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samedi 12 janvier 2013

La somme de tous les rêves brisés d’Anfgou et d’ailleurs !

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 Par Salah Elayoubi, demainonline, 8/1/2013

Opinion. Qui mieux qu’un misérable saurait narrer la tragédie qui frappe les siens ? Et comment raconter aux autres, l’indicible horreur, lorsque à la tragédie s’ajoute la barrière de la langue ? Pour ce qui nous concerne, tout ce que nous pourrions  jamais décrire de  la noirceur de cette misère-là, de la morsure du froid, de l’insupportable enclavement ou de la mort du nourrisson, ne vaudra pas tripette, tant la tâche est insurmontable.
http://youtu.be/pUpVYr18x3s

Tout commence au bord d’une route incertaine. Long ruban grisâtre, grignoté par la crasse, l’érosion et les malfaçons qui serpente au milieu de nulle part et qui a emporté la vie de tant de ses usagers. Et tout s’achève au fond d’une vallée encaissée, où seul le vent glacial qui souffle sans discontinuer, ose encore rompre le silence imposant de l’Atlas. Entre les deux, le néant, sous la forme d’un désert de pierres ocre rouge, éclatées par le gel et des sentiers improbables, à jeter l’effroi parmi les mules les plus endurcies. Des sentiers tracés à force de cheminements, par des populations qui doivent à leur incomparable instinct de survie, d’avoir traversé le temps et les complots des hommes et ceux de la nature, pour les réduire. Une prodigieuse prouesse de la génétique !
Avez-vous remarqué comment ceux d’Anfgou vous parlent de leur misère ? En souriant. Comme cette femme qui raconte l’agonie de son nouveauné, des jours durant, entre diarrhées, vomissements, toux, fièvre, avant d’être emporté, faute de soins.
Un certain El Houcine El Ouardi, Ministre de la Santé, est bien passé par là. Un bonimenteur outrecuidant, comme seul sait en fabriquer notre système politique et qui a prétendu avoir rencontré la mère en question. Pure calomnie. Qu’était-il donc venu faire là, sinon rendre visite à ceux qui souffrent ? La mère ne s’y était pas trompée. Sa dignité lui aura épargné de se porter à la rencontre du ministre, car ici, on sait mieux qu’ailleurs, que tout ce qui vient du Makhzen n’est que mensonges, travestissement de la réalité, fausses promesses et persécutions !
Alors, elle  lève un doigt vers le responsable présumé de la tragédie qui l’a frappée, le ciel. Il  vaut mieux viser celui-là, plutôt que l’«autre ciel»,  pour rester soi-même en vie. Combien sont morts d’avoir osé, dans le passé, dénoncer les véritables responsables du drame et s’insurger contre l’incurie de l’administration centrale ?!  On ne les conte, ni ne les compte plus, dans ce coin, où même les montagnes semblent avoir des oreilles.
Étrangement, celle qui raconte le drame exhibe, ô divine surprise, un téléphone portable. La civilisation serait-elle donc parvenue jusqu’ici ?  Non, mais les affaires oui, qui continuent envers et contre tout, ou plutôt contre tous ! Car ceux qui ont oublié de tendre la main à ce Maroc-là,  n’ont pas oublié de le doter d’antennes de téléphonie mobile, histoire de mieux plumer ses mort-vivants. L’argent n’a pas d’odeur. La mort non plus ! C’est connu.
Quelques arpents d’Atlas plus loin, une fillette surgie de son village, raconte un autre morceau de la tragédie. Elle vient d’un village enterré sous la neige, Tamlout. On le rebaptiserait « Talmout », « jusqu’à la mort », qu’on ne risquerait pas de s’égarer, tant ce coin de l’Atlas a aligné de cadavres,  à chaque fois que la nature s’y est emportée.
La fille qui n’a même pas achevé d’en découdre avec ses dents de lait,  est propulsée dans un monde d’adultes, fait de cruautés et de privations. Elle porte un bébé dans le dos, comme d’autres les stigmates d’une sombre blessure. La mort de sa génitrice lui a légué un encombrant héritage, en la personne de son frère cadet. Le diktat de son père a fait le reste. Il l’a condamnée à porter ce dernier, comme on porterait une croix.
Plus question d’école ! « Ourilli ! », sourit-elle !
Histoire d’un rêve brisé, dont personne ne se souciera ! D’autres petites filles, comme elles, sont légions, qui, la nuit venue,  croupissent sur des paillasses infâmes, nourries de coups, d’injures, de cuissage et de restes ignobles de festins qu’elles auront largement contribué à confectionner, la journée durant, dans les cuisines de quelques maisons bourgeoises des grandes villes. Certaines, en sont même mortes.
La somme de tout ce que l’on pourra dénoncer, multipliée par mille, ne suffirait pas à quantifier toute la souffrance de ces misérables. Pour un drame jeté en pâture aux projecteurs, combien d’autres resteront dans l’ombre,  jusqu’à ce que la mort vienne à nouveau, nous rappeler que la vie existe bel et bien à Anfgou et ailleurs !

