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mardi 18 octobre 2016

« Changer le système, pas le climat »Tous à Safi les 4 et 5 novembre 2016


Un autre Maroc est possible .. et nécessaire

ATTAC CADTM Maroc organise deux journées de rencontres et mobilisation à Safi les 4 et 5 novembre 2016 sur le thème «Changer le système pas le climat ».

Voilà 15 ans, le Maroc accueillait la COP 7. Cette année la Conférence des parties sur le changement climatique prépare sa 22ème édition, à nouveau au Maroc. Que s’est-il passé pendant ces 15 ans? Pas grand chose.
La COP de Kyoto (1997) a misé sur le marché pour contrôler les émissions de carbone. Le protocole de Kyoto, entré en vigueur seulement en 2005 a  confirmé que les mécanismes du marché n’ont pas permis de réduire ces émissions qui ont continué d’augmenter de 2% par an (5ème rapport du GIEC).
La COP 21 tenue à Paris en 2015 est parvenue à un accord : contenir la hausse des températures en deçà de 2° et s’efforcer de la limiter à 1,5. Grand pas en avant ? Pas vraiment car elle ne s’est pas donnée les moyens d’y parvenir. Ce n’est guère qu’une déclaration d’intention.

dimanche 18 septembre 2016

COP 22 à Marrakech : Quelle stratégie pour les mouvements sociaux face au changement climatique ?


Le Maroc se prépare à accueillir la Conférence des Parties sur les changements climatiques, Cop22, à Marrakech du 7 au 18 Novembre 2016 dans un contexte d’accentuation de «crise» écologique qui est l’une des dimensions de la crise de civilisation du système capitaliste.

  Cette Cop22 se tiendra alors que les précédentes éditions ont échoué à imposer des mesures contraignantes aux super puissances industrielles afin de parvenir à une réduction des émissions de gaz à effet de serre. La priorité est de garantir les bénéfices que réalisent les multinationales de l’extraction de charbon, du gaz, du pétrole, des minéraux et diverses sources de d’énergie, ou de l’agriculture industrielle et les ressources naturelles du sol, de la mer et du ciel. Les puissants de ce monde proposent des solutions basées sur des investissements « verts » qui accentuent les effets dévastateurs de la logique productiviste et consumériste des ressources et qui permettent l’enrichissement d’une minorité dominante au détriment du sort des générations actuelles et futures de la majorité de la population de la planète.
Au Maroc, les politiques imposées par les institutions financières et commerciales internationales sont soumises aux mêmes objectifs d’accaparement des richesses de notre pays par des capitalistes étrangers et locaux au détriment des classes populaires et appauvries des villes et des villages.

jeudi 14 janvier 2016

Attac CADTM Maroc : Élargissons la solidarité avec la lutte des enseignant.es stagiaires jusqu’à la victoire !


Attac CADTM Maroc : Élargissons la solidarité avec la lutte des enseignant.es stagiaires jusqu’à la victoire !

Attac CADTM Maroc : Élargissons la solidarité avec la lutte des enseignant.es stagiaires jusqu’à la victoire !

Après plus de deux mois de lutte, et diverses formes de mobilisations : grèves, sit-in, marches, manifestations locales, régionales et nationales, les enseignant.es stagiaires des centres régionaux d’Education et de Formation, le bras de fer se poursuit contre  les réformes décrétées et pour la défense de l’enseignement publique .

Le mardi 5 janvier 2016 a marqué une étape importante avec l’appel des fonctionnaires, enseignants et agents de la fonction publique à soutenir la lutte des enseignant.es stagiaires et répondu massivement en portant un brassard rouge … La réponse de l’état n’ était que l’arrestation de Abderahmane Karoumi, militant de la coordination de Beni Mellal…qui a été libéré après .
Alors que les enseignant.es stagiaires répondaient à l’appel du mouvement à des manifestations nationales ce jeudi 7 janvier 2016, ils ont été réprimés, violemment tabassés à Inezgane, Casablanca, Marrakech, Tanger , faisant plusieurs blessés graves, parmi lesquels plusieurs miltant.es d’Attac Maroc
C’est ainsi que nos libéraux, fidèles aux programmes des Institutions Financières Internationales, en sacrifiant la lutte des enseignants stagiaires, montrent leur vrai visage : une démocratie de façade servant à nous engloutir dans la spirale infernale de l’endettement qui exige plus de démantèlement de secteurs publics, et en finir avec nos acquis sociaux arrachés de haute lutte, telles nos retraites.

