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samedi 12 juillet 2014

Le mouvement berbère au coeur des luttes démocratiques marocaines








Le mouvement berbère marocain ne porte plus seulement des revendications culturelles et identitaires. Parties prenantes du Printemps de 2011 et actifs dans différentes luttes sociales de ces dernières années, les Amazighs veulent maintenant trouver leur place dans les forces du changement à l’œuvre au Maroc.
 


En novembre 2013, deux regroupements d’associations voient le jour : la Fédération nationale des associations amazighes (FNAA) et la Coordination nationale amazighe (CNA). Chacune entend regrouper les 900 associations que compte le mouvement berbère qui recrute largement dans un pays en majorité berbérophone dont le quart le serait exclusivement. Si la FNAA, dans son texte fondateur, met l’accent sur des revendications culturelles et identitaires proprement amazighes1, la CNA se propose d’emblée d’œuvrer à l’édification d’un Maroc fédéral et laïc. Une différence de taille dans la «  hiérarchisation  » de leurs objectifs qui témoigne du virage que prend le vigoureux mouvement amazigh marocain et des défis qui sont devant lui.

Deux combats inséparables

Certes, les revendications culturelles et linguistiques berbérophones ont été, dans une certaines mesure, prises en compte par le pouvoir. Dès 2001, le roi Mohammed VI, dans son discours dit «  d’Ajdir  », a reconnu l’existence de l’ «  amazighité  » et créé l’Institut royal de la culture amazigh. Avant 2011, date de l’inscription dans la nouvelle Constitution de la composante amazighe de l’identité marocaine, le mouvement a remporté des succès, à l’instar de la création en 2010 de Tamazight, une chaîne de télévision publique chargée de présenter la culture amazighe. Malgré tout, le scepticisme reste de mise chez les plus militants : «  Rien n’a été réalisé et on attend toujours la mise en œuvre pratique de l’officialisation de la langue2 et de la culture  », résume Ahmed Assid, intellectuel et écrivain, une des figures de proue du mouvement qui a publié en 2010 Lettres à l’élite marocaine.
Pour autant, même s’il reste beaucoup à faire pour concrétiser les concessions consenties sur la langue et la culture berbère, Assid, comme de nombreux autres militants, refuse de circonscrire la lutte aux seuls revendications culturelles. Il s’est aussi fait connaître de l’opinion marocaine par ses nombreuses polémiques avec les islamistes du Parti de la justice et du développement (PJD) qui dominent au gouvernement comme avec les partisans d’une monarchie «  forte  ». Berbériste, il défend l’établissement d’une démocratie politique sans restriction et la consécration effective des libertés individuelles.
Son avis, partagé par de nombreux militants et chercheurs, est que les deux combats sont inséparables. Le mouvement amazigh s’est construit au cours des années 1970 contre les valeurs mises en avant tant par la monarchie que par les islamistes et par les vieux partis marocains, les «  historiques  », plus ou moins proches de l’idéal panarabe. Confrontés à ces acteurs politiques qui défendent une histoire officielle construite autour de l’identité arabo-islamique, les militants amazighs ont proclamé leur attachement à «  un Maroc pluriel  » selon les mots de Assid. L’un d’eux, Mounir Kejji, bien connu dans son pays, le rappelle : «  Les activistes amazighs ont été les premiers à manifester devant le Parlement, dans les 24 heures qui ont suivi les attentats de Casablanca3. Non seulement pour condamner ce crime haineux, mais aussi “pour appeler à séparer plus largement, le religieux du politique”.  »

