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mercredi 2 novembre 2016
Khadija Ryadi : MAROC. "La mort de Mouhcine Fikri est celle de trop"
Libellés :
Khadija Ryadi,
mort de Mohcine Fikri
mardi 23 août 2016
Khadija Ryadi : « Le Maroc est en pleine régression sur le plan des droits de l’Homme »
Les relations entre les ONG des droits de l'Homme et les autorités marocaines se sont tendues ces dernières années. Interdictions de manifester ou de se réunir, répressions policières, ennuis judiciaires, sont les exemples récents pointés par les associations réunis autour du collectif RAVI. Pour dresser un panorama de la situation des droits humains et libertés publiques au Maroc, le journaliste Hicham Mansouri (lui-même ayant eu des ennuis avec les autorités) a interviewé la militante Khadija Ryadi, ancienne présidente de l'Association marocaine des droits de l'Homme.
Comment pouvez-vous qualifier la situation actuelle des droits
humains au Maroc ?
Il est difficile d’exposer rapidement la situation des droits humains au
Maroc. Mais pour rester sur les tendances principales et les indicateurs les
plus parlants, on peut dire sans hésitation que nous sommes dans une période de
régression. Il faut dire aussi que la situation des libertés au Maroc n’a
jamais été stable. Elle a toujours connu des hauts et des bas. On avance et on
recule. Deux moments ont connu des avancées tangibles : les années 90 du
siècle précédent puis la période du mouvement du 20 février.
Les années 90 sont le moment où la marge de liberté a été la plus large. La
majorité des prisonniers politiques ont été libérés, la presse indépendante se
développe. L’Etat a reconnu pour la première fois ses torts et ses crimes du
passé. La question des droits de l’Homme est devenue objet de récupération et
non plus de répression directe et féroce comme avant.
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état des lieux des ddH,
Khadija Ryadi,
régression
lundi 15 février 2016
Khadija Ryadi «Au Maroc, la lutte contre le terrorisme est utilisée pour opprimer les dissidents»
Extrait 1 : "Avec cette vague de répression contre les
défenseurs de droits humains lancée ces derniers mois, les rapports des ONG
internationales ont beaucoup changé. Le Réseau euro-méditerranéen des droits de
l'homme, la FIDH, Amnesty International dans son rapport sur la torture en 2015,
Human Rights Watch, ont émis des rapports très critiques sur le Maroc.
Maintenant, même les ONG internationales ont des problèmes avec le Maroc. Deux enquêteurs d'Amnesty International ont été expulsés. Human Rights Watch n'est plus acceptée. La représentante de la Fondation Friedrich Naumann a été forcée de quitter le Maroc. Les ONG internationales ont du mal à travailler au Maroc. Même s'ils soignent cette image, ça ne peut pas durer.
Et les pays européens défendent leurs intérêts et ferment les yeux sur ces violations. Ils savent que tout cela est une fausse image mais ils continuent à ne pas faire pression sur le Maroc parce qu'ils ont des intérêts communs. Ils ferment aussi les yeux sur la répression des migrants parce que ça les arrange. Ils ont besoin des services du Maroc dans la lutte antiterroriste. Ils ferment les yeux sur les abus des autorités parce qu'ils en profitent."
Maintenant, même les ONG internationales ont des problèmes avec le Maroc. Deux enquêteurs d'Amnesty International ont été expulsés. Human Rights Watch n'est plus acceptée. La représentante de la Fondation Friedrich Naumann a été forcée de quitter le Maroc. Les ONG internationales ont du mal à travailler au Maroc. Même s'ils soignent cette image, ça ne peut pas durer.
Et les pays européens défendent leurs intérêts et ferment les yeux sur ces violations. Ils savent que tout cela est une fausse image mais ils continuent à ne pas faire pression sur le Maroc parce qu'ils ont des intérêts communs. Ils ferment aussi les yeux sur la répression des migrants parce que ça les arrange. Ils ont besoin des services du Maroc dans la lutte antiterroriste. Ils ferment les yeux sur les abus des autorités parce qu'ils en profitent."
Extrait 2 : "La monarchie continue à être omniprésente. Le roi préside un ensemble d'institutions exécutives, législatives, religieuses, sécuritaires. On a attendu que le rapport de forces soit de nouveau en faveur des autorités pour sortir les lois organiques et on est en train de sortir des lois qui sont en contradiction avec la Constitution. Par exemple, le droit de l'information est une chose acquise dans la Constitution (article 27), mais on ne voit pas la concrétisation de ce droit au niveau des lois puisqu'il le projet de loi en cours de préparation contient énormément de conditions pour avoir accès à l'information. Une association qui forme des journalistes d'investigation a d'ailleurs des problèmes avec les autorités. On ne veut donc pas de journalisme qui permette au citoyen d'avoir accès à l'information."