Attac Maroc condamne la répression menée par l’Etat marocain pour stopper les luttes menées par le mouvement de la coordination nationale des enseignants stagiaires.

Pour cela, nous affirmons :
-notre solidarité avec les enseignants stagiaires dans leur lutte et saluons leur détermination
nous condamnons toute répression contre toute forme de lutte menée par les enseignants stagiaires dans toutes les villes et centres
-nous appelons à élargir et développer la solidarité nationale et internationale avec cette lutte importante.

Victoire pour les professeurs stagiaires !

Attac Maroc, Secrétariat national

7 janvier 2016

mardi 10 février 2015

Soprofel au Maroc: des tomates pour l’Europe au goût bien amer









Par Omar Aziki, ATTAC CADTM Maroc
Olivier Chantry, CADTM
Mónica Vargas, ODG

Février 2015

Conflit chez Soprofel-Idyl, il en coûte au capital européen de respecter les droits des travailleurs…

Il fait froid cet hiver dans la plaine du Souss-Massa (région d’Agadir au sud du Maroc). Pourtant, depuis le 8 janvier 2015, nuit et jour, des ouvriers agricoles (majoritairement des femmes) campent en signal de protestation devant une des stations d’emballage du groupe français Soprofel-Idyl. Le groupe Soprofel est une société maroco-française spécialisée dans la production et l’exportation de produits agricoles, principalement les primeurs maraîchers dans la zone du Souss. Il est l’un des grands groupes agricoles au Maroc et principal fournisseur de l’entreprise Idyl installée en France et emploie près de 7000 salarié/es. Les deux patrons associés (un marocain et l’autre français) se sont séparés et partagés le groupe en deux sociétés Rosaflor (pour le premier) et Soprofel (pour le deuxième) en mai 2014. Les ouvrières et les ouvriers ont été les premières victimes de cette séparation, se retrouvant depuis l’été de l’année passée sans emploi et dans une situation d’incertitude. La pression syndicale a réussi à ce qu’un nombre important de travailleurs soient réintégrés de forme progressive. Mais près de 140 d’entre eux n’ont pas pu encore reprendre leur travail au sein de Soprofel, même si l’entreprise a déjà repris ses activités. L’entreprise refuse d’accepter à nouveau les travailleurs en arguant qu’il n’y a pas assez de travail. Cependant, elle n’a pas hésité à imposer des heures supplémentaires aux ouvrier-e-s réintégrés. Curieusement, les personnes qui n’ont pas été réengagées sont des syndicalistes…

mardi 13 janvier 2015

Communiqué de solidarité d'Attac Maroc avec Attac France et le peuple français

Après ces effroyables actes de terrorisme qui, au-delà de l’équipe de Charlie hebdo, atteignent l’ensemble du peuple français dans toutes ses composantes, et les valeurs démocratiques, de liberté de pensée, de croyance et d’expressions auxquelles nous sommes tous si attachés, toutes nos pensées en ces journées difficiles vont à nos ami(e)s et camarades d’Attac France également affecté(e)s par l’assassinat ignoble de l’un de ses membres fondateurs, Bernard Maris.
Nous nous sentons également atteints par ces actes qui nous concernent également : la montée des fondamentalismes, les attentats terroristes, la montée de l’extrême-droite, les attaques contre les libertés qui nous viennent non seulement de l’obscurantisme religieux mais aussi du pouvoir lui-même, voilà ce que nous vivons aussi au quotidien depuis de longues années, tant au Maroc que dans l’ensemble du monde arabe.
Comment penser que l’on puisse réellement lutter contre de tels agissements tant que la volonté des peuples est bafouée par les puissances de l’argent ; tant que leur souveraineté et leurs droits économiques et sociaux sont remis en cause ; tant que le peuple palestinien vit sous la botte d’un colonialisme d’un autre âge soutenu par l’ensemble des puissances mondiales ; tant que le Moyen-Orient est à feu et à sang suite aux interventions d’apprentis-sorciers qui ne parviennent plus à contrôler les forces qu’ils ont eux-mêmes créées et soutenues ; tant que les grandes puissances s’autorisent à intervenir, à tuer et assassiner dans n’importe quel point de la planète, en défense de leurs intérêts, au mépris de la législation internationale et de la sécurité et de la volonté des peuples.
En France, au Maroc, partout dans le monde, condamnons sans réserve la barbarie, luttons et défendons nos droits et nos libertés  tous les jours un peu  plus bafoués au nom du terrorisme.
Dénonçons les guerres incessantes qui institutionnalisent le terrorisme d’État pour envahir les pays, s'accaparer les richesses, reconfigurer la géographie du monde, dominer les peuples qui luttent haut et fort pour la liberté, la dignité et la justice sociale.
Le 13 janvier 2015
ATTAC CADTM Maroc

