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lundi 15 décembre 2014

SCANDALEUX ! Le gouvernement interdit une caravane de solidarité avec les victimes des inondations

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inondations
Les autorités marocaines ont interdit vendredi 12 décembre, une caravane de solidarité avec les victimes des dernières inondations organisée par un groupe de dix-sept (17) associations, au prétexte qu’elle n’était pas au bénéfice d’une autorisation de bienfaisance publique. Une mesure qui, selon Omar Daoudi, avocat, serait illégale, l’autorisation en question ne s’appliquant qu’à la levée de fonds et leur manipulation et non aux dons en nature, dont il est question.
La cargaison destinée essentiellement aux sinistrés de Guelmim, Tiznit et Ifni a fait l’objet d’une saisie, alors même qu’elle était en cours de chargement, au quartier Yacoub El Mansour à Rabat et les initiateurs ont été informés qu’ils devaient se munir d’une autorisation légale, pour procéder à son acheminement aux sinistrés ou rechercher avec les autorités un autre moyen de l’acheminer aux populations concernées.
Dans un entretien accordé au site électronique Badil Info, l’un des responsables de la caravane, a rappelé que la mesure enfreignait l’Article 40 de la constitution qui stipule que  » Citoyens et citoyennes supportent solidairement et proportionnellement à leurs moyens, les charges résultant des calamités nationales et des catastrophes naturelles. »
Ce n’est pas la première fois que le Makhzen s’en prend à une caravane de solidarité.
On se souvient qu’en février 2012, le pacha de la ville de Nador avait interdit une caravane de solidarité, organisée par un comité de dix-huit (18) associations.
Il s’agissait de porter des couvertures, des matelas et des vêtements aux habitants du Moyen Atlas, au plus fort d’un hiver rigoureux qui avait fait plusieurs morts, dont des nourrissons. La même mesure avait été prise contre une initiative du genre, une année plus tard, lorsqu’il s’était agi de porter secours aux populations d’Anfgou, que les intempéries et les chutes de neige avaient, une fois de plus, coupées du reste du monde. Cette fois-ci les autorités avaient argué que derrière ce genre d’initiatives pouvaient se dissimuler quelques sombres desseins prosélytes d’extrémistes islamistes.
Salah Elayoubi

samedi 12 juillet 2014

Le mouvement berbère au coeur des luttes démocratiques marocaines








Le mouvement berbère marocain ne porte plus seulement des revendications culturelles et identitaires. Parties prenantes du Printemps de 2011 et actifs dans différentes luttes sociales de ces dernières années, les Amazighs veulent maintenant trouver leur place dans les forces du changement à l’œuvre au Maroc.
 


En novembre 2013, deux regroupements d’associations voient le jour : la Fédération nationale des associations amazighes (FNAA) et la Coordination nationale amazighe (CNA). Chacune entend regrouper les 900 associations que compte le mouvement berbère qui recrute largement dans un pays en majorité berbérophone dont le quart le serait exclusivement. Si la FNAA, dans son texte fondateur, met l’accent sur des revendications culturelles et identitaires proprement amazighes1, la CNA se propose d’emblée d’œuvrer à l’édification d’un Maroc fédéral et laïc. Une différence de taille dans la «  hiérarchisation  » de leurs objectifs qui témoigne du virage que prend le vigoureux mouvement amazigh marocain et des défis qui sont devant lui.

Deux combats inséparables

Certes, les revendications culturelles et linguistiques berbérophones ont été, dans une certaines mesure, prises en compte par le pouvoir. Dès 2001, le roi Mohammed VI, dans son discours dit «  d’Ajdir  », a reconnu l’existence de l’ «  amazighité  » et créé l’Institut royal de la culture amazigh. Avant 2011, date de l’inscription dans la nouvelle Constitution de la composante amazighe de l’identité marocaine, le mouvement a remporté des succès, à l’instar de la création en 2010 de Tamazight, une chaîne de télévision publique chargée de présenter la culture amazighe. Malgré tout, le scepticisme reste de mise chez les plus militants : «  Rien n’a été réalisé et on attend toujours la mise en œuvre pratique de l’officialisation de la langue2 et de la culture  », résume Ahmed Assid, intellectuel et écrivain, une des figures de proue du mouvement qui a publié en 2010 Lettres à l’élite marocaine.
Pour autant, même s’il reste beaucoup à faire pour concrétiser les concessions consenties sur la langue et la culture berbère, Assid, comme de nombreux autres militants, refuse de circonscrire la lutte aux seuls revendications culturelles. Il s’est aussi fait connaître de l’opinion marocaine par ses nombreuses polémiques avec les islamistes du Parti de la justice et du développement (PJD) qui dominent au gouvernement comme avec les partisans d’une monarchie «  forte  ». Berbériste, il défend l’établissement d’une démocratie politique sans restriction et la consécration effective des libertés individuelles.
Son avis, partagé par de nombreux militants et chercheurs, est que les deux combats sont inséparables. Le mouvement amazigh s’est construit au cours des années 1970 contre les valeurs mises en avant tant par la monarchie que par les islamistes et par les vieux partis marocains, les «  historiques  », plus ou moins proches de l’idéal panarabe. Confrontés à ces acteurs politiques qui défendent une histoire officielle construite autour de l’identité arabo-islamique, les militants amazighs ont proclamé leur attachement à «  un Maroc pluriel  » selon les mots de Assid. L’un d’eux, Mounir Kejji, bien connu dans son pays, le rappelle : «  Les activistes amazighs ont été les premiers à manifester devant le Parlement, dans les 24 heures qui ont suivi les attentats de Casablanca3. Non seulement pour condamner ce crime haineux, mais aussi “pour appeler à séparer plus largement, le religieux du politique”.  »

