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dimanche 27 janvier 2013

Documentaire à voir ! Censuré sur France 2 : Gaza-strophe

Gaza-strophe, le jour d'après, film déprogrammé par France2 en 2010 à la demande du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France)

samedi 24 novembre 2012

Israël / Et après ...?

par Mohammed Belmaïzi, 23/11/2012

Après… nous sommes en face des prédateurs du pouvoir ! Les Frères Musulmans en Égypte n’ont pas fait la Révolution, mais l’ont confisquée (une étape passagère dans un processus toujours en gestation) pour sa rentabilité prometteuse.

D’abord leur rôle d’intermédiaires entre Israël et Hamas (car on ne parle que de ces deux entités qui monopolisent la scène internationale) semble booster leur image de nouveaux acteurs importants sur l’échiquier de l’éternelle confrontation au Proche-Orient. Le gouvernement des Frères Musulman a réussi, aidé fortement par les USA alliés éternels d’Israël, d’arracher une trêve… (ce qui ne veut pas dire La Paix… tout peut recommencer !). Alors que toutes les parties dans le conflit, trouvent leur compte et réajustent leurs petits calculs politiciens, dans cette affaire : Israël et les élections prochaines ; Hamas et son désormais indécrottable statut de représentant à vie de Gaza ; le dividende absorbé en bonne et dû forme par le pouvoir en place en Égypte…

Mais qui parle des tiraillements souterrains qui motivent ces ébullitions ? On a oublié de noter que depuis la lettre du président égyptien Mohamed Morsi,  au président d’Israël :


et surtout la lettre d’accréditation de son ambassadeur en Israël, Atef Mohammad Salem, où il qualifie Perez de « mon cher et grand ami » et finit la missive par « votre ami fidèle… Mohammad Morsi » : http://www.ism-france.org/communiques/Morsi-a-Peres-Votre-ami-fidele--article-17495,

la coalition de l’internationale islamiste s’est résolument lézardée d’une manière percutante pour laisser entrevoir que les lancements de roquettes à partir de Gaza, avaient le projet de tester, sinon impliquer Égypte malgré elle dans le conflit. Dans ce sens, il est à rappeler que le Hamas est débordé par ses salafistes proches d’Al-Qaïda, comme le Jound Ansar Allah, dont il « a éliminé le chef et 25 militants en août 2009 au cours d’affrontements sans précédent entre factions islamistes palestiniennes » ; alors que « le Djihad islamique lui reproche d’avoir arrêté plusieurs de ses militants pour les empêcher de tirer des roquettes. » http://www.bladi.net/forum/227355-hamas-deborde/

Tout indique que cette toile de fond est bien opérationnelle dans le sens de cette lecture. D’autant plus que les critiques larvées du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, ont fustigé directement le statut d’intermédiaires des Frères Musulmans en les incitant à un engagement plus conséquent. Il disait en substance, que Gaza avait besoin d’armement et « pas d’intermédiaire ». C’est ainsi que la fissure est bien réelle entre les factions islamistes. Entre le Hezbollah de Hassan Nasrallah et le président Mohamed Morsi. Le premier soutient clairement le criminel Bachar Assad et le second ne cesse de sermonner le pouvoir en Syrie, comme dans une joute oratoire.

Et dans ce magma relationnel qu’il nous faut décortiquer davantage, personne ne parle de l’échec sur le plan moral ! D’une part de la tuerie d’Israël (celle de 2009 qualifiée de « crimes contre l’humanité »…), et de la responsabilité de Hamas dans l’exposition des habitants de Gaza aux frappes ignominieuses de l’armée israélienne. Des femmes, des enfants, des citoyens non armés, déchiquetés, pulvérisés, gravement blessés… personne ne s’en soucie dans les ballets entre intermédiaires et agresseurs. Et qui parlera des agressés et de L'IMPUNITÉ ?

Bien au contraire, voilà Mohamed Morsi, nouvellement débarqué, qui profite royalement de la situation pour s’autoproclamer « Pharaon » de Égypte, avec tous les pouvoirs en main, en vue d’instaurer une République Islamique…Le peuple égyptien, ira-t-il jusqu’à remplacer un régime dictatorial, par un autre théocratique et totalitaire ?

Comme on le voit, Israël (qui se joue d'ailleurs de ce paradoxe criant!) n’est rien d’autres qu’un prétexte pour tous les décideurs arabes pour s'agripper au pouvoir et  pour garder les peuples sous les bottes de l'oppression. Le massacre des civiles en Syrie reste un exemple éloquent de la traitrise et de cet immense mensonge historique... Israël peut, en toute impunité, continuer ses tueries et son apartheid sioniste!

Mohammed Belmaïzi
23/11/2012


Mardi 20 novembre 2012


Les 11 Commandements des médias occidentaux

Règle numéro 1:
Au Proche-Orient, ce sont toujours les Arabes qui attaquent les premiers et c'est toujours Israël qui se défend. Cela s'appelle des représailles.

Règle numéro 2:
Les Palestiniens n'ont pas le droit de se défendre. Cela s'appelle du terrorisme.

Règle numéro 3:
Israël a le droit de tuer les civils arabes. Cela s'appelle de la légitime défense.

