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lundi 19 octobre 2015

Énormes dégâts dans les campements de réfugiés sahraouis


La pluie des derniers jours a fait des dégâts dans les campements de réfugiés sahraouis. L'armée sahraouie est venue en renfort...


Photo de Ahmed Mahamud Mami.
Photo de Ahmed Mahamud Mami.
Photo de Ahmed Mahamud Mami.

Photo de Ahmed Mahamud Mami.--------------------------------------------------------------------------------------------------------


19/10/2015 Desde el mohajem
Ayer continuaron los chaparrones y tormentas. Hoy, sigue nublado y con amenaza de lluvia
(Las fotos son de la wilaya de Bojador ayer 18 de octubre)
Photo de Carlos Cristobal.Photo de Carlos Cristobal.Photo de Carlos Cristobal.Photo de Carlos Cristobal.Photo de Carlos Cristobal.
 
Apso Lument a partagé la photo de Munduaz Blai Elkartea.
Cela fait une semaine qu'il pleut dans les campements de réfugiés sahraoui, désert salin du sud ouest algérien.. Les dégâts s'accumulent et s'accroit la précarité de famille. Les maisons de sable fondent, les tentes s'écroulent, les machines et autres mécaniques se noient, les réserves alimentaires sont détruites...
Photo de Munduaz Blai Elkartea.
+7

dimanche 15 septembre 2013

L'Armée égyptienne ou la ruse de l'Histoire!

Ayant été absent, je n'ai pas pu partager mon point de vue au sujet des évènements en Égypte.

J'étais parmi celles et ceux qui comparaient l'action militaire égyptienne à celle de la Révolution des Œillets au Portugal. Je me suis trompé lamentablement. Car une armée qui ne délivre pas l'espace social de la violence, et qui, bien au contraire, contribue à semer la terreur et le massacre, ne peut avoir aucune légitimité.

Et c'est crapuleux de ruser pour accaparer le pouvoir au nom du peuple contestataire qui aspire à la dignité, à la démocratie, à l’État de Droit. On ne peut combattre un fascisme par un autre fascisme.

Le peuple égyptien et l'ensemble des peuples arabo-musulmans commencent déjà à réfuter l'aporie islamiste, le culte de la personnalité, les monarchies corrompues, la présidence à vie et la violence d’État.

La Révolution ne peut être que permanente ! C'est le réveil des peuples opprimés!

dimanche 1 septembre 2013

Les larmes du Sphinx et la onzième plaie de l’Egypte


dimanche 14 juillet 2013

Egypte : la démocratie, les femmes, les violations des ddH, les Tamarods...

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Un dessin de Mayk

 dessin  de Mayk

La rue égyptienne, sans la présence d’institutions étatiques solides, ne peut révoquer un élu avant la fin de son mandat sans générer l’instabilité ou risquer la manipulation, affirme l’éditorialiste.
Il y a quelques semaines, j’ai abordé la question du pouvoir et des contre-pouvoirs qui lui sont nécessaires pour garantir l’existence d’un Etat de droit et pour atténuer la tyrannie qu’une majorité politique peut exercer à l’encontre de celles et ceux qui n’ont pas voté pour elle.
L’exemple à ce sujet étant la Turquie, où les victoires électorales successives de l’AKP [le parti islamiste au pouvoir] ont vraisemblablement convaincu le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, qu’il est le maître absolu de son pays et de sa société. Pour résumer, il apparaît que le monde arabo-musulman n’est pas suffisamment attentif à la mise en place de contre-pouvoirs dès lors qu’il s’engage dans un processus de transition démocratique.La situation actuelle en Egypte permet de poursuivre la réflexion sur un autre plan, en abordant une autre question fondamentale pour la démocratie. Comment faire pour renvoyer celui qui a été élu sans attendre la prochaine échéance électorale ? Comment le faire sans générer de l’instabilité au sein des institutions ? Mais commençons d’abord par une mise au point.
Un président légitime
Rappelons donc que le président égyptien, Mohamed Morsi, a été démocratiquement élu par les Egyptiens au terme d’un scrutin qui, de l’avis de la majorité des observateurs, a été le plus régulier de l’histoire de l’Egypte indépendante (ce qui ne signifie pas qu’il a été parfait, loin de là). Cela n’est pas chose négligeable. Si l’on respecte la démocratie, si l’on respecte les règles du jeu que cette dernière impose, on est obligé de reconnaître la légitimité de sa présidence.
Balayer cela d’un revers de manche au prétexte que l’on est un adversaire des islamistes et que l’on ne supporte pas leur présence au pouvoir, c’est adopter une attitude antidémocratique, et c’est se faire le partisan de scrutins censitaires où ne voteraient que les gens avec lesquels on serait d’accord. Des scrutins qui, par exemple, écarteraient les islamistes et leurs électeurs potentiels. C’est d’ailleurs ce dont rêvent, sans vraiment l’assumer, nombre de "démocrates" et autres "laïcs" dans le monde arabe.
Incapables de peser politiquement et électoralement face aux islamistes, ils préféreraient des élections débarrassées de ces puissants adversaires et cela sous la houlette d’un arbitre suprême, c’est-à-dire l’armée (ou, plus rarement, l’Occident). Relevons au passage cette (fausse ?) naïveté qui fait croire que l’armée égyptienne a chassé Morsi pour remettre le pouvoir à son opposition. En leur temps, les éradicateurs algériens opposés à la victoire de l’ex-Front islamique du salut (FIS) [en 1991] ont cru la même chose, persuadés qu’ils étaient que le pouvoir les récompenserait d’avoir contribué à sa propre survie. On connaît la suite…