Un discours culturel avec un horizon politique

Hostile aux options politiques dominantes, le mouvement s’attache en premier lieu à proposer des alternatives. Au début des années 2000, son travail théorique s’accélère. Des associations signent un Manifeste amazigh en mars 2000, où, selon Ahmed Assid, «  la discrimination ne fait plus qu’un, qu’elle soit linguistique, identitaire ou sociale  ». Le discours devient ouvertement «  culturel avec un horizon politique  ». De nombreuses associations amazighes marocaines se rapprochent des altermondialistes, ce qu’illustre leur forte présence au Forum social maghrébin de 2008 tenu à Bouznika, entre Rabat et Casablanca. «  Déjà dans les années 1980, le mouvement était fort, parlait des droits culturels, du pluralisme de la société et exigeait le droit à la liberté d’association, alors que les réseaux associatifs se lançaient encore timidement  », se souvient, Kamal Lahbib. Le président du Forum des alternatives Maroc (FMAS) ne s’étonne pas «  qu’aujourd’hui, le mouvement soit à ce point impliqué aux côtés des progressistes et des altermondialistes dans la recherche d’alternatives sociales, économiques et politiques.  »
Malgré tout, encore au sein du mouvement, certaines causes ne font pas l’unanimité et l’articulation entre luttes culturelles et combats politiques peut être source de conflit. Ainsi, «  la laïcité continue à être un sujet de controverse, car en mettant en cause une base solide du régime marocain, elle risque d’avoir des conséquences sur le terrain de la reconnaissance identitaire  », souligne Jacopo Granci, un chercheur qui travaille au Centre Jacques Berque de Rabat sur la question amazighe4.

Le 20 février et les luttes sociales

Durant les manifestations du 20 février 2011 qui accompagnent le Printemps arabe en Tunisie et en Égypte, le mouvement se joint aux marches de protestation  ; jusqu’à Rabat, la capitale, des drapeaux amazighs sont brandis dans les cortèges unitaires où flottent des banderoles écrites en tifinagh5. Un nouveau manifeste, L’Appel pour Timmouzgha est lancé par plusieurs personnalités amazighes alors que la contestation bat son plein. Son texte est «  encore plus politique et “dissident” dans ses tons et sa formulation  », souligne Granci. C’est aussi à ce moment que la force du mouvement éclate aux yeux du chercheur : «  il a aidé à la tenue de manifestations importantes dans des villages reculés du Maroc, où la population reste attachée à la culture berbère. Il a ainsi participé à “démocratiser” des revendications souvent cantonnées jusque-là à un cercle élitiste  ». Un phénomène positif mais pas étonnant pour Ahmed Assid : «  Depuis quelques années, des associations amazighes réparties sur tout le territoire du royaume se sont attaquées aux problèmes des terres confisquées et des ressources naturelles spoliées  ». Des milliers d’hectares qui composent les terres tribales sont souvent sources de conflit entre l’État ou des investisseurs puissants désireux de s’y implanter et les populations en place qui défendent leur moyen de subsistance et leur mode de vie.
Kejji abonde dans le même sens : «  Le mouvement n’a plus rien de culturaliste. Il incarne aujourd’hui la lutte contre l’expropriation des terres des tribus dans le monde rural et la défense des enfants qui meurent de froid comme à Angfou  », un petit village du Moyen Atlas enclavé et oublié de la puissance publique où des enfants meurent chaque hiver, forcément rigoureux à cet altitude (1 600 m). Son ancrage dans les campagnes a fait du réseau amazighiste un soutien et un relais pour de nombreuses luttes sociales, comme celle des «  diplômés chômeurs  » d’Al-Hoceïma au nord du Maroc, ou plus récemment, à Imiter, à l’est du pays, où la population manifeste contre la précarité et l’exploitation sans précautions d’une mine d’argent par la Société Métallurgique d’Imiter (SMI), côtée à la bourse de Casablanca et propriété de la famille royale.

