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jeudi 24 juillet 2014

Un collectif d’associations féminines dépose plainte contre Abdelilah Benkirane




Un collectif d’associations féminines dépose plainte contre Abdelilah Benkirane
 (Photo AIC press)
C’est devant la Justice que le débat sur la situation de la femme au Maroc va être porté. Un collectif d’associations féminines dépose plainte contre Abdelilah Benkirane. Certains propos du Chef du gouvernement et de ses ministres sont jugés "insultants". Explications.

Depuis ce mercredi 23 juillet, Abdelillah Benkirane, chef du gouvernement est l’objet d’une plainte collective. Le procureur du roi auprès de la cour d’appel de Rabat a enregistré une procédure dans ce sens.
"Nous sommes une dizaine d’associations qui portons plainte contre le chef du gouvernement pour insultes et discrimination fondée sur le sexe", confirme Aatifa Timjerdine, présidente de la section casablancaise de l’Association démocratique des femmes du Maroc ADFM.
Sont signataires de la plainte, d’autres associations commeInitiatives pour la protection des droits des Femmes, Insat pour femmes victimes de violence et mères célibataires,  Mains solidaires pour le droit à la dignité et à la citoyenneté, Voix de la femme amazighe, Association marocaine des droits humains (AMDH), le Réseau amazighe pour la citoyenneté "Azetta Amazigh", Annakhil, Epanouissement féminin, Fondation Ytto pour l'hébergement et la réhabilitation des femmes victimes de violence.
Cet échantillon représentatif de la société civile crie son ras-le-bol. "Nous n’avons aucun retour quant au projet de loi de lutte contre les violences à l’égard des femmes, les principes de la parité ne sont pas non plus appliqués", accusé Aatifa Timjerdine.
Mais la goutte fait déborder le vase, ce sont "les déclarations dégradantes du chef du gouvernement, lors de la séance mensuelle à la chambre des conseillers du 17 juin dernier. L’objet de la discussion portait sur les questions et les attentes des femmes marocaines dans les programmes et les politiques du gouvernement", s’insurge-t-elle, relayée par les membres des associations signataires de la plainte.
Autres points considérés comme particulièrement outrageants pour les défenseurs des droits des femmes et humains réside d’une part dans "l'absence de réaction de la part de la primature, en tant qu'institution, reconnaissant le préjudice porté par ces propos et présentant des excuses".
D’autre part, les plaignants s’indignent "des propos d'un nombre de dirigeants du parti majoritaire au gouvernement, y compris plusieurs ministres. Ces derniers, au lieu de défendre les dispositions législatives et veiller au respect de la loi et à son effectivité via une bonne application conformément aux prérogatives liées à leur mandat, ont paradoxalement préféré prendre la défense du chef du gouvernement en justifiant ces déclarations voire en les glorifiant".
Nos féministes vont encore plus loin. Elles soulignent "une pratique idéologique systématique, dont l'objectif est d'approfondir intentionnellement la division au sein de  la société et de satisfaire les courants conservateurs et tendances fondamentalistes, en violation de la constitution".
En somme, l’ensemble de ces considérations "consacre et fait perdurer la discrimination en portant atteinte à la dignité des femmes en général et des mères travailleuses en particulier."
Le collectif justifie son action judiciaire: "il devient nécessaire de prendre les mesures requises et proportionnées à la gravité des propos du Chef du gouvernement qui vont jusqu'à la démission ou au limogeage dans des Etats de droits ou du moins la présentation d'excuses publiques pour réparation de préjudices".
Parmi les cinq avocats qui se sont saisis de l’affaire, on retrouve l’ancien bâtonnier, Abderrahim Jamaï. Tout laisse à croire que si le procureur  du roi accepte l’opportunité des poursuites, le procès prendra une certaine ampleur médiatique.

 https://www.facebook.com/l/SAQGWfa8tAQG23WqsaDl3DjnjxE0FEEHKFHwyhEbuBQftnA/www.medias24.com/ECONOMIE/ECONOMIE/13412-Un-collectif-d-associations-feminines-depose-plainte-contre-Abdelilah-Benkirane.html

jeudi 3 octobre 2013

IER : un système d’indemnisation décrié par d’anciennes victimes des « années de plomb »




