment, 18h41 mn (heure locale) du 11 mars 2012, des affrontements dans les régions : Imzourne, Beni Bouayach, Aït Youssef ou Ali , entre les forces de répression et les citoyens. 
De nombreux blessés, de nombreuses arrestations... L’Etat de siège est pratiquement imposé. Les forces de répression utilisent les bombes lacrymogènes, des balles en caoutchouc, les matraques…Tout est fermé.
Des militants d’ANNAHJ ADDIMOCRATI ont été arrêtés.
Dernières informations : certains auraient été relâchés (Abd Nacer Ahbbaz, Badr Eddine…)
LA SOLIDARITE AVEC LES VICTIMES DE LA REPRESSION 
NOUS INTERPELLE
 Des militants du MVT20FEVRIER (Younes de la jeunesse du PADS, Najm wahid d'ANNAHJ ADDIMOCRATI, Tark...) arrêtés cet après-midi viennent d'être libérés. Plusieurs blessés sont hospitalisés dont des cas graves.
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                  BENI BOUAYACH, TAZA MÊME COMBAT !
Par badiltawri 10/03/2012

La série d’expéditions punitives continue. Beni Bouayach a connu des affrontements continus pendant plusieurs jours. Bastion d’une résistance locale où le mouvement des diplômés chômeurs est connu pour sa combativité et où les luttes démocratiques qui ont accompagné le mouvement du 20 février   ne s’embarrassent pas là-bas des illusions d’une monarchie au service du peuple. 
 A Beni Bouayach on préfère le drapeau de la République du Rif à celle de la dictature. Cela fait un moment que des mobilisations de  la population contre la marginalisation imposée se sont développées. C’est à l’occasion d’une protestation presque ordinaire à propos des factures d’eau et d’électricité devant les locaux du   gouvernorat et de de l’Office Nationale de l’Electricité que le pouvoir a donné le signal de l ‘affrontement. On se rappelle que peu de jours avant, les forces de l’ordre avaient bloqué les axes de circulation entre Beni Bouayach et al Hoceima pour empêcher les marches de solidarité contre la détention politique et l’arrestation d’un jeune militant.  Toute la panoplie des services est descendue : la gendarmerie royale, les forces armée royales, les forces auxiliaires, les forces de la sécurité nationale. Gaz lacrymo, camion à eau, matraquage à outrance. Les forces de l’ordre n’ont pas hésité à semer la terreur , frappant sans  distinction manifestants et passants, jeunes, enfants et vieux., détruisant services de proximités, cafés. Cette punition collective dans la lignée de la stratégie actuelle du makhzen vise à terroriser les classes populaires. Le degré de violence n’est pas sans rappeler, dans la mémoire des habitants,  les évènements de 58/59. Sans doute le pouvoir a-t-il voulu montrer que lui n’a pas oublié et qu’il est prêt à recommencer. Le rif  est dans les codes génétiques du pouvoir une tache sombre et il a raison. Là-bas la dignité rebelle , amazigh et populaire a un autre code génétique : celui de la résistance. Vive 1,2,3 Beni Bouayach !
http://badiltawri.wordpress.com/2012/03/10/beni-bouayach-taza-meme-combat-3/                          ----------------------------------------------
 Par demainonline, 11/3/2012

Une voiture de police brûle à Aït Moussa Ou Amar (Photo Rifnow)
C’est la « guerre » à Beni Bouayach et les localités environnantes
Rabat.- C’est une ville littéralement en état de siège qui s’est réveillée aujourd’hui. Après d’âpres affrontements entre des manifestants, extrêmement mobiles qui passaient d’un quartier à un autre, et la police, la rifaine Beni Bouayach a été prise cette nuit par les forces de l’ordre venues en nombre de Taza et d’Al Hoceima.

Mais au petit matin, la guerre de positions entre les manifestants et les forces de l’ordre a repris.

Selon des témoins, la population a pris fait et cause pour les manifestants, et à Beni Bouayach on a ainsi vu des scènes oubliées depuis des lustres. Dans certains quartiers, des mères de manifestants ont déversé depuis les toits de leurs maisons de l’eau bouillante sur les forces de l’ordre.

Et sur les toits de certains immeubles, les manifestants ont accroché des drapeaux de la République du Rif ce qui a eu pour effet d’attirer vers eux la violence policière.

Dans plusieurs vidéos qui circulent sur le net, il y a des communiqués de guerre qui parlent de « forces de répression », de « pouvoir illégitime », et d’autres termes analogues qui tout en revendiquant la marocanité du Rif frôlent l’indépendantisme.

Pour le moment, il ne s’agit plus seulement de Beni Bouayach, où les forces de l’ordre ont été repoussées cet après-midi du centre ville et où un hélicoptère de la gendarmerie royale survole la ville, mais également d’Imzouren, de Boukidane et d’autres localités voisines.

Au début d’après-midi un activiste du M20F, Chakir Yahyaoui, a été arrêté, ce qui a déchaîné encore plus les passions et avivé les solidarités.

Des témoins signalent la présence de l’armée dans ces villes. Et cela fait cinq jours que les émeutes durent.
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Communiqué du Mouvement du 20 février pour la Suisse, sur les évènements d'Aït Bouayach et ses environs 

par Salah Elayoubi, 11/3/2012
 
Suite aux inquiétants développements de la situation que connaît la ville d’Ait Bouayach (Maroc), le mouvement du 20 février pour la Suisse condamne l’usage disproportionné de la force publique et, pour cette raison même, impute la responsabilité de l’extrême tension et de la violence démesurée de ces dernières quarante-huit heures, aux forces de l’ordre.
 
