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jeudi 16 mars 2017
dimanche 9 octobre 2016
Maroc : la majorité silencieuse, grand vainqueur des législatives #Maroc : 23,89 % le véritable taux de participation.
Les
législatives marocaines confirment le poids des islamistes, censés
remettre en cause, un jour, le système monarchique, et du parti
pro-palais qui joue le changement selon l’agenda du Palais. Mais le
grand vainqueur de cette élection est indéniablement l’abstention
C’est samedi, vers midi, heure locale au Maroc (GMT), que les résultats presque définitifs
des élections législatives du vendredi 7 octobre sont tombés.
L’islamiste Parti de la justice et du développement (PJD) du chef du
gouvernement Abdelilah Benkirane a remporté 125 sièges des 395 que
compte la Chambre des représentants, la Chambre basse du Parlement
marocain.
Il est suivi par le Parti authenticité et modernité (PAM), le mouvement fondé par l’ami et conseiller du roi Fouad Ali el- Himma, qui a obtenu 102 sièges. Le troisième compère est l’Istiqlal, le plus vieux parti politique marocain, qui avec 46 sièges en perd 14 par rapport à la précédente législature mais arrive à sauver les meubles.
Pour le reste, les formations politiques ont pratiquement tous perdu des sièges par rapport aux élections législatives de 2011. Avec 37 sièges, le Rassemblement national des indépendants (RNI, centre-droit) du ministre des Affaires étrangères Salaheddine Mezouar laisse 25 sièges sur le carreau. Avec 27 sièges, le Mouvement populaire (MP) en perd 5, et avec 19 sièges l’Union constitutionnelle (UC) est délestée de 4 sièges.
Il est suivi par le Parti authenticité et modernité (PAM), le mouvement fondé par l’ami et conseiller du roi Fouad Ali el- Himma, qui a obtenu 102 sièges. Le troisième compère est l’Istiqlal, le plus vieux parti politique marocain, qui avec 46 sièges en perd 14 par rapport à la précédente législature mais arrive à sauver les meubles.
Pour le reste, les formations politiques ont pratiquement tous perdu des sièges par rapport aux élections législatives de 2011. Avec 37 sièges, le Rassemblement national des indépendants (RNI, centre-droit) du ministre des Affaires étrangères Salaheddine Mezouar laisse 25 sièges sur le carreau. Avec 27 sièges, le Mouvement populaire (MP) en perd 5, et avec 19 sièges l’Union constitutionnelle (UC) est délestée de 4 sièges.
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samedi 12 mars 2016
Mustapha Ramid: «Le Maroc n'est pas un enfer des droits de l'homme, ni un paradis»
Alors que de
nombreuses ONG tirent la sonnette d'alarme sur une nouvelle vague de
détentions, le ministre de la justice et des libertés marocain, issu de
l'aile dure du parti islamiste PJD, réfute les accusations tout en
admettant que la torture existe dans son pays.
De notre correspondante à Rabat (Maroc).
–
Il y a dix ans, Mustapha Ramid recevait avec plaisir les journalistes. L'ancien
avocat, qui défendait les salafistes incarcérés dans la foulée des attentats du
16 mai 2003, accordait de longues interviews pour défendre les idées de son
parti, alors décrié, le Parti islamiste de la justice et du développement
(PJD). Depuis qu'il est devenu ministre de la justice et des libertés, il se
fait plus rare dans les médias.
À la tête de ce
ministère depuis quatre ans, Mustapha Ramid a traversé non sans habileté
plusieurs zones de turbulences : la gestion politique du mouvement de
protestation du 20-Février, la libération des détenus salafistes, la grâce
royale contestée du pédophile Daniel Galvan et plus récemment la
crise franco-marocaine née au lendemain de la convocation de Abdellatif
Hammouchi, le directeur général de la sûreté nationale, à la suite de
plaintes pour torture en France. Et ce d’autant plus qu'il a souvent dû jouer
un rôle éloigné, opposé même, à celui qu'il tenait juste avant l'arrivée
aux affaires de son parti, en janvier 2012.
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mercredi 17 février 2016
Arsalane: «Les Marocains connaissent notre crédibilité»
Rabat, février 2016. Le
Maroc cinq ans après son «printemps», qui prit le nom de «mouvement du
20-Février». Et auquel les islamistes de Justice et Spiritualité (Al Adl
Wal Ihsane) prirent une part active. Fathallah Arsalane,
vice-secrétaire général de l’organisation et son porte-parole, fait le
point.
Comment votre mouvement a-t-il accueilli les événements dits du 20-Février?
Nous y avons participé dès le début car les revendications étaient les mêmes que les nôtres. A savoir principalement la lutte contre la corruption et contre le despotisme. Notre jeunesse s’est retrouvée en force et en première ligne dans le mouvement. Notre participation a imposé au régime de répondre aux revendications, mais cette réponse s’est révélée d’un niveau faible et nullement inspirée par la volonté de changement mais bien celle de maîtriser la crise. Nous avons mis fin à notre participation en décembre 2011 car nous avons acquis la conviction que le mouvement du 20-Février n’obtiendrait rien de plus du régime et qu’au contraire les risques de confrontations violentes s’aggravaient – et notre principe fondamental reste la non-violence, car la violence ne mène nulle part. Nous nous sommes alors tournés vers d’autres façons de protester.
Durant le 20-Février, vous avez eu des contacts avec les laïcs marocains, en avez-vous encore?
Bien sûr, ces contacts continuent et ils donnent des résultats fructueux sur le terrain. Par exemple, on les a récemment invités lors du troisième anniversaire de la mort de cheikh Yacine, fondateur du mouvement. Nous envisageons une plate-forme commune autour d’un consensus avec eux.