Règle numéro 4:
Quand Israël tue trop de civils, les puissances occidentales l'appellent à la retenue. Cela s'appelle la réaction de la communauté internationale.

Règle numéro 5:
Les Palestiniens n'ont pas le droit de capturer des militaires israéliens, même si leur nombre est très limité et ne dépasse pas un soldat.

Règle numéro 6:
Les Israéliens ont le droit d'enlever autant de Palestiniens qu'ils le souhaitent (environ 12,000 prisonniers à ce jour). Il n'y a aucune limite et n'ont besoin d'apporter aucune preuve de la culpabilité des personnes enlevées. Il suffit juste de dire le mot magique "terroriste".

Règle numéro 7:
Quand vous dites « Résistance », il faut toujours rajouter l'expression « soutenu par la Syrie et l'Iran».

Règle numéro 8:
Quand vous dites «Israël», Il ne faut surtout pas rajouter après: «soutenu par les Etats-Unis, la France et l'Europe », car on pourrait croire qu'il s'agit d'un conflit déséquilibré.

Règle numéro 9:
Ne jamais parler de «Territoires occupés», ni de résolutions de l'ONU, ni de violations du droit international, ni des conventions de Genève. Cela risque de perturber le téléspectateur et l'auditeur de France Info.

Règle numéro 10:
Les Israéliens parlent mieux le Français que les Arabes (?). C'est ce qui explique qu'on leur donne, ainsi qu'à leurs partisans, aussi souvent que possible la parole. Ainsi, ils peuvent nous expliquer les règles précédentes (de 1 à 9). Cela s'appelle de la neutralité journalistique.

Règle numéro 11:
Si vous n'êtes pas d'accord avec ces règles ou si vous trouvez qu'elles favorisent une partie dans le conflit contre une autre, c'est que Vous êtes un dangereux antisémite...



lundi 19 novembre 2012

Nuit et brouillard sur Gaza


Gaza martyre, Gaza combattante, Gaza héroïque

réclame justice


réclame vengeance

réclame la vie

Sionistes, nazis, assassins d'enfants, de familles entières, de vieillards,

vous paierez pour vos crimes,

tous vos crimes

http://azls.blogspot.com/2012/11/nuit-et-brouillard-sur-gaza.html

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STOP à la propagande des collabos !

dimanche 18 novembre 2012






Par CAPJPO-EuroPalestine


La prose des médias de révérence est à gerber. A l’unisson avec le feu vert donné par Hollande à Netanyahou lors de sa visite en France : "tu peux y aller !". Mais bien sûr, ils sont tous pour la paix, et Hollande a même téléphoné à Netanyahou pour lui dire de "ne pas répondre aux provocations" (sic). Israël assassine des bébés, des journalistes, terrorise toute une population sur un territoire qui n’est pas le sien, et Le Monde titre : "Gaza : un problème pour Israël depuis 64 ans" !!

Le bilan s’alourdit d’heure en heure, tandis que les dirigeants israéliens multiplient les menaces les plus terrifiantes contre le peuple palestinien, sous occupation. Et que lit-on dans ces journaux qui sont autant de gauche que le nouveau gouvernement français ?
Le Monde détient sans doute le record de bassesse et de lèche-fesses de l’occupant.
Dans son édition de ce week-end on peut y lire que les résistants ont "franchi une ligne rouge". Le collabo de service écrit textuellement : "On se demande si le mouvement islamiste qui contrôle la bande de Gaza a décidé de ruiner le bénéfice du relatif statu quo qui perdurait jusque là avec Israël, au seul motif de venger la mort d’Ahmed Jabari, son chef militaire ?" ... un "homme qui avait les mains couvertes de sang"... 

L’occupant israélien ne franchit jamais de lignes rouges, c’est bien connu. Il se contente de déchiqueter et de calciner les bébés. Si l’on devait assassiner tous les Israéliens, qui ont du sang sur les mains, ce serait une belle hécatombe !
Il avait 11 mois et il a été tué hier 
par les engins de mort israélien.

Une vingtaine d’enfants ont été assassinés en 4 jours, sur une soixantaine de civils tués, et on parle maintenant de près d’un millier de blessés par Israël, qui bombarde délibérément les familles.
Mais le même journal aux ordres des commandos de la mort écrit "Le Hamas connait une sorte d’ivresse politique nourrie de sa proximité idéologique avec les frères musulmans désormais au pouvoir au Caire"

Dans Libération, Vincent Giret, n’est pas en reste.
Après avoir déclaré : "Il faut répéter qu’Israël a le droit inaliénable comme tout état à la sécurité", les Palestiniens, n’ayant eux pas besoin de sécurité puisqu’ils n’ont pas d’Etat, n’est-ce pas, ce monsieur qui fait honneur à la profession, analyse ainsi les bombardements : "C’est le Hamas, qui en profite pour torpiller la prochaine candidature de l’Autorité Palestinienne à un statut d’Etat non membre de l’ONU"
Et de nous asséner qu’avec "L’Egypte travaillée par l’islamisme", "l’Iran menaçant", et "le Hamas qui tient à exhiber son nouvel arsenal de terreur contre Israël", le pauvre Israël ne sait plus où donner de la tête.

