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dimanche 8 mars 2015

Rabat le 8 mars 2015: la marche pour les droits de la femme

Par Ali Fkir, 8/3/2015
 
Résumé succinct : (texte, photos, vidéos)
 
 -Des dizaines de milliers de femmes ont participé à cette grandiose marche

-Certaines forces politiques ont mobilisé des cars pour le transport de femmes. Ils ont utilisé les mêmes moyens que les islamistes au cours des marches précédentes avec cette différence, les islamistes finançaient avec des pétrodollars, les partis parlementaires "modernistes" (hhh) ont financé la mobilisation avec des fonds qui sentent les "deniers publics" et autres largesses makhzeniennes. Seul-es les antimakhzenien-nes ont compté sur leurs propres moyens

-C'est une marche plurielle: des partis parlementaires, appendices du makhzen, aux diverses sensibilités marxistes, en passant par les associations surtout l'incontournable noble AMDH

-Aucun incident n'est à signaler. Les divers groupes ont laissé entre eux des distances (à peu près de 20 m) pour éviter des incidents et être libre dans les slogans

BRAVO LA FEMME MAROCAINE!
 

mercredi 4 mars 2015

Des associations féminines épinglent la lenteur des réformes en matière de droit des femmes

Par Anais Lefébure,, 3/3/2015

INÉGALITÉS – Pauvreté, éducation, violences… 38 associations chapeautées par l’Association démocratique des femmes du Maroc (ADFM) viennent de publier un rapport sur l’état des droits des femmes dans le royaume.

20 ans après la conférence mondiale de Beijing sur les femmes, ces ONG font leurs recommandations au gouvernement et pointent du doigt les principales disparités en terme d’égalité des sexes. « En matière de droits des femmes, de nombreux chantiers de réformes sont ouverts » depuis l’adoption de la nouvelle constitution en 2011, souligne le rapport. « Mais leur exécution est marquée par des lenteurs inexplicables ».

Pauvreté
Les associations féministes condamnent notamment la persistance de la pauvreté, qui touche davantage les femmes, malgré un recul de celle-ci depuis dix ans. « La pauvreté humaine et sociale est fortement féminisée », note le rapport, qui prend pour exemple le faible accès des femmes à la propriété, la tendance à l’augmentation des écarts de salaires entre hommes et femmes, ou encore la concentration de femmes dans les secteurs précaires ou mal rémunérés. Selon les chiffres 2012 du HCP, en milieu urbain, le taux de chômage des femmes est de l’ordre de 24% alors que celui des hommes est de 17%.

Education
L’analphabétisme, bien qu’en lente régression, touche toujours près de la moitié des femmes (47,6%) en 2012, contre un quart des hommes (25,3%). Le milieu rural est davantage concerné par ce fléau, avec un taux qui avoisine 64,5%. En matière d’éducation, le rapport rappelle également les engagements de l’État concernant la généralisation du préscolaire, qui « n’ont pas été honorés ». « À titre d’exemple, le taux net de scolarisation des filles rurales au niveau de l’enseignement collégial ne dépasse pas 27,2% et chute à un taux alarmant de 7% au niveau de l’enseignement secondaire pour l’année scolaire 2011-2012″, indique le rapport.

Santé
En matière de santé, le rapport indique les efforts à fournir, dans les zones rurales, pour améliorer l’accouchement des femmes. En effet, seules 55% des femmes rurales bénéficient d’une assistance lorsqu’elles accouchent, contre 92,1% des femmes urbaines. Le cas des avortements clandestins est également évoqué, alors que la question fait la une des médias depuis la destitution, fin janvier, du professeur Chraïbi, symbole de la lutte contre l’avortement clandestin. Des centaines de Marocaines avorteraient quotidiennement « pour échapper à la honte d’une naissance illégitime, dans des conditions souvent douteuses ».

Violences
Le rapport souligne les efforts faits par le gouvernement en matière d’incrimination du harcèlement sexuel, de la violence conjugale physique, et de certains aspects de la discrimination basée sur le sexe. Il donne néanmoins quelques chiffres encore alarmants sur les violences conjugales, dont 62,8% des femmes seraient encore victimes. Le rapport appelle également à mieux sensibiliser les filles et les femmes à la culture de l’égalité, ou encore à reconnaître le statut de « mère célibataire », trop souvent dénigré.

Représentativité
« Un véritable mécanisme national de promotion de la femme à tous les niveaux doit être mis en place » préconise le rapport, afin de lutter contre la faible représentativité de la femme dans les instances de pouvoir et de direction. Les femmes restent en effet sous représentées dans les fonctions de responsabilité (24,2%), notamment en tant que « membres des corps législatifs, responsables hiérarchiques de la fonction publique, directeurs et cadres dirigeants des entreprises », alors que leur présence est marquée parmi « les cadres supérieurs » (41,9%).
  Par Anais Lefébure,, 3/3/2015

dimanche 7 décembre 2014

Maroc : « Un autoritarisme négocié », selon Mohammed Mouaqit

Maroc : « Un autoritarisme négocié », selon Mohammed Mouaqit [Interview]Par Julie Chaudier, 30/11/2014

http://www.yabiladi.com/
Dans le cadre du Forum mondial des droits de l’homme qui s’est tenu à Marrakech du 27 au 30 novembre 2014, tout a été dit du Maroc de l’apologie jusqu’au pilori. Yabiladi a décidé de prendre un peu de recul avec l’enseignant chercheur à l’Université de sciences juridiques Hassan II de Casablanca, Mohammed Mouaqit. Il nous explique comment s’est négocié l’état actuel des droits de l’homme au Maroc.