Pour un Etat fédéral

Le mouvement amazigh saura t-il renforcer sa participation à la lutte démocratique  ? Le risque existe de voir ses revendications identitaires l’éloigner de certaines secteurs de l’opinion. Malgré tout, Granci remarque que durant les événements du 20 février, les militants berbéristes ont su marcher et cohabiter avec les autres forces contestataires, islamistes ou de gauche. «  Le langage et la rhétorique du mouvement a changé : si au début on y revendiquait l’identité amazighe en opposition à l’identité nationale, maintenant on revendique une amazighité commune à tous les Marocains et pas seulement aux berbérophones.  »
Son rejet des idéologies particularistes, désavouées par de nombreux militants progressistes et révolutionnaires depuis 2011, lui a aussi permis de se présenter comme un quasi-mouvement d’avant-garde. «  Notre mouvement est la seule force à proposer l’édification d’un État fédéral. Nous savons à quel point les Berbères ont souffert du centralisme et de l’État  », rappelle Ahmed Assid. Leurs associations travaillent activement aussi à la construction d’une union des pays du Maghreb et à la réouverture des frontières terrestres entre le Maroc et l’Algérie fermées depuis 1994.
Indépendants des partis et des pouvoirs, les militants berbéristes créent une culture politique autonome et leur mouvement abrite souvent des débats audacieux. C’est par exemple une association amazighe du Rif, au nord du Maroc, qui a soumis aux autres forces politiques, en décembre 2013, un projet de loi visant à légaliser la culture du cannabis qui est la principale ressources du Rif, longtemps l’une des régions les plus pauvres du pays. L’idée a été reprise et le Parlement en discute en ce moment même à Rabat.
1NDLR. Le pluriel «  amazigh(e)s  » est une francisation de «  Imazighen  ».
2NDLR. Ce débat s’inscrit dans un autre débat concernant les langues et qui divise le pays, entre partisans de l’arabe littéraire et du dialecte darija
3Les attentats perpétrés le 16 mai 2003 visaient entre autres des établissements fréquentés habituellement par des étrangers ou des membres de la communauté juive marocaine. La majorité des 45 victimes étaient des Marocains. Les attentats ont été attribués par les autorités à un groupuscule terroriste islamiste.
4Cédric Baylocq et Jacopo Granci, «  20 février  ». Discours et portraits d’un mouvement de révolte au Maroc  », in Année du Maghreb, 2012.
5NDLR. Alphabet berbère.


http://orientxxi.info/magazine/le-maroc-se-dirige-t-il-vers-un,0630

samedi 16 novembre 2013

La situation générale des droits des Amazighs au Maroc



Rapport à la Coordination des peuples autochtones d’Afrique

par Mohamed Handaine. Publié dans Peuples en lutte, 


Un an et demi après l'amendement de la Constitution marocaine qui a mis sur un pied d'égalité la langue amazighe et la langue arabe, l'officialisation de la langue amazighe n'est pas encore concrètement mise en oeuvre.
La situation reste toujours stable. Les Amazighs n'ont pas encore senti un changement de leur situation. Cette officialisation attend toujours la promulgation de la loi organique qui doit définir le processus de la mise en oeuvre du caractère officiel de la langue amazighe, ainsi que les modalités de son intégration dans l'enseignement et aux domaines de la vie générale en tant que langue officielle. Les déclarations des responsables du gouvernement attestent que cette loi ne constitue pas une priorité urgente du gouvernement.

En effet, le vrai travail n'a pas encore commencé, il s'agit de l'harmonisation de l'arsenal juridique avec la nouvelle Constitution qui donne une certaine égalité entre tous les citoyens marocains, les langues et les cultures, ainsi que les différentes conventions internationales relatives au droit de l'homme.
C'est ainsi que les Amazighs n'ont pas toujours le droit d'utiliser leur langue devant les tribunaux du royaume et souffrent encore en raison de l' application de l'article cinq de la loi N° 3.64 du 26 janvier 1965, relative à l'unification des juridictions, faisant de la langue arabe la langue unique pour ester en justice, ce qui constitue une violation flagrante des dispositions des articles 2 à 6 de la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale. Une parlementaire amazighe Fatima Chahou a prit la parole en Tamazight en plein séance diffusée directement par la télévision marocaine, lundi 30 avril, en interpellant le ministre de l'Education nationale sur la question de la généralisation de l'enseignement de l'amazigh à l'école.
Sauf qu'en posant sa question, la députée a choisi de parler exclusivement en berbère. La présidence de l'établissement a décidé d'interdire l'utilisation de la langue amazighe en raison du manque de la logistique de traduction selon le porte parole du parlement.
Le mouvement amazigh a rapidement réagit en dénonçant cette décision, et en la qualifiant comme un acte illégitime et inconstitutionnelle et demande l'annulation de la dite décision.