Écrit par Lakome, 27/9/2013
Sit-in de victimes des "années de plomb" devant le CNDH

D’anciennes victimes des années de plomb campent, en signe de protestation depuis le 22 août 2013, devant le Conseil national des droits de l’homme (CNDH). Jeudi 26 septembre, ils montent d’un cran leur mouvement de contestation en annonçant une grève de la faim d’une durée de 24 heures pour dénoncer les dysfonctionnements du système d’indemnisation mis en place par l’Instance équité et réconciliation (IER).
Contacté par Lakome, l’ancien détenu politique et victime des années plombs, Ba Hassan Hassan nous explique que le sit-in vise à sensibiliser le CNDH sur la méthode et les critères adoptés par l’Instance équité et réconciliation (IER) dans le traitement de nombreuses demandes d’indemnisation déboutés nonobstant le caractère objectif des revendications.
Dans une vidéo diffusée sur Youtube, Mohammed Fardi, né en 1947 et victime de la répression qui a suivi la contestation sociale qu’a connu la ville de Ksar El Kébir en janvier 1984, dit avoir reçu par la poste « une recommandation d’intégration sociale en octobre 2008 qui n’a toujours pas été mise en application ». En Mars 2013, il raconte avoir reçu « un appel téléphonique d’une annexe du CNDH l’informant qu’il bénéficie, en compagnie de quatre anciennes victimes, de logements à Kénitra ». Rendus sur place une semaine plus tard, le responsable de l’administration les informe qu’après avoir contacté la société El Omrane, celle-ci ne dispose que de trois logements sur Kénitra et de deux autres à Tamesna et qu’ils feraient mieux de revenir plus tard « afin de lui donner le temps pour régler certains aspects administratifs liés à la question». Quelques jours plus tard, le même responsable informe ses visiteurs « qu’aucun logement n’est disponible, ni à Kénitra, ni à Tamesna mais que deux solutions demeuraient possibles si les intéressés acceptaient de verser 250 milles dirhams pour chaque logement ou de contracter avec un prometteur immobilier sur la ville de Ksar El Kébir pour se faire construire des maisons ». Une alternative jugée inacceptable par Mohammed Fardi, qui revendique l’exécution sans délai de la recommandation de l’IER relative à son intégration sociale.
Un autre cas similaire. Celui de Mohammed Mrabet, également partie au sit-in. Victime des événements de 1984 à Tétouan, Mohammed a passé six mois de prison et a perdu son poste dans une entreprise dans laquelle il fut salarié durant 7 ans. Comme les autres victimes, il présente son dossier au CCDH mais sa demande est déboutée sous motif qu’elle a été transmise au delà du délais recquis. « Pour moi, cette réponse est inacceptable et je suis ici aujourd’hui pour dire mon indignation face à cette décision et je demande à être dédommagé des préjudices que j’ai subi. Si mes revendications ne sont pas entendues, j’ai décidé d’entamer une grève de la faim avec mes autres camarades car je n’ai plus rien à perdre. De toute manière, je vis comme un damné et je suis prêt à sacrifier ma vie pour recouvrir mes droits», explique-t-il sur cette vidéo.
Selon Ba Hassan Hassan, « le CNDH n’a toujours pas entamé de dialogue avec nous depuis le début de notre sit-in ». Le 5 septembre dernier, le CNDH a publié un communiqué dans lequel il « réitère son engagement à poursuivre la mise en œuvre du reste des recommandations de l’IER et celles de la Commission de suivi au profit des anciennes victimes et à clore les dossiers en suspens dans les plus brefs délais, assurant que les portes du Conseil resteront ouvertes à toutes les personnes concernées jusqu'à l'application des recommandations adoptées en leur faveur ». Le communiqué précise également que parmi les "45 signataires d'un mémorandum revendicatif transmis au conseil, dont 15 observent le sit-in devant le siège du CNDH, le Conseil précise que 11 personnes figurant parmi les signataires ont bénéficié de la régularisation de leur situation administrative ou de l'intégration dans la Fonction publique. De plus, 17 autres personnes parmi les signataires ont bénéficié de la recommandation de l'IER en matière d'intégration sociale et leurs dossiers sont en cours de finalisation, tandis que 9 autres personnes figurant parmi les signataires ont bénéficié d'indemnisation financières et de la couverture médicale sans aucune recommandation en matière d'intégration sociale de l'IER ou de la commission de suivi, note le CNDH". Pour ce qui est des 8 personnes restantes, le conseil a rappelé qu'elles ont remis leurs dossiers hors du délai légal.
Malgré tout, les protestataires ne semblent pas rassurés et pensent que de nombreuses irrégularités entachent le système d’indemnisation adopté par l’IER. « Comment pouvez-vous expliquer que d’anciennes victimes aient bénéficié de réparation alors qu’elles étaient elles aussi déboutées pour motif de prescription de délais ? »  s’interroge Ba Hassan.
Quelques semaines auparavant, c’est la fiabilité des conclusions publiées par le CCDH à propos de disparitions forcées qui était mise en cause dans un rapport publié par Amnesty International suite à la découverte d’une fosse commune dans la zone de Fadret Leguiaa, près d’Amgala au Sahara, par une équipe espagnole d'experts médicolégaux.
 https://fr.lakome.com/index.php/maroc/1419-ier-un-systeme-d-indemnisation-decrie-par-d-anciennes-victimes-des-annees-de-plomb