Le mouvement Justice et Spiritualité souhaite-t-il devenir un parti politique et participer aux élections?
Nous revendiquons le droit de nous transformer en parti politique depuis les années 80 pour défendre notre projet sociétal. C’est l’Etat qui refuse que nous devenions un parti indépendant, exigeant que les partis jouent dans un jeu dont le régime détermine seul les règles. Nous refusons ces diktats, bien entendu. Nous sommes patients, nous attendons le moment où tout le Maroc voudra le changement.
Quel est ce projet que vous portez?
Il se résume dans les deux mots : justice et spiritualité. Nous prônons la démocratie et l’alternance, la participation, le respect de la diversité. Par le mot spiritualité, dans une connotation musulmane, nous montrons notre intérêt pour l’homme, son bien-être, l’esprit de fraternité, la tolérance.
En quoi consiste votre action concrètement?
Nous fondons notre action sur l’éducation qui promeut nos principes et nous disposons d’un « cercle politique » au sein du mouvement, qui est comme une structure de parti politique; nous participons aussi aux manifestations qui expriment les revendications populaires. Nos militants appartiennent à des associations et à des syndicats. Nous avons pratiqué l’aide sociale mais l’Etat veut nous en empêcher et parfois même nous concurrence sur le terrain. Nous sommes présents dans toutes les couches de la population et dans toutes les régions ; les gens nous connaissent, connaissent notre crédibilité, nous les soutenons. D’autant qu’ils savent l’échec du régime et des partis politiques pour remédier à la situation socio-économique difficile qu’ils vivent, alors que le régime nous opprime.
Vos détracteurs vous accusent d’avoir un comportement de «secte» secrète…
C’est ce que le régime prétend depuis longtemps en nous maintenant dans l’ombre, alors que nous n’avons de cesse de chercher la lumière pour dire ce que nous sommes. Nos revues et journaux sont empêchés de sortir. Rien ne peut justifier le sort qui nous est réservé, nous n’avons rien à cacher, nous condamnons la violence et prônons l’Etat de droit, nos écrits le prouvent.
Combien de militants avez-vous?
Vu notre situation et pour des raisons de sécurité, on ne peut pas déclarer de chiffres. Quand nous organisons des manifestations, les gens viennent nombreux et dépassent ceux qui font partie de nos structures. Celles-ci existent juste au Maroc même si à l’étranger nous partageons nos idées avec d’autres.
Que pensez-vous du djihadisme qui tourne au terrorisme?
Un verset du Coran dit : « On ne t’a envoyé que pour être la tolérance face à l’Humanité ». Ces actes de barbarie doivent être condamnés, ils n’ont rien à voir avec l’islam. Leurs auteurs ne sont qu’une petite minorité dans la société musulmane. Les Occidentaux savent que les musulmans sont les premières victimes du terrorisme. Au Maroc, notre mouvement est attaqué par les extrémistes qui nous trouvent trop modérés.
Comment expliquez-vous que des Belges ou des Français se lancent dans le djihad violent?
Il est important de signaler que la majorité de ces jeunes ne connaissent pas l’arabe. Ni ne sont des musulmans pratiquants, ils ignorent leur religion et manquent de spiritualité. Leur comportement montre l’échec de l’éducation reçue en Occident. Pourquoi en arrivent-ils là ? Ils sont marginalisés, ils ont souvent versé dans la délinquance et vivent en marge de la société.
Que pensez-vous du salafisme wahhabite – un islam ultra conservateur – répandu à travers le monde grâce aux deniers saoudiens?
La mission des centres de culte dans le monde est de faciliter les rencontres et la prière des musulmans. Mais dans certains cas, en raison d’un manque de contrôle, certains extrémistes en ont profité pour faire de la propagande sur leur manière d’interpréter l’islam.
Et que pensez-vous du PJD, parti islamiste marocain au gouvernement?
Que peuvent-ils faire sur la scène politique marocaine ? La question n’est pas de savoir qui fait partie du gouvernement, mais bien qui gouverne. Ce n’est pas le gouvernement ! Islamistes modérés ou pas. C’est l’entourage royal qui gouverne. On l’a encore vu dernièrement dans les cas de grandes décisions en matière économique ou d’enseignement. Si nous participions au gouvernement dans les mêmes conditions, nous démontrerions la même impuissance.
Vous posez-vous en républicains?
Nous ne nous présentons pas en alternative unique, nous sommes convaincus que la situation critique que vit le Maroc nécessite la mobilisation et la collaboration de tous les partenaires. En Occident, royautés et républiques existent dans des contextes démocratiques, la forme importe peu, c’est le contenu qui compte. Nous souhaitons que la justice règne, que les responsables aient des compte à rendre, que le peuple élise ses représentants démocratiquement, que le régime garantisse l’égalité des droits.
Mais vous contestez cette monarchie?
A de rares exceptions près, on voit dans le monde musulman des régimes monarchiques héréditaires et despotiques, qui règnent par l’épée et la violence. Nous disons qu’un dirigeant doit être élu et doit rendre des comptes. Ce n’est pas propre à notre mouvement, c’est dans la conception musulmane de la chose publique.
Propos recueillis à Rabat le 10 février 2016 par BAUDOUIN LOOS
Comment votre mouvement a-t-il accueilli les événements dits du 20-Février?
Nous y avons participé dès le début car les revendications étaient les mêmes que les nôtres. A savoir principalement la lutte contre la corruption et contre le despotisme. Notre jeunesse s’est retrouvée en force et en première ligne dans le mouvement. Notre participation a imposé au régime de répondre aux revendications, mais cette réponse s’est révélée d’un niveau faible et nullement inspirée par la volonté de changement mais bien celle de maîtriser la crise. Nous avons mis fin à notre participation en décembre 2011 car nous avons acquis la conviction que le mouvement du 20-Février n’obtiendrait rien de plus du régime et qu’au contraire les risques de confrontations violentes s’aggravaient – et notre principe fondamental reste la non-violence, car la violence ne mène nulle part. Nous nous sommes alors tournés vers d’autres façons de protester.