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jeudi 10 janvier 2013

“Voyage de l'espoir” Expédition solidaire contre le froid au Moyen-Atlas


 Par Salma Raiss, AufaitMaroc, 9/1/2013

 Un groupe de jeunes bénévoles organise une expédition humanitaire baptisée “Voyage de l'espoir”, prévue les 12 et 13 janvier dans le village d'Anfgou et les alentours. Vêtements, couvertures et denrées alimentaires seront remis aux populations de la région. Objectif: les aider à mieux résister et à faire face à l'intense vague de froid qui sévit chaque hiver dans ces localités.





A travers l'expédition “Voyage de l'espoir”, le groupe de jeunes bénévoles aspire à aider les habitants du Moyen-Atlas à mieux résister à la vague de froid./DR
A travers l'expédition “Voyage de l'espoir”, le groupe de jeunes bénévoles aspire à aider les habitants du Moyen-Atlas à mieux résister à la vague de froid./DR Agrandir



L’hiver est particulièrement rude cette année, avec des vagues de froid et des chutes de neige exceptionnelles qui affectent le quotidien des habitants des zones montagneuses du Maroc depuis quelques semaines.
Toutes les régions du pays sont concernées, mais à différents degrés, et les villages du Moyen-Atlas sont une fois de plus les plus éprouvés.
En effet, dans ces douars situés à plus de 1.500 mètres d’altitude, le froid a toujours tué, et nous gardons tous en mémoire le drame d’Anfgou, qui en 2007, avait tué une dizaine de bébés et enfants, victimes du grand froid qui avait sévi dans la région.
Aujourd’hui, la situation dans cette partie du pays n’est pas meilleure, et le froid y tue encore: au début du mois de décembre dernier, la presse nationale faisait écho de la mort d’un nourrisson.

De la remise en question à l'action humanitaire
Cette information, quoique démentie par le ministère de l’Intérieur, a incité Alae Hammioui, un Marocain résidant à Paris, à initier l’opération “Voyage de l’espoir”, planifiée pour les 12 et 13 janvier courant.
D’après Elmahdi Benabdeljalil, porte-parole et membre bénévole de l’opération, ce décès a été l’élément déclencheur d’une véritable remise en question: comment pouvons-nous encore, en 2012, mourir de froid ? Comment, au moment où nos armoires sont pleines de vêtements non utilisés, certains grelottent de froid pas si loin de nous et souffrent de ne pas pouvoir se réchauffer ?
“Il est apparu comme une évidence, qu'il était possible d'agir pour ces enfants et ces adultes, et qu'en faisant peu à notre niveau, nous pouvions contribuer au mieux-être de nos semblables.”
Elmahdi Benabdeljalil, porte-parole de l'expédition “Voyage de l'espoir”.
Ainsi, une page Facebook “Opération Voyage de l’espoir” a été créée, le 6 décembre 2012. “Le principe était de récolter des vêtements, des couvertures non utilisées (...) afin d’en faire profiter les habitants d’Anfgou”, explique Elmahdi, se réjouissant qu'en peu de temps, l’évènement ait pris des proportions inattendues.
“Beaucoup de personnes se sont vite senties concernées par cette action et ont décidé d’y participer. En trois semaines, nous avons pu sensibiliser quelque 4.000 personnes directement et toucher plus de 30.000 personnes. Grâce à Twitter nous avons pu également toucher quelques dizaines de milliers d’abonnés”, a expliqué Elmahdi Benabdeljalil.

