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lundi 9 mars 2015

Journée de la femme : 10 000 manifestants s’en prennent à Benkirane



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Près de 10 000 personnes ont manifesté dimanche à Rabat, au Maroc, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, réclamant notamment une mise en œuvre plus rapide de la Constitution de 2011, qui appelle l’Etat marocain « à œuvrer à la parité ».

Répondant à l’appel d’un collectif baptisé « Parité et démocratie », les participants à cette marche nationale, dont de nombreuses femmes et des responsables de partis d’opposition, ont convergé dans le calme vers le Parlement, scandant notamment des slogans critiques à l’égard du chef du gouvernement, l’islamiste Abdelilah Benkirane, a constaté un journaliste de l’AFP.
« Révisons nos lois discriminatives à l’égard de la femme! », ont-ils notamment proclamé.
« Par cette marche, nous voulons prouver au monde que les femmes marocaines sont des militantes qui n’hésitent pas à répondre présent sur le terrain », a déclaré à l’AFP Amina Sabil, une des organisatrices, membre du collectif.
« Nous dénonçons le recul enregistré dans le domaine des droits des femmes ces dernières années », a pour sa part clamé la présidente de la Fédération de la ligue démocratique pour les droits des femmes, Fouzia Assouli, citée par l’agence MAP.
Cette responsable a notamment évoqué les problématiques du mariage des mineures –en forte augmentation au cours de la décennie écoulée avec plus de 30 000 cas par an–, des violences faites aux femmes ou encore de la précarité sociale.
Selon des chiffres du Haut-commissariat au plan (HCP), près d’une Marocaine sur deux (45,7%) est analphabète et près de deux sur trois (62,8%) sont victimes de violences.
Adopté dans le contexte du Printemps arabe, la Constitution de 2011 consacre « l’égalité des droits » et exhorte l’État à « oeuvrer pour la parité » à travers la mise en place d’une instance spéciale.
Si le gouvernement emmené par les islamistes du Parti justice et développement (PJD) a récemment qualifié d’imminente l’adoption du projet de loi créant cette instance, des ONG jugent la mise en œuvre de la nouvelle Constitution bien trop lente.
L’été dernier, M. Benkirane, leader du PJD, avait par ailleurs suscité une polémique en vantant la place de la femme au foyer lors d’un discours au Parlement.
Environ 200 personnes, brandissant pour certaines casseroles et cuillères, s’étaient dans la foulée rassemblées devant le Parlement pour dénoncer ces propos, jugés « rétrogrades ».
AFP
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mercredi 12 novembre 2014

Maroc : Libération imminente d’un rappeur emprisonné injustement



HRW, 11 novembre 2014
Le gouvernement marocain a envoyé un mauvais message en poursuivant un rappeur comme ‘Mister Crazy’ pour avoir exprimé pacifiquement ses opinions. Le fait d'incarcérer un jeune de 17 ans pour ses chansons n'a guère de sens dans un pays qui accueille régulièrement des festivals internationaux de musique et des conférences sur les droits humains.
Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord(Casablanca) – Othmane Atik, un rappeur marocain âgé de 17 ans connu sous le nom de « Mister Crazy », est censé être libéré par les autorités marocaines le 12 novembre 2014, après avoir purgé une peine de trois mois de prison pour « insulte à corps constitué », « propos immoraux », ainsi que d'autres infractions liées aux paroles de ses chansons.

Atik, dont les chansons et les clips dépeignent la vie difficile des jeunes chômeurs de Casablanca, est le deuxième interprète de la scène florissante du rap marocain à être envoyé en prison pour les paroles de ses chansons, en violation des normes internationales de liberté d'expression.

« Le gouvernement marocain a envoyé un mauvais message en poursuivant un rappeur comme Mister Crazy pour avoir exprimé pacifiquement ses opinions », a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord. « Le fait d'incarcérer un jeune de 17 ans pour ses chansons n'a guère de sens dans un pays qui accueille régulièrement des festivals internationaux de musique et des conférences sur les droits humains. »...(et le forum mondial des ddH! NDLR)

Atik, qui chante en arabe marocain, a été placé en détention depuis qu’il s’est rendu à une convocation du procureur de Casablanca le 8 août. Le 12 août le tribunal l'a transféré dans un établissement de détention pour mineurs à Ain Sbaa, où il a été détenu depuis lors. Le 17 octobre, une chambre des mineurs de la cour de Casablanca l’a condamné pour « insulte à corps constitué » en vertu du code pénal, « incitation à la consommation de drogue » en vertu de la loi sur les stupéfiants du 15 novembre 1958, et pour la production et la diffusion de contenu qui est « contraire à la moralité publique » dans le cadre du code de la presse, a déclaré Saâdia Harrab, l'avocate d’Atik, à Human Rights Watch.

