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vendredi 13 septembre 2013

Excuses et dédommagements à la nation Sahraouie par l'Espagne et le Maroc

Par Saharadocs, publié le 9/9/ 2013

Le 29 avril 1991 le Conseil de sécurité des Nations Unies adopte la résolution 690 qui prévoit la tenue d’un référendum sur le statut définitif du Sahara Occidental. Le Sahara Occidental a été une colonie espagnole de 1884 (Conférence de Berlin) au 1975, alors que dès 1976 il devient une colonie marocaine. En 1963 il est inséré dans la liste des Nations Unies des Territoires non autonomes.
Malheureusement au cours des dernières années le sujet des réparations a été affronté  aussi bien de la part du Maroc que de l’Espagne uniquement de manière opportuniste ou partielle.

Le 6 janvier 2006 l’instance équité et réconciliation, IER instituée par le Roi du Maroc, a publié le rapport final, qui identifie le Sahara Occidental comme « provinces du sud » ce qui a été fait sans consulter la population sahraouie, en invoquant des raisons de sûreté. La partialité évidente en a compromis l’efficacité réparatrice.

Le 1er août 2011 le Parlement espagnol approuve la loi 27/2011 sur l’actualisation, l'adaptation et la modernisation du système de sécurité sociale, ainsi que  la quarante-deuxième disposition additionnelle "Versements effectués par le personnel sahraoui des entreprises espagnoles, avant le  retrait du Sahara Occidental". Il prévoit que le Gouvernement, d’ici deux mois, présentera à la Commission Travail et Immigration une relation sur les personnes sahraouies qui travaillaient dans les entreprises espagnoles le 26 février 1976, date à laquelle l’Espagne se retira du Sahara Occidental. Au-delà des  travailleurs impliqués, la relation inclura le coût, le projet d’implémentation et les échéances. À ce jour la relation n’a pas encore été présentée.

Colonialisme-Réparation demande que le Maroc se retire immédiatement des territoires occupés en permettant la tenue du référendum sur le statut définitif du Sahara Occidental décidé par les Nations Unies en 1991 et exige que l’Espagne et le Maroc présentent leurs excuses et des dédommagements à la nation sahraouie pour l’entière période de domination coloniale, y compris la présentation de la part du Gouvernement espagnol de la relation pour permettre au personnel sahraoui des entreprises espagnoles de bénéficier finalement de la  retraite méritée.

 http://saharadoc.wordpress.com/2013/09/09/excuses-et-dedommagements-a-la-nation-sahraouie/

jeudi 8 août 2013

La manifestation du 6 août 2013 à Casablanca est un moment historique !



C'EST UN MOMENT HISTORIQUE:
- ARRIVER A ORGANISER UN SIT-IN CONTRE UNE DÉCISION DU ROI,
- CONTRE LE POUVOIR ACCORDE AU ROI PAR LA CONSTITUTION.

  DANS LE PASSÉ, 2 SIT-IN ONT EU LIEU:
- CONTRE LA CÉRÉMONIE D'ALLÉGEANCE,
- CONTRE LE BUDGET DU PALAIS,
TOUS 2 RÉPRIMÉS.
SANS PARLER DU SIT-IN CONTRE LA GRÂCE, RÉPRIMÉ DANS LE SANG, VENDREDI DERNIER, A RABAT


 C'EST LA 1ERE FOIS QU'UNE MANIFESTATION DANS LA RUE FASSE UNE DEMANDE D'EXCUSE POUR UNE FAUTE GRAVE ENVERS LE PEUPLE ET LA DIGNITÉ DES MAROCAINS.
- LE SIT-IN SE POURSUIT SANS INTERVENTION POLICIÈRE.
- LES MANIFESTANTS TIENNENT DES BOUGIES ALLUMÉES.
- SLOGANS MULTIPLES ET DIVERS : INDÉPENDANCE DE LA JUSTICE, DEMANDE D'EXCUSE.
- PLUSIEURS CERCLES DE MANIFESTANTS DISCUTENT LE SUJET DE LA GRACE.
- TOUT AU LONG DE CETTE MANIFESTATION, TROIS THÈMES REVIENNENT SOUVENT:
 la grâce royale, les excuses à présenter et  l'indépendance de la justice.
Fouzia Ejjawi a partagé une photo de Raoui Mohamed.
Casa ce soir

  • Maria Christine Vicente et Radouane Baroudi 
    ont partagé un lien.