Yabiladi : Comment interpréter l’organisation du Forum mondial des droits de l’homme par le Maroc, cette année ?
Mohammed Mouaqit : Le pouvoir sait quels sont les risques qu’il prend en organisant un tel forum. Il doit affronter tous ceux qui vont l’accuser d’être mal placé pour parler des droits de l’homme. En même temps, il tient à lustrer son image de pays en voie de démocratisation. Dans le contexte régional, alors que l’Algérie l’accuse de ne pas respecter les droits de l’homme sur la question du Sahara, il entend signifier qu’il peut se permettre de s’exposer car sur cette question il ne craint rien. Sur ce plan, c’est courageux de la part du pouvoir de se mettre ainsi sous les feux de la rampe.

Ne faut-il voir, dans l’organisation de ce forum, comme dans les réformes établissant des droits, que l’hypocrisie d’un pays qui veut améliorer son image sur la scène internationale ?
Peut-être le pouvoir n’a-t-il pas véritablement l’intention de rompre définitivement avec ses pratiques autoritaires, mais tout ne se réduit pas à son intention. Je pense que la semblance crée une contrainte de vraisemblance. C’est-à-dire que le pouvoir peut faire semblant de respecter les droits de l’homme, il peut le faire pour l’image qu’il veut renvoyer sur la scène internationale, mais lorsqu’il fait cela il se met lui-même dans la contrainte d’y donner crédit par ses actes. S’il ne le fait pas, ça va se voir ! Ce sera trop évident ! Il pourra aisément être mis en difficulté. Donc, il doit agir effectivement, concrètement dans le sens de l’image qu’il veut donner de lui pour qu’elle soit vraisemblable.
Le mouvement interne des droits de l’homme et le contexte international poussent le pouvoir à passer de ces engagements abstraits aux actes. Ce passage dépend de ces acteurs à contraindre le pouvoir au respect des droits humains; du rapport de force qui s’établit à ce moment-là avec le pouvoir.

Qui sont les membres de ce mouvement interne des droits de l’homme qui établissent un rapport de force avec le pouvoir ?
L’histoire contemporaine du Maroc est une succession d’essais pour sortir de l’autoritarisme et de l’absolutisme makhzénien sous la pression du mouvement national, des syndicats, des partis politiques. Mais le pouvoir est parvenu à neutraliser ces anciens acteurs en les intégrant au jeu politique. Il a réussi à réduire leur capacité à exercer une contrainte sur lui.

samedi 28 juin 2014

Un sit-in pour dénoncer les propos d’Abdelilah Benkirane



Un sit-in pour dénoncer les propos d’Abdelilah Benkirane

Une coalition d’associations appelle à manifester contre Abdelilah Benkirane qui compare la femme à un « lustre » (tria) dévoué exclusivement à son ménage.

La polémique entourant les déclarations d’Abdelilah Benkirane le 17 juin devant les députés de la Chambre des conseillers connaît un nouveau rebondissement. Après avoir créé un véritable buzz sur les réseaux sociaux, la coalition pour l’application de l’article 19 de la constitution, un groupement d’associations des droits de la femme appelle à manifester le mardi 24 juin à 15 heures devant le parlement. 
 Dans son communiqué, la coalition « condamne fermement les propos hostiles à l’égalité et aux droits humains des femmes, ainsi que les stéréotypes et clichés utilisés par le Chef du gouvernement ».
Pour rappel, ladite coalition avait organisé le 13 avril à Rabat, une marche de protestation pour dénoncer les politiques gouvernementales sur les droits des femmes, en particulier ceux énoncés dans l’article 19 de la constitution et qui ne sont toujours pas appliqués, selon ce collectif. Contacté par TelQuel, Fouzia Assouli, coordinatrice de la coalition déclaré avoir envoyé un fax à l’adresse des autorités compétentes pour les informer de la tenue dudit sit-in. Ces derniers n’auraient toujours pas répondu.
Pour rappel, voici l’article 19 de la constitution du Maroc :
L’homme et la femme jouissent, à égalité, des droits et libertés à caractère civil, politique, économique, social, culturel et environnemental, énoncés dans le présent titre et dans les autres dispositions de la Constitution, ainsi que dans les conventions et pactes internationaux dûment ratifiés par le Royaume et ce, dans le respect des dispositions de la Constitution, des constantes et des lois du Royaume. L’État marocain œuvre à la réalisation de la parité entre les hommes et les femmes. Il est créé, à cet effet, une Autorité pour la parité et la lutte contre toutes formes de discrimination.
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