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mardi 24 mars 2015

Noam Chomsky : l’Amérique latine à l’avant-garde contre le néolibéralisme


 

Lors de sa conférence magistrale au Forum pour l’émancipation et l’égalité qui s’est tenu à Buenos Aires du 12 au 14 mars dernier, le philosophe et activiste étasunien a analysé l’évolution géopolitique globale 70 ans après la Seconde Guerre Mondiale, avec l’ascension puis le déclin des Etats-Unis en tant qu’axe principal. « L’Amérique latine a fait des pas significatifs vers sa libération de la domination impérialiste », a-t-il signalé.
Loin de se laisser déstabiliser par les nombreux applaudissements qui ont accompagné son arrivée à la tribune du Théâtre Cervantes, Noam Chomsky, sérieux et concentré, a commencé à lire le discours de sa conférence magistrale dans le cadre du Forum pour l’Emancipation et l’Egalité. Dans une rhétorique classique, il a débuté en présentant son thème : un état des lieux du point de vue historique et géopolitique 70 ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale. « C’est en Amérique latine qu’a eu lieu un des développements les plus spectaculaires durant cette période. Pour la première fois en 500 ans, l’Amérique latine a fait des pas significatifs vers sa libération de la domination impérialiste », a signalé l’intellectuel et militant de gauche étatsunien (...). « Ce sont des évènements qui ont une portée historique très profonde, qui incluent des pas importants vers l’intégration et dans le but de faire face à des problèmes internes extrêmement graves qui avaient empêché le développement salutaire de celle qui devrait être une des régions les plus dynamiques et prospères de la planète ».
Chomsky, âgé de 86 ans, a présenté à son public un aperçu global mais centré sur la place des Etats-Unis, son essor et son déclin, qu’il a illustré en se basant sur le contraste flagrant entre deux conférences régionales : celle de Chapultepec (Mexique) en 1945 et celle de Carthagène des Indes (Colombie) en 2012, qui ont été « radicalement différentes », une preuve des profonds changements historiques qui ont eu lieu entretemps.

vendredi 27 février 2015

Lutter au Sahara, le livre APSO en souscription

Par APSO, 27/2/2015



vendredi 21 novembre 2014

Le royaume du Maroc dos au mur.( 39ème édition EUCOCO)


