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mercredi 22 juillet 2015

TV5 Monde consacre un reportage à Ali Lmrabet, en grève de la faim




Ali Lmrabet est engagé dans une grève de la faim depuis deux semaines suite au refus des autorités marocaines de lui délivrer ses pièces d’identité.

La chaîne française TV5 Monde vient de consacrer un reportage au journaliste Ali Lmrabet. L’homme est en grève de la faim depuis deux semaines, il tient un sit-in ouvert près du siège du conseil des droits de l’Homme de l’ONU à Bruxelles. L’occasion pour lui de revenir sur le refus des autorités marocaines de lui délivrer ses papiers d’identité, et ce, après une condamnation de justice dix ans d’interdiction d’écriture. Des documents nécessaires pour entamer les démarches juridiques pour lancer son magazine satirique.

mercredi 12 novembre 2014

Maroc : Libération imminente d’un rappeur emprisonné injustement



HRW, 11 novembre 2014
Le gouvernement marocain a envoyé un mauvais message en poursuivant un rappeur comme ‘Mister Crazy’ pour avoir exprimé pacifiquement ses opinions. Le fait d'incarcérer un jeune de 17 ans pour ses chansons n'a guère de sens dans un pays qui accueille régulièrement des festivals internationaux de musique et des conférences sur les droits humains.
Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord(Casablanca) – Othmane Atik, un rappeur marocain âgé de 17 ans connu sous le nom de « Mister Crazy », est censé être libéré par les autorités marocaines le 12 novembre 2014, après avoir purgé une peine de trois mois de prison pour « insulte à corps constitué », « propos immoraux », ainsi que d'autres infractions liées aux paroles de ses chansons.

Atik, dont les chansons et les clips dépeignent la vie difficile des jeunes chômeurs de Casablanca, est le deuxième interprète de la scène florissante du rap marocain à être envoyé en prison pour les paroles de ses chansons, en violation des normes internationales de liberté d'expression.

« Le gouvernement marocain a envoyé un mauvais message en poursuivant un rappeur comme Mister Crazy pour avoir exprimé pacifiquement ses opinions », a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord. « Le fait d'incarcérer un jeune de 17 ans pour ses chansons n'a guère de sens dans un pays qui accueille régulièrement des festivals internationaux de musique et des conférences sur les droits humains. »...(et le forum mondial des ddH! NDLR)

Atik, qui chante en arabe marocain, a été placé en détention depuis qu’il s’est rendu à une convocation du procureur de Casablanca le 8 août. Le 12 août le tribunal l'a transféré dans un établissement de détention pour mineurs à Ain Sbaa, où il a été détenu depuis lors. Le 17 octobre, une chambre des mineurs de la cour de Casablanca l’a condamné pour « insulte à corps constitué » en vertu du code pénal, « incitation à la consommation de drogue » en vertu de la loi sur les stupéfiants du 15 novembre 1958, et pour la production et la diffusion de contenu qui est « contraire à la moralité publique » dans le cadre du code de la presse, a déclaré Saâdia Harrab, l'avocate d’Atik, à Human Rights Watch.

Dans « Aqliya Mhabsa » (« État d’esprit de prisonnier »), Atik chante : « Dans mon pays / tu voles ou tu trafiques / un braquage par ci, une vente de drogue par là / tout préparé à l'avance / je me suis arrangé avec la police / acheté le marché dans mon quartier / fait du policier mon chien. »

Le clip de la chanson « Fatcha M’absa » (« Visage renfrogné ») montre des jeunes hommes se prélassant dans les rues de Casablanca : il contient des mots obscènes en anglais et des images de pilules et de cigarettes roulées.

Le clip pour « Aqliya Mhabsa » dépeint un jeune homme dans un milieu de trafic de drogue et de délinquance qui finit derrière les barreaux. Dans « Hyati naqsa » (« Ma vie est incomplète »), Atiq rejette comme « de simples mots » et « un rêve » les références de l'hymne national au Maroc comme un pays d’« hommes libres » et « une source de lumière ».

Saâdia Harrab, l'avocate d’Atik, a déclaré que « Hyati Naqsa », « Fatcha M'absa » et « Aqliya Mhabsa » faisaient partie des chansons produites par Atiq en tant que clips qui figuraient parmi les éléments de preuve du procureur, ainsi que « Brika Ma3ksa » (« Un briquet têtu »), « Casa Mkarfsa » (« Casa est sale »), Passé noir et « Amrek Tansa » (« Tu n’oublies jamais »). La plupart des clips sont disponibles sur la chaîne YouTube d’Atik.

Le délit d'outrage à une institution de l'État (« corps constitué ») figure dans les articles 263 et 265 du code pénal marocain. Le tribunal a ignoré l'affirmation d’Atik qu'il n'a pas insulté l'institution en question – les forces de police – mais critiquait plutôt les agents de police individuels qui étaient corrompus.

En avril 2013, un autre rappeur, Mouad Belghouat, connu sous le nom d’« Al-Haqed » (l’Indigné), a purgé une peine d'un an de prison pour une vidéo sur YouTube produite pour une de ses chansons, « Kilab ed-Dowla » (« Chiens de l'État »), que le tribunal a considérée comme insultante pour la police. Al-Haqed a également fait valoir en vain que sa chanson critiquait des agents de police individuels plutôt que la police en tant qu'institution.

Al-Haqed a également purgé deux peines plus courtes pour des délits de droit commun, notamment une peine de quatre mois de prison plus tôt en 2014, pour s’être prétendument trouvé en état d’ébriété sur la voie publique, ainsi que pour coups et blessures et outrage à agents des forces de l’ordre.

