Chers amis lecteurs de solidmar,

Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeau solidmar !

Pages

Affichage des articles dont le libellé est élections législatives. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est élections législatives. Afficher tous les articles

dimanche 9 octobre 2016

L’AMDH-Paris/IDF condamne l’exclusion du droit de vote pour les marocains résidents à l’étranger



 
                                    La rentrée 2016 coïncide au Maroc avec les élections législatives qui auront lieu ce 7 octobre 2016, alors que les Marocain(e)s résidant(e)s à l’étranger se retrouvent encore une fois exclu(e)s et privé(e)s de leurs représentativités.
En effet, l’article 17 de la constitution dispose que : « Les Marocains résidant à l’étranger jouissent des droits de pleine citoyenneté, y compris le droit d’être électeurs et éligibles (...) Elle détermine de même les conditions et les modalités de l’exercice effectif du droit de vote et de candidature à partir des pays de résidence. »

Les déclarations du ministre de l’intérieur justifiant l’exclusion de la participation des Marocain(e)s résidant(e)s à l’étranger aux prochaines élections législatives par des « difficultés logistiques et contraintes diplomatiques » ne peuvent justifier ce déni de droit constitutionnel.


Maroc : la majorité silencieuse, grand vainqueur des législatives #Maroc : 23,89 % le véritable taux de participation.













Ali Lmrabet, 8/10/2016





Les législatives marocaines confirment le poids des islamistes, censés remettre en cause, un jour, le système monarchique, et du parti pro-palais qui joue le changement selon l’agenda du Palais. Mais le grand vainqueur de cette élection est indéniablement l’abstention
C’est samedi, vers midi, heure locale au Maroc (GMT), que les résultats presque définitifs des élections législatives du vendredi 7 octobre sont tombés. L’islamiste Parti de la justice et du développement (PJD) du chef du gouvernement Abdelilah Benkirane a remporté 125 sièges des 395 que compte la Chambre des représentants, la Chambre basse du Parlement marocain.

Il est suivi par le Parti authenticité et modernité (PAM), le mouvement fondé par l’ami et conseiller du roi Fouad Ali el- Himma, qui a obtenu 102 sièges. Le troisième compère est l’Istiqlal, le plus vieux parti politique marocain, qui avec 46 sièges en perd 14 par rapport à la précédente législature mais arrive à sauver les meubles.
Pour le reste, les formations politiques ont pratiquement tous perdu des sièges par rapport aux élections législatives de 2011. Avec 37 sièges, le Rassemblement national des indépendants (RNI, centre-droit) du ministre des Affaires étrangères Salaheddine Mezouar laisse 25 sièges sur le carreau. Avec 27 sièges, le Mouvement populaire (MP) en perd 5, et avec 19 sièges l’Union constitutionnelle (UC) est délestée de 4 sièges.

lundi 18 juin 2012

France : Vite, changer de mode de scrutin, changer de République


Par François Bonnet, Mediaprt, 17/6/2012
 
Au moins la situation est-elle claire. Dix-huit mois après l’annonce de sa candidature à la présidence de la République, en janvier 2011, François Hollande dispose aujourd’hui d’à peu près tous les pouvoirs. Des pouvoirs qu’aucun autre chef d’État ou de gouvernement n’a aujourd’hui en Europe, tant le présidentialisme de nos institutions est puissant. 

L’ancien premier secrétaire du PS, oublié ou simplement méprisé de 2007 à l’automne 2011, aura ainsi réussi un parcours sans faute. Un long parcours qui le met désormais dans une position similaire à celle de François Mitterrand en 1981, lorsque la gauche accédait enfin au pouvoir pour la première fois sous la Ve République. Il n’y a pas que de l’habileté dans le long chemin parcouru par François Hollande. La vague rose, qui marque ce second tour des élections législatives, est le résultat final d’une stratégie faite de convictions et d’une analyse pointue des évolutions de notre société, mais surtout des pesanteurs de notre système politique et des redoutables mécaniques institutionnelles. 

