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jeudi 8 août 2013

Oui, la manifestation POUR L'INDÉPENDANCE DE LA JUSTICE est bien maintenue !


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Oui, la manifestation est bien maintenue et pour les causes suivantes:
1-L'application effective de l'annulation de la grâce royale et la remise de "Daniel" dans une prison marocaine pour y purger sa peine.
2-Exiger des excuses officielles de l'états en la personne de son chef aux familles des victimes et au peuple marocain.
3-Exiger une indépendance totale de la justice ainsi que son indépendance de toute intervention étrangère.
4-Dénoncer la répression sauvage qu'on connu les manifestations pacifiques dans les villes suivantes: Rabat-Tanger-Tétouan-Nador
5-Exiger une réforme de la procédure de grâce royale.


حنا نازلين غدا و ها علاش :
-تفعيل قرار إلقاء العفو و إرجاع دانييل لقضاء عقوبته بالمغرب
-اعتذار رسمي للدولة في شخص رئيسها لعائلات الضحايا و الشعب المغربي
-استقلال تام للقضاء و استقلاله من التدخل الخارجي
-التنديد بالقمع الهمجي الذي تعرضت له المظاهرات السلمية بكل من الرباط/طنجة/تطوان/الناظور
-إصلاح مسطرة العفو


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Maroc : la grâce accordée à un pédophile espagnol en 4 questions

Le Monde.fr, 5/8/2013 



Le roi du Maroc Mohammed VI, en juillet 2013.Confronté à une indignation persistante au sein de la population, le roi du Maroc Mohammed VI a décidé, dimanche 5 août, d'annuler la grâce qu'il avait accordée au pédophile espagnol Daniel Galvan Viña. L'homme, soixantenaire, avait été condamné en 2011 à trente ans de prison pour des viols sur onze mineurs.

  • Pourquoi une grâce du roi ?
Daniel Galvan Viña faisait partie d'une liste de quarante-huit prisonniers espagnols auquel le roi a accordé la grâce. Selon les médias officiels marocains, il a été gracié au nom de l'excellence des relations bilatérales entre les deux pays, quelques jours après une visite du roi Juan Carlos. Le prisonnier n'avait alors purgé qu'un an et demi de sa peine.
Toutefois, selon le journal marocain Lakome, sa présence sur cette liste résulterait en réalité d'une "faveur" accordée par Rabat après une demande pressante du CNI (Centro Nacional de Inteligencia), l'agence de renseignement espagnole.
  • Une fausse identité ?
En effet, pour le quotidien espagnol El Pais, "il est probable que M. Galvan Viña ait été un espion". Son avocat, Mohamed Benjedou, a indiqué que son client lui avait confié être un officier de l'armée irakienne qui avait collaboré avec les services étrangers pour renverser le dictateur Saddam Hussein. Il aurait été exfiltré en Espagne après la guerre en Irak, où il aurait bénéficié d'une nouvelle identité en remerciement de sa collaboration. Le CNI a toutefois démenti tout lien avec l'individu.
"Galvan Viña n'est probablement pas le vrai nom du pédophile, qui est né à Bassora [en Irak] de père et de mère irakiens", affirme El Pais. Dans ses documents pénitentiaires, il était considéré comme un "Espagnol d'origine irakienne". Un temps remis en cause, son statut de professeur retraité originaire de Murcie, dans le sud de l'Espagne, semble toutefois être avéré : des responsables de l'université ont affirmé qu'il y avait travaillé de 1996 à 2002.
L'homme se serait ensuite installé au Maroc, se laissant aller au comportement "d'un homme qui commettait ses crimes sans crainte des conséquences, comme s'il bénéficiait d'une protection particulière", selon le journal marocain Lakome.
Installé à Rabat depuis huit ans, l'homme organisait des fêtes pour les enfants dans son appartement, selon un autre article du quotidien El Pais. C'est dans ce cadre qu'il a abusé sexuellement d'au moins onze mineurs, âgés de 3 à 15 ans. Certains ont été photographiés ou filmés dans des positions obscènes. "Il profitait de la précarité des familles", a conclu le tribunal de Kénitra, qui l'a condamné à trente ans de prison, soit la plus lourde sanction pour pédophilie jamais décidée au Maroc, lors d'un procès à forte répercussion médiatique.
  • Pourquoi le roi a-t-il annulé la grâce qu'il avait accordée ?
Moins de 24 heures après avoir annoncé l'ouverture d'une enquête sur cette "regrettable libération", le souverain marocain a finalement décidé d'annuler la grâce. Cette décision, "à caractère exceptionnel", est motivée par "la gravité des crimes commis et le respect du droit des victimes", a indiqué le Palais royal. Elle aurait été prise, selon Lakome, après concertation avec les autorités espagnoles.
Dans cette première prise de position, le Palais royal avait également assuré que Mohammed VI n'avait "jamais été informé, de quelque manière que ce soit et à aucun moment, de la gravité des crimes abjects pour lesquels l'intéressé a été condamné".


