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vendredi 24 juin 2016

SURVIE SIGNE, S'ASSOCIE, SOUTIENT : Autodétermination du sahara occidental



SURVIE SIGNE, S'ASSOCIE, SOUTIENT

Autodétermination du sahara occidental : pétition internationale Survie, membre de laplateforme pour la solidarité avec le peuple du sahara occidental vous propose de signer et de diffuser cette pétition qui sera remise au Conseil de sécurité des Nations unies en septembre 2016 pour demander l'organisation d'un référendum avant fin 2017

http://www.westernsahara-referendum.org/?section=2&lang=fr







jeudi 21 janvier 2016

2015, une année catastrophique pour les réfugiés

Médecins Sans Frontières tire la sonnette d’alarme

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El Watan, 21/1/2016

L’Europe a failli à ses obligations humanitaires, selon l’ONG Médecins sans frontières (MSF). Pour cette organisation humanitaire, à part fermer leurs portes et leurs frontières, les pays européens ont géré de manière catastrophique l’afflux des réfugiés fuyant essentiellement la guerre et les violences dans leurs pays. MSF s’attend au pire en 2016 si le comportement égoïste des décideurs européens ne change pas.

Dans son rapport rendu public mardi dernier, l’organisation humanitaire internationale Médecins sans frontières a critiqué la politique des pays européens en matière d’accueil des réfugiés et des migrants. Elle considère 2015 comme étant «une année de l’échec catastrophique de l’Europe à répondre aux besoins des réfugiés et migrants» qui ont frappé à ses portes.
«On se souviendra de 2015 comme d’une année au cours de laquelle l’Europe a lamentablement échoué à prendre ses responsabilités et à répondre aux besoins urgents d’assistance et de protection de plus d’un million d’hommes, de femmes et d’enfants», a-t-elle notamment indiqué dans son rapport, consolidé avec des chiffres et des témoignages de personnes qui, à leurs risques et périls, ont pris la mer pour échapper à la misère et à la violence.

vendredi 11 avril 2014

LA HONTE : LA MAIRIE DE TOULOUSE SUSPEND L'INAUGURATION D'UNE STELE A LA MEMOIRE DES VICTIMES DU GENOCIDE DU RWANDA

9 Avril 2014 , Rédigé par survie.midipyrenees@gmail.com
Communiqué de presse - Survie Midi-Pyrénées
Toulouse, le 9 avril 2014 - Ce samedi 12 avril, devait être inaugurée une stèle en hommage aux victimes du génocide des Tutsi du Rwanda en 1994. Alors même que le monde entier commémore les 20 ans de ce crime, la Mairie de Toulouse vient de suspendre cette cérémonie au prétexte « des tensions actuelles entre la France et le Rwanda ». Survie Midi-Pyrénées juge cette rétractation indigne et injuste, et dénonce le dangereux amalgame opéré par la Mairie.
Pour cette date si symbolique des 20 ans, Toulouse devait se doter d'un lieu de mémoire dédié aux personnes assassinées, témoignage de la reconnaissance par la ville de cet événement terrible et signe de solidarité avec les rescapé-e-s rwandais-es et leurs familles. A l'unisson avec le gouvernement français, qui a annulé la participation de Christiane Taubira aux commémorations officielles au Rwanda, la Mairie de Toulouse a reporté cette inauguration.
En réagissant ainsi, la Mairie de Toulouse mélange les tensions diplomatiques liées à la complicité de la France dans ce génocide1 et les cérémonies de deuil. Cette stèle n'a pour objet que de nous rappeler les crimes commis, et de faire vivre le souvenir des disparus. Le déni des plus hautes autorités de l'état quant aux responsabilités passées ne saurait justifier ce refus local d'honorer la mémoire des victimes. Si demain un dirigeant d'Israël portait des accusations sur la participation de la France à la Shoah, M. Moudenc refuserait-il de commémorer le génocide des juifs ? S'en prendrait-il aux lieux qui doivent nous rappeler ce crime odieux afin que jamais il ne reproduise ?
Par cette reculade, ce sont les victimes et les rescapé-e-s du génocide des Tutsi au Rwanda que la Mairie insulte, en leur refusant le droit à la reconnaissance de leurs souffrances et à la dignité.
La première mesure prise par la nouvelle équipe municipale va-t-elle être de priver les rescapés du génocide d'un lieu de souvenir et de mémoire ?
Contact presse :
Loïc CWIEK : 06 33 24 86 31
Pour en savoir plus :
Twitter : @Survie #Rwanda20ans
L'association Survie milite depuis 20 ans pour que soit faite toute la vérité sur le rôle de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda. Lundi dernier encore, le témoignage d'un officier français de l'opération Turquoise (lien) est venu accréditer les nombreux travaux existants pointant vers une complicité des autorités françaises dans le génocide.
Dans le cadre de sa campagne Rwanda 20 ans, l'association demande en particulier :
- La reconnaissance officielle, par les plus hautes autorités de l’Etat, du génocide des Tutsi au Rwanda et des soutiens diplomatiques, militaires et économiques apportés au régime rwandais avant et pendant le génocide par les autorités civiles et militaires françaises ;
- La déclassification et l’accès au public de tous les documents officiels concernant cette politique, y compris les archives de l’Elysée et les archives militaires : voir notre pétition.