Au niveau des droits civils et politiques des Amazighs.

Malgré le climat général favorable pour les droits des Amazighs, la création des partis politiques amazighs semble être encore un tabou, le droit de l'existence du parti amazigh démocratique (PAD) qui a été interdit par le tribunal saisie par le ministre de l'intérieur il y a trois ans, n'a pas encore retrouvé son droit à l'existence ; les responsables du parti réclament toujours leur droit d'avoir l'accès à la légitimité à l'instar des autres partis politiques. Plusieurs associations sont toujours privées du récépissé du dépôt légal auquel elles ont droit. L'association AKAL à Agadir l'Association Souss pour la Dignité ‐Al Karama‐ et les Droits de l'Homme à Agadir, la section de l'Organisation Izerfane à Agadir, ainsi que l'association Tawada à Ouarzazate sont Ces associations ont satisfait toutes les voies légales requises stipulées par l'article 5 de la loi 00/75 relative aux libertés publiques. En fait, cela constitue une violation flagrante de l'alinéa 9 du paragraphe (d) de l'article 5 de la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale.
Le mouvement amazigh des étudiants fut l'objet de plusieurs arrestations comme c'était le cas de la fraction de ce mouvement à l'université de Meknès et à l'université d'Agadir
Le mouvement du 20 février en particulier les militants amazighs continuent encore à manifester en revendiquant plus de démocratie et l'instauration d'un Etat démocratique et laïque. Plusieurs militants ont été arrêtés comme c'était le cas à Imider au sud‐est du pays, Beni Bouayache dans la région du Rif au Nord.

Les Amazighs et le problème de la terre.

Les tribus amazighs vivaient jadis en communauté et se basaient sur l'économie de la terre (l'élevage, culture etc). La terre était cultivée en commune sous un système appelé TAJMA3T( propriété collective). Après la colonisation et l'introduction du système moderne l'Etat instaure un nouveau système foncier en spoliant la terre des tribus. Et depuis plus de soixante ans le problème de la terre se pose entre les amazighs et l'Etat. Ces dernières années le problème s'accroit avec la décision du Haut commissariat des Eaux et des forets de délimiter les domaines de l'Etat avant la fin 2014.
La persistance de la violation, par la Primature et le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts, des droits des communautés ethniques autochtones à l'usufruit et à la propriété des terres sur lesquelles elles vivent depuis des siècles. Cette violation est matérialisée par l'adoption, au cours de l'été 2012, de communiqués par le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et de décrets de la Primature marocaine, visant l'ouverture d'une procédure de délimitation du soi‐disant domaine de l'État dans la région de Souss‐Massa‐Draa, au sud marocain, notamment à Chtouka Ait Baha, Ait Baâmrane, Ifni, Tanalt et Idda Ougnidif, dans le but d'exproprier les terres des habitants et les transformer en forêts de chasse après l'expulsion forcée de la population concernée.

Les associations amazighes multiplient leur rencontres et se focalisent leur revendications sur le droit à la terre. L'Organisation Tamaynut la plus grande organisation amazighe au Maroc a fait plusieurs visites à la région d'Imider ou la population autochtone était en sit‐in depuis plus d'un an revendiquant leurs droits sur l'exploitation de la mine d'argent existant sur leur terre.
Depuis 1969, la Société Métallurgique de Imider (SMI) exploite un gisement d'argent sur les terres collectives des habitants de Imider, puise dans la nappe phréatique l'eau nécessaire au traitement du minerai, rejette des polluants et n'apporte aucun avantage pour la population locale, pas même l'emploi des jeunes au chômage. Ces dernières années, les paysans de Imider ont constaté le recul des niveaux d'eau très inquiétants, de près de 60%, jusqu'à rendre inexploitables certaines parcelles productives jusque‐là. Des champs d'arbres fruitiers ont ainsi été perdus faute d'eau.
Imider manifestationSitin de la population sur le mont Aleban sous la surveillance des gendarmes et du personnel sécurité de la SMI.

