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Solidarité Maroc Archives
التضامن المغرب

Archives 2009-2017 du blog du Réseau de solidarité avec les peuples du Maroc, du Sahara occidental et d'ailleurs(RSPMSOA), créé en février 2009 à l'initiative de Solidarité Maroc 05, AZLS et Tlaxcala. Rejoignez-nous! Nous écrire: solidmarO5[at]gmail.com

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samedi 28 juin 2014

ÉGALITÉ HOMMES/FEMMES: LE MAROC PIRE QUE L’ARABIE SAOUDITE



Par Nouhad Fathi, 23/6/2014
egalite_sexes-500x446Pour la troisième année consécutive, le Maroc est 129ème sur 136 pays dans le Gender Gap Index, un rapport mesurant les écarts entre les sexes publié annuellement par le Forum Économique Mondial. 

 Ce score est pire que celui de certains pays, tels que l’Egypte et l’Arabie Saoudite, qui ne sont pas franchement connus pour leurs progrès en matière de droits des femmes, pour cause: les femmes ne représentent que 26% de la population active, leur taux d’analphabétisme est de 58% et elles n’occupent que 17% des sièges au parlement et 3% des postes ministériels.
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Libellés : analphabétisme des femmes, inégalité hommes-femmes

samedi 17 mai 2014

Pour le gouvernement Benkirane, l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas une priorité




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Narjis Rerhaye, 15/5/2014
L’Instance pour la parité et la  loi contre la violence fondée sur le genre dans les tiroirs
L’anecdote fait grincer des dents. Cela s’est passé à la dernière rencontre de la majorité réunie en grande pompe pour adopter sa nouvelle charte. A la tribune, il n’y a que des hommes. Entre les leaders et les présidents de groupes parlementaires appartenant à la coalition au pouvoir, il n’y a pas l’ombre d’une femme. 
Ce jour-là, les femmes de la majorité, qu’elles soient ministres ou parlementaires, sont en retrait, placées en simples spectatrices d’un événement dont elles ne sont probablement pas actrices. Parmi les présentes à cette grand-messe de la majorité nouvelle version, l’ancienne ministre  du Développement social, de la Famille et de la Solidarité sous le gouvernement d’Abbas El Fassi  Nouzha Skalli. La députée PPS s’empresse d’en faire la remarque au chef du gouvernement lui enjoignant d’appeler au moins les femmes à ses côtés pour la signature de la charte de la coalition.  « Qu’une femme nous rejoigne à la tribune pour faire des youyous », répond alors le chef du gouvernement et chef de file de la majorité Abdelilah Benkirane dans un énorme mépris à la moitié de la société. 
Rire gras dans la salle. La gêne est perceptible sur certains visages.
 C’est exactement ce jour-là et après avoir entendu M. Benkirane réduisant l’action des Marocaines aux youyous que Nouzha Skalli a pris sa décision de faire acte de sa candidature pour le poste de secrétaire général du PPS, sa famille politique. «C’est  la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », confie-t-elle. Et de poursuivre : « Il est urgent que les Marocaines soient au cœur du pouvoir politique. C’est à ce niveau que leur avenir se décide. C’est l’une des principales raisons pour laquelle je me suis portée candidate. Mon objectif est de remettre au premier plan  la question des femmes et de l’égalité. Il faut bien le dire, cette question ne semble plus être une priorité pour ce gouvernement».
Cette petite phrase prononcée par Benkirane –«qu’une femme vienne nous rejoindre pour faire des youyous»- en dit long sur la gouvernance de la question féminine en terre marocaine.
Pas de politique publique portant sur l’égalité
 Plus que jamais, les acquis des Marocaines, arrachés de haute lutte, sont menacés. Le mariage des mineures, les violences à l’encontre des femmes, l’impunité pour les délits fondés sur le genre, l’inégalité dans l’accès aux postes de responsabilité et dans les salaires, etc ; sont autant de points noirs dans la vie quotidienne de la moitié de notre société. 
En avril dernier, plusieurs dizaines d’associations féminines et de défense des droits humains ont organisé  une marche de l’égalité à Rabat. L’objectif est clairement brandi : la nécessaire application de l’article 19 de la Constitution et la mise en œuvre d’une politique assurant l’égalité entre les femmes et les hommes.
« L'article 19 stipule que les hommes et les femmes sont égaux dans leurs droits politiques, économiques, sociaux, culturels et environnementaux et que l’on doit mettre fin à toutes les formes d'inégalité : la violence domestique, le mariage de mineures, l'inégalité des salaires, la polygamie et l'analphabétisme », rappelle cette activiste du mouvement féminin.
Après 3 années aux commandes du pouvoir, le gouvernement Benkirane n’a pas encore réussi à produire la moindre mesure en faveur des Marocaines. « Mais où est donc passé le projet de loi relatif à la lutte contre la violence à l’encontre des femmes? » s’interroge cette membre fondatrice de l’Association marocaine des femmes du Maroc (ADFM). On s’en souvient, un projet de loi  avait  été présenté en Conseil de gouvernement, il y a quelques mois,  par Bassima Haqqaoui, la ministre islamiste de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement social. Le texte   avait provoqué la colère du mouvement féminin qui n’avait pas été consulté.  Les activistes des droits des femmes n’ont pas été les seules à rejeter le projet de loi de B. Haqqaoui. Les alliés de la majorité n’ont pas été convaincus par les propositions de la ministre voilée. Résultat, le projet de loi sur la lutte contre la violence à l’encontre des femmes  a été renvoyé devant une commission ministérielle, présidée par le chef du gouvernement himself.  Copie à revoir ou projet enterré ? La question s’est posé avec insistance au sein de la société. Le Conseil national des droits de l’Homme s’est fort heureusement saisi du dossier. Le 8 mars dernier, l’instance que préside Driss El Yazami a rendu publiques leurs recommandations pour que la lutte contre la violence faite aux femmes soit efficiente. « Le projet de loi sur la lutte contre la violence à l’encontre des femmes ne doit surtout pas faire l’objet de surenchères politiciennes. Une telle loi doit être au contraire au cœur d’un consensus et d’une mobilisation nationaux»,  a prévenu le président du CNDH lors d’une conférence de presse présentant les principales recommandations du conseil relatives à la lutte contre la violence faite aux femmes.
Les rendez-vous manqués du gouvernement Benkirane
Sur le chemin de l’égalité entre les femmes et les hommes, l’Exécutif multiplie les ratages et les rendez-vous manqués. Ainsi en est-il pour l’Autorité pour la parité et la lutte contre toutes les formes de discrimination, (APALD). Une autre instance prévue par la Constitution et qui n’a toujours pas vu le jour. Les conclusions du comité scientifique chargé «d’étudier les propositions relatives à l’Instance de la parité et contre la discrimination contre les femmes» n’ont pas été rendues publiques d’autant que dès sa mise en place, ce comité a suscité la colère du mouvement féminin. Les défenseures des droits des femmes ont en son temps fortement réagi à « la mainmise du ministère de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement social que dirige l’islamiste Bassima Hakkaoui sur une autorité qui doit être d’abord et avant tout indépendante du pouvoir exécutif ». « Nous avons tiré la sonnette d’alarme à l’installation de ce comité par Mme Hakkaoui car nous craignions que l’APALD ne soit soumise à la pression idéologique d’un gouvernement conservateur à tendance islamiste », rappelle cette militante du Printemps  féminin pour la démocratie et l’égalité, ne cachant pas sa crainte de voir une telle autorité « s’islamiser».
Le gouvernement Benkirane II va-t-il inverser la tendance et faire enfin du principe constitutionnel de l’égalité une priorité ? « Tout semble indiquer exactement le contraire. Au-delà du fait que la femme ne soit qu’une anecdote pour le chef du gouvernement, l’agenda de l’égalité est loin d’être une priorité pour cet Exécutif. A l’évidence, le gouvernement  fait la sourde oreille concernant les revendications du mouvement des femmes relatives à la protection des femmes contre la violence et la discrimination et ignore complètement les droits humains des femmes, en particulier ceux  énoncés dans l’article 19 de la Constitution », conclut avec amertume cette parlementaire de l’opposition. 