Durant le 20-Février, vous avez eu des contacts avec les laïcs marocains, en avez-vous encore?
Bien sûr, ces contacts continuent et ils donnent des résultats fructueux sur le terrain. Par exemple, on les a récemment invités lors du troisième anniversaire de la mort de cheikh Yacine, fondateur du mouvement. Nous envisageons une plate-forme commune autour d’un consensus avec eux.
Le mouvement Justice et Spiritualité souhaite-t-il devenir un parti politique et participer aux élections?
Nous revendiquons le droit de nous transformer en parti politique depuis les années 80 pour défendre notre projet sociétal. C’est l’Etat qui refuse que nous devenions un parti indépendant, exigeant que les partis jouent dans un jeu dont le régime détermine seul les règles. Nous refusons ces diktats, bien entendu. Nous sommes patients, nous attendons le moment où tout le Maroc voudra le changement.
Quel est ce projet que vous portez?
Il se résume dans les deux mots : justice et spiritualité. Nous prônons la démocratie et l’alternance, la participation, le respect de la diversité. Par le mot spiritualité, dans une connotation musulmane, nous montrons notre intérêt pour l’homme, son bien-être, l’esprit de fraternité, la tolérance.
En quoi consiste votre action concrètement?
Nous fondons notre action sur l’éducation qui promeut nos principes et nous disposons d’un « cercle politique » au sein du mouvement, qui est comme une structure de parti politique; nous participons aussi aux manifestations qui expriment les revendications populaires. Nos militants appartiennent à des associations et à des syndicats. Nous avons pratiqué l’aide sociale mais l’Etat veut nous en empêcher et parfois même nous concurrence sur le terrain. Nous sommes présents dans toutes les couches de la population et dans toutes les régions ; les gens nous connaissent, connaissent notre crédibilité, nous les soutenons. D’autant qu’ils savent l’échec du régime et des partis politiques pour remédier à la situation socio-économique difficile qu’ils vivent, alors que le régime nous opprime.
Vos détracteurs vous accusent d’avoir un comportement de «secte» secrète…
C’est ce que le régime prétend depuis longtemps en nous maintenant dans l’ombre, alors que nous n’avons de cesse de chercher la lumière pour dire ce que nous sommes. Nos revues et journaux sont empêchés de sortir. Rien ne peut justifier le sort qui nous est réservé, nous n’avons rien à cacher, nous condamnons la violence et prônons l’Etat de droit, nos écrits le prouvent.
Combien de militants avez-vous?
Vu notre situation et pour des raisons de sécurité, on ne peut pas déclarer de chiffres. Quand nous organisons des manifestations, les gens viennent nombreux et dépassent ceux qui font partie de nos structures. Celles-ci existent juste au Maroc même si à l’étranger nous partageons nos idées avec d’autres.
Que pensez-vous du djihadisme qui tourne au terrorisme?
Un verset du Coran dit : « On ne t’a envoyé que pour être la tolérance face à l’Humanité ». Ces actes de barbarie doivent être condamnés, ils n’ont rien à voir avec l’islam. Leurs auteurs ne sont qu’une petite minorité dans la société musulmane. Les Occidentaux savent que les musulmans sont les premières victimes du terrorisme. Au Maroc, notre mouvement est attaqué par les extrémistes qui nous trouvent trop modérés.
Comment expliquez-vous que des Belges ou des Français se lancent dans le djihad violent?
Il est important de signaler que la majorité de ces jeunes ne connaissent pas l’arabe. Ni ne sont des musulmans pratiquants, ils ignorent leur religion et manquent de spiritualité. Leur comportement montre l’échec de l’éducation reçue en Occident. Pourquoi en arrivent-ils là ? Ils sont marginalisés, ils ont souvent versé dans la délinquance et vivent en marge de la société.
Que pensez-vous du salafisme wahhabite – un islam ultra conservateur – répandu à travers le monde grâce aux deniers saoudiens?
La mission des centres de culte dans le monde est de faciliter les rencontres et la prière des musulmans. Mais dans certains cas, en raison d’un manque de contrôle, certains extrémistes en ont profité pour faire de la propagande sur leur manière d’interpréter l’islam.
Et que pensez-vous du PJD, parti islamiste marocain au gouvernement?
Que peuvent-ils faire sur la scène politique marocaine ? La question n’est pas de savoir qui fait partie du gouvernement, mais bien qui gouverne. Ce n’est pas le gouvernement ! Islamistes modérés ou pas. C’est l’entourage royal qui gouverne. On l’a encore vu dernièrement dans les cas de grandes décisions en matière économique ou d’enseignement. Si nous participions au gouvernement dans les mêmes conditions, nous démontrerions la même impuissance.
Vous posez-vous en républicains?
Nous ne nous présentons pas en alternative unique, nous sommes convaincus que la situation critique que vit le Maroc nécessite la mobilisation et la collaboration de tous les partenaires. En Occident, royautés et républiques existent dans des contextes démocratiques, la forme importe peu, c’est le contenu qui compte. Nous souhaitons que la justice règne, que les responsables aient des compte à rendre, que le peuple élise ses représentants démocratiquement, que le régime garantisse l’égalité des droits.
Mais vous contestez cette monarchie?