RWANDA, 20 ANS D'IMPUNITE: LEVONS LE SECRET DEFENSE



Illlustration : Action de Survie  à Beaubourg, 5 avril 2014 - Rwanda 1994 - France complice.
  • Aujourd'hui, 7 avril, ont lieu les commémorations des 20 ans du déclenchement du génocide des Tutsi  au Rwanda, qui aura causé entre 800 000 et un million de morts tués parce que nés Tutsi. Chaque année depuis 20 ans, Survie et les associations mobilisées dans la lutte pour la vérité et la justice autour de ce crime attendent une prise de parole des autorités françaises pour reconnaitre le rôle qu’elles ont joué durant ce génocide : une complicité multiforme (diplomatique, militaire, économique) documentée par un nombre considérable de travaux et confirmée encore ce matin par un ancien officier français sur France Culture (notre communiqué ICI) 
  •  
  • Pour l'association Survie, les dirigeants socialistes en 2014 se doivent d'aller plus loin dans leur reconnaissance de l'implication que  Nicolas Sarkozy en 2010. Pourtant,  la France a annulé samedi sa participation aux commémorations au Rwanda, où Christiane Taubira devait représenter l'Etat français.
  •  
  • La raison ? Les déclarations de Paul Kagame dans Jeune Afrique qui a rappelé le rôle de la France au Rwanda de 1990 à 1994 puis pendant le génocide. Survie condamne cette décision de la France, qui en annulant persiste dans son refus de reconnaitre, 20 ans après, son implication. De nombreuses voix en France et dans le monde se sont levées pour protester. Cette erreur a eu pour conséquence que l'ambassadeur français au Rwanda s'est vu refuser l'entrée des commémorations à Kigali.  
  • Depuis ce matin la France est le théâtre de révélations et déclarations importantes dans les médias : 
  • Guillaume Ancel, ancien  officier de l'armée française, affirme sur France Culture qu'avant de devenir humanitaire, l'opération Turquoise a clairement été une opération offensive.
  • Bernard Kouchner cité dans Libération annonce que «le gouvernement génocidaire a été formé dans l’enceinte de l’ambassade de France en avril 1994», et que «Paris lui a livré des armes jusqu’en août 1994», 
  • Edouard Balladur se prononce sur Europe 1 en faveur e la levée du secret défense.



La revendication phare de notre campagne sur le rôle de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda est la levée du secret défense pour tous les documents concernant la politique de la France au Rwanda. Nous demandons la déclassification et la publication de tous les documents se rapportant à l’action de la France au Rwanda de 1990 à 1994 dans ses volets diplomatiques, militaires, politiques, et financiers.
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Le 7 avril 1994, le génocide des Tutsis au Rwanda ...

Aujourd'hui, en hommage aux disparus, aux amis rwandais et en hommage à toute l'humanité je vous demande PARDON.

Nous n'oublierons jamais
(Voir le film : "Shooting Dogs")
Radouane.



Photo de Radouane Baroudi.

dimanche 2 février 2014

Vivre en cage à Gaza


Par Pierre Stamboul
 Article initialement publié dans « CQFD » page 4 -N°de janvier 2014

Vivre en cage à Gaza
Depuis 7 ans, le blocus israëlien a transformé Gaza en un véritable laboratoire, où près de 1.800.000 personnes survivent sans pouvoir quasiment sortir dans la pauvreté, le chômage et les pires pénuries. À l’étranglement israélien s’ajoute le blocus égyptien par « mesure sécuritaire » depuis que le coup d’État de l’armée égyptienne, laquelle accuse le Hamas de collusion avec les Frères Musulmans. Pierre Stambul a pu passer deux jours fin décembre dans cette cage avec le réseau de soutien international Unadikum.