Non, ça jamais ! Tout d'abord, il faut dire qu'être victime de diffamation, c'est une nouvelle forme de répression dont je ne suis pas la seule victime. Un ensemble d'activistes en sont victimes. Il y a des organes de presse qui ne travaillent que sur ça. Ils sont spécialisés dans ce genre d'articles. Tout le monde les connaît. Je ne laisserai jamais tomber. C'est un devoir de militer pour les libertés dans son pays. C'est un devoir de citoyen."
--
Salutations militantes,
Pour le bureau de
l'AMDH-Paris/IDF
Khadija Ryadi (sur Mediapart): «Au Maroc, la lutte contre le terrorisme est utilisée pour opprimer les dissidents»
mercredi 28 janvier 2015
PARLEMENT EUROPEEN - Droits de l'Homme
Zakaria Moumni, 21/01/2015
L'eurodéputé Marie-Christine Vergiat a évoqué le cas de Zakaria Moumni,
"victime de tortures au Maroc, au coeur d'un imbroglio diplomatique
entre la France et le Maroc" en Commission des Droits de l'Homme au
Parlement européen le 21 janvier 2015. Elle a cité Madame Khadija Ryadi
"comme figure symbolique de la répression des ONG au Maroc" avant de
mentionner le cas de Wafaa Charaf et des nombreux prisonniers politiques
au Maroc.
à partir de la minute 34 : 26
http://www.europarl.europa.eu/…/Committee-on-Human-Rights-m…dimanche 30 novembre 2014
Marrakechة les 27,28,29 et 30/11/2014: Forum/carnaval des "droits humains" patronné par le makhzen marocain

Malgré les intempéries, en risquant leur vie, des militant-es des droits humains, des victimes des violations, des victimes de l'arbitraire, des laissé-es pour compte, des marginalisé-es, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, tous et toutes se sont retrouvé-es à Marrakech pour exprimer vivement leur colère contre l’État marocain, l’État où le despotisme règne sans partage et ce, devant ceux et celles qui sont venu-es d'ailleurs, dont la majorité est constituée de personnes qui sont, soit bernées par la propagande du makhzen et de ses appendices, soit elles sont là comme des simples parvenues attirées par le mirage des orgies dont l'Etat marocain passe en maître d'organisation, surtout que c'est le peuple qui paie la facture....
Ali Fkir, le 30 novembre 2014

La militante Khadija Ryadi, symbolise au niveau mondial le mouvement de la défense des droits humains au Maroc, les droits humains dans leur globalité et universalité.
Elle a été récompensée par les Nations Unies tels Martin Luther King, Nelson Mandela...Le makhzen et son appendice le CNDH, ne l'ont pas invitée au forum/carnaval des "droits de l'Homme" organisé par les services du ministère de l'intérieur et ses appendices à Marrakech les 27, 28, 29, 30 novembre 2014. Ils ont raison car, d'une part ce n'est pas un forum pour la promotion des droits humains dans un pays où les citoyens, sans droits de citoyenneté, sont étouffés, et donc la place de Khadija et de ses semblables ne peut s'y trouver, d'autre part, les organisateurs savent que Khadija et les marocain-es libres boycotteraient ce type d'activités douteuses.
AFRIK. COM présente ainsi Khadija:
"La militante marocaine des droits de l’Homme, Khadija Ryadi, a été récompensée par le Prix des Nations Unies pour la cause des droits de l’Homme. La « baroudeuse » des droits humains au Maroc, par ailleurs ex-présidente de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), s’est vue décerner son prix par cinq autres lauréats. Ryadi se bat depuis des années pour réclamer la libération des prisonniers politiques et d’opinions embastillés au Maroc. Son acharnement lui a valu, à plusieurs reprises, pressions et harcèlements en tout genre, des services secrets marocains.