Manifestation contre la grâce accordée par le roi au pédophile espagnol Daniel Valgan, le 5 août à Kenitra.
Affrontant l'une des pires crises politiques depuis qu'il règne, le roi du Maroc a pu céder à la colère des citoyens marocains, qui s'est exprimée dès vendredi soir, lorsque plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées devant le Parlement de Rabat, bravant la répression policière.
Malgré sa décision d'annuler la grâce, une nouvelle manifestation de plusieurs centaines de personnes a eu lieu dimanche soir à Kénitra, là-même où le condamné espagnol a vécu puis a été incarcéré, sous forte présence policière mais sans incident. Des sit-in programmés mardi à Casablanca et mercredi à Rabat sont pour l'heure maintenus, tandis que l'affaire a été rebaptisée #DanielGate sur Twitter
Le problème de la pédophilie est explosif au Maroc, où l'ONG "Touche pas à mon enfant" estime à 26 000 le nombre d'enfants violés par an, soit 71 par jour. "Et une partie de ces délits est commise par des réseaux de pédophiles bien organisés, qui évoluent dans le milieu de la jet-set de Marrakech (...), y compris par de puissants hommes politiques et chefs d'entreprises européens", relève El Mundo. Dans ce pays qui est devenu une importante destination de tourisme sexuel, le roi a déjà gracié un autre pédophile français en 2006, rappelle Lakome.
  • Que peut faire le Maroc après l'annulation de cette grâce ?
Selon El Pais, Galvan est entré jeudi en Espagne par la ville espagnole de Ceuta, située dans une enclave de la côte marocaine. Il demeure depuis dans un lieu inconnu.  
Le Palais royal note que le ministre marocain de la justice, Mustapha Ramid, devra "examiner avec son homologue espagnol les suites à donner à l'annulation de cette grâce", une formule qui "ouvre la voie" à une demande de Rabat pour que le pédophile y purge le reste de sa peine, selon l'ambassadeur d'Espagne au Maroc, Alberto Navarro, cité par El Pais.
Selon le quotidien espagnol, M. Galvan Viña ne peut être extradé au Maroc, car il est un citoyen espagnol. Mais il peut, en vertu des accords hispano-marocains, purger sa peine en Espagne. Le condamné avait d'ailleurs sollicité son transfert dans une prison espagnole.
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Younes Derraz a partagé une photo de Mamfakinch.
Demain à Casa ! Et dire que Curzio Malaparte m'a demandé de le lui rappeler, voilà c'est fait a jem !
Quelle émotion nous réunit en ces moments magiques ! Ceux qui ni vivent pas cela ne savent pas ce qu'ils ratent !

lundi 5 août 2013

AMDH conférence de presse : mensonges sur les reconduites de migrants subsahariens


                 Conférence de presse

Mardi 06 Aout 2013
Au siége de L’AMDH
Appt N°1, Imm 6, Rue Aguensous, Av. Hassan II , Les Orangers (Près de Auto-Hall), Rabat

En réaction aux allégations diffusées par le ministère de l’Intérieur, selon lesquelles les reconduites de migrants subsahariens opérées la semaine passée, se seraient produites dans le respect de la dignité humaine et de la loi, nous voulons affirmer que ces rafles de grande ampleur, dans plusieurs villes du Nord du Maroc, ont violé toutes les règles légales et de respect des droits de l’homme.