Sans parler des sanctions qu’Israël annonce contre la terrible menace d’une représentation de la Palestine, en tant qu’observateur à l’ONU. Diantre, Israël est cerné !
Quant à "l’envoyée spéciale" de Libé à Gaza, Aude Marcovitch, elle n’est pas allée sur place pour rien, puisqu’elle a vu des roquettes qui partent de Gaza vers Israël, nous dit-elle comme premier élément de son article. Cette grande journaliste de terrain indique par ailleurs que "des tunnels soupçonnés de servir à la fois de cachettes pour les hauts responsables du Hamas et de bases de tir pour certaines roquettes, ont été ciblés"..

Ça valait tout de même le coup d’avoir un envoyé spécial à Gaza pour nous raconter cela ! On ne sait pas si Aude Marcovitch faisait partie des journalistes étrangers qui ont été bombardés par Israël tandis qu’ils se trouvaient dans la tour des médias, mais si elle en ressort vivante, elle trouvera sans doute une bonne explication à cet autre attentat "ciblé".

Heureusement que de moins en moins de gens achètent cette presse de caniveau, d’apologie de crimes de guerre.
Netanyahou a besoin d’un bain de sang avant les élections législatives. Alors, on attend le 22 janvier, en espérant que cela s’arrêtera au moment où les Israéliens iront mettre un bulletin dans l’urne pour choisir entre Netanyahou-Liberman ou Lieberman-Netanyahou ?

Il faut aussi qu’Israël teste ses nouvelles armes anti-missiles, des joujoux tout neufs et très performants, dotés de noms plus sympathiques les uns que les autres ? Il parait que les Etats-Unis qui les ont financés sont très curieux de voir ce que cela donne.
Noam Chomsky appelle un chat un chat : "Ce n’est pas une guerre, c’est un massacre".
"L’invasion et le bombardement de Gaza n’ont pas pour but de détruire le Hamas. Ils n’ont pas pour but d’arrêter les tirs de roquettes sur Israël. ils n’ont pas pour but de parvenir à la paix.
Cette décision israélienne de semer la mort et la destruction à Gaza est l’aboutissement d’une entreprise de nettoyage ethnique des Palestiniens qui dure depuis des décennies.
Les armes sophistiquées israéliennes qui atteignent par air et par mer des zones densément peuplées, des camps de réfugiés, des écoles des immeubles d’habitation, des mosquées, qui attaquent une population qui ne dispose ni de forces aérienne ou navale, pas d’équipements lourds, pas d’armée, ne constituent pas une guerre. Ce n’est pas de la guerre, mais de l’assassinat.
Et quand les Israéliens expliquent qu’ils doivent se défendre alors qu’ils sont dans des territoires occupés, ils s’agit de la défense d’un occupant militaire face à une population occupée et opprimée. On ne peut parler de défense quand on occupe la terre de quelqu’un d’autre. Trouvez un autre mot !"

Noam Chomsky
Source : http://www.zcommunications.org/znet




dimanche 18 novembre 2012

GAZA A L'INSTANT: L'ENFER...

 
GAZA A L'INSTANT: L'ENFER...
Attaque massive sur Gaza depuis une heure : air, mer, terre. Du jamais vu !
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Ça ne leur suffit pas ????

samedi 17 novembre 2012

HALTE AUX MASSACRES A GAZA : Rassemblements en France et Bruxelles



Le collectif national appelle à un rassemblement de solidarité avec Gaza
Samedi 17 novembre à 15h
place de l’OPERA

sur les mots d'ordre suivant :
Arrêt des  bombardements sur Gaza
Levée immédiate du blocus de Gaza
Un Etat palestinien admis à l'ONU
Halte à l'impunité d'Israël : des sanctions immédiates

Depuis plusieurs jours, l'armée israélienne a intensifié bombardements et incursions sur le territoire palestinien de la bande de Gaza, causant la mort de plusieurs civils Palestiniens, dont des enfants.
Une nouvelle étape a été franchie par le gouvernement israélien en assassinant Ahmad Jabbari, chef de la branche militaire du Hamas.
Aujourd'hui, l'Etat d’Israël a officiellement annoncé et repris ses opérations militaires contre Gaza, infligeant à nouveau bombardements morts et destructions à la  population gazaouie, soumise à un blocus illégal et inhumain depuis 2007. Ceci entraîne des répliques qui touchent aussi des civils israéliens.
Nous déplorons toutes les victimes civiles, mais  nous considérons qu'Israël en rompant le cessez le feu et  déclenchant l'agression  en porte la responsabilité.
Nul n'a oublié les massacres perpétrés par la même armée israélienne lors de l'offensive « Plomb Durci » de 2008-2009, se soldant par la mort de près de 1500 Palestiniens et que les mêmes prétextes avaient été invoqués par le gouvernement israélien pour justifier cette attaque meurtrière. C’était, comme aujourd’hui, la veille d’une échéance électorale en Israël. Et comme en 2008, les attaques de l'armée israélienne se poursuivent aujourd'hui malgré un accord de cessez-le-feu obtenu grâce à la médiation égyptienne, et respecté par les Palestiniens jusqu'à l'assassinat du responsable du Hamas.
Benyamin Netanyahou, qui a annoncé l’alliance de son parti avec celui du leader d’extrême droite Avigdor Lieberman, utilise à l'évidence cette attaque contre la bande de Gaza pour des considérations électorales.
Ce gouvernement  œuvre aussi méthodiquement à torpiller la démarche palestinienne à l’ONU. Il clame haut et fort sa volonté de renverser l’autorité palestinienne, voire de liquider sa direction si la Palestine devient membre de l’ONU.
Le Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens condamne les assassinats dits ciblés et les attaques contre la population assiégée de Gaza.
Le collectif appelle le gouvernement français à faire pression sur Israël afin que ce déferlement de violence meurtrière cesse, qu’Israël lève immédiatement le blocus de la bande de Gaza et réponde positivement à la légitime demande palestinienne d’adhésion à l’ONU.
Préserver les chances de la paix, suppose de la part de la communauté internationale  comme du  gouvernement français, de mettre fin à l'impunité d'Israël. Ceci passe par des sanctions et non par des primes à l'occupation comme le fait régulièrement l'Union européenne.
  