Un discours culturel avec un horizon politique

Hostile aux options politiques dominantes, le mouvement s’attache en premier lieu à proposer des alternatives. Au début des années 2000, son travail théorique s’accélère. Des associations signent un Manifeste amazigh en mars 2000, où, selon Ahmed Assid, «  la discrimination ne fait plus qu’un, qu’elle soit linguistique, identitaire ou sociale  ». Le discours devient ouvertement «  culturel avec un horizon politique  ». De nombreuses associations amazighes marocaines se rapprochent des altermondialistes, ce qu’illustre leur forte présence au Forum social maghrébin de 2008 tenu à Bouznika, entre Rabat et Casablanca. «  Déjà dans les années 1980, le mouvement était fort, parlait des droits culturels, du pluralisme de la société et exigeait le droit à la liberté d’association, alors que les réseaux associatifs se lançaient encore timidement  », se souvient, Kamal Lahbib. Le président du Forum des alternatives Maroc (FMAS) ne s’étonne pas «  qu’aujourd’hui, le mouvement soit à ce point impliqué aux côtés des progressistes et des altermondialistes dans la recherche d’alternatives sociales, économiques et politiques.  »
Malgré tout, encore au sein du mouvement, certaines causes ne font pas l’unanimité et l’articulation entre luttes culturelles et combats politiques peut être source de conflit. Ainsi, «  la laïcité continue à être un sujet de controverse, car en mettant en cause une base solide du régime marocain, elle risque d’avoir des conséquences sur le terrain de la reconnaissance identitaire  », souligne Jacopo Granci, un chercheur qui travaille au Centre Jacques Berque de Rabat sur la question amazighe4.

Le 20 février et les luttes sociales

Durant les manifestations du 20 février 2011 qui accompagnent le Printemps arabe en Tunisie et en Égypte, le mouvement se joint aux marches de protestation  ; jusqu’à Rabat, la capitale, des drapeaux amazighs sont brandis dans les cortèges unitaires où flottent des banderoles écrites en tifinagh5. Un nouveau manifeste, L’Appel pour Timmouzgha est lancé par plusieurs personnalités amazighes alors que la contestation bat son plein. Son texte est «  encore plus politique et “dissident” dans ses tons et sa formulation  », souligne Granci. C’est aussi à ce moment que la force du mouvement éclate aux yeux du chercheur : «  il a aidé à la tenue de manifestations importantes dans des villages reculés du Maroc, où la population reste attachée à la culture berbère. Il a ainsi participé à “démocratiser” des revendications souvent cantonnées jusque-là à un cercle élitiste  ». Un phénomène positif mais pas étonnant pour Ahmed Assid : «  Depuis quelques années, des associations amazighes réparties sur tout le territoire du royaume se sont attaquées aux problèmes des terres confisquées et des ressources naturelles spoliées  ». Des milliers d’hectares qui composent les terres tribales sont souvent sources de conflit entre l’État ou des investisseurs puissants désireux de s’y implanter et les populations en place qui défendent leur moyen de subsistance et leur mode de vie.
Kejji abonde dans le même sens : «  Le mouvement n’a plus rien de culturaliste. Il incarne aujourd’hui la lutte contre l’expropriation des terres des tribus dans le monde rural et la défense des enfants qui meurent de froid comme à Angfou  », un petit village du Moyen Atlas enclavé et oublié de la puissance publique où des enfants meurent chaque hiver, forcément rigoureux à cet altitude (1 600 m). Son ancrage dans les campagnes a fait du réseau amazighiste un soutien et un relais pour de nombreuses luttes sociales, comme celle des «  diplômés chômeurs  » d’Al-Hoceïma au nord du Maroc, ou plus récemment, à Imiter, à l’est du pays, où la population manifeste contre la précarité et l’exploitation sans précautions d’une mine d’argent par la Société Métallurgique d’Imiter (SMI), côtée à la bourse de Casablanca et propriété de la famille royale.

Pour un Etat fédéral

Le mouvement amazigh saura t-il renforcer sa participation à la lutte démocratique  ? Le risque existe de voir ses revendications identitaires l’éloigner de certaines secteurs de l’opinion. Malgré tout, Granci remarque que durant les événements du 20 février, les militants berbéristes ont su marcher et cohabiter avec les autres forces contestataires, islamistes ou de gauche. «  Le langage et la rhétorique du mouvement a changé : si au début on y revendiquait l’identité amazighe en opposition à l’identité nationale, maintenant on revendique une amazighité commune à tous les Marocains et pas seulement aux berbérophones.  »
Son rejet des idéologies particularistes, désavouées par de nombreux militants progressistes et révolutionnaires depuis 2011, lui a aussi permis de se présenter comme un quasi-mouvement d’avant-garde. «  Notre mouvement est la seule force à proposer l’édification d’un État fédéral. Nous savons à quel point les Berbères ont souffert du centralisme et de l’État  », rappelle Ahmed Assid. Leurs associations travaillent activement aussi à la construction d’une union des pays du Maghreb et à la réouverture des frontières terrestres entre le Maroc et l’Algérie fermées depuis 1994.
Indépendants des partis et des pouvoirs, les militants berbéristes créent une culture politique autonome et leur mouvement abrite souvent des débats audacieux. C’est par exemple une association amazighe du Rif, au nord du Maroc, qui a soumis aux autres forces politiques, en décembre 2013, un projet de loi visant à légaliser la culture du cannabis qui est la principale ressources du Rif, longtemps l’une des régions les plus pauvres du pays. L’idée a été reprise et le Parlement en discute en ce moment même à Rabat.
1NDLR. Le pluriel «  amazigh(e)s  » est une francisation de «  Imazighen  ».
2NDLR. Ce débat s’inscrit dans un autre débat concernant les langues et qui divise le pays, entre partisans de l’arabe littéraire et du dialecte darija
3Les attentats perpétrés le 16 mai 2003 visaient entre autres des établissements fréquentés habituellement par des étrangers ou des membres de la communauté juive marocaine. La majorité des 45 victimes étaient des Marocains. Les attentats ont été attribués par les autorités à un groupuscule terroriste islamiste.
4Cédric Baylocq et Jacopo Granci, «  20 février  ». Discours et portraits d’un mouvement de révolte au Maroc  », in Année du Maghreb, 2012.
5NDLR. Alphabet berbère.


http://orientxxi.info/magazine/le-maroc-se-dirige-t-il-vers-un,0630

jeudi 12 décembre 2013

Il y a 7 ans : LA TRAGEDIE D'ANFGOU : Des amazighes enterrés vivants...Et depuis ?

