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samedi 18 janvier 2014

Décès de Lahcen Moutik, ardent défenseur de l’indépendance du Sahara occidental


HOMMAGE A LAHCEN MOUTIK


C'est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès de Lahcen Moutik. Ardent défenseur de  l’indépendance du Sahara occidental et militant pour la démocratie et les libertés au Maghreb, il a passé des années en prison où il a été torturé pendant les "années de plomb" sous Hassan II.


Enseignant chercheur à l'INSEA (Institut National de Statistiques et d'Economie Appliquée)  à Rabat, il a longtemps été membre du bureau exécutif du "Forum Vérité Justice", du bureau du syndicat de l’enseignement supérieur au Maroc et de l’Association Marocaine des Droits de l’Homme. Participant activement à la lutte du peuple  sahraoui pour son autodétermination, il a fortement contribué à la prise en compte de la question sahraouie au Forum Social Maghrébin, dont il était devenu un des piliers.


Il venait souvent en France voir sa famille mais aussi participer aux rassemblements de soutien au peuple sahraoui et aux débats organisés sur le Sahara occidental à la Fête de l'Humanité.


Au nom du CORELSO (Comité pour le respect des libertés et des droits humains au Sahara occidental), je présente mes sincères condoléances à sa famille, tout particulièrement sa femme Saadia, sa fille Ghizlane et son frère Bachir, et à ses camarades de combat.
Adieu Lahcen, nous ne t'oublierons pas et nous continuerons ton combat jusqu'à ce que le peuple sahraoui puisse enfin décider librement de son avenir par un référendum d'autodétermination.
                                                          JP Le Marec

                                                          secrétaire

                                                          8 janvier 2014


vendredi 6 décembre 2013

Sommet France-Afrique : La paix en Afrique ne doit pas se décider à l'Elysée avec des dictateurs !


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 « Sommet sur la Paix et la Sécurité en Afrique » les 6 et 7 décembre à l’Elysée en présence d’illustres dictateurs du pré-carré francophone
 François Hollande a convoqué à l'Elysée les 6 et 7 décembre un Sommet sur la paix et la sécurité en Afrique. La plupart des dictateurs africains (Congo-B, Gabon, Tchad, Togo...) seront présents ainsi que le roi du Maroc.

Survie, qui est membre observateur de la plateforme Sahara Occidental, a pris l'excellente initiative d'organiser une sorte de Contre-sommet avec deux évènements:
            - un Tribunal citoyen le mercredi 4 décembre à 18h au Grand Parquet (la question du Sahara occidental y sera traitée avec la participation de Bachir Moutik comme témoin)
            - un Rassemblement de protestation le jeudi 5 décembre à 18h Place de la République

Le mouvement associatif de solidarité avec la lutte du peuple sahraoui est  directement concerné puisque le gouvernement français continue de soutenir le Maroc qui poursuit sa politique de répression dans les territoires occupés, condamne des militants sahraouis à de très longues peines de prison et refuse la mise en œuvre du référendum d'autodétermination.

Au nom de la plateforme Sahara occidental, qui s'est associée à ces actions, je vous invite à participer activement à ces deux évènements:
            - en assistant au tribunal pour soutenir Bachir Moutik, notre témoin de la cause sahraouie, et en tenant une table de presse avec revues, documents (par exemple des flyers sur la campagne de parrainage des prisonniers sahraouis et pour le financement du film sur Ennaâma Asfari).
            - en participant nombreux au rassemblement du 5 décembre place de la République le jeudi 5 décembre avec pancartes, banderoles et drapeaux sahraouis

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Rejoignez-nous afin de faire contrepoids au "Sommet de l'Elysée pour la paix et la sécurité en Afrique" des 6 et 7 décembre et de nous opposer à la venue des dictateurs de la Françafrique.

