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dimanche 1 septembre 2013
samedi 6 juillet 2013
Ébullitions en Egypte / Oser une lecture
par Mohammed Belmaïzi (Articles), 6/7/2013
On ne peut cerner valablement les évènements qui secouent l'Égypte, sans relater ces quelques étapes, immédiates et lointaines.
En premier lieu, les Frères Musulmans n’ont pas pris part à la
révolution de janvier 2011 contre le dictateur, « président à vie »,
Moubarak. S’ils avaient rejoint tardivement les manifestations en étant
éparpillés, ce n’était en aucun cas en tant qu’obédience religieuse.
Nulle référence à la doctrine islamique n’a été brandie. Ce sont les
jeunes et les contestataires sans référentiel religieux ostentatoire qui
ont renversé le despotisme.
Et
les Frères Musulmans, en tant que force organisée sont montés au
pouvoir par les urnes. Mais les espoirs qui allaient dans le sens de
voir un État aux antipodes du précédent, ont été lamentablement déçus.
Un « demi-dieu » en la personne de Morsi, a remplacé l’autre pharaon,
Moubarak. Un despotisme religieux a éjecté l’autre despotisme libéral.
C’est que le président islamiste se voit déjà entouré d’une aura sinon
divine, du moins magico-religieuse. Un imam le décrivait comme
descendant de Omar le Khalif. Un autre le décrivait, sous la lumière
d’un oracle, comme le préféré et donc le désigné du Prophète. Un dernier
jurait que l’ange Gabriel était en colloque privé avec lui dans la
mosquée de Rabiâ l’Adaouiya… Et chacun y allait de sa litanie et de ses
fantasmes et fantaisies. Le culte de la personnalité allait s’enraciner à
travers une sacralité frauduleuse, contestée et contestable.
L’État théocratique en gestation, prenait de plus en plus d’ampleur, en
marginalisant l’ensemble des forces de la société civile. Le but était
d’insérer dans la Constitution (art. 2), les ingrédients des « principes
de la Shari’a », loi islamique. Il faut retenir que le texte de la
Constitution insistait sur la jurisprudence religieuse comme source de
droit, et octroie à l’université al-Azhar l’autorité suprême de
« prêcher l’islam en Égypte et dans le monde entier ».
Un
an est passé sans s’attaquer de front aux problèmes économiques et
sociaux. La propagande des Frères Musulmans a végété dans les
considérations vaseuses du halal et du haram, du licite et de
l’illicite ; du vrai ou faux croyant ; du blasphème et de l’apostasie…
Morsi n'était déjà plus le président de tous les Égyptiens!
Tous
ces éléments, et tant d’autres, longs à insérer dans cet article, ont
fait qu’un large pan de la société est sorti sur la Place Tahrir pour
protester contre les Frères Musulmans, après avoir collecté les
signatures de 22 millions d’Égyptiens. Soit 9 millions de plus que les
13 millions qui ont élu Morsi à la présidence. Le constat de l’échec de
Morsi est on ne peut plus clair. Et on ne peut faire prévaloir une
quelconque « légitimité » des urnes pour de multiples raisons. C’est que
la Révolution est en perpétuelle mutation. C’est que la légitimité ne
peut se mesurer et se fonder que sur l’émancipation à tous les points de
vue ; sur la prospérité et surtout sur la réalisation des buts fixés
par la Révolution : citoyenneté, démocratie, dignité, justice sociale.
Les Frères Musulmans ont perdu définitivement le coche. Morsi a commis
le péché de rompre le contrat social et n’a même pas pu esquisser un
plan de réformes politiques et sociales pour lesquelles il était élu.
Tout régime fondé sur les poncifs cités plus haut, ne peut prétendre à
la « légitimité » dans un contexte révolutionnaire, et en colossale
mutation. Aucun despotisme ne peut avoir de « légitimité ». C’est la
logique même !
C’est
pourquoi l’intervention de l’armée en connivence avec une large partie
d’Égyptiens ne peut s’analyser que dans ce contexte où mutation se
conjugue avec la réalisation des buts de la Révolution. Dans ce cas, on
ne peut parler d’un « Coup d’État » que lorsqu’on le compare à la
Révolution des Œillets au Portugal, contre Salazar. ‘Tamarroud’,
l’insoumission et la rébellion contre la tyrannie, s’exerce logiquement
contre toute dictature, y compris la religieuse ou la militaire. L’armée
égyptienne, elle-même, est soumise à cette dialectique, et elle ne peut
s’imposer au détriment des aspirations du peuple égyptien.