A de rares exceptions près, on voit dans le monde musulman des régimes monarchiques héréditaires et despotiques, qui règnent par l’épée et la violence. Nous disons qu’un dirigeant doit être élu et doit rendre des comptes. Ce n’est pas propre à notre mouvement, c’est dans la conception musulmane de la chose publique.
Propos recueillis à Rabat le 10 février 2016 par BAUDOUIN LOOS
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lundi 13 juillet 2015
Maroc : "On est loin de Mai 68, mais ça se prépare !"
Très attendu par l'opinion publique, le verdict de la Cour marocaine concernant les deux jeunes filles inculpées pour atteinte aux bonnes moeurs,
sera finalement rendu le 13 juillet prochain. Un regard rapide sur
l'actualité marocaine semble attester d'un durcissement des préjugés
sociétaux au Maroc. Mehdi Alioua, docteur en sociologie et chercheur au Laboratoire d’Études Politiques et de Sciences Humaines et Sociales de l’Université
Internationale de Rabat, nous livre son analyse sur la question.
Le ministre marocain de la Justice et des Libertés Mustapha Ramid s'est de nouveau prononcé, le 29 juin dernier, contre la dépénalisation des relations sexuelles hors mariages, de l'homosexualité ou encore de la rupture du jeûne en public. Est-ce révélateur de l'état d'esprit général de la société marocaine aujourd'hui, et plus particulièrement depuis l'arrivée au pouvoir des islamistes l'an dernier ?
- L'état d'esprit de la société n'est pas aussi vindicatif mais ce discours est révélateur de ce que j'appelle la "dictature des mœurs". Il s'agit d'une partie de la population, surtout des hommes, même si certaines femmes participent à ce processus, qui impose son point de vue à la société pour dire comment bien se tenir, bien se comporter. Les femmes et les jeunes sont les premiers soumis à ce diktat.
Ce phénomène est très présent dans les grandes villes. Et c'est d'ailleurs dans les endroits où ces dictateurs sont les plus actifs que le parti du ministre de la justice, le PJD [le Parti de la justice et du développement : NDLR], a remporté le plus de suffrages.
Le ministre marocain de la Justice et des Libertés Mustapha Ramid s'est de nouveau prononcé, le 29 juin dernier, contre la dépénalisation des relations sexuelles hors mariages, de l'homosexualité ou encore de la rupture du jeûne en public. Est-ce révélateur de l'état d'esprit général de la société marocaine aujourd'hui, et plus particulièrement depuis l'arrivée au pouvoir des islamistes l'an dernier ?
- L'état d'esprit de la société n'est pas aussi vindicatif mais ce discours est révélateur de ce que j'appelle la "dictature des mœurs". Il s'agit d'une partie de la population, surtout des hommes, même si certaines femmes participent à ce processus, qui impose son point de vue à la société pour dire comment bien se tenir, bien se comporter. Les femmes et les jeunes sont les premiers soumis à ce diktat.
Ce phénomène est très présent dans les grandes villes. Et c'est d'ailleurs dans les endroits où ces dictateurs sont les plus actifs que le parti du ministre de la justice, le PJD [le Parti de la justice et du développement : NDLR], a remporté le plus de suffrages.
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samedi 28 juin 2014
Un sit-in pour dénoncer les propos d’Abdelilah Benkirane
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Une coalition d’associations appelle à manifester contre Abdelilah Benkirane qui compare la femme à un « lustre » (tria) dévoué exclusivement à son ménage.
La polémique entourant les déclarations d’Abdelilah Benkirane le 17 juin devant les députés de la Chambre des conseillers connaît un nouveau rebondissement. Après avoir créé un véritable buzz sur les réseaux sociaux, la coalition pour l’application de l’article 19 de la constitution, un groupement d’associations des droits de la femme appelle à manifester le mardi 24 juin à 15 heures devant le parlement.Dans son communiqué, la coalition « condamne fermement les propos hostiles à l’égalité et aux droits humains des femmes, ainsi que les stéréotypes et clichés utilisés par le Chef du gouvernement ».
Pour rappel, ladite coalition avait organisé le 13 avril à Rabat, une marche de protestation pour dénoncer les politiques gouvernementales sur les droits des femmes, en particulier ceux énoncés dans l’article 19 de la constitution et qui ne sont toujours pas appliqués, selon ce collectif. Contacté par TelQuel, Fouzia Assouli, coordinatrice de la coalition déclaré avoir envoyé un fax à l’adresse des autorités compétentes pour les informer de la tenue dudit sit-in. Ces derniers n’auraient toujours pas répondu.
Pour rappel, voici l’article 19 de la constitution du Maroc :
L’homme et la femme jouissent, à égalité, des droits et libertés à caractère civil, politique, économique, social, culturel et environnemental, énoncés dans le présent titre et dans les autres dispositions de la Constitution, ainsi que dans les conventions et pactes internationaux dûment ratifiés par le Royaume et ce, dans le respect des dispositions de la Constitution, des constantes et des lois du Royaume. L’État marocain œuvre à la réalisation de la parité entre les hommes et les femmes. Il est créé, à cet effet, une Autorité pour la parité et la lutte contre toutes formes de discrimination.Lire aussi
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samedi 9 novembre 2013
Benkirane : « Fouad Ali El Himma a une place spéciale »
Visiblement, les négociations ayant précédé la
naissance du gouvernement Benkirane II ont nettement modifié les
positions du PJDiste. Dans un entretien accordé à Asharq Al Awsat,
Benkirane a tenu à préciser qu’il s’est débarrassé de son passé
conflictuel avec l’entourage royal, n’a pas tari d’éloges sur le rôle
d’El Himma dans la formation de ce nouveau gouvernement et donné de lui
une image de politique « pragmatique » et « souple ». Un pragmatisme
et une souplesse qui ne dépassent pas, pour le moment, le seuil du
palais. Sur les autres dossiers, c’est Benkirane l’intransigeant qui
est toujours d’actualité.