Par Mohsen Abdelmoumen, 20/11/2014
 
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La 39 édition de la Conférence Européenne de Support et Solidarité avec le Peuple Sahraoui (EUCOCO) s’est déroulée à Madrid ce 14 novembre en présence du président de l’EUCOCO, Pierre Galand, du Président de la République et SG du Front Polisario, Mohamed Abdelaziz, de l’infatigable militante sahraouie des droits de l’Homme, Aminatou Haidar, et de plus de 300 militants pour l’indépendance du Sahara occidental, en provenance des cinq continents. Assistaient également à cet événement majeur, des représentants de gouvernements reconnaissant la République arabe sahraouie démocratique (RASD), des députés et membres élus nationaux et internationaux, des organisations politiques et syndicales, des ONG, des associations d’amitié avec le peuple sahraoui, et de nombreux juristes. L’Algérie était représentée par le président du comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui (CNASPS), Said Layachi. Le président Mohamed Abdelaziz a rendu hommage aux pays qui soutiennent les causes justes dans le monde, à leur tête l’Algérie « pour ses positions en faveur de l’application des résolutions de l’ONU ». Le président de l’EUCOCO, Pierre Galand, a exhorté la communauté internationale à adopter une politique « cohérente » vis-à-vis de la question sahraouie et de permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination. Il a également fustigé l’Union européenne  pour son « attentisme » et sa politique de « deux poids deux mesures » concernant le conflit sahraoui, marqué par le refus du Maroc de respecter la légalité internationale. Cette conférence a été suivie samedi 16 par une vaste manifestation dans les rues de la capitale espagnole où des milliers de personnes ont réclamé un vote sur l’indépendance du Sahara occidental occupé depuis 1975 par le Maroc, et pour demander au gouvernement espagnol d’intervenir afin que les Sahraouis soient en mesure de voter et de décider de leur statut.
Le célèbre linguiste et philosophe américain Noam Chomsky et le Prix Nobel de la Paix argentin Adolfo Pérez Esquivel, ont tenu à apporter leur soutien à la juste cause sahraouie au cours de cette conférence. Ainsi le royaume moyenâgeux du Maroc se trouve plus que jamais acculé face au soutien manifesté au peuple sahraoui par des personnalités de premier plan telle Kerry Kennedy, la fille de Robert Kennedy et nièce du président des Etats-Unis J. F. Kennedy, juriste et militante des droits de l’Homme, de nombreux artistes comme Javier Bardem, Pedro Almodovar, Penelope Cruz, et bien d’autres, qui apportent leur voix aux nombreux mouvements citoyens en faveur de l’autodétermination du Sahara occidental. Comme ce fut le cas pour la cause palestinienne qui a été soutenue par de nombreuses célébrités issues du monde intellectuel, scientifique, artistique et par de grands mouvements civils à travers le monde, cette solidarité internationale prend désormais de l’ampleur. Au demeurant, d’après nos sources, un véritable climat de paranoïa s’est installé au palais royal marocain. En effet, le roi soupçonne tout son entourage suite aux innombrables révélations fracassantes de notre ami Chris Coleman dont les documents ultraconfidentiels diffusés en avalanche sont d’une extrême gravité à l’encontre du régime fasciste du Makhzen et de ses « amis » occidentaux que ce dernier a réussi à corrompre afin d’empêcher, dans une tentative vaine et désespérée, le dénouement définitif de la question sahraouie qui ne se résoudra que par une seule option, l’autodétermination du peuple sahraoui comme stipulé dans les différentes résolutions de l’ONU. Il appert que le directeur général de la DGED (Direction générale des études et de la documentation), Mohamed Yassine Mansouri, est vivement critiqué par des officiers supérieurs pour le grand amateurisme avec lequel il gère les services secrets extérieurs marocains, mais comme il est un ami du roi qui l’a nommé à ce poste, personne n’ose critiquer le manque de discernement de Mohamed VI. Même les noms de certains agents secrets, ainsi que leurs adresses emails ont été révélés par Chris Coleman.
Au cours de la 39 Conférence de l’EUCOCO, la militante sahraouie des droits de l’homme, Aminatou Haidar, a déclaré qu’elle espérait qu’ « après la reconnaissance par le gouvernement espagnol de l’Etat palestinien, la deuxième étape sera la reconnaissance de la RASD ». Interrogée au sujet de la nouvelle formation politique Podemos et de sa relation avec le Sahara occidental, elle a répondu : « Son nom a un sens. Podemos fait tout son possible pour soutenir la justice et le changement de politique. Nous comptons sur eux comme nous avons toujours compté sur les autres partis de l’Espagne. De plus, c’est un nouveau parti qui vient de la base, une base jeune. Nous avons beaucoup d’espoir. » Le chef de Podemos, Pablo Iglesias, qui était présent à cette conférence, a affirmé le soutien et l’engagement de son organisation avec la cause sahraouie. Aminatou Haidar a également évoqué