En effet, ces opérations ont vu des arrestations arbitraires massives, dans les quartiers où vivent les migrants subsahariens à Tanger, Ksar El Kébir et Nador, y compris de femmes, d’enfants, et de personnes en règle, disposant d’un statut de réfugié reconnu. Au cours de ces arrestations, dans les commissariats, de nombreux migrants ont été frappés, agressés, se sont vu voler leur portable, leur argent, leurs papiers. Les migrants arrêtés et refoulés n’ont pas fait l’objet d’une présentation devant un juge, selon la procédure légale. Certains parmi eux, dont des mineurs et des femmes, ont été abandonnés dans une forêt à 35 km de Meknès. Une de ces femmes avait été contrainte de laisser ses enfants à Tanger. 

 Parmi ceux qui avaient essayé de passer le grillage de Melilla, femmes et enfants compris, certains ont été refoulés à Oujda, alors que tabassés et blessés, ils n’avaient pas été envoyés à l’hôpital et soignés. Dans les opérations de répression intervenues après Melilla, à Nador, on relèverait deux morts et plusieurs blessés graves. Parmi ceux qui étaient parvenus à passer le grillage de Melilla, certains ont été livrés illégalement à la police marocaine. Les refoulements collectifs et massifs ont été effectués vers la frontière fermée de l’Algérie, où les migrants ont été abandonnés dans la forêt entre les deux pays.

A cours de la conférence de presse à laquelle nous vous invitons, nous fournirons des preuves, photos et témoignages directs, de ces nombreux faits très graves.
Nous, associations de migrants et de soutien aux migrants(tes) subsahariens,
- Dénonçons cette répression aveugle contraire à toutes les règles et lois nationales et internationales, approuvée et soutenue par les politiques migratoires sécuritaires de l’Europe.
 
- Dénonçons le lynchage médiatique pro pouvoir envers ces migrants subsahariens persécutés.
Nous exigeons l’arrêt définitif des rafles, arrestations, tabassages, vols, refoulements collectifs, et la mise en œuvre d’une politique conforme au respect des droits de l’homme.

Initiateurs (trices) et signataires
ALECMA, Conseil des Migrants Subsahariens au Maroc , le Collectif des Communautés Sub-sahariens CCSM, Voix des Femmes Migrantes au Maroc, GADEM , SOS migrants , Association des Marocains en France, Associations des Travailleurs Maghrebin en France, AMDH-Maroc, ATTAC-Maroc, Chabaka des associations de développement démocratique au Nord, Paters de la vie…

samedi 25 mai 2013

Assemblée mondiale du Réseau CADTM 20-21-22 mai : La situation politique au Maroc


  par Attac/Cadtm Maroc, 18/5/2013
 
Assemblée mondiale du Réseau CADTM
Rabat, 20-21-22 mai 2013

Le dilemme des choix néolibéraux dans un contexte de crise mondiale du capitalisme

Le contexte politique actuel se caractérise par l’aggravation de la crise du capitalisme à l’échelle mondiale et l’offensive généralisée du capital pour faire supporter le fardeau de sa crise aux masses populaires.
Au Maroc, cette crise accentue l’impasse des choix néolibéraux imposés par les institutions financières et commerciales internationales. En effet, Le Maroc était colonisé pendant 43 ans (de 1912 à 1955) par la France et l’Espagne qui ont pillé ses ressources, empêché son industrialisation et entravé son développement. Le processus de lutte pour l’indépendance n’a pas permis une rupture avec la domination coloniale qui s’est poursuivie sous de nouvelles formes. La dette qui était le principal outil de financement dès le début des années soixante, a explosé au début des années quatre-vingt et a entrainé les programmes d’ajustement structurel. La Banque mondiale et le Fonds monétaire international imposaient alors leurs politiques de tout pour l’export, le démantèlement des barrières douanières, la libre circulation des capitaux étrangers et des marchandises, la privatisation des entités publiques rentables et des services publics, les accords du libre-échange, etc. Ces choix néolibéraux ont accentué le transfert des richesses, la dépendance structurelle de notre pays à tous les niveaux (financier, technologique, industriel, commercial et alimentaire), et ont condamné la majorité des citoyens à vivre dans la pauvreté et l’analphabétisme. 