Mais, au lieu de dédier son prix au « Commandeur des croyants », Mohammed VI, comme il est de coutume au Maroc, Khadija Ryadi a préféré le dédier à tous les détenus politiques du pays, ainsi qu’à toutes les personnes emprisonnées pour leurs opinions, à commencer par les activistes du Mouvement du 20 février. Elle a d’ailleurs saisi l’occasion pour exiger leur libération. ...."
samedi 25 octobre 2014
Khadija Ryadi à Nancy, Dijon et Strasbourg sur "le rôle de l’impunité" (6, 7 et 8 novembre)
« Le point le plus important, aujourd’hui,
c’est que l’impunité règne au Maroc. C’est elle qui autorise les violations
graves des droits de l’homme commises par l’État car ses responsables ne sont
jamais poursuivis pour leurs crimes. La justice marocaine n’est pas
indépendante, elle est instrumentalisée par le pouvoir et permet de blanchir
ceux qui se rendent coupables de violations des droits de l’homme. Les
détournements de fonds publics, le pillage des ressources naturelles du Maroc
par des entreprises ou des individus, sont des crimes mais ne sont jamais punis
et cela encourage d’autres à agir de même. » K. RYADI.
- ATMF Nancy >>> Jeudi 6 novembre 2014 à 20 h au MJC Pichon – 7, Boulevard du Recteur Senn, 54000 Nancy
- ATMF Dijon >>> Vendredi 7 novembre 2014 à 20h à la Maison des associations 2 rue des corroyeurs, Dijon en partenariat avec AMDH, CNT, LDH
- ATMF Strasbourg >>> Samedi 8 novembre 2014 à 16h30 à la maison des Associations – Salle Marguerite Yourcenar – Rez-de-chaussée, 1ª place des Orphelins – 67000 Strasbourg.
Source et suite : http://amdhparis.org/wordpress/?p=1769
--
Salutations militantes,
Pour le bureau de
l'AMDH-Paris/IDF
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IMPUNITÉ,
Khadija Ryadi,
Strasbourg
samedi 26 avril 2014
Instance Equité et réconciliation, dix ans après…
Instance Equité et réconciliation, dix ans après…
Une décennie s’est écoulée depuis la mise en place de l’Instance Équité et Réconciliation (IER), chargée de « solder » les sombres années de plomb. Dix ans et une Constitution plus tard, peut-on dresser un bilan de cette expérience unique en son genre dans le monde arabe ? A-t-elle été au niveau des attentes ?Nous célébrons, en ce mois d’avril, le dixième anniversaire de la mise en place par le roi Mohammed VI de l’Instance Équité et Réconciliation (IER). Cette commission, alors présidée par Driss Benzekri, ancien détenu politique, a été chargée de faire la lumière sur les atteintes aux droits de l’homme, perpétrées par l’État entre 1956 et 1999. Disparitions, détentions arbitraires, tortures,… Pas moins de 22 000 témoignages sont recueillis par l’IER en deux ans. De la répression de la révolte du Rif, aux emmurés de Tazmamart, en passant par la traque des opposants de gauche, Driss Benzekri et ses 15 commissaires, tous nommés par décret royal, réalisent un énorme travail de recensement en analysant quelque 16 000 dossiers de victimes. Les téléspectateurs marocains se souviennent sans doute de ces émouvantes auditions publiques, diffusées en direct sur la chaîne nationale et au cours desquelles les victimes racontent leurs calvaires. Mais, si l’IER a eu le mérite de donner la parole aux victimes des années de plomb, ceux-ci ont été empêchés de révéler l’identité de leurs tortionnaires. Cette clause d’impunité, acceptée par les membres de l’IER, a été vivement critiquée par différentes ONG ainsi que les partis de la gauche radicale.
Dix ans après, l’heure est au bilan.
Si des milliers de familles de victimes ont été indemnisés, des dizaines d’autres cas restent à nos jours non élucidés. Et tandis que l’IER était à peine mise en place par le roi, des milliers d’islamistes, arrêtés au lendemain des attentats du 16 mai 2003, faisaient relayer les moult sévices qu’ils auraient subi dans différents centres de détention. Les associations de défense des droits de l’homme, aussi bien au Maroc qu’à l’étranger, n’hésitent pas à affirmer que les exactions en matière de droits humains persistent aujourd’hui encore dans le royaume. Une image que la monarchie a auparavant essayé d’adoucir à travers la création de l’IER, une expérience comparée, par le discours officiel, aux actions latino-américaines en matière de justice transitionnelle. Ce que réfute avec vigueur Khadija Ryadi, ex-présidente de l’AMDH, pour qui il n’existe « aucune garantie sur le fait que des violations des droits de l’homme ne soient à nouveau perpétrées au Maroc ». Un constat moyennement partagé par Khadija Rouissi, députée PAM et ancienne conseillère de Driss Benzekri, qui, tout en nuançant le bilan de l’IER, tient à assurer que cette expérience a « contribué à l’avancée du Maroc en matière de démocratie et de droits-de-l’hommisme».