Ensemble demandons :
- L'annulation du sommet
- La fin du soutien diplomatique, économique, militaire, policier et des ventes d’armes aux régimes répressifs
- La suppression des bases militaires françaises en Afrique
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La veille : 

  mercredi 4 décembre 2013 à 18h

Le tribunal citoyen de la Françafrique

mercredi 4 décembre, de 18h à 22h,

 au Grand Parquet à Paris

Le tribunal citoyen de la Françafrique visera à dresser le bilan de 50 ans de Françafrique et d'interventions françaises sur le sol africain, à travers la mis en accusation de la Françafrique.
Un jury de citoyen-nes, un juge et des avocats seront en charge de mener à bien les interrogatoires de témoins - chercheurs, militant-e-s d'associations, personnalités africaines sur des questions ayant trait à la Françafrique - afin de faire apparaître les causes et les responsabilités en particulier sur les questions ayant trait à la sécurité/ insécurité et à la paix/guerre en Afrique, depuis les 15 dernières années (depuis le Sommet France-Afrique du Louvre). Des personnalités venues de différents horizons viendront témoigner sur les réalités qu'ils connaissent, à travers des témoignages courts d'une dizaine de minutes, afin d'édifier le jury.
Venez écouter ces témoignages sur les réalités de la Françafrique de ces 15 dernières années ou en savoir plus sur la réalité de la présence française en Afrique et de ce que cachent les discours sur la paix et la sécurité mis en avant au Sommet officiel de l'Elysée.
Entrée libre.
Lien : http://www.demosphere.eu/rv/29410Source : message reçu le 27 novembre 20h 
Source : message reçu le 17 novembre 16h
Source : http://survie.org/francafrique/article/la-pai
Source : message reçu le 14 novembre 22h

vendredi 27 septembre 2013

Paris samedi 28 : Solidarité avec le peuple sahraoui victime à Assa de la répression marocaine.

Solidarité avec le peuple sahraoui, victime de la répression marocaine ! Le jeune Rachid tué de deux balles dans le dos !


  Plan de Paix,


Un jeune manifestant sahraoui tué par les forces de sécurité marocaines



Rassemblement parisien de protestation, samedi 28 septembre 2013                                  à 15h00 au Trocadéro



Tout en reconnaissant qu’il importait "d’améliorer la situation des droits de l’Homme au Sahara occidental", la résolution 2099 adoptée le 25 avril 2013 par le Conseil de sécurité de l’ONU avait refusé, sous la pression de la France, d’étendre le mandat de la mission des Nations unies à la surveillance des droits de l’Homme au Sahara occidental. Le Maroc avait reçu ce refus comme un encouragement à poursuivre sa politique de répression contre les militants sahraouis et marocains.



Effectivement, les manifestations pacifiques, qui se succèdent depuis des mois, sont violemment réprimées avec de nombreux blessés et des emprisonnements, des journalistes sont arrêtés. C’est ainsi que le journaliste marocain Ali Anouzla, qui combattait pour la démocratie et un État de droit, a été arrêté et emprisonné.



Au Maroc, on interdit, on réprime, on emprisonne et ...on tue ! Le samedi 21 septembre, les forces de l’ordre marocaines ont franchi un degré supplémentaire dans l’escalade de la violence. Des familles sahraouies de la ville d’Assa, au sud du Maroc, avaient dressé des tentes dans le désert pour défendre leurs droits. Comme à Gdeim Izik, les gendarmes et forces auxiliaires marocaines sont intervenus pour détruire le campement et chasser les familles. A Assa, la population a manifesté pacifiquement pour protester contre cette atteinte au droit de circuler et de manifester. La répression a été particulièrement violente avec utilisation de gaz lacrymogènes, balles en caoutchouc mais aussi balles réelles. Le jeune Sahraoui, Rachid Chain, âgé de 20 ans, a été tué de deux balles dans le dos au cours de la manifestation.



Réaffirmant sa solidarité avec la lutte des peuples marocain et sahraoui, le Comité pour le Respect des Libertés et des Droits humains au Sahara Occidental (CORELSO) dénonce les arrestations et la répression sanglante. Il demande la mise en place d’une commission d’enquête indépendante sur la mort du jeune manifestant sahraoui. Il interpelle le gouvernement français pour qu’il cesse de soutenir le pouvoir marocain et agisse pour l’arrêt de la répression et la libération des prisonniers politiques marocains et sahraouis.