L’impasse de ces choix est retentissante dans le contexte actuel de crise

L’année 2012 a connu un taux de croissance de 2,4% contre 4,9% en 2011. Elle s’est terminée par un déficit commercial de 197 milliards de DH qui représente 23,8% du PIB (1 euro = 11 dirhams –DH-), et la valeur de nos exportations ne couvre que 48% de nos importations (36% pour la balance alimentaire). La crise en Europe affecte aussi les autres principales sources de devises (les résidents marocains à l’étranger, le tourisme et les investissements directs étrangers) qui manifestent une tendance à la baisse. Ce qui a conduit à un déficit historique du compte courant de la balance des paiements qui a atteint près de 83 milliards de DH à fin 2012, soit 10% du PIB (le plus haut niveau de déficit depuis les années 1980). Les avoirs extérieurs nets ne permettent de couvrir que 3 mois et 27 jours d’importations de biens et services en février 2013. C’est alors qu’on tombe à nouveau dans la spirale infernale de l’endettement.
La dette publique totale (interne et externe) du Maroc a atteint 583 milliards de DH (environ 71% du PIB) en fin 2012. Son service est de 108 milliards de DH. Si l’on compare le poids annuel de la dette avec le budget de l’Éducation en 2012 (51 milliards de DH), de la Santé (12 milliards de DH) ou des investissements publics (59 milliards de DH), on se rend à l’évidence qu’aucun développement économique ou social n’est possible sans l’annulation de la dette.
Mais l’État continue sa quête de devises en empruntant directement sur les marchés financiers internationaux : 1 milliard d’euros en 2010 et 1,5 milliards de dollars en décembre 2012. Pendant ce temps, le FMI, par le biais de sa nouvelle Ligne de précaution et de liquidité (LPL) dotée de 6,2 milliards de dollars, nous a fixés les termes du plan d’austérité à suivre. Au menu : gel des salaires (les principales dispositions de la loi des Finances 2013 portent sur un quasi-blocage de la masse salariale publique, qui ne croîtrait que de 1,3% après avoir progressé de 9,2% en 2012), démantèlement du système de subventions des produits de première nécessité et du système des retraites par répartition, baisse de la dépense publique dans les secteurs sociaux et privatisation de l’enseignement et de la santé. Le gouvernement marocain vient déjà de prendre la décision de réduire le budget d’investissements publics de 15 milliards de dirhams sur les 59 milliards de dirhams fixés dans la loi des finances 2013, ce qui aura un impact négatif sur le taux de croissance déjà faible, l’emploi et le niveau de vie. Les impôts représentent plus de 63% des recettes de l’État dans la Loi des finances de 2013 mais seront supportés essentiellement par les consommateurs et les salariés, tandis que la participation des entreprises privées et des ménages riches restera faible, car elles bénéficient d’exonérations fiscales, de subventions et d’un accès au foncier à des prix dérisoires.
Ce sont donc les masses populaires qui payeront la crise par un accroissement de la précarité et le chômage. Selon le rapport 2013 sur le développement humain réalisé par le PNUD (Programme des Nations-Unies pour le Développement), le Maroc est toujours classé 130e sur 187 pays sur la base de trois dimensions : l’éducation, la santé et le revenu. En effet, le taux d’analphabétisme officiel en 2012 est de près de 30% pour les hommes (population âgée de 10 ans et plus) et 50% pour les femmes qui représentent plus de 50% de la population. Les dépenses de la santé représentent 5% du budget général de l’État et 1,4% du PIB. Le nombre de médecins est 5,4 médecins pour 10.000 habitants contre 12 en Tunisie, 13 en Algérie et 34 dans les pays d’Europe. Le PIB par tête d’habitant au Maroc s’élève à 2 100 DH par mois (25 200 DH par an) et le salaire médian dans le secteur privé est de 2 377 DH par mois contre 6 400 DH dans la fonction publique, tandis que le coût des besoins pour une vie décente est estimé à plus de 5 000 DH. Le taux de chômage avoisine 10% et le Maroc compte plus de 9 millions de pauvres (28% de la population) par application de l’indice multidimensionnel de pauvreté (9% selon l’approche monétaire officielle, c’est-à-dire moins de 2,15 dollars par personne et par jour).