Aujourd’hui,
ce combat contre les obédiences islamistes s’accentue au sein de
l’espace islamique, et peut aboutir sans détour à l’échec de la vision
islamiste qui s’apparente clairement au despotisme le plus virulent
qui s’attache à des interprétations rigoristes de l'islam, qui ne met
pas au centre de ses préoccupations l’humain et les garanties
tangibles en tant que support au socle des valeurs mentionnées plus
haut.
A ces étapes
immédiates d’analyse, s’ajoutent les étapes lointaines. L’armée
égyptienne avait destitué le roi Mohammed Ali en 1952, comme
aujourd’hui, Mohamed Morsi. Ce «Coup d’État» contre la monarchie – qui
était d’ailleurs mené avec la complicité de la confrérie des Frères
Musulmans – avait donné une légitimité figée aux militaires qui ont
monopolisé le pouvoir à l’excès, pour ne jamais le céder à une entité
civile. Aujourd’hui, tout semble aller dans le sens opposé de 1952, car
ce déploiement militaire vient se greffer sur la contestation des
masses. Un élément nouveau dans l’Histoire de l’Égypte, qui pourrait
déterminer l’orientation future. Mais face au refus intransigeant des
partisans de Morsi, cet autre élément nouveau qui vient torpiller une
logique implacable d’ouverture vers d’autres possibles, l’incertitude et
la crainte d'une déroute dans le sang, restent de mise…
Mais
on ne comprendrait rien à ce qui se passe aujourd'hui dans le monde
arabo-musulman, si l'on ne qualifiait pas l'antagonisme entre
l'orthodoxie et la modernité comme "moteur" de l'Histoire dans nos
contrées. Les supputations autour de l'analyse géopolitique ne tiennent
la route que d'une manière très secondaire...
Car
il ne s'agit nullement d'un programme politique contre un autre. Mais
il s’agit bel et bon d’un projet de société contre un autre et d’une
vision du monde contre une autre vision du monde. Ce débat entre
l’orthodoxie et la modernité ne date pas d’aujourd’hui. Il a jalonné
sans discontinuité la civilisation arabo-musulmane. Le fait que des
slogans tels que « l’islam est la solution », que « l’islam est religion
et État », que « la Shari’a est destinée aux habitants de la terre »,
que le « Khalifa de la Oumma » est "incontournable" ... aient envahi
les imaginaires, empêche tristement de faire entendre les voix des
savants musulmans qui travaillent (qui travaillaient depuis des siècles)
pour réformer l’islam et l’écarter de toute source de pouvoirs
politiques, dans le but de préserver sa dimension spirituelle.
C'est à ce seul prix que le décollage de nos sociétés deviendra une réalité vivable !


mercredi 28 novembre 2012
Egypte : Une nouvelle révolution est en marche
Plus de 200.000 Égyptiens se sont rassemblés mardi après-midi sur la place Tahrir, au Caire.
Plus de 200.000 Égyptiens se sont rassemblés mardi après-midi sur la place Tahrir, au Caire, pour protester contre la décision du président islamiste Mohamed Morsi de s’arroger des pouvoirs quasi-absolus.
Mardi, les manifestations de
masse, place Tahrir et dans plusieurs autres grandes villes comme à
Alexandrie, étaient comparables en taille à celles de l’année dernière
lors du soulèvement populaire qui a renversé l’ancien chef d’État
égyptien Hosni Moubarak.
Agitant des drapeaux rouge, blanc
et noir, et criant des slogans contre le président égyptien et les
Frères musulmans, des rangs desquels il est issu, les manifestants en
ont rejoint plusieurs centaines d’autres qui campent sur la place depuis
vendredi dernier pour demander la révocation des décrets qu’il a pris la semaine dernière.
« Les Frères musulmans ont
détourné la révolution », a lancé Rafat Magdi, un ingénieur se rendant à
la manifestation. « Les gens ont ouvert les yeux (…) Aux prochaines
élections, il n’auront pas de voix », a-t-il ajouté.