Dans « Aqliya Mhabsa » (« État d’esprit de prisonnier »), Atik chante : « Dans mon pays / tu voles ou tu trafiques / un braquage par ci, une vente de drogue par là / tout préparé à l'avance / je me suis arrangé avec la police / acheté le marché dans mon quartier / fait du policier mon chien. »

Le clip de la chanson « Fatcha M’absa » (« Visage renfrogné ») montre des jeunes hommes se prélassant dans les rues de Casablanca : il contient des mots obscènes en anglais et des images de pilules et de cigarettes roulées.

Le clip pour « Aqliya Mhabsa » dépeint un jeune homme dans un milieu de trafic de drogue et de délinquance qui finit derrière les barreaux. Dans « Hyati naqsa » (« Ma vie est incomplète »), Atiq rejette comme « de simples mots » et « un rêve » les références de l'hymne national au Maroc comme un pays d’« hommes libres » et « une source de lumière ».

Saâdia Harrab, l'avocate d’Atik, a déclaré que « Hyati Naqsa », « Fatcha M'absa » et « Aqliya Mhabsa » faisaient partie des chansons produites par Atiq en tant que clips qui figuraient parmi les éléments de preuve du procureur, ainsi que « Brika Ma3ksa » (« Un briquet têtu »), « Casa Mkarfsa » (« Casa est sale »), Passé noir et « Amrek Tansa » (« Tu n’oublies jamais »). La plupart des clips sont disponibles sur la chaîne YouTube d’Atik.

Le délit d'outrage à une institution de l'État (« corps constitué ») figure dans les articles 263 et 265 du code pénal marocain. Le tribunal a ignoré l'affirmation d’Atik qu'il n'a pas insulté l'institution en question – les forces de police – mais critiquait plutôt les agents de police individuels qui étaient corrompus.

En avril 2013, un autre rappeur, Mouad Belghouat, connu sous le nom d’« Al-Haqed » (l’Indigné), a purgé une peine d'un an de prison pour une vidéo sur YouTube produite pour une de ses chansons, « Kilab ed-Dowla » (« Chiens de l'État »), que le tribunal a considérée comme insultante pour la police. Al-Haqed a également fait valoir en vain que sa chanson critiquait des agents de police individuels plutôt que la police en tant qu'institution.

Al-Haqed a également purgé deux peines plus courtes pour des délits de droit commun, notamment une peine de quatre mois de prison plus tôt en 2014, pour s’être prétendument trouvé en état d’ébriété sur la voie publique, ainsi que pour coups et blessures et outrage à agents des forces de l’ordre.

L’article 19 (2) du Pacte international relatif aux droits civils et politiques stipule : « Toute personne a droit à la liberté d'expression ; ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen de son choix. »

Le Comité des Nations Unies pour les droits de l'homme, l'organe d'experts indépendant qui veille au respect du pacte par les États, a déclaré dans une observation générale sur la liberté d'expression que les pouvoirs publics « sont légitimement exposés à la critique et à l'opposition politique. Par conséquent, le Comité s’inquiète de lois régissant des questions telles que ... l’outrage à l’autorité publique. ... [Les gouvernements] ne doivent pas interdire la critique à l’égard d'institutions telles que l'armée ou l'administration. »

La constitution du Maroc, dans l'article 25, garantit la liberté d'expression « sous toutes ses formes » et les « libertés de création, de publication et d'exposition en matière littéraire et artistique... » Cependant, depuis l’adoption de cette constitution en 2011, les autorités n’ont pas encore modifié une série de lois qui imposent des peines de prison pour des délits d'expression non violents, tels que ceux utilisés pour poursuivre Atik en justice.


http://www.hrw.org/fr/news/2014/11/11/maroc-liberation-imminente-d-un-rappeur-emprisonne-injustement
 

samedi 16 novembre 2013

La situation générale des droits des Amazighs au Maroc



Rapport à la Coordination des peuples autochtones d’Afrique

par Mohamed Handaine. Publié dans Peuples en lutte, 


Un an et demi après l'amendement de la Constitution marocaine qui a mis sur un pied d'égalité la langue amazighe et la langue arabe, l'officialisation de la langue amazighe n'est pas encore concrètement mise en oeuvre.
La situation reste toujours stable. Les Amazighs n'ont pas encore senti un changement de leur situation. Cette officialisation attend toujours la promulgation de la loi organique qui doit définir le processus de la mise en oeuvre du caractère officiel de la langue amazighe, ainsi que les modalités de son intégration dans l'enseignement et aux domaines de la vie générale en tant que langue officielle. Les déclarations des responsables du gouvernement attestent que cette loi ne constitue pas une priorité urgente du gouvernement.