Celles-ci acheminées en nombre, dans cette ville pour terroriser ses habitants et museler la contestation légitime qui s’étend à l’ensemble du pays, en protestation des méthodes de gouvernance indignes et contraires aux aspirations du peuple marocain.

Une fois de plus, après le triste épisode des émeutes de Taza et à l’instar d’autres foyers de tension, le régime marocain aura tenté de cacher son échec à répondre aux attentes légitimes des populations, par la terreur, l’intimidation et la répression.

Des témoignages multiples et concordants rapportent que des force de police, appuyés par les compagnies mobiles d’intervention (CMI) et les forces auxiliaires, s’en seraient prises aux citoyens, sans distinction de sexe ni d’âge,  y compris à de simples passants qui n’étaient pas partie prenante des manifestations, les accablant d’intimidations, d’arrestations arbitraires, d’atteintes à leurs intégrité morale et physique : coups, blessures et autres propos vexatoires.

Selon les mêmes sources, des policiers se seraient, en outre, comportées, en parfaits  voyous, violant les domiciles, s’en prenant aux propriétaires, insultant et menaçant les femmes en des termes grossiers et saccageant les intérieurs, au prétexte de perquisitionner leur domiciles à la recherche des jeunes manifestants, dont on sait, par ailleurs, que la plupart d'entre eux,  avaient fui en direction des montagnes environnantes.

Ils auraient également utilisé les méthodes expérimentées sur la ville de Taza et qui consistaient à se venger de la révolte, en s’attaquant aux biens privés, tels des cafés ou des commerces, visiblement dans le but de distiller la terreur dans les esprits de simples citoyens et pour les dissuader de prendre fait et cause pour les émeutiers et pour les empêcher de leur apporter aide et assistance.

Par ailleurs, les mêmes témoins font état de violences administrées à ceux que la force publique a maîtrisés et sur lesquels s’acharnent, en vrais bourreaux, des policiers à coup de matraques, de pieds et de poings, alors même qu’ils sont à terre et menottés.

Une fois de plus, le régime marocain apporte, par l’absurde, la démonstration de son incapacité à apporter des solutions aux revendications de justice, d’égalité et de dignité de ses citoyens. Une fois de plus, sa seule réponse s’est traduite sur le terrain par une répression aveugle menée par des éléments qui tiennent plus de sicaires assoiffés de vengeance, que de policiers responsables du rétablissement de l’ordre public et censés  être au service des citoyens.

En considération de ce qui précède et au vue des témoignages qui affluent d’heure en heure sur l’ampleur de la répression que subissent nos compatriotes d’Ait Bouayach, le mouvement du 20 février pour la Suisse :
-          Rappelle que le droit de manifester est un droit légitime que les autorités publiques se doivent de respecter. En l’occurrence, ce droit est d’autant plus légitime  qu’il est motivé par l’échec de ses autorités à répondre aux attentes légitimes des  populations.

-          Condamne la répression barbare qui s’abat sur les populations qui protestent pacifiquement contre les conditions de vie indignes imposées par un régime dont le seul but est l’enrichissement de la monarchie et du clan dont elle s’est entourée pour défendre ses intérêts.

-          Se solidarise entièrement et sans condition, avec tous ceux qui luttent pour faire valoir leurs droits légitimes à une vie digne et tout particulièrement, avec nos compatriotes d’Aït Bouayach et ses environs.

-          Exige la fin de la marginalisation, la levée du blocus et l’arrêt de la militarisation de la ville d’Ait Bouayache.

-          Exige la libération immédiate et sans condition de tous les prisonniers politiques au Maroc et appelle au jugement des responsables des exactions commises à l’encontre des manifestants pacifiques et contre tous ceux qui luttent pour la démocratie, la dignité et la justice sociale.

-          Déplore la poursuite de la culture de l’impunité dont jouissent certains responsables sécuritaires, en particulier ceux impliqués dans les meurtres non élucidées de certains militants des mouvements du 20 février et appelle les autorités  à œuvrer en vue d’y mettre un terme définitif.
 
-           Rappelle enfin, que le Mouvement continuera sa lutte jusqu'à l'instauration d'un véritable Etat de droit au Maroc.

Vive le peuple marocain

Vive la liberté
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Sur Facebook : Mohammed Belmaïzi
Abou3ayyach / Taza / Ifni... pour ne parler que de ces points où le Makhzen a exercé son arbitraire et sa répression, sont la mémoire de notre peuple qui ne se soumettra jamais à des pirates qui ont vampirisé note pays. Des Chaffara et Qattala sans vergogne. La Révolution démarre dans notre pays, qui fera dégager ces détenteurs illégitimes du pouvoir, ces sans morale ni éthique !
http://youtu.be/JheaIlme6XI

Salah Elayoubi
Selon des sources citoyennes, le quartier Al Qods, à Imzouren, subirait la plus forte concentration des forces de l'ordre qui utilisent des gaz lacrymogènes entrainant des cas d'asphyxie et des saignements du nez et de la gorge.
Même les habitants des quartiers éloignés de ces scènes de guérilla urbaine souffrent de troubles après avoir respiré l'air sature, particulièrement les enfants et les femmes.
Enfin tous ceux qui se présentent dans les centres de soins pour traitement des blessures graves sont arrêtes par les forces de l'ordre.