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dimanche 14 juillet 2013

Egypte : le peuple a donné, le peuple a repris

Voici donc ce que l’on pense, en Occident, de la situation égyptienne : une expérience démocratique était en marche, l’armée a voulu y mettre fin, elle a instrumentalisé le mécontentement populaire pour faire un coup d’Etat.
Et de se lamenter sur la naïveté du peuple égyptien, qui préfère se jeter dans la gueule du loup militaire, plutôt que de faire confiance au président islamiste qu’il a élu. Incapable de se plier au long apprentissage de la démocratie, le peuple égyptien aurait oublié tous les maux que l’armée lui a infligés…

Non, le peuple égyptien n’a pas oublié.
Il n’a pas oublié ce qu’il a souffert, durant les seize mois où l’armée a directement gouverné le pays. L’initiative qu’il vient de prendre n’est, en aucune façon, un choix entre l’armée et les Frères musulmans. Elle représente une étape nouvelle, dans la marche qu’il a entreprise pour affirmer son autonomie citoyenne. Car le peuple égyptien a cessé d’être un comparse sur la scène politique. Il a acquis, depuis le mois de janvier 2011, un statut d’acteur autonome et décisif.
Il a acquis ce statut, qualitativement nouveau, non parce qu’il a renversé l’autocrate Moubarak, mais parce qu’il a rejeté, en même temps que lui, la légitimité de son pouvoir.
Jusque-là, au pays des pharaons, des sultans et des raïs, ce pouvoir n’était pas seulement exercé sans limite et sans contrôle. Il était, de surcroît, légitimé par l’ensemble de la population. Pourquoi celle-ci acceptait-elle comme allant de soi, comme une évidence indiscutable, un pouvoir sur lequel elle n’avait aucune prise ? Parce que ce pouvoir lui semblait émaner d’une instance supérieure, transcendante. Parce qu’il représentait, à ses yeux, le reflet sur terre d’un dessein céleste.
En janvier 2011, près de 10 millions d’Egyptiens ont proclamé que la souveraineté ne tombait pas du ciel. Qu’elle émanait d’eux. Que c’était en leur nom, désormais, que les gouvernants devaient gouverner. En quoi il s’agit bien, au sens le plus fort du terme, d’une révolution.
C’est l’avènement, non de la rue, mais de la place publique. Tahrir désigne une nouvelle génération d’acteurs sociopolitiques, héritiers d’un long cheminement historique, par où les générations qui les précèdent se sont, pas à pas, libérées des servitudes mentales et des inhibitions psychologiques, propres à une société traditionnelle et colonisée.
Ces nouveaux acteurs ne sont plus entravés par les mythes de la prédestination et de la fatalité, par le respect instinctif des hiérarchies, par le conformisme communautaire. Ils ne se méfient plus de ce qui tend à l’originalité, à la rupture, à l’imprévu. Ils n’ont plus peur de se distinguer, de s’affirmer, individuellement. Chacun d’eux parle à la première personne, pense par lui-même, agit en son nom propre.
Tahrir représente la conscience intime de millions d’Egyptiens, conscience révolutionnaire et citoyenne, contre-pouvoir installé dans les esprits, rendez-vous direct de chaque volonté libre avec le destin collectif de l’Egypte.
Pour l’armée comme pour les Frères musulmans, deux structures d’autorité fondées sur le principe de l’obéissance absolue, Tahrir représente un défi idéologique. Elles vont réagir de concert, en tandem, pour affronter ce défi. Après la chute de Moubarak, elles vont conduire une négociation, certes conflictuelle mais permanente, sur la meilleure manière de briser l’élan de la révolution, afin de discipliner et de canaliser la puissance de la nouvelle place publique.
Les pouvoirs exécutif, législatif et constitutionnel ont d’abord été concentrés dans les mains de l’armée. C’est dans ce cadre que les Frères musulmans et leurs alliés salafistes ont obtenu une majorité dans les urnes, d’abord au Parlement puis à la présidence. Ils y ont été puissamment aidés par l’armée, qui leur a préparé le terrain, en expédiant dans des prisons militaires 15 000 jeunes activistes révolutionnaires, en réprimant sauvagement, dans le sang, les manifestations de masse.
Pendant ce temps, les Frères musulmans étaient surtout préoccupés de préparer leur campagne électorale. Lorsque l’armée s’est vue conspuée dans les rues, elle a cédé aux Frères les rênes du pouvoir. Ces derniers ont commencé par renvoyer l’ascenseur. Ils ont fait graver dans le marbre le statut de caste de l’armée, en lui donnant des garanties constitutionnelles préservant ses privilèges, ses intérêts et ses immunités.
Qu’ont-ils fait pour le peuple qui les a élus ? Ils n’ont résolu aucun de ses problèmes. Ils les ont même aggravés. Mais ce n’est pas leur crime essentiel. S’il n’y avait que cela, le peuple aurait pu attendre trois années supplémentaires, pour les congédier par la voie des urnes. Le crime essentiel des Frères musulmans est d’avoir tenté de verrouiller toutes les issues par lesquelles ils pouvaient être chassés du pouvoir. Leur souci dominant a été de rendre, après eux, l’alternance impossible.
Morsi s’est arrogé des pouvoirs exorbitants, surplombant à la fois l’exécutif, le législatif et le judiciaire. Il a fait adopter une constitution sur mesure, en une nuit, par une commission dont la quasi-totalité des membres étaient islamistes. Il a systématiquement rejeté le principe de consultations sérieuses avec les forces politiques non-islamistes, se contentant de les inviter à des conversations informelles, une fois que ses décisions étaient prises.
Le peuple égyptien a compris que s’il le laissait faire, il n’y aurait plus de changement possible par les urnes. La poursuite de la voie démocratique exigeait de le congédier avant qu’il ne soit trop tard.
En juin, il s’est soulevé à nouveau. Et les quelque 10 millions d’Egyptiens qui occupaient les places publiques en 2011, sont devenus 22 millions.
Ces derniers ont commencé par signer une pétition exigeant le départ de Morsi. Puis ils se sont donné rendez-vous, le 30 juin, jour anniversaire de son élection, pour le lui dire de vive voix. Gigantesque démonstration de conscience collective, de puissance tranquille, de maturité. Le peuple a donné, le peuple a repris. Voilà.
C’est ce que l’armée a compris, et qui a conduit ses chefs à mettre fin à leur association avec les Frères musulmans. Ils redorent ainsi leur blason, en se plaçant du côté du peuple. Ils font un nouveau pari, conforme à leur vision des intérêts à long terme de l’institution militaire, et incluant d’évidentes arrière-pensées. La place Tahrir accueille leur intervention avec, pour l’heure, un immense soulagement. Mais aussi avec la vigilance qu’impose l’expérience d’un passé encore présent dans les mémoires.