En effet, le vrai travail n'a pas encore commencé, il s'agit de l'harmonisation de l'arsenal juridique avec la nouvelle Constitution qui donne une certaine égalité entre tous les citoyens marocains, les langues et les cultures, ainsi que les différentes conventions internationales relatives au droit de l'homme.
C'est ainsi que les Amazighs n'ont pas toujours le droit d'utiliser leur langue devant les tribunaux du royaume et souffrent encore en raison de l' application de l'article cinq de la loi N° 3.64 du 26 janvier 1965, relative à l'unification des juridictions, faisant de la langue arabe la langue unique pour ester en justice, ce qui constitue une violation flagrante des dispositions des articles 2 à 6 de la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale. Une parlementaire amazighe Fatima Chahou a prit la parole en Tamazight en plein séance diffusée directement par la télévision marocaine, lundi 30 avril, en interpellant le ministre de l'Education nationale sur la question de la généralisation de l'enseignement de l'amazigh à l'école.
Sauf qu'en posant sa question, la députée a choisi de parler exclusivement en berbère. La présidence de l'établissement a décidé d'interdire l'utilisation de la langue amazighe en raison du manque de la logistique de traduction selon le porte parole du parlement.
Le mouvement amazigh a rapidement réagit en dénonçant cette décision, et en la qualifiant comme un acte illégitime et inconstitutionnelle et demande l'annulation de la dite décision.

Au niveau des droits civils et politiques des Amazighs.

Malgré le climat général favorable pour les droits des Amazighs, la création des partis politiques amazighs semble être encore un tabou, le droit de l'existence du parti amazigh démocratique (PAD) qui a été interdit par le tribunal saisie par le ministre de l'intérieur il y a trois ans, n'a pas encore retrouvé son droit à l'existence ; les responsables du parti réclament toujours leur droit d'avoir l'accès à la légitimité à l'instar des autres partis politiques. Plusieurs associations sont toujours privées du récépissé du dépôt légal auquel elles ont droit. L'association AKAL à Agadir l'Association Souss pour la Dignité ‐Al Karama‐ et les Droits de l'Homme à Agadir, la section de l'Organisation Izerfane à Agadir, ainsi que l'association Tawada à Ouarzazate sont Ces associations ont satisfait toutes les voies légales requises stipulées par l'article 5 de la loi 00/75 relative aux libertés publiques. En fait, cela constitue une violation flagrante de l'alinéa 9 du paragraphe (d) de l'article 5 de la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale.
Le mouvement amazigh des étudiants fut l'objet de plusieurs arrestations comme c'était le cas de la fraction de ce mouvement à l'université de Meknès et à l'université d'Agadir
Le mouvement du 20 février en particulier les militants amazighs continuent encore à manifester en revendiquant plus de démocratie et l'instauration d'un Etat démocratique et laïque. Plusieurs militants ont été arrêtés comme c'était le cas à Imider au sud‐est du pays, Beni Bouayache dans la région du Rif au Nord.

Les Amazighs et le problème de la terre.

Les tribus amazighs vivaient jadis en communauté et se basaient sur l'économie de la terre (l'élevage, culture etc). La terre était cultivée en commune sous un système appelé TAJMA3T( propriété collective). Après la colonisation et l'introduction du système moderne l'Etat instaure un nouveau système foncier en spoliant la terre des tribus. Et depuis plus de soixante ans le problème de la terre se pose entre les amazighs et l'Etat. Ces dernières années le problème s'accroit avec la décision du Haut commissariat des Eaux et des forets de délimiter les domaines de l'Etat avant la fin 2014.
La persistance de la violation, par la Primature et le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts, des droits des communautés ethniques autochtones à l'usufruit et à la propriété des terres sur lesquelles elles vivent depuis des siècles. Cette violation est matérialisée par l'adoption, au cours de l'été 2012, de communiqués par le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et de décrets de la Primature marocaine, visant l'ouverture d'une procédure de délimitation du soi‐disant domaine de l'État dans la région de Souss‐Massa‐Draa, au sud marocain, notamment à Chtouka Ait Baha, Ait Baâmrane, Ifni, Tanalt et Idda Ougnidif, dans le but d'exproprier les terres des habitants et les transformer en forêts de chasse après l'expulsion forcée de la population concernée.

Les associations amazighes multiplient leur rencontres et se focalisent leur revendications sur le droit à la terre. L'Organisation Tamaynut la plus grande organisation amazighe au Maroc a fait plusieurs visites à la région d'Imider ou la population autochtone était en sit‐in depuis plus d'un an revendiquant leurs droits sur l'exploitation de la mine d'argent existant sur leur terre.
Depuis 1969, la Société Métallurgique de Imider (SMI) exploite un gisement d'argent sur les terres collectives des habitants de Imider, puise dans la nappe phréatique l'eau nécessaire au traitement du minerai, rejette des polluants et n'apporte aucun avantage pour la population locale, pas même l'emploi des jeunes au chômage. Ces dernières années, les paysans de Imider ont constaté le recul des niveaux d'eau très inquiétants, de près de 60%, jusqu'à rendre inexploitables certaines parcelles productives jusque‐là. Des champs d'arbres fruitiers ont ainsi été perdus faute d'eau.
Imider manifestationSitin de la population sur le mont Aleban sous la surveillance des gendarmes et du personnel sécurité de la SMI.

Les Amazighs d'Imider revendiquent le partage des avantages, le travail de leurs jeunes chômeurs, le respect des normes de l'exploitation internationale des mines la lute contre la pollution.