Maroc – Des associations veulent 1 million de signatures pour l’officialisation de Tamazight


  •   Par Mehdi El Amine, 29/9/2013
Plus de deux années après la réforme de la constitution du Maroc pour y introduire la langue amazighe comme langue officielle au même titre que l’arabe, des associations marocaines de défense des droits des amazighs reviennent à la charge pour rappeler au gouvernement ses promesses non-tenues.


La mobilisation citoyenne s’amplifie au Maroc, où des associations amazighes, des artistes, des personnalités politiques et des citoyens lambda viennent de lancer une pétition nationale et aux Marocains établis à l’étranger pour rassembler 1 million de signatures en faveur de la mise en application du caractère officiel de la langue amazighe dans les institutions du pays. Cette initiative sonne comme une piqure de rappel au Roi du Maroc et à son gouvernement, sur leur promesse non-tenue de l’officialisation de la langue amazighe. Une promesse faite dans le sillage des révoltes dites du « printemps arabe » qui ont ébranlé les régimes autoritaires de Tunisie et d'Egypte, et dont le souverain voulait à tout se prémunir.

Recul des institutions
Dans un communiqué rendu public par les premiers signataires de la pétition, les militants berbéristes marocains dénoncent « les hésitations et le refus du gouvernement et du parlement marocains d’aller de l’avant » dans le sens de l’officialisation de la langue amazigh au Maroc, à travers son introduction dans les institutions du pays et son enseignement à une plus large échelle à travers le pays. En 2012, près de 1 million d’élèves du cycle primaire ont bénéficié de l’enseignement de tamazight dans les écoles, selon des chiffres officiels, un bilan que les militants berbéristes jugent insuffisant au regard du nombre important de Marocains pratiquant les différents dialectes berbères. Les associations marocaines évoquent également « un recul des institutions et des engagements non tenus depuis un an et demi » et accusent les autorités de « tourner autour du pot », dans la mise en application de la constitutionalisation de tamazight, rappelant les engagements internationaux en matière de respect des droits de l’homme paraphés par le Maroc.

Tifinagh ou latin ?
Le Maroc est le principal pays berbérophone en Afrique du Nord, où le dialecte amazigh, dans ses différentes variantes, est parlé par près de la moitié de la population. L’introduction de la langue amazighe dans la constitution est aussi une première et une grande avancée par rapport aux pays voisins, particulièrement l'Algérie où la question n’a pas atteint ce stade malgré une réforme constitutionnelle qui a limité l’amazighité au seul statut de « composante fondamentale » de l’identité du peuple algérien. Au Maroc, les retards dans l’introduction effective de la langue amazighe dans les institutions bute sur l’absence de consensus autour de l’alphabet à utiliser (tifinagh ou latin) et le refus d’une « langue standard » qui ne prenne pas en considération les différents dialectes de tamazight parlés au Maroc. 

