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jeudi 3 octobre 2013

Et si le pédophile Daniel Galvan était extradé vers le Maroc ?


Bladi.net, 28/9/2013

Et si le pédophile Daniel Galvan était extradé vers le Maroc ?

Le pédophile espagnol Daniel Galvan pourrait être extradé au Maroc, si la justice ibérique trouve le moyen de se débarrasser de lui, affirme une source judiciaire marocaine à Bladi.net. Le Maroc a demandé officiellement l’extradition de Galvan, pour qu’il purge le reste de sa peine au Royaume.

Daniel Galvan avait quitté le Maroc après avoir bénéficié d’une grâce royale à l’occasion de la Fête du Trône, que le Roi Mohammed VI avait retiré immédiatement après avoir été informé des crimes commis par le pédopornographe.
Fernando Andreu, juge d’instruction espagnol en charge de l’affaire a demandé à ce que le dossier de Galvan soit réexaminé, pour étudier l’éventualité de l’extradition du pédophile vers le Maroc.
Le mis en cause étant d’origine irakienne, n’avait acquis la nationalité qu’après s’être marié avec une Espagnole, donc le fait qu’il n’ait pas de racines espagnoles pourrait jouer contre lui, poursuit notre source.
La détention de Galvan en Espagne a été prolongée de 40 jours supplémentaires, aux termes desquels la justice espagnole devrait se prononcer quant à son extradition. Le cas échéant, il serait libéré. Galvan lui, refuse d’être extradé vers le Maroc.
Daniel Galvan avait été arrêté début août en Espagne, suite au retrait de la grâce royale et au dépôt d’un mandat d’arrêt international par les autorités marocaines. Le pédophile avait été condamné en 2011 à 30 ans de prison pour avoir violé 11 enfants à Kénitra.

jeudi 8 août 2013

DanielGate: bientôt la vérité du gouvernement espagnol?

 Amanda Chapon, 24hinfo,3/8/2013, 21:00

Daniel Galvan, ici avec deux de ses victimes.
Daniel Galvan, ici avec deux de ses victimes, est-il un espion dérangé ou bien seulement un ancien professeur dérangé? ©Akhbar Al Yaoum

Alors que les autorités marocaines semblent privilégier la piste d'une négligence dans le DanielGate, un parti espagnol semble privilégier la thèse selon laquelle le pédophile aurait gracié par le roi à la demande expresse des services de renseignement espagnols.
Le pédophile espagnol Daniel Valgan Vina a-t-il été grâcié par le roi Mohammed VI en même temps que 47 autres prisonniers espagnols parce qu'il est un espion à la solde du CRI, l'agence d'espionnage espagnole? La question a été posée par le site d'information Lakome, puis par El Pais et enfin par Le Monde. Mais elle sera bientôt posée -plus concrètement- par la secrétaire générale adjointe du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), et porte-parole de la Commision extérieure Groupe parlementaire socialiste, Elena Valenciano, à son gouvernement.

Une question à laquelle le gouvernement espagnol aura du mal à répondre


L'annonce est sur le site du PSOE, actuellement dans l'opposition. Plus précisément, Elena Valenciano déclare qu'elle va officiellement demander, dès ce lundi 5 août au ministère espagnol des Affaires étrangères, "quel département du gouvernement d'Espagne a suggéré la grâce de cette personne"? Et surtout, la secrétaire générale adjointe du PSOE, veut savoir ce qui a motivé cette décision" qui a produit un émoi et une indignation sans bornes chez notre voisin comme en Espagne".
Le parti socialiste juge «d'une extrême gravité» la grâce accordée par le roi Mohammed VI et demande une «explication immédiate» du gouvernement .