« Il a contribué dans la composition de ce gouvernement (Benkirane II, ndlr) » a-t-il affirmé. Et de préciser que le roi Mohammed VI « était toujours au courant » des négociations et tout progrès se faisait avec « son aval ».
Benkirane a mis beaucoup d’eau dans son « thé »
Lors de cette même interview, le journaliste a demandé au PJDiste de savoir l'état de ses liens avec l’entourage royal. « Nous avons une relation amicale avec l’entourage royal, sachant que l’échange se fait avec le roi. Lorsqu’il charge un conseiller d’une mission nous collaborons avec lui », a-t-il indiqué.
Force est de constater que sur ce point aussi, Benkirane a largement modifié ses positions initiales d’il y un an et trois mois. Le Benkirane opposant est, ainsi, relégué aux seconds plans, laissant la vedette au « pragmatique » et « souple » chef de gouvernement.
Cette nouvelle position de Benkirane a le mérite de lui épargner, au moins, la publication d'un autre communiqué d’excuses à l'adresse des conseillers du roi comme il avait déjà fait en août 2012. A l’époque dans des déclarations au quotidien Assabah, il affirmait « qu’il n’y a aucun contact entre lui et les conseillers du roi ». A l’époque, le secrétaire général du PJD révélait que « ses ministres reçoivent des directives royales et dans la majorité des cas il en est informé que plus tard ».
Dans sa quête de se débarrasser de son passé conflictuel avec l’entourage royal ou plus particulièrement avec El Himma, Benkirane veut donner de lui une image de politique « pragmatique et souple ». Il est profondément convaincu que sans elle il échouera dans sa mission et de philosopher que « la politique est l’art du possible».
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vendredi 20 septembre 2013
Affaire Anouzla : Après quatre jours, la défense s’est réunie avec le journaliste
Après l’Istiqlal, le RNI et le MP qui ont salué, en
chœur, l’arrestation de Ali Anouzla, voilà qu’ils sont rejoints par les
anciens communistes du PPS de Nabil Benabdellah. Il ne manque à la
chorale que le PJD. Aujourd'hui, la défense a pu, enfin, se réunir avec
le journaliste.
Le bureau politique du PPS a réservé une
partie de sa réunion, de la soirée de mercredi dernier, à
l’interpellation de Ali Anouzla. Sans surprise, les camarades de
Benabdellah ont exprimé leur « ferme refus à la diffusion de la vidéo »
d’Aqmi consacrée au roi Mohammed VI. Ils la considèrent comme une
« incitation claire et directe au terrorisme, visant la sécurité de la
patrie, sa stabilité et portant atteinte aux intérêts de notre pays et
de notre peuple », comme l’indique le communiqué du bureau politique du
PPS. Le parti du Livre estime que l’arrestation du directeur de Lakome
« n’a aucun lien avec la liberté d’expression, laquelle doit être
exercée dans le respect des normes de la loi et la déontologie de la
profession », précise la même source.
Silence au PJD mais Ramid et El Khalfi ont parlé à sa place
En déclinant officiellement sa position, force est de constater que
toutes les formations de la majorité sont sur la même longueur d’onde
sur cette affaire. Il ne manque que le PJD pour compléter la chorale. A
moins de considérer l’arrestation, elle-même, d’Anouzla, comme une
bénédiction de cet acte par le parti de la Lampe. Sachant que le
ministère public est encore sous l’autorité de Mustapha Ramid.
De son côté, le ministre de la Communication, porte-parole du
gouvernement, Mustapha El Khalfi a indiqué, dans une réponse écrite au
quotidien Le Monde, que la vidéo d'AQMI « traduit une incitation claire à
la violence et à la perpétration d'actes terroristes condamnés et
refusés par toutes les composantes de la société marocaine » et « une
tentative d'atteinte au modèle marocain ». Mais cette interpellation
d’Anouzla a été condamné par certaines figures du PJD, c’est le cas
notamment des députés Abdelaziz Aftati et Abdessamad Idrissi.
Après quatre jours, la défense a pu rencontrer Ali Anouzla
Aujourd’hui, les avocats ont pu se réunir, au siège de la Brigade
nationale de police judiciaire à Casablanca, avec Ali Anouzla. Me
Abderrahmane Ben Ameur a déclaré au site Lakome que « l’entrevue a duré
une trentaine de minutes », ajoutant que demain se décidera si « la
garde à vue se prolongerait de 96 heures supplémentaires ou non ».
De son côté, Naïma Kellaf, également membre à la défense, a confié à
Lakome que Ali Anouzla « est bien et salue tous ceux qui se sont
solidarisés avec lui ». C’est la première rencontre entre le journaliste
et ses avocats.
http://www.yabiladi.com/articles/details/19757/affaire-anouzla-apres-quatre-jours.html
http://www.yabiladi.com/articles/details/19757/affaire-anouzla-apres-quatre-jours.html
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mercredi 18 septembre 2013
"Il faut sauver le soldat"... Abdel Illah Benkirane
DEUX VIDÉOS A VOIR
Au Maroc, septembre démarre bien:
Des milliers de victimes des politiques anti-sociales de l'Etat ont
"séquestré" le premier ministre marocain (l'islamiste Benkirane). Il a
fallu des centaines de policiers de merda...pour le libérer en laissant
sur le terrain des dizaines de blessés.