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Maroc : Une pétition pour rendre effective l’officialisation de l’amazigh 

 

  
Le gouvernement Benkirane est tenu de préparer, durant son mandat, les lois organiques de plusieurs articles de la constitution de 2011. Les activistes amazighs s’impatientent de voir l’officialisation de leur langue maternelle devenir effective. Pour pousser à la réalisation de cet objectif, ils ambitionnent de collecter un million de signatures.
La loi organique de l’officialisation de la langue amazighe tarde à voir le jour. En vue d'inciter le gouvernement Benkirane à accélérer la cadence, des militants amazighs, de différents horizons, viennent de lancer un manifeste. 
 Celui-ci appelle à rendre l’officialisation effective, et ce, conformément d’une part à l’article 5 de la constitution du 1er juillet 2011 annonçant que  « l’amazighe constitue une langue officielle de l’État, en tant que patrimoine commun à tous les Marocains sans exception » et d’autre part au discours du roi Mohammed VI d’octobre 2012 à l’occasion de l’ouverture de la session parlementaire.
Objectif : un million de signatures

Cette initiative des associations amazighes est la réponse au constat du recul des institutions et des engagements non tenus depuis un an et demi dans la mise en application de la constitutionnalisation de la langue amazighe. Pour soulever la chape de plomb qui retarde la concrétisation de cet objectif, les initiateurs de l’appel se sont fixés comme but final la collecter d'un million de signatures. Une fois ce seuil atteint, la pétition sera adressée aux instances nationales et internationales compétentes.
Pour le moment, les adhésions affluent des quatre coins du Maroc, de France, du Canada, de Belgique, du Royaume Uni, d’Espagne et des Etats-Unis. Côté célébrités, l’initiative a pu compter sur l’adhésion de la députée du RNI Fatima Chahou, plus connus sous le nom de Raïssa Fatima Tabaamrant. La chanteuse, poétesse et membre de l'IRCAM avait, au printemps 2012, posé, à la Chambre des représentants, une question en amazighe au ministre de l’Education Mohamed El Ouafa.

Les appels de ce genre sont légion
Bien avant la nouvelle loi fondamentale de 2011, le mouvement amazigh militait déjà pour une reconnaissance de sa langue maternelle au même titre que l’arabe. En 2006, la toute jeune Ligue amazighe des droits de l’Homme lançait, en ce sens, une pétition. A l’époque, les signataires n’ont pas dépassé les 200. Mais c’était le premier coup de pioche. Cinq ans plus tard et en plein débat sur la réforme de la constitution, des ONG avaient rédigé «  une charte des revendications amazighes ». La constitutionnalisation de cette langue a été érigée au rang de priorité « pour la réconciliation du Maroc avec son identité, sa culture, et sa langue amazighe », pouvait-on lire dans le texte.
A la différence des précédentes tentatives, celle qui vient d’être lancée s’appuie sur la loi fondamentale de 2011. L’officialisation de l’amazighe a dépassé le stade des débats qui déchainaient, autrefois, les passions entre partisans et opposants pour devenir être une réalité, du moins sur le papier pour l’instant.