Le “recall”, une procédure délicate
Pour autant, il doit être possible d’exiger le départ de celui qui a été élu si l’on considère qu’il a failli et si une majorité l’exige. Trop souvent, le mandat électoral est assimilé à un blanc-seing, une sorte de chèque en blanc qui interdirait la moindre remise en cause. D’ailleurs, le monde politique n’aime pas trop aborder cette question du “recall”, c’est-à-dire la procédure par laquelle les citoyens peuvent obtenir qu’un élu s’en aille avant la fin de son mandat ou, tout du moins, qu’il se présente de nouveau devant les électeurs.
Exception faite de quelques pays comme les Etats-Unis, le Canada ou la Suisse, le “recall” n’est guère ancré dans les mentalités, alors qu’il a existé dès les premiers temps de la démocratie athénienne. En France, ni la droite ni la gauche ne veulent en entendre parler, au nom de la nécessité d’éviter l’instabilité que cela peut générer. Il est vrai qu’un élu a besoin de temps pour agir, mais cela ne saurait lui garantir une impunité totale.
Il reste donc à savoir comment organiser et obtenir un tel rappel des électeurs. En investissant les places publiques et en recueillant plusieurs millions de signatures exigeant le départ de Morsi, l’opposition égyptienne a usé de deux moyens complémentaires mais aux conséquences et à l’efficacité différentes. Comme c’est le cas aux Etats-Unis, la collecte de signatures permet d’éviter le recours à des manifestations publiques et donc, in fine, à l’anarchie qu’elles pourraient provoquer.
Mais cette manière pacifique d’appréhender un “recall” est-elle possible pour des pays qui s’engagent à peine dans une transition démocratique ? En Egypte aujourd’hui, demain ailleurs, la capacité de précipiter les événements reste liée à la mobilisation de la rue, avec ce que cela peut entraîner comme dérapages et manipulations. C’est en cela que la situation égyptienne parle à la planète entière. Au monde arabe d’abord, du moins à celui qui est en mouvement, comme c’est le cas en Tunisie.
Mais aussi au monde développé, où la rupture entre électeurs et élus est manifeste. Car, au XXIe siècle, la démocratie, c’est, entre autres, permettre au peuple d’élire librement ses représentants. Mais c’est aussi lui permettre de leur signifier leur congé quand il le juge nécessaire, et cela sans avoir à attendre les habituels rendez-vous électoraux.
  • Le Quotidien d’Oran |
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  • http://badiltawri.wordpress.com/2013/07/08/egypte-%E2%80%A2-peut-on-limoger-un-president-democratiquement-elu/
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     Mervat El-Tallawy, une politicienne Egyptienne très connue a déclaré que ce sont les femmes qui ont le plus souffert sous le régime de Morsi. " Son parti regarde les femmes pratiquement comme du cheptel ou des esclaves sexuelles, a-t-elle déclaré." Elle décrit les viols en bande comme du "terrorisme sexuel" dirigé contre les femmes, dont le but est de leur faire peur et de les cantonner dans un rôle de soumission.