Que faire, dans tout cela, du concept de légalité démocratique ? Se rappeler que, quand cette légalité devient le paravent d’une autocratie rampante, elle doit céder le pas devant la légalité des transitions révolutionnaires.
Dernier ouvrage paru : «Penser le Coran», Grasset, 2009, édition poche Folio, Gallimard, 2011.

samedi 6 juillet 2013

30 juin 2013 L’Égypte rompt avec Morsi

  Images et réflexions glanées sur facebook le 1er juillet 2013
 
  Samira Mizbar
Bon ! Ils sont où les analystes politiques à deux sous qui prétendaient que les révolutions arabes avaient avorté et que le seul destin de nos peuples était de pourrir sous le joug des islamistes sous entendu que finalement, c'est notre destin ? La prochaine fois que vous publierez un truc, merci de faire plus d'efforts, et surtout, évitez la prochaine fois d'écrire sur des choses que vous ne maîtrisez pas ! Et merci !
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Amina Madmoun a partagé une photo de Tous pour une Tunisie laïque.
LA DIFFÉRENCE ENTRE UN PEUPLE VIVANT ET UN AUTRE QUI EST INERTE
vous avez certainement imaginez de qui je parle




 
La place Tahrir hier !
"On ressortira dans la rue mille fois encore tant que nos revendications ne deviennent pas une réalité..."
Egypte-Maroc