« D’un seul coup, Morsi promulgue une loi qui fait de lui le législateur absolu, concentrant tous les pouvoirs entre ses mains », a déclaré Mona Sadek, une manifestante de 31 ans, ingénieur diplômée, qui porte le voile islamique. « Notre révolte contre ces amendements se transforme en protestation contre les Frères musulmans ».
Mohamed Morsi, élu président en
juin, affirme que les décrets qu’il a pris la semaine dernière sont
nécessaire pour protéger les acquis de la révolution et la transition du
pays vers un régime démocratique.
Jeudi 22 novembre, le président égyptien a
renforcé notablement son pouvoir en adoptant plusieurs amendements
constitutionnels. Il a également accordé l’immunité à la commission
chargée de rédiger une nouvelle Constitution pour empêcher qu’elle ne
soit dissoute par décision de justice, ainsi qu’à la chambre haute du
Parlement. Ces deux instances sont dirigées par ses alliés islamistes
des Frères musulmans.
Les magistrats de la plus haute cour de
justice égyptienne ont déclaré samedi dernier que les récents
amendements grâce auxquels le président égyptien Mohamed Morsi s’octroie
de nouveaux pouvoirs constituaient « une atteinte sans précédent à l’indépendance du pouvoir judiciaire et ses décisions ».
Sources : AFP / Le Journal du Siècle
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Mohamed Morsi,
Place Tahrir
samedi 24 novembre 2012
Israël / Et après ...?
Après…
nous sommes en face des prédateurs du pouvoir ! Les Frères Musulmans en
Égypte n’ont pas fait la Révolution, mais l’ont confisquée (une étape
passagère dans un processus toujours en gestation) pour sa rentabilité
prometteuse.
D’abord leur rôle d’intermédiaires entre Israël et Hamas (car
on ne parle que de ces deux entités qui monopolisent la scène
internationale) semble booster leur image de nouveaux acteurs importants
sur l’échiquier de l’éternelle confrontation au Proche-Orient. Le
gouvernement des Frères Musulman a réussi, aidé fortement par les USA
alliés éternels d’Israël, d’arracher une trêve… (ce qui ne veut pas dire
La Paix… tout peut recommencer !). Alors que toutes les parties dans le
conflit, trouvent leur compte et réajustent leurs petits calculs
politiciens, dans cette affaire : Israël et les élections prochaines ;
Hamas et son désormais indécrottable statut de représentant à vie de
Gaza ; le dividende absorbé en bonne et dû forme par le pouvoir en place
en Égypte…
Mais qui parle des tiraillements souterrains qui motivent ces
ébullitions ? On a oublié de noter que depuis la lettre du président
égyptien Mohamed Morsi, au président d’Israël :
et surtout la lettre d’accréditation de son ambassadeur en Israël, Atef Mohammad Salem, où il qualifie Perez de « mon cher et grand ami » et finit la missive par « votre ami fidèle… Mohammad Morsi » : http://www.ism-france.org/communiques/Morsi-a-Peres-Votre-ami-fidele--article-17495,
la coalition de l’internationale islamiste s’est résolument
lézardée d’une manière percutante pour laisser entrevoir que les
lancements de roquettes à partir de Gaza, avaient le projet de tester,
sinon impliquer Égypte malgré elle dans le conflit. Dans ce sens, il est
à rappeler que le Hamas est débordé par ses salafistes proches
d’Al-Qaïda, comme le Jound Ansar Allah, dont il « a éliminé le chef et
25 militants en août 2009 au cours d’affrontements sans précédent entre
factions islamistes palestiniennes » ; alors que « le Djihad islamique
lui reproche d’avoir arrêté plusieurs de ses militants pour les empêcher
de tirer des roquettes. » http://www.bladi.net/forum/227355-hamas-deborde/
Tout indique que cette toile de fond est bien opérationnelle
dans le sens de cette lecture. D’autant plus que les critiques larvées
du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, ont fustigé directement le statut
d’intermédiaires des Frères Musulmans en les incitant à un engagement
plus conséquent. Il disait en substance, que Gaza avait besoin
d’armement et « pas d’intermédiaire ». C’est ainsi que la fissure est
bien réelle entre les factions islamistes. Entre le Hezbollah de Hassan
Nasrallah et le président Mohamed Morsi. Le premier soutient clairement
le criminel Bachar Assad et le second ne cesse de sermonner le pouvoir
en Syrie, comme dans une joute oratoire.