    Liveblog du sit-in de Casa du 6 août, Place des pigeons
    www.mamfakinch.com
    Bravo à tous ! Soutien et amitié !
    MJF Solidmar
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Mohammed VI doit être tenu politiquement responsable de ses actes


Après le drame des viols commis par le criminel Espagnol Daniel Galvan condamné à 30 ans de réclusion criminelle, les victimes et leurs familles ont eu à subir une seconde injustice : la grâce du pédophile par Mohammed VI à l’occasion de la fête du trône. Elles se voient trahies par le roi du Maroc pourtant censé protéger, selon l’article 42 de la Constitution, « les droits et les libertés des citoyennes et des citoyens ».

Youssef Belal
A l’origine une sombre affaire de marchandage diplomatique avec l’Espagne, la grâce royale du pédophile s’est muée en scandale moral et en crise politique majeure mettant en cause directement la responsabilité de Mohammed VI. Un scandale moral car des dizaines de milliers de familles marocaines se sont identifiés aux victimes et à leurs familles. Chaque père et chaque mère de famille sont révoltés par une grâce royale qui pourrait demain viser le violeur de leurs propres enfants. Ce détournement cynique d’une décision de justice constitue, avec les affaires de pédophilie précédentes rapidement étouffées -comme celle d’un ancien ministre Français à Marrakech- un encouragement à sévir pour les criminels sexuels originaires de pays européens et avec qui l’Etat marocain dit avoir des intérêts majeurs. La grâce royale montre une nouvelle fois dans quel mépris sont tenus les Marocains. Pour le roi comme pour son entourage, les Marocains sont des sujets dociles prêts à accepter tout de leur souverain. Une telle décision serait passée inaperçue si l’avocat des victimes, relayé par les réseaux sociaux, n’avait alerté la presse.  
C’est aussi une crise politique majeure car cette affaire fait ressortir clairement les contradictions du régime marocain. D’un côté, le palais et, en service commandé, la majorité de la classe politique et des médias ne cessent de parler des bienfaits de « la monarchie exécutive » -euphémisme désignant le despotisme- dans laquelle le roi, doté de larges pouvoirs, règne et gouverne. Depuis l’accession au trône de Mohammed VI, tout est fait pour maintenir son omnipotence et son omniprésence. Toutes les décisions majeures de l’Etat sur les plans politique, militaire, social ou économique passent par le palais. De l’autre côté, Mohammed VI se défile lorsqu’il s’agit d’assumer la responsabilité politique de ses actes. Le mythe du « bon  monarque » mal entouré et mal orienté a permis de protéger le roi d’une contestation frontale. L’adoption de la nouvelle constitution en juillet 2011 à la suite de la contestation populaire du 20 février et la victoire du Parti de la justice et du développement (PJD) aux élections du 25 novembre 2011 n’ont pas mis un terme ni même diminué les pleins pouvoirs du roi. La mise en cause directe de la responsabilité du roi dans l’affaire de la grâce royale n’a pas été le fait d’une hypothétique nouvelle configuration institutionnelle mais a pris forme dans les réseaux sociaux puis dans les rues de plusieurs villes. Si Mohammed VI a plusieurs fois bafoué la constitution qui a pourtant été rédigée par une commission totalement acquise, c’est la contestation citoyenne dans l’espace public qui le rappelle à l’ordre et le ramène à une interprétation démocratique du même texte.   
En quoi ces protestations contre la grâce royale constituent un tournant politique ? Alors que la contestation du mouvement du 20 février en 2011 avait revendiqué la démocratisation de l’Etat en des termes généraux (« lutte contre le despotisme et la corruption »), la contestation de la grâce royale lui donne une vigueur renouvelée contre une cible précise. Elle donne au mouvement du 20 février un motif de contestation clair et capable de produire l’unanimité tout en soulevant des questions centrales liées à la nature du régime marocain et à l’exercice du pouvoir par le roi. Surtout, c’est la première fois sous Mohammed VI qu’une contestation politique élargie et sans coloration idéologique vise de manière aussi frontale et explicite un acte du roi. Cette mobilisation ciblée a donc le potentiel de rassembler en son sein des organisations politiques et civiles très diverses et des citoyens de tout bord.