C'est donc qu'en Espagne aussi, on suspecte que la grâce dont a bénéficié Daniel Galvan Vina ne peut être expliquée par la pitié pour un supposé cancéreux au stade terminal, ni par une bourde administrative.
Elena Valenciano
Elena Valenciano et le PSOE sont bien décidés à apprendre la vérité, et "rapidement"! ©DR
Des faits troublants

Il faut dire que certains éléments sont troublants. D'abord, il y a deux jours, le ministre de la Justice Mustapha Ramid  a affirmé que Daniel Galvan avait été libéré pour des "raisons d'intérêt national".
Ensuite l'avocat du pédophile, Mohammed Benjaddou aurait déclaré àLakome que son client lui avait confié être un officier de l'armée irakienne qui avait collaboré avec les services étrangers pour renverser le dictateur Saddam Hussein. Et si son client lui a aussi affirmé avoir été professeur au département des sciences océaniques de l'université de Murcie, le journal espagnol El Pais, qui a enquêté, n'a trouvé aucune trace de son passage.

Pour Le Monde, ces éléments accréditeraient "l'idée que Galvan serait en réalité un Irakien de naissance, exfiltré en Espagne après la guerre en Irak par les services secrets, où il aurait reçu une nouvelle identité en remerciement de sa collaboration".

Alors certes,  le CRI a démenti tout lien avec Daniel Galvan Vina, certes les autorités marocaines semblent privilégier la possibilité d'une erreur ou d'une négligence d'un haut responsable... Il n'empêche. On attend de pied ferme la réponse du gouvernement espagnol à la députée socialiste Elena Valenciano.

 

http://www.h24info.ma/maroc/societe/danielgate-un-parti-espagnol-demande-la-verite

Mohammed VI doit être tenu politiquement responsable de ses actes


Après le drame des viols commis par le criminel Espagnol Daniel Galvan condamné à 30 ans de réclusion criminelle, les victimes et leurs familles ont eu à subir une seconde injustice : la grâce du pédophile par Mohammed VI à l’occasion de la fête du trône. Elles se voient trahies par le roi du Maroc pourtant censé protéger, selon l’article 42 de la Constitution, « les droits et les libertés des citoyennes et des citoyens ».