mardi 9 décembre 2014

Vandalisation de son local national du Secrétariat National d’Attac CADTM Maroc

Communiqué du Secrétariat National d’Attac CADTM Maroc suite à la vandalisation de son local national le 2 décembre 2014
 
Dans la nuit du 2 décembre 2014 le local national de Attac Maroc a été vandalisé avec effraction et ce  pour la 2ème fois en moins d’un mois.
 Le SN d’Attac Maroc, rappelle les multiples entraves à son fonctionnement qu’a connues l’association : tracasseries administratives et non renouvellement  du dépôt de son  récépissé, les intimidations et  la répression : la fermeture de bureaux locaux, les arrestation et les procès, les licenciements .... qui touchent ses militants.
La vandalisation de son local national de cette manière serait-il un nouvel épisode de cette longue suite d’intimidations et répressions.
La responsabilité de ce délit doit être établie afin que les responsables soient jugés et condamnés,
Nous rendons responsables les autorités concernées de ce qui pourrait survenir.
Secrétariat national
RABAT  le 05-02-2014

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vendredi 5 décembre 2014

Attac CADTM Maroc demande l'extradition de Blaise Compaoré


Non, le Maroc ne doit pas servir de poubelle pour dictateurs hors d'usage
 De : aziki omar 1/12/ 2014

Le 31 octobre 2014, le peuple burkinabé a chassé du pouvoir le dictateur Blaise Compaoré mettant ainsi fin à 27 ans de règne.
Rappelons que Blaise Comparoré a accédé au pourvoir, le 15 octobre 1987, par un coup d’état et l’assassinat du président Thomas Sankara. 
Alors que Thomas Sankara a marqué l'histoire par sa farouche résistance aux politiques impérialistes, en particulier en appelant à la création d'un front uni contre la dette à Addis Abeba le 29 Juillet 1987, Blaise Compaoré restera quant à lui célèbre pour sa participation dans les différentes guerres de la région (Libéria, Sierra Leone, Côte d’Ivoire), pour avoir été le bon élève des institutions financières internationales et le fidèle serviteur de sa famille et de son clan.
Au cœur de la révolte, le dictateur burkinabé et sa famille ont été exfiltrés par l’armée française en Côte d’Ivoire. N'étant finalement pas le bienvenu, il a alors trouvé refuge au Maroc, le 20 novembre 2014 soit trois semaines après sa chute.  Le 27 novembre, Isaac Zida, le Premier ministre intérimaire du Burkina Faso a annoncé qu'il demanderait au Maroc «de mettre le président Compaoré à la disposition de la justice burkinabè».
Notons que Blaise Compaoré n’est pas le seul dictateur à avoir trouvé refuge au Maroc et que l'accueil de ce dernier coïncide avec l’organisation au Maroc du Forum mondial des droits de l’homme à Marrakech le 27 novembre 2014. A travers cette manifestation internationale le Maroc cherche à montrer un visage démocratique, mais il ne parviendra pas à masquer le fait qu'il est, depuis longtemps, une terre d’asile pour les anciens dictateurs et des violations des droits de l’homme …
De ce fait, ATTAC CADTM Maroc