Pouvez-vous nous donner votre appréciation sur le bilan de l’IER depuis sa création, il y a dix ans ?
Pour finir, je dirais que l’IER est une expérience qui a contribué au processus d’avancement au Maroc. Il faut avoir connu la répression pour réaliser l’immense progrès.
Les recommandations de l’IER ont été rédigées dans un rapport rendu public en 2005. Comment se fait-il que presque dix années après, l’État soit toujours réticent à l’application de la plupart d’entre elles ?
K. Ryadi : Cela n’est pas étonnant, vu que ceci nécessiterait de grandes concessions politiques que l’État refuse de faire. D’ailleurs, les limites se sont annoncées par les bases de travail posées par l’Instance. Les ambitions se sont retrouvées très réduites lorsque l’on sait par exemple qu’il n’était pas question de pointer du doigt les responsables des graves violations des droits de l’homme. Dans la même veine, l’IER s’est contentée de délimiter son champ d’action seulement sur les cas de disparitions forcées et d’arrestations arbitraires, en ignorant tous les autres types de sévices. Heureusement que grâce à la pression des ONG, ce dernier point a été révisé dans la pratique. Depuis, le mouvement des droits humains ne cesse de réclamer l’application des recommandations, toujours sans succès.
L’IER a en effet clairement délimité son champ de travail notamment sur la question des responsabilités.
Ce choix est-il préjudiciable pour les familles des victimes ? Et peuvent-elles réellement faire leur deuil sans la désignation de coupables ?
K. Rouissi : Je considère que ce problème ne doit pas être imputable à la seule IER. Nous avons besoin dans ce pays d’une justice capable d’être saisie en cas de violations des droits humains. La première condition est évidemment qu’elle soit totalement indépendante. Par ailleurs, la question de la responsabilité ne doit pas faire l’objet de raccourcis simplistes. Je prends de nouveau mon cas personnel comme exemple. Supposons que demain, j’aille porter plainte auprès d’un tribunal, car je suis capable d’identifier certains noms impliqués dans l’assassinat de mon frère à l’époque des faits. À partir de là, il faudrait que l’autorité soit capable d’identifier clairement les commanditaires, les exécutants et les complices. L’idée de Driss Benzekri (président de l’IER, ndlr) était de permettre à l’Instance, non pas de régler tous les problèmes sur le champ, mais de favoriser l’éclosion d’une justice capable de prendre en main ce type de dossiers. De plus, l’IER n’a jamais amnistié les coupables. Elle a toujours gardé ouverte cette porte de la responsabilisation et de la lutte contre l’impunité. Je vous rappelle d’ailleurs que tout au long du travail de l’IER, les médias se sont empressés de publier la liste des responsables des sévices lors des années de plomb. Un travail repris de la liste des 40 noms que nous avions publiés, à l’époque, au sein du Forum Vérité et Justice, en compagnie de l’AMDH.
K. Ryadi : La réponse à votre question est bien évidement « non » ! Le point de départ serait d’abord que l’État présente officiellement ses excuses aux victimes et à toute la société. Il ne faut pas oublier que tous les Marocains ont vécu sous la terreur pendant une époque où les violations des droits humains étaient généralisées et quotidiennes. Cela sans même évoquer l’aspect économique et la paupérisation volontaire de tout un peuple. Ma lecture de la question des responsabilités est différente. Si, aujourd’hui, la justice est incapable de répondre aux victimes en sanctionnant les tortionnaires, cela veut dire tout simplement que rien n’a changé. Le comble est que nous retrouvons aujourd’hui les mêmes hommes forts de l’appareil sécuritaire de l’époque à des postes tout aussi importants, en toute impunité. Comment peut-on parler de transition dans ces cas-là ? Il en ressort donc que l’intention à la création de l’IER est très louable. Mais, force est de constater que cette structure n’aura servi, une nouvelle fois, que de façade politique.
Le durcissement de la politique de l’État à l’égard des groupes islamistes, suite aux attentats du 16 mai 2003, n’a-t-il pas nui à la crédibilité de l’IER ?