Youssef Belal
A l’origine une sombre affaire de marchandage diplomatique avec l’Espagne, la grâce royale du pédophile s’est muée en scandale moral et en crise politique majeure mettant en cause directement la responsabilité de Mohammed VI. Un scandale moral car des dizaines de milliers de familles marocaines se sont identifiés aux victimes et à leurs familles. Chaque père et chaque mère de famille sont révoltés par une grâce royale qui pourrait demain viser le violeur de leurs propres enfants. Ce détournement cynique d’une décision de justice constitue, avec les affaires de pédophilie précédentes rapidement étouffées -comme celle d’un ancien ministre Français à Marrakech- un encouragement à sévir pour les criminels sexuels originaires de pays européens et avec qui l’Etat marocain dit avoir des intérêts majeurs. La grâce royale montre une nouvelle fois dans quel mépris sont tenus les Marocains. Pour le roi comme pour son entourage, les Marocains sont des sujets dociles prêts à accepter tout de leur souverain. Une telle décision serait passée inaperçue si l’avocat des victimes, relayé par les réseaux sociaux, n’avait alerté la presse.  
C’est aussi une crise politique majeure car cette affaire fait ressortir clairement les contradictions du régime marocain. D’un côté, le palais et, en service commandé, la majorité de la classe politique et des médias ne cessent de parler des bienfaits de « la monarchie exécutive » -euphémisme désignant le despotisme- dans laquelle le roi, doté de larges pouvoirs, règne et gouverne. Depuis l’accession au trône de Mohammed VI, tout est fait pour maintenir son omnipotence et son omniprésence. Toutes les décisions majeures de l’Etat sur les plans politique, militaire, social ou économique passent par le palais. De l’autre côté, Mohammed VI se défile lorsqu’il s’agit d’assumer la responsabilité politique de ses actes. Le mythe du « bon  monarque » mal entouré et mal orienté a permis de protéger le roi d’une contestation frontale. L’adoption de la nouvelle constitution en juillet 2011 à la suite de la contestation populaire du 20 février et la victoire du Parti de la justice et du développement (PJD) aux élections du 25 novembre 2011 n’ont pas mis un terme ni même diminué les pleins pouvoirs du roi. La mise en cause directe de la responsabilité du roi dans l’affaire de la grâce royale n’a pas été le fait d’une hypothétique nouvelle configuration institutionnelle mais a pris forme dans les réseaux sociaux puis dans les rues de plusieurs villes. Si Mohammed VI a plusieurs fois bafoué la constitution qui a pourtant été rédigée par une commission totalement acquise, c’est la contestation citoyenne dans l’espace public qui le rappelle à l’ordre et le ramène à une interprétation démocratique du même texte.   
En quoi ces protestations contre la grâce royale constituent un tournant politique ? Alors que la contestation du mouvement du 20 février en 2011 avait revendiqué la démocratisation de l’Etat en des termes généraux (« lutte contre le despotisme et la corruption »), la contestation de la grâce royale lui donne une vigueur renouvelée contre une cible précise. Elle donne au mouvement du 20 février un motif de contestation clair et capable de produire l’unanimité tout en soulevant des questions centrales liées à la nature du régime marocain et à l’exercice du pouvoir par le roi. Surtout, c’est la première fois sous Mohammed VI qu’une contestation politique élargie et sans coloration idéologique vise de manière aussi frontale et explicite un acte du roi. Cette mobilisation ciblée a donc le potentiel de rassembler en son sein des organisations politiques et civiles très diverses et des citoyens de tout bord.
Comment interpréter la responsabilité de Mohammed VI après le communiqué du palais royal du samedi 3 août 2013 sur « l’ignorance » du roi quant à la nature des crimes commis par le pédophile espagnol ? Il faut d’abord souligner que la contestation du vendredi 2 août 2013 à Rabat puis par la suite dans plusieurs villes du Maroc a fait plier le roi, car pour la première fois le palais fait profil bas et se voit obligé de donner des explications là où, en l’absence de mobilisation, le silence méprisant eût été la seule réponse. Ensuite, cette version semble difficile à croire vu le communiqué du ministre de la justice Mustapha Ramid a clairement justifié la décision royale pour des considérations « d’intérêt national ». Enfin, comme l’ont révélé plusieurs articles de presse, un autre pédophile, Français cette fois, a été gracié par le roi en 2006. Si Mohammed VI savait, il aurait, en plus d’une faute politique, commis une faute morale grave qui lui aurait coûté son poste s’il avait été un dirigeant démocratiquement élu.  
Mais admettons que le roi ignorât tout du pédophile qui a bénéficié de sa grâce. Le fait de ne pas savoir n’exonère en rien le roi de sa responsabilité politique et constitutionnelle. L’article 58 de la constitution marocaine est clair : « le Roi exerce le droit de grâce ». L’affaire de la grâce royale serait donc au mieux un signe d’incompétence et de négligence sur des affaires d’Etat de la plus haute importance. Comment prétendre diriger l’Etat et « protéger les droits des citoyens » lorsque le roi fait preuve d’une telle légèreté ? Est-ce là le message d’exemplarité morale que « le commandeur des croyants » adresse aux fonctionnaires de l’Etat et aux citoyens ? Rappelons que Mohammed VI continue à exercer de larges pouvoirs, supérieurs à ce que lui confère la constitution de 2011, mais se défile lorsqu’il s’agit d’en assumer les conséquences politiques et de faire face à la critique publique et légitime des citoyens. Il devrait au minimum, présenter des excuses aux familles des victimes et aux Marocains pour cet acte indigne. En l’absence de mécanismes institutionnels mettant en cause les décisions du roi, c’est à la mobilisation citoyenne qu’incombe ce devoir critique.   
La monarchie marocaine a longtemps fonctionné sur ce paradoxe : un roi qui décide de tout mais n’est responsable de rien. Or ce fondement du régime  est de moins en moins toléré par les Marocains, non pas en des termes abstraits, mais à l’épreuve de faits précis et de questions concrètes comme l’est l’affaire de la grâce du pédophile. La monarchie doit choisir entre, d’une part, l’exercice du pouvoir suscitant une contestation frontale potentiellement fatale et, d’autre part, sa survie comme institution symbolique unifiant les Marocains et se maintenant à l’écart des soubresauts et des vicissitudes du pouvoir.
http://fr.lakome.com/index.php/chroniques/1197-mohammed-vi-doit-etre-tenu-politiquement-responsable-de-ses-actes