Signataires du CNPJDPI
Agir Contre le Colonialisme Aujourd’hui (ACCA) - Alliance for Freedom and Dignity (AFD) - Alternative Libertaire (AL) - Américains contre la guerre (AAW) - Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF) - Association des Tunisiens en France (ATF) - Association France Palestine Solidarité (AFPS) - Association Nationale des Elus Communistes et Républicains (ANECR) - Association pour la Taxation des Transactions et pour l’Aide aux Citoyens (ATTAC) - Association pour les Jumelages entre les camps de réfugiés Palestiniens et les villes Françaises (AJPF) - Association Républicaine des Anciens Combattants (ARAC) - Association Universitaire pour le Respect du Droit International en Palestine (AURDIP) - Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien (CCIPPP) - Cedetim / IPAM - Collectif des Musulmans de France (CMF) - Collectif Faty Koumba : association des libertés, droits de l’Homme et non-violence - Collectif interuniversitaire pour la coopération avec les Universités Palestiniennes (CICUP) - Collectif Judéo-Arabe et Citoyen pour la Paix (CJACP) - Collectif Paix Palestine Israël (CPPI Saint-Denis) - Comité de Vigilance pour une Paix Réelle au Proche-Orient (CVPR PO) - Comité Justice et Paix en Palestine et au Proche-Orient du 5e arrt (CJPP5) - Confédération Générale du Travail (CGT) - Confédération paysanne - Droit-Solidarité - Europe-Ecologie / les Verts (EE-LV) - Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR) - Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique (FASE) - Fédération Syndicale Unitaire (FSU) – Gauche Anticapitaliste (GA) - Gauche Unitaire (GU) - Génération Palestine - La Courneuve-Palestine - Le Mouvement de la Paix - Les Alternatifs - Les Femmes en noir - Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté, section française de la Women’s International League for Peace and Liberty (WILPF) (LIFPL) - Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP) - Mouvement Jeunes Communistes de France (MJCF) - Mouvement Politique d’Education populaire (M’PEP) - Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) - Organisation de Femmes Egalité - Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF) - Parti Communiste Français (PCF) - Parti de Gauche (PG) - Participation et Spiritualité Musulmanes (PSM) - Une Autre Voix Juive (UAVJ) - Union des Travailleurs Immigrés Tunisiens (UTIT) - Union Juive Française pour la Paix (UJFP) - Union Nationale des Etudiants de France (UNEF) - Union syndicale Solidaires


Gaza: video à voir absolument

  • Khouya Mhamed a partagé la vidéo de Marseillais Mouadh Makhlouf : sans commentaire.

     Un éclair aveuglant de lumière blanche embrase le ciel de Gaza ce soir Les gens courent pour se mettre à l’abri Sans savoir s’ils sont morts ou vivants Ils sont venus avec leurs chars et leurs avions Avec les flammes féroces qui ravagent Et il ne reste rien Juste une voix qui monte du nuage de fumée 
    Nous ne nous soumettrons pas Dans la nuit sans combattre Vous pouvez brûler nos maisons et nos mosquées et nos écoles Mais notre esprit ne mourra jamais 
     
    Nous ne nous soumettrons pas Dans la nuit, sans combattre Nous ne nous soumettrons pas Dans la bande de Gaza, ce soir.
     Paroles: A blinding flash of white light Lit up the sky over Gaza tonight People running for cover Not knowing whether they’re dead or alive They came with their tanks and their planes With ravaging fiery flames And nothing remains Just a voice rising up in the smoky haze We will not go down In the night, without a fight You can burn up our mosques and our homes and our schools But our spirit will never die We will not go down In Gaza tonight Women and children alike Murdered and massacred night after night While the so-called leaders of countries afar Debated on who’s wrong or right But their powerless words were in vain And the bombs fell down like acid rain But through the tears and the blood and the pain You can still hear that voice through the smoky haze We will not go down In the night, without a fight You can burn up our mosques and our homes and our schools But our spirit will never die We will not go down In Gaza tonight We will not go down In the night, without a fight You can burn up our mosques and our homes and our schools But our spirit will never die We will not go down In the night, without a fight We will not go down In Gaza tonight
    Durée : ‎3:55

jeudi 15 novembre 2012

Noam Chomsky : Impressions de Gaza

6 novembre 2012 - Al Qassam Website - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.qassam.ps/opinion-6294-I...
Traduction : Info-Palestine.net - Marie Meert
 
