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mardi 23 septembre 2014

Pauvreté, développement et Sahara occidental: le Maroc se compte


media Le Le recensement général de la population marocaine est terminé. Les données seront dévoilés d'ici décembre 2014. RFI/Sabine Cessou
 
Le Maroc vient d’achever le recensement général de sa population. L’opération a duré 20 jours et a mobilisé des dizaines de milliers d’agents dans tout le pays. Une avalanche de données qui devraient être rendues publiques d’ici le mois de décembre. Objectif affiché : servir de base à l’ajustement des politiques publiques, en matière d'éducation, d'emploi, de santé, d'aménagement urbain, mais aussi produire ses propres chiffres concernant le développement du pays.
Parmi les grandes données attendues de ce recensement, l’ampleur de la croissance démographique de la capitale économique. La population de Casablanca pourrait avoir bondi de 2 millions et demi d’habitant en l’espace de dix ans.
Sur le plan politique, le recensement dans les régions du Sahara occidental est hautement stratégique. L’opération devra servir de base au processus de « régionalisation avancée », incluant l’autonomie promise par Rabat sur ce territoire contesté.

Les chiffres officiels du Maroc souvent contestés
Ces données statistiques serviront aussi à quantifier les réalisations du Maroc sur le développement humain, soucieux d’accomplir les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) d'ici 2015.
Les chiffres officiels du Maroc sont souvent contestés. En 2004, le Maroc ne comptait officiellement que 9 % de pauvres. Rabat conteste d’ailleurs régulièrement les chiffres contradictoires de l’ONU sur l’indice de développement humain. Dans son dernier classement, le Maroc arrive 129e sur 187 pays : la lanterne rouge de la région Maghreb Moyen-Orient.

jeudi 24 juillet 2014

Développement Humain : Le Maroc encore à la traîne

Société
Le Programme des Nations Unies pour de Développement (PNUD) a publié jeudi son Rapport sur le développement humain 2014, titré « Pérenniser le progrès humain : réduire  les vulnérabilités et renforcer la résilience ». Le constat est sans appel pour le Maroc : 129ème sur 176 pays en matière d’IDH. Dans la région Moyen Orient-Afrique du Nord, le royaume devance seulement le Yémen, la Mauritanie et l’Afghanistan.
Le Programme des Nations Unies pour de Développement (PNUD) a publié hier son rapport 2014 sur le développement humain. Intitulé « Pérenniser le progrès humain : réduire  les vulnérabilités et renforcer la résilience », le document souligne que quelques 2,2 milliards d’individus vivent encore dans la pauvreté multidimensionnelle. Il dénote également un « ralentissement des progrès dans toutes les régions ». La Norvège, l’Australie et la Suisse sont les pays qui affichent les meilleures performances en matière d’indice de développement humain (IDH) suivis des Pays-Bas, des Etats-Unis et de l’Allemagne.

Le Maroc distancé par les pays de ma région MENA
Les pays qui sont encore à la traîne se trouvent principalement en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie du sud. Le Maroc reste par exemple 129ème sur les 176 pays classés (contre 130ème en 2013), ne devançant quelques pays de l’Afrique Subsaharienne et deux pays arabes (Yémen et Mauritanie) ainsi que l’Afghanistan.
Le rapport distingue quatre catégories de pays selon leur IDH : très élevé (0,800 ou plus), élevé (entre 0,700 et 0,799), moyen (entre 0,550 et 0,699) et faible (inférieur à 0,550). Avec un indice de 0,617, le Maroc se situe dans la troisième catégorie composée de 43 pays. Parmi les 49 pays affichant un IDH très élevé, seuls l’Arabie Saoudite (34ème), les Emirats Arabes Unis (40ème) et le Bahreïn (44ème) représentent la région MENA. Pour leur part, la Libye (55ème), Oman (56ème), le Liban (65ème), la Turquie (69ème), l’Iran (75ème), la Jordanie (77ème), la Tunisie (90ème) et l’Algérie (93ème) figurent dans la catégorie affichant un IDH élevé (52 pays). Enfin, le Yémen (154ème), la Mauritanie (161ème) et l’Afghanistan (169ème) restent parmi le groupe avec un faible IDH (32 pays).
Pour le Maroc, l’espérance de vie qui se situe à 70,9 ans (plus que la moyenne mondiale) reste parmi les rares satisfactions. Le pays est toujours à la traîne en matière d'éducation. La durée moyenne de scolarisation reste de 4,4 ans et la durée attendue de scolarisation de 11,6 ans, de loin en dessous de celles des pays affichant des IDH élevés.