Car c’est bien d’une vague rose qu’il s’agit avec un PS, seul, qui emporte une majorité absolue à l’Assemblée. Situation inédite depuis 1981 ; situation extravagante au vu des réalités politiques de ce pays.
 François Hollande, président et chef des armées: l'hommage aux soldats morts en Afghanistan.
 François Hollande, président et chef des armées: l'hommage aux soldats morts en Afghanistan.
 Fin connaisseur de la carte électorale, de nos institutions et de notre système électoral, François Hollande a su jouer à plein de trois leviers qui organisent aujourd’hui notre représentation politique : le présidentialisme, le localisme et le mode de scrutin majoritaire à deux tours.

  1 - Depuis l’annonce de sa candidature, ce présidentialisme est assumé. Passant du « nous » au « je », Hollande a donné tous les signes nécessaires pour rejouer le grand film « la rencontre d’un homme et d’un peuple ». En s’éloignant du PS ; en s’émancipant du programme socialiste ; en ne respectant pas l’accord politique passé entre les Verts et le parti socialiste à l’automne 2001 ; en revêtant sans distance les habits du président. Jusqu’au couac de cette semaine passée : le fameux tweet de Valérie Trierweiler venant souligner la fusion du public et du privé comme l’invraisemblable rôle d’une « première dame » présente et pourtant non prévu par la Constitution. 

2 - Le localisme a été le moteur de la reconquête progressive du parti socialiste. Il contrôle aujourd’hui la majorité des grandes villes, une large majorité des départements et la quasi-totalité des régions. L’apologie des « territoires », la défense, contre toute évidence, d’une décentralisation engloutie dans l’enchevêtrement des compétences, donc trop souvent dans l’irresponsabilité politique, l’organisation ahurissante d’un pays avec cinq ou six niveaux d’administration (mairie, syndicats intercommunaux ou d’agglomération, département, région, national, Europe) ont certes été critiquées par les socialistes. Ils s’en sont accommodés avec plaisir, y voyant autant de refuges face à un pouvoir de droite. Cela n’a pas été sans impact sur le profil de la nouvelle Assemblée nationale : un député est-il un élu de la nation ou le représentant d’un territoire ? Le PS n’a jamais vraiment répondu à cette question, laissant ainsi quelques barons locaux – tel Gérard Collomb à Lyon – organiser la dissidence contre l’accord national PS/EELV, et ne parvenant pas à empêcher la candidature d’Olivier Falorni contre Ségolène Royal à La Rochelle. 

3 - Le troisième tient au cœur même de notre système de représentation. Le mode de scrutin et le choix fait sous Lionel Jospin d’une inversion du calendrier électoral. En rendant automatique la tenue d’élections législatives un mois après le scrutin présidentiel, cette réforme les a vidées de tout enjeu politique pour en faire un vote de confirmation et de cohérence par rapport au choix présidentiel (lire notre précédent article). Dès lors, le rouleau compresseur ne peut être arrêté. Ce fut le cas en 2007, avec une chambre bleu horizon pour Nicolas Sarkozy. Ça l’est à nouveau avec cette élection, qui amplifie encore le choix fait avec la présidentielle, comme en témoigne par exemple l’élection de tous les ministres, dont plusieurs étaient pourtant dans des configurations très difficiles. Mauvais signal L’écrasante victoire du parti socialiste, ce 17 juin, qui fait d’un coup basculer le pays d’un tout-UMP à un tout-PS, peut bien sûr être une bonne nouvelle pour tous ceux qui souhaitaient enfin sortir de dix-sept années de présidence de droite. Mais elle dit aussi, à sa manière, toute la profondeur de la crise de représentation politique. Il y a d’abord l’abstention. Nous avions souligné son niveau record la semaine dernière et les dangers que recelait cette désaffection civique. L’effet s’est encore amplifié ce dimanche avec un nouveau record battu : plus de 44 % ! Du jamais vu dans une élection nationale. Cette distance, ce désintérêt ou ce refus d’un type de scrutin jugé inutile devraient inquiéter au plus haut point les responsables politiques. Il n’en a rien été ce dimanche soir, personne n’évoquant ce qui est bel et bien le retrait choisi et voulu par les citoyens d’un jeu politique perçu comme inutile ou sans enjeu.