L'enseignement de la langue amazighe.

La nouvelle entrée scolaire 2012 est caractérisée par l'engagement du ministre de l'enseignement de faire avancer l'enseignement de la langue amazighe. Plusieurs circulaires ont été envoyées aux académies et aux délégations du ministre incitant les responsables à déployer les efforts pour la généralisation de l'enseignement de tamazight , mais la cette action reste sans effet en raison de manque des moyens particulièrement les ressources humains et la volonté des responsables des académies régionales qui ne sont pas motivés pour l'enseignement de cette langue malgré son statut officiel.
Le Ministère de l'enseignement ne semble pas envisager le parcours d'enseignement de l'amazigh dans les niveaux ultérieurs, et la continuation du processus d'enseignement en amazigh de manière réductionniste ne dépassant pas la couverture de 5% de l'ensemble des écoles primaires au Maroc et dans la limite de certaines régions seulement.
Par ailleurs, le Ministère de l'éducation nationale ne fournit toujours pas aux élèves et aux enseignants les programmes scolaires et les supports pédagogiques, en plus de l'absence d'une formation claire, approfondie et suffisante des enseignants.
En outre, l'enseignement universitaire de la langue amazighe trébuche encore puisqu'il est intégré sous forme de sections qui dépendent d'autres départements tels que celui de la langue française, sans qu'un département autonome lui soit consacré.
Bien plus, dans certaines facultés (Université Mohammed V de Rabat, par exemple), l'enseignement de l'amazigh se déroule sans prendre en compte l'alphabet tifinagh, ce qui pose la question de la crédibilité et du référentiel de la formation.

Au niveau de l'information.

L'information constitue pour le Mouvement Amazigh une revendication capitale pour le promouvoir de la langue et de la culture amazighe en raison de son impact sur la population et son rôle sur la prise de conscience de la population de son identité. La situation n'a pas encore changé à l'exception de la chaine amazighe qui fonctionne avec un budget qui ne répond pas aux ambitions des Amazighs.
L'adoption du cahier des charges de la Société Nationale de la Radio et Télévision‐ SNRT‐ qui réduit de 30% à moins de 20% le quota de diffusion d'émissions en langue amazighe sur les chaînes publiques arabophones et en langues étrangères. Cela reflet encore la place secondaire de la langue et de la culture amazighe dans le paysage visuel au Maroc, ce qui pousse le Mouvement Culturel Amazigh à être septique envers la volonté politique du gouvernement, concernant le problème de Tamazight.

L'espoir continue

Bien que l'année 2012 soit considéré par les observateurs comme l'année du printemps des peuples de l'Afrique du nord, le Maroc à échappé spectaculairement aux troublante tempête qui a frappé la région, cela en raison de la politique de la flexibilité suivi par le Maroc depuis longtemps. Le Combat du mouvement culturel amazigh s'inscrit dans l'approche des revendications pacifiques et dans le cadre des conventions internationales relatives aux droits de l'homme, ce qui lui adonné une crédibilité et une force énorme de plaidoyer.
Dr. Mohamed Handaine est Président de la Confédération des associations Amazigh du Sud du Maroc (Tamunt n Iffus) à Agadir. Il est diplômé d'université, historien et écrivain, et membre de la Coordination Autochtone Francophone (CAF). Il est membre fondateur du Congrès Mondial Amazigh et a publié plusieurs ouvrages sur l'histoire et la culture Amazigh. Il représente aussi la région Nord Africaine à l'IPACC (Coordination des peuples autochtones d'Afrique )

http://www.amazighnews.net/20131026884/situation-generale-des-droits-des-Amazighs-au-Maroc.htmlctions (0)

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samedi 29 juin 2013

LETTRE OUVERTE DE RACHID RAHA , AMAZIGH, AU ROI DU MAROC

Par Rachid Raha , 29/6/2013
Lettre ouverte au roi du Maroc

A Sa Majesté Mohamed VI
Roi du Maroc
Objet : Amazighité, respect de la Constitution et démocratisation du Maroc.

Majesté,

A l’occasion de la deuxième année de la reconnaissance officielle de la langue et de l’identité amazighes dans la Constitution du premier juillet 2011/2961, permettez moi d’attirer votre attention sur l’évolution préoccupante de l’amazighité, qui est devenue une question incontournable du passé, du présent et du futur du royaume du Maroc.

Majesté,
Vous avez eu le mérite d’être le premier chef d’Etat de toute Tamazgha (Afrique du Nord) à reconnaître l'amazighité à travers vos différents discours (30 juillet 2001, 17 octobre 2001, 9 mars 2011) et à l’entériner au sein de la dernière réforme constitutionnelle, «en tant que patrimoine commun à tous les Marocains sans exception ». Lors de votre discours au parlement, le 12 octobre 2012, vous avez eu le courage de mettre l’accent sur la nécessité d'une priorité de l’action parlementaire, pour l’adoption des lois organiques relatives à la mise en œuvre du caractère officiel de la langue amazighe, tout en soulignant qu’elle devait se faire « loin de tout à priori et de tout calcul étroit »,  comme il est clairement stipulée dans l’article 5 de la Constitution.