à 08:50 0 commentaires
Libellés : Abdelilah Benkirane, inégalité hommes-femmes, non-priorité

samedi 29 juin 2013

LETTRE OUVERTE DE RACHID RAHA , AMAZIGH, AU ROI DU MAROC

Par Rachid Raha , 29/6/2013
Lettre ouverte au roi du Maroc

A Sa Majesté Mohamed VI
Roi du Maroc
Objet : Amazighité, respect de la Constitution et démocratisation du Maroc.

Majesté,

A l’occasion de la deuxième année de la reconnaissance officielle de la langue et de l’identité amazighes dans la Constitution du premier juillet 2011/2961, permettez moi d’attirer votre attention sur l’évolution préoccupante de l’amazighité, qui est devenue une question incontournable du passé, du présent et du futur du royaume du Maroc.

Majesté,
Vous avez eu le mérite d’être le premier chef d’Etat de toute Tamazgha (Afrique du Nord) à reconnaître l'amazighité à travers vos différents discours (30 juillet 2001, 17 octobre 2001, 9 mars 2011) et à l’entériner au sein de la dernière réforme constitutionnelle, «en tant que patrimoine commun à tous les Marocains sans exception ». Lors de votre discours au parlement, le 12 octobre 2012, vous avez eu le courage de mettre l’accent sur la nécessité d'une priorité de l’action parlementaire, pour l’adoption des lois organiques relatives à la mise en œuvre du caractère officiel de la langue amazighe, tout en soulignant qu’elle devait se faire « loin de tout à priori et de tout calcul étroit »,  comme il est clairement stipulée dans l’article 5 de la Constitution.

Malheureusement, du fait que les membres des deux chambres du parlement et de l'actuel gouvernement sont insensibles à vos discours et du fait qu’ils ont finalement des calculs étroits, rien n’a été fait en faveur de l'intégration de la langue amazighe dans l’enseignement et dans les domaines prioritaires de la vie publique, et ce afin de lui permettre de remplir à terme sa fonction de langue officielle. Deux années qui devaient constituer une révolution de mentalités se sont perdues, en contribuant au génocide culturel et linguistique dont l’UNESCO n’arrête pas de nous alarmer pour sauvegarder ce grand et immense patrimoine autochtone, qu’est la civilisation amazighe.

Majesté,

En me référant à l’article 37 de la Loi fondamentale qui stipule que « Tous les citoyens et les citoyennes doivent respecter la Constitution et la loi», je fais appel à votre compréhension et à votre sens de la responsabilité, vu que l’article 42 de la constitution vous consacre en tant qu’Amghar d’Etat à veiller et à faire veiller au respect de la Constitution, au bon fonctionnement des institutions constitutionnelles, à la protection des choix démocratiques et des droits et libertés des citoyennes et des citoyens (…)», et cela en vous invitant à changer le gouvernement actuel qui n’a montré aucune volonté politique pour l’application de la loi suprême du pays.

Ce gouvernement, issu des dernières élections, à la suite du mouvement du 20 février, dirigé par un Chef de gouvernement, de tendance  « islamiste », qui ne parle même pas notre langue officielle, et qui ne cache pas non plus sa haine envers les Amazighs et la question amazighe, s’est distingué par des violations flagrantes et continues des articles de la Loi fondamentale. En interdisant à la députée du Sud, Fatima Tabaamrant de parler dans sa langue maternelle, désormais reconnue comme officielle, au sein du parlement, on n’a pas seulement violé le préambule et l’article 5 de la Constitution, sinon aussi d'autres articles. Article 10, article 25 et surtout l’article 19 qui stipule que « L’homme et la femme jouissent, à égalité, des droits et libertés à caractère civil, politique, économique, social, culturel et environnemental, énoncés dans le présent titre et dans les autres dispositions de la Constitution, ainsi que dans les conventions et pactes internationaux dûment ratifiés par le Royaume », dont la convention sur l’élimination de toute forme de discrimination à l’égard des femmes, sachant que la représentation des femmes au sein des deux chambres, -et du gouvernement-, est dérisoire. Et ses violations se répètent de nouveau en interdisant tout récemment au conseiller Abdellatif Ouammou d'exprimer sa liberté d’opinion et d’expression.