LA TRAGEDIE D'ANFGOU : Des amazighes enterrés vivants

Par : Moha Moukhlis



ANFGOU(1). Petit hameau ignoré par les scribes de la Qaraouine, encastré au coeur des gigantesques montagnes du Haut Atlas Oriental. Un village que cerne le Parc national où le mouflon et le phacochère mènent une vie paisible, sous haute protection. Un village synonyme d'une tragédie : une trentaine de mort dont le dernier est décédés le 27 janvier 2007. Anfgou pleure ses morts et la désolation règne sur tout le village. 

 Une communauté amazighes de 3000 âmes y vit, des résistants ou descendants de résistants qui ont participé à la bataille de Tazizawt dont le site est situé à une trentaine de kilomètres d'Anfgou, près de douar d'Aghddou. Des résistants qui ont tenu tête à l'arsenal militaire français sur le plateau de Hamdoun, sur le mont Baddou et qui ont pris part à la bataille de Bougaffer. Il s'agit des Ayt Amer n Ounfgou. Une fraction de la tribu des Ayt Hdiddou qui fait partie de la confédération des Ayt Yafelmane.
Une communauté de braves oubliés par le Makhzen et par nos respectables « députés de la nation » qui mènent une vie d'aisance dans leurs villa calfeutrées et chauffées à Rabat. Des députés et un parlement « national » qui a lu la fatiha après la pendaison du tyran arabiste Saddam et qui n'a pas jugé utile de lire la fatiha sur les morts d'Anfgou. Ignorés et oubliés par tous les amazighes « citadinisés » qui regardent TV5, ARTE ou Al Jazira. Une population qui vivote, qui survit grâce à une agriculture vivrière et son cheptel. Des amazighes dont ne parle pas le « doyen » des journalistes marocains, un certain Mustapha El Alaoui, car ils lui rappellent les « apaches » et les « putschistes ». Une population livrée à elle-même, dans l'Etat de droit de la « nouvelle ère ».

 
L'Etat préfère colmater les murailles de la qaraouine et les vielles ruelles où habitaient les arabo-andalous que de porter secours à des citoyens en plein désarroi. L'Etat préfère « importer » des artistes qui sentent la pouffiasse et leur ouvrir les écrans des médias publics que de se soucier des malades d'Anfgou et de ses environs. Car, si la tragédie à touché directement Anfgou, d'autres localités vivent dans les mêmes conditions : ANMZI, AGOUDDIM, AGHDDOU, TIRGHIST.Toutes situées sur la route, je veux dire la piste, qui relie Anfgou et Tounfit. La population vit sous l'emprise des autorité du Ministère de l'intérieur : on se croirait en zone militaire. Les caids et autres khalifa se comporteraient comme des cow boy sur un territoire « pacifié ».
Pour accéder à Anfgou, quand les conditions météorologiques sont clémentes, il faut emprunter la route qui mène de Rabat à Errchaidia. Arrivé à Zaida (20 kilomètres avant Midelt), vous tournez à droite. Après une vingtaine de kilomètre, virer à gauche et traverser Boumia vers Tounfit. A Tounfit, renseignez-vous bien. La route est parsemé de dangers : verglas, crues, éboulements, froid. Quatre heures, minimum, sont nécessaire pour aller de Tounfit à Anfgou (environ 80 kilomètres), en passant par Taoudit, Agouddim et Anmzi. Une piste dangereuse que n'empruntent que les véhicules solides : les camions et les 4/4.  Sur le chemin, la peur vous prend par les tripes. Au froid glacial, qui peut atteindre moins 10° le jour, se conjuguent les innombrables ravins qui vous donnent le vertige.
Par moments, vous ne pouvez vous empêcher de vous demander si votre destination existe réellement. Stoïque vous continuez à slalomer sur un sentier aux abords incertains. La rivière vous guette à chaque virage. De temps à autres vous croisez des hommes ou de femmes à dos de mulet qui vous dévisagent et dont le regard semble vous dissuader de continuer la route. Des hommes ou des femmes qui se déplacent de Tirghist, Aghddou, Anfgou ou Anmzi, traversent la piste pour arriver au seul souk hebdomadaire qui se tient tous les dimanche à Tounfit. Il faut dire que le déplacement à dos de mulet est plus sûr et plus rapide que le voyage par camion. Car sur un camion, vous voyagez avec le bétail et les vivres et les risques sont énormes. Imaginez un bovin ou un mouton qui vous charge !
Après un voyage homérique, vous arrivez à Anfgou. Hameau adossé au bas de la montagne. Des dizaines d'enfants se ruent vers vote véhicule, pieds nus, les cheveux hirsutes et le regard interrogateur. Ils vous guident pour traverser la rivière et vous diriger vers les ères de battage. Espace où l'assemblée de la tribu vous attend. Une dizaine d'hommes emmitouflés dans des burnous de laine blanche veillent à ce que la distribution des dons soit équitable. Chacun des 260 foyers qui composent la fraction aura sa part. Les décisions sont prises collectivement auparavant et sont rigoureusement respectées.
Quelques heures plus tard, vous retrouvez le chemin du retour. Une véritable épreuve. A Tounfit, au contact des premiers rudiments de la « civilisation », vous restez étourdi. Vous avez l'impression de sortir d'un cauchemar. Tellement les disparités entre votre monde et celui de la population d'Anfgou sont énormes que vous vous demandez si vous vivez dans le même pays qu'elle.
Aujourd'hui, des enfants continuent à mourir à Anfgou. La réaction médiatisée de l'Etat ne fut qu'un feu d'artifice. Seules les ONG continuent à acheminer l'aide. La population est soulagée momentanément, mais son calvaire reprendra dès les prochaines chutes de pluie et de neige. Le problème principal, c'est la route et le droit d'exploiter la forêt, unique ressource spoliée par l'Etat et des élus corrompus. Toute autre solution relèverait du replâtrage. A Anfgou, la population vit sous une forme de colonisation aux couleurs nationales. Sa forêt ne lui appartient plus. Plus d'une vingtaine de coupes arrivent quotidiennement dans les grandes villes alors que la population d'Anfgou est obligée d'acheter les poutres pour les toits des maisons. Avec quels moyens ?
Sous prétexte que la « mystérieuse maladie » d'Anfgou est « contagieuse », les autorités à Tounfit demandent aux ONG de débarquer leurs dons. Les autorités se chargeront de les distribuer aux douars ! Les populations de Tounfit et ses communes organisent des marches de protestation et demandent : une visite royale*, la construction des routes, le droit d'exploiter la forêt et la traduction en justice des responsables des communes. 