Malheureusement, du fait que les membres des deux chambres du parlement et de l'actuel gouvernement sont insensibles à vos discours et du fait qu’ils ont finalement des calculs étroits, rien n’a été fait en faveur de l'intégration de la langue amazighe dans l’enseignement et dans les domaines prioritaires de la vie publique, et ce afin de lui permettre de remplir à terme sa fonction de langue officielle. Deux années qui devaient constituer une révolution de mentalités se sont perdues, en contribuant au génocide culturel et linguistique dont l’UNESCO n’arrête pas de nous alarmer pour sauvegarder ce grand et immense patrimoine autochtone, qu’est la civilisation amazighe.

Majesté,

En me référant à l’article 37 de la Loi fondamentale qui stipule que « Tous les citoyens et les citoyennes doivent respecter la Constitution et la loi», je fais appel à votre compréhension et à votre sens de la responsabilité, vu que l’article 42 de la constitution vous consacre en tant qu’Amghar d’Etat à veiller et à faire veiller au respect de la Constitution, au bon fonctionnement des institutions constitutionnelles, à la protection des choix démocratiques et des droits et libertés des citoyennes et des citoyens (…)», et cela en vous invitant à changer le gouvernement actuel qui n’a montré aucune volonté politique pour l’application de la loi suprême du pays.

Ce gouvernement, issu des dernières élections, à la suite du mouvement du 20 février, dirigé par un Chef de gouvernement, de tendance  « islamiste », qui ne parle même pas notre langue officielle, et qui ne cache pas non plus sa haine envers les Amazighs et la question amazighe, s’est distingué par des violations flagrantes et continues des articles de la Loi fondamentale. En interdisant à la députée du Sud, Fatima Tabaamrant de parler dans sa langue maternelle, désormais reconnue comme officielle, au sein du parlement, on n’a pas seulement violé le préambule et l’article 5 de la Constitution, sinon aussi d'autres articles. Article 10, article 25 et surtout l’article 19 qui stipule que « L’homme et la femme jouissent, à égalité, des droits et libertés à caractère civil, politique, économique, social, culturel et environnemental, énoncés dans le présent titre et dans les autres dispositions de la Constitution, ainsi que dans les conventions et pactes internationaux dûment ratifiés par le Royaume », dont la convention sur l’élimination de toute forme de discrimination à l’égard des femmes, sachant que la représentation des femmes au sein des deux chambres, -et du gouvernement-, est dérisoire. Et ses violations se répètent de nouveau en interdisant tout récemment au conseiller Abdellatif Ouammou d'exprimer sa liberté d’opinion et d’expression.

Certaines ONG, prenant le dessus sur la paresse des partis politiques marocains, et selon l’article 14 de la constitution, qui les y autorise, ont présenté un avant- projet de loi organique relatif au Conseil national des langues et de la culture marocaine et à l'officialisation effective de la langue amazighe. Mais sans aucune suite. Quant à l’article 21 qui consacre que « Tous ont droit à la sécurité de leur personne, de leurs proches et de leurs biens. », celui-ci a été bafoué par le président de votre gouvernement qui ne s’est soucié guère à assurer la sécurité à un intellectuel qui a été menacé de mort par certains salafistes, ni à critiquer la fatwa du Conseil Supérieur des Oulémas appelant à l’exécution de l’ apostat, qui contredit l’esprit de  l’article 41 à propos des principes et desseins tolérants de l’Islam, et surtout l’article 20 qui préconise que : « Le droit à la vie est le droit premier de tout être humain. La loi protège ce droit ».

Majesté,

Même si cette Constitution, qui vient de souffler sa deuxième bougie, est loin d’avoir les mêmes modalités que les constitutions parlementaires, à l’image des monarchies européenne, et auxquelles on aspire en tant que citoyens amazighs de ce pays, elle a été largement saluée parce qu’elle avait suscité un grand espoir pour la réhabilitation effective de l’identité amazighe et pour la réconciliation des Amazighs avec leur histoire. Mais malheureusement, sur le terrain, on s’est retrouvé déçus par les multiples blocages et tracasseries mis en œuvre quasi à tous les niveaux des institutions de l’Etat et à l’encontre de l’intégration réelle de la langue et de l’identité amazighs, en reportant l’article 5 précité aux calendes grecques.Ainsi, la situation de l’amazighité est de plus en plus alarmante. Dernièrement, le ministre de l’Education Nationale, qui avait promis d’élargir l’enseignement de la langue amazighe à un million d’élèves, ce qui aurait absorbé un grand nombre de diplômés chômeurs, a envoyé de nouveaux professeurs à l’étranger pour enseigner, uniquement, la langue arabe. De même, le ministre des affaires islamiques continue à envoyer des imams et à faire comme si la langue amazighe ne faisait pas partie de l’identité nationale comme stipulé dans le préambule et l’article 16 de la constitution qui précise que : « Le Royaume du Maroc œuvre à la protection des droits et des intérêts légitimes des citoyennes et des citoyens marocains résidant à l’étranger, dans le respect du droit international et des lois en vigueur dans les pays d’accueil. Il s’attache au maintien et au développement de leurs liens humains, notamment culturels, avec le Royaume et à la préservation de leur identité nationale (...)». Ce qui est pire, c’est que certaines formations, comme celle du Chef du gouvernement, en l’occurrence le PJD, au lieu de préparer avec ses partenaires la loi organique pour la mise en œuvre du caractère officiel de la langue amazighe, s’obstinent à œuvrer pour la consolidation et le renforcement de la langue arabe, qui est déjà sauvegardée par les institutions, et cela en pensant renforcer l’arabisation du système éducatif qui est en faillite totale à cause de la politique uni linguiste et linguicide, sans penser à la dette historique faite à l’encontre de l’amazighe qui a été privée de toute promotion durant plus de cinquante années, depuis l’indépendance du Maroc.