    Le gouvernement de Morsi a planifié: 

    - de refuser aux femmes le droit de demander le divorce dans l'Islam, 
    -  de permettre et promouvoir l'excision.
     Il a licencié les femmes qui avaient un travail dans les postes à grande responsabilité dans le gouvernement, et a tenté de faire baisser l'âge légal du mariage pour les filles de 18 ans à 9 ans.

    Son parti est clairement "anti-femmes", ses membres ne nous voient pas comme des citoyennes bien que nous représentons presque la moitié de la population.

    Ils veulent nous traiter comme des esclaves dont le rôle est de faire des enfants et de servir d'esclave sexuelle pour les besoins des hommes. Ils ont tenté de nous faire régresser d'un pays moderne, civilisé et tolérant religieusement vers un autre digne du Moyen-Age "
    Les assaillants ont opéré dans un climat de totale impunité – encouragés par des fanatiques religieux au sein du gouvernement qui ont dit que les protestataires femmes étaient des putes et qui ont critiqué ces femmes pour n'être pas restées chez elles à la maison. Certains croient même que ces gangs ont été payés par les frères musulmans.

    Durant ces deux années et demi de bataille pour la démocratie en Egypte de nombreux cas de viols et d'agressions sexuelles ont été confirmés – simplement pour avoir "osé "prendre position". C'est la honteuse histoire non dite de la Révolution du Printemps Arabe.

    Et peut-être que ce qui est le plus perturbant, est qu'il a été déclaré que ces attaques ont été sanctionnées par Morsi et les frères musulmans.

     [extraits from the Daily Mail, UK -- merci Salah Elayoubi pour l'article]

Egypte : le peuple a donné, le peuple a repris

Voici donc ce que l’on pense, en Occident, de la situation égyptienne : une expérience démocratique était en marche, l’armée a voulu y mettre fin, elle a instrumentalisé le mécontentement populaire pour faire un coup d’Etat.
Et de se lamenter sur la naïveté du peuple égyptien, qui préfère se jeter dans la gueule du loup militaire, plutôt que de faire confiance au président islamiste qu’il a élu. Incapable de se plier au long apprentissage de la démocratie, le peuple égyptien aurait oublié tous les maux que l’armée lui a infligés…