Rappelons que le PJD, le
parti islamiste de Benkirane , avait promis monts et merveilles aux
Marocains une fois tenu les rênes du gouvernement. Après bientôt deux
ans de "gouvernement" islamiste, le Maroc s'enlise de plus en plus
dans les sables mouvants de la crise. Les masses populaires en général,
les déshérité en particulier ont vu leur situation se détériorer:
chômage, augmentation des prix, répression, licenciement abusif des
travailleurs...
Comme ses
prédécesseurs ittihadis, l'islamiste Benkirane parle de blocage
orchestré par des forces occultes (crocodiles, démons...).
La
question logique que toute personne censée doit poser au barbu: si tu
n'as pas des moyens pour "appliquer tes politiques", "réaliser ton
programme électoral"...pourquoi t'accroche-tu au pouvoir? A ta place,
un politicien conséquent se doit claquer la porte et rejoindre la rue.
La morale de tout cela, c'est que les politicards de tous poils
manquent de dignité. Ils sont des sujets, ils resteront des sujets de sa
majesté. La constitution est claire là-dessus: l'essentiel du pouvoir
est entre les mains du roi. Nous avons bien fait de boycotter le
référendum de juillet 2011, nous avons et aurons bien fait de boycotter
les farces électorales qui en découlent.
Ali Fkir le 19 septembre 2013
Comme il s'est sali politiquement et moralement, le bouffon s'est sali certainement les vêtements
1 - http://www.youtube.com/ watch?v=tZ3yc8pz0BI&feature=sha re
2 - https://www.youtube.com/ watch?feature=player_embedded&v =eVetz1SizQk#t=95
http://youtu.be/CrxfkuKH3aQ
DEUX VIDÉOS A VOIR
Au Maroc, septembre démarre bien:
Des milliers de victimes des politiques anti-sociales de l'Etat ont "séquestré" le premier ministre marocain (l'islamiste Benkirane). Il a fallu des centaines de policiers de merda...pour le libérer en laissant sur le terrain des dizaines de blessés.
Rappelons que le PJD, le parti islamiste de Benkirane , avait promis monts et merveilles aux Marocains une fois tenu les rênes du gouvernement. Après bientôt deux ans de "gouvernement" islamiste, le Maroc s'enlise de plus en plus dans les sables mouvants de la crise. Les masses populaires en général, les déshérité en particulier ont vu leur situation se détériorer: chômage, augmentation des prix, répression, licenciement abusif des travailleurs...
Comme ses prédécesseurs ittihadis, l'islamiste Benkirane parle de blocage orchestré par des forces occultes (crocodiles, démons...).
La question logique que toute personne censée doit poser au barbu: si tu n'as pas des moyens pour "appliquer tes politiques", "réaliser ton programme électoral"...pourquoi t'accroche-tu au pouvoir? A ta place, un politicien conséquent se doit claquer la porte et rejoindre la rue.
La morale de tout cela, c'est que les politicards de tous poils manquent de dignité. Ils sont des sujets, ils resteront des sujets de sa majesté. La constitution est claire là-dessus: l'essentiel du pouvoir est entre les mains du roi. Nous avons bien fait de boycotter le référendum de juillet 2011, nous avons et aurons bien fait de boycotter les farces électorales qui en découlent.
Ali Fkir le 19 septembre 2013
Comme il s'est sali politiquement et moralement, le bouffon s'est sali certainement les vêtements
Des milliers de victimes des politiques anti-sociales de l'Etat ont "séquestré" le premier ministre marocain (l'islamiste Benkirane). Il a fallu des centaines de policiers de merda...pour le libérer en laissant sur le terrain des dizaines de blessés.
Rappelons que le PJD, le parti islamiste de Benkirane , avait promis monts et merveilles aux Marocains une fois tenu les rênes du gouvernement. Après bientôt deux ans de "gouvernement" islamiste, le Maroc s'enlise de plus en plus dans les sables mouvants de la crise. Les masses populaires en général, les déshérité en particulier ont vu leur situation se détériorer: chômage, augmentation des prix, répression, licenciement abusif des travailleurs...
Comme ses prédécesseurs ittihadis, l'islamiste Benkirane parle de blocage orchestré par des forces occultes (crocodiles, démons...).
La question logique que toute personne censée doit poser au barbu: si tu n'as pas des moyens pour "appliquer tes politiques", "réaliser ton programme électoral"...pourquoi t'accroche-tu au pouvoir? A ta place, un politicien conséquent se doit claquer la porte et rejoindre la rue.
La morale de tout cela, c'est que les politicards de tous poils manquent de dignité. Ils sont des sujets, ils resteront des sujets de sa majesté. La constitution est claire là-dessus: l'essentiel du pouvoir est entre les mains du roi. Nous avons bien fait de boycotter le référendum de juillet 2011, nous avons et aurons bien fait de boycotter les farces électorales qui en découlent.
Ali Fkir le 19 septembre 2013
Comme il s'est sali politiquement et moralement, le bouffon s'est sali certainement les vêtements
1 - http://www.youtube.com/
2 - https://www.youtube.com/
http://youtu.be/CrxfkuKH3aQ
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samedi 1 juin 2013
Le PJD attaque durement le projet royal de l’INDH.
Par 2 Minutes, 29/5/2013
Le
18 mai, le Maroc a célébré en grande pompe le 8ième anniversaire du
lancement du l’INDH (Initiative nationale de développement humain). Un
projet d'une envergure nationale et même royale puisqu'il a été lancé le
18 mai 2005, par SM le roi Mohammed VI. Durant plusieurs jours, les
télévisions officielles ont diffusé des reportages annonçant la réussite
du programme.