L’article 19 (2) du Pacte international relatif aux droits civils et politiques stipule : « Toute personne a droit à la liberté d'expression ; ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen de son choix. »

Le Comité des Nations Unies pour les droits de l'homme, l'organe d'experts indépendant qui veille au respect du pacte par les États, a déclaré dans une observation générale sur la liberté d'expression que les pouvoirs publics « sont légitimement exposés à la critique et à l'opposition politique. Par conséquent, le Comité s’inquiète de lois régissant des questions telles que ... l’outrage à l’autorité publique. ... [Les gouvernements] ne doivent pas interdire la critique à l’égard d'institutions telles que l'armée ou l'administration. »

La constitution du Maroc, dans l'article 25, garantit la liberté d'expression « sous toutes ses formes » et les « libertés de création, de publication et d'exposition en matière littéraire et artistique... » Cependant, depuis l’adoption de cette constitution en 2011, les autorités n’ont pas encore modifié une série de lois qui imposent des peines de prison pour des délits d'expression non violents, tels que ceux utilisés pour poursuivre Atik en justice.


http://www.hrw.org/fr/news/2014/11/11/maroc-liberation-imminente-d-un-rappeur-emprisonne-injustement
 

samedi 28 septembre 2013

Blog CAPDEMA. Entre la lutte anti-terroriste et le règne de la terreur






Safya Akkori, juriste et membre de Cap Démocratie Maroc, 23/9/2013

Entre la lutte anti-terroriste et le règne de la terreur :
Comment l’Etat marocain confond les degrés de répression

« Toute personne a droit à la liberté d’expression ; ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen de son choix. »
L’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques consacre en ces termes la liberté d’expression. L’article 25 de la Constitution marocaine précise que « sont garanties les libertés de pensée, d’opinion et d’expression sous toutes leurs formes. »
Parmi les droits fondamentaux internationalement reconnus et au respect desquels le Royaume Marocain est tenu, certains peuvent faire l’objet de restrictions. Si le droit à un procès équitable ne peut en aucun cas souffrir de dérogation, la liberté d’expression peut être soumise à des conditions d’exercice restrictives. Envisagées par le Pacte, ces restrictions à la liberté d’expression ne sont admissibles qu’à condition qu’elles soient expressément fixées par loi et qu’elles soient nécessaires à « la sauvegarde de la sécurité nationale, de l’ordre public, de la santé ou de la moralité publique. »

L’incrimination de l’incitation : un degré sensible de la répression pénale
Les législations réprimant « l’incitation » sont l’apanage de cette restriction à la liberté d’expression. Qu’il s’agisse de l’incitation au crime, l’incitation à la discrimination, l’incitation au terrorisme, l’apologie du génocide, de nombreux pays disposent aujourd’hui d’une législation spécifique par laquelle le simple fait de prononcer un discours peut être constitutif d’une infraction.
L’enjeu de ces législations est de dépasser la simple appréhension de la complicité par instigation qui nécessite que l’infraction principale soit consommée et que l’auteur principal fasse également l’objet de poursuites. A travers la répression de l’incitation le discours peut ainsi faire l’objet de poursuites bien qu’il n’ait pas eu de suite concrète et alors même que la violence n’a pas été commise.
En effet, il est des problématiques pour lesquelles certaines sociétés, aussi avancées soient-elles dans l’accomplissement démocratique, conviennent d’engager une répression dans son plus haut degré d’acceptation. S’il s’agit d’un pacte, dont acte.
Dans cet esprit, à l’heure où les mouvances terroristes engagent des actions de plus en plus protéiformes, à l’heure où internet constitue une tribune mondiale pour les discours idéologiques les plus radicaux, les législations anti-terroristes cherchent toutes à s’adapter en adoptant une approche préventive et en incluant un volet relatif à la répression de l’incitation au terrorisme.
Nécessaire à la sauvegarde de la sécurité nationale, l’idée sous-jacente de cette approche est comprise. En touchant à un équilibre sensible entre restriction à un droit fondamental et proportionnalité de la restriction, cette approche préventive nécessite cependant une précaution toute particulière. Tout Etat de droit qui se respecte reconnaîtra que le pouvoir répressif dont il use doit être encadré et délimité. Pour exemple, dès 2008, les débats au Parlement Européen rappelaient les risques liés à la répression de l’incitation au terrorisme : « où s’arrête la liberté d’expression ? Il faut une formulation claire, prévoir une clause de sauvegarde, et des dispositions garantissant le respect des droits fondamentaux. »

La législation anti-terroriste marocaine au sommet de la pyramide répressive
Aujourd’hui, la législation marocaine, issue d’une réforme pénale qui avait été engagée en 2003, fait partie des législations les plus répressives qui soient en matière de lutte contre le terrorisme.
Pour ce qui est du contexte d’adoption de cette loi, il convient de rappeler que le projet qui avait initialement été adopté par le Conseil des ministres et déposé au Parlement le 23 janvier 2003 avait donné lieu à de vives critiques de la part de la société civile. Au-delà de l’incrimination spécifique de l’apologie du terrorisme, les associations de défense des droits de l’homme et les syndicats soulignaient les dangereuses lacunes du projet, notamment la définition imprécise du terrorisme et le nombre excessif de dispositions exorbitantes de droit commun.
Si le vote a été repoussé par le Parlement à ce moment là, les attentats perpétrés à Casablanca le 16 mai 2003 ont remis le projet de loi à l’ordre des débats et en l’espace de quelques jours le code pénal marocain a intégré les dispositions aveuglément répressives que les citoyens avaient dénoncées quatre mois auparavant (dahir n° 1-03-140 du 26 rebia I 1424 (28 mai 2003) portant promulgation de la loi n° 03-03 relative à la lutte contre le terrorisme).
En juillet 2003, le Roi du Maroc avait donné au Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) la possibilité de renverser la vapeur. Dans son discours du trône, il avait chargé l’instance de « préparer les propositions nécessaires pour combler les lacunes juridiques dans le domaine de la lutte contre toutes les formes de discrimination, de haine et de violence. »
En juillet 2004, alors que l’ensemble des réformes avaient déjà été engagées et promulguées, l’avis consultatif[1] produit par l’instance indépendante passait sous un silence assourdissant les dangers qu’impliquent une législation susceptible de restreindre la liberté d’expression et d’information.
Le CNDH se contentait alors de noter « que le code pénal marocain a été récemment modifié et complété dans le sens de l’incrimination des diverses formes de violence, de discrimination et de la haine qui y conduit, ainsi que l’incitation à la violence et l’apologie des crimes de terrorisme. » L’avis citait ensuite deux lois nouvelles (celle relative à la lutte contre le terrorisme et celle modifiant la loi sur la presse) sans alerter ni le Roi, ni les citoyens, sur les lacunes que comportaient ces réformes : aucune garantie procédurale n’étaient envisagée pour délimiter le champ des pouvoirs d’enquête de la police à l’encontre des journalistes, aucune définition concrète de l’« incitation » n’était proposée (art. 218-2 et 218-5 du code pénal). Des infractions nouvelles étaient créées, mais la procédure pénale qui encadre la poursuite de ces infractions restait figée dans un autre temps.
C’est ainsi que depuis dix ans, la législation anti-terroriste marocaine, votée à la va vite, a entériné un système flou, incohérent et attentatoire aux droits fondamentaux en général, aux droits des journalistes en particulier. En outre, la loi marocaine sur la presse permet aux forces de police d’enquêter et au ministère public de poursuivre la complicité de crime ou délit par voie de presse (art. 38 de la loi sur la presse) ; la provocation par voie de presse aux crimes et délits contre la sûreté extérieure de l’Etat (art.39 de la loi sur la presse) ; l’incitation par voie de presse à la discrimination et aux crimes de guerre (art.39 bis de la loi sur la presse). Face à cette avalanche de dispositions, aucune garantie procédurale ne permet de protéger les journalistes des abus potentiels.