Ils tuent et ne sont jamais sanctionnés.
Le 24 décembre, l’armée israélienne a attaqué la bande de Gaza avec les chars et l’aviation en 15 endroits différents. Un char israélien a pulvérisé à 800 m de distance une maison dans un camp de réfugiés. Une dangereuse terroriste, la petite Hala, trois ans, est morte. Sa mère et ses frères ont été bléssés-e-s. À l’hôpital, la famille nous a demandé de filmer et de témoigner. Deux jours auparavant, un autre redoutable terroriste, un chiffonnier qui recyclait les ordures, avait été abattu sans motif par un sniper israélien. En 7 ans de blocus, 150 paysans et des milliers d’animaux qui avaient l’outrecuidance d’approcher trop près la « barrière de sécurité » – pour reprendre le vocabulaire de l’occupant – ont perdu la vie. « Pourquoi la justice internationale protège-t-elle les criminels de guerre israéliens ? », s’interroge le militant des droits de l’homme Khalil Shaheen. Quand les soldats de Tsahal ne tirent pas sur les paysans, ils visent les pêcheurs. La marine israélienne interdit aux pêcheurs de s’éloigner à plus de 3 Km des côtes mais viole ses propres lois puisqu’elle a confisqué des bateaux à 700 mètres des côtes et tué deux pêcheurs. Les quelque 4200 pêcheurs sont réduits à la misère. « Le droit international permet de cultiver et de pêcher. Israël viole ce droit en disant que c’est contraire à sa sécurité », explique Mohamed al-Bakri, secrétaire général du syndicat des comités de travailleurs agricoles (UAWC) (1).
Comment la pénurie est organisée
Gaza est aussi une terre agricole. La superficie agricole a diminuée d’1/3 à 1/5 de la bande en 7 ans. Les Israéliens interdisent la commercialisation des produits et les fraises pourrissent sur place. Les paysans survivent avec 1/2 hectare de terre en moyenne. Gaza est autosuffisant en légumes et en poulet mais tout le reste doit être importé (œufs, viande rouge, poisson). Lors des récentes inondations 3 000 serres ont été inondées, le blocus israélien empêche de les remplacer.
L’eau à Gaza vient de Cisjordanie par l’aquifère. Les Israéliens ont creusé des puits sur la frontière tous les 100 m pour capter cette eau. Résultat, il manque à Gaza 40 % de l’eau nécessaire à son agriculture. La nappe phréatique est envahie par la mer et l’eau, devenue saumâtre, est impropre à la consommation.
En Egypte, l’essence est subventionnée et ne coûte que 0,12 euro le litre. Avant que le gouvernement égyptien ne bloque la frontière et ne détruise les tunnels, on trouvait de l’essence à Gaza. À présent, elle vient d’Israël, est rare et hors de prix. Les charrettes remplacent souvent les voitures. Conséquence de cette pénurie de pétrole, il n’y a en moyenne que 6 heures d’électricité par jour. Alors c’est la débrouille : groupes électrogènes, lampes de poche sont indispensables, mais ne garantissent rien.
Dans les hôpitaux, on manque de médicaments, d’hygiène, de médecins qualifiés. Les grands malades essaient de partir à l’étranger, mais sortir n’est pas évident et ça coûte très cher.
Un énorme effort est entrepris pour l’éducation. Il y a très peu d’illettrés. On compte à Gaza 100000 étudiant-e-s dans 5 universités. Au bout du compte, il y a 35000 chômeurs diplômés et d’autres survivent avec des petits boulots. Le chômage total ou partiel touche 60% de la population. L’économie a été détruite.
 « Sans solution politique, on continuera à manquer d’eau, de terre, de médecins, d’éducation et ça va exploser », ajoute Mohamed al-Bakri.
Colère et auto-organisation