Le CORELSO se joint aux associations sahraouies en France pour appeler au rassemblement de protestation et de soutien aux familles sahraouies de la ville d’Assa samedi 28 septembre à 15h Place du Trocadéro.



http://plan-paix-onu.blogspot.fr/2013/09/solidarite-avec-le-peuple-sahraoui.html----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 Le silence médiatique de la France ainsi que des grandes puissances mondiales sur la question sahraouie nous pousse à affirmer la complicité de ses derniers à la barbarie du royaume marocain. Cela ne peut plus durer!De ce fait, nous avons appelé à manifester ce samedi 28 septembre sur le Parvis des Droits de l'Homme suivie d'Une marche jusqu'à l'ambassade marocaine afin de dénoncer ces actes barbares et faire réagir le gouvernement.

 Communiqué de la Ligue des Jeunes et  Etudiants Sahraouis de France.

Après les tragiques événements qui ont surgis récemment dans les territoires occupés, et plus précisément à Assa et ses alentours, la L.J.E.S.F adresse son plus grand respect et ses condoléances à la famille du martyr Rachid Chain.
En effet, la répression et les violences du gouvernement marocain envers la population sahraouie ne cessent de s'accroître, faisant à nouveau une victime tuée par balles, de nombreux blessés et des arrestations arbitraires... Le silence médiatique de la France ainsi que des grandes puissances mondiales sur la question sahraouie nous pousse à affirmer la complicité de ses derniers à la barbarie du royaume marocain. Cela ne peut plus durer!
De ce fait, nous avons appelé à manifester ce samedi 28 septembre sur le Parvis des Droits de l'Homme suivie d'une marche jusqu'à l'ambassade marocaine afin de dénoncer ces actes barbares et faire réagir le gouvernement français.


Aziza Mint Ahmaida, Présidente de la Ligue des Jeunes et Etudiants Sahraouis de France.

jeudi 18 avril 2013

L’ASDHOM invitée par des parlementaires européen(ne)s pour parler des prisonniers politiques et d’opinion au Maroc



Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc

ASDHOM 79, rue des Suisses  92000 Nanterre




L’ASDHOM invitée par des parlementaires européen(ne)s pour parler des prisonniers politiques et d’opinion au Maroc



Le mercredi 17 avril, le président de l’ASDHOM s’est rendu à Strasbourg sur invitation de la députée européenne Marie-Christine Vergiat (Gauche Unitaire Européenne GUE) pour donner un témoignage sur les détenus politiques et d’opinion au Maroc lors d’une conférence au Parlement européen.

Cette conférence était organisée à l’initiative de Mme Marie-Christine Vergiat à l’occasion de la journée internationale du prisonnier politique à travers le monde.

Rappelons que cette journée fait référence à celle proposée et instaurée par les Palestiniens pour célébrer la journée du prisonnier palestinien.

Ont pris part à cette conférence, présidée par Mme Marie-Christine Vergiat, la députée (Verts) espagnole Ana Miranda, la députée (Socialistes) portugaise Ana Gomes, la députée allemande Barbara Lochbihler (présidente de la sous-commission des droits de l’Homme) et le député (Verts) espagnol Willy Meyer.

Après les interventions des député(e)s qui ont abordé la question de la détention politique dans le monde (Palestiniens, Basques, Kurdes, Mapuches, Corses, etc.), la parole était donnée à Bachir Moutik, représentant du CORELSO qui a parlé des prisonniers politiques sahraouis et notamment du groupe Gdeim Izik qui vient d’être condamné à des peines très lourdes par le tribunal militaire de Rabat.

Quant au président de l’ASDHOM, il a parlé dans son témoignage du phénomène de la détention arbitraire qui continue de sévir au Maroc et de la campagne de parrainage des prisonniers politiques. Il a notamment tiré la sonnette d’alarme sur les grèves de la faim menées dans les prisons de Taza, Meknès et Fès par les militants de l’Union Nationale des Étudiants du Maroc.

Sensibles à cette intervention et notamment au danger qui guette la vie des prisonniers politiques qui mènent cette grève de la faim, Mme Vergiat, ainsi que les député(e)s présent(e)s, ont proposé une initiative qui consiste en l’interpellation des autorités marocaines sur les conditions de détention de ces détenus et pour leur sauver la vie. Cette initiative, en cours de préparation avec l’ASDHOM, prendra probablement une forme de lettre qui sera proposée à la signature des député(e)s européen(ne)s.



