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vendredi 30 août 2013

La confrontation. Benkirane , deuxième bouc émissaire. .


La confrontation



C'est un bien curieux discours que celui prononcé par Mohammed VI, à l'occasion de la commémoration du « Vingt août » et qui tranche sévèrement sur celui de la fête du Trône, quelques jours auparavant. Le roi aurait voulu se tirer dans le pied qu'il n'aurait pas agi autrement. Pourtant, encore une fois, les applaudisseurs de l'impossible sont montés en première ligne, pour le décrire de révolutionnaire ou de fondateur. Rien que ça !
Entre deux discours, des scandales gigognes

Salah Elayoubi
L'allocution de la fête du trône s'était voulue conquérante, sous la forme d'un bilan triomphateur et tonitruant. Elle manifestait une certaine volonté du roi, quelque peu ragaillardi par la contre-révolution égyptienne à laquelle il s'était empressé d'applaudir, de se réapproprier les rênes de sa monarchie exécutive, après l'essoufflement du « Mouvement du Vingt février ».
La seconde sentait le souffre et les relents de règlements de comptes. Le roi s'y en est pris au gouvernement du PJD, lui imputant la responsabilité de l'échec de la réforme de l'enseignement dans notre pays.
C'est qu'entre les deux discours, des scandales gigognes étaient passés par là. L'affaire du pédophile espagnol, Daniel Galvan Fina, en dissimulant une autre, celle d'Antonio Garcia Ancio, narcotrafiquant, gracié en lieu et place de son père et qui, lui-même en dissimulait une troisième, la libération de Mounir Molina Mohamed, quelques jours avant la tenue de son procès, pour trafic de drogue et constitution de bande armée.
Le limogeage du Délégué Général de l'Administration pénitentiaire, Hafid Benhachem improvisé bouc émissaire, n'aura trompé personne et surtout pas empêché l'affaire d'écorner un peu plus, l'image du monarque et mettre à nu les dysfonctionnements indignes du système politique marocain qui vaut à tant de criminels, d'échapper à la justice, avec le silence complice des élites marocaines, à de rares exceptions près.

Levée de boucliers et crimes de lèse-majesté
Mohammed VI est d'autant en colère, que fut grande sa solitude, au cours de ces journées, qui avaient indigné le monde entier et au cours desquelles, le Printemps marocain menaçait de reprendre, de plus belle. Car si Benkirane s'était muré dans un drôle de silence, son ministre de la justice avait affirmé à qui voulait bien l'entendre, qu'il avait bien mis au courant, en vain, le Cabinet royal de l'ampleur des crimes sexuels imputés au prédateur espagnol que l'on s'apprêtait à gracier. Le ministre de la justice avait même ordonné, sous la pression de l'indignation générale, la mise en ligne d'un communiqué sur le site Internet de son département, pour se dédouaner de toute responsabilité, dans le « DanielGate ». Une première dans le genre et un désaveu qui vaut crime de lèse-majesté au Maroc.
Et ce n'est pas tout. On doit, à présent, les sorties les plus fracassantes aux membres du PJD, ou encore à ses députés, qui n'hésitent plus à se répandre, chaque fois qu'ils peuvent le faire, particulièrement dans les pas perdus, du parlement marocain, ou sur les bancs mêmes de son hémicycle, en chuchotements ou déclarations, condamnant tantôt la décoration du lobbyiste sioniste Malcolm Hoenlein du Wissam alaouite, tantôt la mesure de grâces collectives des espagnols, tantôt le silence du Maroc, face aux exactions des militaires égyptiens.
Autant de prises de positions qui n'ont pas manqué de remonter jusqu'aux oreilles du principal intéressé qui s'est cru obligé de passer à l'offensive, à la recherche d'un nouveau bouc émissaire. Le timing choisi est loin de toute innocence, à l'heure où le PJD négocie avec le RNI, parti du palais, son sort dans le prochain gouvernement.