Comment interpréter la responsabilité de Mohammed VI après le communiqué du palais royal du samedi 3 août 2013 sur « l’ignorance » du roi quant à la nature des crimes commis par le pédophile espagnol ? Il faut d’abord souligner que la contestation du vendredi 2 août 2013 à Rabat puis par la suite dans plusieurs villes du Maroc a fait plier le roi, car pour la première fois le palais fait profil bas et se voit obligé de donner des explications là où, en l’absence de mobilisation, le silence méprisant eût été la seule réponse. Ensuite, cette version semble difficile à croire vu le communiqué du ministre de la justice Mustapha Ramid a clairement justifié la décision royale pour des considérations « d’intérêt national ». Enfin, comme l’ont révélé plusieurs articles de presse, un autre pédophile, Français cette fois, a été gracié par le roi en 2006. Si Mohammed VI savait, il aurait, en plus d’une faute politique, commis une faute morale grave qui lui aurait coûté son poste s’il avait été un dirigeant démocratiquement élu.  
Mais admettons que le roi ignorât tout du pédophile qui a bénéficié de sa grâce. Le fait de ne pas savoir n’exonère en rien le roi de sa responsabilité politique et constitutionnelle. L’article 58 de la constitution marocaine est clair : « le Roi exerce le droit de grâce ». L’affaire de la grâce royale serait donc au mieux un signe d’incompétence et de négligence sur des affaires d’Etat de la plus haute importance. Comment prétendre diriger l’Etat et « protéger les droits des citoyens » lorsque le roi fait preuve d’une telle légèreté ? Est-ce là le message d’exemplarité morale que « le commandeur des croyants » adresse aux fonctionnaires de l’Etat et aux citoyens ? Rappelons que Mohammed VI continue à exercer de larges pouvoirs, supérieurs à ce que lui confère la constitution de 2011, mais se défile lorsqu’il s’agit d’en assumer les conséquences politiques et de faire face à la critique publique et légitime des citoyens. Il devrait au minimum, présenter des excuses aux familles des victimes et aux Marocains pour cet acte indigne. En l’absence de mécanismes institutionnels mettant en cause les décisions du roi, c’est à la mobilisation citoyenne qu’incombe ce devoir critique.   
La monarchie marocaine a longtemps fonctionné sur ce paradoxe : un roi qui décide de tout mais n’est responsable de rien. Or ce fondement du régime  est de moins en moins toléré par les Marocains, non pas en des termes abstraits, mais à l’épreuve de faits précis et de questions concrètes comme l’est l’affaire de la grâce du pédophile. La monarchie doit choisir entre, d’une part, l’exercice du pouvoir suscitant une contestation frontale potentiellement fatale et, d’autre part, sa survie comme institution symbolique unifiant les Marocains et se maintenant à l’écart des soubresauts et des vicissitudes du pouvoir.
http://fr.lakome.com/index.php/chroniques/1197-mohammed-vi-doit-etre-tenu-politiquement-responsable-de-ses-actes

Oui, la manifestation POUR L'INDÉPENDANCE DE LA JUSTICE est bien maintenue !


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Oui, la manifestation est bien maintenue et pour les causes suivantes:
1-L'application effective de l'annulation de la grâce royale et la remise de "Daniel" dans une prison marocaine pour y purger sa peine.
2-Exiger des excuses officielles de l'états en la personne de son chef aux familles des victimes et au peuple marocain.
3-Exiger une indépendance totale de la justice ainsi que son indépendance de toute intervention étrangère.
4-Dénoncer la répression sauvage qu'on connu les manifestations pacifiques dans les villes suivantes: Rabat-Tanger-Tétouan-Nador
5-Exiger une réforme de la procédure de grâce royale.