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 En vidéo : La place Tahrir s'enflamme de joie à la venue d'officiers soutenir les manifestants
Un an tout juste après la prise de fonctions du président Mohamed Morsi, des milliers d’Égyptiens réclament une “deuxième révolution” et la chute du régime islamiste.
En vidéo : La place Tahrir s'enflamme de joie à la venue d'officiers soutenir les manifestantsÀ la place Tahrir, des manifestations de joie ont eu lieu lors de l'apparition de plusieurs officiers venus soutenir le mouvement contre la dérive autoritaire du chef de l’État.
Détails en vidéo


Talal Chakir
● Au Caire, la mobilisation millionnaire des anti-#Morsi fait au moins 5 morts. Seconde Révolution en marche ? 
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  L'Égypte rompt avec Morsi
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El Watan,  1/13/2013
 
 La colère anti-Morsi a atteint son paroxysme, exprimant un rejet massif et radical d’un président qui a fortement déçu
zoom | © AFP
La colère anti-Morsi a atteint son paroxysme, exprimant un rejet...

30 juin 2012. Devant des centaines de milliers de citoyens, le président élu Mohamed Morsi fait une entorse à la Constitution et prononce son discours d’investiture symboliquement, à la place Tahrir. 30juin 2013. Des centaines de milliers d’Egyptiens reviennent sur les lieux pour l’inviter à dégager.

Terrible retour de flammes pour le président Morsi qui a «fêté» hier le premier anniversaire de son début de règne par un appel populaire et massif à se démettre. Ce parallèle symbolique résume, à lui seul, le divorce presque irrémédiable entre les Egyptiens et leur raïs qui aura réussi la prouesse de se mettre des millions de ses compatriotes sur le dos.
Hier, à la place Tahrir, en Alexandrie, à Mahala, à Al Mansourah, à Port-Saïd et à Souhadj, le mot d’ordre était le même : «Morsi dégage !»
Tous ces milliers, voire ces millions d’Egyptiens, hommes femmes, vieux, jeunes et moins jeunes, se sont unis pour dire stop à la dérive autoritaire du président issu des Frères musulmans. C’est un véritable référendum populaire révocatoire contre Morsi coupable d’avoir confisqué le pouvoir pour lequel des centaines d’Egyptiens ont laissé leur vie.

Ironie du sort, la place Tahrir, dans le centre du Caire, qui a fait dégager Hosni Moubarak, a vibré hier au cri de : «Le peuple veut la chute du régime». De nombreux manifestants brandissaient des cartons rouges portant l’inscription «Dégage» à l’adresse du président Morsi. Ce dernier, sans doute surpris par ces marées humaines qui réclamaient sa tête, a tenté de calmer le jeu en pondant un communiqué dans lequel il louait les vertus du dialogue comme moyen de régler la crise.

Jour du jugement
Mais le coup était déjà parti et les places publiques dans toute l’Egypte ont rendu bruyamment mais fermement leur verdict : Morsi va-t-en !  Sans doute qu’il y a l’avant et l’après-30 juin.  Hier, c’est presque toute l’Egypte qui était dans la rue. Le bon sens voudrait que le président Morsi capte bien le message qui lui a été adressé. Même le déploiement massif de l’armée autour des édifices publics n’a pas dissuadé les manifestants à se joindre à ce jour du  «jugement» d’un président qui en a déçu plus d’un.

Touché en plein... Caire
Des manifestations anti-Morsi ont eu également lieu à Alexandrie (nord), deuxième ville du pays, à Menouf et Mahallah, dans le delta du Nil, ainsi qu’à Port-Saïd et Suez, sur le canal du même nom, ou encore dans la ville natale de M. Morsi, Zagazig, au nord-est du Caire.
Les foules grossissaient tout au long de la journée et jusque tard dans la nuit. Et tout porte à croire que les «campings» vont refaire leur apparition sur les places publiques comme en 2011 contre Moubarak.

Les images des foules retransmises en direct par les chaînes de télévision du monde sont tellement impressionnantes qu’elles donnent la chair de poule. Ces manifestations pharaoniques sont loin d’être un «chahut de gamins». Le président Morsi et ses soutiens devraient réfléchir deux fois avant de tenter le diable devant les caméras du monde.  
Les foules ont «ceinturé» tous les bâtiments officiels, notamment le palais présidentiel à Héliopolis, scandant pacifiquement des slogans hostiles au Président sans jamais verser dans la violence.