Les politiques pénales répressives : un degré sensible de la démocratie
Depuis toujours, le droit pénal marocain est en souffrance et l’avancée démocratique qu’a constitué la réforme constitutionnelle de 2011 n’a toujours pas réussi à l’atteindre : le droit pénal marocain manque des garanties les plus élémentaires à l’attention des droits de la défense. Or, les droits de la défense constituent un droit fondamental que le CNDH n’a pas su appeler de ses vœux et qu’il doit pourtant promouvoir avec autant de dévotion que celle qu’il met en œuvre pour les droits des minorités que sont les femmes, les handicapés ou les migrants.
Une politique pénale ultra répressive, lorsqu’elle est entérinée par la loi et inscrite dans un code pénal, prend le risque d’entretenir un déséquilibre insurmontable entre les droits de la défense et ceux du ministère public. D’où l’importance d’une procédure pénale rigoureuse.
Assez simplement, si la répression s’élargit pour définir toujours plus d’infractions et appréhender toujours plus de phénomènes, l’action publique voit de plus en plus de moyens offerts à elle pour engager les poursuites alors même qu’elle ne bénéficie pas des garde-fous nécessaires.
Le 13 septembre 2013, la presse espagnole a diffusé une information relative à l’existence d’une menace concrète et physique, proférée à l’encontre du Royaume marocain, par un groupe terroriste actif (information qui a été reprise depuis par d’autres journaux étrangers, comme Le Monde par exemple).
Le 14 septembre, Ali Anouzla, dans le cadre de sa mission de journaliste, a relayé cette information, il a permis aux citoyens marocains de prendre connaissance d’une propagande islamiste véhiculée par l’organisation terroriste armée AQMI.
Le 17 Septembre, les locaux du site d’information Lakome étaient perquisitionnés, Ali Anouzla était placé en garde à vue et le Ministère de la Justice annonçait vouloir poursuivre également le quotidien espagnol pour incitation à perpétrer des actes terroristes sur le territoire marocain. La confusion des genres étaient alors consommée : liberté d’information, liberté d’expression, discours apologisant, aucune distinction raisonnable n’était envisagée.
Le 21 septembre 2013, après 96 heures de garde à vue, la mesure restrictive de liberté qui a été prise à l’encontre d’Ali Anouzla a été renouvelée une première fois pour 96 heures.
Une garde à vue constitue une zone de non droit au sein de laquelle le mis en cause est placé à la disposition des autorités enquêtrices en ne disposant que d’un accès parcellaire à ses avocats. Durant la garde à vue, la défense n’existe pas. Or, si la garde à vue de droit commun ne peut excéder 48heures (renouvelable une fois), la loi du 28 mai 2003 autorise une durée dérogatoire pour la garde à vue « terroriste » pouvant atteindre un maximum de trois fois 96heures, soit  12 jours : voilà le sommet de la répression, sans distinction graduée.
L’esprit des lois est ici dévoyé, et l’usage d’une législation anti-terroriste à l’encontre d’un journaliste relève de l’abus de droit. L’engrenage répressif dans lequel se sont enfermés les forces de police, le ministère public et le Ministère de la Justice est effrayant pour les citoyens qui suivent cette affaire et révoltant pour les avocats soucieux des droits de la défense. Le pire étant que cet usage exorbitant était pourtant prévisible et évitable.

Le respect des droits de la défense et la liberté de la presse : des indicateurs inévitables de l’avancée démocratique
L’Etat marocain, à travers une législation pénale ultra répressive et un manque de garanties procédurales, a choisi de laisser un trou béant dans lequel s’infiltre le règne de la peur collective concrétisé par l’action du ministère public.
L’état actuel des droits de la défense au Maroc est l’indicateur législatif de trop qui révèle à quel point l’avancée démocratique nécessite encore de nombreux accomplissements institutionnels.
Oui, depuis que le Maroc entame son long et lent cheminement vers la démocratisation, il a découvert le revers de la médaille (même s’il le connaissait déjà depuis déjà bien longtemps) : avec l’ouverture politique, un phénomène intégriste et conservateur peut sortir de l’ombre.
Oui, les idéologies politiques et/ou religieuses sont multiples et s’affrontent au sein de la société marocaine. Comme partout ailleurs. Les occidentaux apprennent à gérer avec les ultranationalistes, les pays arabes avec les mouvances salafistes : toute société est confrontée aux idéologies extrémistes et aux dangers qu’elles impliquent.
Dans ces conditions, le choix de l’information, de l’éclairage, de la transparence n’est pas infaillible, mais il a l’avantage de laisser aux citoyens la possibilité de choisir leur camp et il a surtout le mérite d’avoir fait ses preuves. « A toute diminution de la liberté de la presse correspond une diminution de civilisation » disait Victor Hugo. La liberté de la presse est depuis toujours un enjeu fondamental d’une société démocratique.
Si le gouvernement marocain actuel ne fait pas le choix sincère de la modernité et de la démocratie, si l’Etat marocain ne protège pas ses journalistes, ses penseurs, ses insolents, le danger le plus grand et le plus effrayant qui guette le pays est celui de l’obscurantisme. La protection dont les citoyens marocains ont besoin c’est, entre autres, celle du droit à se défendre équitablement lorsque le Procureur engage des poursuites infondées.
Abdelatif Laâbi appelle les marocains a cultiver une « pensée vivante, libre, plurielle, critique, insoumise ». Lakome appelle les citoyens à s’informer, à comprendre les tenants et les aboutissants de l’action du gouvernement actuel.
Les justiciables appellent le Ministre de la justice à respecter le projet démocratique qui a été défini par la Constitution de 2011 en procédant à une réforme du code de procédure pénale afin de figer dans le marbre les garanties d’un procès équitable, afin de limiter les pouvoirs exorbitant dont bénéficie systématiquement le ministère publique.
Et s’il est besoin de répéter une fois de plus les prises de position qui pleuvent depuis le 17 septembre, le bon sens appelle le Procureur à prononcer la fin de la garde à vue d’Ali Anouzla et à classer sans suite l’enquête préliminaire menée par la police judiciaire à son encontre.