Ralentissement de la croissance du RNB dans la région MENA
Globalement, tous les pays ont amélioré leur développement humain au cours des dernières décennies et des milliards d'individus vivent à présent dans de bien meilleures conditions, explique le rapport. En revanche, près de 80% de la population mondiale n'a toujours pas accès à une protection sociale complète. Le PNUD note même un ralentissement des progrès dans toutes les régions entre 2008 et 2013 comparé à la période 2000-2008. Dans les Etats du Moyen-Orient et d’Afrique du nord, en Asie-Pacifique, en Amérique latine et dans les Caraïbes, le taux de croissance annuel moyen de l’IDH a diminué presque de moitié par rapport à ces deux périodes.
Selon le document, la croissance du revenu national brut (RNB) par habitant a diminué, notamment dans les pays de la région MENA, en Europe et en Asie centrale. Le rapport revient aussi sur l’inégalité et la précarité de l’emploi dans le monde. Ainsi, à l'échelle mondiale, le niveau de développement des femmes est de 8% inférieur à celui des hommes. L'Afrique sub-saharienne enregistre les plus hauts niveaux d'inégalité selon le rapport. Les pays les plus égalitaires sont la Finlande, la Norvège, la République Tchèque et l'Islande. En Afrique du nord, 41% des emplois sont précaires et 6,4% des travailleurs sont pauvres.
Le rapport s’intéresse aussi à la question de la vulnérabilité et constate que quelle que soit l'efficacité des politiques dans la réduction des vulnérabilités inhérentes, les crises ne cesseront jamais de se produire avec des conséquences potentiellement destructives.  « Il est donc vital de renforcer les capacités pour se préparer aux catastrophes et surmonter leurs conséquences, afin de permettre aux communautés de mieux gérer (et surmonter) les chocs ».
El Hadji Mamadou Gueye
Copyright Yabiladi.com

http://yabiladi.com/articles/details/28050/developpement-humain-maroc-encore-traine.html

samedi 25 mai 2013

Assemblée mondiale du Réseau CADTM 20-21-22 mai : La situation politique au Maroc


  par Attac/Cadtm Maroc, 18/5/2013
 
Assemblée mondiale du Réseau CADTM
Rabat, 20-21-22 mai 2013

Le dilemme des choix néolibéraux dans un contexte de crise mondiale du capitalisme

Le contexte politique actuel se caractérise par l’aggravation de la crise du capitalisme à l’échelle mondiale et l’offensive généralisée du capital pour faire supporter le fardeau de sa crise aux masses populaires.
Au Maroc, cette crise accentue l’impasse des choix néolibéraux imposés par les institutions financières et commerciales internationales. En effet, Le Maroc était colonisé pendant 43 ans (de 1912 à 1955) par la France et l’Espagne qui ont pillé ses ressources, empêché son industrialisation et entravé son développement. Le processus de lutte pour l’indépendance n’a pas permis une rupture avec la domination coloniale qui s’est poursuivie sous de nouvelles formes. La dette qui était le principal outil de financement dès le début des années soixante, a explosé au début des années quatre-vingt et a entrainé les programmes d’ajustement structurel. La Banque mondiale et le Fonds monétaire international imposaient alors leurs politiques de tout pour l’export, le démantèlement des barrières douanières, la libre circulation des capitaux étrangers et des marchandises, la privatisation des entités publiques rentables et des services publics, les accords du libre-échange, etc. Ces choix néolibéraux ont accentué le transfert des richesses, la dépendance structurelle de notre pays à tous les niveaux (financier, technologique, industriel, commercial et alimentaire), et ont condamné la majorité des citoyens à vivre dans la pauvreté et l’analphabétisme. 