La répression pour faire supporter le fardeau de la crise aux masses populaires
La gravité de la crise rétrécit la marge de concession du régime qui essaye d’anticiper sur les résistances populaires et ouvrières qui se développent sur tous les fronts par la répression et un acharnement contre toutes les formes de protestations sociales. Ceci se manifeste par des interventions sauvages contre les manifestations et sit-in, l’incarcération et les poursuites judiciaires contre des militants actifs, des intimidations de toutes sortes à leur encontre. L’Etat essaye d’instaurer un climat de peur et de criminaliser les résistances. Parmi elles, celles du Mouvement du 20 février (M20F) qui connaît certes un essoufflement, mais ses principales revendications (démocratie et justice sociale) continuent à être portées dans toutes sortes de mobilisations. La répression frappe aussi les luttes syndicales pour la défense des acquis dans le secteur public (enseignement, santé, justice, …) et privé (mines, textile, hôtellerie, agriculture,…), les diplômés chômeurs en lutte pour leur droit au travail (leurs actions quotidiennes se poursuivent à Rabat malgré la répression féroce). Les contestations pour défendre les services publics, le droit au logement et contre la cherté de la vie dans les villes subissent le même sort. Dans les zones rurales, les populations réclament des infrastructures de base qui manquent terriblement dans les régions enclavées. Les femmes victimes des effets désastreux du système du micro-crédit et les migrants subsahariens subissent également la répression, le racisme, les incarcérations et les procès iniques.
L’ensemble de ces mobilisations reflète la forte opposition politique aux politiques néolibérales et à l’État qui fait supporter le fardeau de la crise aux masses populaires et bafouer la liberté d’expression et d’opinion et les droits humains.

Une situation politique très incertaine
Les résistances se maintiennent contre l’offensive libérale mais ne sont pas encore à la hauteur d’une contre-attaque globale pour stopper l’hémorragie et imposer une alternative populaire. De même, elles n’incluent pas directement une dimension politique en termes de revendications démocratiques et une mise en cause de ceux qui gouvernent qui étaient justement portées par le mouvement de 20 février (M20). En effet, l’émergence du M20, en février 2011, dans le contexte des révoltes populaires dans les pays du Maghreb et de la région arabe, a augmenté l’ampleur des mobilisations sociales, surtout pour le droit au travail et les services publics, qui ont atteint toutes les couches du peuple marocain dans toutes les régions du pays. Il a également porté des revendications politiques directes dans la rue telles que la lutte contre la corruption incarnée dans certains fonctionnaires de l’État, des parlementaires, et des membres des conseils locaux et en réclamant la destitution du gouvernement, la dissolution du parlement et la libération des prisonniers politiques, etc. Il a mis en évidence la perte de crédibilité de la nouvelle Constitution boycottée par la moitié des Marocains, et des institutions représentatives par la non-participation très faible aux élections législatives dont le taux réel n’était que de 25 %. Mais pour l’instant la monarchie a réussi à reprendre l’initiative dans la gestion de la politique générale du pays en concertation avec les institutions financières et commerciales internationales et les pôles de l’impérialisme.
Le rapport de force est actuellement en défaveur des classes populaires qui souffrent d’un épuisement de leurs outils de lutte. Les partis politiques de la gauche institutionnelle qui parlaient au nom des forces populaires s’accordaient avec la monarchie pour un nouveau consensus qui permettra une stabilité politique et une continuité des politiques néolibérales. Ils légitiment le despotisme en place en participant aux gouvernements de façade et les pseudos institutions représentatives. Ils sont suivis par les syndicats, émiettés, bureaucratisés, atomisés qui collaboraient eux aussi avec l’Etat et les employeurs pour maintenir la paix sociale et détruire les acquis historiques de la classe ouvrière. Le dogme libéral domine également au sein des dirigeants de nombreuses organisations de femmes, de jeunes, des droits de l’homme et organisations de « la société civile », ainsi que parmi un large éventail des intellectuels et des enseignants universitaires qui considèrent que le temps de la résistance et la confrontation est révolu, et qu’il faut juste travailler à humaniser la mondialisation néo - libérale et s’accrocher au régime existant en tant que garant de la stabilité politique, surtout avec la montée de l’épouvantail de l’islam politique. Et avec l’ampleur de la machine médiatique qui défend le nouveau règne et l’absence de traditions nécessaires de solidarité, les expériences combatives des luttes ouvrières et des mobilisations populaires restent fragmentées et isolées et vulnérables à des campagnes de répression, les combats des diplômés chômeurs subissent une répression journalière farouche et systématique, et toutes les voix dissidentes subissent également des harcèlements de toutes sortes. En effet, pour faire passer les plans d’austérité et la restructuration globale de l’économie et de la société tel que requis par les Institutions Financières Internationales et les multinationales le régime n’avait d’autres moyens que le renforcement de la répression contre les mouvements de protestation en croissance et la réduction des libertés publiques par un système politique qui est dépourvu de toute légitimité populaire. La gauche radicale est trop faible pour peser et influencer largement. Le champ reste alors ouvert aux courants islamistes radicaux qui exploitent cette absence de perspective progressiste claire pour orienter les aspirations surtout des jeunes vers des horizons obscurantistes.