Certaines ONG, prenant le dessus sur la paresse des partis politiques marocains, et selon l’article 14 de la constitution, qui les y autorise, ont présenté un avant- projet de loi organique relatif au Conseil national des langues et de la culture marocaine et à l'officialisation effective de la langue amazighe. Mais sans aucune suite. Quant à l’article 21 qui consacre que « Tous ont droit à la sécurité de leur personne, de leurs proches et de leurs biens. », celui-ci a été bafoué par le président de votre gouvernement qui ne s’est soucié guère à assurer la sécurité à un intellectuel qui a été menacé de mort par certains salafistes, ni à critiquer la fatwa du Conseil Supérieur des Oulémas appelant à l’exécution de l’ apostat, qui contredit l’esprit de  l’article 41 à propos des principes et desseins tolérants de l’Islam, et surtout l’article 20 qui préconise que : « Le droit à la vie est le droit premier de tout être humain. La loi protège ce droit ».

Majesté,

Même si cette Constitution, qui vient de souffler sa deuxième bougie, est loin d’avoir les mêmes modalités que les constitutions parlementaires, à l’image des monarchies européenne, et auxquelles on aspire en tant que citoyens amazighs de ce pays, elle a été largement saluée parce qu’elle avait suscité un grand espoir pour la réhabilitation effective de l’identité amazighe et pour la réconciliation des Amazighs avec leur histoire. Mais malheureusement, sur le terrain, on s’est retrouvé déçus par les multiples blocages et tracasseries mis en œuvre quasi à tous les niveaux des institutions de l’Etat et à l’encontre de l’intégration réelle de la langue et de l’identité amazighs, en reportant l’article 5 précité aux calendes grecques.Ainsi, la situation de l’amazighité est de plus en plus alarmante. Dernièrement, le ministre de l’Education Nationale, qui avait promis d’élargir l’enseignement de la langue amazighe à un million d’élèves, ce qui aurait absorbé un grand nombre de diplômés chômeurs, a envoyé de nouveaux professeurs à l’étranger pour enseigner, uniquement, la langue arabe. De même, le ministre des affaires islamiques continue à envoyer des imams et à faire comme si la langue amazighe ne faisait pas partie de l’identité nationale comme stipulé dans le préambule et l’article 16 de la constitution qui précise que : « Le Royaume du Maroc œuvre à la protection des droits et des intérêts légitimes des citoyennes et des citoyens marocains résidant à l’étranger, dans le respect du droit international et des lois en vigueur dans les pays d’accueil. Il s’attache au maintien et au développement de leurs liens humains, notamment culturels, avec le Royaume et à la préservation de leur identité nationale (...)». Ce qui est pire, c’est que certaines formations, comme celle du Chef du gouvernement, en l’occurrence le PJD, au lieu de préparer avec ses partenaires la loi organique pour la mise en œuvre du caractère officiel de la langue amazighe, s’obstinent à œuvrer pour la consolidation et le renforcement de la langue arabe, qui est déjà sauvegardée par les institutions, et cela en pensant renforcer l’arabisation du système éducatif qui est en faillite totale à cause de la politique uni linguiste et linguicide, sans penser à la dette historique faite à l’encontre de l’amazighe qui a été privée de toute promotion durant plus de cinquante années, depuis l’indépendance du Maroc.

Cette politique de déracinement culturel, prêchée par cet actuel et impuissant gouvernement, se manifeste en plus par la violation de l’article 29 de la constitution, interdisant la liberté de réunion et de rassemblement, comme les manifestations des populations d’Imiter, d’Ait Bu Ayache, d’Imzouren, de Sidi Ifni, Demnat, ainsi que les tawadas amazighes d’Agadir et d’Al-Hoceima. Que dire du non respect de l’article 32 de la Loi fondamentale se référant à la famille et à la convention des droits de l’enfant de porter le prénom que les parents veulent lui donner et dont la liste des interdictions ne fait que s’allonger malgré les démentis répétitifs du ministre de l’Intérieur au parlement.

L'institut Royal de la Culture Amazighe, que l’on pensait devoir être renforcé et consolidé dans son rôle, a vu au contraire son conseil d’administration démis de ses fonctions sans respect aucun des formes légales.

Majesté,

L’actuel gouvernement mérite d’être sanctionné et nombreux sont celles et ceux qui attendent que vous fassiez usage de vos hautes prérogatives pour que le processus de la démocratisation soit irréversible et que la question de l’amazighité soit l’une des  pièces angulaires de ce processus que nous appelons tous de nos vœux, loin des sirènes du chantage des conservateurs, et du chaos de la pensée irrationnelle des obscurantistes.


Veuillez agréer, Majesté, l’expression de ma considération fort distinguée.

                                                                                                        
                          Rachid RAHA

Nota : lettre envoyée au Palais royal en langue amazighe accompagnée par cette traduction en français.



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Libellés : Amazighité, constitution non appliquée, Education nationale, inégalité hommes-femmes, Lettre ouverte au roi, prénoms amazigh, rassemblements réprimés

vendredi 15 mars 2013

Indice de développement humain : le Maroc stagne à la 130e place

Écrit par Lakome, 15/3/2013
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Le PNUD vient de publier son rapport 2013 sur le classement mondial IDH, axé cette année sur « l'essor du Sud ». Le royaume stagne à la 130e place sur 187 pays.

Le rapport 2013 sur le développement humain réalisé par le PNUD (Programme des Nations-Unies pour le développement) vient d'être publié. Le classement du Maroc n'a pas changé par rapport à l'édition précédente : le royaume est toujours classé 130e sur 187 pays sur la base de trois dimensions : l'éducation, la santé et le revenu.
Ce nouveau rapport du PNUD, intitulé « L'essor du Sud : le progrès humain dans un monde diversifié », se concentre sur l'évolution du développement dans les pays du sud et compare les expériences.
Le PNUD souligne que tous les pays ont connu des progrès en matière d'éducation, de santé et de revenus au titre de l'indice de développement humain (IDH) sur ces dix dernières années, mais que l'ampleur et la rapidité des progrès enregistrés sont différents d'une région à l'autre et au sein même de chaque région.
Au Maroc, la croissance annuelle moyenne de l'IDH était plus forte sur les périodes 1980-1990 et 1990-2000 (respectivement 1,71 et 1,54%) que sur les périodes 2000-2010 et 2000-2012 (1,35 et 1,20%). Cette tendance est la même dans les autres pays.
Le rapport « insiste sur le fait que la croissance économique ne se traduit pas automatiquement par une amélioration du développement humain ». Il note également que « les progrès continus sont peu probables si les inégalités et la destruction de l'environnement ne sont pas au premier plan des discussions politiques », le pire scénario étant selon le PNUD « l'acceptation du statu quo ».
Le rapport souligne la performance des grands pays émergents (BRICS, Afrique du sud, Turquie, Indonésie, etc.) mais explique que des économies plus modestes ont aussi enregistrés des progrès remarquables. Le PNUD cite notamment le Bangladesh, la Tunisie, le Chili, Maurice et le Ghana :