K. Rouissi : J’ai pris cette problématique à bras le corps dès 2001, c’est-à-dire deux ans avant les évènements tragiques du 16 mai. Je m’étais engagée à dénoncer les violations commises envers les islamistes alors que je ne partage absolument rien de leur idéologie. Je les considère même comme des adversaires politiques. Mais, cela ne m’a jamais empêchée de mener une grève illimitée de la faim pour dénoncer le traitement réservé à cinq d’entre eux. Nous devons systématiquement dénoncer la torture sous toutes ses formes, mais ne faisons pas l’erreur de comparer notre système actuel à celui des terribles années de plomb. Sachez que le droit international fait la distinction entre les violations graves des droits de l’homme, c’est-à-dire érigées comme une stratégie unique d’un régime, et des violations épisodiques, comme c’est le cas pour les islamistes. Il faut continuer à dénoncer ces violations tout en étant honnête sur la nature des évolutions positives dans le domaine des droits de l’Homme.
Comment faire évoluer les choses au niveau de l’État ?
K. Rouissi : Pour la génération de militants sous Hassan II à laquelle nous appartenons, on a eu le courage de défendre nos opinions. Grâce à cela, nous avons fait avancer les choses, parce que nous étions en première ligne. Le combat d’aujourd’hui est d’une autre nature. Je suis toujours en contact avec les islamistes que j’avais soutenus à l’époque. La lutte doit aujourd’hui se dérouler dans le champ de la justice.
Comment considérez-vous le fait que le champ de travail de l’IER remonte au maximum à l’année 1999. Doit-on comprendre que la période des violations systématique est derrière nous ?
K. Ryadi : Ceci est également une des critiques que les ONG des droits humains ont exprimées à l’annonce de la création de l’IER. Je ne souhaite pas comparer deux périodes, car il ne suffit pas de dire que nous ne vivons plus la terreur de l’ère de Hassan II. Ce qui est demandé est tout simplement que les engagements pris soient appliqués. Vous savez, pendant longtemps, personne ne connaissait l’existence de Tazmamart. Jusqu’à 2010, de nombreuses personnes ont été torturées dans le centre de Témara (relevant des bâtiments de la DST, ndlr) et nous avons toutes les preuves qui corroborent ces faits. Pour moi, le simple fait que ce sinistre centre existe, alors que parmi les recommandations de l’IER, il y a la mise en place d’une stratégie de lutte contre l’impunité et l’instauration de la bonne gouvernance sécuritaire, signifie que l’usage des sévices et de la torture fait partie du système. Ce que l’on appelle au Maroc « la stratégie de lutte contre le terrorisme » n’est autre que la réappropriation d’un dispositif basé sur les violations graves des droits humains. L’IER a certes fait évoluer certains aspects, mais n’a malheureusement pas permis au pays d’entamer une nouvelle ère démocratique. Par contre, elle a bien été instrumentalisée pour la propagande politique, aussi bien en interne qu’en externe.
Avec la création de l’IER, l’État n’a-t-il pas tenté de s’imposer comme un acteur crédible en faveur des droits de l’Homme au détriment des ONG ?
K.Rouissi : Le défi des progressistes est de se battre de manière intelligente. La cause des droits de l’homme a longtemps souffert de la faiblesse des organisations et des partis politiques. J’ai la plus profonde admiration pour un homme tel que Driss Benzekri qui a trouvé le moyen de se battre, alors même qu’il a subi 17 ans de réclusion arbitraire. Il a même lutté à l’intérieur de Derb Moulay Cherif pour la dignité d’autres prisonniers. Cela ne l’a pas empêché de s’impliquer complètement dans le processus de la justice transitionnelle. Il s’est retrouvé pris entre deux feux : celui des conservateurs ex-tortionnaires et celui des ONG qui l’ont accusé de travailler avec le Makhzen. Ce type de combat est subtil, car il demande de maîtriser un rapport de force fragile entre tous les acteurs.
Propos recueillis par R. Mouhsine et S. Lakmahri
Libellés :
IER,
Khadija Rouissy,
Khadija Ryadi,
quel résultat ?,
une décennie
mercredi 26 février 2014
Khadija Ryadi soutient l'appel pour les femmes victime du Blocus de Gaza:
En sa qualité de Lauréate du Prix de l'ONU 2013 pour la défense de la cause des Droits de l'Homme, la Camarade Khadija Ryadi soutient l'appel pour les femmes victime du Blocus de Gaza:
Je signe en tant que Lauréate du Prix de l’ONU 2013 pour les droits de l’Homme, et j’ai envoyé l’appel au collectif des ONG des Droits Humains que je coordonne.
Bonne continuation"
Khadija Ryadi
http://www.europalestine.com/spip.php?article9101http://www.europalestine.com/spip.php?article9101
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