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jeudi 24 octobre 2013

Rif : Les jeunes de Targuist réclament toujours la réalisation de projets royaux lancés en 2007

 
Voilà plus de deux mois que les jeunes de Targuist battent le pavé. Leur principale revendication : la concrétisation sur le terrain de projets lancés par le roi Mohammed VI lors de sa visite en 2007. Six ans plus tard, rien n’a été fait. Les promesses du gouverneur d’accélérer le « rythme » des réalisations ne semblent guère convaincre les représentants des contestataires. Dimanche, ils sont descendus dans les rues. Les forces de l’ordre, également.
Il n’y a pas que le Sahara qui est en ébullition, le Rif l’est également. Cette année, c’est Targuist qui a repris le flambeau de la contestation de Bni Bouyache et Imzouren. La petite ville a connu, dans l’après-midi du dimanche 20 octobre, une nouvelle marche organisée par des jeunes contre le conseil municipal, dont le siège était l’objectif final des manifestants.
Contrairement au dernier mouvement de contestation qui a eu lieu le vendredi 11 octobre, cette fois, les autorités locales, montrant ainsi leur soutien au conseil communal, ont choisi la manière forte en tentant de disperser la manifestation.

Les jeunes réclament toujours la réalisation des projets lancés par le roi
L’intervention des forces de l’ordre a causé, selon des sources locales, des blessés dans les rangs des manifestants. Et pourtant, leurs réclamations sont toutes légitimes avec notamment des meilleures conditions de vie pour l’ensemble des habitants de Targuist. Mais leur principale doléance est surtout la réalisation des projets royaux annoncés lors de la visite de Mohammed VI en 2007.

Le gouverneur de Targuist a tenté, début septembre, de nouer le dialogue avec les représentants de la contestation, mais en vain. Ces derniers ont rejeté son offre. Il a, également, promis d’accélérer la "cadence" des projets lancés par le monarque. Des tentatives qui n’ont pas pu calmer la colère des habitants.
Force est de constater que nous sommes en face du même scénario que celui de Bni Bouyach et Imzouren en 2012. Il se répète, cette fois, à Targuist. Il y a une réelle volonté de la population rifaine de voir des projets structurants se développer.
Le recours à la matraque en guise de réponse de l’Administration territoriale à ces revendications ne fait que raviver les tensions et accentuer le manque de confiance entre le Rif et Rabat.

 http://www.yabiladi.com/articles/details/20348/jeunes-targuist-reclament-toujours-realisation.html

mercredi 18 septembre 2013

Targuist : Les habitants manifestent contre l’inactivation de projets inaugurés par le roi



Vendredi après-midi, les habitants de la ville de Targuist, au nord du Maroc sont sortis en masse dans la rue pour protester contre leurs conditions de vie sociale et demander l’installation d’une préfecture et l’activation de projets royaux d’une valeur de 300 millions de dirhams.
Les manifestants, encerclés par les forces de l’ordre ont scandé de nombreux slogans virulents demandant le désenclavement de leur ville et la levée de ‘’l’indignité’’ qu’ils subissent.
Des sources locales contactées par Lakome ont déclaré que ‘’Targuist a bénéficié du lancement de plusieurs projets d’une valeur de 300 millions de dirhams depuis la dernière visite royale en 2007, sauf qu’aucun de ses projets n’a vu le jour’’. La même source a également déclaré que les responsables du Conseil municipal prétendent qu’aucun cadre immobilier n’a pu être trouvé pour lancer ses projets.

lundi 4 mars 2013

Maroc: le "sniper" anti-corruption, jusqu'ici anonyme, enlève son masque

AFP, 3/32013

Mounir Agueznay, à Rabat le 11 février 2013
Mounir Agueznay, à Rabat le 11 février 2013
Agueznay a filmé clandestinement pendant six ans des gendarmes et des fonctionnaires en flagrant délit de corruption, avant de dévoiler récemment son identité à la presse.
En 2007, il parvient à filmer avec sa petite caméra des gendarmes en flagrant délit de corruption près de Targuist, le village qu'il habite.

La vidéo, d'une dizaine de minutes, montre des automobilistes, des conducteurs d'autocars et de motos, donner de l'argent sans même s'arrêter, discrètement de la main à la main, à des gendarmes qui les laissaient passer sans contrôle.
Ces images, mises en ligne sur un site d'information local, avaient fait aussitôt le tour du monde grâce aux chaînes satellitaires arabes et occidentales qui les avaient diffusées en boucle.
"Avec des amis du quartier, nous avons été convoqués par les autorités locales et par la gendarmerie. Ils nous interrogés longuement et j'ai dû nier tout en bloc", a déclaré à l'AFP Mounir Agueznay, qui a dévoilé son identité après six ans de "clandestinité" et des dizaines d'autres vidéos montrant des gendarmes et des fonctionnaires en flagrant délit de corruption.

Un sniper très connu mais "sans visage"
Il a pour la première fois accepté de donner des interviews à visage découvert à la presse marocaine la semaine passée, car "le personnage du sniper est devenu très connu, mais sans visage". "Il est temps qu'il ait un visage, mais je continuerai à dénoncer la corruption à visage découvert", précise celui que l'on surnomme aussi "Zorro".
En octobre 2012, Transparency International a publié une importante enquête dans laquelle elle considère que le Maroc se situe à un niveau "élevé" de l'échelle de corruption dans le monde, derrière la Turquie, l'Afrique du Sud ou encore le Sénégal.
Selon cette ONG, 55% des dirigeants d'entreprises marocains sondés jugent la corruption "courante" et 53% estiment que la politique du gouvernement est "inefficace".
Le parti islamiste Justice et développement (PJD), qui dirige le gouvernement depuis plus d'un an au Maroc, a fait de la lutte contre la corruption l'un de ses chevaux de bataille. Récemment, le pays a adopté une loi dépénalisant les dénonciateurs de cas de corruption.
Mais les autorités de Targuist, soupçonnant fortement M. Agueznay sans parvenir à l'épingler, s'en sont pris à ses proches.
"Pour se venger de moi, ils ont arrêté mon frère Radouane en octobre dernier et l'ont accusé de 'trafic de drogue'. Il a été condamné à un an de prison ferme", souligne le "sniper de Targuist".
Il se dit "déçu" par le gouvernement que dirige l'islamiste Abdelilah Benkirane.
Le jeune homme s'est présenté sous l'étiquette du PJD à Targuist aux élections de novembre 2011, qui se sont déroulées dans le tumulte du Printemps arabe et ont donné lieu à une large victoire des islamistes - mais il n'a pas été élu.
"J'y croyais vraiment. Je pensais qu'après les slogans électoraux du PJD contre la corruption et pour vraie une transparence, les choses allaient changer...". "Malheureusement, jusqu'à présent, ce gouvernement n'a pris aucune mesure concrète allant dans ce sens", estime-t-il.
Dans un entretien accordé en octobre 2012 à France 24, Abdelilah Benkirane a souligné que la lutte contre la corruption demandait "du temps".
AFP