L’impasse de ces choix est retentissante dans le contexte actuel de crise

L’année 2012 a connu un taux de croissance de 2,4% contre 4,9% en 2011. Elle s’est terminée par un déficit commercial de 197 milliards de DH qui représente 23,8% du PIB (1 euro = 11 dirhams –DH-), et la valeur de nos exportations ne couvre que 48% de nos importations (36% pour la balance alimentaire). La crise en Europe affecte aussi les autres principales sources de devises (les résidents marocains à l’étranger, le tourisme et les investissements directs étrangers) qui manifestent une tendance à la baisse. Ce qui a conduit à un déficit historique du compte courant de la balance des paiements qui a atteint près de 83 milliards de DH à fin 2012, soit 10% du PIB (le plus haut niveau de déficit depuis les années 1980). Les avoirs extérieurs nets ne permettent de couvrir que 3 mois et 27 jours d’importations de biens et services en février 2013. C’est alors qu’on tombe à nouveau dans la spirale infernale de l’endettement.
La dette publique totale (interne et externe) du Maroc a atteint 583 milliards de DH (environ 71% du PIB) en fin 2012. Son service est de 108 milliards de DH. Si l’on compare le poids annuel de la dette avec le budget de l’Éducation en 2012 (51 milliards de DH), de la Santé (12 milliards de DH) ou des investissements publics (59 milliards de DH), on se rend à l’évidence qu’aucun développement économique ou social n’est possible sans l’annulation de la dette.
Mais l’État continue sa quête de devises en empruntant directement sur les marchés financiers internationaux : 1 milliard d’euros en 2010 et 1,5 milliards de dollars en décembre 2012. Pendant ce temps, le FMI, par le biais de sa nouvelle Ligne de précaution et de liquidité (LPL) dotée de 6,2 milliards de dollars, nous a fixés les termes du plan d’austérité à suivre. Au menu : gel des salaires (les principales dispositions de la loi des Finances 2013 portent sur un quasi-blocage de la masse salariale publique, qui ne croîtrait que de 1,3% après avoir progressé de 9,2% en 2012), démantèlement du système de subventions des produits de première nécessité et du système des retraites par répartition, baisse de la dépense publique dans les secteurs sociaux et privatisation de l’enseignement et de la santé. Le gouvernement marocain vient déjà de prendre la décision de réduire le budget d’investissements publics de 15 milliards de dirhams sur les 59 milliards de dirhams fixés dans la loi des finances 2013, ce qui aura un impact négatif sur le taux de croissance déjà faible, l’emploi et le niveau de vie. Les impôts représentent plus de 63% des recettes de l’État dans la Loi des finances de 2013 mais seront supportés essentiellement par les consommateurs et les salariés, tandis que la participation des entreprises privées et des ménages riches restera faible, car elles bénéficient d’exonérations fiscales, de subventions et d’un accès au foncier à des prix dérisoires.
Ce sont donc les masses populaires qui payeront la crise par un accroissement de la précarité et le chômage. Selon le rapport 2013 sur le développement humain réalisé par le PNUD (Programme des Nations-Unies pour le Développement), le Maroc est toujours classé 130e sur 187 pays sur la base de trois dimensions : l’éducation, la santé et le revenu. En effet, le taux d’analphabétisme officiel en 2012 est de près de 30% pour les hommes (population âgée de 10 ans et plus) et 50% pour les femmes qui représentent plus de 50% de la population. Les dépenses de la santé représentent 5% du budget général de l’État et 1,4% du PIB. Le nombre de médecins est 5,4 médecins pour 10.000 habitants contre 12 en Tunisie, 13 en Algérie et 34 dans les pays d’Europe. Le PIB par tête d’habitant au Maroc s’élève à 2 100 DH par mois (25 200 DH par an) et le salaire médian dans le secteur privé est de 2 377 DH par mois contre 6 400 DH dans la fonction publique, tandis que le coût des besoins pour une vie décente est estimé à plus de 5 000 DH. Le taux de chômage avoisine 10% et le Maroc compte plus de 9 millions de pauvres (28% de la population) par application de l’indice multidimensionnel de pauvreté (9% selon l’approche monétaire officielle, c’est-à-dire moins de 2,15 dollars par personne et par jour).

La répression pour faire supporter le fardeau de la crise aux masses populaires
La gravité de la crise rétrécit la marge de concession du régime qui essaye d’anticiper sur les résistances populaires et ouvrières qui se développent sur tous les fronts par la répression et un acharnement contre toutes les formes de protestations sociales. Ceci se manifeste par des interventions sauvages contre les manifestations et sit-in, l’incarcération et les poursuites judiciaires contre des militants actifs, des intimidations de toutes sortes à leur encontre. L’Etat essaye d’instaurer un climat de peur et de criminaliser les résistances. Parmi elles, celles du Mouvement du 20 février (M20F) qui connaît certes un essoufflement, mais ses principales revendications (démocratie et justice sociale) continuent à être portées dans toutes sortes de mobilisations. La répression frappe aussi les luttes syndicales pour la défense des acquis dans le secteur public (enseignement, santé, justice, …) et privé (mines, textile, hôtellerie, agriculture,…), les diplômés chômeurs en lutte pour leur droit au travail (leurs actions quotidiennes se poursuivent à Rabat malgré la répression féroce). Les contestations pour défendre les services publics, le droit au logement et contre la cherté de la vie dans les villes subissent le même sort. Dans les zones rurales, les populations réclament des infrastructures de base qui manquent terriblement dans les régions enclavées. Les femmes victimes des effets désastreux du système du micro-crédit et les migrants subsahariens subissent également la répression, le racisme, les incarcérations et les procès iniques.
L’ensemble de ces mobilisations reflète la forte opposition politique aux politiques néolibérales et à l’État qui fait supporter le fardeau de la crise aux masses populaires et bafouer la liberté d’expression et d’opinion et les droits humains.