Cependant, au parlement, le PJD a tenu à apporter un
autre son de cloche qui tranche avec le satisfecit général. Lors de la
séance hebdomadaire des questions orales, un député islamiste a
interpellé le ministre de l’Intérieur, Mohand Laenser, sur les
irrégularités que connait l’INDH et la gestion de son budget peu
conforme au principe de transparence. Surpris par le ton du PJDiste, le
titulaire du département de l’Intérieur s’est vite ressaisi et a défendu
comme il se doit le projet royal que son ministère chapeaute. « S’il y a
un programme transparent au Maroc ça ne pourrait être que l’INDH »,
affirme-t-il. Laenser a rappelé que 7 millions de Marocains bénéficient
de ce chantier auquel est alloué 18 milliards de dh dont 11 MM dh sont
des contributions de l’INDH.
Commentant la réponse du ministre, un autre
député du PJD a poursuivi les attaques des islamistes à ce projet,
indiquant qu’il y a eu « déviation des nobles objectifs de l’INDH » au
point de « servir des intérêts électoralistes ». Pour appuyer ses
propos, l’élu a cité « les observations du Conseil économique social et
environnemental ». Et d’enchainer en parlant d’ « échecs de programmes
réalisés dans plusieurs régions. Ce qui explique que nous avons
aujourd’hui des maternités dans des zones montagneuses fermées faute de
personnel. Et c’est pareil pour des maisons de jeunes dans des villes ».
Reprenant la parole, le ministre de l’Intérieur a déclaré que les
projets de l’INDH font l’objet d’un double contrôle de la part de
l’inspection général de l’administration territoriale, relevant de son
département, et de l’inspection général des finances dépendant du
ministère des Finances. Voilà une passe d'armes qui ne devrait pas
raffermir la cohésion gouvernementale.
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vendredi 10 mai 2013
Adopter au Maroc : Le PJD veut obliger les MRE à vivre pendant deux ans au Maroc
Kafala : Le PJD veut obliger les MRE à vivre pendant deux ans au Maroc après la procédure
Depuis deux ou trois jours, la communauté MRE intéressée par
la kafala au Maroc est dans la consternation. Le PJD a élaboré un projet
de loi qui les oblige à résider permanemment au royaume pendant deux
ans après la procédure d’adoption. Tous sous le choc.
« Scandaleux »
« Moi personnellement je l’ai découverte hier », indique à Yabiladi Radouane Batti, membre de l’association des parents adoptifs d’enfants recueillis par kafala. Cela a été un grand choc ». Pour lui, « c’est vraiment choquant qu’un projet de loi soit proposé sans que les concernés soient consultés au préalable ». La méthode du gouvernement lui donne l’impression qu’il n’y a pas de discussion possible.
Avant lui, le collectif MRE pour la kafala a réagi dans une tribune publiée sur Yabiladi, criant à « une véritable injustice, une véritable attaque à la nouvelle constitution du Maroc ». Un point de vue entièrement partagé par M. Batti. « Cela veut dire que nous ne sommes pas des Marocains, déduit-il. On nous inflige une punition de deux ans de résidence au Maroc. C’est carrément anticonstitutionnel ! ».
« Ce projet ne doit absolument pas passer »
Selon M. Batti, « ce projet ne doit absolument pas passer ». « S’il passe, ce sera désastreux », alarme-t-il. Il se demande si le parti au pouvoir a « bien réfléchi » aux conséquences humaines d’une telle orientation, surtout au niveau des enfants. « Les enfants sont déjà traumatisés par l’abandon et ils devront encore faire face à des difficultés d’adoption.
Est-ce vraiment ce que souhaite ce gouvernement ? », s’interroge ce MRE.
« En toute honnêteté, nous sommes très inquiets », confie M. Batti, soulignant que « les choses ne s’améliorent pas [concernant la kafala], au contraire ». En effet, depuis la circulaire émise par le ministre de la Justice Mustapha Ramid en juillet 2012, la kafala est devenue un peu floue pour certains MRE. Même si un député est intervenu signifiant que les Marocains du Monde n'étaient pas concernés par cette circulaire, plusieurs d’entre eux en subissent la mauvaise interprétation. Une dizaine de couples MRE serait actuellement bloquée par la procédure.
Le nouveau projet de loi contribue à alimenter l’angoisse des kafils actuellement au Maroc, venus dans l’espoir de repartir avec leurs « enfants ». « Ils sont très inquiets », signale à Yabiladi Nadia Mouhir, avocate des couples français en instance d’adoption. « Mais ça reste encore un projet de loi », dit-elle optimiste.
D’après Radouane Batti, l’APAERK a contacté le ministère des MRE, la fondation Hassan II, l’ambassade du Maroc en France, ainsi que le cabinet royal. Mais jusqu’ici, silence total. « Nous n’avons pas un pouvoir d’opposition [contre le projet de loi du PJD], regrette ce militant associatif. Et de dire avec désolation : « Là, on ne reconnait pas notre Maroc, le Maroc tolérant, le Maroc accueillant ».
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mercredi 27 mars 2013
Pour une nouvelle gauche marocaine
La démocratie, comme l'émancipation des individus et de toute la société, ne peut s'instaurer par une pacification trompeuse et par l'allégeance. Elle ne peut s'instaurer sans un contrat social et des luttes pacifiques pour un changement en faveur des populations. Ces changements ne peuvent se réaliser sans une organisation solide, démocratique et déterminée.
Les sociologues comme les politologues critiques le savent bien : les partis politiques, même dans les démocraties représentatives d’aujourd’hui, ne peuvent être l’unique vecteur du changement social. Ce dernier est lié non seulement à l’action de l’Etat et ses institutions représentatives et bureaucratiques, mais aussi aux mouvements des classes, aux mouvements sociaux et aux mouvements des élites. Les partis politiques peuvent, néanmoins, être les agents et les intermédiaires de la négociation des changements, de l’organisation des classes et des mouvements sociaux en vue de la révolution, et surtout des organisations permettant l’exercice du pouvoir et la mise en place des projets sociétaux revendiqués par les forces de changement.