Les quelques milliers de militants islamistes pro-Morsi, qui campent depuis vendredi au quartier de Nasr City pour défendre la «légitimité» de leur poulain, ne font visiblement pas le poids. Le mouvement Tamarod (rébellion) à l’origine des appels à manifester pour le départ de M. Morsi aura réussi son coup. Mohamed El Baradei, l’une des figures de l’opposition, a appelé le Président à «écouter le peuple» et à laisser se tenir une présidentielle anticipée avant la fin de son mandat en juin 2016. Un conseil que Morsi gagnerait à écouter, compte tenu de l’incroyable mobilisation de ses adversaires qui vont au-delà de ceux qui n’ont pas voté pour lui.   
En tout cas, le sobriquet «Mohamed Morsi Moubarak» a pris hier toute sa signification dans les rues, villes et villages égyptiens, où l’image de Morsi incarnait au mieux l’autoritarisme, au pire la dictature. Même la diaspora égyptienne a manifesté à Sydney, New York, Washington et autres capitales occidentales exactement comme elle l’avait fait contre Moubarak.
Mais au Caire, le président Morsi a dû être touché au cœur. Et pour ce genre de coups, on s’en sort difficilement…

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Egypte : 30 juin, début d’une nouvelle vague révolutionnaire ?
 
Le 30 juin pourrait bien marquer le début d’une nouvelle vague révolutionnaire déferlant sur l'Egypte. La campagne « Tamarrod » (« rébellion ») a recueilli 22 millions de signatures exigeant le départ du gouvernement Morsi, mis en place il y a un an. Les organisations syndicales indépendantes sont parti-prenantes des mouvements de protestation, la Fédération de syndicats indépendants d’Égypte (EFITU) et plusieurs syndicats du Congrès Démocratique Égyptien du Travail (EDLC) soutiennent formellement la campagne « Tamarrod ». Des centaines de milliers d'égyptien-nes manifestaient au Caire, des initiatives similaires ont eu lieu dans plusieurs grandes villes. Il s’agit des plus grosses manifestations en Egypte depuis la chute de Moubarak en mars 2011. Nous soutenons la lutte des syndicats égyptiens indépendants et des travailleurs/ses, ouvriers et paysans qui défendent leur existence face au néo libéralisme du système en place.
www.efitu.

mardi 22 janvier 2013

De la Tunisie à l’Égypte deux ans après…

Conférences-débat de Rabha ATTAF, auteure de
 Place Tahrir, une révolution inachevée (2012)
À Perpignan
Jeudi 14 février à 17 heures
Librairie Torcatis
10 rue Mailly
Survie
À Montpellier
Vendredi 15 février 2013 à 20h
avec la participation d’invité-e-s en vidéoconférence depuis Tunis
 Salle Jacques 1° d’Aragon – Place de la Révolution française      
Trams Rives du Lez  puis Passerelle Barons de Caravettes
Survie, Les Amis du Monde Diplomatique, Les Amis de l’Humanité, Amnesty International, le Mouvement de la Paix
Librairie Le Grain des mots
À Nîmes
Samedi 16 février à 15h30
Librairie Diderot
2 rue Emile Jamais
Survie, CADTM, les Amis de la Librairie Diderot
    

Rabha Attaf dédicacera son livre, paru aux éditions workshop19, Tunis

mercredi 28 novembre 2012

Egypte : Une nouvelle révolution est en marche


Plus de 200.000 Égyptiens se sont rassemblés mardi après-midi sur la place Tahrir, au Caire.
  
Plus de 200.000 Égyptiens se sont rassemblés mardi après-midi sur la place Tahrir, au Caire, pour protester contre la décision du président islamiste Mohamed Morsi de s’arroger des pouvoirs quasi-absolus.