l’aggravation de la situation de la population sahraouie dans les territoires occupés par le Maroc. « Depuis le cessez-le-feu de 1991, le peuple sahraoui a tenu une lutte pacifique. Combien sont douloureux les arrestations arbitraires, les assassinats et la torture qui se produisent dans les prisons marocaines, mais aussi dans les rues où se trouve la population sahraouie. Il n’y a aucune possibilité de manifester et de former des associations de défense des droits de l’Homme. Le Maroc refuse l’autorisation à notre association, la CODESA.» Aminatou a parlé de sa crainte concernant les jeunes Sahraouis dans les territoires occupés qui pourraient penser à recourir à la violence pour faire valoir leurs droits légitimes. « Ce sont des jeunes opprimés et désespérés qui cherchent à attirer l’attention de la communauté internationale. Les défenseurs des droits humains sont sous la pression des jeunes Sahraouis, nous voulons les guider vers la résistance pacifique mais ils se demandent combien de temps encore ils devront endurer cette situation parce que la communauté internationale ne fait rien. Je ne cache pas notre inquiétude, bien que jusqu’à présent nous n’avons pas vu d’acte de violence ou à caractère violent en zone occupée contre les leaders politiques marocains ». La militante a aussi dénoncé les conditions déplorables dans lesquelles se trouvent les prisonniers politiques sahraouis. « Nous avons près de 80 prisonniers d’opinion, dont 22 ont été condamnés par la Haute Cour militaire. Ils ont été condamnés à de lourdes peines allant de 20 ans de prison à la réclusion à perpétuité. Le Maroc ne les reconnaît pas en tant que prisonniers d’opinion mais comme des prisonniers de droit commun. Le Maroc a promis d’annuler les procès militaires, mais nous n‘avons rien vu jusqu’à présent. Les prisonniers ont commencé une grève de la faim le 8 Novembre pendant 48 heures et en entameront une autre le 26 pour envoyer un message aux participants du Forum international sur les droits de l’Homme qui se tiendra à Marrakech » un forum dont l’association qu’Aminatou préside, la CODESA, a été exclue. « Le Maroc se justifie en disant que notre association est un parti politique qui défend le droit à l’autodétermination, afin de ne pas lui accorder de légalité.»Suite au discours du roi du Maroc du 6 Novembre dernier, Aminatou Haidar craint que la situation se détériore davantage : « C’est une incitation à la haine contre les Sahraouis, légitimant les attaques contre les droits de l’Homme et l’oppression de la liberté d’opinion et d’expression. Cela nous ramène au discours de 2009, que le roi avait prononcé à l’occasion de la Marche Noire (Marche Verte) qui est célébrée au Maroc comme un jour férié et qui pour nous est synonyme de souffrance. Ce discours a mené à ma déportation à Lanzarote et m’a conduite à une grève de la faim de 32 jours. S’il n’y avait pas eu la solidarité espagnole et internationale, je serais morte ». En ce qui concerne le rôle des institutions internationales, Aminatou Haidar a déclaré que « la MINURSO est un témoin aveugle, dont les yeux sont bandés. « Ils ne peuvent pas effectuer la surveillance des droits de l’Homme parce qu’ils ne sont pas habilités à le faire, ils n’ont pas un tel mandat. Nous voulons élargir la compétence de la MINURSO et la mise en œuvre d’autres mécanismes de l’ONU ». A propos du suivi de ce que font les représentants diplomatiques accrédités à Rabat, Aminatou a noté que « ce sont les ambassades nord-américaine, britannique et des pays nordiques qui font régulièrement des visites pour entendre la voix du peuple. Ils sont concernés et intéressés, mais ce n’est suivi par aucune amélioration concrète. La situation reste la même et la répression aussi » a-t-elle déploré. De la France, Aminatou a dit: « Elle vient, mais c’est toujours pour faire des recherches afin de préparer des rapports, on ne peut pas dire que ce sont des visites destinées à faire cesser la répression. »
Tenant à adresser un message au peuple sahraoui lors de cette conférence, le Prix Nobel de la Paix argentin Adolfo Perez Esquivel a déclaré : « Ma voix veut avoir le pouvoir de la voix des humbles, la voix qui dénonce l’injustice et proclame l’espoir». Il a cité un vieil adage « l’heure la plus sombre se situe quand l’aube pointe. Je pense que le peuple sahraoui sait qu’il verra l’aube surmonter l’obscurité. Je veux envoyer l’amical soutien d’un frère d’Amérique latine à tout le peuple sahraoui, lui souhaiter beaucoup de force et d’espoir dans cette lutte pour l’autodétermination du peuple pour sa souveraineté, son identité et sa culture. Les gens perdent la mémoire des disparus, mais heureusement, le peuple sahraoui garde une mémoire vivante de son identité et des valeurs à défendre. Non seulement pour le présent mais aussi pour l’avenir des nouvelles générations qui permettront d’atteindre ces objectifs. Pour cela, nous devons unir nos forces ». Le Prix Nobel de la Paix a souligné dans son message quelques points essentiels. « D’un côté, les Nations Unies doivent