Au Maroc aujourd’hui, et encore moins dans la gauche marocaine, il n’existe pas de parti capable et aspirant à assumer ce rôle historique, celui de revendiquer, mener et accomplir un changement social. Pourtant, le besoin est considérable face au déficit de l’Etat et au sous-développement structurel de notre société. Une société qui n’a pas pu jusqu’à aujourd’hui s’ériger en société moderne, une société où les individus sont encore interchangeables, se ressemblent, adhèrent à des valeurs communes et ne sont pas différenciés les uns des autres notamment dans un monde rural dominant et dans des villes loin d’être modernes. Une société où la pensée religieuse ainsi que la pensée non-logique caractérisent les actions et modes de vie et où les groupes s’opposent à l’émancipation individuelle. Au-delà des groupes, la classe aisée, la bourgeoisie comme les grandes familles marocaines bénéficiaires du système de la rente, se sont alliées au statu quo et à la préservation de leurs intérêts tout en condamnant la société toute entière à la stagnation.
De l’autre côté, l’Etat. Ce dernier, sensé être un agent favorisant le passage d’une société traditionnelle à une société moderne, s’est contenté de dominer la société et d’être un agent par lequel la classe dominante accumule les richesses et exploite les populations. Le processus de l’Etat-nation, mené en particulier par une monarchie dépendante des forces extérieures, n’a profité qu’aux classes supérieures. La bureaucratisation et la rationalisation de la société se sont déroulées dans l’unique objectif de fonder un régime despotique excluant l’émancipation des groupes et des individus. La bureaucratisation, au lieu de permettre l’émergence des champs relativement indépendants les uns des autres, a, au contraire, instauré la centralité de l’Etat et d’un système et d’un esprit (le Makhzen) transversaux qui déterminent tous les secteurs et décident de toute la vie sociale, économique, politique et culturelle marocaine. Ainsi, les relations entre la scène politique, l’économie, l’art, les médias, l’Université, etc. sont marquées par l’allégeance et l’interdépendance. Le centre du pouvoir, érigé en caste avec des représentants disséminés sur l’ensemble des territoires, contrôle la société et la condamne à perpétuer son sous-développement.
Face à cette situation, les forces de changement (en particulier les gauches) ont été incapables, pendant plusieurs décennies de lutte, de briser ce déséquilibre, d'encadrer les classes sociales et d'accéder au pouvoir. Après 2002, l’Union socialiste des forces populaires (USFP), ayant mené la lutte de la gauche pendant les années précédentes, déclare son échec retentissant, coupe avec l’aspiration au changement et rejoint définitivement le rang de l’Etat dominant. En 2012, de son côté, le Parti de la justice et du développement (PJD) rejoint la vision du statu quo. Seul le mouvement islamiste/séculier Justice et Bienfaisance est resté plus ou moins en dehors des rouages étatiques, ainsi que les organisations de gauche sans grande influence.
Si une partie des Marocains, aussi minime soit-elle, est sortie le 20 février 2011 pour revendiquer le changement dans l’ensemble des villes et villages, c’est qu’une vague de conscience existe plus que jamais. Si le Mouvement du 20 février a réussi à créer pour la première fois dans l’histoire du Maroc un espace public de débat, c’est que le Maroc ne peut être considéré comme une exception : c’est-à-dire un pays qui ne peut accéder à l’ère moderne. Le mouvement, déclenché notamment par une jeunesse croyant aux changements et au dépassement de l’aliénation, est la preuve tangible que le Maroc manque de structures et d’organisations encadrant les citoyens et accompagnant le mouvement qui revendique le changement.
Si ce mouvement n’a pas réussi à imposer un contrat social et une amélioration démocratique, ce n’est pas à cause de son incapacité à mobiliser de grands pans de la société et à peser sur l’Etat et les classes dominantes, c’est surtout parce qu’il a été délaissé par une classe politique dépendante du régime central et des forces étrangères. C’est parce que le mouvement social n’est pas organisé et n’est pas accompagné par des agents, portés par ces mouvements, qui aspirent à s’emparer du pouvoir afin d’exécuter les changements revendiqués.
Cette organisation est nécessaire. Pour nous, citoyens, jeunes, femmes et militants portant les principes de la gauche, il s’agit de la nécessité de créer un parti de gauche. Seule notre organisation en parti démocratique de gauche nous permettra de peser sur le changement social, d'encadrer les dominés (sans conscientisation et encadrement des dominés, les classes de lutte pour le changement ne peuvent exister : comme le souligne Marx le sociologue, sans conscience de classe, il n’y a pas de classe). Notre organisation devra mobiliser les citoyens avec des valeurs novatrices et claires : les valeurs de l’Etat social où le pouvoir sera à la fois fort et limité et où les richesses seront réparties avec équilibre et justice et où l’éducation, l’émancipation et les libertés collectives et individuelles seront des droits inaliénables. Sur la base de la conscientisation et de l’éducation populaire, notre organisation devra décomposer l’aliénation et cette guerre silencieuse, à la fois symbolique et réelle, menée contre la majeure partie des Marocains.
Si l’histoire moderne du Maroc est une histoire de domination makhzanienne, cette dernière ne peut se perpétuer avec son visage sauvage et radical. Notre combat est celui des dominés contre les dominants. Notre rôle est d'être l'élite portant la voix des dominés et l'objectif de la constitution d'un Etat social moderne pour une société composée de groupes et d’individus émancipés.
Montassir Sakhi, militant de gauche marocain, membre du Mouvement du 20 février, étudiant-chercheur à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) de Paris
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