Ils n'ont pas besoin de denrées alimentaires. Ils ont de quoi vivre et travaillent pour assurer leurs besoins. Ce qu'ils réclament, c'est la justice. Un vieux des Aït Amer d'Anfgou dit : « nous amazighes, la faim ne nous tuera pas. Seul des balles peuvent mettre fin à notre existence. A méditer.

(1) ANFGOU : toponyme amazighe, dérivé du nom « AFGOU », qui signifie le cri poussé par la chouette pour mobiliser le lièvre et attaquer. On dit, da tkkat afgou (elle pousse son cri). Dans un vers de poésie amazighe, on retrouve le vocable « afgou », qui signifie le cri :
-Id afgou a gha s utgh mad ism nnes ayd as qqargh i wenna righ ad id iffgh ixamn.


Voir une video, faite par un journaliste marocain, de ce désastre

Auteur: Moha Moukhlis
Date : 2007-02-15
http://www.amazighworld.org/human_rights/index_show.php?id=958
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* Il y a eu une visite du roi (arrivé en hélicoptère, pas par la route.) Il a fait de grandes promesses auxquelles les montagnards ont cru, suivies de peu de réalisations : une portion de route, un dispensaire sans personnel ni médicaments. Il y a encore des morts, chaque hiver, pas par la "mystérieuse maladie", mais de froid, de trop de difficultés pour atteindre le lieu de résidence d'un médecin. Ce sont toujours les ONG qui apportent de quoi tenir le temps du plus dur de l’hiver. L'Etat se désintéresse toujours de ce bout de Maroc considéré comme vraiment inutile ! NDLR

mercredi 21 août 2013

Au Maroc, solidarité avec tous….. sauf le Maroc !