Une situation politique très incertaine
Les résistances se maintiennent contre l’offensive libérale mais ne sont pas encore à la hauteur d’une contre-attaque globale pour stopper l’hémorragie et imposer une alternative populaire. De même, elles n’incluent pas directement une dimension politique en termes de revendications démocratiques et une mise en cause de ceux qui gouvernent qui étaient justement portées par le mouvement de 20 février (M20). En effet, l’émergence du M20, en février 2011, dans le contexte des révoltes populaires dans les pays du Maghreb et de la région arabe, a augmenté l’ampleur des mobilisations sociales, surtout pour le droit au travail et les services publics, qui ont atteint toutes les couches du peuple marocain dans toutes les régions du pays. Il a également porté des revendications politiques directes dans la rue telles que la lutte contre la corruption incarnée dans certains fonctionnaires de l’État, des parlementaires, et des membres des conseils locaux et en réclamant la destitution du gouvernement, la dissolution du parlement et la libération des prisonniers politiques, etc. Il a mis en évidence la perte de crédibilité de la nouvelle Constitution boycottée par la moitié des Marocains, et des institutions représentatives par la non-participation très faible aux élections législatives dont le taux réel n’était que de 25 %. Mais pour l’instant la monarchie a réussi à reprendre l’initiative dans la gestion de la politique générale du pays en concertation avec les institutions financières et commerciales internationales et les pôles de l’impérialisme.
Le rapport de force est actuellement en défaveur des classes populaires qui souffrent d’un épuisement de leurs outils de lutte. Les partis politiques de la gauche institutionnelle qui parlaient au nom des forces populaires s’accordaient avec la monarchie pour un nouveau consensus qui permettra une stabilité politique et une continuité des politiques néolibérales. Ils légitiment le despotisme en place en participant aux gouvernements de façade et les pseudos institutions représentatives. Ils sont suivis par les syndicats, émiettés, bureaucratisés, atomisés qui collaboraient eux aussi avec l’Etat et les employeurs pour maintenir la paix sociale et détruire les acquis historiques de la classe ouvrière. Le dogme libéral domine également au sein des dirigeants de nombreuses organisations de femmes, de jeunes, des droits de l’homme et organisations de « la société civile », ainsi que parmi un large éventail des intellectuels et des enseignants universitaires qui considèrent que le temps de la résistance et la confrontation est révolu, et qu’il faut juste travailler à humaniser la mondialisation néo - libérale et s’accrocher au régime existant en tant que garant de la stabilité politique, surtout avec la montée de l’épouvantail de l’islam politique. Et avec l’ampleur de la machine médiatique qui défend le nouveau règne et l’absence de traditions nécessaires de solidarité, les expériences combatives des luttes ouvrières et des mobilisations populaires restent fragmentées et isolées et vulnérables à des campagnes de répression, les combats des diplômés chômeurs subissent une répression journalière farouche et systématique, et toutes les voix dissidentes subissent également des harcèlements de toutes sortes. En effet, pour faire passer les plans d’austérité et la restructuration globale de l’économie et de la société tel que requis par les Institutions Financières Internationales et les multinationales le régime n’avait d’autres moyens que le renforcement de la répression contre les mouvements de protestation en croissance et la réduction des libertés publiques par un système politique qui est dépourvu de toute légitimité populaire. La gauche radicale est trop faible pour peser et influencer largement. Le champ reste alors ouvert aux courants islamistes radicaux qui exploitent cette absence de perspective progressiste claire pour orienter les aspirations surtout des jeunes vers des horizons obscurantistes.

Construire un front populaire large contre les plans néo – libéraux
Le défi central pour ATTAC/CADTM MAROC dans le contexte politique actuel, est de contribuer à la construction d’un front large contre les plans néo-libéraux. Le slogan qui oriente ATTAC Maroc reste « l’éducation populaire tournée vers l’action », qui signifie, réfuter la logique des IFI basée sur le marché et le profit privé, et développer des alternatives populaires basées sur les priorités sociales des citoyens. D’où ses campagnes de sensibilisation contre la dette, contre la privatisation des grands établissements publics et contre la marchandisation des services publics de santé, d’éducation, d’eau, électricité, des transports urbains, contre les accords de libre-échange, la fiscalité injuste, l’accaparement des terres, etc. Ce grand effort d’éducation populaire s’accompagne d’une pratique quotidienne pour unir les luttes et la coordination des expériences.
Malgré son rayonnement national, et malgré les efforts considérables déployés par les militants d’ATTAC Maroc pour renforcer sa présence dans les mobilisations, et en dépit des succès de ses positions et de ses analyses, son implantation populaire reste encore modeste. Le discours d’ATTAC/CADTM MAROC se distingue du consensus libéral et sonne comme une tendance radicale contre le courant général surtout que la machine des grands médias de l’État influence l’esprit des citoyens plus qu’une association limitée en ressources et en influence. L’État ne cesse de harceler notre association et refuse toujours de renouveler son récépissé de dépôt légal, malgré la reconnaissance dans la pratique. Ceci la prive des salles publiques pour ses activités et limite ses initiatives, des aides financière comme d’autres associations, et accentue son déficit budgétaire pour garantir ses propres locaux. Il faut ajouter à cela la caractéristique des adhérents d’ATTAC Maroc qui sont essentiellement des jeunes. Ces jeunes confèrent une très grande audace de lutte et d’initiatives, d’une part, mais d’autre part rendent difficile une continuité de son travail et la mise en œuvre des plans en raison de l’instabilité de la situation sociale de ces jeunes qui sont les premières victimes du chômage et de la précarité.
Malgré tous ces défis ATTAC Maroc continue à œuvrer pour la construction d’un mouvement social fort et profondément enraciné et pousser les mobilisations sociales vers la conquête de la démocratie et de la justice sociale.
Le 20 avril 2013

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vendredi 15 mars 2013

Indice de développement humain : le Maroc stagne à la 130e place



Le PNUD vient de publier son rapport 2013 sur le classement mondial IDH, axé cette année sur « l'essor du Sud ». Le royaume stagne à la 130e place sur 187 pays.