Tous nos interlocuteurs/trices disent la même chose : la désunion palestinienne, l’existence de deux gouvernements, deux parlements, deux lois sont un scandale : « ils ne pensent qu’à leur propre intérêt », « ils ont perdu toute légitimité », « cette désunion est une victoire de l’occupant », « nous avons un grand problème de leadership », « rien ne changera avec Abou Mazen ». « Il n’y aura pas de troisième Intifada à cause de la division palestinienne, pense Ziad Medoukh, responsable du département de français a l’université al-Aqsa de Gaza. Depuis la mort d’Arafat, il n’y a plus de leadership. La direction à prendre vient de l’extérieur de la société palestinienne et non de l’intérieur. Les deux gouvernements profitent de l’occupation pour garder le pouvoir. Ces deux gouvernements ont perdu la légitimité. Les deux sont en échec. Mais ils savent que la population ne va pas se révolter contre eux. »
L’impopularité des deux gouvernements est certaine. « Notre rêve, c’est un seul État. Notre référence c’est Mandela, [mais] nos dirigeants sont stupides, estime Eyad Al Alam, avocat au Centre palestinien des droits de l’homme (PCHR). On a deux parlements, deux gouvernements, deux lois. Pourquoi n’y a-t-il pas réunification ? Je me fous des relations Fatah-Hamas. On voudrait des élections mais Israël contrôle tout et ne laissera pas faire .»
Le PCHR fait partie de ce grand réseau d’associations qui viennent au secours des pauvres et des exclu-e-s, qui permettent à la population de s’organiser, d’exiger le droit de « vivre comme un être humain normal ». Le PCHR enquête sur toutes les exactions, même sur les violences inter palestiniennes. Il aide les prisonniers politiques, combat la torture, dénonce l’impunité de l’occupant et la complicité occidentale. Il a fourni aux enquêteurs de l’ONU (Dugard, Falk, Goldstone) une grande aide pour leurs rapports.« Comme Palestinien, j’ai été victimisé et maltraité. La Naqba est en moi. Je suis né ici, c’est mon pays. Un Russe obtient la nationalité et moi, je n’ai rien. La loi vient du pouvoir, pas de la morale. Avec la globalisation, j’ai espoir que les barrières disparaîtront. Pourquoi la communauté internationale accepte-t-elle cette punition collective ? », s’indigne Khalil Shaheen.
Politiquement, il existe une gauche palestinienne dont le parti le plus important est le FPLP. Ce parti a payé un très lourd tribut à son rôle dans la résistance (le secrétaire général Ahmed Saadat a été condamné à la prison à vie et le précédent a été assassiné). Il essaie aujourd’hui de renouveler ses cadres et d’unifier un troisième pôle face au Fatah et au Hamas. Il se concentre aussi sur l’action sociale du FPLP : les jardins d’enfants, les projets, les instituts, les hôpitaux (comme à Jabaliya), les ONG, l’aide aux agriculteurs et aux pêcheurs ». Dans son programme, il exige la fin des négociations avec Israël.
Aujourd’hui les accords d’Oslo sont plus que jamais morts. On est passé à une lutte antiapartheid sur un espace unique. L’hypocrisie des discours de la France, de l’Union Européenne et les Etats-Unis renforce l’économie israélienne et le blocus. Avec Ziad Medoukh la discussion se porte sur le boycott: « La notion est peu développée en Palestine parce que les marchés sont captifs. Il y a peu de produits israéliens, pas de produits des colonies mais les Palestiniens n’ont aucune marge de manœuvre. « Toutes les formes de solidarité sont les bienvenues. Mais la priorité, c’est de lever un blocus qui dure depuis 7 ans. S’il n’y a pas un mouvement comparable à ce qui s’est fait en Afrique du Sud, ça ne marchera pas ».
Union Juive Française pour la Paix