arba (6)                 Avant de m’aventurer dans l’absurdité de ce texte qui va encore, une fois, traduire le fond de ma pensée aussi naïve qu’ignorante de ce qui se passe dans le monde. Du moins, c’est ce que quelques gardiens de la pensée sacrée m’ont fait savoir. Mais bon, on va dire que je vais persister à exposer cette horrible idée qui me taraude depuis quelques jours et qui empêche ma petite personne de dormir.
            A l’attention des « grands » analystes politiques de ce pays, je ne suis ni politologue ni sociologue ni économiste, ni journaliste non plus. De fait, vous m’excuserez de tout égarement venant de ma part. Je ne suis qu’un « sujet » (ou projet de citoyen avorté) qui essaye de se poser quelques petites questions à la hauteur de sa petite cervelle qui a du mal à cerner ce qui se passe dans le monde, et surtout autour d’elle. Voilà, vous être prévenus. Vous pouvez aussi prier pour le salut de mon âme ou, à défaut, me conseiller un marabout qui a la main clémente sur les esprits égarés comme le mien pour pouvoir me ramener sur le droit chemin.
                 Un deuxième « avant » s’impose en perspective pour mettre un terme à tout amalgame. Je rappelle toute ma solidarité avec le peuple égyptien dans la tourmente qu’il traverse au milieu des couteaux tirés entre l’armée qui se fait le plaisir de tuer à tout va et les frères « musulmans » qui n’ont de « frères » que le nom et de « musulmans » que la tonalité. Quand le sang devient le refuge ultime d’une société, on peut bien se poser la question, où va l’humanité ? Et bien sûr, avec une démarche humaniste et humanitaire pure et simple, je soutiens la cause du peuple palestinien sans réserve aucune. Le reste n’est que poussière comme disait l’autre. Comme ça, vous êtes « sûr » que je ne suis pas un « enfoiré» de pro-sioniste ni un « traitre» qui n’a rien à serrer de la souffrance des peuples « frères ».
 Regarder vers le large ?
            Maintenant que c’est clair, au moins j’espère. Je reviens remuer dans l’eau des égouts comme à mes habitudes, à mon malheur je vous l’accorde. C’est dire que je n’ai jamais réussi, comme savent bien faire beaucoup de mes amis, regarder vers le large et aller au secours des peuples opprimés au-delà des déserts et des mers. Je ne suis pas un conquérant ni un superman de mes temps, ni -non plus- quelqu’un qui est habité par cet hypothétique rêve d’appartenir au grand orient des temps où le monde était aux pieds… de qui ? Je n’en ai aucune idée. Bref, la raison est toute simple. Moi aussi, j’ai envie qu’on vienne me secourir. Je ne suis qu’un enfant du néant, vomi par la nature au milieu de cette montagne cruelle qui s’est mariée avec l’hiver pour enfanter la mort. Moi aussi, les miens meurent chaque jour, si ce n’est pas la faim, le froid, la chaleur, ou même les piqures de scorpions et les morsures de serpents qui les achèvent, c’est l’indifférence qui s’occupe bien d’enterrer leurs souvenirs dans le silence des cimetières colorant la solitude de nos collines. A vrai dire, je n’ai jamais compris cette situation. Au Maroc, si c’est bien du même pays qu’il s’agit, car des fois j’y mets des doutes, on retrouve plus d’associations qui soutiennent des causes étrangères que celles qui s’occupent de ce qui se passe ici-bas.
J’aurais aimé un jour que ces « militants» et ces « défenseurs » des autres causes descendent dans la rue pour dénoncer la situation des habitants du village d’Anfgou par exemple. Tout le monde se souvient du drame de ce petit village où il y avait mort d’enfants à cause du froid et l’absence du minimum en matière de couverture sanitaire et d’infrastructures, et quasiment personne n’a bougé (toute ma considération pour les quelques personnes et associations qui ont fait de leur mieux pour apporter leur soutien aux sinistrés). Non seulement que, ni les gauchistes ni les islamistes ne se sont  retrouvés (ou peu) concernés par ce qui se passait dans ce petite village pour dénoncer cette situation, où même prier pour l’âme de ces personnes qui ont péri dans l’indifférence totale. Comme si ces enfants, femmes et hommes qui sont morts ou qui sont en train de mourir -même aujourd’hui- ne faisaient pas partie de cette « race » d’hommes qui méritent qu’on soit solidaires avec elle, ou tout simplement qu’ils ne font pas partie de ce bled.
Un silence coupable
            Le comble de la chose, c’est que les autorités ont eu même la délicatesse de bloquer les rares convois humanitaires organisés par quelques associations qui croient encore à l’égalité des citoyens et au droit de chacun à la vie et à une vie digne, et personne n’a bougé non plus. On peut rajouter à cela le combat de la population d’Imider qui tient tête à une société minière depuis trois ans maintenant pour défendre son droit de bénéficier des richesses de ses terres et dénoncer l’épuisement et la pollution de la nappe phréatique qui est l’artère vitale de toute une région. Là encore, aucun soutien ni même clin d’œil de ces mêmes « militants des droit de l’homme». Même la presse a fait comme si rien n’était, sauf quelques rares articles et soutiens orphelins par ci par là. Non plus, quand les habitants d’un quartier populaire Sidi Youssef Ben Ali à Marrakech sont sortis dénoncer les prix de l’électricité et de l’eau. Sans parler du viol présumé d’une mineure sub-saharienne par des agents des forces de l’ordre ou la mort d’un professeur et d’un pèlerin sub-sahariens dans des conditions des plus détestables et des plus honteuses pour un pays qui se dit terre de tolérance. Là encore, silence radio comme si ces gens-là ne méritent aucun élan de compassion et du respect ou même une marche de solidarité en l’honneur de l’humanité – si humanité y’en a- qui nous réunit. Sans oublier, bien sûr, l’affaire de DanielGate où beaucoup de masques sont tombés et où nous avions l’occasion de voir les vrais visages d’un certain nombre de personnes qui passent leur temps à défendre les causes des autres et dès qu’il s’agit de dénoncer la puanteur se dégageant du quotidien de ce malheureux pays, ils détourent tous le regard et ils nous disent… Regardez vers l’est vous aurez des réponses…
Pendant ce temps-là, des enfants meurent ou sont violés dans le silence complice de gens qui sont sensés nous montrer le chemin de la dignité et de la justice. En plus de femmes et d’hommes qui n'ont que le mépris de l’indifférence et la lourdeur d’une vie qui n’a de vie que le nom et n’a de sens que la tragédie qui la colore et la mort qui se fait le plaisir de récolter les âmes aigries criant : y’a-t-il une vie avant la mort ?
 Hypocrisie !
            En attendant, Monsieur El-Fezzazi qui a traité les manifestantes -qui sont sorties dénoncer la grâce du pédophile espagnol- de prostituées, et qui n’a pas dit un mot sur cette affaire comme si ça ne se passait pas au Maroc. Au même temps, on le retrouve ces derniers jours dans un congrès en Egypte pour défendre « la révolution syrienne ». C’est dire que le Maroc ne fait pas partie de ses priorités à ce monsieur. En plus de cela, aujourd’hui la crème de la mouvance islamiste marocaine a mis ses différences idéologiques et doctrinaires du côté pour mobiliser des milliers de sympathisants, ce n’est pas pour dénoncer la misère quotidienne, l’injustice, le racisme qui sont en train de ronger le corps de notre pays mais pour manifester contre ce qui se passe en Egypte, etc, etc.
                Je n’ai rien contre le fait de manifester pour défendre et soutenir des causes justes partout dans le monde. Les définition même de l’humanité et l’humanisme l’exigent sans condition aucune. Mais le fait de faire le tri entre des causes aussi justes les unes que les autres, et en arriver même à ignorer et passer sous silence nos propres problèmes internes et les injustices qui doivent être condamnés de par notre appartenance à ce pays qui nous réunit, et d’une autre part se dire que chez nous aussi il y a des gens qui meurent, pas par les tirs de l’armée mais par l’indifférence et le mépris de l’Etat, les organisations et les associations qui sont sensées défendre nos droits et notre dignité en tant que citoyens libres et égaux. Nos morts et nos concitoyens victimes d’exclusion, de violence, du mépris et de l’injustice de tous les jours ne méritent-ils pas eux aussi qu’on honore leur souvenir et qu’on condamne leur situation et même manifester en leur soutien ? Comme disait quelqu’un : Si nous sommes Marocains pourquoi nous sommes marginalisés ? Et si nous ne sommes pas Marocains pourquoi nous marginaliser ?
                   Après tout, je me dis que nous sommes le pays des exceptions et je ne vois pas pourquoi on en fera une exception 
aujourd’hui !http://oumada.wordpress.com/2013/08/18/maroc-solidarite-avec-tout-sauf-le-maroc/
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La réponse est dans cet exemple :l'exemple vient d'en haut !
 

Le Maroc envoie 5 millions de dirhams d'aide humanitaire au Soudan



Le Maroc a expédié, dimanche 18 août, deux avions d’aide humanitaire au Soudan, au bénéfice des populations sinistrées par les graves inondations qui ont affecté ce pays d’Afrique orientale, rapporte le MAP. 
Il s'agissait essentiellement de tentes, médicaments, denrées alimentaires (riz, huile, boites de conserve, des bidons d'eau potable), motopompes et générateurs électriques.
Cette aide est effectuée dans le cadre du pont aérien humanitaire qui avait été établi entre Rabat et Khartoum après les inondations survenues au Soudan en 1998. Les autorités soudanaises se sont réjouies du geste marocain, affirmant que « cette aide d'un montant de près de 5 millions de dirhams reflète les valeurs de solidarité dont le Maroc, Roi, gouvernement et peuple, a fait siennes ».

 http://www.yabiladi.com/articles/details/19066/maroc-envoie-millions-dirhams-d-aide.html
C'est  très bien, et spectaculaire, mais ces 5 millions de dh logeraient combien de Marocains chassés de leurs bidonvilles ? (ndlr)/2013/08/18/maroc-solidarite-avec-tout-sauf-le-maroc/.  

vendredi 10 mai 2013

Classement des pays où il fait bon vivre pour une mère et ses enfants : Le Maroc loin derrière l’Algérie

Wibme9 /5/2013 

Un rapport a été publié mardi 7 mai par une organisation basée à Londres, « Save the Children », sur « la situation des mères dans le monde ». L’analyse mesure les conditions des mères dans 176 pays du monde et les disparités saisissantes entre le Nord et le Sud. Le Maroc occupe une place très inquiétante en arrivant 124ème.