Non, le peuple égyptien n’a pas oublié.
Il n’a pas oublié ce qu’il a souffert, durant les seize mois où l’armée a directement gouverné le pays. L’initiative qu’il vient de prendre n’est, en aucune façon, un choix entre l’armée et les Frères musulmans. Elle représente une étape nouvelle, dans la marche qu’il a entreprise pour affirmer son autonomie citoyenne. Car le peuple égyptien a cessé d’être un comparse sur la scène politique. Il a acquis, depuis le mois de janvier 2011, un statut d’acteur autonome et décisif.
Il a acquis ce statut, qualitativement nouveau, non parce qu’il a renversé l’autocrate Moubarak, mais parce qu’il a rejeté, en même temps que lui, la légitimité de son pouvoir.
Jusque-là, au pays des pharaons, des sultans et des raïs, ce pouvoir n’était pas seulement exercé sans limite et sans contrôle. Il était, de surcroît, légitimé par l’ensemble de la population. Pourquoi celle-ci acceptait-elle comme allant de soi, comme une évidence indiscutable, un pouvoir sur lequel elle n’avait aucune prise ? Parce que ce pouvoir lui semblait émaner d’une instance supérieure, transcendante. Parce qu’il représentait, à ses yeux, le reflet sur terre d’un dessein céleste.
En janvier 2011, près de 10 millions d’Egyptiens ont proclamé que la souveraineté ne tombait pas du ciel. Qu’elle émanait d’eux. Que c’était en leur nom, désormais, que les gouvernants devaient gouverner. En quoi il s’agit bien, au sens le plus fort du terme, d’une révolution.
C’est l’avènement, non de la rue, mais de la place publique. Tahrir désigne une nouvelle génération d’acteurs sociopolitiques, héritiers d’un long cheminement historique, par où les générations qui les précèdent se sont, pas à pas, libérées des servitudes mentales et des inhibitions psychologiques, propres à une société traditionnelle et colonisée.
Ces nouveaux acteurs ne sont plus entravés par les mythes de la prédestination et de la fatalité, par le respect instinctif des hiérarchies, par le conformisme communautaire. Ils ne se méfient plus de ce qui tend à l’originalité, à la rupture, à l’imprévu. Ils n’ont plus peur de se distinguer, de s’affirmer, individuellement. Chacun d’eux parle à la première personne, pense par lui-même, agit en son nom propre.
Tahrir représente la conscience intime de millions d’Egyptiens, conscience révolutionnaire et citoyenne, contre-pouvoir installé dans les esprits, rendez-vous direct de chaque volonté libre avec le destin collectif de l’Egypte.
Pour l’armée comme pour les Frères musulmans, deux structures d’autorité fondées sur le principe de l’obéissance absolue, Tahrir représente un défi idéologique. Elles vont réagir de concert, en tandem, pour affronter ce défi. Après la chute de Moubarak, elles vont conduire une négociation, certes conflictuelle mais permanente, sur la meilleure manière de briser l’élan de la révolution, afin de discipliner et de canaliser la puissance de la nouvelle place publique.
Les pouvoirs exécutif, législatif et constitutionnel ont d’abord été concentrés dans les mains de l’armée. C’est dans ce cadre que les Frères musulmans et leurs alliés salafistes ont obtenu une majorité dans les urnes, d’abord au Parlement puis à la présidence. Ils y ont été puissamment aidés par l’armée, qui leur a préparé le terrain, en expédiant dans des prisons militaires 15 000 jeunes activistes révolutionnaires, en réprimant sauvagement, dans le sang, les manifestations de masse.
Pendant ce temps, les Frères musulmans étaient surtout préoccupés de préparer leur campagne électorale. Lorsque l’armée s’est vue conspuée dans les rues, elle a cédé aux Frères les rênes du pouvoir. Ces derniers ont commencé par renvoyer l’ascenseur. Ils ont fait graver dans le marbre le statut de caste de l’armée, en lui donnant des garanties constitutionnelles préservant ses privilèges, ses intérêts et ses immunités.
Qu’ont-ils fait pour le peuple qui les a élus ? Ils n’ont résolu aucun de ses problèmes. Ils les ont même aggravés. Mais ce n’est pas leur crime essentiel. S’il n’y avait que cela, le peuple aurait pu attendre trois années supplémentaires, pour les congédier par la voie des urnes. Le crime essentiel des Frères musulmans est d’avoir tenté de verrouiller toutes les issues par lesquelles ils pouvaient être chassés du pouvoir. Leur souci dominant a été de rendre, après eux, l’alternance impossible.
Morsi s’est arrogé des pouvoirs exorbitants, surplombant à la fois l’exécutif, le législatif et le judiciaire. Il a fait adopter une constitution sur mesure, en une nuit, par une commission dont la quasi-totalité des membres étaient islamistes. Il a systématiquement rejeté le principe de consultations sérieuses avec les forces politiques non-islamistes, se contentant de les inviter à des conversations informelles, une fois que ses décisions étaient prises.
Le peuple égyptien a compris que s’il le laissait faire, il n’y aurait plus de changement possible par les urnes. La poursuite de la voie démocratique exigeait de le congédier avant qu’il ne soit trop tard.
En juin, il s’est soulevé à nouveau. Et les quelque 10 millions d’Egyptiens qui occupaient les places publiques en 2011, sont devenus 22 millions.
Ces derniers ont commencé par signer une pétition exigeant le départ de Morsi. Puis ils se sont donné rendez-vous, le 30 juin, jour anniversaire de son élection, pour le lui dire de vive voix. Gigantesque démonstration de conscience collective, de puissance tranquille, de maturité. Le peuple a donné, le peuple a repris. Voilà.
C’est ce que l’armée a compris, et qui a conduit ses chefs à mettre fin à leur association avec les Frères musulmans. Ils redorent ainsi leur blason, en se plaçant du côté du peuple. Ils font un nouveau pari, conforme à leur vision des intérêts à long terme de l’institution militaire, et incluant d’évidentes arrière-pensées. La place Tahrir accueille leur intervention avec, pour l’heure, un immense soulagement. Mais aussi avec la vigilance qu’impose l’expérience d’un passé encore présent dans les mémoires.