Le rapport 2013 sur le développement humain réalisé par le PNUD (Programme des Nations-Unies pour le développement) vient d'être publié. Le classement du Maroc n'a pas changé par rapport à l'édition précédente : le royaume est toujours classé 130e sur 187 pays sur la base de trois dimensions : l'éducation, la santé et le revenu.
Ce nouveau rapport du PNUD, intitulé « L'essor du Sud : le progrès humain dans un monde diversifié », se concentre sur l'évolution du développement dans les pays du sud et compare les expériences.
Le PNUD souligne que tous les pays ont connu des progrès en matière d'éducation, de santé et de revenus au titre de l'indice de développement humain (IDH) sur ces dix dernières années, mais que l'ampleur et la rapidité des progrès enregistrés sont différents d'une région à l'autre et au sein même de chaque région.
Au Maroc, la croissance annuelle moyenne de l'IDH était plus forte sur les périodes 1980-1990 et 1990-2000 (respectivement 1,71 et 1,54%) que sur les périodes 2000-2010 et 2000-2012 (1,35 et 1,20%). Cette tendance est la même dans les autres pays.
Le rapport « insiste sur le fait que la croissance économique ne se traduit pas automatiquement par une amélioration du développement humain ». Il note également que « les progrès continus sont peu probables si les inégalités et la destruction de l'environnement ne sont pas au premier plan des discussions politiques », le pire scénario étant selon le PNUD « l'acceptation du statu quo ».
Le rapport souligne la performance des grands pays émergents (BRICS, Afrique du sud, Turquie, Indonésie, etc.) mais explique que des économies plus modestes ont aussi enregistrés des progrès remarquables. Le PNUD cite notamment le Bangladesh, la Tunisie, le Chili, Maurice et le Ghana :

 
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 Le Maroc à la traîne en matière de développement humain 

Par Mourad Tabet, Libe ma, 16/3/2013

Dans le classement du PNUD, il occupe la 130ème place sur 186 pays

Le Maroc à la traîne en matière de développement humainLe Maroc reste à la traîne en matière de développement humain. Le dernier rapport du PNUD sur le développement humain, l’a classé à la 130ème place sur 186 pays ; une place où le Maroc se complait à rester depuis un certain temps. Ainsi, en 2011, il avait occupé la même position, ce qui reflète une stagnation en matière de développement humain et remet en question la politique sociale du gouvernement.
Pour se rendre compte de la gravité de la situation du développement humain au Maroc, il faut le comparer avec les autres pays arabes. En effet, Bahreïn (48ème position), le Koweït (54), l’Arabie Saoudite (57), la Libye (64), le Liban (72), Oman (84), l’Algérie (93) et la Tunisie (94) se sont rangés parmi les pays à développement humain élevé alors que le Qatar (36ème position) et les Emirats Arabes Unis (41) figurent parmi les pays à développement humain très élevé.
Le rapport considère que l’égalité entre les sexes est une « préoccupation majeure et un élément essentiel » du développement humain. Et d’ajouter : « Trop souvent, les femmes sont discriminées en matière de santé, d’éducation et sur le marché du travail, ce qui restreint leurs libertés ». L’étendue de cette discrimination peut se mesurer à l’aide de l’indice d’inégalité de genre (IIG), lequel traduit le déficit de progrès dû à l’inégalité de genres à trois niveaux : la santé reproductive, l’autonomisation et le marché du travail. Selon des données concernant 148 pays en 2012, l’IIG montre d’importantes variations entre les pays, de 0,045 (Pays-Bas) à 0,747 (Yémen), la moyenne étant de 0,463. Le Maroc se positionne au 84ème rang avec une valeur de 0,444. Et le rapport de préciser que « les disparités élevées entre les sexes persistent en Asie du Sud (0,568), en Afrique subsaharienne (0,577) et dans les Etats arabes (0,555). En Asie du Sud, les trois facteurs centraux sont la faible représentation parlementaire des femmes (18,5 %), les déséquilibres dans le domaine de la réussite scolaire (28 % des femmes ont achevé au moins leurs études secondaires, à comparer aux 50 % des hommes), et la faible présence sur le marché du travail (31 % des femmes ont un travail contre 81 % des hommes) ». 
En revanche, le rapport enregistre un progrès au niveau de l’espérance de vie au Maroc ces 40 dernières années. « Il faut plus que des services de bonne qualité pour gagner peu à peu les enjeux liés à la santé. Les rapports sur le développement humain précédents ont démontré que la pauvreté humaine était multidimensionnelle. Beaucoup de pays découvrent qu’ils doivent intervenir sur plusieurs fronts en même temps. L’Algérie, le Maroc et la Tunisie, par exemple, ont réalisé des progrès spectaculaires dans l’allongement de l’espérance de vie ces 40 dernières années », précise le rapport dans le chapitre trois intitulé « Les moteurs de transformation du développement ».