Pour le bureau exécutif

Ayad Ahram

Président de l’ASDHOM

Paris, le 18 avril 2013 
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Conférence : journée internationale des prisonniers politiques

Voir la vidéoLe 17 avril 2013 à l'occasion de la journée internationale des prisonniers politiques j'ai organisée une conférence au Parlement européen. Voici de courts extraits de cette conférence. Je vous invite également à lire le rendu compte de notre débat fait par mes amis de l'ASDHOM.
L’ASDHOM invitée par des parlementaires européen(ne)s pour parler des prisonniers politiques et d’opinion au Maroc
Le mercredi 17 avril, le président de l’ASDHOM s’est rendu à Strasbourg sur invitation de la députée européenne Marie-Christine Vergiat (Gauche Unitaire Européenne GUE) pour donner un témoignage sur les détenus politiques et d’opinion au Maroc lors d’une conférence au Parlement européen.
Cette conférence était organisée à l’initiative de Mme Marie-Christine Vergiat à l’occasion de la journée internationale du prisonnier politique à travers le monde.
Rappelons que cette journée fait référence à celle proposée et instaurée par les Palestiniens pour célébrer la journée du prisonnier palestinien.
Ont pris part à cette conférence, présidée par Mme Marie-Christine Vergiat, la députée (Verts) espagnole Ana Miranda, la députée (Socialistes) portugaise Ana Gomes, la députée allemande Barbara Lochbihler (présidente de la sous-commission des droits de l’Homme) et le député (Verts) espagnol Willy Meyer.
Après les interventions des député(e)s qui ont abordé la question de la détention politique dans le monde (Palestiniens, Basques, Kurdes, Mapuches, Corses, etc.), la parole était donnée à Bachir Moutik, représentant du CORELSO qui a parlé des prisonniers politiques sahraouis et notamment du groupe Gdeim Izik qui vient d’être condamné à des peines très lourdes par le tribunal militaire de Rabat.
Quant au président de l’ASDHOM, il a parlé dans son témoignage du phénomène de la détention arbitraire qui continue de sévir au Maroc et de la campagne de parrainage des prisonniers politiques. Il a notamment tiré la sonnette d’alarme sur les grèves de la faim menées dans les prisons de Taza, Meknès et Fès par les militants de l’Union Nationale des Etudiants du Maroc.
Sensibles à cette intervention et notamment au danger qui guète la vie des prisonniers politiques qui mènent cette grève de la faim, Mme Vergiat, ainsi que les député(e)s présent(e)s, ont proposé une initiative qui consiste en l’interpellation des autorités marocaines sur les conditions de détention de ces détenus et pour leur sauver la vie. Cette initiative, en cours de préparation avec l’ASDHOM, prendra probablement une forme de lettre qui sera proposée à la signature des député(e)s européen(ne)s. 
Pour le bureau exécutif
Ayad Ahram
Président de l’ASDHOM
Paris, le 18 avril 2013

 


vendredi 25 janvier 2013

Jean Marc Ayrault au Maroc, les détenus sahraouis esperent




Par Omar Mansour, Journal Maghnord, 24/1/2013


Enfermés depuis plus de deux ans, ne disposant plus d’aucun statut, les détenus sahraouis du centre pénitentiaire Zaki 2 à Salé attendent un geste de Jean-Marc Ayrault à l’occasion de sa visite au Maroc.