حنا نازلين غدا و ها علاش :
-تفعيل قرار إلقاء العفو و إرجاع دانييل لقضاء عقوبته بالمغرب
-اعتذار رسمي للدولة في شخص رئيسها لعائلات الضحايا و الشعب المغربي
-استقلال تام للقضاء و استقلاله من التدخل الخارجي
-التنديد بالقمع الهمجي الذي تعرضت له المظاهرات السلمية بكل من الرباط/طنجة/تطوان/الناظور
-إصلاح مسطرة العفو


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Maroc : la grâce accordée à un pédophile espagnol en 4 questions

Le Monde.fr, 5/8/2013 



Le roi du Maroc Mohammed VI, en juillet 2013.Confronté à une indignation persistante au sein de la population, le roi du Maroc Mohammed VI a décidé, dimanche 5 août, d'annuler la grâce qu'il avait accordée au pédophile espagnol Daniel Galvan Viña. L'homme, soixantenaire, avait été condamné en 2011 à trente ans de prison pour des viols sur onze mineurs.

  • Pourquoi une grâce du roi ?
Daniel Galvan Viña faisait partie d'une liste de quarante-huit prisonniers espagnols auquel le roi a accordé la grâce. Selon les médias officiels marocains, il a été gracié au nom de l'excellence des relations bilatérales entre les deux pays, quelques jours après une visite du roi Juan Carlos. Le prisonnier n'avait alors purgé qu'un an et demi de sa peine.
Toutefois, selon le journal marocain Lakome, sa présence sur cette liste résulterait en réalité d'une "faveur" accordée par Rabat après une demande pressante du CNI (Centro Nacional de Inteligencia), l'agence de renseignement espagnole.
  • Une fausse identité ?
En effet, pour le quotidien espagnol El Pais, "il est probable que M. Galvan Viña ait été un espion". Son avocat, Mohamed Benjedou, a indiqué que son client lui avait confié être un officier de l'armée irakienne qui avait collaboré avec les services étrangers pour renverser le dictateur Saddam Hussein. Il aurait été exfiltré en Espagne après la guerre en Irak, où il aurait bénéficié d'une nouvelle identité en remerciement de sa collaboration. Le CNI a toutefois démenti tout lien avec l'individu.
"Galvan Viña n'est probablement pas le vrai nom du pédophile, qui est né à Bassora [en Irak] de père et de mère irakiens", affirme El Pais. Dans ses documents pénitentiaires, il était considéré comme un "Espagnol d'origine irakienne". Un temps remis en cause, son statut de professeur retraité originaire de Murcie, dans le sud de l'Espagne, semble toutefois être avéré : des responsables de l'université ont affirmé qu'il y avait travaillé de 1996 à 2002.
L'homme se serait ensuite installé au Maroc, se laissant aller au comportement "d'un homme qui commettait ses crimes sans crainte des conséquences, comme s'il bénéficiait d'une protection particulière", selon le journal marocain Lakome.
Installé à Rabat depuis huit ans, l'homme organisait des fêtes pour les enfants dans son appartement, selon un autre article du quotidien El Pais. C'est dans ce cadre qu'il a abusé sexuellement d'au moins onze mineurs, âgés de 3 à 15 ans. Certains ont été photographiés ou filmés dans des positions obscènes. "Il profitait de la précarité des familles", a conclu le tribunal de Kénitra, qui l'a condamné à trente ans de prison, soit la plus lourde sanction pour pédophilie jamais décidée au Maroc, lors d'un procès à forte répercussion médiatique.
  • Pourquoi le roi a-t-il annulé la grâce qu'il avait accordée ?
Moins de 24 heures après avoir annoncé l'ouverture d'une enquête sur cette "regrettable libération", le souverain marocain a finalement décidé d'annuler la grâce. Cette décision, "à caractère exceptionnel", est motivée par "la gravité des crimes commis et le respect du droit des victimes", a indiqué le Palais royal. Elle aurait été prise, selon Lakome, après concertation avec les autorités espagnoles.
Dans cette première prise de position, le Palais royal avait également assuré que Mohammed VI n'avait "jamais été informé, de quelque manière que ce soit et à aucun moment, de la gravité des crimes abjects pour lesquels l'intéressé a été condamné".