 Il y a ensuite un décalage grandissant. Décalage entre les nouveaux équilibres de l’Assemblée nationale et ce que nous savons des réalités politiques au vu des précédentes élections ou des scores en voix des différentes formations. Jean-Marc Ayrault, dans une intervention fort prudente dimanche soir, a parlé de « démocratie parlementaire » : comme s’il prenait acte de l’urgence d’établir de sérieux contre-pouvoirs. Mais cette Assemblée est forgée par la maladie présidentialiste française. L'arrivée de nouveaux députés, avec l'élection (enfin !) de plus de femmes, de plus de jeunes, tient certes aux efforts accomplis par le PS dans sa désignation des candidats, mais sa concrétisation est aussi le résultat des amplifications provoquées par le scrutin majoritaire. 
Car sur l'essentiel, Jean-Luc Mélenchon n’avait pas tort de souligner que tout en progressant de « 600 000 voix lors de ce second tour par rapport à 2007 », le Front de gauche allait perdre presque la moitié des députés obtenus par le seul PCF en 2007. 
Il en est de même de toutes les formations dites « petites » : droite centriste, MoDem, écologistes mais aussi Front national. Le parti de Marine Le Pen obtient, dans des configurations locales exceptionnelles, deux députés. « On ne combat pas des idées avec un mode de scrutin », a remarqué Laurent Fabius, notant qu’il n’est pas normal qu’un courant politique qui pèse environ 15 % ne dispose pas d’une représentation au Parlement… Le constat doit valoir pour les autres. Les écologistes, qui ont été la surprise des dernières élections régionales, ne doivent leur vingtaine de députés qu’au bon vouloir du PS. Situation anormale, infantilisante, et organisant le rejet de la politique. 

 Il y a enfin le constat qui peut être dressé au soir de ce 17 juin. Ceux qui ont animé le débat public depuis des mois, voire des années, mais n’ont pas été dans la machinerie socialiste, ont tous été battus. C’est le cas de Jean-Luc Mélenchon. Mais aussi de Ségolène Royal. De François Bayrou (sans citer Eva Joly qui ne se présentait pas, certes, mais qui est au fond des oubliettes). Certains verront dans les défaites de Ségolène Royal et de François Bayrou la fin définitive du sarkozysme. Les deux étaient candidats en 2007 : ainsi disparaissent les acteurs de la précédente présidentielle. C’est un constat trop rapide pour être pertinent. Car tandis que de 2007 à 2011, le PS se perdait dans ses luttes internes, que se construisait, sous l’égide de l’agence de communication Euro-RSCG, la candidature de Dominique Straus-Kahn, qu’il était question de « pacte de Marrakech », Ségolène Royal et François Bayrou furent les seuls à dénoncer avec acharnement les dégâts du sarkozysme. 
L’élimination de Mélenchon, Royal et Bayrou est un mauvais signal donné aux millions d’électeurs qui ont vu dans ces personnalités un autre rapport à la politique, d’autres propositions et d’autres possibles. La défaite de Ségolène Royal, et les larmes de crocodile versées par Martine Aubry ou Laurent Fabius, est, en creux, celle du parti socialiste et de François Hollande, incapables tous deux d’éviter une humiliante défaite à une personnalité atypique qui, par ces coups de boutoir, ses méthodes et ses propositions, a pourtant fortement obligé un parti endormi dans ses routines notabilières à bouger et à se mobiliser. 

Dès lors, la vague rose ne doit pas masquer ce qui se profile au-delà de ce premier horizon. Rien n’est réglé d’une crise politique majeure qui peut se résumer en cet incroyable paradoxe : le Sénat représente aujourd’hui sans doute mieux la réalité politique de ce pays que l’Assemblée ! C’est le signe que nos institutions marchent sur la tête. Et qu’il est urgent, pour recréer ce lien politique entre les citoyens, de s’atteler à une vaste refonte démocratique. D’abord en modifiant le mode de scrutin ; ensuite en redéfinissant les pouvoirs du Parlement et ceux de la présidence. 
La VIe République, ce projet porté par une partie du PS, par le Front de gauche, par les écologistes, certes avec des contenus différents, ne doit pas être qu’une figure rhétorique des campagnes électorales. En un mois, quatre votes successifs viennent de le démontrer : elle est aujourd’hui une urgence citoyenne.

lundi 7 mai 2012

France : Notre impératif catégorique : gérer, en même temps, le court et le long terme