- Félicite le peuple burkinabé qui a su chasser le dictateur Blaise Compaoré et pour son combat contre la corruption, pour un Burkina Faso de justice et de liberté.
- Exige que Blaise Compaoré soit remis à la justice Burkinabée

Refuse que le Maroc soit une terre d’asile des anciens dictateurs.      
                                                                          
Le Secrétariat national





mercredi 26 février 2014

Congrès national ATTAC/CADTM Maroc



Par Salaheddine Lemaizi, 28/2/2014
Urgent: ATTAC Maroc a été interdite d'organiser son congrès au centre du ‪#‎MJS‬. Cauchemar

Le représentant de la Jeunesse de la Voix démocratique: "Nous travaillons de manière continue avec ATTAC. Nous soutenons votre association dans vos combats". ‪#‎CongrèsATTAC‬.

La représentante de BDS: "Notre mouvement de boycott de l'Etat sioniste réalise des victoires. D'une initiative à petite échelle, cette action a pris de l'ampleur. Tous unis contre l'apartheid imposé par Israël" ‪#‎CongrèsATTAC‬.

lundi 29 juillet 2013

ATTAC-CADTM-Maroc : Solidarité avec le peuple tunisien

 
ATTAC-CADTM-Maroc                                                          Rabat, le 28 juillet 2013   
Communiqué
Solidarité avec le peuple tunisien
  
La révolution tunisienne qui a lancé, le 14 janvier 2011, l’appel vers l’espoir et la liberté pour l’ensemble des peuples de la région.
L'assassinat crapuleux le 25 juillet 2013 du militant tunisien Mohamed Brahmi, survient à quelques mois de  Choukri Belaïd , assassiné le 6 février dernier. Ces assassinats politiques s’inscrivent dans un climat de violence et de divisions politiques, n’ont d’autre but que de stopper le processus révolutionnaire en cours.
L'assassinat de feu Brahmi, membre de l'Assemblée nationale constituante, coordinateur général du Courant Populaire et membre du secrétariat général du Front Populaire pour la réalisation des objectifs de la révolution en Tunisie indique clairement cette volonté.  
A ATTAC Maroc, nous dénonçons cet acte terroriste ignoble et déclarons ce qui suit :
-        Nous soutenons le peuple tunisien frère dans ces circonstances difficiles
-        Nous condamnons ce crime qui alimente la terreur, divise les peuples et détourne les processus révolutionnaires  de leur court
-        Notre exigeons que les autorités tunisiennes ouvrent une enquête transparente et impartiale  pour faire toute la vérité sur l’assassinat des militants Mohamed Brahmi ainsi que Choukri Belaïd
-        Face aux menaces impérialistes, militaires, intégristes qui pèsent sur la révolution en cours en Tunisie et dans la région,  nous appelons l’ensemble des forces démocratiques à s’unir dans un large front pour défendre les acquis de la révolution tunisienne et les poursuivre
-        Nous exprimons notre totale solidarité au peuple tunisien dans sa lutte pour la dignité, la liberté, la justice sociale et l’égalité. Cette lutte que nous partageons et poursuivons pour construire ensemble notre « Printemps des Peuples ».

samedi 25 mai 2013

Assemblée mondiale du Réseau CADTM 20-21-22 mai : La situation politique au Maroc


  par Attac/Cadtm Maroc, 18/5/2013
 
Assemblée mondiale du Réseau CADTM
Rabat, 20-21-22 mai 2013

Le dilemme des choix néolibéraux dans un contexte de crise mondiale du capitalisme