 Noam Chomsky s’est rendu dans la bande de Gaza, du 25 au 30 octobre de cette année.
(JPG)
Noam Chomsky
Une seule nuit passée en prison suffit pour donner le goût de ce que signifie le fait d’être sous le contrôle total d’une force extérieure. Et il ne faut guère qu’un seul jour à Gaza pour apprécier ce que doit être la survie dans la plus grande prison en plein air au monde, là où un million et demi de personnes, dans la zone la plus peuplée de la planète, sont soumis en permanence à une terreur aléatoire souvent sauvage et à des châtiments arbitraires n’ayant d’autre but que d’humilier et de dégrader, voire de ruiner tout espoir palestinien d’un avenir décent et de s’assurer que le soutien mondial dominant en faveur d’un règlement diplomatique garantissant ce droit soit réduit à néant.
L’intensité de cet effort de la part des dirigeants politiques israéliens vient d’être puissamment illustrée ces derniers jours, puisqu’ils préviennent qu’ils seront « fous de rage » si l’ONU reconnaît tant soit peu les droits palestiniens. Ce n’est pas un nouvel écart. La menace de devenir « fou [de rage] » est profondément ancrée depuis les cabinets travaillistes des années ’50, de même que le « complexe de Samson » : nous allons faire s’écrouler les murailles du Temple si on nous contrarie. C’était jadis une menace vaine ; plus aujourd’hui.
L’humiliation volontaire elle non plus n’est pas nouvelle, mais elle prend sans cesse de nouvelles formes. Il y a trente ans, des dirigeants politiques, notamment certains des faucons les plus marqués, soumettaient au premier ministre Begin un compte-rendu choquant et détaillé de la façon dont les colons maltraitent régulièrement les Palestiniens avec la plus grande dépravation et en toute impunité. Le fameux analyste politico-militaire Yoram Peri écrivit avec dégoût que la mission de l’armée n’est pas de défendre l’Etat, mais « de démolir les droits de gens innocents simplement parce que ce sont des Araboushim ("bougnoules", "sous-chiens") qui vivent dans les territoires que Dieu nous a promis ».
Les Gazaouis ont été élus pour un châtiment particulièrement cruel. Il est presque miraculeux que des gens puissent supporter pareille existence. La manière dont ils le font a été décrite il y a 30 ans dans les éloquentes mémoires de Raja Shehadeh (The Third Way), basées sur son expérience d’avocat engagé dans une impossible mission - tenter de protéger les droits fondamentaux au sein d’un système légal conçu pour garantir leur faillite - et sur son expérience personnelle en tant que Samid(1) « inébranlable dans ses convictions » qui voit sa maison transformée en prison par une occupation brutale et ne peut rien faire d’autre « qu’endurer » d’une façon ou d’une autre.
Depuis ce texte de Shehadeh, la situation a empiré.
Les accords d’Oslo célébrés en grande pompe en 1993 ont décrété que Gaza et la Cisjordanie sont une seule entité territoriale. A ce moment, Israël et les USA avaient déjà entamé leur programme de séparation totale, afin de bloquer un règlement diplomatique et de punir les Araboushim dans les deux territoires. Le châtiment des Gazaouis s’est encore aggravé en janvier 2006, lorsqu’il commirent un crime majeur : ils votèrent « mal » lors de la première élection libre dans le monde arabe, élisant le Hamas.
Faisant montre de leur « désir de démocratie », les Etats-Unis et Israël, soutenus par la timide Union Européenne, imposèrent sans tarder un siège brutal ainsi que des attaques militaires intenses. Les USA appliquèrent aussi immédiatement vers la procédure traditionnelle lorsque des populations désobéissantes élisent le mauvais gouvernement : préparer un coup d’état militaire pour rétablir l’ordre.
Un an plus tard, les Gazaouis commettaient un crime encore plus grand en bloquant la tentative de coup d’état, déclenchant une forte escalade du siège et des attaques militaires. Celles-ci culminèrent à l’hiver 2008-2009 avec l’Opération Plomb Durci, l’un des exercices les plus lâches et les plus vicieux de la force militaire, puisqu’une population civile sans défense, piégée par l’absence de toute issue, fut soumise à une attaque sans répit par l’un des systèmes militaires les plus avancés au monde, appuyé par l’armement et la diplomatie des Etats-Unis. Un compte-rendu inoubliable du massacre - « infanticide » est le terme qu’ils ont utilisé - a été donné par les deux courageux médecins norvégiens qui ont travaillé dans le principal hôpital de Gaza au cours de ce siège impitoyable, Mads Gilbert et Erik Fosse, dans leur livre remarquable « Les yeux à Gaza ».
Le Président élu Obama fut incapable de dire un mot, sinon en réitérant sa sincère sympathie pour les enfants sous attaque ... dans la ville israélienne de Sderot. L’assaut, minutieusement préparé, fut achevé avant son intronisation, de sorte qu’il put affirmer qu’il s’agissait maintenant de regarder devant nous, pas derrière nous, le faux-fuyant habituel des criminels.