1. Le syndicat des travailleurs agricoles UAWC appartient à Via Campesina. Il organise les paysans et les pêcheurs, établit des programmes de développement (tracteurs, étanchéité, filets de pêche).

vendredi 6 décembre 2013

Sommet de l'Élysée : La Françafrique consolide ses positions

7/12/2013


Sommet de l'Élysée : La Françafrique consolide ses positions

par Ali Idrissa (ROTAB, Publiez Ce Que Vous Payez - Niger), Gustave Massiah (Cedetim), Mireille Fanon Mendès-France (Fondation Frantz Fanon), Makaila Nguebla (journaliste tchadien), Issa N'Diaye (ancien ministre malien), Ramatou Soli (GREN Niger), Fabrice Tarrit (Président de Survie).
Tribune publiée par L'Humanité du 5/12/2013 
Décidé et convoqué par François Hollande, le « Sommet de l’Élysée pour la paix et la sécurité en Afrique » se tiendra les 6-7 décembre à Paris, rassemblant la plupart des chefs d’État africains, y compris les plus infréquentables. 
Si au fil des années des efforts ont été déployés pour masquer la dimension néocoloniale des sommets « France-Afrique », désormais dénommés « Afrique-France » et ouverts à des organisations internationales, l’intitulé de ce « Sommet de l’Elysée » ne cherche même pas à masquer le poids toujours aussi prépondérant de l’exécutif français dans la conduite de certains dossiers africains.
Malgré des écrans de fumée (organisation d’un événement sur le développement durable,  d'une réunion des « Premières dames d'Afrique » sur les violences faites aux femmes), le but de cette séquence diplomatique, ouverte    le 4 décembre à Bercy, par un Forum sur le modèle économique de partenariat entre l’Afrique et la France et conclue par un « mini-sommet sur la Centrafrique » est bien de consolider la puissance économique, diplomatique et militaire de la France sur le continent.
Ce rôle de « gendarme de l'Afrique » est contesté par une part croissante de l’opinion et par des représentants de la société civile française et africaine qui ont pris l’habitude d’organiser en contre-point des sommets France-Afrique des temps d’échange et de revendication. Il y a 15 ans, en 1998, alors que le Sommet du Louvre avait « la sécurité » comme thème principal, un contre-sommet avait été organisé, dénonçant l' « insécurité à la base » provoquée par les dérives de la Françafrique. Quinze ans plus tard, la plupart des despotes de l’époque sont toujours aux responsabilités (Idriss Déby, Denis Sassou Nguesso, Blaise Compaoré, Paul Biya) ou ont été remplacés par leurs fils (Ali Bongo, Faure Gnassingbé). Tout en en prétextant vouloir renforcer les capacités des troupes africaines, dans l’esprit du dispositif RECAMP inauguré en grande pompe lors du Sommet du Louvre, la France poursuit ses interventions unilatérales en Afrique en les faisant cautionner par les institutions multilatérales (ONU, UA). Elle mobilise au passage des armées supplétives africaines comme l'armée tchadienne, dont l'intervention au Mali a redonné une stature diplomatique favorable au président Déby, pourtant impliqué dans la déstabilisation et la crise humanitaire dramatique que connaît aujourd'hui la Centrafrique. La faiblesse des organisations sous-régionales et internationales dans le règlement de telles situations entraîne ce  cruel paradoxe qui voit les forces françaises et tchadiennes apparaître à beaucoup comme le seul recours efficace, quand bien même ces dernières ont une responsabilité écrasante dans l'aggravation de certaines situations humanitaires, qui ont toujours des racines politiques.
Ce positionnement en première ligne de la France dans des interventions menées  « au nom des droits de l’Homme » ou du « devoir de protection des populations » en Libye, en Côte d’Ivoire, au Mali et aujourd’hui en Centrafrique, camoufle ainsi les conséquences néfastes de plus de 50 années de soutien à des dictateurs africains et d’interventions armées généralement menées à leur profit ou à celui des intérêts stratégiques français, qui ont largement contribué à l’instabilité de certaines zones du continent. Le bilan de ces interventions n’a jamais été dressé, sinon par les militaires eux-mêmes qui ont opportunément saisi le prétexte de l’intervention au Mali pour convaincre le Parlement français de maintenir leurs crédits et renforcer le pré-positionnement de forces françaises en Afrique. Ils sont soutenus dans cette stratégie par des travaux parlementaires publiés opportunément à quelques jours du Sommet et du vote de la nouvelle Loi de programmation militaire. On a même pu voir dans ces travaux des élus, tels l'ancien Ministre de la coopération Jean-Marie Bockel et l'ancien conseiller Afrique de François Mitterrand Jeanny Lorgeoux, réclamer le retour d'une cellule africaine à l’Élysée et la création de nouvelles bases militaires en Afrique.
http://www.leparisien.fr/images/2013/12/06/3382907_ide-centrafrique.jpg
http://www.masalamag.us/wp-content/themes/wpnewspaper/timthumb.php?src=http%3A%2F%2Fwww.masalamag.us%2Fwp-content%2Fuploads%2F2013%2F11%2Ffrance_afrique.jpg&q=90&w=458&zc=1A l’heure où une nouvelle intervention française en Afrique a été décidée en dehors de tout contrôle parlementaire et débat public,  la mobilisation de la société civile reste plus que jamais nécessaire. Le retour en grâce de l’idéologie légitimant les interventions françaises en Afrique peut et doit être combattu, à condition que le contre-discours citoyen tentant d'éclairer les zones d'ombres dans le jeu des puissants et des cyniques puisse être entendu, ce qui n'a quasiment pas été possible depuis le début de la guerre au Mali. Il n'y a pas qu'en Afrique que le poids de l'influence des militaires sur les institutions et le débat public présente une menace pour la démocratie.