Et dans ce magma relationnel qu’il nous faut décortiquer
davantage, personne ne parle de l’échec sur le plan moral ! D’une part
de la tuerie d’Israël (celle de 2009 qualifiée de « crimes contre
l’humanité »…), et de la responsabilité de Hamas dans l’exposition des
habitants de Gaza aux frappes ignominieuses de l’armée israélienne. Des
femmes, des enfants, des citoyens non armés, déchiquetés, pulvérisés,
gravement blessés… personne ne s’en soucie dans les ballets entre
intermédiaires et agresseurs. Et qui parlera des agressés et de
L'IMPUNITÉ ?
Bien au contraire, voilà Mohamed Morsi, nouvellement
débarqué, qui profite royalement de la situation pour s’autoproclamer
« Pharaon » de Égypte, avec tous les pouvoirs en main, en vue
d’instaurer une République Islamique…Le peuple égyptien, ira-t-il
jusqu’à remplacer un régime dictatorial, par un autre théocratique et
totalitaire ?
Comme on le voit, Israël (qui se joue d'ailleurs de ce
paradoxe criant!) n’est rien d’autres qu’un prétexte pour tous les
décideurs arabes pour s'agripper au pouvoir et pour garder les peuples
sous les bottes de l'oppression. Le massacre des civiles en Syrie reste
un exemple éloquent de la traitrise et de cet immense mensonge
historique... Israël peut, en toute impunité, continuer ses tueries et
son apartheid sioniste!
Mohammed Belmaïzi
23/11/2012

Mardi 20 novembre 2012
Les 11
Commandements des médias occidentaux
Règle
numéro 1:
Au Proche-Orient, ce
sont toujours les Arabes qui attaquent les premiers et c'est toujours Israël qui
se défend. Cela s'appelle des représailles.
Règle
numéro 2:
Les Palestiniens n'ont
pas le droit de se défendre. Cela s'appelle du terrorisme.
Règle
numéro 3:
Israël a le droit de
tuer les civils arabes. Cela s'appelle de la légitime
défense.
Règle
numéro 4:
Quand Israël tue trop de
civils, les puissances occidentales l'appellent à la retenue. Cela s'appelle la
réaction de la communauté internationale.
Règle
numéro 5:
Les Palestiniens n'ont
pas le droit de capturer des militaires israéliens, même si leur nombre est très
limité et ne dépasse pas un soldat.
Règle
numéro 6:
Les Israéliens ont le
droit d'enlever autant de Palestiniens qu'ils le souhaitent (environ 12,000
prisonniers à ce jour). Il n'y a aucune limite
et n'ont besoin d'apporter aucune preuve de la culpabilité des personnes
enlevées. Il suffit juste de dire le mot magique "terroriste".
Règle
numéro 7:
Quand vous dites « Résistance
», il faut toujours
rajouter l'expression « soutenu par la Syrie
et l'Iran».
Règle
numéro 8:
Quand vous dites «Israël», Il ne faut surtout pas
rajouter après: «soutenu par les
Etats-Unis, la France et l'Europe », car on pourrait croire
qu'il s'agit d'un conflit déséquilibré.
Règle
numéro 9:
Ne jamais parler de «Territoires
occupés», ni de résolutions de
l'ONU, ni de violations du droit international, ni des conventions de Genève.
Cela risque de perturber le téléspectateur et l'auditeur de France
Info.
Règle
numéro 10:
Les Israéliens parlent
mieux le Français que les Arabes (?). C'est ce qui explique qu'on leur donne,
ainsi qu'à leurs partisans, aussi souvent que possible la parole. Ainsi, ils
peuvent nous expliquer les règles précédentes (de 1 à
9).
Cela s'appelle de la neutralité journalistique.
Règle
numéro 11:
Si vous n'êtes pas
d'accord avec ces règles ou si vous trouvez qu'elles favorisent une partie dans
le conflit contre une autre, c'est que Vous êtes un dangereux
antisémite...
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