D’un autre côté, le rapport fait état également « des crises aggravées de légitimité qui ont opposé les citoyens à leurs institutions » dans les pays arabes où « des millions de personnes se sont soulevées pour exiger des perspectives, le respect et la dignité, ainsi qu’une citoyenneté pleine et un nouveau contrat social avec ceux qui gouvernent en leur nom », précise le rapport.

Samedi 16 Mars 2013

jeudi 23 août 2012

Développement (ou sous développement...) humain au Maroc

Par Sofia Chami :

Il y'a un demi siècle on était au même niveau de développement que la Corée du Sud ... Ils ont investi dans la recherche, la science et l’Industrie ... 
En l’occurrence, au Maroc,  on a investi dans la rente, l'injustice, et dans la corruption qui règne en maître. 
Maintenant, ils détiennent 6ème position au niveau du développement Humain, et nous 126ème juste avant le Djibouti ...Doit-on attendre des siècles pour y arriver ?!

jeudi 3 novembre 2011

Développement humain : Pauvreté et analphabétisme paralysent le Maroc

Par Hanane Jazouani, yabiladi, 3/11/2011


Alors que le Maroc sort le grand jeu pour attirer plus d’investisseurs dans le pays et améliorer son climat d’affaire, (le Maroc a gagné 21 places dans le rapport Doing Business), il en fait, en revanche, beaucoup moins pour améliorer les conditions de vie de sa population, notamment en termes de distribution de revenu, santé et d’éducation. Le rapport du PNUD, publié hier, le place cette année à la 130ème place sur 184 pays alors qu’il était, l’année dernière, classé à la 114ème place sur 169 pays.

Contexte mondial

Avant de s’attarder plus longuement sur la situation du Maroc, attachons-nous tout d’abord aux tendances mondiales pour mieux comprendre le contexte dans lequel le Maroc évolue.

Le rapport du Programme des Nations Unies pour le Développement souligne qu’au niveau mondial, la distribution des revenus s’est dégradée, que de graves inégalités persistent entre les hommes et les femmes et que la destruction de l’environnement s’intensifie, entraînant des sécheresses ou des pollutions des étendues d’eau. Par conséquent, les malnutritions se multiplient.

Par ailleurs, le rapport souligne qu’1,5 milliards de personnes aujourd’hui n’ont pas accès à l’électricité. Le PNUD encourage vivement les pays à utiliser de plus en plus les énergies renouvelables pour préserver l’environnement et ainsi améliorer les conditions de vie des populations.

Enfin, le rapport souligne avec enthousiasme l’augmentation des pays démocratiques dans le monde grâce au printemps arabe. Il rappelle que près de 100 millions de personnes ont été libérées des régimes autocratiques mis en place depuis des décennies. Cependant, le PNUD reste prudent et ne souhaite pas se prononcer à l’heure actuelle pour savoir si les révoltes arabes vont permettre, au final, d’améliorer les conditions de vie des populations.

Blocage

Comme l’année dernière, le Maroc reste bloqué dans la catégorie des pays au développement humain moyen. Il est largement devancé par la Jordanie (95ème rang), l’Algérie (96), l’Egypte (113), Palestine (114), la Syrie (119). Le Maroc se retrouve non loin de l’Iraq classé à la 132ème place.

Les autres pays musulmans qui offrent un développement humain élevé sont les Emirats Arabes-Unis (30), le Qatar (37), l’Arabie Saoudite (56), la Libye (64), l’Iran (88), la Turquie (92) et la Tunisie (94).

Les champions du monde n’ont pas bougé d’un pouce. Il s’agit de la Norvège (1), l’Australie (2), Pays Bas (3), Etats-Unis (4) et Nouvelle-Zélande (5). La France est classée à la 20ème position. Les trois derniers de la classe sont, le Burkina Faso, le Libéria et le Tchad.

Les Marocains vivent plus longtemps

Néanmoins, il faut souligner que l'Indice de Développement Humain (qui se fonde sur l'espérance de vie, le niveau d'éducation et le niveau de vie), a grappillé quelques petits points au Maroc par rapport à l’année dernière. Il atteint 0.582 cette année contre 0.567 l’année dernière. Dans d’autres pays, il atteint par exemple 0.698 pour l’Algérie et la Tunisie ou 0.760 pour la Libye.

Le rapport souligne que le Maroc fait parti des cinq pays arabes et des dix meilleures progressions générales à avoir amélioré son IDH depuis 1970.

Une augmentation due à l’espérance de vie qui s’allonge un peu plus chaque année. Un bon point pour le Maroc. A noter qu’au cours des 40 dernières années, l’espérance de vie au Maroc a augmenté de 20 ans. En 2011, l’espérance de vie est de 72.2 contre 71.8 années en 2010.

Dans la liste des bons points, le rapport souligne que le Maroc fait partie des 10 pays les plus performants qui ont permis à leur population la plus pauvre d’avoir accès à l’eau et à l’assainissement.