Cette politique de déracinement culturel, prêchée par cet actuel et impuissant gouvernement, se manifeste en plus par la violation de l’article 29 de la constitution, interdisant la liberté de réunion et de rassemblement, comme les manifestations des populations d’Imiter, d’Ait Bu Ayache, d’Imzouren, de Sidi Ifni, Demnat, ainsi que les tawadas amazighes d’Agadir et d’Al-Hoceima. Que dire du non respect de l’article 32 de la Loi fondamentale se référant à la famille et à la convention des droits de l’enfant de porter le prénom que les parents veulent lui donner et dont la liste des interdictions ne fait que s’allonger malgré les démentis répétitifs du ministre de l’Intérieur au parlement.

L'institut Royal de la Culture Amazighe, que l’on pensait devoir être renforcé et consolidé dans son rôle, a vu au contraire son conseil d’administration démis de ses fonctions sans respect aucun des formes légales.

Majesté,

L’actuel gouvernement mérite d’être sanctionné et nombreux sont celles et ceux qui attendent que vous fassiez usage de vos hautes prérogatives pour que le processus de la démocratisation soit irréversible et que la question de l’amazighité soit l’une des  pièces angulaires de ce processus que nous appelons tous de nos vœux, loin des sirènes du chantage des conservateurs, et du chaos de la pensée irrationnelle des obscurantistes.


Veuillez agréer, Majesté, l’expression de ma considération fort distinguée.

                                                                                                        
                          Rachid RAHA

Nota : lettre envoyée au Palais royal en langue amazighe accompagnée par cette traduction en français.



samedi 9 mars 2013

Du 9 Mars 2011 au 9 Mars 2013 : "Le Makhzen se régénère pour donner l’illusion de se réformer"

par Ahmed Benseddik, 9/3/2013

Nous sommes le 9 mars 2013, deux années après le 9 mars 2011, date du discours royal qui a annoncé la révision constitutionnelle.
Voilà ce que j’avais écris dans la nuit du 9 au 10 mars 2011.   

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"Le Makhzen se régénère pour donner l’illusion de se réformer
Le discours royal reste très insuffisant