Où le roi se tire dans le pied
A moins que la sortie royale n'ait pour objectif avoué de dissuader les chefs de partis de se coaliser avec les islamistes, et tuer dans l’œuf le projet de gouvernement Benkirane II, la prudence la plus élémentaire, commandait à Mohammed VI, de s'abstenir d'aborder le sujet de l'Education nationale et d'en imputer l'échec de sa réforme à un gouvernement qui n'est en place que depuis quelques mois. Car pour qui connaît le Maroc, la responsabilité historique de la destruction de l'enseignement, incombe en totalité à la monarchie et à son vieux complice et instrument, le Parti de l'Istiqlal. Une bien sombre réalité qui vaut à notre pays, la situation que l'on connaît, d'analphabétisme, d'illettrisme et de misère intellectuelle. Et ce n'est pas le projet de Charte nationale d'éducation et de formation concoctée par l'entourage royal, qui pourrait racheter en quelques mois, plus de quatre décennies d'acharnement du régime sur le système éducatif marocain.
Le souverain qui semble soudain, au détour d'une colère, découvrir que la situation de l'enseignement «s'est dégradée encore davantage, par rapport à ce qu'elle était il y a plus d'une vingtaine d'années.», ne fait oublier à personne, que jamais jusque là, lui-même ou le Parti de la balance, dont l'un des membres est, précisément, en charge de l’Éducation nationale, n'avait démontré un quelconque empressement, à voir figurer ce ministère parmi ses premières préoccupations. Pour preuve cette information accablante, passée sous silence et relayée par le quotidien «Al Alam», selon laquelle, soixante-quinze (75) professeurs lauréats des centres régionaux des métiers de l'éducation et de la formation, auraient été nommés pour enseigner dans le cycle secondaire, malgré l'obtention au concours d'accès, de moyennes ne dépassant pas la note de 6,80 sur une note de 20. Cinquante-neuf (59) d'entre eux ont été affectés à l'enseignement secondaire et seize (16) à l'enseignement collégial.
Soixante-quinze cas qui ne feront pas oublier les centaines de milliers d'autres médiocrités qui ont eu en main, le devenir de tant des nôtres, alors que dans son discours, le monarque se présente en bon père de famille et prétend partager « les mêmes préoccupations concernant l'enseignement dispensé à nos enfants, et les mêmes problèmes affectant notre système éducatif, d'autant plus que nos petits suivent les mêmes programmes et les mêmes cursus.». Mohammed VI oublie simplement de préciser, qu'au contraire de nos enfants, les siens bénéficient d'un enseignement dispensé par des professeurs triés sur le volet.

Des vacances à point nommé
Pendant que les siens montent au front, pour s'indigner de la teneur du discours royal, Benkirane se trompe de scène de bataille. Il fait dans le barouf, ailleurs, en mobilisant les forces de sécurité, les autorités civiles et militaires, dans un souci ostentatoire de mettre son silence sur le compte de vacances, bien commodes, parmi les siens, à Moulay Bousselham. Des vacances qui tombent à point nommé, pour lui éviter une fois de plus de commenter les propos du chef de l'Etat.
Les dictateurs sont sans surprise. Ils ont ceci de particulier, qu'ils s'aliènent, tôt ou tard, les plus inconditionnels de leurs alliés ou leurs laudateurs les plus zélés. Mohammed VI en est rendu là, à son tour.
Quant à Benkirane, ce Chef de gouvernement d'un genre inédit, il ne peut s'en prendre qu'à lui-même. Le malheureux aura eu beau ravaler toute fierté, boire toute honte, subir toutes sortes d'humiliations ou encore évoquer un pacte avec Abdelkrim El Khatib, singeant pitoyablement, Abderrahmane El Youssoufi, et le pacte secret qui le liait à Hassan II, il n'aura pas échappé au verdict qui frappe ceux qui, en voulant s'éviter un affrontement avec la tyrannie, acceptent le déshonneur, mais finissent tout de même, par avoir la confrontation.
 http://fr.lakome.com/index.php/chroniques/1290-la-confrontation