Jean-Marc Ayrault, Premier ministre français, est au Maroc pour une visite de deux jours. Bien évidemment on va parler contrats, à l’occasion du forum économique qu’il aura à clôturer, de coopération lors de l’inauguration du tramway de Casablanca, réalisé en partenariat avec Alstom, Systra et la RATP et des discussions sur le projet de ligne à grande vitesse Casablanca-Tanger. Sur le plan politique, on va sans doute évoquer les questions malienne et syrienne. Mais, côté français, on va peut-être aussi parler des sujets qui fâchent, comme celui des Droits de l’Homme. La présence de Najat Vallaud-Belkacem, ministre du Droit des femmes et porte-parole du Gouvernement et de Christine Taubira, ministre de la Justice, milite en fonction de cette thèse, mais…

Jean-Marc Ayrault est au courant
En tout cas, par courrier du 6 décembre dernier le député-maire (Val-de-Marne et Kremlin-Bicêtre) chevènementiste, Jean-Luc Laurent avait alerté Jean-Marc Ayrault sur la situation des Droits de l’Homme au Sahara occidental en soulignant que « de nombreux militants sahraouis sont incarcérés sans procès et dans des conditions de détention critiquables ». En particulier, l’élu de Val-de-Marne pointe la situation du juriste et militant pacifiste sahraoui Annaâma Asfari dont l’épouse Marguerite-Claude Mangin-Asfari réside dans sa circonscription. M. Asfari est également « en prison depuis plus de deux ans sans avoir bénéficié de procès ».
Annaâma Asfari
M. Asfari est enfermé dans le centre pénitentiaire Zaki 2 à Salé dans la banlieue Est de Rabat en même temps que 22 de ses compagnons. Selon le Comité des familles des prisonniers politiques Sahraouis (CFPPS), à l’exception de deux détenus, ils ont tous été arrêtés entre 7 novembre et le 25 décembre 2010. Cheikh Banga est le plus jeune des détenus. Il avait 21 au moment de son arrestation. L’ainé des prévenus, Sidi Ahmed Lemjiyed était âgé de 51 ans lors de son interpellation.
Manifestation de familles de détenus à Rabat (photo DR)
L’histoire de chacun de ces détenus est sans doute singulière, mais dans leurs grandes lignes, elles se croisent toutes. Les prisonniers sont tous des militants de la cause sahraouie. Ils ont, pour la plupart, été arrêtés juste avant ou après le démantèlement, sans ménagement du « Camps de la fierté et de la dignité » de Gdeim Izik, près d’El Aaiun, par l’armée marocaine, le 8 novembre 2010. Ils se retrouvent surtout dans une situation qui ne correspond plus à aucun statut, puisque même selon le code pénal marocain, la détention provisoire sans inculpation au-delà de 12 mois est illégale –ce qui est déjà excessif-.
Une famille minée par la répression
L’histoire d’Ennaâma Asfari illustre les épreuve que peut endurer un détenu appréhendé dans les conditions des militants sahraouis. Ce juriste, aujourd’hui âgé de 40 ans est l’ainé d’une famille de quatre enfants. Son père Abdi Ould-Moussa, commerçant et célèbre caravanier comme son ascendant, avait été arrêté sur son lieu de travail, en 1976, sous le regard médusé d’Ennaâma qui n’avait alors que 6 ans. Enceinte de sept mois au moment des faits, Moguef Bent M’Hamed, la mère d’Ennaâma perd son bébé juste après sa naissance. En 1978, elle assiste impuissante à la disparition forcée, pendant 10 ans de son frère Brahim Bellagh.
Dépossédé de ses biens, Abdi disparaît quant à lui pendant 16 longues années passées aux bagnes d’Agdez et de Kelaat M’gouna, près de Ouarzazate. À sa libération en 1991, son épouse qui, elle aussi, fut arrêtée, pendant deux mois, en 1978, avait été emportée par un cancer, depuis déjà 8 ans. Aujourd’hui, Abdi est libre, mais malgré son âge avancé, il fait toujours l’objet d’une surveillance régulière.
765 jours de calvaire au premier jour de la visite de M. Ayrault
Interdit d’internat durant sa scolarité à cause de la condamnation de son père et de l’engagement de sa maman, Ennaâma réussi malgré tout ses études. En 1999, il décroche une bourse du gouvernement français qui lui permit de faire des études de droit à l’université de Paris X Nanterre.
En 2005, M. Asfari participe à la création en France, du Comité pour le respect des libertés publiques et des droits de l’Homme au Sahara occidental (CORELSO) dont il devient co-président. Objectif : sensibiliser l’opinion publique française « aux violations des Droits de l’Homme dont sont victimes les Sahraouis ». Depuis, M. Asfari participe à la plupart des procès visant ses compatriotes sahraouis et depuis, il collectionne les arrestations et les condamnations. M. Asfari est régulièrement arrêté depuis 2006, parfois, jusqu’à deux fois par an, comme en 2007. Le tarif varie entre la prison avec sursit et 4 mois de détention ferme, sans compter la panoplie d’amendes et de frais de justice.
La dernière arrestation de M. Asfari est survenue le 7 novembre 2010 à El Aaiun, la veille du démantèlement du camp de Gdeim Izik. Cela fait maintenant plus de deux ans, plus exactement 765 jours que M. Asfari est enfermé et depuis le 7 novembre 2011, fin du délai légal de sa détention, il n’a plus aucun statut, sans compter les humiliations et les mauvais traitements qu’il subit au quotidien.
Juste après son arrestation, le jeune juriste a été mis au cachot pendant 5 jours. Par la suite, il a été aperçu, pour la première fois, par des témoins au tribunal de première instance d’El Aaiun. « Il était alors en short, torse nu et son corps portait des marques de mauvais traitements », relatent les témoignages transmis à sa famille.
À l’issue de l’audience, le procureur du Roi de cette circonscription décida de le différer devant le Tribunal militaire permanent (TMP).