Le contexte politique actuel se caractérise par l’aggravation de la crise du capitalisme à l’échelle mondiale et l’offensive généralisée du capital pour faire supporter le fardeau de sa crise aux masses populaires.
Au Maroc, cette crise accentue l’impasse des choix néolibéraux imposés par les institutions financières et commerciales internationales. En effet, Le Maroc était colonisé pendant 43 ans (de 1912 à 1955) par la France et l’Espagne qui ont pillé ses ressources, empêché son industrialisation et entravé son développement. Le processus de lutte pour l’indépendance n’a pas permis une rupture avec la domination coloniale qui s’est poursuivie sous de nouvelles formes. La dette qui était le principal outil de financement dès le début des années soixante, a explosé au début des années quatre-vingt et a entrainé les programmes d’ajustement structurel. La Banque mondiale et le Fonds monétaire international imposaient alors leurs politiques de tout pour l’export, le démantèlement des barrières douanières, la libre circulation des capitaux étrangers et des marchandises, la privatisation des entités publiques rentables et des services publics, les accords du libre-échange, etc. Ces choix néolibéraux ont accentué le transfert des richesses, la dépendance structurelle de notre pays à tous les niveaux (financier, technologique, industriel, commercial et alimentaire), et ont condamné la majorité des citoyens à vivre dans la pauvreté et l’analphabétisme. 

L’impasse de ces choix est retentissante dans le contexte actuel de crise

L’année 2012 a connu un taux de croissance de 2,4% contre 4,9% en 2011. Elle s’est terminée par un déficit commercial de 197 milliards de DH qui représente 23,8% du PIB (1 euro = 11 dirhams –DH-), et la valeur de nos exportations ne couvre que 48% de nos importations (36% pour la balance alimentaire). La crise en Europe affecte aussi les autres principales sources de devises (les résidents marocains à l’étranger, le tourisme et les investissements directs étrangers) qui manifestent une tendance à la baisse. Ce qui a conduit à un déficit historique du compte courant de la balance des paiements qui a atteint près de 83 milliards de DH à fin 2012, soit 10% du PIB (le plus haut niveau de déficit depuis les années 1980). Les avoirs extérieurs nets ne permettent de couvrir que 3 mois et 27 jours d’importations de biens et services en février 2013. C’est alors qu’on tombe à nouveau dans la spirale infernale de l’endettement.
La dette publique totale (interne et externe) du Maroc a atteint 583 milliards de DH (environ 71% du PIB) en fin 2012. Son service est de 108 milliards de DH. Si l’on compare le poids annuel de la dette avec le budget de l’Éducation en 2012 (51 milliards de DH), de la Santé (12 milliards de DH) ou des investissements publics (59 milliards de DH), on se rend à l’évidence qu’aucun développement économique ou social n’est possible sans l’annulation de la dette.
Mais l’État continue sa quête de devises en empruntant directement sur les marchés financiers internationaux : 1 milliard d’euros en 2010 et 1,5 milliards de dollars en décembre 2012. Pendant ce temps, le FMI, par le biais de sa nouvelle Ligne de précaution et de liquidité (LPL) dotée de 6,2 milliards de dollars, nous a fixés les termes du plan d’austérité à suivre. Au menu : gel des salaires (les principales dispositions de la loi des Finances 2013 portent sur un quasi-blocage de la masse salariale publique, qui ne croîtrait que de 1,3% après avoir progressé de 9,2% en 2012), démantèlement du système de subventions des produits de première nécessité et du système des retraites par répartition, baisse de la dépense publique dans les secteurs sociaux et privatisation de l’enseignement et de la santé. Le gouvernement marocain vient déjà de prendre la décision de réduire le budget d’investissements publics de 15 milliards de dirhams sur les 59 milliards de dirhams fixés dans la loi des finances 2013, ce qui aura un impact négatif sur le taux de croissance déjà faible, l’emploi et le niveau de vie. Les impôts représentent plus de 63% des recettes de l’État dans la Loi des finances de 2013 mais seront supportés essentiellement par les consommateurs et les salariés, tandis que la participation des entreprises privées et des ménages riches restera faible, car elles bénéficient d’exonérations fiscales, de subventions et d’un accès au foncier à des prix dérisoires.
Ce sont donc les masses populaires qui payeront la crise par un accroissement de la précarité et le chômage. Selon le rapport 2013 sur le développement humain réalisé par le PNUD (Programme des Nations-Unies pour le Développement), le Maroc est toujours classé 130e sur 187 pays sur la base de trois dimensions : l’éducation, la santé et le revenu. En effet, le taux d’analphabétisme officiel en 2012 est de près de 30% pour les hommes (population âgée de 10 ans et plus) et 50% pour les femmes qui représentent plus de 50% de la population. Les dépenses de la santé représentent 5% du budget général de l’État et 1,4% du PIB. Le nombre de médecins est 5,4 médecins pour 10.000 habitants contre 12 en Tunisie, 13 en Algérie et 34 dans les pays d’Europe. Le PIB par tête d’habitant au Maroc s’élève à 2 100 DH par mois (25 200 DH par an) et le salaire médian dans le secteur privé est de 2 377 DH par mois contre 6 400 DH dans la fonction publique, tandis que le coût des besoins pour une vie décente est estimé à plus de 5 000 DH. Le taux de chômage avoisine 10% et le Maroc compte plus de 9 millions de pauvres (28% de la population) par application de l’indice multidimensionnel de pauvreté (9% selon l’approche monétaire officielle, c’est-à-dire moins de 2,15 dollars par personne et par jour).