agir avec plus de force et de discernement, et ne pas se laisser dominer. Nous devons changer la structure de l’ONU, ce qui pour le moment n’est pas possible. Mais l’ONU peut prendre des décisions claires, comme dans le cas du gouvernement marocain afin qu’il respecte le droit à l’autodétermination des Sahraouis. Il y a eu de nombreuses années de souffrance, de douleur, de violations des droits de l’Homme. Les Nations Unies ont mandaté les Casques bleus et, à ce jour, cette force n’a pas rempli son rôle de garant de la paix. Ni là et ni ailleurs. Je pourrais parler de Tahiti, de Chypre et de nombreuses autres régions du monde. Une restructuration est nécessaire pour que la force de maintien de la paix soit réellement au service des peuples et pas pour favoriser les grands intérêts économiques, politiques et militaires. Je suis désolé de dire cela, parce que l’ONU est une institution valide qui peut grandement aider la paix de l’humanité » a déclaré Pérez Esquivel.
De son côté, dans un message délivré à travers une vidéo, le philosophe et linguiste Noam Chomsky a déclaré : « Le printemps arabe a commencé en novembre 2010 dans le Sahara Occidental quand la population s’est soulevée dans Gdeim Izik près de Laayoune. Je suis ravi d’avoir l’opportunité d’envoyer quelques mots à la Conférence de Madrid, en soutien et solidarité avec le peuple sahraoui, un peuple qui n’a pas arrêté de lutter courageusement pour sa libération pendant 40 ans. Pendant tout ce temps, l’agression du Maroc et les abus aux droits humains les plus essentiels de la part des forces d’occupation n’ont pas cessé, sans qu’ils répondent de leurs crimes et tout en recevant l’appui direct des pouvoirs occidentaux, principalement de la France, mais aussi de leurs alliés qui ont coopéré honteusement. La dernière colonie d’Afrique attend encore sa libération et la tenue d’un referendum sous les auspices des Nations Unies, organisation qui a la responsabilité d’en finir avec cette horrible époque coloniale. J’ai bon espoir que cette conférence sera d’une grande aide dans la lutte du peuple sahraoui et que tous et toutes pourront bientôt profiter des droits essentiels et de la liberté qu’ils méritent. »
Les justes du monde, éveilleurs de consciences, sont venus s’ajouter au peuple algérien qui a toujours pris fait et cause pour le peuple sahraoui et pour le peuple palestinien. L’Algérie soutiendra toujours les causes justes, c’est un principe fondamental non négociable et définitif qui découle de l’expérience de l’oppression que le peuple algérien a connue pendant 132 ans de colonisation et qui sait ce que représente le colonialisme. Sa connaissance aigüe de la douleur de la nuit coloniale a toujours guidé le peuple algérien dans la voie de la solidarité avec les peuples opprimés de la terre. Le Maroc, dont l’unique préoccupation consiste à calomnier en permanence son seul voisin, semble oublier que l’Algérie est délimitée par une frontière de plus de 6000 km la séparant de six pays à risques avec un terrorisme exponentiel, qu’elle est absorbée par une situation interne et externe périlleuse et ne peut ni ne veut s’offrir le luxe, comme les danseuses de ventre du Makhzen, de créer des ennemis imaginaires. L’Algérie et son peuple connaissent d’autres inquiétudes nettement plus sérieuses qui dépassent le nombrilisme du palais royal marocain et de son Makhzen infect. Il faudra du temps pour que les cancres qui règnent sur le Maroc comprennent que la question du Sahara occidental relève de la décolonisation d’un territoire qui ne leur a jamais appartenu, et si le roi du Maroc, au lieu de faire diversion pour occuper son peuple qui crève la dalle, connaît une poussée d’herpès patriotique, qu’il prouve donc sa détermination et sa virilité en libérant son propre territoire à Ceuta et Melilla, enclaves toujours sous domination espagnole. Le régime marocain, vassal des sionistes, n’a décidément rien à se mettre sous la dent à part rester dans les provocations absurdes à l’égard de l’Algérie, mais nous le répétons, le peuple sahraoui sera libre. Il est clair que la campagne enragée de dénigrement de la part du Maroc à l’égard de l’Algérie sur le plan médiatique et diplomatique n’est que la marque d’une mentalité mesquine dont la bassesse et la médiocrité sont à l’égal de la corruption du palais marocain et de ses maîtres Azoulay, qui ont cru qu’en achetant des journalistes et des diplomates, ils pourraient freiner la roue de l’Histoire. Il y aura toujours des voix comme celles de Chomsky, Esquivel, Bardem, et bien d’autres qui ne pourront jamais être achetées ou étouffées. Tel est l’échec majeur d’un roitelet qui, prenant la suite de son père en opprimant le peuple sahraoui, dévoile le visage immonde de la monarchie marocaine à toute la planète. La cause sahraouie finira tôt ou tard par triompher, n’en déplaise au régime fasciste du Maroc. Le jour viendra où le peuple du Sahara occidental, comme celui de Palestine, goûtera aux fruits de l’indépendance et de la liberté, c’est une nécessité historique.