Manifestation contre la grâce accordée par le roi au pédophile espagnol Daniel Valgan, le 5 août à Kenitra.
Affrontant l'une des pires crises politiques depuis qu'il règne, le roi du Maroc a pu céder à la colère des citoyens marocains, qui s'est exprimée dès vendredi soir, lorsque plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées devant le Parlement de Rabat, bravant la répression policière.
Malgré sa décision d'annuler la grâce, une nouvelle manifestation de plusieurs centaines de personnes a eu lieu dimanche soir à Kénitra, là-même où le condamné espagnol a vécu puis a été incarcéré, sous forte présence policière mais sans incident. Des sit-in programmés mardi à Casablanca et mercredi à Rabat sont pour l'heure maintenus, tandis que l'affaire a été rebaptisée #DanielGate sur Twitter
Le problème de la pédophilie est explosif au Maroc, où l'ONG "Touche pas à mon enfant" estime à 26 000 le nombre d'enfants violés par an, soit 71 par jour. "Et une partie de ces délits est commise par des réseaux de pédophiles bien organisés, qui évoluent dans le milieu de la jet-set de Marrakech (...), y compris par de puissants hommes politiques et chefs d'entreprises européens", relève El Mundo. Dans ce pays qui est devenu une importante destination de tourisme sexuel, le roi a déjà gracié un autre pédophile français en 2006, rappelle Lakome.
  • Que peut faire le Maroc après l'annulation de cette grâce ?
Selon El Pais, Galvan est entré jeudi en Espagne par la ville espagnole de Ceuta, située dans une enclave de la côte marocaine. Il demeure depuis dans un lieu inconnu.  
Le Palais royal note que le ministre marocain de la justice, Mustapha Ramid, devra "examiner avec son homologue espagnol les suites à donner à l'annulation de cette grâce", une formule qui "ouvre la voie" à une demande de Rabat pour que le pédophile y purge le reste de sa peine, selon l'ambassadeur d'Espagne au Maroc, Alberto Navarro, cité par El Pais.
Selon le quotidien espagnol, M. Galvan Viña ne peut être extradé au Maroc, car il est un citoyen espagnol. Mais il peut, en vertu des accords hispano-marocains, purger sa peine en Espagne. Le condamné avait d'ailleurs sollicité son transfert dans une prison espagnole.
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Younes Derraz a partagé une photo de Mamfakinch.
Demain à Casa ! Et dire que Curzio Malaparte m'a demandé de le lui rappeler, voilà c'est fait a jem !
Quelle émotion nous réunit en ces moments magiques ! Ceux qui ni vivent pas cela ne savent pas ce qu'ils ratent !

samedi 8 juin 2013

Maroc/Turquie : Le roi n’a pas reçu le Premier ministre Erdogan


Par wibme,4 /6/ 2013 
 
Le chef de gouvernement turc, Recep Tayyip Erdogan ne gardera pas de bons souvenirs de son premier déplacement au Maroc. Son tête-à tête avec le roi Mohammed VI n’a pas eu lieu. En somme une visite-monologue au cours de laquelle, il s’est réuni, uniquement, avec ses « frères » islamistes.
La visite du premier ministre turc au Maroc se termine en queue de poisson. Le chef de l’AKP a écourté son séjour au Maroc, initialement étalé sur deux jours, pour se rendre en Algérie. Certes Benkirane a tenté de détendre l’atmosphère mais les images diffusées, hier, par 2M et Al Oula, montraient un Recep Tayyip Erdogan crispé. Et pour cause, il ne s’attendait pas à ce qu’il ne soit pas reçu par le roi Mohammed VI. Un privilège que l’Espagnol Mariano Rajoy et le Français Jean Marc Ayrault ont eu lors de leurs déplacements au royaume. Mais aussi des ministres des Affaires étrangères ou de l’Intérieur de pays arabes et européen.
Et pourtant, le chef de la diplomatie, Saâd Dine El Otmani affirmait, dans des déclarations très rassurantes à Anadolu Agency que le monarque allait souhaiter la bienvenue à Erdogan. Apparemment convaincu par les paroles du PJDiste, AA diffusait une dépêche au titre suivant : « Turkish Premier to be welcomed in Morocco by the king himself ». Un autre indicateur, si besoin est, du manque de communication entre le gouvernement et le palais. Certains médias marocains ont fait état des relations très tendues entre les conseillers du roi et des ministres PJDistes au point que c’est le ministre de l’Intérieur qui joue de relais entre eux et l’entourage du roi.