La répression pour faire supporter le fardeau de la crise aux masses populaires
La gravité de la crise rétrécit la marge de concession du régime qui essaye d’anticiper sur les résistances populaires et ouvrières qui se développent sur tous les fronts par la répression et un acharnement contre toutes les formes de protestations sociales. Ceci se manifeste par des interventions sauvages contre les manifestations et sit-in, l’incarcération et les poursuites judiciaires contre des militants actifs, des intimidations de toutes sortes à leur encontre. L’Etat essaye d’instaurer un climat de peur et de criminaliser les résistances. Parmi elles, celles du Mouvement du 20 février (M20F) qui connaît certes un essoufflement, mais ses principales revendications (démocratie et justice sociale) continuent à être portées dans toutes sortes de mobilisations. La répression frappe aussi les luttes syndicales pour la défense des acquis dans le secteur public (enseignement, santé, justice, …) et privé (mines, textile, hôtellerie, agriculture,…), les diplômés chômeurs en lutte pour leur droit au travail (leurs actions quotidiennes se poursuivent à Rabat malgré la répression féroce). Les contestations pour défendre les services publics, le droit au logement et contre la cherté de la vie dans les villes subissent le même sort. Dans les zones rurales, les populations réclament des infrastructures de base qui manquent terriblement dans les régions enclavées. Les femmes victimes des effets désastreux du système du micro-crédit et les migrants subsahariens subissent également la répression, le racisme, les incarcérations et les procès iniques.
L’ensemble de ces mobilisations reflète la forte opposition politique aux politiques néolibérales et à l’État qui fait supporter le fardeau de la crise aux masses populaires et bafouer la liberté d’expression et d’opinion et les droits humains.