 
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 Le Maroc à la traîne en matière de développement humain 

Par Mourad Tabet, Libe ma, 16/3/2013

Dans le classement du PNUD, il occupe la 130ème place sur 186 pays

Le Maroc à la traîne en matière de développement humainLe Maroc reste à la traîne en matière de développement humain. Le dernier rapport du PNUD sur le développement humain, l’a classé à la 130ème place sur 186 pays ; une place où le Maroc se complait à rester depuis un certain temps. Ainsi, en 2011, il avait occupé la même position, ce qui reflète une stagnation en matière de développement humain et remet en question la politique sociale du gouvernement.
Pour se rendre compte de la gravité de la situation du développement humain au Maroc, il faut le comparer avec les autres pays arabes. En effet, Bahreïn (48ème position), le Koweït (54), l’Arabie Saoudite (57), la Libye (64), le Liban (72), Oman (84), l’Algérie (93) et la Tunisie (94) se sont rangés parmi les pays à développement humain élevé alors que le Qatar (36ème position) et les Emirats Arabes Unis (41) figurent parmi les pays à développement humain très élevé.
Le rapport considère que l’égalité entre les sexes est une « préoccupation majeure et un élément essentiel » du développement humain. Et d’ajouter : « Trop souvent, les femmes sont discriminées en matière de santé, d’éducation et sur le marché du travail, ce qui restreint leurs libertés ». L’étendue de cette discrimination peut se mesurer à l’aide de l’indice d’inégalité de genre (IIG), lequel traduit le déficit de progrès dû à l’inégalité de genres à trois niveaux : la santé reproductive, l’autonomisation et le marché du travail. Selon des données concernant 148 pays en 2012, l’IIG montre d’importantes variations entre les pays, de 0,045 (Pays-Bas) à 0,747 (Yémen), la moyenne étant de 0,463. Le Maroc se positionne au 84ème rang avec une valeur de 0,444. Et le rapport de préciser que « les disparités élevées entre les sexes persistent en Asie du Sud (0,568), en Afrique subsaharienne (0,577) et dans les Etats arabes (0,555). En Asie du Sud, les trois facteurs centraux sont la faible représentation parlementaire des femmes (18,5 %), les déséquilibres dans le domaine de la réussite scolaire (28 % des femmes ont achevé au moins leurs études secondaires, à comparer aux 50 % des hommes), et la faible présence sur le marché du travail (31 % des femmes ont un travail contre 81 % des hommes) ». 
En revanche, le rapport enregistre un progrès au niveau de l’espérance de vie au Maroc ces 40 dernières années. « Il faut plus que des services de bonne qualité pour gagner peu à peu les enjeux liés à la santé. Les rapports sur le développement humain précédents ont démontré que la pauvreté humaine était multidimensionnelle. Beaucoup de pays découvrent qu’ils doivent intervenir sur plusieurs fronts en même temps. L’Algérie, le Maroc et la Tunisie, par exemple, ont réalisé des progrès spectaculaires dans l’allongement de l’espérance de vie ces 40 dernières années », précise le rapport dans le chapitre trois intitulé « Les moteurs de transformation du développement ».

D’un autre côté, le rapport fait état également « des crises aggravées de légitimité qui ont opposé les citoyens à leurs institutions » dans les pays arabes où « des millions de personnes se sont soulevées pour exiger des perspectives, le respect et la dignité, ainsi qu’une citoyenneté pleine et un nouveau contrat social avec ceux qui gouvernent en leur nom », précise le rapport.

Samedi 16 Mars 2013
Mourad Tabet

URL Source : http://www.libe.ma/Le-Maroc-a-la-traine-en-matiere-de-developpement-humain_a36202.html
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Libellés : allongement de la vie, IDH, inchangé, INDH, inégalité hommes-femmes, Maroc, PNUD, rapport

jeudi 14 mars 2013

Recul de l’égalité économique hommes-femmes au Maroc


Par Mohammed Taleb, 13/3/2013

De 30% en 1999 le taux de participation des femmes au marché du travail a dégringolé à 25% en 2012