Par Évariste, Respublica, 6/5/2012

  Dégager Nicolas Sarkozy, le peuple français vient d’y parvenir. Nous ne pouvons que nous réjouir de ce choix souverain tant la souffrance des citoyens, et en particulier des salariés ainsi que de leurs familles, a été forte dans la période de ce règne monarchique. 
Mais nous ne pouvons pas rester l’arme au pied. Une nouvelle bataille nous attend dès le lundi 7 mai au matin. Une bataille complexe qui ne peut pas se régler rapidement. Après ce dégagement tant souhaité, nous devons travailler aux conditions nécessaires et suffisantes de la transformation sociale et politique sans laquelle tout enthousiasme finit dans la déception voire la fatalité. Et pour cela, il nous faut démarrer en même temps la politique de temps court et celle du temps long. Faire l’un sans l’autre reviendrait à croire qu’il suffit de boire sans manger ou de manger sans boire pour assurer l’avenir. 

Impératifs de temps court 
Bien que nous menions une critique radicale de la Ve République en tant que monarchie élective (qui d’ailleurs a très bien servi la contre-révolution néolibérale depuis la fin des années 70 pour le monde et depuis le tournant libéral de 1983 pour la France), notre bataille de fin de printemps doit s’effectuer dans le cadre de ce carcan. Il n’est un secret pour personne qu’un président de la République ne peut rien faire de nouveau dans ce cadre s’il n’a pas une majorité franche au Parlement et principalement à l’Assemblée nationale. Il faut donc une majorité de députés de gauche au soir du 17 juin. Ne pas y travailler rendrait inconséquent le renvoi à ses chères études du monarque sortant. Mais nous savons aussi que la solution aux problèmes de notre temps réside dans la capacité du peuple et de ses élus à engager les ruptures nécessaires avec le modèle politique néolibéral. Plus il y aura de députés Front de Gauche à l’Assemblée nationale, plus grande sera la capacité du législatif de porter les ruptures nécessaires à l’ordre établi. 
 Décrétons donc la mobilisation générale pour le vote Front de Gauche le 10 juin, date du premier tour des législatives, et continuer le travail le 17 juin autour du candidat de gauche le mieux placé au soir du premier tour. Rien ne doit nous départir de cette ligne. Laisser les rancœurs aux vestiaires, car on n’avance dans l’histoire comme dans la vie qu’en mettant un pied devant l’autre. Toute volonté de vouloir atteindre le bout du chemin sans marcher sur le chemin lui-même est contre-productive et fait à court terme le jeu de nos ennemis et adversaires. Au sein du mouvement ouvrier, nous avons trop souffert de ceux qui ont souhaité aller directement à la dernière marche du podium sans les monter une à une avec détermination. Doit-on rajouter qu’il serait incompréhensible qu’un responsable du Front de Gauche participe à un gouvernement désigné sur des bases qui présentent des divergences programmatiques aussi importantes ? 

Plusieurs impératifs de temps long 
 D’abord, utilisons nos connaissances du mouvement social et politique français. Est-ce que la semaine de 40 heures et les quinze jours de congés payés étaient présents dans la campagne électorale du Front populaire en 1936 ? La réponse est non ! Est-ce que l’augmentation du SMIC de 30 % et les droits syndicaux étaient présents dans les débats électoraux de 1967 ? La réponse est non ! Et pourtant l’articulation de la victoire politique de juin 1936 et de la grève générale a permis un acquis non prévu et qui n’existe toujours pas dans de nombreux pays du monde. Dans le deuxième cas, la plus grande grève de l’histoire de France a permis une avancée qui a surpris jusqu’aux élus les plus radicaux. 

1/ S’il n’y a pas une mobilisation sociale autour du mouvement syndical dès la rentrée, aucune avancée ne se fera, car les promesses déjà très insuffisantes n’engagent que ceux qui y croient. 
La victoire électorale n’est qu’un passage nécessaire, mais jamais suffisant. Il n’y a jamais d’avancée que dans l’unité et la mobilisation autour du mouvement syndical. Le mouvement social des retraites de 2010 autour de l’Intersyndicale unie a montré la voie. Reportez-vous à notre analyse de l’époque qui montrait que, bien que le but du mouvement social n’ait pas été obtenu, ce mouvement qui n’a pas été vaincu, qui a été soutenu par plus de 60 % des Français, n’est pas pour rien dans la victoire du 6 mai 2012. C’est dans la lutte continuée que se construisent les victoires. Aux salariés, aux travailleurs, de s’appuyer sur cette dernière mobilisation pour cette fois-ci sortir vainqueurs et voir les revendications salariales et populaires satisfaites. La mobilisation exceptionnelle du 1er mai 2012 doit nous conduire vers une mobilisation encore plus forte autour du mouvement syndical dès la rentrée. 