Que faire, dans tout cela, du concept de légalité démocratique ? Se rappeler que, quand cette légalité devient le paravent d’une autocratie rampante, elle doit céder le pas devant la légalité des transitions révolutionnaires.
Dernier ouvrage paru : «Penser le Coran», Grasset, 2009, édition poche Folio, Gallimard, 2011.

samedi 6 juillet 2013

Egypte, l’armée et le peuple unis ?



 par Alain Gresh, blogs du Diplo, 3/7/2013
Le 1er juillet, à l’issue de manifestations gigantesques dans les rues égyptiennes, l’armée a publié un communiqué affirmant « son soutien aux demandes du peuple » et donnant « à tout le monde » quarante-huit heures, délai de la « dernière chance [pour] assumer leurs responsabilités en ce moment historique ». Si ces demandes ne sont pas satisfaites, poursuit-elle, « ce sera aux forces armées d’annoncer une feuille de route, et des mesures supervisées par elles en coopération avec toutes les forces patriotiques et sincères [...] sans exclure aucun parti ».
Bien que cette dernière partie de la phrase — « sans exclure aucun parti » — vise à rassurer les Frères musulmans, qui craignent le retour à l’ordre ancien et l’emprisonnement, leur direction a rejeté cet ultimatum et le président lui-même a affirmé qu’il resterait à son poste. Et il semble peu probable que le président Mohammed Morsi puisse survivre à cette épreuve. Même le porte-parole du parti salafiste Nour (25 % des voix aux élections législatives), Nader Bakkar, expliquait à son demi-million d’abonnés sur Twitter que le calife Othman, troisième successeur du Prophète, avait préféré renoncer à la vie plutôt que de faire couler le sang des fidèles.
Avec le retour probable de l’armée sur le devant de la scène, c’est la principale avancée du président Morsi durant son court règne qui est remise en cause. C’est lui en effet qui, en août 2012, avait renvoyé le Conseil supérieur des forces armées (CSFA) dont la gestion du pays pendant un an et demi s’était révélée catastrophique (lire « Egypte, une nouvelle étape ? »).
Il n’est pas inutile de rappeler que :
  • le CSFA porte une responsabilité majeure dans la transition chaotique qui a suivi le départ de Hosni Moubarak ;
  • durant la révolution et la période où elle a exercé le pouvoir, l’armée a réprimé, arrêté, fait disparaitre, torturé des centaines de personnes, comme l’a confirmé un rapport publié par le quotidien britannique The Guardian (lire « Vers une intervention de l’armée en Egypte ? ») ;
  • l’armée a tiré sur les manifestants qui protestaient contre les attaques visant les coptes. Ce massacre s’est produit devant le siège de la télévision (Maspéro) en octobre 2011 (lire « Egypte : sanglante répression contre les coptes »).
Que, dans ces conditions, le mouvement Tamarod, à l’origine de la campagne de signatures pour démettre Morsi, proclame : « L’armée s’est rangée aux côtés du peuple », a de quoi inquiéter. D’autant que l’opposition a repris cette idée. Ils ont la mémoire courte.
Pourtant, si l’armée peut revendiquer son retour aux affaires, c’est que Morsi a échoué. Et cet échec est éclatant dans tous les domaines, qu’il s’agisse de l’édification d’un Etat de droit ou du développement économique et social.
Il est important de comprendre les raisons de cet échec. Morsi n’a pas été capable de rassurer un pays divisé, ni ceux qu’inquiétait un parti discipliné, souvent sectaire et à tendances hégémoniques. Morsi a été le président des Frères, pas celui des Egyptiens. Il a par ailleurs fait preuve d’une incompétence qui a surpris bien des observateurs qui pensaient que les Frères disposaient de cadres pour gérer l’appareil d’Etat. En revanche, on ne peut vraiment pas parler d’islamisation de l’Etat, constate sur son excellent site The Arabist, Issandr El Amrani (« Morsi’s Year », 27 juin). C’est d’ailleurs un des reproches principaux des partis salafistes.
Mais si Morsi porte les responsabilités de son échec, on ne peut oublier certaines données :
  • L’essentiel de l’appareil étatique échappe à la présidence. Je ne parle même pas de l’armée, mais aussi de la police qui n’a pas pu – ou pas voulu – protéger les sièges des Frères musulmans attaqués durant ces derniers mois. Quant au ministère de l’intérieur, il a publié le 30 juin un communiqué gonflant le chiffre des participants aux manifestations !