Solidarité marocaine sans frontières
Si la mobilisation des Marocains a été exemplaire au Maroc, elle s'est également manifestée un peu partout dans le monde. Six personnes, dont Allae Hammioui, initiateur de l'opération, sont ainsi chargées de récolter les dons en France, une autre est mobilisée en Espagne, deux en Allemagne et une aux Émirats Arabes Unis. Vingt autres s’activent dans plusieurs villes au Maroc, notamment à Meknès, Oujda, Fès, Ouazzane et Kénitra, nous a précisé Elmahdi.
“Les deux cellules de sensibilisation et de collecte mises en place à Rabat et Casablanca nous permettent de diriger ces dons vers deux centres de stockage, pour les envoyer enfin vers le dépôt, ou plus exactement le garage réquisitionné, afin d’établir un compte détaillé de ce qui a été collecté, et de le répartir équitablement dans les 1.000 colis préparés à cet effet.”
Elmahdi Benabdeljalil
Logistique d’acheminement des dons
À J-2 de l'expédition, le groupe bénévole a récolté plusieurs milliers de vêtements et de couverture, des centaines de sacs de couchage pour enfants, plus de 5.000 kg de farine, un millier de kilogrammes de légumes secs et de sucre, quelques milliers de boîtes de sardine, des centaines de kilogrammes de confiture, du riz, et des dons en argent.
Pour assurer l’acheminement de ces dons, Elmahdi a cité trois camions de 10 à 12 tonnes ou idéalement cinq camions de 6 tonnes, dédiés aux colis, ainsi qu'une caravane de 6 à 7 véhicules tout terrain qui transporteront une trentaine de personnes chargées d’assurer l'organisation efficiente et sécurisée de remise des dons.
“La remise des colis se fera en personne, aux chefs de famille, et à leurs représentants. Nous allons pouvoir aller dans six villages qui disposent aujourd’hui de routes praticables. Les responsables de deux autres villages devront malheureusement se déplacer pour récupérer leurs colis”, précise Elmahdi Benabdeljalil.

Projets pour l'avenir
Dans le dessein de voir cette opération se répéter et se développer, Elmahdi a exprimé le souhait de ses coéquipiers de créer une association afin d’obtenir un statut d’utilité publique. Cette dernière sera “destinée à aider les populations de nos montagnes, belles et si difficiles à vivre”.
“Nous espérons un peu naïvement que nous n’aurons pas à faire beaucoup d’autres expéditions de remise de dons, parce que la réelle volonté est de permettre à ces villageois d’apprendre à pêcher, et de ne plus accepter qu’on leur fasse parvenir du poisson.”
Elmahdi Benabdeljalil.
Pour ce faire, Elmahdi a souligné qu'il était impératif de réfléchir, en partenariat avec les autorités compétentes et les citoyens marocains au Maroc ou à l’étranger, à la mise en place de structures adaptées aux conditions d’habitation de ces populations: dispensaires, écoles, coopératives, etc.*, ainsi qu'à la mise en place de circuits de distribution des produits locaux de ces régions vers les autres villes du royaume.

*NDLR : N'oublions pas que toutes ces infrastructures, et bien d'autres, avaient été promises et programmées lors de la visite du roi en 2008, pour une enveloppe de1,3 miliards de DH. Elles devaient être achevées en 2010. Apparemment ces travaux sont à peine-ou pas- commencés 
 Sources : L'Economiste le 06 - 05 , et http://www.blogger.com/blogger.g?blogID=8912489601817808232#editor/target=post;postID=113534526722313241