2/ Les quatre points du dernier édito de ReSPUBLICA restent pertinents : la nécessaire continuation de la pénétration des idées du Front de Gauche dans les couches populaires — ouvriers et employés —, la question de la forme parti, la question des alliances et le nécessaire développement de l’éducation populaire tourné vers l’action. 
 Ce faisant, nous devons nous poser la question du comment sortir du cycle « enthousiasme politique, déception, défaitisme » qui caractérise la pensée de gauche depuis quelques décennies. N’y a-t-il pas nécessité de travailler à un réalisme révolutionnaire comme antidote ? Drôle d’époque. Les acteurs sociaux et politiques passent très vite de l’état d’enthousiasme à celui de la déception. Les gauches mitterrandienne et jospinienne avaient déjà alimenté dans toute la gauche le passage entre ces deux états. Le gouvernement Jospin a même alimenté en plus le défaitisme de gauche. Une cure de réalisme a donc été nécessaire. La recrudescence des luttes sociales a largement aidé à cette cure. La gauche social-libérale et la gauche de gauche ont donc vécu une relance. Mais si cette relance de la gauche de gauche ne s’accompagne pas d’un nouveau travail culturel pour une transformation sociale et politique ou dit autrement, si cela ne s’accompagne pas d’un développement sans précédent de l’éducation populaire tournée vers l’action, le cycle « enthousiasme, déception, défaitisme » peut revenir d’actualité.

3/ Nous avons déjà suffisamment dit dans ces colonnes qu’il serait souhaitable de rompre avec l’idée de surplombance qui pousse des responsables et des militants à faire croire au peuple qu’une seule idée peut régler tous les problèmes de la planète et se suffit à elle-même pour entraîner les peuples vers le paradis. C’est à un ensemble globalisé de politiques qu’il faut s’atteler et donc à la proposition d’un nouveau modèle politique alternatif sans lequel toute volonté de sortir de la crise n’est qu’une simple déclaration d’intention sans suite. C’est bien à une révolution citoyenne vers une République sociale que nous sommes conviés et non à une bataille de slogans autour d’une seule proposition qui se suffirait à elle-même pour entraîner toutes les autres. Si le non au traité de Lisbonne, le mouvement des retraites ou la percée du Front de Gauche ont eu lieu, c’est bien parce que leur lien avec la globalisation des combats a été acté. C’est la condition pour que les couches populaires — ouvriers et employés — engagent leurs mobilisations. Rappelons que ces couches sociales (que d’aucuns appellent déjà la nouvelle classe ouvrière et populaire) représentent 53 % de la population qui travaille ou qui a déjà travaillé. Ou dit autrement, la surplombance n’intéresse elle qu’une partie des couches moyennes (couches moyennes qui ne représentent que 24 % pour les intermédiaires et 15 % pour les supérieurs d’après les études de l’INSEE). Avec des idées erronées ou avec une idée surplombante, ou avec le refus de considérer la dialectique du temps court et du temps long, ou en s’appuyant sur des couches sociales en voie de disparition, on obtient Éva Joly, Dupont-Aignan, Poutou, Cheminade et Artaud. À gauche, deux dynamiques globalisantes ont eu lieu, celle du “mieux que la droite dans le même modèle politique” (François Hollande) et celle de la rupture vers la République sociale (Jean-Luc Mélenchon). Comment passer de la densité des meetings à la densité militante pour aller vers la densité électorale ? Cette campagne a montré la capacité de mobilisation des meetings et rassemblements du Front de Gauche. À cet égard, le Front de Gauche est le n°1 avec Jean-Luc Mélenchon. Mais cette densité en meetings et rassemblements n’a pas pour corolaire une densité militante de même niveau et le ratio entre la densité électorale rapportée à la densité des meetings et rassemblements est plus faible que pour les autres grandes organisations. C’est d’ailleurs la faiblesse de ce dernier ratio qui a conduit les militants du Front de Gauche à une légère déception, peu justifiée. Réunir plus de monde dans les meetings et rassemblements que tous des candidats destinés à obtenir plus de voix a surpris les militants du Front de Gauche eux-mêmes. Pour que le ratio de la densité militante rapportée à la densité des meetings et rassemblements soit fort, il aurait fallu permettre l’adhésion directe au Front de Gauche. À la demande d’adhésions directes au Front de Gauche formulée dans de nombreuses réunions publiques du Front de Gauche, les propos balbutiants des dirigeants locaux du PCF et du Parti de gauche proposant d’intégrer une des organisations du cartel ont peu convaincu. Certains le feront, mais la plupart n’adhéreront pas. Pour que le ratio de la densité électorale rapporté à la densité des meetings et rassemblements soit à la hauteur des grandes organisations, il faut d’abord comprendre que c’est plus dur pour le Front de Gauche, car il faut expliquer les ruptures nécessaires aux citoyens et aux salariés et cela ne se fait pas par les médias. L’utilisation quasi exclusive des médias par les trois premiers du scrutin du premier tour est compréhensible, car les deux premiers ne souhaitent pas de rupture et la troisième s’appuie sur les instincts primaires sans argumentation raisonnée. Pour ceux qui souhaitent une rupture, cela ne peut se faire que par une éducation populaire de proximité au minimum dans tous les cantons, dans toutes les grandes entreprises sans exception. Même la réunion de type « Tupperware » peut avoir son utilité, mais il faut des militants de terrain formés. Tant que le Front de Gauche n’aura pas compris la nécessité d’engager la formation interne de qualité et l’éducation populaire de proximité, ce ratio restera faible.
 Voilà la réponse aux militants qui se posent la question juste suivante: comment après une campagne exemplaire de Jean-Luc Mélenchon, peut-on faire pour être la première force de gauche ? Eh bien oui, il faut vaincre la timidité et la peur des militants de développer des thèses politiques au sein du peuple. Mais pour cela, il faut engager une mutation en termes d’éducation populaire et de formation. Il ne vous reste qu’à en discuter entre vous, avec ou sans nous. 