Les Zimbabwéens dépassent les Marocains

Par contre, l’un des gros points faibles du Maroc reste encore et toujours l’éducation. Elle ne fait, hélas, toujours pas partie des priorités du gouvernement. C’est ce qui empêche le Maroc de faire mieux dans le classement. La durée moyenne de scolarisation n’a pas bougé d’un pouce depuis l’année dernière. Elle est toujours de 4.4 années. Le Maroc fait beaucoup moins que d’autres pays arabes.

Par exemple, en Tunisie et en Turquie, elle est de 6.6 années, en Jordanie de 8.6 années, en Algérie de 7 années.

Le comble est que certains pays classés dans la catégorie des pays à développement humain faible font même mieux que le Maroc en terme de scolarisation. Au Pakistan, la durée moyenne de scolarisation est de 4.9 années, au Cameroun et au Lesotho 5.9, en Zambie, elle est de 6.5 et au Zimbabwe de 7.2 années, alors que ce dernier est classé à la 173ème place du classement général.

Par ailleurs, les chiffres du rapport souligne également que le pouvoir d’achat des Marocains a baissé en un an. Le Revenu National par Habitant atteint cette année 4196 dollars PPA (Parité de Pouvoir d'Achat) contre 4628 dollars PPA en 2010, une baisse de 432 dollars PPA.

Inégalité entre genres

Autre faiblesse du royaume : sa forte inégalité entre les hommes et les femmes. Le rapport rappelle que 6.7% des sièges du Parlement sont occupés par des femmes. Pas de changement depuis l’année dernière. D’autres pays font beaucoup mieux que le royaume. Par exemple en Irak, 25.2% des sièges sont détenus par des femmes, 42.7% en Afrique du Sud, 9.1% en Turquie et au Congo, 12% en Jordanie ou encore 7% en Algérie.

D’autre part, le taux d’activité de la population active chez les Marocaines est de 26.2%, contre 60% chez les Brésiliennes, 31.9 chez les Iraniennes, 37.2 chez les Algériennes et 70% chez les Gabonaises.

Taux de mortalité maternelle élevée

Il ne faut pas oublier également que trop de femmes marocaines meurent encore aujourd’hui en donnant naissance à leur enfant. Les principales raisons à cela est le manque d’accès aux hôpitaux, aux soins mais aussi le manque de personnes qualifiées lors des accouchements, surtout dans les zones rurales.

Le rapport souligne que le taux de mortalité maternelle en 2008 pour le Maroc est de 110 pour 100 000 naissances. Un taux qui diminue doucement mais sûrement au Maroc grâce aux différentes politiques menées par le ministère de la santé depuis 2008. D’ailleurs, baisser le taux de mortalité maternelle est l’un des 15 Objectifs du Millénaire qui donne le plus de fil à retordre au Maroc. Le pays devra faire passer ce taux à 83 pour 100 000 naissance en 2015. A titre de comparaison, ce taux atteint 60 en Tunisie, 64 en Libye, 24 en Arabie Saoudite, 75 en Irak, 8 en France ou encore 3 en Irlande.

Trop d’analphabètes

Se développer passe également par encourager sa population à savoir lire et écrire. Hélas, le Maroc doit faire beaucoup de progrès dans ce domaine.

D’après le rapport, le taux d’alphabétisation des adultes atteint les 56.1% au Maroc. Bon nombre de pays arabes et africains dépassent largement les Marocains : la Jordanie (92.2%), l’Egypte (66%), l’Angola (70%), le Rwanda (70%), le Soudan (70.2%) et même le Libéria (59.1%), l’un des trois plus mauvais élèves du classement général.

jeudi 20 août 2009

Belliraj : Un mouton sacrifié pour l'ouverture des frontières

Le gouvernement marocain est prêt à tout pour la réouverture des frontières avec l’Algérie.

Par : Collectif Diaspora Sahraouie,19/8/2009

A l’instar de son ami George Bush Junior, Mohamed VI a promulgué la loi relative aux interrogatoires et aux procès des terroristes présumés qui suscite l’hostilité des mouvements de défense des droits de l’homme. Sur fond de terrorisme, soupe de tonnerre dans le paysage politique, le ministère de l’intérieur, bénéficie d’une carte blanche.
Celui-ci a condamné, le 28 juillet, sans surprise, le citoyen belgo-marocain Abdelkader Belliraj à la détention à perpétuité par le tribunal antiterroriste de Salé, tandis que les six codétenus politiques ont été lourdement condamnés à des peines allant de 20 à 25 ans de prison. A l’énoncé du verdict, certains avocats ont eu les larmes aux yeux. Tandis que les familles, visiblement sous le choc, applaudissaient les juges en criant ironiquement : "Bravo la justice". "C’est une véritable catastrophe", commentait pour sa part le bâtonnier Abderrahim Jamai à la sortie du tribunal. "La justice a cédé aux pressions du ministre de l’intérieur et c’est proprement scandaleux", s’emportait Khalid Soufiani, lui aussi avocat de la défense.