vendredi 4 janvier 2013

Les bénévoles de l’opération humanitaire pour Anfgou ont toujours besoin de dons

A l’heure actuelle, 5 tonnes de farine, 2 tonnes de blé, 800 kgs de confiture, 650 kgs de pâtes, 583 kgs de sucre, 389 kgs d’haricots blancs, 358 kgs de riz, 126 kgs de lentille, 96 Kgs de couscous, 3200 boîtes de sardine, 620 couvertures achetées, une centaine de couvertures provenant de particuliers et des milliers de pièces de vêtements ont été récoltés. Sans oublier l’argent, une dizaine de milliers de dirhams collectés du Maroc et de l’étranger pour payer les camions de transport et acheter des couvertures et des denrées alimentaires, nous informe El Mahdi Benabdeljalil, bénévole dans l’équipe de collecte à Casablanca.
Cependant, les bénévoles ne s’arrêtent pas là et ont toujours besoin de plus de dons, notamment des couvertures, des vêtements, des matelas, des sacs de couchage enfants, des aliments non périssables (farine, lentilles, haricots blancs, riz, couscous, huile, sucre) ou encore des médicaments de base (sérum physiologique, vaseline (pour vergetures), sirops pour la toux, aspirine.
Si vous aussi, vous souhaitez donner et participer à l’opération, rejoignez la page Facebook Anfgou et régions, nous ne pouvons être indifférents ou contactez El Mahdi Benabdeljalil via son compte twitter @elmahdibenab

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NDLR : Si Anfgou et les autres villages marginalisés de ce Moyen Atlas glacial en hiver étaient dotés des milliards promis par le roi et des bénéfices dégagés par le commerce des cèdres qui leur est dû, cet appel urgent à des dons en nature, et surtout en argent ne serait pas urgent.. Pour cela il faudrait être dans un État de DROIT


relire :Lettre ouverte au gouvernement du Maroc

jeudi 3 janvier 2013

Lettre ouverte au gouvernement du Maroc concernant Anfgou et les autres villages marginalisés

Solidarité Maroc 05 dénonce l'inacceptable marginalisation des populations montagnardes du
 Moyen Atlas


  Par M-J F, Solidarité Maroc 05,  Gap 28/12/2012                                                                               
 Lettre ouverte au gouvernement du Maroc

 

Madame la Ministre, Monsieur le Chef du Gouvernement,  Messieurs les Ministres



Vous connaissez peut-être le village d’Anfgou confronté à un début d’hiver particulièrement froid cette année.  Ce village du bout du monde, du bout du Moyen Atlas, au milieu  de ce Maroc dit «  inutile », où en 2006/2007 une trentaine de personnes, 37 exactement, pour la plupart des bébés, sont mortes de froid. Anfgou n’est pourtant qu’un village marginalisé parmi tant d’autres moins médiatisés comme  Agoudim, Tirguist, Aghdou, Anmz, Teghidiouine … où la situation est beaucoup plus alarmante.

Vos souvenirs de ces villages en détresse se sont peut-être arrêtés en mai 2008, lors de la visite du souverain arrivé en hélicoptère et en grande pompe, pour apporter par ses promesses un formidable espoir à cette population dont la vie devait désormais s’inscrire sous de meilleurs  auspices. De grands chantiers allaient démarrer pour structurer ces bourgades, ces douars, perchés souvent à plus de 1.500m dans le Moyen Atlas : infrastructures jusque là absentes, routes, dispensaires, écoles, etc…

Nous pouvions lire dans la presse :

« Selon Karim Ghellab, ministre de l'Equipement et du Transport, ce programme porte sur le désenclavement total de la région d'Anfgou en la reliant, d'une part, à Amenzi et Tounfit et, d'autre part, à Imilchil, via une nouvelle route. Celle-ci, longue de 45 km, sera réalisée en partenariat avec la région Meknès-Tafilalet et la direction générale des collectivités locales. A noter que le cout d'aménagement moyen des routes d'Anfgou atteindra les 5 millions de DH /km.

Des opérations très couteuses en raison des terrains très escarpés et difficiles. Les travaux seront achevés fin 2010. D'autre part, le village d'Anfgou, au même titre que d'autres localités rurales de la province, sera desservi en téléphonie et Internet dans le cadre du programme d'accès généralisé aux télécommunications. Ce programme nécessitera une enveloppe de près de 497 millions de DH. A noter que la localité d'Anfgou a été couverte par le réseau mobile GSM en 2007.