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samedi 7 décembre 2013

Langue marocaine / Débat frelaté !

Par Mohammed Belmaïzi, 03/12/2013

4 décembre 2013, 00:38
Préambule :

Ce n'est pas parce que Noureddine Ayouch, contesté pour diverses raisons, milite pour l'enseignement de l'arabe marocain (il oublie d'ajouter l'amazighe), qu'il faut jeter le bébé avec l'eau du bain...

Par ailleurs, je voudrais conseiller la lecture d'un texte épais et combien mirifique de notre ami Ahmed Benani : "Langue et nation à l'aune de la modernité". Un texte qui mérite d'être traduit en arabe, pour contribuer efficacement à ce débat.

Ma contribution, succincte et bien modeste, et je reste ouvert au débat :

La langue marocaine qu’on s’empresse de qualifier de « darija » (dialecte) est une langue comme toutes les autres langues. Elle a sa structure et sa logique pour appréhender et dire le monde (poésie de Majdoub, des Nass Ghiwane, Jil Jilala, proverbes et contes... et cela s'applique sur la langue amazigh aussi) Elle ne peut être qualifiée de langue indigente ou complètement irrationnelle.

Ce dernier jugement a été déjà proféré par la « science coloniale ». Marçais savant de cette bourrasque indigne qui infériorise à souhait l'altérité, disait :

« l’arabe parlé est aussi peu apte que possible à formuler les choses intellectuelles. Son vocabulaire abstrait est indigent et ne permet que d’exprimer en gros, sans précision et sans nuances, des idées très simples »…

Mais ce n’est pas fini ! Car pour l’arabe écrit, c’est-à-dire littéraire, le même Marçais dit:

«Il manque presque infailliblement de naturel et de simplicité. On ne sera donc pas surpris que beaucoup de prosateurs arabes aient gongorisé, subtilisé à outrance, exprimé de pures niaiseries avec une recherche et un pédantisme incroyables, parlé trop souvent longuement pour ne rien dire et ne puissent en conséquence fournir de pâture convenable à de jeunes esprits français. »

(j’ouvre la parenthèse ici pour souligner que les islamistes d’aujourd’hui ont repris ce genre d’assertions insensées et terriblement dangereuse de la « science coloniale » pour décréter que la poésie et les écrits des penseurs arabo-musulmans, étaient la cause de la décadence de la civilisation andalouse et arabo-musulmane. Retenons que la cognition des islamistes et de la science coloniale, sont kif kif pareilles).

Pour être concis et viser la pertinence, je dirai que l’enfant marocain est dès sa première scolarité confronté au problème bilingue ou trilingue. Et l’enfant amazighophone et l’enfant arabophone affrontent au Maroc une situation tragique qui ne peut favoriser leur épanouissement et leur formation intellectuelle. Rare sont les enfants qui échappent à cette schizoglossie… qui fait que nombre d’enfants abandonnent leur scolarité. Et le régime marocain n'en a cure!