Erdogan a boudé le Maroc en septembre 2011
Finalement, Erdogan est parti du Maroc sans prendre langue ni avec le palais, son entourage ou encore le patronat.  Une visite-monologue au cours de laquelle, Erdogan a eu des entretiens avec des islamistes comme lui : Abdelilah Benkirane flanqué de son confident Abdellah Baha, le ministre d’Etat sans portefeuille, et de représentants de l’association Amal Entreprises, dite très proche de l’AKP et du PJD.
L’accueil froid réservé à Recep Tayyip Erdogan serait-il la réaction à la mise à l’écart de l’étape Maroc lors de sa tournée, septembre 2011, dans les pays dits du « printemps arabe » en liesse après les chutes des régimes de Kadhafi, Ben Ali et Moubarak? A l’époque, le chef de l’AKP s’était rendu en Libye, Tunisie et l’Egypte, uniquement. Rabat avait-elle interprété le geste d’Erdogan comme une non-reconnaissance de sa part des réformes initiées par le roi ? Lesquelles avaient porté, trois mois plus tard, les islamistes du PJD à diriger une coalition gouvernementale.
Hier, la séance hebdomadaire des questions orales à la Chambre des représentants a été marquée par les demandes émanant de ministres du PJD annulant ou reportant les réponses aux questions qui leurs ont été posées. Ils avaient mieux à faire : accueillir Erdogan à l’aéroport Rabat-Salé. En revanche, les autres ministres de la majorité étaient présents au parlement, à l’image d’Aziz Akhannouch, titulaire du maroquin de l’Agriculture et de la Pêche. Après avoir répondu à huit questions, il est allé à la rencontre de son homologue turc.
Source : yabiladi.com
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 RFI se déchaîne contre le « gros connard » d’Erdogan

 par Ali Benacher, demainonline, 5/6/2013
 
Le premier ministre turc Erdogan (Photo DR)
Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan (Photo DR)

Il ne fait pas bon être islamiste aujourd’hui. Ni hier d’ailleurs. Même si on gagne démocratiquement des élections, qu’on applique son programme électoral et qu’on surfe sur les bonnes nouvelles en matière économique.
On le sait, depuis la Révolution iranienne, l’islamisme, qu’on confond de plus en plus avec l’islam, a mauvaise presse en Occident et particulièrement en France.
Nous en avons un parfait exemple aujourd’hui avec la radio publique et internationale française RFI (Radio France internationale).
Depuis quelques jours, les deux correspondants de cette radio à Istanbul s’en donnent à coeur joie pour critiquer le régime de Recep Tayyip Erdogan, ce qui est parfaitement légitime et salutaire, mais également pour l’insulter. Hier matin, RFI a interviewé et traduit les propos d’un manifestant turc qui a traité Erdogan de « gros connard ». Aïe !
Plus tard, hier encore, un autre correspondant de RFI a assuré que la Turquie était « à feu et à sang ». Comme si on était en Syrie… Certes, deux manifestants sont morts, mais seulement l’un d’eux a été tué par la police, l’autre a été renversé par un taxi… Comparé à d’autres morts, au Maroc on en compte un sacré paquet, dont certains dans des conditions douteuses sans que cela n’émeuve la « patrie des droits de l’homme », c’est vraiment peu. « Excusez du peu ! », pourrait chanter le gouvernement turc à tous les anti-islamistes primaires.
Que des manifestants secouent le cocotier d’un gouvernement, légitime oui !, mais devenu autoritaire et hautain parce qu’il n’y a plus d’opposition crédible en face, cela fait toujours du bien. Manifester même sans autorisation, est un droit inaliénable et universel. Et la cause est noble : sauver un parc que le « barbu » imberbe d’Anatolie voudrait transformer en grande superette. Mais RFI est une radio publique qui, généralement, ne traite pas les chefs de gouvernement étrangers, et encore moins les français, de « gros connards ».
Il faut dire que le « gros connard » qui a mis la Turquie « à feu et à sang » a demandé à la police de se retirer, beau geste qu’on ne voit nullement en terres musulmanes, et qui a eu pour effet de calmer un petit chouia la situation. Et le vice-premier ministre turc a demandé des « excuses » aux manifestants.
Ce matin, nos deux fougueux confrères d’Istanbul étaient bien en peine d’informer sur quelque chose qui mérite encore l’attention.
Mais heureusement, soit dit en plaisantant, que la Syrie est toute proche.