Recul de l’égalité économique hommes-femmes  au Maroc
L’égalité économique entre les hommes et les femmes est un facteur indispensable pour une croissance forte et prospère. Ayant pris compte de cette évidence, le Maroc a mis en place des politiques en faveur de l’égalité hommes-femmes et des mécanismes institutionnels avec pour objectif de surmonter les obstacles qui empêchent les femmes d’accéder aux mêmes opportunités économiques que les hommes. Le pays a-t-il avancé sur ce plan?
Une récente étude élaborée sous la direction de la sociologue Aïcha Belarbi, et coécrite avec Driss Ksikes et Lahcen Achy, intitulée «Comment aller vers l'égalité économique hommes-femmes ?», répond par la négative et  atteste, analyses et chiffres à l’appui, d’un recul important en matière d’égalité entre les deux sexes.
 Le document publié conjointement par le Cesem, centre de recherche de HEM, et le think-think  Carnegie Middle East Center, relève qu’en dépit de deux facteurs qui auraient pu laisser croire qu’il y a une évolution positive en matière d’égalité entre les genres, à savoir l’amélioration de la scolarisation des filles et la baisse notoire de la fécondité, le taux de participation des femmes au marché du travail a reculé de 30% en 1999 à 25% en 2012.
Ce «policy paper» met en lumière le déficit, non de principe mais de fait, en matière d’égalité entre les faits, au niveau de l'accès à l'emploi, des conditions de travail, des secteurs, des salaires, entre autres critères.
Il précise dans ce cadre que les évolutions constatées au niveau des lois n’ont eu aucune incidence sur le fond. Dans ce sens, le document note que sur plus d’une décennie, «le Maroc a connu au sujet de l’égalité économique entre hommes et femmes, deux trajectoires opposées».
Sur le plan des formalités, le document revient sur ce qui a été fait depuis 2001, notant, entre autres, les articles du code de travail de 2004 qui consacrent la lutte contre le sexisme dans l’accès à l’emploi et au sein de l’entreprise, la Constitution de 2011 qui a consacré les principes universels d’égalité, et spécifie l’égalité des citoyens et citoyennes sur le marché du travail, ainsi que les engagements de l’Etat marocain contre toutes les formes de discrimination, notamment par la ratification de la CEDAW1 et la levée des réserves.
En réalité, il précise que paradoxalement, cela  n’a eu aucun impact sur le fond. Les auteurs de ce document constatent ainsi que «le degré d’intégration économique des femmes, et partant, leur propension à l’autonomie, l’émancipation et la négociation de leurs droits, est en chute libre, pour ne pas dire qu’elle s’est nettement détériorée».
Cela prouve, selon ladite étude, que le temps juridique et le temps sociologique sont loin d’être synchronisés, mais montre surtout l’inefficience des politiques sociales et économiques menées sur le terrain.
Cela est d’autant plus patent, selon la même source, que ces performances situent le Maroc, selon l’indice d’écart de genre du Forum économique mondial (FEM) de 2012, au 128ème rang sur 135 pays au niveau de la participation économique des femmes et le relègue à la 12ème place sur les 15 pays de la région MENA couverts, devançant à peine l’Arabie Saoudite, la Syrie et le Yémen.
A titre comparatif, l’étude note que la moyenne mondiale de l’activité féminine est de 51%, et que dans l’Afrique subsaharienne, sous-développée, les taux de participation des femmes dépassent les 60%. En gros, les auteurs indiquent que «c’est dans la traduction concrète des principes en actes que le bât blesse».
Et contrairement à ce que vient d’annoncer le ministre de la Fonction publique et de la Modernisation de l'administration, Abdelâdim El Guerrouj, en avançant un taux de féminisation de l’administration publique de 38% et que 16% des femmes fonctionnaires occupent des postes de haute responsabilité, les auteurs de ce document  affirment que ce taux de féminisation dans le secteur ne dépasse pas les 31% et que le taux de femmes occupant des postes de responsabilité s’élève à 7,8%.
Beaucoup de chemin reste donc à parcourir!


URL Source : http://www.libe.ma/Recul-de-l-egalite-economique-hommes-femmes-au-Maroc_a36066.html


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L’émancipation économique de la femme marocaine : le grand recul

Posté par Nadia Lamlili le 12 mar 2013 
C’est une conclusion accablante celle qui s’est dégagée de l’étude du Centre de recherche de HEM (CESEM) et de Carnegie Middle East Center sur les inégalités économiques entre les hommes et les femmes. Malgré les beaux discours de l’Etat, le taux de participation des femmes dans le marché du travail a dégringolé de 30% en 1999 à 25% en 2012.
Cinq points de perdus malgré l’augmentation du nombre des filles dans les écoles; malgré toute la paperasse «genre» qui peuple les tiroirs des Ministères; malgré la Moudawana, l’INDH, le micro-crédit, et toutes ces politiques qui visent à sortir la femme de la précarité et la mettre sur le chemin de l’émancipation professionnelle.
Le cadre législatif et la réalité du terrain sont dans un décalage désarmant. «Cela prouve que le temps juridique et le temps sociologique sont loin d’être synchronisés», expliquent l’écrivain Driss Ksikes, la sociologue Aicha Belarbi et l’économiste Lahcen Achy, initiateurs de cette étude.
C’est d’autant plus désarmant que le travail, censé mettre la femme sur le chemin de l’émancipation sociétale, est en train de la pousser vers le bas, vers des activités précaires qui la maintiennent dans l’aliénation.
À quoi servent alors les chiffres en augmentation sur le travail des femmes que nous sort le HCP, si l’objectif d’émancipation réel n’est pas réalisé? En effet, il est opportun de lire derrière ces statistiques qui donnent des résultats édulcorés et parfois très vicieux. Selon l’étude du Cesem et de Carnegie, 6 femmes sur 10 recensées en activité au niveau national sont dans le secteur agricole. Sur ces 6 femmes, seules 10,6% sont exploitantes agricoles, donc susceptibles d’avoir une certaine autonomie. C’est très peu. Ce qui est pire, c’est que les femmes qui travaillent dans le secteur agricole ont accédé au travail avant 15 ans, donc ont été privés de l’école. De quelle émancipation parle-t-on? Il s’agit bel et bien d’un travail«forcé» et non émancipateur.
En milieu urbain, les femmes ne sont pas mieux loties. Elles sont plus exposées au chômage que les hommes. Mais pour des considérations culturelles, on a tendance à minimiser la gravité de leur chômage et on ne prend pas au sérieux l’infériorité de leurs rémunérations.
Celles qui obtiennent un diplôme, donc plus qualifiées, ne se retrouvent pas systématiquement dans le marché du travail. Il y a une déperdition entre le diplôme et le monde professionnel qui est entourée de beaucoup de points d’interrogations. Pourquoi ces nombreuses filles qui peuplent les écoles et les instituts n’accèdent pas à un emploi émancipateur? Pourquoi vont-elles vers des emplois peu valorisants? Choisissent-elles le mari et les enfants? Pourquoi jouent-elles aux femmes soumises?
Le sujet mérite une autre enquête. Mais le plus urgent est de tirer les conclusions de ce qui vient d’être exposé. L’étude du Cesem et de Carnegie est une gifle pour le mouvement féministe. Depuis 1999, on ne cesse de vanter «les acquis» de ce mouvement qui a fait ses heures de gloire dans les années 90. Depuis 1999, on ne cesse de gonfler le torse à chaque fois que le Maroc ratifie une convention internationale, d’encenser cette belle Constitution pro-féministe… En réalité, le Maroc a reculé et gravement sur les droits économiques des femmes. Les associations féministes et toutes les forces progressistes ont dormi sur leurs lauriers, le jour où l’Etat a récupéré leur cause et a voulu en faire une carte politique pour prendre des galons.
Le jour où la Moudawana est sortie en 2004 après une dure bataille, quelque chose s’est cassée dans le mouvement féministe. La cassure était encore plus fracassante au moment de la constitution du gouvernement Benkirane avec une seule femme, où le Roi aurait pu exiger plus de femmes ministres comme il l’a déjà fait de par le passé. Mais visiblement, «l’Etat féministe», ébranlé par les nouvelles forces qui sont nées du printemps arabe et la sensibilité de sa casquette religieuse, avait d’autres enjeux en tête…