Dans le domaine sanitaire, Anfgou sera doté d'une maison d'accouchement tandis que le secteur de l'enseignement bénéficiera d'une enveloppe de plus de 53 millions de DH. Reste à signaler que la mise à niveau et le développement de la province de Khénifra, pour la période 2008-2011, coutera une enveloppe budgétaire globale de 1,3 milliard de DH. Des investissements afin que les gens ne meurent plus de froid…"Source : L'Economiste le 06 - 05 - 2008

Merveilleux ! Toutes ces promesses semblent tellement bien étudiées, tellement sérieuses qu’il n’y a aucune raison d’en douter. Les 1.200 habitants de cette contrée  vont enfin connaître le développement ! Ils remettent à Sa Majesté des lettres de doléances pour un avenir  en accord avec les grandes déclarations de modernité du royaume.



L’année 2010 est passée, les travaux ne sont pas achevés. Nous apprenons avec plaisir qu’une route a été ouverte vers Imilchil. A Anfgou le dispensaire attendu est malheureusement presque toujours fermé. Mais les autres promesses ? Les autres villages ?



Le froid ne s’est pas arrêté en 2008. Voilà qu’en 2012 on apprend que 4 nourrissons –et un cinquième depuis deux jours- sont morts. De froid, de misère, de manque de routes. Sur les vidéos on peut voir que seuls les gros véhicules peuvent rouler sur les  mauvaises pistes d’accès traversées par des torrents, et à condition qu’il n’y ait pas de neige. Comment des malades peuvent-ils accéder au plus proche dispensaire à plus de 60 km ? Où sont passés les 1,3 milliards de DH ?



Les promesses n’ayant pas été tenues, des appels ont été lancés à travers les réseaux sociaux pour venir en aide à cette détresse. Au Maroc et dans de nombreuses villes européennes des bénévoles collectent vêtements, chaussures, matériel scolaire, jouets, etc., et plus difficilement de l’argent et des véhicules pour acheminer ces colis à leur destination, en espérant que la neige n’en bloque pas les accès.



Anfgou, est le village symbole de toute une région qui vit dans la détresse. En 2009 dans la presse on pouvait lire : « Tikajuine, Tizi N’gheu  ces Anfgou  qu’on nous cache. Des mort-nés faute de transports et de routes praticables. » Chaque année des habitants meurent dans l’ignorance et l’indifférence des autorités dans ce Moyen Atlas si glacial en hiver.



Rappelons aussi que s’ils veulent se chauffer, les montagnards de ces régions couvertes de forêts de cèdres sont obligés d’acheter le bois de chauffage sous peine de  fortes amendes s'ils le ramassent dans la forêt. Pourtant, autre scandale inacceptable, « la localité d'Anfgou qui relève de la commune rurale d'Anmzi est une commune riche grâce aux ventes des coupes forestières notamment le cèdre : ces ventes produisent un excédent annuel d'un million de DH pour la commune, et 80% de ces ventes devraient normalement être réinvesties sur place pour des projets sociaux et  des infrastructures,  comme le stipule le pacte communal. Mais rien de cela ne se fait et cet argent  va on ne sait où !!! »  selon Aziz Akkaoui de l’AMDH de Khénifra



Les élans de généreuse fraternité sont certes admirables. Et, provisoirement espérons-le, indispensables dans cette situation d’extrême détresse. Mais cette aide doit normalement  arriver en plus, et non en remplacement de l’aide que l’État doit à chaque citoyen. On meurt dans ces montagnes à cause de l’incurie d’un État qui préfère offrir une fontaine en zelliges aux habitants de Honolulu, une mosquée à la France,  un TGV et de gigantesques et luxueux centres commerciaux destinés aux riches, marocains et étrangers ! Les impôts des Marocains doivent en priorité aller vers ceux qui en ont le plus besoin ! Il y a urgence pour cette population digne et courageuse qui ne mérite pas d’imaginer son avenir sous le continuel signe de la mendicité…



Madame et Messieurs, vous qui avez pour mission de permettre à chaque citoyen de vivre simplement dans la dignité et non dans le besoin, dépêchez-vous de réaliser ce qui a été promis par le roi. L’histoire des promesses non tenues à Anfgou circule à travers le  monde comme a circulé celle du suicide d’Amina. Un parfum de scandale et de honte commence à ternir l'image de votre pays que votre presse continue à dire exemplaire



Veuillez croire à notre indéfectible espoir en un Maroc enfin démocratique !



Pour Solidarité Maroc 05

Marie-José Fressard

17 rue Jean Eymar

05000 Gap - FRANCE


http://solidmar.blogspot.com