Bien sûr il y avait des prétextes - il y en a toujours. Le plus courant, débité à l’envi, est la « sécurité : dans ce cas, des roquettes de fabrication maison tirées depuis Gaza. Comme c’est généralement le cas, le prétexte manquait totalement de crédibilité. En 2008 une trêve avait été établie entre Israël et le Hamas. Le gouvernement israélien reconnaît formellement que le Hamas l’observait pleinement. Pas une seule roquette Hamas ne fut tirée jusqu’à ce qu’Israël rompe la trêve sous couvert de l’élection américaine le 4 novembre 2008, envahissant Gaza sous des prétextes grotesques et tuant une demi-douzaine de membres du Hamas. Les plus hauts cadres du renseignement conseillèrent au gouvernement israélien de renouveler la trêve en allégeant le blocus et en mettant fin aux attaques militaires. Mais le cabinet de Ehud Olmert, une prétendue colombe, choisit de rejeter ces options, préférant utiliser son gros avantage comparatif en matière de violence : ce fut l’Opération Plomb Durci.
Les faits basiques sont repassés en revue par le politologue Jerome Slater dans la dernière livraison de la revue International Security publiée par l’Institut de Technologie du Massachusetts (MIT) à l’Université Harvard.
Le mode de bombardement de Plomb Durci a été minutieusement analysé par l’avocat gazaoui des droits humains Raji Sourani, très bien informé et mondialement respecté. Il souligne que le bombardement a été concentré sur le nord, ciblant des civils sans défense dans les zones les plus densément peuplées, ce qui exclut tout prétexte militaire. L’objectif, suggère-t-il, était peut-être de pousser la population vers le sud, près de la frontière égyptienne. Mais les Samidin n’ont pas bougé, en dépit de l’avalanche de terreur israélo-étatsunienne.
Un autre objectif pouvait être de les pousser au-delà. Dès les premiers jours de la colonisation sioniste, les colombes ont largement argué que les arabes n’ont pas vraiment de raison d’être en Palestine ; ils peuvent aussi bien être heureux ailleurs, et ils devraient partir - en termes polis « transférés », suggérait-on. Ce n’est sûrement le moindre souci des Egyptiens, et peut-être une raison en Egypte pour ne pas ouvrir la frontière librement aux civils ni même aux matériaux si désespérément nécessaires.
Sourani et d’autres sources bien documentées font observer que la discipline des Samidin recèle un baril de poudre qui peut exploser à tout moment, inopinément, comme la première Intifada à Gaza en 1989, après des années d’une répression lamentable qui ne suscita ni attention ni signal d’alarme.
Il suffit d’évoquer un de ces innombrables cas : peu avant l’explosion de l’Intifada, une jeune fille palestinienne, Intissar al-Atar, fut tuée par balle dans une cour d’école par un résident d’une colonie proche. C’était l’un des milliers de colons israéliens amenés à Gaza en violation du droit international, protégés par une importante présence de l’armée, accaparant une grande partie des terres et de l’eau - si rare - de la bande, vivant « luxueusement dans vingt-deux implantations au milieu de 1,4 millions de Palestiniens démunis », ainsi que le crime est décrit par l’universitaire israélien Avi Raz.
Shimon Yifrah fut arrêté mais rapidement libéré sous caution quand la Cour statua que « l’infraction n’était pas assez grave » pour requérir la détention. Le juge commenta que Yifrah avait seulement voulu choquer la jeune fille en tirant un coup de fusil vers elle dans une cour d’école, pas la tuer : donc « ceci n’est pas le cas d’une personne criminelle qui doit être châtiée, entravée, et recevoir une leçon en étant emprisonnée ». Yifrah obtint une peine de 7 mois avec sursis, tandis que les colons dans le prétoire éclataient en chants et en danse. Et le silence habituel régna. Après tout, rien que la routine.
Et voilà. Quand Yifrah fut libéré, la presse israélienne rapporta qu’une patrouille de l’armée avait tiré sur une cour d’école pour garçons de 6 à 12 ans dans un camp de réfugiés cisjordanien, blessant cinq enfants, et allégué que leur intention était uniquement « de les choquer ». Il n’y eut pas de mise en examen, et l’événement n’attira pas davantage l’attention. Ce n’était qu’un autre épisode du programme « l’illettrisme comme châtiment », rapporta la presse israélienne, avec la fermeture d’écoles, l’usage de bombes lacrymogènes, le tabassage d’étudiants avec des crosses de fusils, le blocage de l’assistance médicale aux victimes ; et au-delà des écoles, le règne d’une brutalité plus grave encore, devenue de plus en plus sauvage pendant l’Intifada sous les ordres du ministre de la Défense Yitzhak Rabin, une autre colombe tant admirée.
Mon impression initiale, après une visite de plusieurs jours, c’est la stupéfaction, non seulement devant la capacité de vivre, mais aussi devant la vitalité éclatante des jeunes, en particulier à l’université, où j’ai passé une bonne partie de mon temps dans un colloque international. Mais là également, on peut déceler des signes de ce que la pression peut devenir trop lourde à supporter. Selon des rapports, la frustration parmi les jeunes gens est bouillonnante, ils prennent conscience que sous l’occupation israélo-étatsunienne l’avenir ne leur réserve rien. Il y a des limites à ce que peuvent endurer des animaux en cage, et il pourrait y avoir une éruption, peut-être sous des formes haïssables - offrant ainsi l’occasion aux apologistes israéliens et occidentaux auto-satisfaits de condamner les gens qui sont "culturellement arriérés", comme Mitt Romney l’a expliqué en toute perspicacité.