Il est préférable d’être mère en Algérie plutôt qu’au Maroc, c’est ce qu’indique le rapport de l’organisation Save the Children sur « la situation des mères dans le monde », à travers des critères basés sur la mortalité infantile, le nombre d’années qu’un enfant passera en moyenne à l’école, les revenus, le statut politique des mamans. En effet, l’Algérie arrive loin devant le Royaume chérifien en occupant la 74ème place alors que le Maroc n’est que 124ème. Des chiffres alarmants que justifie le sous développement du pays en matière d’accès aux soins.

Le Maroc parmi les plus importante mortalité infantile à la naissance
A l’instar des Philippines ou encore du Mozambique, le rapport souligne que le Maroc fait partie des cas les plus dramatiques alors que beaucoup de nouveaux-nés pourraient être sauvés grâce à des services de santé dédiés aux familles les plus pauvres dans les pays en développement.
Le Maroc, avec un risque de mortalité infantile au premier jour de 7 pour mille, se situe donc au bas du classement en raison du manque de moyens pour les familles les plus pauvres. A contrario, les familles aisées connaissent un très faible taux de mortalité néonatale. Une meilleure alimentation, une meilleure hygiène ainsi qu’un meilleur accès aux soins de santé permettent de réduire fortement les décès à la naissance. Conditions de base dont ne disposent pas tous les Marocains encore aujourd’hui.

L’enclavement à l’origine du fort taux de mortalité au Maroc
Dans les pays, souvent les segments les plus prospères de la société ont vu les plus fortes réductions de la mortalité néonatale. Les bébés qui meurent encore aujourd’hui au Maroc, ont tendance à être issus de familles ayant les revenus les plus faibles et dans les zones les plus reculées. Il s’agit de familles vivant dans des lieux où il y a peu de cliniques ou qui manquent cruellement de personnel de santé. Ces services, quand ils existent, sont hors de portée en raison de l’enclavement et de la pauvreté généralisée. C’est d’ailleurs ce qui s’est produit à Anfgou l’hiver dernier, village reculé dans la région de l’Atlas, où des enfants sont morts de froids quelques jours après leur naissance.
Ce constat prévaut partout dans le monde qui plus est lorsque ces populations appartiennent à des groupes minoritaires ethniques ou religieux ou qui font face à de la négligence et à de la discrimination.
La majorité des bébés dont les vies ont été sauvées étaient souvent ceux qui étaient les plus faciles à atteindre. Les deux décennies de progrès, bien que marquées par de grandes réalisations, ont laissé de grands écarts entre les riches et les pauvres. Le défi consiste maintenant, selon Save the Children, à obtenir des solutions de façon urgente et en tenant compte du contexte et des conditions de vie de ces populations.

Save the Children identifie certaines mesures nécessaires à la réduction des risques de mortalité, les dispositifs de réanimation, les antiseptiques pour prévenir notamment les infections du cordon ombilical et enfin des antibiotiques injectables pour traiter l’empoisonnement et la pneumonie des nourrissons. Elle lance aussi un appel aux dons afin de combler cette disparité entre le Nord et les pays en voie de développement.

http://www.wibme.com/?p=20129__&?utm_source=wibme.ma&utm_medium=NLWibme.ma&utm_campaign=Wibme.ma
Source : yabiladi.com