Traitement humiliant
Dans des conditions plus que blessantes, il est transféré, le jour même, à la prison de Zaki 2 à Salé; durant son transfert, à bord d’un avion militaire, M. Asfari avait les yeux bandés. Pieds et poings liés –au sens propre-, il avait les mains attachées derrière le dos. Jeté à plat ventre, à même le plancher, sa tête était écrasée, durant tout le trajet, entre les pieds de l’un de ses gardiens, tandis qu’un second lui marchait sur les fesses. À son arrivé à Salé, alors qu’il faisait froid, avec d’autres détenus, le militant pacifiste a passé la nuit dans la cour de la prison sans tenue vestimentaire adaptée.
Tout ceci, la famille et les proches ne l’ont su que beaucoup plus tard. Et pour cause, après son transfert à Salé,  M. Asfari a vécu une disparition forcée jusqu’au 6 décembre 2010.
Ce n’est qu’à cette date que son frère, Khaded Asfari a pu le voir après avoir parcouru plus de 920 km depuis Tan Tan.
 
Les détenus politique sahraouis 

Arrivée le même jour depuis Paris, pour exercer son droit de visite, Marguerite-C. Mangin-Asfari,, n’a pu voir son époux que le 9 décembre pendant 5 courtes minutes. Un droit recyclé en privilège et auquel elle n’a pu accéder qu’à l’issue d’un véritable parcours du combattant. Une épreuve au cours de laquelle les officiers de la justice militaire et les responsables pénitentiaires ont disposé de son temps et de sa patience comme ils l’entendaient. Tout ce qui leur passait par la tête avait force de loi qu’il ne fallait surtout pas transgresser. Tout ceci pour n’avoir au bout du compte qu’une apparition évanescente de son époux.
« Il est trop sérieux, ce n’est plus Ennaâma ! »
« On me fait entrer dans une pièce toute en largeur dans la pénombre. En face de moi, il y a un haut grillage très serré, fixé au dessus d’un mur d’un mètre de haut environ. Derrière deux rang de grillage à mailles très serrées, séparés par un no man’s land d’un mètre de large, tel un animal de zoo se tient Ennaâma, raide, les mains derrière le dos, habillé d’une veste de jogging blanche, pas rasé. Il est sur la droite de la pièce, à contre-jour devant une fenêtre sur laquelle donne le soleil. Spontanément, je lui demande de se mettre en face de moi pour que je le vois mieux. Quant à moi, je m’appuie, le front serré contre grillage en écarquillant les yeux pour tenter de mieux le voir. Mais il ne bouge pas. C’est calculé pour que je ne puisse pas distinguer son visage. Il porte des lunettes. Dans le no man’s land, de chaque côté (…), il y a des policiers en uniforme qui parlent fort entre eux, couvrant nos voix pendant tout l’entretien (…) », relate Mme Mangin Asfari. « Il me demande à avoir un avocat  français qui vienne non pas en tant qu’observateur, mais pour plaider, ici,  afin de demander et d’obtenir ses droits fondamentaux de détenu politique. À ce moment là, le directeur-adjoint m’annonce que c’est terminé. Je suis stupéfaite (…). À ce moment, je vois Ennaâma à droite qui fait demi-tour, il a toujours les mains dans le dos, sans doute menottées. Il me jette un dernier coup d’œil au dessus de son épaule et me dit au revoir sans un sourire. Je sors en état de choc. Je n’ai rien compris, il est trop sérieux, ce n’est plus Ennaâma ! », poursuit Mme Mangin-Asfari, la mort dans l’âme.
Il est vrai que par la suite, notamment après le renouvellement du mandat de la MINURSO, la situation des visite s’est améliorée. Au cours de la troisième semaine d’avril 2011 par exemple, des visites de familles ont pu être organisées. Mais l’évolution statutaire des détenus est toujours au point mort.
Lors du dernier renouvellement de la mission onusiennes au Sahara occidental, la France s’est opposée l’extension de ses prérogatives à la protection des Droits de l’Homme. Il est normal qu’aujourd’hui les détenus sahraouis s’attendent à ce qu’elle assume les

