20 ans après la conférence mondiale de Beijing sur les femmes, ces ONG font
leurs recommandations au gouvernement et pointent du doigt les principales
disparités en terme d’égalité des sexes. « En matière de droits des
femmes, de nombreux chantiers de réformes sont ouverts » depuis l’adoption
de la nouvelle constitution en 2011, souligne le rapport. « Mais leur exécution
est marquée par des lenteurs inexplicables ».
Pauvreté
Les associations féministes condamnent notamment la persistance de la
pauvreté, qui touche davantage les femmes, malgré un recul de celle-ci depuis
dix ans. « La pauvreté humaine et sociale est fortement féminisée »,
note le rapport, qui prend pour exemple le faible accès des femmes à la
propriété, la tendance à l’augmentation des écarts de salaires entre hommes et
femmes, ou encore la concentration de femmes dans les secteurs précaires ou mal
rémunérés. Selon les chiffres 2012 du HCP, en milieu urbain, le taux de chômage
des femmes est de l’ordre de 24% alors que celui des hommes est de 17%.
Education
L’analphabétisme, bien qu’en lente régression, touche toujours près de la
moitié des femmes (47,6%) en 2012, contre un quart des hommes (25,3%). Le
milieu rural est davantage concerné par ce fléau, avec un taux qui avoisine
64,5%. En matière d’éducation, le rapport rappelle également les engagements de l’État concernant la généralisation du préscolaire, qui « n’ont pas été
honorés ». « À titre d’exemple, le taux net de scolarisation des
filles rurales au niveau de l’enseignement collégial ne dépasse pas 27,2% et
chute à un taux alarmant de 7% au niveau de l’enseignement secondaire pour
l’année scolaire 2011-2012″, indique le rapport.
Santé
En matière de santé, le rapport indique les efforts à fournir, dans les
zones rurales, pour améliorer l’accouchement des femmes. En effet, seules 55%
des femmes rurales bénéficient d’une assistance lorsqu’elles accouchent, contre
92,1% des femmes urbaines. Le cas des avortements clandestins est également
évoqué, alors que la question fait la une des médias depuis la destitution, fin
janvier, du professeur Chraïbi, symbole de la lutte contre l’avortement
clandestin. Des centaines de Marocaines avorteraient quotidiennement
« pour échapper à la honte d’une naissance illégitime, dans des conditions
souvent douteuses ».
Violences
Le rapport souligne les efforts faits par le gouvernement en matière
d’incrimination du harcèlement sexuel, de la violence conjugale physique, et de
certains aspects de la discrimination basée sur le sexe. Il donne néanmoins
quelques chiffres encore alarmants sur les violences conjugales, dont 62,8% des
femmes seraient encore victimes. Le rapport appelle également à mieux
sensibiliser les filles et les femmes à la culture de l’égalité, ou encore à
reconnaître le statut de « mère célibataire », trop souvent dénigré.
Représentativité
« Un véritable mécanisme national de promotion de la femme à tous les
niveaux doit être mis en place » préconise le rapport, afin de lutter
contre la faible représentativité de la femme dans les instances de pouvoir et
de direction. Les femmes restent en effet sous représentées dans les fonctions de
responsabilité (24,2%), notamment en tant que « membres des corps
législatifs, responsables hiérarchiques de la fonction publique, directeurs et
cadres dirigeants des entreprises », alors que leur présence est marquée
parmi « les cadres supérieurs » (41,9%).