[1] Disponible at http://www.ccdh.org.ma/spip.php?article5835

Safya Akkori, juriste et membre de Cap Démocratie Maroc.

Chronologie d’un acharnement contre un journaliste indépendant:

 Par Najib Chaouki

Le 17 avril 2013 : Anouzla publie un édito titré Pourquoi cette peur de la Minurso ? Ce texte va à l’opposé de la pensée dominante sur l’affaire du Sahara. 

20 avril 2013 : Suite à la couverture impartiale du site d’informations Lakome de la crise entre le Maroc et le MINURSO sur la question des droits de l’homme au Sahara, Ali Anouzla fait l’objet d’une campagne orchestrée de dénigrement de la part de parlementaires marocains et une partie de la presse proche de l’Etat. 

30 avril 2013 : le Ministère de l’Intérieur marocain nie toute implication de ses services de renseignement dans cette campagne. Le Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) convoque les directeurs de deux médias électroniques (Goud.ma et Febrayer.com) pour avoir publiés une information sur l’implication des services dans cette campagne 

4 juin 2013 : Anouzla publie un édito audacieux sur les absences répétées et prolongées du roi Mohammed V intitulé De l’absentéisme royal 

26 juin 2013 : le Procureur du roi à Fès poursuit Anouzla pour «publication, avec mauvaise foie, d’une information erronée dans le but est de troubler l’ordre public» (art.42 du Code la presse). L’information en question concerne «la mort de 5 personnes à Fès suite à un échange de coups de feu». Ce fait divers s’est avérée effectivement faux et la direction du site l’a immédiatement retiré et s’est excusée auprès de ses lecteurs. Malgré cela, la justice poursuit uniquement Lakome parmi tous les nombreux sites d’infos qui ont publié et publient encore cette intox. 

1 août 2013 : Lakome est le premier à publier l’information de la libération du pédophile espagnol Daniel Galvan, gracié par le roi du Maroc. Le scoop donne lieu à une affaire d’Etat et déstabilise la monarchie marocaine. Les versions francophone et arabophone du site assurent un suivi journalistique minutieux de ce dossier. 

12 septembre 2013 : Anouzla signe un brillant édito sur l’Arabie saoudite, bailleur de fond des contre révolutions en cours en Tunisie et en Egypte. Ce texte sera son dernier. 

14 septembre 2013 : la version francophone de Lakome publie une vidéo de d’AQMI comprenant un appel à commettre des actes terroristes au Maroc. Le site prend soin de préciser que ce contenu est bien une vidéo de propagande. La version arabophone ne publie pas la vidéo, elle renvoie vers le lien de la vidéo publiée sur le blog d’Ignacio Cembrero, journaliste à El Pais. 

17 septembre 2013 : Anouzla est arrêté à son domicile. Une vingtaine de policiers de la BNPJ perquisitionne son ordinateur, livres et documents. Les agents de police le conduisent aux locaux de Lakome où ils procèdent à la saisie de 8 unités centrales de la rédaction de Lakome.
Le procureur du roi auprès de la Cour d'appel de Rabat publie un communiqué informant l'opinion publique de sa décision de demander l'arrestation d'Ali Anouzla suite à la mise en ligne par Lakome d'une vidéo d'Aqmi «incitant au terrorisme». Le journaliste est placé en garde à vue.

Du 17 au 24 septembre : Anouzla est placé en garde vue et poursuivi dans le cadre de la liberticide loi anti-terroriste.
À partir du 17 septembre : Le journaliste est victime une nouvelle fois d’une campagne honteuse de la part de plusieurs partis politiques marocains, d’ONG proches de l’Etat et des sites d’informations affiliés aux services de renseignement. L’Istiqlal, le Mouvement populaire, le Rassemblement national des indépendants, le Mouvement démocratique et social, le Parti du progrès et du socialisme se réunissent en urgence pour publier des communiqués réservés exclusivement à enfoncer le journaliste dans une affaire encore au stade de l’enquête policière. 

20 septembre 2013 : Plus de 50 organisations internationales expriment leur solidarité avec le journaliste et exige sa libération immédiate. Parmi les signataires de cet appel : Freedom House, WAN-IFRA, Article 19, Pen International, etc…à cela s’ajoute les positions de RSF, CJP, Article 19, HRW, Amnesty. Au Maroc, le collectif des ONG des droits de l’homme exige également la libération du journaliste

23 septembre 2013 : Le Comité national pour la liberté d’Ali Anouzla voit le jour. Fatéma Ifriqui est la coordinatrice de cette structure qui compte des avocats, des juristes, des universitaires, des journalistes, des artistes, d'anciens détenus, des militants du mouvement du 20 févier et d'acteurs de la société civile.
Mustapha El Khalfi, ministre de la communication publie un communiqué justifiant les poursuites à l’encontre du journaliste. 

24 septembre 2013 : Après 8 jours de garde à vue, Anouzla est présenté devant un juge d'instruction. Les charges finalement retenues contre lui sont surréalistes : aide volontaire à commettre d'actes terroristes, assistance matérielle et apologie de crimes terroristes. Il est placé dans la maison d’arrêt de Zaki à Salé.