Déjà du temps de la revue Souffles, la question d’une langue étrangère imposée au détriment de la langue maternelle, a été posée avec acuité. Abdellatif Laâbi écrivait à ce propos que «L’adolescent de l’indépendance a perdu ce véhicule imposé (le français) mais il n’a pas reconquis l’autre (la langue marocaine). Il est aphasique. Sa pensée, sa personnalité profondes n’émergent qu’en bribes sporadiques, imprécises. »

Le linguiste marocain Ahmed Boukous, quand à lui relevait bien plus tard, que « la question de l’enseignement est pensée en terme de centralisme linguistique de sorte que ne sont enseignés que l’arabe classique et le français, comme si l’arabe dialectal et le tamazight étaient dénués de toute fonction cognitive, alors qu’il serait plus opératoire, plus juste et plus économique de les introduire dans le système scolaire, ce faisant, l’on éviterait au moins à la jeunesse les affres de la schizoglossie. »

Voilà qui est dit, pour infirmer cette folle idée qui attaque la langue maternelle marocaine (amazigh et arabe marocain) en la jugeant de débile et qui rendra les enfants débiles… si elle était enseignée à l'école primaire. Scientifiquement faux, archi-faux!!!

Des linguistes canadiens ont travaillé sur ce sujet et on abouti à l’idée que le bilinguisme ou trilinguisme dès la petite enfance peut retarder la parole et nuire à la capacité linguistique de l’enfant et à son intellect. Ils ont arrêté cette phase critique à l’âge de 12 ans, pour conseiller l’apprentissage dans la langue mère avant toute autre langue.

Après 12 ans, l’apprentissage des langues devient un jeu d’enfants. Et bien sûr, à ce moment, il faut encourager l’apprentissage des langues. Le maximum de langues sans conséquences néfastes!

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  • Photo de Ali Fkir.Ayouch et Laroui n'osent pas aller au fond du problème. Leur polémique en dehors du temps et de l'espace. C'est tout à fait normal. Les raisons?
    - Certainement qu'ils n'ont pas vécu dans leur enfance l'enfer que vivent les 90% des enfants du peuple.
    - Que leurs enfants n'ont pas fréquenté et ne fréquentent pas l'école "publique"
    - Qu'ils ne veulent en aucun cas un changement qui toucherait à l'ordre établi, l'ordre établi sur la trinité: Dieu, Patrie, Roi. La remise en cause de l'édifice social...leur fait peur. L'intérêt de classe oblige.
    Le débat relatif à la langue comme moyen/instrument d'apprentissage, comme élément d'identité ne peut qu'être positif. Mais il ne peut être productif que s'il s'inscrit dans le "diagnostic" de l'enseignement dans son ensemble.
    Ayouch est aveuglé par sa toile d'araignée de micro-crédit. Un créneau très rentable. Le taux d'intérêt est de 24% l'an. La darija est suffisante pour communiquer et amasser des fortunes. Les victimes du système de micro-crédit ne doivent en aucun cas accéder aux mathématiques financières ni être "trop savants". Ils faut les empêcher de comprendre.Laroui, grand intellectuel, produit d'idées. Mais quelles idées? Aveuglé par le panarabisme étroit, il réduit notre identité à l'arabe. Il oublie que nous sommes amazighs, arabes, africains et avant toute autre chose humain. Humain? Oui et par conséquent nos enfants doivent avoir les mêmes chances à leur naissance. L'enfant d'Imilchil, celui de Doukkala, celui de Jbala, celui du bidonville de la périphérie de Casablanca ont-ils les mêmes chances que ceux des beaux quartier tels Souissi à Rabat, Anfa à Casa et j'en passe? Nos deux intellectuels ont-ils parlé de l’unicité de l'enseignement? Aujourd'hui, la qualité de l'enseignement est proportionnelle à votre "fortune".
    L'arabe classique est une langue du passé, du présent- et de l'avenir, n'en déplaise à monsieur Ayouch. Notre autre langue Tamazigh a un grand avenir. Il suffit de se mettre au boulot.
    Le problème de toute langue trouve les causes de son rayonnement ou de sa décadence dans la puissance des peuples qui la parlent. Or l'arabe classique souffre de "l'arriérisme/sous-développement" التخلف quasi général que vit le monde arabe (y compris les pays arabo-amazighs du grand Maghreb). La tyrannie politique, le sous-développement économique, l'obscurantisme idéologique, les rapports sociaux moyenâgeux et j'en passe. Il y a un siècle, les européens riaient du chinois en tant que langue, en tant qu'écriture. C'était la Chine semi-féodale, la Chine arriérée. Aujourd'hui, on se bouscule pour apprendre le chinois, on fait les yeux doux aux Chinois...hier, le 3 décembre 2013, les chaînes européennes ont annoncé que le Yuan (monnaie chinoise) a surpassé l'euro. Yuan est devenu la 2ème monnaie des transactions internationales. Cette nouvelle ne reflète que la réalité des nouveaux rapports de force à l'échelle de la planète.
    Monsieur Laroui! si vous voulez assurer l'avenir de l'arabe classique, alors mettez vous au boulot en dénonçant les régimes despotiques (parmi eux le régime marocain), rangez-vous du côté des opprimés. Dénoncez le contenu de "notre" enseignement. A quoi ils servent التربية الاسلامية، التربية الوطنية، تاريخ السلاطين...الخ ؟
    Ali Fkir
    — avec Salah Elayoubi.
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lundi 19 novembre 2012