Les Amazighs d'Imider revendiquent le partage des avantages, le travail de leurs jeunes chômeurs, le respect des normes de l'exploitation internationale des mines la lute contre la pollution.

L'enseignement de la langue amazighe.

La nouvelle entrée scolaire 2012 est caractérisée par l'engagement du ministre de l'enseignement de faire avancer l'enseignement de la langue amazighe. Plusieurs circulaires ont été envoyées aux académies et aux délégations du ministre incitant les responsables à déployer les efforts pour la généralisation de l'enseignement de tamazight , mais la cette action reste sans effet en raison de manque des moyens particulièrement les ressources humains et la volonté des responsables des académies régionales qui ne sont pas motivés pour l'enseignement de cette langue malgré son statut officiel.
Le Ministère de l'enseignement ne semble pas envisager le parcours d'enseignement de l'amazigh dans les niveaux ultérieurs, et la continuation du processus d'enseignement en amazigh de manière réductionniste ne dépassant pas la couverture de 5% de l'ensemble des écoles primaires au Maroc et dans la limite de certaines régions seulement.
Par ailleurs, le Ministère de l'éducation nationale ne fournit toujours pas aux élèves et aux enseignants les programmes scolaires et les supports pédagogiques, en plus de l'absence d'une formation claire, approfondie et suffisante des enseignants.
En outre, l'enseignement universitaire de la langue amazighe trébuche encore puisqu'il est intégré sous forme de sections qui dépendent d'autres départements tels que celui de la langue française, sans qu'un département autonome lui soit consacré.
Bien plus, dans certaines facultés (Université Mohammed V de Rabat, par exemple), l'enseignement de l'amazigh se déroule sans prendre en compte l'alphabet tifinagh, ce qui pose la question de la crédibilité et du référentiel de la formation.

Au niveau de l'information.

L'information constitue pour le Mouvement Amazigh une revendication capitale pour le promouvoir de la langue et de la culture amazighe en raison de son impact sur la population et son rôle sur la prise de conscience de la population de son identité. La situation n'a pas encore changé à l'exception de la chaine amazighe qui fonctionne avec un budget qui ne répond pas aux ambitions des Amazighs.
L'adoption du cahier des charges de la Société Nationale de la Radio et Télévision‐ SNRT‐ qui réduit de 30% à moins de 20% le quota de diffusion d'émissions en langue amazighe sur les chaînes publiques arabophones et en langues étrangères. Cela reflet encore la place secondaire de la langue et de la culture amazighe dans le paysage visuel au Maroc, ce qui pousse le Mouvement Culturel Amazigh à être septique envers la volonté politique du gouvernement, concernant le problème de Tamazight.

L'espoir continue

Bien que l'année 2012 soit considéré par les observateurs comme l'année du printemps des peuples de l'Afrique du nord, le Maroc à échappé spectaculairement aux troublante tempête qui a frappé la région, cela en raison de la politique de la flexibilité suivi par le Maroc depuis longtemps. Le Combat du mouvement culturel amazigh s'inscrit dans l'approche des revendications pacifiques et dans le cadre des conventions internationales relatives aux droits de l'homme, ce qui lui adonné une crédibilité et une force énorme de plaidoyer.
Dr. Mohamed Handaine est Président de la Confédération des associations Amazigh du Sud du Maroc (Tamunt n Iffus) à Agadir. Il est diplômé d'université, historien et écrivain, et membre de la Coordination Autochtone Francophone (CAF). Il est membre fondateur du Congrès Mondial Amazigh et a publié plusieurs ouvrages sur l'histoire et la culture Amazigh. Il représente aussi la région Nord Africaine à l'IPACC (Coordination des peuples autochtones d'Afrique )

http://www.amazighnews.net/20131026884/situation-generale-des-droits-des-Amazighs-au-Maroc.htmlctions (0)

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vendredi 5 avril 2013

François Hollande interpellé sur les droits de l'homme et la justice au Maroc

 La venue du chef d'Etat au Maroc est l'occasion pour les ressortissants français d'exprimer leurs doléances.