jeudi 21 mars 2013

Am, Stram, Gram

Par Salah Elayoubi, demainonline, 19/3/2013

Salah Elayoubi

J’ignore si vous avez quelques réminiscences de votre plus tendre jeunesse. Pour ma part, petit garçon, j’imaginais le monde des adultes peuplé de « bon pères de famille ». Des gens sérieux, travailleurs, intègres, honnêtes et dignes ! Il ne pouvait en être autrement, dans mon esprit où s’étaient enracinés les fondamentaux inculqués par le triumvirat famille, école, sport.
Famille mise à part, l’école, comme la compétition sportive fut un extraordinaire champ d’expérimentation de la vie sociale. On y percevait déjà les bribes de ce que chacun d’entre nous allait devenir. Il y avait les sages, les excités. Les timides, les effrontés. Les courageux, les lâches. Les surdoués, les maladroits. Les travailleurs et les paresseux.
Je me souviens que les pires de tous étaient les flagorneurs, ceux que le langage populaire appelle communément les fayots, les cireurs de bottes. Encore que le respect que je dois à cette catégorie professionnelle honnête et besogneuse, m’interdit de l’associer aux premiers.
Les fayots, un genre honni de tous, y compris par l’objet même de leur admiration, le maître d’école, le coach ou le gros bras de service, lesquels, sans doute conscients de leur capacité de nuisance, surmontaient l’aversion qu’ils leur inspiraient et les gardaient sous le coude. Ils étaient capables du pire : vous trahir, vous dénoncer, tricher sur un point décisif ou encore se ranger aux côtés du plus fort pour vous humilier, vous battre comme plâtre ou vous arracher votre « quatre heures ».
En grandissant, je compris pourquoi tant de mes compatriotes avaient renoncé à la politique, dégoûtés par le spectacle puéril du microcosme politique marocain qui s’était mis à ressembler à ce que je viens d’énoncer plus haut : une cour de récréation.
Petit flash-back. Souvenez-vous de la photo de classe, le jour de la nomination du gouvernement actuel. Une véritable foire d’empoignes, immortalisée par le regard froid des caméras. Elle  avait opposé les ailiers pour leur éviter la relégation au deuxième rang et leur permettre de se rapprocher le plus possible du centre, objet de toutes les convoitises. Bassima Hakaoui, en avait fait les frais. Elle avait proprement disparu, préférant s’effacer, face à la puissante offensive d’un Benabdallah déterminé, au guidon de sa moustache et de son légendaire opportunisme et celui de ses collègues,  jouant misérablement des coudes et des épaules.
Des écoliers  auraient eu plus de considération pour une camarade féminine et un extraterrestre qui aurait assisté à cette bataille de chiffonniers, pour une dérisoire place au premier rang, aurait tout compris de nos hommes politiques et de la suite dont elle augurait. Avec Benabdallah et les siens, ces drôles de gauchistes, dont une malformation congénitale avait placé le cœur à l’extrême-droite et les a fait depuis toujours, loucher sur la dictature, Comme Chimène sur Rodrigue (1), on croyait alors, avoir tout vu des trajectoires de la compromission et de la honte. « Changer les choses de l’intérieur »  prétextaient-ils, pour expliquer l’inexplicable.
Avec le PJD, nous avons droit à un remake de l’insupportable. Le même leitmotiv décliné à la mode barbue. Les déclarations se suivent et se ressemblent, les signes de la courtisanerie aussi. Comme ce ministre de la santé publique, absent ou atone, lorsque la mort qui rôdait à Anfgou ou ailleurs, commandait sa présence, auprès des familles des victimes et qui se montre soudain si présent et si obséquieux qu’il en devient lourd et envahissant, dès lors qu’il s’agit du lancement d’un plan national des urgences médicales , en présence du chef de l’Etat. Un moment pitoyable où notre homme affiche en tête de liste des motivations ayant poussé son département à réaliser le projet en question, les instructions de Sa Majesté. Par la grâce du fayotage,  et de la flagornerie, voilà les souffrances de nos compatriotes, les besoins de la population,  la programmation des réalisations et la loi de finance, passés à la trappe. Souvenez-vous, le cancre de la classe, n’agissait pas autrement, lorsque convoqué au tableau,  il  encensait le maître pour lui faire oublier ses lacunes.
Et lorsque notre chef du gouvernement reçoit la presse étrangère, avec un décorum à la gloire du roi, dressé pour la circonstance, derrière lui,  et qu’il entame ses réponses si indigentes, avec « je vais vous dire », ou encore « écoutez », on s’attendrait presque à l’entendre prononcer le fameux « Plouf », annonciateur du rituel de notre enfance « Am, stram, gram, Pic et pic et colégram, Bour et bour et ratatam, Am, stram, gram ».
Soixante trois (63)  fois, il aura prononcé  « Sa majesté », pour expliquer à Isabelle Mandraud (Le Monde), Bruno Daroux (RFI) et Xavier Lambrechts (TV5)  interloqués, qu’il n’a aucun pouvoir et qu’il ne sait rien d’autre que ce qu’on voudrait bien lui dire de ce Maroc, dont il est pourtant supposé conduire les affaires. Même lorsque notre ami fait mine d’endosser un soupçon de responsabilité, comme sur l’affaire du Mali, le courage ne l’étouffe pas puisqu’il s’empresse aussitôt de désigner le chef de l’Etat, dans le but de ne pas heurter l’aile extrémiste de son mouvement, farouchement opposée à l’aventure malienne : « Ce n’est pas moi, c’est l’autre…..! »
Et comme toute indigence de la réflexion ou des neurones s’accompagne le plus souvent de brutalités ou de menaces à peine voilées, notre homme, revanchard, reprend du poil de la bête, dès lors qu’il s’agit d’affronter la presse marocaine complaisante ou ses collègues du parlement. Le plus souvent en faisant assaut  de hurlements, de froncements de sourcils et de sous-entendus vengeurs.
Ainsi va la vie dans la plus belle récréation du monde, en attendant que retentisse la cloche qui renverra tout ce petit monde à ses études.
Salah Elayoubi
(1)  Le Cid de Corneille

jeudi 14 février 2013

Le caïd d’Anfgou persécute une équipe de TV5

 Maroc : l'épreuve hivernale des habitants du Haut-Atlas

Reportage de Mehdi Meddeb pour TV5Monde,
 publié le 12/2/2013
 
Chaque année, l'hiver met à rude épreuve la population du Haut Atlas. Il y a 7 ans, plus de 20 personnes étaient mortes à cause de la pauvreté et du froid. Selon la presse marocaine, cette année, deux personnes sont déjà mortes. http://www.tv5monde.com/info
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  Par demainonline

 Selon le site Midelt online, qui rapporte l’information, le caïd de la circonscription où se trouve Anfgou, ce village du haut Atlas où sont morts plusieurs enfants ces dernières années à cause du froid extrême, aurait persécuté une équipe de la chaîne de télévision francophone TV5.
Cette équipe qui dispose de toutes les autorisations pour filmer est venue à Anfgou pour voir d’elle-même si des enfants sont morts ces derniers temps à cause du froid et de l’abandon dans lequel est laissé ce village reculé de la part des autorités marocaines.
Mais le caïd, sûrement sur instructions de ses supérieurs, ne l’entendait pas de cette oreille. Collé aux basques de cette équipe de télévision, ce fonctionnaire du ministère de l’intérieur a suivi partout ces journalistes, provoquant la panique chez les personnes que voulait interviewait la chaîne.
Les autorités marocaines ont démenti énergiquement les récentes informations de la presse faisant état de plusieurs décès dans ce village.
S’il n’y a rien à cacher, pourquoi ces tentatives pour museler la presse étrangère ?

URL courte: http://www.demainonline.com/?p=25306
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Ahmed Touzani et Clement Geny ont partagé un lien.

Musique : izran narif nakh http://youtu.be/L479K7t888o
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Relire : 
La somme de tous les rêves brisés d'Anfgou et d'ailleurs !
par salahelayoubi.wordpress.com

 Qui mieux qu’un misérable saurait narrer la tragédie qui frappe les siens ?
http://youtu.be/Bbndp8KakTs http://youtu.be/pUpVYr18x3s http://youtu.be/EU87eog1Gnk

samedi 19 janvier 2013

Rappel urgent : 1er février prochaine caravane vers d'autres villages oubliés de l' Atlas


"SOS VILLAGES OUBLIÉS"
                      CARAVANE IMILCHIL                      
                               

NOUS AVONS BESOIN DE DONS !!!!!!! EMPATHIE, COMPASSION, SYMPATHIE, INQUIETUDE, JUSTICE : si vous ressentez cela envers nos compatriotes des villages "oubliés" et marginalisés. 