Pour réagir aux articles, écrire à
evariste@gaucherepublicaine.org

lundi 16 avril 2012

La lettre de deux indignés marocains envoyée à Jean-Luc Mélenchon et à François Hollande


Par Marie-Jo Fressard, solidmar, 16/4/2012

À Monsieur Jean-luc Mélenchon
Copie à Monsieur François Hollande

Je me permets de vous envoyer la lettre*  de deux indignés marocains adressée en novembre à Monsieur François Hollande. Je sais que vous êtes plus qu’occupés en cette dernière semaine avant le premier tour, mais j’espère que, peut-être entre les deux tours, ce courrier sera lu par vous et votre entourage, et qu’il ne sera pas perdu…. C’est très important pour l’avenir des peuples au sud et au nord de la Méditerranée.

Je suis Française, mais comme les deux auteurs de cette lettre, je suis profondément indignée, et écœurée par le rôle que joue cette France servile et complice de ce roi prédateur qui dilapide une fortune colossale prélevée sur la misère du peuple, pour attirer les « grands » de ce monde, touristes de luxe dans ses palais prestigieux dissimulés dans la palmeraie de Marrakech…

Hier sur la plage du Prado j’ai pris grand plaisir à écouter le magnifique hymne à la Méditerranée, cette chaleureuse ode au métissage, à la reconnaissance de ce que nous devons aux peuples maghrébins, tellement méprisés par nos dirigeants d’une droite de plus en plus extrême. C’était réconfortant, plein d’espoir. J’y sentais le même souffle que j’avais ressenti le 24 avril à Rabat, lors d’une des immenses marches organisées par les jeunes du mouvement du 20 février.

Depuis onze ans notre petite association haut alpine s’informe et informe sur ce qui se passe au Maroc. Informations qui vont à contre courant de la presse officielle française, et que nous diffusons sur notre blog, consulté journellement par plus ou moins 2000 à 3000 lecteurs. J’y ai diffusé le discours du Prado qui va redonner espoir aux déçus (mais pas vaincus) du « printemps arabe ». Merci Jean-Luc, merci le Front de Gauche !