La quarantaine de familles françaises regroupées au sein de l'association Droit et Justice attendent beaucoup de la visite de François Hollande, qui démarr et e ce mercredi. Ces familles se disent victimes de spoliations d'escroqueries immobilières au Maroc.
«Nous avons répertorié des centaines de cas. Ces escroqueries représentent des milliards d'euros», lance Moussa Elkhal, juriste franco-marocain en charge d'une trentaine de dossiers et cité par le média français 20minutes.fr. Parmi eux, le cas de Daniel, retraité français de 72 ans, dont le frère s'était fait déposséder de son riad à Marrakech il y a quatre ans. «Mon frère aurait fait donation de son riad à une Marocaine, retraitée de l'Education nationale», explique Daniel à 20minutes.fr. Mais l'acte de donation est contesté : il porte le sceau d'un notaire parisien qui a entretemps déposé plainte pour vol de ses cachets. Début 2009, le frère de Daniel a été retrouvé mort dans son riad de Marrakech, assassiné à coups de marteau...
Ces affaires de spoliation semblent être monnaie courante au Maroc. «La police marocaine a arrêté cinq personnes, mais des titres fonciers ne se trafiquent pas comme ça... Ces spoliations sont une machinerie très organisée, avec des personnalités haut placées... C'est une vraie mafia.» , explique Moussa Elkhal à 20minutes.fr.

L'association Droit et Justice a été reçue par le ministère français de la Justice et leurs revendications devraient faire l'objet d'une discussion lors de la visite présidentielle au Maroc entre les deux ministres des Affaires étrangères, Laurent Fabius et Saâd Eddine El Othmani.

22 détenus français en grève de la faim
Autre appel lancé à François Hollande à l'occasion de sa visite au Maroc : celui des détenus français incarcérés dans le royaume. Ils sont 22 à s'être lancés dans une grève de la faim le 1er avril dernier pour réclamer leur transfèrement en France, la révision de leur procès et l'examen de leur plaintes pour torture et mauvais traitements. « Suite aux arrestations abusives dont nous avons été victimes, la majorité d'entre nous a été torturée. [...] Face au silence coupable des autorités marocaines et à la frilosité de la France, nous voyons dans cette grève de la faim l'ultime chance de faire entendre notre désespoir lors de votre venue Mr Le Président », selon une lettre ouverte des détenus adressée à François Hollande.

L'ONG américaine Human Rights Watch a tenue elle aussi à interpeller le président français la veille de sa visite. Dans un communiqué publié le 2 avril, l'association estime que le chef de l'etat français « devrait exercer davantage de pression pour que le Maroc approfondisse ses réformes en matière de droits humains, lors de sa première visite officielle à cet allié de longue date de la France ». L'ONG cite notamment la torture de détenus, les procès militaires iniques, les restrictions du droit à la libre expression, le retrait de l'accréditation du journaliste marocain Omar Brouksy de l'Agence France-Presse (AFP) et la vulnérabilité des enfants employés comme domestiques.
« Le paysage politique marocain est marqué par une ouverture et un pluralisme notables, mais il n'empêche que le président Hollande devrait faire pression dans les domaines où les réformes ont pris du retard par rapport aux standards internationaux », a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « En tant que premier partenaire commercial et principale source d'aide bilatérale, la France peut jouer un rôle positif en mettant en lumière les abus qui persistent et en encourageant les efforts de réforme du gouvernement. »
URL Source : https://fr.lakome.com/index.php/politique/594-francois-hollande-interpelle-sur-les-droits-de-l-homme-et-la-justice-au-maroc