« Morsi a appelé tous les leaders de l’opposition, en particulier au sein du Front de salut national (FSN) qui comprend la plupart des membres de l’opposition laïque, à participer à dix réunions différentes, avec peu de succès. En ce qui concerne les nominations, le conseiller politique de Morsi, Bakinam El-Sharqawi, déclarait récemment qu’à chaque fois que le président avait demandé aux groupes laïques des candidats pour occuper les postes les plus élevés au sein du gouvernement, y compris des postes de ministres et de gouverneurs, ils avaient refusé. »
Il a été d’autre part la victime d’un paysage médiatique profondément bouleversé depuis la révolution. Dans un autre billet du 30 juin intitulé « The delegitimization of Mohamed Morsi », The Arabist notait aussi l’entreprise de dénigrement à l’encontre du président — associée, il faut le dire, à une campagne anti-palestinienne, le Hamas étant accusé d’avoir fourni des lance-pierres aux Frères en janvier 2011 !
« Même en tenant compte de ses piètres résultats, l’une des caractéristiques de la vie politique de l’année écoulée est d’avoir été une machine implacable de diabolisation médiatique et de délégitimation de l’administration Morsi, bien au-delà des erreurs dont Morsi est lui-même responsable. Quiconque regarde CBC, ONTV, al-Qahira wal-Nas et d’autres stations satellites, ou lit des journaux hystériques comme al-Destour, al-Watan ou al-Tahrir (et de plus en plus al-Masri al-Youm), est abreuvé par une propagande anti-Morsi permanente. Certaines de ces attaques étaient méritées, mais, même de la part d’un journaliste respecté comme Ibrahim Eissa (un des principaux adversaires du président Hosni Moubarak), le discours contre Morsi était hors de contrôle. »
On est loin de l’image avancée par Reporters sans frontière peignant les Frères en prédateurs de la presse – même si certains journalistes ont pu être poursuivis. Jamais la liberté d’expression n’a été aussi large en Egypte.
Ce qui est inquiétant, note Esam El-Amin, c’est que l’opposition, obnubilée par son hostilité aux Frères, a redonné une légitimité aux membres de l’ancien régime présents dans l’appareil d’Etat, dans la police, dans les instances judiciaires, à tous les niveaux :
« Dans la bataille idéologique entre anciens partenaires révolutionnaires, les fouloul [ci-devants, partisans de l’ancien régime] ont été capables de se réinventer et de devenir des acteurs majeurs aux côtés des groupes laïques contre les Frères et les islamistes. Récemment, M. El Baradei s’est déclaré prêt à accueillir dans son parti tous les éléments du Parti national démocratique de Moubarak, tandis que Sabbahi affirmait que la bataille contre les fouloul était maintenant secondaire, le conflit principal étant désormais avec les Frères et leurs alliés islamistes. »
Le fait que des millions de personnes soient descendues dans la rue ces derniers jours est la preuve que le peuple en Egypte n’est pas prêt à rentrer chez lui tant que ses revendications de justice sociale et de liberté n’auront pas été satisfaites. Ces manifestants ont affirmé que la révolution n’est pas terminée. C’est une réalité que les gouvernants de demain, quels qu’ils soient, devront prendre en compte.
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Révolution égyptienne, Acte II :
On peut se féliciter que le peuple égyptien, sorti dans la rue pour exiger ses droits et affirmer que sa première révolution s'est égarée, ait obtenu in fine gain de cause. On peut se féliciter du départ de Morsi, dont la politique ne correspondait pas aux attentes de liberté, d'égalité, de démocratie et de justice du peuple égyptien. Mais qu'on y prenne garde, le départ de Morsi fait suite non à la pression de la rue, mais à un coup d'Etat militaire. Ne pas l'oublier. La confiscation de la victoire du FIS en Algérie avait abouti à ce que l'on sait.
Bâtir une Démocratie sur un précédent de la sorte n'est pas très honorable... mais si les résultats suivent, certes, pourquoi pas ? Les révolutions ne sont pas des lignes droites avec une fin, mais un long processus, avec des soubresauts, des moments de recul. ce que le peuple Égyptien veut construire ce n'est pas une victoire à la Pyrrhus, mais la construction d'un véritable Etat de droit où chaque Égyptien puisse retrouver sa véritable place, celle de Citoyen pleine et entière.