Pour que vous puissiez vous rendre compte de l’extrême cruauté du « nouveau » régime marocain, je joins à mon courrier le « journal de la torture », une lettre- testament écrite par l’étudiant Ezedine Erouissi, alors qu’il était déjà affaibli par deux mois d’une grève de la faim qu’il continue à mener avec courage. Pour protester contre les conditions de vie parfois misérables des étudiants et contre la situation inhumaine dans laquelle se trouvent les prisonniers politiques qui subissent des tortures difficiles à imaginer. Ezedine en est aujourd’hui à sa 120ème journée de grève, empêché de mourir par gavage forcé, maintenu en croix par huit menottes qui lui abiment les mains et les pieds. Pour soutenir son combat quatre prisonniers de Fès se sont mis en grève depuis bientôt trois mois, puis le mouvement s’est étendu à travers les prisons du Maroc. Ils sont actuellement 28 grévistes, dont plusieurs sont déjà en danger de mort. Dix-huit ONG marocaines ont interpelé les autorités gouvernementales pour les avertir du drame qui se prépare. En vain pour le moment…

Quel que soit le résultat des élections, merci de tenir compte de ces informations qui ne se trouvent pas dans la presse officielle. Le peuple marocain a besoin d’une France qui soit réellement celle des droits de l’Homme. Bon courage pour cette dernière -avant dernière pour l’un de vous- ligne droite avant le changement souhaité.

Amicalement,
---------------------------------------------------------------
Réaction d'un des indignés, Salah Elayoubi, fb
Aux amis de France et de Navarre !
Je suis particulièrement fier de compter des amis de votre trempe parmi nous !
Le discours de Melenchon m'a revigoré et réconcilie avec la gauche ! Merci à vous tous qui nous réconciliez aussi avec la France, ce pays que j'aime tant et qui m'a tant donné !

samedi 14 avril 2012

Ode à la Méditerranée et au "métissage" pour Mélenchon à Marseille

 Par Julie DUCOURAU , AFP , 14/4/2012
 A huit jours du premier tour, le candidat du Front de gauche, détournant son slogan "place au peuple", a investi la plage du Prado sous un grand soleil. Des dizaines de milliers de personnes s'y sont pressées sous une marée de drapeaux rouges et tricolores pour ce troisième meeting en plein air en moins d'un mois.

Faisant une ode à la Méditerranée, M. Mélenchon, dans un discours fleuve d'1h20 conclu comme d'habitude par L'Internationale et la Marseillaise, a estimé que la "chance" de la France était "le métissage", après avoir salué son auditoire "émouvant, grand et beau", le poing levé et tout sourire.

Sous des "youyous", le potentiel troisième homme de la présidentielle a rendu hommage aux "Arabes et Berbères" par qui sont venus en Europe "les mathématiques ou la médecine" au temps où "l'obscurantisme jetait à terre l'esprit humain".

Refusant "l'idée morbide et paranoïaque du choc des civilisations", il a dit sa pensée aux Maghrébins "qui ont libéré le sol de la patrie des nazis". "Les peuples du Maghreb sont nos frères et nos sœurs" et il n'y a "pas d'avenir pour la France sans" eux, a dit le natif de Tanger (Maroc), dans un discours personnel et lyrique, régulièrement interrompu par les "tous ensemble!".

Et de s'en prendre à Nicolas Sarkozy qui lors de ses visites à Marseille "parle exclusivement de la sécurité qu'il n'est pas capable d'assurer", et aux "partis extrémistes de la haine qui montrent du doigt au nom de sa religion", "foutez-nous la paix!".
(...) Avant lui, Pierre Laurent (PCF) avait comparé "le vent de la Méditerranée" qui souffle sur Marseille à "la déferlante populaire" du FG: "Quand il se lève personne ne peut lui résister".(...)

Dans l'entre-deux tours, l'eurodéputé pour qui "l'insurrection citoyenne est commencée", s'est aussi dit disponible si les syndicats le veulent, à participer à un "1er Mai stupéfiant d'unité et de puissance".

Car si la gauche l'emporte le 6 mai, "la victoire électorale sera suivie d'une mobilisation populaire", comme en 1936, pense-t-il, jugeant que "la logique veut que la finance attaque la France". Et pour l'ex-PS, le FG "va continuer et avant 10 ans, il sera au pouvoir", a-t-il dit à des journalistes vendredi.
(...)
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Video :