Gaza a l’allure d’une société typique du tiers monde, avec des poches de richesse entourées de pauvreté hideuse. Néanmoins, elle n’est pas « sous-développée ». Elle est plutôt « dé-développée », et ce de manière très systématique, pour emprunter les termes de Sara Roy, l’éminente universitaire spécialiste de Gaza. La bande de Gaza aurait pu devenir une région méditerranéenne prospère, avec une agriculture riche et une industrie de pêche florissante, des plages merveilleuses et, comme on l’a découvert il y a une dizaine d’années, de bonnes perspectives de ressources en gaz naturel dans ses eaux territoriales.
Coïncidence ou non, c’est à ce moment qu’Israël a intensifié son blocus maritime, repoussant les bateaux de pêche vers la côte, actuellement à 3 miles ou moins.
Les perspectives favorables ont avorté en 1948, quand la bande a dû absorber le flux de réfugiés palestiniens fuyant la terreur ou expulsés de force de ce qui est devenu Israël, expulsés dans certains cas des mois après le cessez-le-feu officiel.
En fait, il étaient encore expulsés quatre ans plus tard, comme rapporté par Haaretz (25.12.2008), dans une riche étude de Beni Tziper sur l’histoire de l’Ascalon israélienne remontant jusqu’aux Cananéens. En 1953, écrit-il, il y a eu « le calcul froid qu’il était nécessaire de nettoyer la région des arabes ». Le nom ancien d’Al-Majdal avait déjà été « judaïsé » en l’ Ashkelon d’aujourd’hui, une pratique très usitée.
C’était en 1953, alors qu’il n’y avait pas l’ombre d’une nécessité militaire. Tziper lui-même est né en 1953, et tandis qu’il arpente les vestiges du vieux secteur arabe, il se dit : « il est vraiment difficile pour moi, vraiment difficile d’imaginer que pendant que mes parents célébraient ma naissance, d’autres personnes étaient chargées sur des camions et expulsées de leurs maisons ».
Les conquêtes d’Israël en 1967 et leurs suites administrèrent encore d’autres coups. Puis vinrent les terribles crimes qui se poursuivent jusqu’à aujourd’hui.
Les signes sont faciles à voir, même lors d’une courte visite. Assis dans un hôtel près du rivage on entend le feu des mitrailleuses sur les canonnières israéliennes qui repoussent les pêcheurs hors des eaux territoriales de Gaza en direction de la côte, les contraignant à pêcher dans des eaux fortement polluées à cause du refus d’Israël et des USA d’autoriser la reconstruction des systèmes d’épuration d’eau et de fourniture d’énergie, systèmes qu’ils ont détruits.
Les Accords d’Oslo ont établi les plans de deux usines de dessalement, une nécessité dans cette région aride. L’une, une installation avancée, fut construite : en Israël. La seconde est à Khan Younis, dans le sud de Gaza. L’ingénieur chargé d’essayer d’obtenir de l’eau potable pour la population expliquait que cette usine était conçue de manière à ne pas pouvoir utiliser l’eau de mer, mais bien l’eau phréatique, processus moins coûteux qui contribue encore plus à dégrader la mince nappe aquifère et qui garantit de graves problèmes dans le futur. Même ainsi, l’eau est sévèrement limitée. L’UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine) qui s’occupe de réfugiés (mais pas des autres Gazaouis), a récemment publié un rapport avertissant que les dommages causés à la nappe aquifère deviendront bientôt « irréversibles » et que sans remédiation active et rapide, en 2020 Gaza ne serait plus « un endroit vivable ».
Israël autorise l’entrée de béton pour des projets UNRWA mais pas pour les Gazaouis engagés dans les importantes nécessités de la reconstruction. Les équipements lourds, limités, sont à l’arrêt puisqu’Israël ne permet pas que le matériel soit réparé. Tout ceci fait partie du programme général décrit par le haut fonctionnaire israélien Dov Weisglass, un conseiller du premier ministre Ehud Olmert, après que les Palestiniens eurent omis de suivre les ordres aux élections de 2006 : selon lui, « L’idée est de mettre les Palestiniens à la diète, mais pas de les faire mourir de faim ». Cela n’aurait pas l’air bien.
Et le plan a été suivi scrupuleusement. Sara Roy en a fourni des preuves complètes dans ses études de recherche. Récemment, après plusieurs années d’efforts, l’organisation israélienne pour les droits de l’homme Gisha a réussi à obtenir une décision de justice enjoignant le gouvernement à publier ses archives détaillant les plans de la diète, et leur mode d’exécution. Le journaliste Jonathan Cook installé en Israël les résume comme ceci : « Les fonctionnaires de la Santé ont établi le calcul du nombre minimum de calories nécessaires au million et demi d’habitants de Gaza pour éviter la malnutrition. Ces chiffres ont ensuite été traduits en camions de nourriture qu’Israël était censé autoriser chaque jour [...] En moyenne 67 camions seulement - beaucoup moins de la moitié des besoins minimum - sont entrés quotidiennement à Gaza. A comparer à plus de 400 camions avant le début du blocus ». Mais même cette estimation est trop généreuse, affirme un agent humanitaire de l’ONU.