L’édito (AR) HYPERLINK "http://www.lakome.com/رأي/106-editorial/24741-لماذا-يخشى-المغرب-الرسمي-توسيع-صلاحيات-مينورسو-؟.html" http://www.lakome.com/رأي/106-editorial/24741-لماذا-يخشى-المغرب-الرسمي-توسيع-صلاحيات-مينورسو-؟.html et sa traduction au français: http://fr.lakome.com/index.php/chroniques/657-pourquoi-cette-peur-de-la-minurso
L’édito (AR) : HYPERLINK "http://www.lakome.com/رأي/106-editorial/26474-غياب-الملك.html" http://www.lakome.com/رأي/106-editorial/26474-غياب-الملك.html et sa traduction vers le français : http://fr.lakome.com/index.php/chroniques/913-de-l-absenteisme-royal
L’édito (AR) : HYPERLINK "http://www.lakome.com/رأي/106-editorial/30024-السعودية-الخطر-الداهم.html" http://www.lakome.com/رأي/106-editorial/30024-السعودية-الخطر-الداهم.html et sa traduction vers le français: http://fr.lakome.com/index.php/chroniques/1386-l-arabie-saoudite-ce-peril-en-embuscade


vendredi 20 septembre 2013

RSF : Arrestation d’un journaliste après qu'il ait publié une vidéo d’AQMI


Par RSF, 18/9/2013. 
 
Arrestation d'un journaliste après avoir publié une vidéo d'AQMI 
Reporters sans frontières condamne l’arrestation par la police judiciaire de Rabat du directeur du portail d’information arabophone Lakome, Ali Anouzla, le 17 septembre 2013.
“Nous exigeons la libération immédiate de Ali Anouzla qui a publié cette vidéo dans un but purement informatif. Il est inadmissible qu’un journaliste soit poursuivi pour son travail d’information et que les ordinateurs de la rédaction de Lakome aient été saisis”, a déclaré Reporters sans frontières.
“En cas de poursuites engagées à son encontre, nous serons attentifs à ce que l’investigation respecte scrupuleusement les principes d’une enquête indépendante dans une affaire où la liberté d’expression est clairement mise en cause”, a ajouté l’organisation.
Dans un communiqué du parquet de Rabat, publié le 17 septembre, le procureur général du roi déclare que, “suite à la diffusion par le journal électronique Lakome d’une vidéo attribuée à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), comprenant un appel clair et une incitation directe à commettre des actes terroristes dans le Royaume du Maroc, le parquet général a donné ses instructions à la police judiciaire pour procéder à l’arrestation du responsable du dit journal électronique pour enquête”.
Les locaux du portail informatique ont été inspectés par la police judiciaire, qui a saisi les unités centrales des ordinateurs et a interrogé les journalistes sur place. Le journaliste a été placé en garde à vue à la brigade nationale de la police judiciaire de Casablanca, en charge des affaires terroristes. Contactée par l’organisation, l’avocate du journaliste, Maître Naima Guellaf, a déclaré ne pas être autorisée par le procureur général à entrer en contact téléphonique ou physique avec son client avant le vendredi 20 septembre 2013.
La direction de la version francophone du portail Lakome a condamné sur son site l’arrestation du directeur de Lakome arabophone et précise que le portail n’a fait que publier un lien vers la vidéo. Elle a ajouté qu’il s’agissait d’une vidéo de propagande présentée comme telle dans le cadre d’un article datant du 14 septembre consacré au réseau AQMI, organisation pour laquelle, aucun des portails ne prend parti.
Elle rappelle que la diffusion de vidéos d’AQMI est “une pratique constatée dans les médias internationaux. (...) La vidéo d’AQMI avait par exemple été relayée sur le site d’informations Huffington Post (France) tandis que des médias comme L’Express ou LCI publiaient un lien pour que leurs lecteurs puissent consulter cette vidéo sur Youtube”.
Le ministre de la Justice, Mustapha Ramid, a annoncé dans un communiqué distinct que le gouvernement marocain avait l’intention de porter plainte en Espagne contre le quotidien El Pais pour avoir diffusé cette même vidéo sur son site internet. Selon le correspondant Afrique du Nord du quotidien, Ignacio Cembrero, contacté par Reporters sans frontières, le journal pourrait être poursuivi pour “apologie du crime”.
La vidéo, intitulée “Maroc : le royaume de la corruption et du despotisme”, a été diffusée au cours de la semaine dernière sur différents supports électroniques avant d’être suprimée par Youtube pour “contenu violent”.
Ali Anouzla est connu pour ses articles critiquant la politique du gouvernement marocain et réclamant une plus grande liberté de la presse. Le journal Lakome avait notamment été le premier à révéler l’affaire dite “Danielgate” du pédophile espagnol, Daniel Galván, gracié par erreur par le roi du Maroc.
Cela n’est pas la première fois que le journaliste est inquiété par la justice marocaine. Depuis le 17 juin 2013, il est poursuivi pour avoir publié un article relatif à une rixe tribale ayant fait des victimes dans un quartier de Fès. Malgré le fait qu’il ait immédiatement retiré l’information et publié un démenti, il a été accusé d’avoir publié de manière préméditée de fausses informations (article 42 du code de la presse du Maroc). Il a été convoqué par les services de police de Fès et mis en examen. Le procès initialement prévu pour le 26 juillet a été reporté à la fin du mois de septembre.
Contacté par Reporters sans frontières, Ali Anouzla avait alors expliqué qu’il était victime d’une campagne de harcèlement et d’acharnement judiciaire. La fausse information en question avait été lancée par le portail Rasd. Ce dernier a publié, le 18 juillet dernier, un article expliquant que la nouvelle a été inventée pour montrer que certains journalistes étaient ‘’peu scrupuleux’’ dans la vérification de leurs informations. Plusieurs sites, tels que Hibapress.com ou scoop.ma, avaient également relayé cette même fausse nouvelle et ne sont pas à ce jour poursuivis.
Anciennement directeur et rédacteur en chef du quotidien Al-Jarida Al-Oula, Ali Anouzla avait été mis en examen en 2009 par le tribunal de Rabat suite à un article publié sur l’état de santé du Roi citant une source médicale anonyme. Le parquet général l’avait alors poursuivi pour “délit de publication de fausses informations avec mauvaise intention, d’allégations et de faits mensongers”.

http://fr.rsf.org/maroc-arrestation-d-un-journaliste-apres-18-09-2013,45195.html

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Edito de Aufait :Libérer Ali Anouzla