mercredi 18 septembre 2013

"Il faut sauver le soldat"... Abdel Illah Benkirane


DEUX VIDÉOS A VOIR

Au Maroc, septembre démarre bien:
Des milliers de victimes des politiques anti-sociales de l'Etat ont "séquestré" le premier ministre marocain (l'islamiste Benkirane). Il a fallu des centaines de policiers de merda...pour le libérer en laissant sur le terrain des dizaines de blessés.
Rappelons que le PJD, le parti islamiste de Benkirane , avait promis monts et merveilles aux Marocains une fois tenu les rênes du gouvernement. Après bientôt deux ans de "gouvernement" islamiste, le Maroc s'enlise de plus en plus dans les sables mouvants de la crise. Les masses populaires en général, les déshérité en particulier ont vu leur situation se détériorer: chômage, augmentation des prix, répression, licenciement abusif des travailleurs...
Comme ses prédécesseurs ittihadis, l'islamiste Benkirane parle de blocage orchestré par des forces occultes (crocodiles, démons...).
La question logique que toute personne censée doit poser au barbu: si tu n'as pas des moyens pour "appliquer tes politiques", "réaliser ton programme électoral"...pourquoi t'accroche-tu au pouvoir? A ta place, un politicien conséquent se doit claquer la porte et rejoindre la rue.
La morale de tout cela, c'est que les politicards de tous poils manquent de dignité. Ils sont des sujets, ils resteront des sujets de sa majesté. La constitution est claire là-dessus: l'essentiel du pouvoir est entre les mains du roi. Nous avons bien fait de boycotter le référendum de juillet 2011, nous avons et aurons bien fait de boycotter les farces électorales qui en découlent.
Ali Fkir le 19 septembre 2013

Comme il s'est sali politiquement et moralement, le bouffon s'est sali certainement les vêtements

1 - http://www.youtube.com/watch?v=tZ3yc8pz0BI&feature=share
2 - https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=eVetz1SizQk#t=95


 http://youtu.be/CrxfkuKH3aQ

lundi 28 janvier 2013

Caravane tu n’iras, citoyen tu périras

  23 /1/2013


            Cela fait maintenant plus d’une année que le gouvernement Benkirane a été nommé. Une période durant laquelle on a eu droit à un florilège de déclarations et de décisions politiques dont l’aspect va du plus utile au plus extravagant. Cependant, de temps à autre on a droit à des épisodes qui nous laissent pantois vis-à-vis de la scène politique marocaine et ses dédales de gouvernance. Après l’interdiction d’un speech du chef du gouvernement à Tanger et le tabassage du parlementaire du PJD par les forces de l’ordre, vint le tour à l’interdiction des caravanes de solidarité avec les régions enclavées du Maroc.
            Les trois faits cités émanent tous des prérogatives ministère de l’intérieur. Ministère régalien des plus importants pour l’État et dont les clés échappent encore à Benkirane. Si l’interdiction de Benkirane l’humilie une énième fois et la bastonnade du député touche à sa dignité en tant que citoyen avant d’être un représentant du peuple, l’interdiction d’une caravane de solidarité ne peut en aucun cas faire l’objet d’une justification. C’est unanimement un crime des plus condamnables.
            Nombre de citoyens, d’associations et de bienfaiteurs se sont déplacés dans maintes régions désenclavées du Maroc, où le froid et la mort ne font que rôder. Les décès des citoyens et leur précarité ont mobilisé maintes personnes qui ont amené des denrées, des couvertures et autres habits en guise d’aide à ces contrées. L’État marocain a royalement failli encore une fois à garantir des conditions respectables à ces parcelles de territoire. Peut-être parce qu’elles font encore partie de ce qu’on appelle « Le Maroc non utile ». Bref, l’unique intervention du gouvernement consistait à roder des communiqués officiels pour « démentir » les cas des décès des nourrissons ayant succombé à cette vague de froid.
            Les caravanes continuaient d’affluer vers Anefgou et autres régions, certaines avec spontanéité et bénévolat, d’autres pour pratiquer le « safari-photo-associatif ». Peu importe, dans les deux cas les citoyens désenclavés recevaient de l’aide, ce qui est le plus important. Mais le ministère de l’intérieur ne pouvait guère accepter cela pour longtemps. Selon sa pensée caduque et autoritaire, toute œuvre caritative doit être cadrée dans une campagne officielle. Durant celle-ci on bombera torses et poitrines avec un badge jaune flamboyant pour montrer sa soi-disant solidarité. On veut consacrer le monopole du caritatif, en faire un phénomène saisonnier et bien régulé de façon à ce qu’il soit toujours chapeauté par le premier bienfaiteur du pays. Ignoble.
            Le ministère de l’intérieur déclare que ces caravanes sont sournoisement utilisées par certains groupes islamistes pour « galvaniser » et endoctriner les foules. Trouvaille du siècle. On ne peut nier que certains groupes islamistes, au Maroc ou ailleurs, usent du social pour gagner des adeptes. Mais serait-ce une raison suffisante pour interdire toute caravane de la sorte ? Devrait-on laisser les gens mourir de faim et de froid au risque qu’ils aient des affinités avec certains groupes ? Demandons-nous, où est cet État ? Le ministère de l’intérieur, qui a à sa disposition des montants exorbitants encaissés dans ses « caisses noires » et qui servent à financer ses sbires entre autres usages, ne peut-il user de cet argent pour désenclaver ces régions ?* Non, on préfère la force, la répression et l’interdiction. C’est ce que les « sujets » méritent, nous disent-ils.
            Au-delà des déclarations tordues de Benkirane, au-delà de la fameuse « interprétation démocratique » de la nouvelle constitution qui nous emmerde les tympans, au-delà de toute cette mascarade et hérésie politique, ces interdictions de caravanes répugnent et nous poussent à crier : marre, on en a marre.