Comme l’observe le spécialiste du Moyen-Orient Juan Cole, le résultat de cette diète imposée est que « 10 % environ des enfants palestiniens gazaouis de moins de cinq ans ont leur croissance freinée par la malnutrition ... de plus, l’anémie est largement répandue, affectant plus des deux-tiers des bébés, 58,6 % des écoliers et plus d’un tiers des mères enceintes ». Les Etats-Unis et Israël veulent s’assurer que rien n’est possible hormis la stricte survie.
« Ce qu’il faut bien avoir à l’esprit » fait remarquer Raji Sourani, « c’est que l’occupation et la fermeture absolue sont une attaque menée contre la dignité humaine du peuple de Gaza et de tous les Palestiniens en général. C’est la dégradation, l’humiliation, l’isolement et la fragmentation systématique du peuple palestinien. La conclusion est confirmée par beaucoup d’autres sources. Dans une des plus grandes revues médicales au monde, The Lancet, un médecin invité de l’Université Stanford, horrifié par ce qu’il a vu, décrit Gaza comme « quelque chose comme un laboratoire pour observer une absence de dignité », condition qui a des effets « dévastateurs » sur le bien-être physique, mental et social. « La surveillance constante depuis le ciel, la punition collective par le blocus et l’isolement, l’intrusion dans les maisons et les communications, et les restrictions frappant ceux qui tentent de voyager, ou de travailler, ou de se marier, rendent difficile de vivre une vie digne à Gaza ». Il faut que les Araboushim apprennent à ne pas relever la tête.
On espérait que le nouveau gouvernement Morsi en Egypte, moins asservi à Israël que la dictature Moubarak tournée vers l’Occident, pourrait ouvrir le poste-frontière de Rafah, seul accès à l’extérieur pour les Gazaouis piégés qui ne soit pas sous contrôle israélien direct. Il y a eu une petite ouverture, mais pas grand-chose de plus. La journaliste Laila el-Haddad écrit que la réouverture sous Morsi « est simplement un retour au statu quo des années passées : seuls les Palestiniens porteurs d’une carte d’identité ’Gaza’ approuvée par Israël peuvent utiliser le passage de Rafah », ce qui exclut beaucoup de Palestiniens, notamment la famille el-Haddad, où seul un des conjoints a sa carte.
En outre, ajoute-t-elle, « le passage ne mène pas en Cisjordanie et il ne permet pas le passage de marchandises, lesquelles sont limitées aux postes-frontières contrôlés par les Israéliens et sujettes à des interdictions sur le matériel de construction et l’exportation ». Le passage restreint de Rafah ne va pas changer le fait que "Gaza reste sous un contrôle maritime et aérien serré et continue d’être fermée au capital culturel, économique et académique des Palestiniens dans le reste des [territoires occupés], en violation des obligations US-Israël conformes aux Accords d’Oslo".
Les effets sont douloureusement évidents. A l’hôpital de Khan Younis, le directeur, qui dirige également la chirurgie, décrit avec colère et passion comment même les médicaments pour soulager la douleur des patients sont manquants, de même que l’équipement chirurgical le plus simple, laissant les médecins impuissants et les patients dans les affres. Les histoires personnelles ajoutent la texture du vécu au dégoût général que l’on ressent devant l’obscénité de cette âpre occupation. Un exemple : le témoignage de cette jeune femme désespérée parce que son père, qui aurait été fier qu’elle soit la première femme dans le camp de réfugiés à décrocher un haut diplôme, « était mort après 6 mois de lutte contre le cancer à l’âge de 60 ans. L’occupant israélien lui avait refusé un permis pour aller se faire soigner dans des hôpitaux israéliens. J’ai dû arrêter mes recherches, mon travail et ma vie pour aller le voir alité. Nous étions tous assis près de lui, mon frère médecin et ma sœur pharmacienne, tous impuissants et désespérés de le regarder endurer la douleur. Il est mort pendant l’inhumain blocus de Gaza à l’été 2006, où il y avait très peu d’accès aux services sanitaires. Je pense que se sentir impuissant et sans espoir est le sentiment le plus mortel pour un être humain. Il tue l’esprit et brise le cœur. On peut combattre l’occupation mais on ne peut combattre son propre sentiment d’impuissance. On ne peut même pas dissoudre ce sentiment ».
Dégoût devant l’obscénité, mêlé de culpabilité : il est en notre pouvoir de mettre fin aux souffrances et de permettre aux Samidin de jouir d’une vie de paix et de dignité qu’ils méritent.
(1) Ceux qui sont inébranlables dans leurs convictions, càd ceux qui font preuve de sumud, sont appelés des samidin (au singulier : samidet, samida).

* Noam Chomsky est professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT), Boston, Etats-Unis. Auteur, après bien d’autres ouvrages, de "Pirates et empereurs. Le terrorisme dans le monde contemporain", Fayard, Paris, 2003. La plupart des textes de Noam Chomsky sont disponibles sur son site Internet.