Nuit et brouillard sur Gaza


Gaza martyre, Gaza combattante, Gaza héroïque

réclame justice


réclame vengeance

réclame la vie

Sionistes, nazis, assassins d'enfants, de familles entières, de vieillards,

vous paierez pour vos crimes,

tous vos crimes

http://azls.blogspot.com/2012/11/nuit-et-brouillard-sur-gaza.html

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STOP à la propagande des collabos !

dimanche 18 novembre 2012






Par CAPJPO-EuroPalestine


La prose des médias de révérence est à gerber. A l’unisson avec le feu vert donné par Hollande à Netanyahou lors de sa visite en France : "tu peux y aller !". Mais bien sûr, ils sont tous pour la paix, et Hollande a même téléphoné à Netanyahou pour lui dire de "ne pas répondre aux provocations" (sic). Israël assassine des bébés, des journalistes, terrorise toute une population sur un territoire qui n’est pas le sien, et Le Monde titre : "Gaza : un problème pour Israël depuis 64 ans" !!

Le bilan s’alourdit d’heure en heure, tandis que les dirigeants israéliens multiplient les menaces les plus terrifiantes contre le peuple palestinien, sous occupation. Et que lit-on dans ces journaux qui sont autant de gauche que le nouveau gouvernement français ?
Le Monde détient sans doute le record de bassesse et de lèche-fesses de l’occupant.
Dans son édition de ce week-end on peut y lire que les résistants ont "franchi une ligne rouge". Le collabo de service écrit textuellement : "On se demande si le mouvement islamiste qui contrôle la bande de Gaza a décidé de ruiner le bénéfice du relatif statu quo qui perdurait jusque là avec Israël, au seul motif de venger la mort d’Ahmed Jabari, son chef militaire ?" ... un "homme qui avait les mains couvertes de sang"... 

L’occupant israélien ne franchit jamais de lignes rouges, c’est bien connu. Il se contente de déchiqueter et de calciner les bébés. Si l’on devait assassiner tous les Israéliens, qui ont du sang sur les mains, ce serait une belle hécatombe !
Il avait 11 mois et il a été tué hier 
par les engins de mort israélien.