 Par A.Sedrati,




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Autant l'arrestation du journaliste Ali Anouzla est une mesure excessive et contre productive, autant sa défense au nom d’une sacro sainte liberté d’expression ou liberté de la presse est délicate.
Youtube a jugé que la vidéo faisait trop appel à la violence et a stoppé sa publication. En effet, le film incriminé est clairement un contenu de communication marketing d’Aqmi, incitant les Marocains à renverser la monarchie et à s’engager dans le jihad. Or la responsabilité d’un journaliste est aussi de contrôler le contenu de ce qu’il publie, pour qu’il soit conforme aux droits universels et à la législation nationale.
Tout le monde sait que les mouvances terroristes cherchent à faire le plus de propagande possible pour leurs idéologies, et ce afin de recruter à travers le monde de nouveaux adeptes. Afficher une telle vidéo revient finalement à distribuer des centaines de milliers de tracts appelant au jihad guerrier contre l’Occident, à la destruction de la monarchie, de la bourgeoisie marocaine et de tous ceux qui s’opposent à l’application de la charia.
On peut en parler pour informer le public et faire notre travail de journaliste mais sans pour autant transformer nos médias en tribunes au service d’Aqmi, Al Nosra ou Al Qaïda.
Ali Anouzla devait certainement être rappelé à l’ordre pour qu'il retire la vidéo publiée sur son site, mais personne ne peut penser un instant qu’il serait un proche de cette mouvance, au point de mériter d’être enfermé et poursuivi.

samedi 8 juin 2013

Amnesty brosse un sombre tableau des droits de l’Homme au Maroc, le Maroc refuse la vérité


Résumé de yabiladi, 23/5/2013  
 
Prévisible. Le rapport annuel 2013 d’Amnesty international, publié aujourd’hui, brosse un sombre tableau de l’état des droits de l’Homme au Maroc, en voici les principaux points noirs.

 D’emblée, Amnesty international pointe du doigt les autorités, responsables selon elle, «des restrictions à la liberté d’expression et engagé des poursuites contre des détracteurs de la monarchie et des institutions étatiques, ainsi que contre des Sahraouis partisans de l’autodétermination ». Ce sont là les principaux griefs d’AI contre l’Etat marocain. L’association revient sur le sit-in organisé par une vingtaine d’opposants à la cérémonie d’allégeance : « En août, la police a eu recours à une force excessive envers des personnes qui protestaient devant le Parlement à Rabat contre une cérémonie annuelle commémorant l’accession du roi au trône. Un journaliste qui couvrait l’événement a également été maltraité ».

Lutte contre le terrorisme, le cas de deux MRE
Dans la rubrique terrorisme, Amnesty accorde une importance particulière à deux MRE : Ali Aarass, un belgo-marocain et Mohamed Hajib, un germano-marocain. Madrid avait extradé, le premier en décembre 2010, suite à une demande de Rabat.  AI estime que cette extradition est une « violation des mesures provisoires ordonnées par le Comité des droits de l’homme [ONU] car il risquait d’être torturé et maltraité au Maroc. Il aurait été contraint de faire des « aveux » sous la torture ». Novembre 2011, il est condamné, en première instance à 15 ans de prison, réduite, en appel à 12 ans. Une peine qui pourrait être revue à la baisse, en fin d’année, lorsque la cour de cassation statuerait sur ce dossier.
L’affaire du deuxième MRE est plus grave pour l’image du pays sur la scène internationale. Le Groupe de travail sur la détention arbitraire, relevant de l’ONU, a conclu, en août, que la détention de Hajib est « arbitraire ». Et demandé aux autorités marocaines de le libérer. Amnesty déplore que la condamnation de Mohamed Hajib, à 10 ans de prison en 2010, s’appuyait « sur la base d’aveux qui auraient été obtenus sous la torture pendant sa détention provisoire, en l’absence d’un avocat. Ses allégations de torture n’ont pas fait l’objet d’une enquête ».

La torture dans les prisons et les locaux de la police
Le vendredi 17 mai, un communiqué d’Amnesty accusait les autorités marocaines de torturer six détenus sahraouis. Dans son rapport, l’ONG revient sur le sujet. « De nouvelles informations ont fait état d’actes de torture et de mauvais traitements infligés notamment sur des personnes détenues aux fins d’interrogatoire par des agents de la Direction de la surveillance du territoire (DST) ». AI rappelle, à cet effet, que « la visite au Maroc en septembre, le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture a fait observer que les actes de torture étaient plus répandus lorsque les autorités considéraient que la sécurité nationale était menacée. Il a ajouté que les allégations de torture débouchaient rarement sur des poursuites à l’encontre des auteurs ».
Amnesty ne se contente pas de citer le document de Juan Mendez, elle évoque également, les conclusions du rapport du CNDH, rendu public en octobre, sur les conditions d’incarcérations dans les prisons du royaume. L’organisme étatique y a signalé « que les membres du personnel pénitentiaire continuaient de maltraiter les détenus et que ces agissements faisaient rarement l’objet d’enquêtes ».

Les Subsahariens, victimes de torture
Le rapport 2013 d’Amnesty est intitulé : « un monde de plus en plus dangereux pour les réfugiés et les migrants ». « Partout dans le monde, les États se montrent davantage désireux de protéger leurs frontières nationales que les droits de leurs citoyens et ceux des hommes et des femmes qui viennent chercher refuge ou de meilleures chances chez eux ». Au Maroc, les migrants, notamment les Subsahariens, ne sont guère mieux lotis. « Les réfugiés et les demandeurs d’asile risquaient d’être victimes d’agressions et de mauvais traitements », constate l’ONG.
« En septembre, le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture a signalé que les « actes d’agression, les violences sexuelles et d’autres formes de mauvais traitements » envers les migrants en situation irrégulière étaient en augmentation. Il a prié les autorités d’enquêter sur les informations faisant état de « violence contre les migrants subsahariens » et de prévenir le renouvellement de ces pratiques ». Faisant fi de ces appels, les forces de l’ordre mènent, depuis plusieurs jours, dans les forêts de Nador une campagne contre les Subsahariens pour les empêcher d’entrer à Melilla.