C’est pour dire que le féminisme de l’Etat est un féminisme aléatoire. Il peut jouer un rôle facilitateur lorsqu’il estime que la donne politique lui permet et que sa légitimité religieuse ne va en prendre un coup. Mais seuls les mouvements féministes et les forces progressistes ont cette constance qui leur permet de garder le cap quoi qu’il advienne. Toutes ces forces qui ont cru un instant que le statut de la femme a changé sur ces 10 ans doivent déchanter. La femme se précarise. Il faut réinvestir le terrain!
URL Source : http://www.qandisha.ma/2013/03/12/lemancipation-economique-de-la-femme-le-grand-recul/

*******************************
 Proposition pour la création de l’Autorité pour la Parité et pour la Lutte contre les Discriminations

8/3/2013

CAPDEMA célèbre la journée internationale de la femme du 08 Mars en proposant… sa propre version de l’Autorité pour la Parité et la Lutte contre les Discriminations.
L’APALD, une institution clé pour l’égalité des sexes :
Ancrée dans la dynamique de l’éveil des consciences à travers le débat constructif, l’association CAPDEMA a pensé l’Autorité pour la Parité et la Lutte contre les Discriminations à l’occasion de la journée internationale de la femme.
Ce document consultable par ici fixe les attributions de l’Autorité, sa structure régionale et nationale, son organisation, sa composition, ainsi que son règlement intérieur. Cette autorité aurait pour objet la promotion de l’égalité des genres, mais également le contrôle de son application, et surtout de sa protection.
Ce travail a été présenté à la Commission scientifique chargée de la rédaction du projet de loi portant création de l’APALD.
Bonne lecture.
Proposition de l’APALD.
Communiqué de presse en français.
Communiqué de presse en arabe.
URL Source : http://capdemocratiemaroc.org/proposition-pour-la-creation-de-lautorite-pour-la-parite-et-pour-la-lutte-contre-les-discriminations/


à 09:46 0 commentaires
Libellés : APALD, CAPDEMA, CARNEGIE, CEDAW1, CESEM, Constitution 2011, émancipation femme, FEM, INDH, inégalité hommes-femmes, moudawana, Nadia Lamlili

samedi 27 octobre 2012

Egalité des sexes : Le Maroc dans les 10 deniers au monde selon l' Index 2012 de l’égalité des sexes


Par Adam Sfali - Emarrakech 24/10/2012


Genève : Le Maroc a fait pâle figure dans le classement des pays garantissant l’égalité du genre homme – femme.
Le forum économique mondial (WEF) a livré son rapport sur l’égalité dans les droits entre les hommes et les femmes dans le monde, pour l’année 2012.


Le royaume est arrivé 129ème sur une liste de 135 pays.

Le WEF s’est basé sur l’analyse de 4 familles de critères : Politiques, éducation, santé et économie.

Le top 3 mondial a été assuré par : 1- L’Islande 2- La Finlande 3- La Norvège.

Au Maghreb est arrivé en tête la Mauritanie (119ème), suivie de l'Algérie (120ème) et enfin le Maroc (129ème), alors que la Tunisie et la Lybie ont été enlevés du tableau pour des raisons de fiabilités d’instruments de mesures.    

Le top 3 africain est : 1- Le Lesotho (14ème mondial) 2- Afrique du sud (16ème) 3 – Mozambique (23ème).

Le top 3 arabe : 1- Les Emirats arabes unis (107ème) 2- Koweït (109ème)  3- Bahraïn (111ème).
à 06:55 0 commentaires
Libellés : inégalité hommes-femmes, Maroc mal placé

vendredi 7 septembre 2012

La femme marocaine en 2012



  • Samira Kinani, 22/8/20123
    Réponses aux questions de « Ousra Magazine »
    Khadija Ryadi
    Le 22 aout 2012

    1) que pensez vous de l’actuel état des femmes au Maroc ?
    Le Maroc a été classé, par le sommet économique mondial, 129ème sur 135 pays dans le monde, en ce qui concerne l’égalité des chances entre les femmes et les hommes. Cet indicateur est la résultante de plusieurs autres concernant aussi bien les droits civils et politiques des femmes que leurs droits économiques et sociaux. Le Maroc a même régressé à ce niveau là, puisque il occupait le 125ème rang quelques années auparavant. C’est très significatif surtout quand les responsables marocains défendent leurs politiques publiques en présentant le Maroc comme l’exemple dans le monde arabe en matière des droits des femmes. La situation détériorée des droits des femmes au Maroc est reflétée par plusieurs aspects.
    La violence au sein de la famille à l’égard des femmes est un fléau qui touche les femmes de toutes les classes sociales, tout age confondu et appartenant à différentes catégories socioprofessionnelles, à laquelle s’ajoute la violence économique pour les femmes défavorisées à cause de la pauvreté, l’analphabétisme et les dures conditions de travail.
    Les lois, malgré les quelques avancées réalisées ne suffisent pas pour garantir l’égalité et la dignité des femmes, et les lois ne sont pas harmonisées avec les conventions internationales des droits des femmes ratifiées par le Maroc.
    L’image de la femme véhiculée par les ouvrages scolaires, les médias, la culture dominante dans la société, est une image négative qui ne reflète pas sa participation à la création de la richesse du pays. Les inégalités dans les droits à l’enseignement, la santé, le travail, et autres sont souvent reflétées par les rapports des différentes ONG agissant dans le domaine.
    La situation de la femme, malgré les acquis législatifs réalisés est encore très en retard, et en déphasage avec les discours officiels qui sont souvent démentis par les différents indicateurs sexo-spécifiques.