La situation a été brillamment décrite, d’une façon ironique, par l’excellent blogueur Ibn Kafka, dans son article intitulé "
X-Files, Affaire Belliraj, quelques conseils à Chakib Benmoussa" :

"Si vous estimez que le Maroc est le plubopaysdumonde – traversé par
une révolution silencieuse – que seuls des nihilistes, enfants gâtés, bobos, islamo-gauchistes, séparatistes, chiites, Moulay Hicham, Abdelkader Belliraj, Bob Ménard, Ali Lmrabet, Gilles Perrault et Roger Lemerre oseraient critiquer, vous êtes exemptés de lire la suite.
Pour ceux qui estiment que dans un pays
classé 120e dans le Democracy Index de The Economist (juste avant le Rwanda et juste après l’Egypte, et largué par l’Irak et Haïti), placé juste après le Montenegro et avant le Mozambique dans le Global Integrity Report axé sur la corruption, 122e dans le classement Worldwide Press Freedom Index de RSF (juste après l’Algérie et juste avant Oman), 127e dans le classement 2008 du PNUD sur l’Indice de développement humain (juste après le Botswana et juste avant Sao Tomé e Principe), 74e sur 104 dans le classement Legatus de la prospérité mondiale et 82e dans le classement Environmental Performance Index (juste après le Népal, et juste avant la Roumanie), tout n’est pas rose, et que la responsabilité en incombe à l’autorité constitutionnelle suprême du pays, vous faites partie des 9% de Marocains à la solde de Tindouf et de Téhéran.
Vous vous rappelez sans doute de
l’affaire Belliraj, où vendeurs ambulants, leaders de partis politiques et MRE marginaux et délinquants auraient amassé des millions d’euros à des fins terroristes sans jamais commettre d’attentats – les meurtres mis au compte d’Abdelkader Belliraj, le MRE marocain – et informateur de la Sûreté de l’Etat belge – qui serait le cerveau de ce réseau remontent à près de vingt ans. Le réseau a une composition qui ressemble au rêve mouillé d’un éditorialiste du Matin du Sahara : duPSU au PJD en passant par deux mouvement islamistes mineurs, Al Manar et le Hezbollah. Ne manquent à l’appel que Bob Ménard, Ali Lmrabet, Moulay Hicham, le Polisario, l’AMDH et Boubker Jamaï pour que la dream-team soit au complet."

Ce présumé chef terroriste a nié catégoriquement la totalité des chefs d’inculpation retenus contre lui. Les accusés étaient poursuivis pour atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat, association de malfaiteurs en vue de préparer et commettre des actes terroristes, meurtre avec préméditation, tentative d’homicide volontaire avec préméditation, vol qualifié et tentative de vol qualifié et détention illégale d’armes et d’explosifs. Des accusations que Abdelkader Belliraj a catégoriquement niées au même titre que d’avoir contribué à faire passer des armes pour le Front islamique du salut (FIS dissous).
Parmi les accusés figurent des chefs de partis islamistes modérés dissouts par les autorités marocaines. Certains entretenaient des liens avec des associations de défense des droits de l’homme.

Il avait été arrêté le 18 février 2008 au Maroc avec 33 membres de son réseau. D’après la presse marocaine de l’époque, ils étaient sous surveillance depuis plusieurs années mais le réseau aurait été démantelé car ils prévoyaient une série d’attentats. Quelques mois plus tard, Abdelkader Belliraj aurait avoué avoir commis les crimes dont il est accusé, mais il s’est ensuite rétracté car ses aveux auraient été arrachés sous la torture. Au cours du procès, il a nié tous les faits qui lui sont reprochés. Le 1er juin dernier, le procureur avait requis la peine capitale contre lui.
La justice belge a exprimé ses réserves sur cette "condamnation pour des faits autres que ceux jugés au Maroc qui ont mené à sa réclusion à perpétuité. La justice belge a demandé une copie conforme de cette condamnation à la justice marocaine". Il est évident que les autorités belges voient dans cette affaire un montage dont ils ignorent les causes et dont la victime n’est ni plus ni moins que l’un des meilleurs informateurs des services de sécurité belge et dont les informations ont permis, dans le passé, de déjouer une opération terroriste dans un pays européen dont le nom a été soigneusement gardé en secret pour des raisons de sécurité.

L’ironie est que, avec ce procès ultra médiatisé, ils n’ont pas convaincu les autorités algériennes de l’efficacité de la police marocaine et la nécessité d’ouvrir les frontières et ainsi offrir leurs services pour empêcher le trafic d’armes destinées aux criminels de l’AQIM opérants en Algérie.

Le malheureux Belliraj a été le mouton sacrifié dans le but de charmer les autorités algériennes. Encore un échec dans les tentatives marocaines d’imposer le statu quo au Sahara Occidental en faisant semblant de normaliser les relations avec l’Algérie. Mais celle-ci a encore fait preuve que sa politique est basée la légalité internationale et toute normalisation ne pourra se faire au détriment des souffrances du peuple sahraoui.