Sommet France-Afrique : La paix en Afrique ne doit pas se décider à l'Elysée avec des dictateurs !


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 « Sommet sur la Paix et la Sécurité en Afrique » les 6 et 7 décembre à l’Elysée en présence d’illustres dictateurs du pré-carré francophone
 François Hollande a convoqué à l'Elysée les 6 et 7 décembre un Sommet sur la paix et la sécurité en Afrique. La plupart des dictateurs africains (Congo-B, Gabon, Tchad, Togo...) seront présents ainsi que le roi du Maroc.

Survie, qui est membre observateur de la plateforme Sahara Occidental, a pris l'excellente initiative d'organiser une sorte de Contre-sommet avec deux évènements:
            - un Tribunal citoyen le mercredi 4 décembre à 18h au Grand Parquet (la question du Sahara occidental y sera traitée avec la participation de Bachir Moutik comme témoin)
            - un Rassemblement de protestation le jeudi 5 décembre à 18h Place de la République

Le mouvement associatif de solidarité avec la lutte du peuple sahraoui est  directement concerné puisque le gouvernement français continue de soutenir le Maroc qui poursuit sa politique de répression dans les territoires occupés, condamne des militants sahraouis à de très longues peines de prison et refuse la mise en œuvre du référendum d'autodétermination.

Au nom de la plateforme Sahara occidental, qui s'est associée à ces actions, je vous invite à participer activement à ces deux évènements:
            - en assistant au tribunal pour soutenir Bachir Moutik, notre témoin de la cause sahraouie, et en tenant une table de presse avec revues, documents (par exemple des flyers sur la campagne de parrainage des prisonniers sahraouis et pour le financement du film sur Ennaâma Asfari).
            - en participant nombreux au rassemblement du 5 décembre place de la République le jeudi 5 décembre avec pancartes, banderoles et drapeaux sahraouis

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Rejoignez-nous afin de faire contrepoids au "Sommet de l'Elysée pour la paix et la sécurité en Afrique" des 6 et 7 décembre et de nous opposer à la venue des dictateurs de la Françafrique.

Ensemble demandons :
- L'annulation du sommet
- La fin du soutien diplomatique, économique, militaire, policier et des ventes d’armes aux régimes répressifs
- La suppression des bases militaires françaises en Afrique
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La veille : 

  mercredi 4 décembre 2013 à 18h

Le tribunal citoyen de la Françafrique

mercredi 4 décembre, de 18h à 22h,

 au Grand Parquet à Paris

Le tribunal citoyen de la Françafrique visera à dresser le bilan de 50 ans de Françafrique et d'interventions françaises sur le sol africain, à travers la mis en accusation de la Françafrique.
Un jury de citoyen-nes, un juge et des avocats seront en charge de mener à bien les interrogatoires de témoins - chercheurs, militant-e-s d'associations, personnalités africaines sur des questions ayant trait à la Françafrique - afin de faire apparaître les causes et les responsabilités en particulier sur les questions ayant trait à la sécurité/ insécurité et à la paix/guerre en Afrique, depuis les 15 dernières années (depuis le Sommet France-Afrique du Louvre). Des personnalités venues de différents horizons viendront témoigner sur les réalités qu'ils connaissent, à travers des témoignages courts d'une dizaine de minutes, afin d'édifier le jury.
Venez écouter ces témoignages sur les réalités de la Françafrique de ces 15 dernières années ou en savoir plus sur la réalité de la présence française en Afrique et de ce que cachent les discours sur la paix et la sécurité mis en avant au Sommet officiel de l'Elysée.
Entrée libre.
Lien : http://www.demosphere.eu/rv/29410Source : message reçu le 27 novembre 20h 
Source : message reçu le 17 novembre 16h
Source : http://survie.org/francafrique/article/la-pai
Source : message reçu le 14 novembre 22h