    2) Certes, une avancée a eu lieu avec notre nouveau code de la moudawana mais est-ce suffisant ?
    Le nouveau code de la famille (NCF) - qui est d’ailleurs déjà vieux de 8 ans, une durée largement suffisante pour régler tous les problèmes d’interprétation, de décrets d’applications, de formation des parties intervenantes…- n’a pas eu d’impact tangible sur la vie des femmes comme le prétendaient ceux qui l’ont mis en place. Lorsque le NCF était sorti en 2004, l’AMDH avait salué les quelques avancées qu’il a apportées par rapport à l’ancienne Moudawana, mais elle a également exprimé ses critiques disant que le nouveau code contient toujours plusieurs aspects de discrimination et d’atteinte aux droits des femmes, qui entraveront toute amélioration de la situation des femmes dans la famille (tels que le mariage des filles mineures qui n’est pas abolie, la polygamie non plus, l’égalité entre le père et la mère dans le domaine de la tutelle matrimoniale sur les enfants n’est pas garantie, Le NCF n’autorise pas aux femmes marocaines musulmanes de se marier à un non musulman à l’instar de l’homme qui peut se marier à une non musulmane, et aussi la discrimination dans le domaine de l’héritage puisque la femme continue à hériter la moitié de la part de l’homme… etc). La cause de l’incapacité du NCF à changer les conditions de vie des femmes provient aussi de la grande marge de manœuvre donnée aux juges, d’où les interprétations rétrogrades de cette loi y compris les aspects estimés positifs du code. Ceci est encore aggravé par la situation globale de la justice telle que décrite dans différents rapports d’évaluation publiés par les ONG spécialisées dans le domaine, justice corrompue, débordée, incompétente, non indépendante, … et bien d’autres maux…

    3) Avec les islamistes aux commandes, pensez-vous que les droits de la femme va en s’améliorant ou au contraire en régressant ?
    D’abord les islamistes ne sont pas aux commandes, ils ne font que gérer et exécuter les politiques décidées loin du gouvernement, ceci ne les mets nullement à l’abri de l’entière responsabilité des résultats de ces politiques, puisqu’ils ont bien accepté de jouer le jeu en toute connaissance de cause.
    D’autant plus que déjà dans les aspects qu’ils détiennent entièrement, ils ont marqué une régression scandaleuse, puisque parmi tous les postes de responsabilité gouvernementale et territoriale nommés, il n’y a pas eu plus de deux femmes qui ont été désignées.
    Mais en général on ne s’attend pas à une amélioration des droits des femmes avec un gouvernement islamiste puisqu’il est dirigé par un des partis qui se sont le plus opposés aux différents projets visant l’amélioration des droits des femmes et qui se sont toujours érigés contre le mouvement féministe et celui des droits humains en général quand il revendiquent l’égalité et les droits aux femmes. Même dans les aspects ou l’opposition des islamistes est moins virulente, tels que le droit à la santé, ou encore la lutte contre la pauvreté au milieu des femmes, il s’avère qu’ils sont actuellement incapables de mettre en place des mesures susceptibles d’améliorer la vie des femmes, car ceci nécessiterait des décisions courageuses dans différents domaines tels que la mise en place d’une société égalitaire, d’un État de droit ou les lois s’appliquent et où l’impunité est bannie par une justice indépendante et efficace, et par des politiques basées sur les droits humains et les libertés. Ceci est loin de la politique poursuivie actuellement par le gouvernement.

    4) La femme marocaine, est de plus en plus indépendante financièrement et dans ses libertés, à quoi cela est-il dû ?
    Il ne faut pas analyser la situation des femmes marocaine à travers les acquis réalisés par l’élite composée d’une minorité de femmes qui ont pu, dans une société misogyne et sous des politiques discriminatoires, s’imposer et accéder à leur liberté et indépendance financière. La majorité des femmes n’ont accédé au marché du travail que sous la pression de la crise économique et le besoin des familles aux revenus des femmes pour affronter cette crise. L’accès des femmes au travail rémunéré n’a pas été accompagné par des changements législatifs adéquats, et une politique dans l’éducation, l’information et la culture pour changer les mentalités, et des infrastructures qui permettraient aux femmes de travailler dans des conditions de dignité, d’égalité et de justice sociale. Les femmes se concentrent encore dans des secteurs les plus précaires, dans l’informel, ou dans des secteurs sociaux qui reproduisent les rôles traditionnels des femmes dans la famille… En général elles travaillent plus et touchent moins. Donc, les femmes sont de plus en plus sur le marché du travail mais elles sont toujours handicapées par la place d’infériorité qu’elles occupent dans la société et dans la famille. Par exemple, bien que le code du travail sorti en 2003 stipule dans son article 9 que les femmes et les hommes sont égaux dans les droits qui y sont déclarés, ledit code prive, par son article 4, les travailleurs domestiques et les salariés du secteur artisanal (là ou une concentration de la main d’œuvre féminine est remarquable) de la protection du code, en disant qu’une loi spécifique leur sera consacrée, 9 ans après, cette loi n’est toujours pas sortie. En plus, pour les autres secteurs réglementés par ce code, ses autres articles sont complètement bafoués par plus de 80% des employeurs qui sont pourtant obligés de les appliquer. Donc malgré l’augmentation de la participation des femmes dans l’économie, elles profitent le moins des résultats de leur travail. Et vu les conditions inhumaines où elles l’exercent, et la discrimination qu’elles subissent dans les salaires et autres droits, il serait difficile de dire qu’elles jouissent de l’indépendance financière.