Ahmed BENSEDDIK
10 MARS 2011
ahmed.benseddik@gmail.com

Le discours royal du 09 mars 2011 n’est pas à la hauteur des attentes. Les points manquants sont nombreux.   Parmi les points non tranchés, on peut citer :
  1. La monarchie parlementaire : le concept n’a pas été déclaré. Or tant que le roi ne dit pas explicitement qu'il ne gouvernera pas, ce n'est pas convaincant.
  2. Le roi a limité déjà lui-même les points à réviser, pourquoi pas toute la constitution ?  De quel droit le fait-il ? Est-ce démocratique ?
  3. Pourquoi parler encore de première et deuxième chambre ? Pourquoi anticiper? Et si le peuple voulait une seule chambre ?
  4. Pourquoi il cite Imarat Al mouminine (Commanderie des croyants) comme un dogme sacré non touchable qui se superpose aux institutions ? Or cette affaire permet au Roi d'agir par-dessus la constitution, c'est un joker très dangereux car il n'est soumis à aucun contrôle. Cela peut à chaque instant neutraliser les mécanismes de l’Etat de droit et des institutions.
  5. L'article 23  relatif à la sacralité du Roi est passé sous silence, pourquoi ? Cette sacralité (fictive d’ailleurs et contraire aux vrais valeurs de l’Islam ou seul Dieu est sacré) est source de tous les abus.
  6. Pourquoi ne pas dire explicitement que les marocains sont désormais citoyens et non plus sujets du roi ?
  7. La séparation entre pouvoir et argent n'a pas été évoquée alors que c’est une revendication majeure, sans laquelle le reste des réformes n’ont aucune chance de réussir. 
  8. Les symboles de la corruption politique et économique et de l'abus de pouvoir Majidi et Himma et les autres sont épargnés par le discours, pourquoi ?
  9. Pourquoi maintenir le gouvernement actuel et pourquoi ne pas s’engager clairement qu’il n’y aura plus de ministère de souveraineté ?
  10. La libération vraie de l'audio-visuel est passée sous silence alors qu’il est sous emprise sécuritaire, une démocratie sans média libres pluraliste est impossible. Est-ce que les TV publiques vont inviter les responsables d’ANNAHJ DIMOCRATI et d’ADL WA LIHSSSANE pour dire leur opinion ? Ce sont des citoyens qui paient leurs impôts, n’est-ce pas ?
  11. Le roi ne s’engage pas à déconstruire et éliminer les mécanismes du Makhzen qui agit en parallèle à l’état visible et officiel et qui a le vrai pouvoir, surtout celui de vider de son sens toute réforme.
  12. Combien de fois le roi a parlé de la réforme de la justice dans ses discours avec les résultats que l’on sait.
  13. Constitutionnalité de l’Amazighe, c’est bien mais l’Arabe est déjà langue constitutionnelle mais marginalisée au profit du Français et la Francophonie, faut-il   peut être  constitutionnaliser le respect de la constitution !
  14. Le roi lui-même ne respecte pas la constitution lorsqu’il nomme des ministres sans l’avis du premier ministre, pourquoi personne ne proteste ? Il est donc permis de douter un peu et ne plus tomber dans le béni oui-ouisme et signer des chèques en blanc.
Nous avons besoin d’une vraie rupture et d’une nouvelle constitution et non pas d’une réforme de la constitution dans le cadre de la continuité.
Déjà la nomination par le roi lui-même du président et des membres de la commission qui va rédiger les modifications montre qu’il trace le périmètre du jeu. Le roi n’a pas ouvert un débat, il l’a fermé dès le premier jour.
Ce discours a pour objectif d'avorter les manifestations prévues le 20 mars et peut même ouvrir un boulevard à EL HIMMA premier ministre demain avec des élections truquées avec de l’argent sale et des élites corrompues.
Ne pas virer le gouvernement actuel et ne pas dissoudre le parlement actuel est un mépris pour les citoyens descendus dans la rue. Ne pas reconnaitre les erreurs et errements et ne pas nettoyer  à l’eau de javel le palais et les sous palais des multiples tyrans est un autre mépris. On veut faire du neuf avec du vieux recyclé. Ainsi le makhzen se régénère et donne l’illusion de se réformer. Encore une fois le roi est très mal conseillé.
La vraie bataille ne fait que commencer pour que les gens ne tombent pas dans le piège.
Si le mouvement du 20 février a pu arracher ces décisions avec une première mobilisation, c’est qu’il est pris très au sérieux. Cela prouve qu’il peut obtenir plus avec plus de mobilisation. Il faut d’abord y croire."
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mardi 5 février 2013

Attac Maroc : existence illégale pour l'Etat !


L'Etat ne veut pas reconnaître la légalité de l'association Attac Maroc

    Après le cas du parti d'Al Oumma, le ministère de l'Intérieur vient d'interjeter recours au verdict en première instance, favorable à l'association et lui accordant une existence légale.
    Le ministère de l'Intérieur vient de faire recours en appel à une décision du Tribunal de première instance à Rabat, accordant l'existence légale à l'association Attac Maroc. Celle-ci avait porté plainte contre ce ministère et la Wilaya de Rabat pour avoir refusé de lui délivrer le récépissé de dépôt de dossier de son dernier congrès, tenu à la capitale, courant 2012.
    L'association qui existe depuis l'année 2000 au Maroc, a arrêté d'être légalement reconnue par l'Etat depuis l'année 2005. Elle a depuis mené plusieurs campagnes nationales et internationales de dénonciation de cette censure et interdiction de se constituer en association.
    « La Wilaya de Rabat n'a pas refusé de nous délivrer le récépissé, document qui nous assure la légalité, pire, elle nous a même interdit de déposer le dossier. Nous avons donc porté plainte, car cette attitude est anticonstitutionnelle » explique Omar Aziki, Secrétaire général de l'association.
    Selon lui, cette décision est politique et vise à censurer l'association et l'étouffer en l'empêchant d'accéder facilement aux espaces publics. « Et pourtant, ce que je ne comprends pas, c'est que notre association a été invitée à émettre son avis sur la révision de la constitution chez la commission Mannouni, nous sommes même souvent invités à des séances de propositions au Conseil économique et social.. »
    Dans un rapport diffusé en 2009, l'organisation Human rights watch avait souligné que l'autorisation ou non des associations par les services du ministère de l'Intérieur continue à répondre à des critères politiques et non à des conditions administratives et légales.

    samedi 15 décembre 2012

    Les mensonges de Benkirane, ou son aveuglement servile !


