"En prison à cause de robes trop courtes ?", "Un travesti passé à tabac à Fès", "Faut-il brûler les homos ?" Les titres de la presse marocaine semblent témoigner d'un retour au conservatisme au Maroc. Entretien.
Très attendu par l'opinion publique, le verdict de la Cour marocaine concernant les deux jeunes filles inculpées pour atteinte aux bonnes moeurs,
sera finalement rendu le 13 juillet prochain. Un regard rapide sur
l'actualité marocaine semble attester d'un durcissement des préjugés
sociétaux au Maroc. Mehdi Alioua, docteur en sociologie et chercheur au Laboratoire d’Études Politiques et de Sciences Humaines et Sociales de l’Université
Internationale de Rabat, nous livre son analyse sur la question.
Le ministre marocain de la Justice et des Libertés Mustapha Ramid s'est de nouveau prononcé, le 29 juin dernier, contre la dépénalisation des relations sexuelles hors mariages, de l'homosexualité ou encore de la rupture du jeûne en public. Est-ce révélateur de l'état d'esprit général de la société marocaine aujourd'hui, et plus particulièrement depuis l'arrivée au pouvoir des islamistes l'an dernier ?
- L'état d'esprit de la société n'est pas aussi vindicatif mais ce discours est révélateur de ce que j'appelle la "dictature des mœurs". Il s'agit d'une partie de la population, surtout des hommes, même si certaines femmes participent à ce processus, qui impose son point de vue à la société pour dire comment bien se tenir, bien se comporter. Les femmes et les jeunes sont les premiers soumis à ce diktat.
Ce phénomène est très présent dans les grandes villes. Et c'est d'ailleurs dans les endroits où ces dictateurs sont les plus actifs que le parti du ministre de la justice, le PJD [le Parti de la justice et du développement : NDLR], a remporté le plus de suffrages.
Le ministre marocain de la Justice et des Libertés Mustapha Ramid s'est de nouveau prononcé, le 29 juin dernier, contre la dépénalisation des relations sexuelles hors mariages, de l'homosexualité ou encore de la rupture du jeûne en public. Est-ce révélateur de l'état d'esprit général de la société marocaine aujourd'hui, et plus particulièrement depuis l'arrivée au pouvoir des islamistes l'an dernier ?
- L'état d'esprit de la société n'est pas aussi vindicatif mais ce discours est révélateur de ce que j'appelle la "dictature des mœurs". Il s'agit d'une partie de la population, surtout des hommes, même si certaines femmes participent à ce processus, qui impose son point de vue à la société pour dire comment bien se tenir, bien se comporter. Les femmes et les jeunes sont les premiers soumis à ce diktat.
Ce phénomène est très présent dans les grandes villes. Et c'est d'ailleurs dans les endroits où ces dictateurs sont les plus actifs que le parti du ministre de la justice, le PJD [le Parti de la justice et du développement : NDLR], a remporté le plus de suffrages.