Au Sahara et dans les camps de Tindouf
« Les autorités continuaient de s’en prendre aux défenseurs sahraouis des droits humains et aux partisans de l’autodétermination du Sahara occidental ». Amnesty souligne, dans son rapport, que les 23 détenus dans le procès Gdim Izik, « se sont plaints d’avoir été torturés ou maltraités en détention ».
Fidèle à une ligne de conduite bien ancrée, Amnesty a passé sommairement l’état des droits de l’Homme dans les camps de Tindouf. « Cette année encore, le Front Polisario n’a pris aucune mesure pour amener à rendre compte de leurs actes les personnes accusées d’avoir commis des atteintes aux droits humains durant les années 1970 et 1980 dans les camps qu’il contrôlait ». Aucune mention de la détention du chanteur dissident Allal Najem  et des agressions physiques qu’il a subies ou de la déportation de Mustapha Selma en Mauritanie.

Amnesty déplore que le Maroc refuse l’égalité dans l’héritage
« Les femmes et les filles étaient victimes de violences sexuelles et de discrimination dans la législation et dans la pratique ».  Bien que le gouvernement ait entamé en novembre le processus devant aboutir à l’adhésion du Maroc au Protocole facultatif à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, adoptée en 1997 par l’Assemblée générale de l’ONU, il maintient toujours ses réserves sur certains articles  non conforme à la charia.
« Le gouvernement a rejeté une recommandation formulée dans le cadre de l’Examen périodique universel qui l’invitait à réviser le Code de la famille pour garantir l’égalité entre les hommes et les femmes en matière d’héritage ». Amnesty regrette  que « les hommes coupables de viol pouvaient toujours échapper aux poursuites en épousant leur victime ». Une année et deux mois après le suicide d’Amina Filali, le cabinet Benkirane n’a pas, encore, daigné modifier l’article 475 du code pénal.

Source :  yabiladi.com
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Texte complet de l'extrait consacré au Maroc et au Sahara occidental du rapport annuel d'Amnesty International :
En français : http://www.amnesty.org/fr/region/moroccowestern-sahara/report-2013
En anglais : http://www.amnesty.org/en/region/moroccowestern-sahara/report-2013
En arabe : http://www.amnesty.org/ar/region/moroccowestern-sahara/report-2013
 
Merci de consulter régulièrement notre page « Avec Amnesty pour les droits dans la région Moyen Orient et Afrique du Nord » mise à jour régulièrement www.facebook.com/AmnestyMoyenOrientAfriqueduNord cet espace est public, vous n'avez pas besoin d'une page facebook personnelle.
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Comme à l'accoutumée, le Maroc n'accepte pas les rapports -qui vont pourtant tous dans le même sens, preuves à l'appui- qu'il estime partiaux et éloignés de la vérité (ndlr)
  Rapport. Le Maroc juge « partial » le dernier rapport d’Amnesty international. « Le Maroc est à l’écoute des rapports des ONG, mais comme à l'accoutumée, Amnesty a inclus dans son document de 2013 de nombreux aspects négatifs en se basant uniquement sur des informations infondées sans pourtant vérifier leur véracité auprès des autorités publiques concernées », a déclaré jeudi à Atlasinfo le Délégué interministériel aux droits de l’Homme, Mahjoub El Hiba. 
Ce dernier s’est inscrit en faux contre l’affirmation selon laquelle les recommandations de l’Instance équité et réconciliation (IER) -un organisme dissout après avoir contribué à tourner la page des violations des droits de l’Homme durant les années de plomb 1970 à 1990, « n’ont pas été mises œuvres ». De l’avis même de nombreux pays démocratiques, le Maroc a réussi grâce à l’IER, une expérience unique en Afrique et dans le monde arabe, à franchir d’importantes étapes dans la promotion des droits de l’Homme. « Je rappelle que la quasi-totalité des recommandations sur les réparations individuelles a été mise en œuvre alors que les projets de réparation communautaire sont intégrés dans des processus régionaux auxquels sont associées des ONG et les autorités locales », a affirmé ce responsable. 
Quant aux autres recommandations, « elles ont trouvé leur place dans la nouvelle constitution, en se plaçant comme l’un de ses référentiels », a-t-il souligné. Amnesty International reproche aux autorités marocaines des restrictions dans le domaine de la liberté d’expression, d’association et de réunion, le recours aux arrestations et la poursuite des journalistes, ainsi que la répression à l’encontre de plusieurs activistes et membres d’associations. Le rapport relève également « l’usage excessif de la force pour disperser des manifestations. » Par ailleurs, le rapport révèle une situation inhumaine concernant les affaires se rapportant au terrorisme et aux migrants « Dans les affaires de terrorisme et d’infractions liées à la sécurité, les suspects risquaient d’être torturés et autrement maltraités, et d’être jugés au cours de procès inéquitables. Des migrants, des réfugiés et des demandeurs d’asile ont été la cible d’attaques. ».  
Le 2 Minutes

mercredi 6 février 2013

Human Rights Watch critique le soutien de l’Occident à la monarchie marocaine

Human Rights Watch critique le soutien de l'Occident à la monarchie marocaine

Dans son rapport pour l’année 2012, l’organisation des droits de l’homme Human Rights Watch estime que la situation des droits humains au Maroc présente un bilan mitigé.

Dès le début du rapport, l’ONG critique le soutien de l’Occident au Maroc et à sa monarchie : "On parle beaucoup des modestes réformes adoptées par le Maroc au lieu de pousser sa monarchie à aller plus loin. Le message envoyé est que l’Occident est disposé à tolérer les autocrates arabes qui appuient les intérêts occidentaux et qu’il ne suivra le train des réformes que lorsque celui-ci sera sur le point d’arriver à destination".
 