jeudi 3 janvier 2013

Lettre ouverte au gouvernement du Maroc concernant Anfgou et les autres villages marginalisés

Solidarité Maroc 05 dénonce l'inacceptable marginalisation des populations montagnardes du
 Moyen Atlas


  Par M-J F, Solidarité Maroc 05,  Gap 28/12/2012                                                                               
 Lettre ouverte au gouvernement du Maroc

 

Madame la Ministre, Monsieur le Chef du Gouvernement,  Messieurs les Ministres



Vous connaissez peut-être le village d’Anfgou confronté à un début d’hiver particulièrement froid cette année.  Ce village du bout du monde, du bout du Moyen Atlas, au milieu  de ce Maroc dit «  inutile », où en 2006/2007 une trentaine de personnes, 37 exactement, pour la plupart des bébés, sont mortes de froid. Anfgou n’est pourtant qu’un village marginalisé parmi tant d’autres moins médiatisés comme  Agoudim, Tirguist, Aghdou, Anmz, Teghidiouine … où la situation est beaucoup plus alarmante.

Vos souvenirs de ces villages en détresse se sont peut-être arrêtés en mai 2008, lors de la visite du souverain arrivé en hélicoptère et en grande pompe, pour apporter par ses promesses un formidable espoir à cette population dont la vie devait désormais s’inscrire sous de meilleurs  auspices. De grands chantiers allaient démarrer pour structurer ces bourgades, ces douars, perchés souvent à plus de 1.500m dans le Moyen Atlas : infrastructures jusque là absentes, routes, dispensaires, écoles, etc…

Nous pouvions lire dans la presse :

« Selon Karim Ghellab, ministre de l'Equipement et du Transport, ce programme porte sur le désenclavement total de la région d'Anfgou en la reliant, d'une part, à Amenzi et Tounfit et, d'autre part, à Imilchil, via une nouvelle route. Celle-ci, longue de 45 km, sera réalisée en partenariat avec la région Meknès-Tafilalet et la direction générale des collectivités locales. A noter que le cout d'aménagement moyen des routes d'Anfgou atteindra les 5 millions de DH /km.

Des opérations très couteuses en raison des terrains très escarpés et difficiles. Les travaux seront achevés fin 2010. D'autre part, le village d'Anfgou, au même titre que d'autres localités rurales de la province, sera desservi en téléphonie et Internet dans le cadre du programme d'accès généralisé aux télécommunications. Ce programme nécessitera une enveloppe de près de 497 millions de DH. A noter que la localité d'Anfgou a été couverte par le réseau mobile GSM en 2007.

Dans le domaine sanitaire, Anfgou sera doté d'une maison d'accouchement tandis que le secteur de l'enseignement bénéficiera d'une enveloppe de plus de 53 millions de DH. Reste à signaler que la mise à niveau et le développement de la province de Khénifra, pour la période 2008-2011, coutera une enveloppe budgétaire globale de 1,3 milliard de DH. Des investissements afin que les gens ne meurent plus de froid…"Source : L'Economiste le 06 - 05 - 2008

Merveilleux ! Toutes ces promesses semblent tellement bien étudiées, tellement sérieuses qu’il n’y a aucune raison d’en douter. Les 1.200 habitants de cette contrée  vont enfin connaître le développement ! Ils remettent à Sa Majesté des lettres de doléances pour un avenir  en accord avec les grandes déclarations de modernité du royaume.