Mardi, les manifestations de masse, place Tahrir et dans plusieurs autres grandes villes comme à Alexandrie, étaient comparables en taille à celles de l’année dernière lors du soulèvement populaire qui a renversé l’ancien chef d’État égyptien Hosni Moubarak.
Agitant des drapeaux rouge, blanc et noir, et criant des slogans contre le président égyptien et les Frères musulmans, des rangs desquels il est issu, les manifestants en ont rejoint plusieurs centaines d’autres qui campent sur la place depuis vendredi dernier pour demander la révocation des décrets qu’il a pris la semaine dernière.
« Les Frères musulmans ont détourné la révolution », a lancé Rafat Magdi, un ingénieur se rendant à la manifestation. « Les gens ont ouvert les yeux (…) Aux prochaines élections, il n’auront pas de voix », a-t-il ajouté.
« D’un seul coup, Morsi promulgue une loi qui fait de lui le législateur absolu, concentrant tous les pouvoirs entre ses mains », a déclaré Mona Sadek, une manifestante de 31 ans, ingénieur diplômée, qui porte le voile islamique. « Notre révolte contre ces amendements se transforme en protestation contre les Frères musulmans ».

Mohamed Morsi, élu président en juin, affirme que les décrets qu’il a pris la semaine dernière sont nécessaire pour protéger les acquis de la révolution et la transition du pays vers un régime démocratique.
Jeudi 22 novembre, le président égyptien a renforcé notablement son pouvoir en adoptant plusieurs amendements constitutionnels. Il a également accordé l’immunité à la commission chargée de rédiger une nouvelle Constitution pour empêcher qu’elle ne soit dissoute par décision de justice, ainsi qu’à la chambre haute du Parlement. Ces deux instances sont dirigées par ses alliés islamistes des Frères musulmans.
Les magistrats de la plus haute cour de justice égyptienne ont déclaré samedi dernier que les récents amendements grâce auxquels le président égyptien Mohamed Morsi s’octroie de nouveaux pouvoirs constituaient « une atteinte sans précédent à l’indépendance du pouvoir judiciaire et ses décisions ».
Sources : AFP / Le Journal du Siècle

vendredi 26 octobre 2012

Ça y est, workshop19, atelier tunisien de création, existe !

éditions workshop19       
ATELIER TUNISIEN DE CRÉATION
 

دار النشر وَرْشة19
الورشة التونسية للابداع

couv tahrir site
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Disponible aussi sur Amazon.fr et Fnac.com

Diffusion-distribution Tunisie: SOTUPRESSE 
Tél. 71 322 499

Diffusion France Belgique Suisse : L'Oiseau Indigo
Distribution France-Belgique : Pollen littéral
Distribution Suisse : Servidis
Format 15x23   260 pages
ISBN 978-9938-862-00-3      N° éditeur 862
Prix public : 20 DT  20 € 25 CHF

Écrit par W19, 24/10/2012
Fausto Giudice, Tunis, 21 octobre 2012 - Ça y est, workshop19 existe ! Il aura fallu un an pour que ce projet devienne une réalité, avec la publication de notre premier livre. La réalisation de ce projet a coûté beaucoup de sang, de larmes et de sueur, mais nous y sommes arrivés. Paraphrasant Napoléon, on pourrait dire : " المستحيل موش كلمة تونسية " [al mosta7il mouch kilma tounssiya-Impossible n'est pas un mot tunisien].
Le 5 janvier 2011, alors que je vivais encore en France, j'ai su que Ben Ali n'en avait plus pour longtemps, lorsque j'ai appris qu'au lendemain de la mort de Mohamed Bouazizi, date de la rentrée scolaire et universitaire, les élèves et étudiants se mettaient en grève aux quatre coins du pays. Je me suis donc préparé à retourner dans le pays où j'avais grandi, et où je n'avais pu mettre les pieds durant les 23 ans de la dictature.

En revenant à Tunis, j'ai découvert au fil des mois une société en pleine effervescence et atteinte de graves maladies. Parmi ces maladies, la plus sérieuse me paraît être l'ignorance. Une ignorance cultivée et entretenue par le pouvoir pendant des décennies.