Ces villageois laissés pour compte, subissant quotidiennement l'injustice dans l'indifférence totale. ALORS VOUS ALTRUISTES, JE VOUS DIS TOUS ENSEMBLE AGISSONS. AIDEZ- NOUS À LES AIDER !!!!!!!! 
« Il y a des cloaques, où des familles entières, vivent pêle-mêle, hommes, femmes, jeunes filles, enfants, n’ayant pour lits, n’ayant pour couvertures, j’ai presque dit pour vêtements, que des monceaux infects de chiffons en fermentation, ramassés dans la fange du coin des bornes, espèce de fumier des villes, où des créatures humaines s’enfouissent toutes vivantes pour échapper au froid de l’hiver ». Nous devons ces mots magnifiques à Victor Hugo, lorsqu’il prononça son « Discours sur la misère », à l’Assemblée nationale française, le 9 juillet 1849.

Ceux d’Imilchil ont attendu. Ils attendent toujours, à l’heure où ces lignes sont commises, que la route goudronnée, le centre de santé, la maternité, l’école, l’eau potable, l’électricité, le téléphone viennent jusqu’à eux. Ils attendent que tout ce qui fait la civilisation leur donne la main et les sorte tout simplement, de l’oubli. Beaucoup ne verront jamais ce moment-là. Le froid, la maladie et les injustices les auront emportés bien avant. Je tiens à préciser que j'ai emprunté une partie de l'article divinement écrit par mon ami Salah Elayoubi (je suis sure qu'il ne m'en voudra pas, c'est pour la bonne cause).
 https://www.facebook.com/
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De Rita La Rebelle, 19/1/2013

URGENT : 
IL NOUS MANQUE DE L'ARGENT POUR FINANCER LE TRANSPORT SUR PLACE ( LOCATION DE VÉHICULES, FRAIS POUR LE TRAJET DE LA CARAVANE) TOUT DON EST IMPORTANT MEME 1 EURO EST LE BIENVENU. MERCI À TOUS ET À TOUTES DE NOUS AIDER À LES AIDER.

Notre action est organisée par des citoyens lambda, sans couvert d'aucune association ni parti politique. Je ne le dirai jamais assez que la politique dans cette action est ZERO. Nous sommes tous des bénévoles qui en ont marre d' être spectateurs de la misère. Donc nous avons décidé de réagir, notre première caravane a été menée avec succès, plusieurs familles ont pu bénéficier de notre aide, et depuis nous continuons notre petit bonhomme de chemin GRÂCE A VOUS TOUS. CAR CES ACTIONS SANS VOUS , NE SAURAIENT EXISTER. UN grand MERCI.

VOICI LA LISTE DES MEMBRES COORDINATEURS :
https://www.facebook.com/notes/rita-la-rebelle/membres-et-coordinateurs-sos-villages-oublies-pour-la-caravane-de-solidarité-imi/360924527337359

Mohcine Achhab Romancier

Appel aux donateurs :

Dans le cadre de la caravane humanitaire vers Imilchil organisée en début Février 2013 , vous trouverez ci-dessous la liste des produits alimentaire qui nous manquent encore :
Farine - Sucre - Thé – Huile – Lentilles – Haricots secs – Pois chiches – Fèves sèches - lait en poudre-
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  • "C'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches."
    Victor Hugo

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    Angfou : un particulier fait don de 100 000 DH

     par Lakome8/1/201

     
    Suite à l'appel aux dons lancé par un collectif marocain de citoyen(ne)s, plusieurs tonnes de nourriture, des vêtements et des couvertures vont être envoyés après-demain dans la région montagneuse d'Angfou, où plusieurs enfants sont encore morts de froid cet hiver.
    L'élan de générosité lancé sur internet suite aux récents drames d'Angfou a porté ses fruits. Un petit groupe motivé de bénévoles marocains, au Maroc et à l'étranger, a réussi a collecter en quelques semaines plus de 10 tonnes de denrées alimentaires, notamment du blé et de l'huile, ainsi que des vêtements et des couvertures. L'appel est lancé à travers la page Facebook du collectif.
    Après un passage sur Atlantic radio ce matin, le responsable du groupe à Casablanca, El Mahdi Benabdeljalil, affirme à Lakome qu'un particulier vient de faire don de 100 000 DH. Son identité n'a pas été dévoilée. « La personne souhaite rester anonyme », explique le bénévole.
    « Grâce à ce geste, nous allons dépasser notre objectif de 250 000 DH de dons et pouvoir acheter les couvertures qui manquent encore », poursuit-il. Le groupe de bénévoles prévoit de fournir des vivres et des fournitures à quelques 10 000 personnes de la région. « Il s'agit de répondre à l'urgence, à des besoins immédiats. Mais nous souhaitons également trouver des solutions à moyen et long terme pour la région, notamment en terme de développement économique », affirme notre interlocuteur. « Il n'est pas normal qu'une bouteille de gaz coûte là-bas jusqu'à 200 DH, et un bidon d'huile 150 DH. L'enclavement de la région fait grimper les prix, au profit d'une poignée de personnes ».
    Le départ de la caravane de solidarité est prévu jeudi soir ; la distribution sur place se fera jusqu'à dimanche. Le groupe de bénévoles prévoit déjà une nouvelle opération dans une autre commune de la région, qui devrait cibler près de 800 foyers.
    « A notre retour, nous allons créer formellement une association et demander le statut d'utilité publique », explique El Mahdi Benabdeljalil. Ce dernier parle aussi de la mise en place d'un site internet incluant une plate-forme de micro-dons, « inspirée par la campagne électorale de Barack Obama ».
    Si cet appel aux dons, comme d'autres lancés depuis quelques années, permettra de parer au plus pressé, il ne peut toutefois se substituer à la responsabilité des autorités centrales et locales. Les habitants d'Angfou se plaignent en premier lieu de l'enclavement et du manque d'infrastructures, notamment de routes, et l'accès aux soins.