L’année 2010 est passée, les travaux ne sont pas achevés. Nous apprenons avec plaisir qu’une route a été ouverte vers Imilchil. A Anfgou le dispensaire attendu est malheureusement presque toujours fermé. Mais les autres promesses ? Les autres villages ?



Le froid ne s’est pas arrêté en 2008. Voilà qu’en 2012 on apprend que 4 nourrissons –et un cinquième depuis deux jours- sont morts. De froid, de misère, de manque de routes. Sur les vidéos on peut voir que seuls les gros véhicules peuvent rouler sur les  mauvaises pistes d’accès traversées par des torrents, et à condition qu’il n’y ait pas de neige. Comment des malades peuvent-ils accéder au plus proche dispensaire à plus de 60 km ? Où sont passés les 1,3 milliards de DH ?



Les promesses n’ayant pas été tenues, des appels ont été lancés à travers les réseaux sociaux pour venir en aide à cette détresse. Au Maroc et dans de nombreuses villes européennes des bénévoles collectent vêtements, chaussures, matériel scolaire, jouets, etc., et plus difficilement de l’argent et des véhicules pour acheminer ces colis à leur destination, en espérant que la neige n’en bloque pas les accès.



Anfgou, est le village symbole de toute une région qui vit dans la détresse. En 2009 dans la presse on pouvait lire : « Tikajuine, Tizi N’gheu  ces Anfgou  qu’on nous cache. Des mort-nés faute de transports et de routes praticables. » Chaque année des habitants meurent dans l’ignorance et l’indifférence des autorités dans ce Moyen Atlas si glacial en hiver.



Rappelons aussi que s’ils veulent se chauffer, les montagnards de ces régions couvertes de forêts de cèdres sont obligés d’acheter le bois de chauffage sous peine de  fortes amendes s'ils le ramassent dans la forêt. Pourtant, autre scandale inacceptable, « la localité d'Anfgou qui relève de la commune rurale d'Anmzi est une commune riche grâce aux ventes des coupes forestières notamment le cèdre : ces ventes produisent un excédent annuel d'un million de DH pour la commune, et 80% de ces ventes devraient normalement être réinvesties sur place pour des projets sociaux et  des infrastructures,  comme le stipule le pacte communal. Mais rien de cela ne se fait et cet argent  va on ne sait où !!! »  selon Aziz Akkaoui de l’AMDH de Khénifra



Les élans de généreuse fraternité sont certes admirables. Et, provisoirement espérons-le, indispensables dans cette situation d’extrême détresse. Mais cette aide doit normalement  arriver en plus, et non en remplacement de l’aide que l’État doit à chaque citoyen. On meurt dans ces montagnes à cause de l’incurie d’un État qui préfère offrir une fontaine en zelliges aux habitants de Honolulu, une mosquée à la France,  un TGV et de gigantesques et luxueux centres commerciaux destinés aux riches, marocains et étrangers ! Les impôts des Marocains doivent en priorité aller vers ceux qui en ont le plus besoin ! Il y a urgence pour cette population digne et courageuse qui ne mérite pas d’imaginer son avenir sous le continuel signe de la mendicité…



Madame et Messieurs, vous qui avez pour mission de permettre à chaque citoyen de vivre simplement dans la dignité et non dans le besoin, dépêchez-vous de réaliser ce qui a été promis par le roi. L’histoire des promesses non tenues à Anfgou circule à travers le  monde comme a circulé celle du suicide d’Amina. Un parfum de scandale et de honte commence à ternir l'image de votre pays que votre presse continue à dire exemplaire



Veuillez croire à notre indéfectible espoir en un Maroc enfin démocratique !



Pour Solidarité Maroc 05

Marie-José Fressard

17 rue Jean Eymar

05000 Gap - FRANCE


http://solidmar.blogspot.com