mercredi 28 septembre 2011

Le CORELSO dénonce la violente répression d'une manifestation sahraouie à Dakhla et invite à un rassemblement à Paris


Par le CORELSO, Ivry, 27/9/2011


La Plateforme
pour la solidarité avec le peuple sahraoui


organise avec d'autres organisations 

un rassemblement de protestation 

le samedi 1er octobre à Paris à 15h à la Fontaines des Innocents.

Le CORELSO (Le Comité pour le Respect des Libertés et des Droits humains au Sahara Occidental) dénonce la violente répression d'une manifestation sahraouie à Dakhla

Depuis plusieurs mois, notamment depuis l'agression marocaine contre le camp de Gdeim Izik le 8 novembre 2010, les associations internationales des droits de l'Homme (Amnesty international, Human Rights Watch, Front Line....) dénoncent l'aggravation des atteintes aux droits de l'Homme dans les territoires sahraouis occupés par le Maroc. Malgré ces nombreux avertissements, le Conseil de sécurité des Nations Unies a refusé, sous la pression du gouvernement français, de mettre en place un mécanisme de surveillance des droits de l'Homme au Sahara occidental occupé. Cette position a été reçue par le Maroc comme un encouragement à poursuivre en toute impunité sa politique de répression contre la population sahraouie pour essayer de briser sa résistance à l'occupation. 
Maichan Med Lamin Lehbib battu à mort
Le 25 septembre à Dakhla, la répression a atteint un degré d'une extrême violence. Des jeunes Sahraouis, qui manifestaient pacifiquement pour le respect du droit à l'autodétermination, ont été attaqués par des colons marocains escortés par des forces de sécurité marocaines. Le bilan est très lourd: un jeune Sahraoui a été tué, Maichan Mohamed Lamin Lehbib; de nombreux manifestants ont été blessés, dont 7 grièvement; des dizaines de Sahraouis ont été arrêtés; les maisons sahraouies ont été saccagées et des voitures de Sahraouis brûlées. 

Le CORELSO salue le courage et la détermination du peuple sahraoui qui continue, au péril de sa vie, son combat pour sa dignité et sa liberté. Il présente ses condoléances aux familles des victimes et les assure de son soutien.

Le CORELSO condamne ces crimes de la puissance coloniale contre un peuple colonisé. Il demande au gouvernement français d'intervenir auprès des autorités marocaines, avec lesquelles il entretient d'étroites relations économiques, commerciales et culturelles, pour obtenir l'arrêt de la répression, la libération des prisonniers politiques sahraouis et le respect du droit international fondé sur l'autodétermination du peuple sahraoui.

Le CORELSO renouvelle avec insistance sa demande aux Nations Unies pour que soit mis en place un mécanisme international de surveillance des droits de l'Homme dans les territoires sahraouis occupés afin d'assurer la protection de la population sahraouie contre la répression.


JPL   0633436493