    5) dernièrement vous avez eu le courage de soulever un sujet qui touche dramatiquement la femme marocaine (la liberté sexuelle) Pensez vous qu’un débat responsable sera-t-il possible ?
    D’abord il s’agit des libertés individuelles en général, dont les droits sexuels de tout citoyen et citoyenne, droit à une vie sexuelle saine et digne. Et puis Il ne s’agit nullement de courage, c’est une question de respect du référentiel universel des droits humains, que toute personne ou organisation prétendant l’adopter devrait défendre ces libertés, sinon elle serait d’une hypocrisie aussi flagrante que celle de notre société qui défend des idées qu’elle est loin de pratiquer.
    Par ailleurs, vous avez raison de dire que le déni des libertés individuelles touche les femmes beaucoup plus que les hommes, car si on voit le nombre de mères célibataires, le nombre de viols, d’inceste, de femmes exploitées sexuellement, de victimes des maladies sexuellement transmissibles dont les femmes sont particulièrement touchées, et que l’on en trouve beaucoup moins dans des sociétés ouvertes ou les libertés sont respectées et où l’éducation sexuelle fait partie intégrante des programmes de formation de jeunes et dans les médias, on sent l’importance du sujet et sa relation immédiate avec les droits des femmes.
    Dans notre société, la lutte est encore à l’état primaire car elle ne vise pour le moment qu’ouvrir un débat calme et serein. La position et la réaction de l’Etat et des islamistes bien coordonnée à ce niveau comme à plusieurs autres niveaux, est souvent un refus de débat. Ils optent pour les accusations violentes et la déformation complète du sujet et des termes du débat.
    Les forces appelées modernistes s’effacent devant ce genre de sujet comme ils le font dans d’autres sujets délicats et tabous, tels que l’appel à abolir les traditions makhzaniennes rétrogrades revendiqué dernièrement, seuls les défenseurs de droits humains dans leur diversité défendent ces libertés et scandent de telles revendications. On est encore loin d’un débat responsable. Mais il aura certainement lieu, car dans tous les sujets sensibles et tabous il y a toujours une minorité qui commence et c’est par sa persévérance que les choses avancent.

    6) Nous savons tous que les marocains n’attendent pas d’être mariés pour avoir des rapports charnels alors pourquoi tant d’hypocrisie ?

    Les statistiques l’ont bien montré, les jeunes qui ont des rapports sexuels avant le mariage sont majoritaires, et ces mêmes personnes se dressent souvent contre la dépénalisation de cet acte. La question sur l’hypocrisie de la société relève du domaine de la sociologie et peut être la psychologie. Mais à mon niveau je parlerai de l’absence d’éducation aux libertés et droits humains, et la crise de valeurs que traverse la société marocaine. Il y a 3 ou 4 décennies, la société marocaine était plus ouverte, plus tolérante, et les gens s’assumaient et acceptaient leur diversité et leurs différences. Il y avait beaucoup moins d’extrémisme religieux, et d’instrumentalisation de la religion dans la politique, et aussi beaucoup moins de violence et de malversation. Par contre, les valeurs d’honnêteté, de sincérité, de confiance, de solidarité, de respect de la femme, de respect de la différence étaient plus partagées. C’est une crise de valeurs qui est liée évidemment à la crise économique et sociale mais aussi à la détérioration des valeurs du champs politique, et à la régression du camp des démocrates et progressistes qui avaient diffusé ces valeurs et qui sont actuellement appelés à les retrouver et à les défendre. Mais une bonne partie de ce camp démocratique a malheureusement même abondonné ces valeurs qui reflétaient son identité. La lutte pour les libertés individuelles fait donc partie intégrante de la lutte pour ces valeurs progressistes et humaines que nous devons réinstaurer, promouvoir et divulguer.

    7) Parlons un peu de la violence conjugale : les chiffres sont de plus en plus alarmants. On parle de 82 % de femmes battues au Maroc, est ce possible ?
    Il ne s’agit pas seulement de femmes battues mais de femmes victimes de violence aussi bien physiques que psychologiques. La déclaration universelle pour l’élimination de toutes forme de violence à l’égard des femmes parle de violences physiques, psychiques et sexuelles.
    Le pourcentage des femmes concernées au Maroc est de 62,8 % de femmes. En chiffre absolu c’est six millions de femmes sur une population de 9,5 millions de femmes âgées de 18 à 64 ans. Ce sont les chiffres qui ressortent de l’enquête nationale sur la violence contre les femmes réalisée par le Haut commissariat du Plan, la première du genre d’ailleurs. Ce sont donc des chiffres officiels qui ont été publiés en janvier 2011. Il est clair qu’on est très loin d’une société qui préserve la dignité de ses femmes.
    La violence contre les femmes est un vrai fléau. La place d’infériorité réservée aux femmes dans la société et les rôles stéréotypés des deux sexes alimentent cette violence et la « normalisent ». La violence liée au genre n’est pas seulement le résultat de cette situation d’inégalité mais c’est aussi la cause de sa perpétuation. C’est donc une spirale infernale ou vivent les femmes et que seule une réelle volonté politique des décideurs pourrait casser ce cercle vicieux. Or, cette volonté tarde à se manifester puisque cela fait presque 15 ans que nous entendons parler de loi pour la protection des femmes contre la violence et de stratégie de lutte contre la violence faite aux femmes, sans résultats concrets malgré les quelques actions réalisées. L’Etat demeure loin de ses engagements dans le domaine de la protection des femmes contre cette atteinte flagrante à leurs droits en toute impunité. C’est pour cela que le Maroc se retrouve parmi les cancres dans les classements des États en matière d’égalité des chances entre les hommes et les femmes. Et c’est pour cela aussi que la lutte pour l’égalité et pour la dignité des femmes est encore longue.

    8) Les lectrices d’OUSRA MAGAZINE applaudissent vos initiatives quand à la liberté que vous prônez, qu’aimeriez-vous leur dire ?

    Je les remercie d’abord pour leurs encouragements et je voudrais leur dire, comme elles le savent certainement déjà que leur participation à la lutte est primordiale pour le changement de la condition de la femme marocaine, car les femmes dans l’histoire ont toujours été dans les premiers rangs des batailles les plus difficiles, dans les révolutions des peuples, la révolution tunisienne a d’ailleurs commencé par le cri d’une femme qui n’est autre que la mère du martyr Bouazizi. Les femmes ont été au cœur des luttes contre le colonialisme, contre l’esclavage, mais aussi pour la paix, pour la laicité. Leur rôle pour les libertés au Maroc reste à jouer par toutes les femmes éprises de liberté et de dignité. Cette place qu’elles sont appelées à occuper est la leur. Elles sont les plus touchées par le manque de ces libertés et sont les plus aptes à militer pour les acquérir. Ces libertés ne sont pas un luxe, elles sont le pilier de la démocratie et de l’Etat de droit, car leur déni entrave l’égalité des hommes et des femmes et jamais la démocratie ne se fera sans les femmes.
    fin
à 16:12 0 commentaires
Libellés : AMDH, femme marocaine, gesticulation et hypocrisie, inégalité hommes-femmes, Khadija Ryadi, moudawana, Ousra Magazine
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