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samedi 12 avril 2014

John Kerry, bouche-cousue sur le Sahara



h24info.ma 4/4/2014
John Kerry et Mohammed VI à Casablanca.
John Kerry et Mohammed VI à Casablanca. ©AFP
John Kerry, qui a rencontré le roi Mohammed VI ce vendredi, a salué le rôle du Maroc, facteur de "sécurité et de prospérité" régionales. Mais s'il a signalé les défis sociaux du pays, il a été muet sur le Sahara.
"Le Maroc joue un rôle de moteur important, et les États-Unis se tiendront au côté (du Maroc) sur cette voie", a déclaré John Kerry lors de la 2e session du "Dialogue stratégique" qu'il coprésidait avec Salaheddine Mezouar, ministre des Affaires étrangères.

"Les 18 accords signés par le Maroc avec le Mali montrent que le royaume amène une plus grande sécurité et une plus grande prospérité dans la région", a précisé le secrétaire d'État américain en référence à la récente tournée du roi en Afrique subsaharienne.
John Kerry, qui a rencontré Mohammed VI en fin d'après-midi avant de regagner les États-Unis, a exprimé le soutien de son pays au processus de réformes engagé dans le sillage du Printemps arabe.

Les "défis" du Maroc: sa jeunesse et le chômage
Il a cependant relevé que "Le défi pour tout gouvernement est de fournir du travail et un horizon aux jeunes", rappelant que "60% des habitants du pays ont moins de 30 ans".
Si le taux de chômage au Maroc, pays de 35 millions d'habitants, est officiellement compris entre 9% et 10%, il atteint près de 30% chez les jeunes selon la Banque mondiale.
Revenant à la sécurité, John Kerry a mis en avant le rôle "proactif" du royaume dans la "lutte contre le terrorisme", et abordé la question de la coopération militaire en évoquant l'exercice conjoint en cours près d'Agadir (sud).

John Kerry "muet" sur le Sahara
Cet exercice annuel avait été annulé l'an dernier à la même époque par le Maroc, en réaction à un projet de résolution américain au Conseil de sécurité, visant à élargir le mandat de la mission des Nations unies au Sahara (Minurso) à la question des droits de l'Homme. La relation bilatérale avait retrouvé un cours normal avec l'abandon de ce projet.

Alors qu'un nouveau vote sur la reconduction de la Minurso, présente sur place depuis 1991, doit intervenir d'ici la fin du mois à l'ONU, John Kerry ne s'est pas exprimé publiquement sur le sujet.

Gdim Izik, le CNDH et la loi sur la justice militaire
En novembre, à l'occasion de la visite de Mohammed VI à Washington, la Maison Blanche avait réaffirmé que le plan marocain d'autonomie pour le Sahara était "sérieux et réaliste". Le président Barack Obama avait aussi salué "l'engagement du roi à mettre fin aux pratiques de procès de civils devant la justice militaire".

Le mois dernier, le Maroc a effectivement adopté en conseil des ministres d'un projet de loi relatif à la justice militaire, qui stipule que les civils ne peuvent être jugés par un tribunal militaire. Lors du même Conseil, l'Exécutif s'était également engagé à "répondre efficacement" et "rapidement" aux -nombreuses- plaintes recueillies par le Conseil national des droits de l'Homme (CNDH), en particulier au Sahara.

samedi 22 mars 2014

Maroc: bonne nouvelle des civils ne pourront plus faire l'objet de procès militaires




 Par Claude Mangin, 18/3/2014

Les civils ne pourront plus être poursuivis au Maroc devant des juridictions militaires, comme cela fut encore le cas l'an dernier pour 25 Sahraouis dont le jugement avait été critiqué par des ONG, selon un projet de loi approuvé vendredi en conseil des ministres.
D'après ce texte, qui doit encore être présenté au Parlement, "les civils, quelles que soient leur qualité et la nature de l'infraction commise par eux en temps de paix, ne peuvent nullement être déférés aux juridictions militaires ou jugés par elles".
D'autres dispositions viennent rétrécir la compétence du tribunal militaire: ainsi, les militaires coupables "d'infraction de droit commun", les personnes accusées "d'infractions contre la sûreté extérieure de l'Etat" ou encore les mineurs --quelque soit l'objet-- seront désormais poursuivis devant des "juridictions ordinaires".
Mais, dans le même temps, le projet dote la cour militaire de chambres d'appel. "Elle devient une cour spécialisée indépendante, perd son caractère +exceptionnel+ et ouvre la possibilité d'un appel", a indiqué à l'AFP le porte-parole du gouvernement, Mustapha Khalfi, évoquant une "décision historique".
Validé jeudi en conseil de gouvernement, le projet de loi a été approuvé vendredi lors d'un conseil des ministres présidé par Mohammed VI.
Il "vise à harmoniser la législation nationale relative à la justice militaire avec les dispositions de la Constitution (de 2011, adoptée durant le printemps arabe) et les principes et normes internationaux en vigueur", a souligné au terme de cette réunion le porte-parole du Palais royal, Abdelhak Lamrini.
- "Etat de droit" -
Son approbation "constitue une avancée majeure dans la voie de la consolidation de l'Etat de droit, de la réforme de la justice et de la protection des droits" humains, a pour sa part dit à l'AFP le président du Conseil national des droits de l'Homme (CNDH), Driss el Yazami.
Le projet élaboré répond justement aux recommandations formulées il y a tout juste un an par cet organisme officiel. Ses propositions avaient aussitôt été approuvées par le roi.
Quelques semaines auparavant, le déroulement du procès militaire de 25 Sahraouis à Rabat avait été critiqué par les ONG Amnesty International et Human Rights Watch (HRW), qui l'avaient qualifié d'"inéquitable".
Accusés du meurtre de 11 membres des forces de l'ordre lors du démantèlement du camp de Gdim Izik, près de Laâyoune, fin 2010, ils avaient été condamnés à des peines allant de deux ans à la perpétuité.
Le mois suivant la relation entre Rabat et Washington, deux pays alliés, s'était envenimée à la suite d'un projet de résolution américain à l'ONU visant à étendre la mission des Nations unies au Sahara occidental (Minurso) aux droits de l'Homme.
Vivement combattu par le royaume, ce projet avait finalement été abandonné par les Etats-Unis. Depuis, le président Barack Obama a salué la volonté du Maroc de "mettre fin aux pratiques de procès militaires de civils".
De nouveaux débats au conseil de sécurité de l'ONU sur le Sahara sont prévus le mois prochain à l'occasion de la reconduction du mandat de la Minurso, présente depuis 1991 dans cette ex-colonie espagnole contrôlée par Rabat.
Le Maroc propose un large plan d'autonomie pour ce vaste territoire de moins d'un million d'habitants. Mais il est rejeté par les indépendantistes du Polisario, soutenus par Alger, qui réclament un référendum d'autodétermination.



Naama m'a dit vendredi soir que c'était bon pour eux !
C.M.