jeudi 8 août 2013

La grâce d'Antonio Garcia Ancio, l'autre scandale



Condamné en 2012 à dix ans de prison pour trafic de drogue, cet Espagnol fait lui aussi partie des 48 prisonniers ayant bénéficié de la grâce royale. Il est rentré libre en Espagne cette semaine après avoir purgé moins d'un dixième de sa peine.
Condamné l'année dernière à 10 ans de prison pour trafic de drogue, Antonio Garcia Ancio est rentré libre cette semaine en Espagne. Il fait partie des 48 prisonniers espagnols graciés mardi par le roi Mohammed VI. Ce citoyen espagnol avait été arrêté en avril dernier à Tanger avec son père, camionneur, en possession de près de 9 tonnes de haschisch cachés dans leur camion. La présence de son nom sur la liste des graciés n'a pas été appréciée par les autorités espagnoles selon nos informations. Même son père s'en est étonné dans une interview téléphonique de la prison de Tanger avec le média espagnol Andaluces.es.
Son père, Antonio Garcia Vidriel, a lui été condamné à 6 ans de prison (peine ramenée à 4 ans). Âgé de 67 ans, l'homme est gravement malade et a suscité en Espagne un élan de mobilisation : près de 70 000 Espagnols ont signé une pétition pour obtenir son transfèrement en Espagne pour raisons humanitaires. C'est en sa faveur que le roi Juan Carlos a intercédé auprès d'Abdelilah Benkirane et du palais royal marocain lors de sa dernière visite au Maroc, et ce afin d'accélérer côté marocain la procédure de transfèrement. Abdelilah Benkirane a annoncé à la fin de la visite de Juan Carlos que le gouvernement marocain autorisait le transfèrement.  Aujourd'hui, Antonio Garcia Vidriel attend toujours le dernier feu vert pour quitter la prison de Tanger et rejoindre sa nouvelle cellule en Espagne.
La grâce obtenue mardi par son fils montre que le cas Daniel Galvan n'est pas isolé et révèle de réels dysfonctionnements au sein du cabinet royal.

DanielGate-suite: El Himma en première ligne



Fouad Ali El Himma, conseiller du roi Mohammed VI

Le déclenchement de l'affaire DanielGate est le résultat de la guerre larvée entre le cabinet royal et l'équipe Benkirane selon des sources proches des autorités espagnoles. C'est Fouad Ali El Himma qui a demandé à l'ambassadeur d'Espagne d'adresser les demandes de transfèrements et de grâce directement au cabinet royal. C'est sous son égide que la fusion des deux listes a permis à Daniel Galvan, inscrit sur la liste des transfèrements, d'être gracié. Récit.

Le communiqué du cabinet royal en date du 30 juillet, qui met en cause le roi d'Espagne Juan Carlos 1er en affirmant que c'est à sa demande que les 48 prisonniers espagnols, et donc le pédophile Daniel Galvan, avaient été graciés par le souverain marocain, a sans doute contribué à délier les langues côté autorités espagnoles. C'est effectivement de source proche de l'Etat espagnol que Lakome a appris deux informations majeures qui mettent à mal la thèse du cabinet royal et surtout, soulignent l'ambiance délétère entre le cabinet royal et le gouvernement Benkirane.

La chaîne des événements qui va mener à la grâce de Daniel Galvan commence avec la rencontre entre Juan Carlos et Abdelilah Benkirane le 17 juillet à Rabat. En visite officielle, Juan Carlos arrive chez le chef du gouvernement avec une requête. Un prisonnier de 74 ans diabétique et cardiaque condamné à 4 années de prison pour trafic de drogue demande à purger sa peine en Espagne. La requête n'est pas si exceptionnelle puisque les conventions signées entre les deux états permettent aux citoyens d'un pays incarcéré dans l'autre pays, et remplissant un certain nombre de conditions, de demander leur transfèrement dans leur pays de nationalité pour y purger le reste de leur peine. Jusque là rien d'exceptionnel.
Le 19 juillet alors que Juan Carlos vient juste de monter dans l'avion qui va le ramener à Madrid, Abdelilah Benkirane, présent au coté de Mohammed VI pour saluer le monarque espagnol, informe le chef de l'Etat de la requête espagnole de transfèrement d'Antonio Garcia. Selon une source proche du PJD, le souverain marocain lui signifie son accord et lui demande même d'accélérer la procédure. Le premier ministre contactera Mustapha Ramid, son ministre de la justice, pour lui demander d'entamer la procédure et de prendre attache avec son vis à vis espagnol.

L'appel du 20 Juillet
Ce sera un appel téléphonique de Fouad Ali El Himma à l'ambassadeur d'Espagne, Alberto Navarro, qui accélérera les événements. Selon des sources proches des autorités espagnoles, le samedi 20 juillet alors que Juan Carlos avait à peine quitté le pays, un El Himma passablement énervé signifie son courroux au diplomate, surpris. L'objet de l'ire difficilement contenue du conseiller royal et plus proche collaborateur du roi du Maroc,  est cette requête de transfèrement d'un prisonnier espagnol adressé non pas au Cabinet royal, mais, insulte des insultes, au chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane. «Sa Majesté aussi peut régler ce genre de problème» s'entend dire l'ambassadeur.
Décontenancé, l'ambassadeur espagnol explique qu'en fait, la maison royale a parfaitement respecté le protocole puisqu'il s'agit d'une demande de transfèrement, légalement du ressort du ministère de la justice marocain, et non pas d'une demande de grâce royale, auquel cas elle aurait été adressée au cabinet royal.
Le conseiller marri n'en démord pas et insiste auprès du diplomate pour que les listes des demandes de grâce et de transfèrements aussi soient envoyées au cabinet royal.  Les six consulats espagnols du royaume seront mis à contribution pour compiler la liste de tous les prisonniers de nationalité espagnole incarcérés au Maroc. Les services de l'ambassade dresseront deux listes. La première de 30 individus concernent les demandes de transfèrement, la deuxième composée de 18 individus concernent les demandes de grâce.