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mercredi 24 octobre 2012

Des excuses de l’Etat, l’exemple de la Tunisie et celui du Maroc

Par Ahmed Benseddik, demainonline, 23/10/2012

Opinion. Dans un communiqué de la présidence de la république tunisienne du jeudi 4 octobre, on apprend que le président Tunisien Moncef Marzouki a présenté les excuses de l’Etat à la jeune fille violée par deux policiers, le 3 septembre dernier.

Le président a reçu la jeune fille, accompagnée de son fiancé et de  Siham Bensedrine, activiste des droits de l’Homme et présidente du Conseil National des Libertés. Après avoir entendu les détails de cette douloureuse affaire, il a exprimé sa totale sympathie à la femme violée et présenté les excuses de l’Etat en considérant que cet acte dangereux touche le pays entier.
« Il n’y a plus de tolérance, ni pour les violeurs, ni pour ceux qui les couvrent ou qui veulent voiler la réalité. La présidence suivra de près cette affaire pour qu’aucun intérêt partisan n’emporte sur la primauté de la loi et pour que les Tunisiens soient rétablis dans leur droit », a indiqué la présidence.
Le président a aussi dénoncé « fortement » ce viol et salué les agents de police qui ont refusé de couvrir leurs collègues, ce qui montre, selon lui, que « le dérèglement n’est pas dans l’institution sécuritaire mais dans la mentalité de certains de ses membres qui ne se sont pas aperçus que le pays a vécu une révolution afin que les tunisiens et les tunisiennes vivent désormais libres et dans la dignité ».
La dignité, voilà le mot clé, et la valeur suprême sans laquelle l’Homme ne vit pas entièrement son humanité et sans laquelle la vie tend à être absurde.