Ensuite, l’ONG internationale revient sur la répression policière de manifestations et les "procès injustes" de leurs instigateurs, la liberté de la presse et la liberté d’expression souvent bafouées. En exemple, HRW cite les procès politiques du journaliste Rachid Nini, du responsable de l’AMDH Seddik Kebbouri, et du rappeur Mouad Belghouat allias Lhaqed.
Les abus policiers contre les subsahariens, l’agression du député Abdessamad Idrissi, le suicide d’Amina Filali, le retrait de l’accréditation du journaliste AFP Omar Brousky et le travail d’enfants sont également pointés du doigt.
Plus positif, HRW note que les autorités marocaines ont autorisé la visite en septembre dernier, du rapporteur spécial de l’ONU sur la torture au Maroc et au Sahara.
Human Rights Watch relate dans son 23e rapport, plusieurs autres évènements survenus au Maroc en 2012, avec un peu plus de négatif que de positif...

 http://www.bladi.net/hrw-critique-monarchie-marocaine.html
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En illustration du rapport : 
Par Greta Alegre, 6/2/2013
Vous ne trouvez pas cela bizarre vous ? Ces métallos venant de Belgique et de France en bus, sont arrêtés et fouillés un par un 1 heure avant d'arriver à Strasbourg. Ca commençait bien. Arrivés à Strasbourg où ils venaient, non pour manifester violemment, mais pour faire savoir au Parlement qui siégeait à ce moment leurs propositions et revendications concernant les pôles industriels en Europe. LEGITIME NON ? Eh bien on les reçoit avec des lacrymos, des matraques etc... Il y a vraiment quelque chose qui ne va plus dans nos pays "soi-disant démocratiques ".
Aujourd'hui à Strasbourg : par terre, Greg, métallo d' ArcelorMittal à Florange.
Aujourd'hui à Strasbourg : par terre, Greg, métallo d' ArcelorMittal à Florange.

mardi 5 février 2013

Etat des lieux des Droits Humains au Maroc

  • Bruxelles, le 29/01/2013
    Invitation
    Conférence de presse

      État des lieux des Droits Humains au Maroc

     

     Mesdames, Messieurs, chers amis et sympathisants,

    Notre Section de Bruxelles, en collaboration avec celles de Madrid, de Paris et de Lille que l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH) vient de fonder en Europe, vous invite à la conférence de presse qui se tiendra

    le 16 février de 10 h à 12 : 30 h 
     Au 5/7 Rue du Miroir
    1000 Bruxelles

    Tout indique que la situation des droits humains ne cesse de se dégrader lamentablement au Maroc. Lors de son passage d’inspection au Maroc, l’émissaire de l’ONU, Juan Mendez affirme que « l’usage de la torture est systématique au Maroc pour les cas impliquant des manifestants anti-gouvernementaux et ceux qui sont accusés de terrorisme » ; alors que le CNDH (Conseil National des Droits de l’Homme), pourtant un organisme officiel de l’Etat, ne peut plus cacher que la situation dans les prisons marocaines est effroyable, où les détenus subissent torture et autres « traitements cruels, inhumains ou dégradants ».

    Tout est verrouillé au Maroc, au moment où les peuples se révoltent au Maghreb et en Orient, à la recherche d’un changement significatif où se conjuguent démocratie et prospérité. Les atteintes à la liberté d’expression sont dévastatrices. Censure et interdictions des journaux ont mis nombre de journalistes sur les chemins de l’exil. Les libertés syndicales sont gravement barricadées. Et les militants des droits humains sont le point de mire de l’État qui ne souffre point de contrepouvoir. De même pour les contestataires du Mouvement du 20 février qui sont intimidés, arrêtés, torturés et exposés à de lourdes condamnations de prison, quand ils ne sont pas assassinés, pour le seul motif d’aspirer à la construction de l’État de Droit.

    Dans cette conférence de presse, un panel de citoyens et de militants des droits humains, ainsi que des familles de prisonniers et des témoins de la répression, auront l’occasion de vous étaler l’étendue des violations subies, et d’informer l’opinion nationale et internationale sur les atteintes coercitives et extrajudiciaires, qui curieusement, restent sous une chape de silence généralisé, sans précédent.

    Notre but est d’exiger du Maroc de respecter les principes des chartes dont il est signataire, tout en dénonçant l’impunité dans tous les domaines, dont jouissent, durant des décennies, les tortionnaires et les responsables.

    Dans l’attente de vous rencontrer, veuillez agréer, Mesdames, Messieurs, chers amis et sympathisants, l’assurance de nos meilleurs sentiments.
    Invitation 
Conférence de presse

Etat des lieux des Droits Humains au Maroc

         Bruxelles, le 29/01/2013


Mesdames, Messieurs, chers amis et sympathisants,

Notre Section de Bruxelles, en collaboration avec celles de Madrid, de Paris et de Lille que l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH) vient de fonder en Europe, vous invite à la conférence de presse qui se tiendra 

le 16 février de 10 h à 12 : 30 h - Au 5/7 Rue du Miroir, 1000 Bruxelles

Tout indique que la situation des droits humains ne cesse de se dégrader lamentablement au Maroc. Lors de son passage d’inspection au Maroc, l’émissaire de l’ONU, Juan Mendez affirme que « l’usage de la torture est systématique au Maroc pour les cas impliquant des manifestants anti-gouvernementaux et ceux qui sont accusés de terrorisme » ; alors que le CNDH (Conseil National des Droits de l’Homme), pourtant un organisme officiel de l’Etat, ne peut plus cacher que la situation dans les prisons marocaines est effroyable, où les détenus subissent torture et autres « traitements cruels, inhumains ou dégradants ».

Tout est verrouillé au Maroc, au moment où les peuples se révoltent au Maghreb et en Orient, à la recherche d’un changement significatif où se conjuguent démocratie et prospérité. Les atteintes à la liberté d’expression sont dévastatrices. Censure et interdictions des journaux ont mis nombre de journalistes sur les chemins de l’exile. Les libertés syndicales sont gravement barricadées. Et les militants des droits humains sont le point de mire de l’Etat qui ne souffre point de contrepouvoir. De même pour les contestataires du Mouvement du 20 février qui sont intimidés, arrêtés, torturés et exposés à de lourdes condamnations de prison, quand ils ne sont pas assassinés, pour le seul motif d’aspirer à la construction de l’Etat de Droit.

Dans cette conférence de presse, un panel de citoyens et de militants des droits humains, ainsi que des familles de prisonniers et des témoins de la répression, auront l’occasion de vous étaler l’étendue des violations subies, et d’informer l’opinion nationale et internationale sur les atteintes coercitives et extrajudiciaires, qui curieusement, restent sous une chape de silence généralisé, sans précédent.

Notre but est d’exiger du Maroc de respecter les principes des chartes dont il est signataire, tout en dénonçant l’impunité dans tous les domaines, dont jouissent, durant des décennies, les tortionnaires et les responsables.

Dans l’attente de vous rencontrer, veuillez agréer, Mesdames, Messieurs, chers amis et sympathisants, l’assurance de nos meilleurs sentiments.