Fusion des listes
Notre source affirme que les autorités espagnoles ont été surprises en prenant connaissance de la décision du cabinet royal marocain. D'abord ce ne sont pas deux listes qui sont annoncées mais une seule. Une liste unique qui annonce la grâce de la totalité des 48 noms contenus dans les deux listes initiales, y compris donc les demandeurs de transfèrement.
Parmi les prisonniers graciés quelques noms embarrassent les Espagnols, c'est notamment le cas d'un certain Antonio Garcia Ancio, fils d'Antonio Garcia Vidriel en faveur duquel Juan Carlos avait intercédé. Le fils était considéré comme le principal accusé dans l'opération de transport de 9 tonnes de hashish et avait été condamné à 10 années de prison. Une grosse prise lâchée dans la nature.
Ironie de l'histoire, le fils que les espagnols ne voulaient absolument pas voir libéré a été gracié alors que le père lui doit attendre la fin de la procédure de demande de transfèrement, qui peut durer jusqu'à un mois.
Et puis il y a ce monstre pédophile de Daniel Galvan.
Mais les autorités espagnoles ne sont pas plus inquiètes que cela : elles pensent que l'histoire passera sous les radars de l'opinion publique. Après tout, c'est le Maroc et les décisions du roi ne se discutent pas. C'est lorsque l'opinion publique marocaine s'avérera moins docile que prévu et que la monarchie marocaine s'empêtrera dans ses contradictions pour expliquer sa décision, qu'ils appréhenderont l'ampleur du désastre.

Le ministère de la Justice avait prévenu le cabinet royal
Pourquoi les listes ont-elles été fusionnées ? Est ce par erreur ? Et si c'est une erreur, n'est ce pas le cabinet royal et plus précisément Fouad Ali El Himma qui en est le premier responsable, puisque c'est lui, peut être à la demande du roi, qui a appelé l'ambassadeur espagnol pour lui demander de s'adresser au palais en pareilles circonstances ?
Et si ce n'était pas une erreur. Ce pourrait-il que le cabinet royal ait voulu démontrer sa supériorité institutionnelle vis à vis du gouvernement ? Faire preuve de munificence en graciant tout le monde sans prendre en considération l'avertissement du ministère de la justice ? Cet avertissement donné lorsque la décision d'exécuter est redescendue du cabinet royal a été confirmé à Lakome par un proche de Mustapha Ramid, malgré le démenti public de ce dernier.

Daniel Galvan, l'inconnue
Le passé nébuleux du pédophile espagnol d'origine irakienne complique cette affaire d'Etat. Son avocat a affirmé à Lakome que son client prétendait avoir travaillé pour les services Irakiens. Des sources proches de la diplomatie espagnole ont assuré à Lakome que sa maîtrise de la langue espagnole était anormalement approximative pour quelqu'un qui prétendait avoir travaillé pendant de nombreuses années dans un milieu universitaire espagnol. Les recherches de Lakome dans la base de données du bulletin officiel espagnol n'ont pu trouver trace de la publication de sa naturalisation comme l'exige la loi. Les versions de la nature de son travail à l'université de Murcia se multiplient, toutes différentes les unes des autres. Tout cela entoure le personnage d'un halo de mystère.
D'un autre côté, l'information selon laquelle sa grâce avait été demandée par les services espagnols est sortie du palais à Rabat. Rapportée par Lakome, cette information avait-elle pour but de dédouaner un Cabinet royal aux abois ? L'opinion publique accepte mieux la version de la grâce octroyée dans le cadre de l'intérêt supérieur de la nation, comme l'a d'ailleurs affirmé le ministre de la justice dans son communiqué (qui a depuis été retiré du site du ministère), que celle d'une querelle infantile entre le cabinet royal et l'équipe Benkirane, qui a dérapé avec les conséquences que l'on connait maintenant.