Le livre est un des outils permettant de combattre l'ignorance. Le grand poète espagnol Federico García Lorca a exprimé cela mieux que je ne le saurais faire. Voici ce qu'il déclara dans son discours d’inauguration de la bibliothèque publique de sa ville natale, Fuente de Vaqueros (Grenade) en septembre 1931 :

 
Quand quelqu’un va au théâtre, à un concert ou à une fête quelle qu’elle soit, si le spectacle lui plaît il évoque tout de suite ses proches absents et s’en désole : « Comme cela plairait à ma sœur, à mon père ! » pensera-t-il et il ne profitera dès lors du spectacle qu’avec une légère mélancolie. C’est cette mélancolie que je ressens, non pour les membres de ma famille, ce qui serait mesquin, mais pour tous les êtres qui, par manque de moyens et à cause de leur propre malheur ne profitent pas du suprême bien qu’est la beauté, la beauté qui est vie, bonté, sérénité et passion.
C’est pour cela que je n’ai jamais de livres. A peine en ai-je acheté un, que je l’offre. J’en ai donné une infinité. Et c’est pour cela que c’est un honneur pour moi d’être ici, heureux d’inaugurer cette bibliothèque du peuple, la première sûrement de toute la province de Grenade.
L’homme ne vit pas que de pain. Moi, si j’avais faim et me trouvais démuni dans la rue, je ne demanderais pas un pain mais un demi-pain et un livre. Et depuis ce lieu où nous sommes, j’attaque violemment ceux qui ne parlent que revendications économiques sans jamais parler de revendications culturelles : ce sont celles-ci que les peuples réclament à grands cris. Que tous les hommes mangent est une bonne chose, mais il faut que tous les hommes accèdent au savoir, qu’ils profitent de tous les fruits de l’esprit humain car le contraire reviendrait à les transformer en machines au service de l’État, à les transformer en esclaves d’une terrible organisation sociale.
J’ai beaucoup plus de peine pour un homme qui veut accéder au savoir et ne le peut pas que pour un homme qui a faim. Parce qu’un homme qui a faim peut calmer facilement sa faim avec un morceau de pain ou des fruits. Mais un homme qui a soif d’apprendre et n’en a pas les moyens souffre d’une terrible agonie parce que c’est de livres, de livres, de beaucoup de livres dont il a besoin, et où sont ces livres ?
Des livres ! Des livres ! Voilà un mot magique qui équivaut à clamer : « Amour, amour », et que devraient demander les peuples tout comme ils demandent du pain ou désirent la pluie pour leur semis.
Quand le célèbre écrivain russe Fédor Dostoïevski - père de la révolution russe bien davantage que Lénine - était prisonnier en Sibérie, retranché du monde, entre quatre murs, cerné par les plaines désolées, enneigées, il demandait secours par courrier à sa famille éloignée, ne disant que : « Envoyez-moi des livres, des livres, beaucoup de livres pour que mon âme ne meure pas ! ». Il avait froid ; ne demandait pas le feu, il avait une terrible soif, ne demandait pas d’eau, il demandait des livres, c’est-à-dire des horizons, c’est-à-dire des marches pour gravir la cime de l’esprit et du cœur. Parce que l’agonie physique, - biologique, naturelle d’un corps, à cause de la faim, de la soif ou du froid, dure peu, très peu, mais l’agonie de l’âme insatisfaite dure toute la vie.
Le grand Menéndez Pidal - l’un des véritables plus grands sages d’Europe -, l’a déjà dit : « La devise de la République doit être la culture ». la culture, parce que ce n’est qu’à travers elle que peuvent se résoudre les problèmes auxquels se confronte aujourd’hui le peuple plein de foi mais privé de lumière.

vendredi 10 juin 2011

Montpellier, 10 juin : Soirée culturelle et artistique sur les révolutions dans le monde arabe

Vendredi 10 juin 
Maison pour Tous François Villon (quartier Petit Bard) Alco, rue des Araucarias 34080 Montpellier  ( contact 06 28 06 64 64 )
  • 15h : projection de films sur les luttes sociales dans le monde arabe : Ultras Tahrir , film égyptien sur la place Tahrir ;  Redeyef: le combat de la dignité ( film sur la révolte du bassin minier de Gafsa en Tunisie); Agrobusiness européen dans le Souss et manifestation de la population de Tamassint dans le Rif et la lutte des mineurs d’Iminé dans la région d’ Ouarzazate en 2005 ( Maroc )

  • 18 h : discussion-débat autour des luttes sociales dans le monde arabe et des évolutions en cours, en présence de militants du monde arabe.

  • 19h30 Musique maghrébine et arabe  ( entrée libre , PAF) organisé par  l’Association des travailleurs maghrébins en France ( ATMF) 

    Puerta del Sol, Madrid, mai 2011. Photo Reuters