Au Maroc aussi, il y a eu récemment des excuses publiques mais le scénario est différent.
En effet, si en Tunisie, le chef de l’Etat présente des excuses de l’Etat à une citoyenne, au Maroc, le chef de l’Etat reçoit des excuses de la part du Chef de gouvernement. Ce dernier a surpris tout le monde le 9 août dernier en publiant un communiqué d’excuses au roi et ses conseillers, suite à un article de presse, somme toute banal, qui évoque les difficultés qu’éprouve le chef de gouvernement à communiquer avec le cabinet royal.
Ce qui devait constituer un non-évènement est devenu une affaire sérieuse.
En plus, Abdelilah Benkirane affirme en même temps qu’il n’a rien fait de mal qui puisse justifier ses plates et humbles excuses et que c’est la faute des journalistes qui ont mal rapporté ses propos. C’est ainsi que des excuses bien réelles viennent réparer un tort virtuel et très hypothétique subi par le roi et ses « respectables » conseillers auxquels le chef du gouvernement multiplie les courbettes.
Déjà, l’ancien premier Ministre Abbès El Fassi n’était pas un modèle de forte personnalité, mais l’actuel chef de Gouvernement a battu les records d’obséquiosité vis-à-vis de la monarchie. Son zèle à l’encenser a pris une allure caricaturale lorsqu’il a hurlé à la face du journaliste de la chaine de télévision Al Jazeera, Ahmad Mansour, que le Maroc entier n’existerait tout simplement plus sans la monarchie.
Nous sommes loin de la dignité des Marocaines et Marocains.
En vérité, le mépris et l’humiliation des citoyens sont des composantes constitutives du pouvoir marocain. Il n’est donc pas concevable qu’un citoyen puisse recevoir des excuses de la part de l’Etat et de ses représentants, quelque soit l’injustice infligée.
Lorsque l’Instance Equité et Réconciliation, constituée pour réparer les torts des années de plomb sous Hassan II, a commencé à éplucher les dossiers de manquements graves  subis par tant de citoyens en vue de décider des réparations matérielles, certains organes de droits de l’Homme ont réclamé des excuses de la part du roi au nom de l’Etat. Non seulement le roi a superbement ignoré cette revendication, mais il n’a pas jugé utile d’expliquer les raisons de son royal refus.
Aujourd’hui encore, la mentalité makhzénienne que le palais tente de perpétuer, au détriment du bon sens, de la simple morale et du sens de l’histoire, demeure basée sur le mépris.
Lorsque les actes de tortures et de viol des prisonniers (à l’aide de bouteilles) ont été révélés à l’opinion publique – témoignage vidéo de Bouchta Charef en particulier – aucun responsable politique, à quelque niveau que ce soit, n’a eu le courage de présenter des excuses.
D’ailleurs, l’homme qui dirige toutes les prisons du pays, Hafid Benhachem, est un pur produit de l’école Driss Basri, ancien ministre de l’intérieur d’Hassan II. C’est un fidèle du palais que le ministre de la justice actuel n’ose pas et n’osera jamais indisposer.
Ces derniers mois, lors des évènements de Taza, de Beni Bouayach dans le nord et de Douar Chlihate à côté de la ville de Larache, et tout récemment à Tanger en ce début d’octobre, les forces de l’ordre ont toujours agi selon le même scénario : usage exagéré de la violence, accès par la force aux domiciles des citoyens, vols d’objets, menaces de viol, insultes vulgaires. Aucun responsable parmi les multiples organes sécuritaires n’a jamais été inquiété et aucune excuse n’a été présentée aux victimes.
Il y a quatre années, Hassan Yaakoubi, mari d’une des tantes du roi, a brûlé un feu rouge à Casablanca. Lorsque qu’un agent de circulation l’a arrêté pour non respect du code de la route, l’homme qui venait de finir une partie de golf a sorti de la boite à gants de son véhicule un  revolver et a tiré une balle sur la jambe du malheureux policier.
Au lieu d’être arrêté et jugé, il a été ensuite escorté par d’autres policiers, comble de l’humiliation, jusqu’à son domicile. Un communiqué a été publié dans la soirée informant les sujets de sa majesté que l’oncle par alliance de sa majesté est atteint d’une obscure maladie mentale, le syndrome de Korsakoff (selon Wikipédia: psychose de Korsakoff ou démence de Korsakoff ou syndrome amnésique avec fabulations, est un trouble neurologique causé par le manque de thiamine -vitamine B1- dans le cerveau. Sa survenue est liée à l’abus d’alcool ou à une sévère malnutrition).
Le communiqué ne détaille pas dans quelles circonstances et par qui le permis de port d’arme a été délivré à cet individu.
Cet épisode illustre la différence de fond entre les deux situations dans deux pays, la Tunisie et le Maroc. Le premier a vécu une vraie révolution, a chassé le despotisme et a arraché sa dignité à celui qui exerçait  oppression et injustice. Par contre, le Maroc a vécu une fausse révolution, celle que Benkirane, qui n’est finalement qu’un fonctionnaire avec grade de Chef de Gouvernement, appelle avec fierté la révolution des urnes.
Sauf que ce sont des urnes bourrées de mépris.