Construire un front populaire large contre les plans néo – libéraux
Le défi central pour ATTAC/CADTM MAROC dans le contexte politique actuel, est de contribuer à la construction d’un front large contre les plans néo-libéraux. Le slogan qui oriente ATTAC Maroc reste « l’éducation populaire tournée vers l’action », qui signifie, réfuter la logique des IFI basée sur le marché et le profit privé, et développer des alternatives populaires basées sur les priorités sociales des citoyens. D’où ses campagnes de sensibilisation contre la dette, contre la privatisation des grands établissements publics et contre la marchandisation des services publics de santé, d’éducation, d’eau, électricité, des transports urbains, contre les accords de libre-échange, la fiscalité injuste, l’accaparement des terres, etc. Ce grand effort d’éducation populaire s’accompagne d’une pratique quotidienne pour unir les luttes et la coordination des expériences.
Malgré son rayonnement national, et malgré les efforts considérables déployés par les militants d’ATTAC Maroc pour renforcer sa présence dans les mobilisations, et en dépit des succès de ses positions et de ses analyses, son implantation populaire reste encore modeste. Le discours d’ATTAC/CADTM MAROC se distingue du consensus libéral et sonne comme une tendance radicale contre le courant général surtout que la machine des grands médias de l’État influence l’esprit des citoyens plus qu’une association limitée en ressources et en influence. L’État ne cesse de harceler notre association et refuse toujours de renouveler son récépissé de dépôt légal, malgré la reconnaissance dans la pratique. Ceci la prive des salles publiques pour ses activités et limite ses initiatives, des aides financière comme d’autres associations, et accentue son déficit budgétaire pour garantir ses propres locaux. Il faut ajouter à cela la caractéristique des adhérents d’ATTAC Maroc qui sont essentiellement des jeunes. Ces jeunes confèrent une très grande audace de lutte et d’initiatives, d’une part, mais d’autre part rendent difficile une continuité de son travail et la mise en œuvre des plans en raison de l’instabilité de la situation sociale de ces jeunes qui sont les premières victimes du chômage et de la précarité.
Malgré tous ces défis ATTAC Maroc continue à œuvrer pour la construction d’un mouvement social fort et profondément enraciné et pousser les mobilisations sociales vers la conquête de la démocratie et de la justice sociale.
Le 20 avril 2013

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dimanche 27 janvier 2013

Condoléances à la famille de l'étudiant Mohamed Fizazi



Solidarité Maroc s'associe aux condoléances de Moha Oukziz.


 

Les forces de l'ordre ont frappé fort à l'université de Fès.

L'intervention de la police contre l'UNEM et les étudiants à Fès était sanglante et sanguinaire. Le bilan de leur travail accompli est de l'ordre de plusieurs blessé(e)s, vol du peu de bien des étudiants, mais surtout la mort de l'étudiant Med Elfizazi, qui succombé à ses blessures et aux coups de matraques des forces de l'ordre régnant. 
C'est ainsi répondent les responsables dans ce pays aux revendications légitimes des étudiants. Les responsables de ce meurtre doivent être poursuivis ( la sécurité, l'administration de l'université à Fès, l'administration de la cité universitaire, l'administration du CHU à Fès et enfin les donneurs d'ordre politique)

Toute ma solidarité avec la famille et les camarades du martyr Med Elfizazi, militant de la Voie Démocratique Basiste. Je condamne avec force cet acte meurtrier.
Moha OUKZIZ.




خبر عاجل هذا الصباح تم اسشهاد مناضل اتحاد الوطني لطلبة المغرب موقع سايس - فاس بعد التدخل الهمجي لقوات القمع الاسبوع المنصرم في حق الجماهير الطلابية و اقتحامها للحي الجامعي تاركا وراءه العديد من المعتقلين و المعطوبين و من بينهم الشهيد محمد الفيزازي الذي اصيب على مستوى الراس فرقد في مستشفى CHU بدون ادنى عناية مما ادى الى استشهاده و قد كان الرفيق يتابع دراسته بالسنة الثانية شعبة ادب انجليزي و ينحدر من اقليم تاونات (مرنيسة)