    Benkirane dit cela sans sourciller : Les manifestations des jeunes du M20 avaient pour but de pousser le gouvernement à engager des réformes. Et il estime que si le M20 ne manifeste plus, c’est tout simplement parce qu’« ils sont convaincus que ce pour quoi ils ont milité, quelque part, a été exaucé. […], la majorité de ces réformes ont été réalisées ».*

    Le premier ministre reconnait que des arrestations ont lieu régulièrement et en assume la responsabilité, même si, dit-il, il n’en est pas l’instructeur. D’ailleurs, pas plus tard que lundi dernier, un jeune du M20 a été arrêté. Officiellement accusé de possession de drogue, son avocat a confié à la presse qu’il a été arrêté parce qu’il aurait imité le roi.

    *Je suis abasourdie par ce texte que j’ai trouvé par hasard et qui reprend point par point ce à quoi s’est engagé le Maroc dans le projet de la nouvelle Constitution, adoptée le 1er juillet 2011. AUCUN, J’INSISTE, AUCUN DES ENGAGEMENTS REPRIS DANS LE TEXTE CI-DESSOUS N’A ETE TENU !!!

    Dans son discours du 17/06/2011 sur la nouvelle constitution le Roi du Maroc, a annoncé " La constitutionalisation de tous les droits de l'Homme tels qu'ils sont reconnus universellement, avec tous les mécanismes nécessaires pour assurer leur protection et garantir leur exercice.

    Ont été constitutionnalisées à cet égard, la prééminence des conventions internationales telles que ratifiées par le Maroc, par rapport aux législations nationales, tous les droits de l'Homme, notamment :

    la présomption d'innocence,
    la garantie des conditions d'un procès équitable,
    la criminalisation de la torture,
    des disparitions forcées,
    de la détention arbitraire et toutes les formes de discrimination et des pratiques humiliantes pour la dignité humaine,
    la garantie de la liberté de la presse, d'expression et d'opinion,
    le droit d'accès à l'information
    de présentation de pétitions,
    conformément à des normes fixées par une loi organique."
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    En résumé :

    mardi 3 avril 2012

    Ahmed Benseddik gêne Najib Boulif au sujet des affaires royales

    Par KHALID TRITKI, marocecho,3/3/2012

    Mohamed Najib Boulif, ministre des Affaires générales et de la gouvernance, a eu un vendredi 30 mars mouvementé. Ce jour-là, le ministre recevait des conférenciers qui devaient lui présenter la synthèse d’un débat sur la bonne gouvernance, organisée à Rabat le 7 mars dernier. S’attendant à une visite protocolaire, Boulif a eu droit à un serment virulent.

    En effet, malchanceux, Najib Boulif comptait parmi ses invités, sans le vouloir ou le programmer, Ahmed Benseddik, l’ingénieur officiellement viré de la direction de la station thermique de Moulay Yaqoub (filiale de CDG) pour manque de respect au roi. Lui-même l’un des conférenciers devant présenter la synthèse de son intervention, Benseddik ne pouvait manquer cette occasion en or, non pas pour rappeler à Boulif sa promesse de mener une enquête pour élucider cette sombre affaire, mais pour marquer un « échec et mat » hautement politique.

    Benseddik a rappelé au ministre membre du Parti Justice et Développement son engagement pour la séparation du pouvoir politique des intérêts économiques. Preuve à l’appui. Najib Boulif, aux côtés de Mustapha Ramid, ministre de la Justice, Lahbib Choubani, ministre chargé des relations avec le Parlement et la société civile et Saadeddine Otmani, ministre des Affaires étrangères, faisait partie, le 30 mars 2011, des signataires d’une déclaration intitulée « A propos du changement que nous voulons ».

    Au moins trois des grandes revendications de la dite déclaration demeurent d’actualité et étaient, au moment de diffusion, jugées urgentes. Les signataires de la déclaration réclamaient le « démantèlement des organes répressifs avec obligation de rendre compte pour les responsables d’abus et de violence récentes et passées, en plus de la mise en lumière des lieux de détention secrète en vue de leur fermeture ».

    Ils exigent, en outre, « la reddition de comptes et poursuite des corrompus (politiques et économiques), leur éloignement des postes de décision et cessation de la protection dont ils bénéficient et fin de l'impunité ».

    Et enfin, et c’est le plus gênant pour Boulif et ses compagnons au PJD, le « respect de l’incompatibilité entre l’exercice du pouvoir et les activités commerciales et les affaires ». Autrement dit, l’état major du PJD, le parti au pouvoir actuellement, avait signé une pétition appelant le roi à se retirer des affaires économiques.

    Une année après la signature de cette déclaration, la séparation du politique et de l’économique ne figure plus dans le programme des islamistes. D’ailleurs, devant l’intransigeance de Benseddik, nous racontent des témoins de cette rencontre surréaliste, Najib Boulif n’a pas trouvé de refuge que de parler d’une hypothétique « approche graduelle ». Autrement dit, (et l’interprétation est de marocecho.com) « oublie, le roi sortira des affaires quand il le voudra ».
    http://www.marocecho.com/politique/gouvernance/ahmed-benseddik-gene-najib-boulif-au-sujet-des-affaires-royales.html