Une situation politique très incertaine
Les résistances se maintiennent contre l’offensive libérale mais ne sont pas encore à la hauteur d’une contre-attaque globale pour stopper l’hémorragie et imposer une alternative populaire. De même, elles n’incluent pas directement une dimension politique en termes de revendications démocratiques et une mise en cause de ceux qui gouvernent qui étaient justement portées par le mouvement de 20 février (M20). En effet, l’émergence du M20, en février 2011, dans le contexte des révoltes populaires dans les pays du Maghreb et de la région arabe, a augmenté l’ampleur des mobilisations sociales, surtout pour le droit au travail et les services publics, qui ont atteint toutes les couches du peuple marocain dans toutes les régions du pays. Il a également porté des revendications politiques directes dans la rue telles que la lutte contre la corruption incarnée dans certains fonctionnaires de l’État, des parlementaires, et des membres des conseils locaux et en réclamant la destitution du gouvernement, la dissolution du parlement et la libération des prisonniers politiques, etc. Il a mis en évidence la perte de crédibilité de la nouvelle Constitution boycottée par la moitié des Marocains, et des institutions représentatives par la non-participation très faible aux élections législatives dont le taux réel n’était que de 25 %. Mais pour l’instant la monarchie a réussi à reprendre l’initiative dans la gestion de la politique générale du pays en concertation avec les institutions financières et commerciales internationales et les pôles de l’impérialisme.
Le rapport de force est actuellement en défaveur des classes populaires qui souffrent d’un épuisement de leurs outils de lutte. Les partis politiques de la gauche institutionnelle qui parlaient au nom des forces populaires s’accordaient avec la monarchie pour un nouveau consensus qui permettra une stabilité politique et une continuité des politiques néolibérales. Ils légitiment le despotisme en place en participant aux gouvernements de façade et les pseudos institutions représentatives. Ils sont suivis par les syndicats, émiettés, bureaucratisés, atomisés qui collaboraient eux aussi avec l’Etat et les employeurs pour maintenir la paix sociale et détruire les acquis historiques de la classe ouvrière. Le dogme libéral domine également au sein des dirigeants de nombreuses organisations de femmes, de jeunes, des droits de l’homme et organisations de « la société civile », ainsi que parmi un large éventail des intellectuels et des enseignants universitaires qui considèrent que le temps de la résistance et la confrontation est révolu, et qu’il faut juste travailler à humaniser la mondialisation néo - libérale et s’accrocher au régime existant en tant que garant de la stabilité politique, surtout avec la montée de l’épouvantail de l’islam politique. Et avec l’ampleur de la machine médiatique qui défend le nouveau règne et l’absence de traditions nécessaires de solidarité, les expériences combatives des luttes ouvrières et des mobilisations populaires restent fragmentées et isolées et vulnérables à des campagnes de répression, les combats des diplômés chômeurs subissent une répression journalière farouche et systématique, et toutes les voix dissidentes subissent également des harcèlements de toutes sortes. En effet, pour faire passer les plans d’austérité et la restructuration globale de l’économie et de la société tel que requis par les Institutions Financières Internationales et les multinationales le régime n’avait d’autres moyens que le renforcement de la répression contre les mouvements de protestation en croissance et la réduction des libertés publiques par un système politique qui est dépourvu de toute légitimité populaire. La gauche radicale est trop faible pour peser et influencer largement. Le champ reste alors ouvert aux courants islamistes radicaux qui exploitent cette absence de perspective progressiste claire pour orienter les aspirations surtout des jeunes vers des horizons obscurantistes.

Construire un front populaire large contre les plans néo – libéraux
Le défi central pour ATTAC/CADTM MAROC dans le contexte politique actuel, est de contribuer à la construction d’un front large contre les plans néo-libéraux. Le slogan qui oriente ATTAC Maroc reste « l’éducation populaire tournée vers l’action », qui signifie, réfuter la logique des IFI basée sur le marché et le profit privé, et développer des alternatives populaires basées sur les priorités sociales des citoyens. D’où ses campagnes de sensibilisation contre la dette, contre la privatisation des grands établissements publics et contre la marchandisation des services publics de santé, d’éducation, d’eau, électricité, des transports urbains, contre les accords de libre-échange, la fiscalité injuste, l’accaparement des terres, etc. Ce grand effort d’éducation populaire s’accompagne d’une pratique quotidienne pour unir les luttes et la coordination des expériences.
Malgré son rayonnement national, et malgré les efforts considérables déployés par les militants d’ATTAC Maroc pour renforcer sa présence dans les mobilisations, et en dépit des succès de ses positions et de ses analyses, son implantation populaire reste encore modeste. Le discours d’ATTAC/CADTM MAROC se distingue du consensus libéral et sonne comme une tendance radicale contre le courant général surtout que la machine des grands médias de l’État influence l’esprit des citoyens plus qu’une association limitée en ressources et en influence. L’État ne cesse de harceler notre association et refuse toujours de renouveler son récépissé de dépôt légal, malgré la reconnaissance dans la pratique. Ceci la prive des salles publiques pour ses activités et limite ses initiatives, des aides financière comme d’autres associations, et accentue son déficit budgétaire pour garantir ses propres locaux. Il faut ajouter à cela la caractéristique des adhérents d’ATTAC Maroc qui sont essentiellement des jeunes. Ces jeunes confèrent une très grande audace de lutte et d’initiatives, d’une part, mais d’autre part rendent difficile une continuité de son travail et la mise en œuvre des plans en raison de l’instabilité de la situation sociale de ces jeunes qui sont les premières victimes du chômage et de la précarité.
Malgré tous ces défis ATTAC Maroc continue à œuvrer pour la construction d’un mouvement social fort et profondément enraciné et pousser les mobilisations sociales vers la conquête de la démocratie et de la justice sociale.
Le 20 avril 2013

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