Une vingtaine d’enfants ont été assassinés en 4 jours, sur une soixantaine de civils tués, et on parle maintenant de près d’un millier de blessés par Israël, qui bombarde délibérément les familles.
Mais le même journal aux ordres des commandos de la mort écrit "Le Hamas connait une sorte d’ivresse politique nourrie de sa proximité idéologique avec les frères musulmans désormais au pouvoir au Caire"

Dans Libération, Vincent Giret, n’est pas en reste.
Après avoir déclaré : "Il faut répéter qu’Israël a le droit inaliénable comme tout état à la sécurité", les Palestiniens, n’ayant eux pas besoin de sécurité puisqu’ils n’ont pas d’Etat, n’est-ce pas, ce monsieur qui fait honneur à la profession, analyse ainsi les bombardements : "C’est le Hamas, qui en profite pour torpiller la prochaine candidature de l’Autorité Palestinienne à un statut d’Etat non membre de l’ONU"
Et de nous asséner qu’avec "L’Egypte travaillée par l’islamisme", "l’Iran menaçant", et "le Hamas qui tient à exhiber son nouvel arsenal de terreur contre Israël", le pauvre Israël ne sait plus où donner de la tête.

Sans parler des sanctions qu’Israël annonce contre la terrible menace d’une représentation de la Palestine, en tant qu’observateur à l’ONU. Diantre, Israël est cerné !
Quant à "l’envoyée spéciale" de Libé à Gaza, Aude Marcovitch, elle n’est pas allée sur place pour rien, puisqu’elle a vu des roquettes qui partent de Gaza vers Israël, nous dit-elle comme premier élément de son article. Cette grande journaliste de terrain indique par ailleurs que "des tunnels soupçonnés de servir à la fois de cachettes pour les hauts responsables du Hamas et de bases de tir pour certaines roquettes, ont été ciblés"..

Ça valait tout de même le coup d’avoir un envoyé spécial à Gaza pour nous raconter cela ! On ne sait pas si Aude Marcovitch faisait partie des journalistes étrangers qui ont été bombardés par Israël tandis qu’ils se trouvaient dans la tour des médias, mais si elle en ressort vivante, elle trouvera sans doute une bonne explication à cet autre attentat "ciblé".

Heureusement que de moins en moins de gens achètent cette presse de caniveau, d’apologie de crimes de guerre.
Netanyahou a besoin d’un bain de sang avant les élections législatives. Alors, on attend le 22 janvier, en espérant que cela s’arrêtera au moment où les Israéliens iront mettre un bulletin dans l’urne pour choisir entre Netanyahou-Liberman ou Lieberman-Netanyahou ?

Il faut aussi qu’Israël teste ses nouvelles armes anti-missiles, des joujoux tout neufs et très performants, dotés de noms plus sympathiques les uns que les autres ? Il parait que les Etats-Unis qui les ont financés sont très curieux de voir ce que cela donne.
Noam Chomsky appelle un chat un chat : "Ce n’est pas une guerre, c’est un massacre".
"L’invasion et le bombardement de Gaza n’ont pas pour but de détruire le Hamas. Ils n’ont pas pour but d’arrêter les tirs de roquettes sur Israël. ils n’ont pas pour but de parvenir à la paix.
Cette décision israélienne de semer la mort et la destruction à Gaza est l’aboutissement d’une entreprise de nettoyage ethnique des Palestiniens qui dure depuis des décennies.
Les armes sophistiquées israéliennes qui atteignent par air et par mer des zones densément peuplées, des camps de réfugiés, des écoles des immeubles d’habitation, des mosquées, qui attaquent une population qui ne dispose ni de forces aérienne ou navale, pas d’équipements lourds, pas d’armée, ne constituent pas une guerre. Ce n’est pas de la guerre, mais de l’assassinat.
Et quand les Israéliens expliquent qu’ils doivent se défendre alors qu’ils sont dans des territoires occupés, ils s’agit de la défense d’un occupant militaire face à une population occupée et opprimée. On ne peut parler de défense quand on occupe la terre de quelqu’un d’autre. Trouvez un autre mot !"

Noam Chomsky
Source : http://www.zcommunications.org/znet




jeudi 15 novembre 2012

Noam Chomsky : Impressions de Gaza

6 novembre 2012 - Al Qassam Website - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.qassam.ps/opinion-6294-I...
Traduction : Info-Palestine.net - Marie Meert
 
 Noam Chomsky s’est rendu dans la bande de Gaza, du 25 au 30 octobre de cette année.
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Noam Chomsky
Une seule nuit passée en prison suffit pour donner le goût de ce que signifie le fait d’être sous le contrôle total d’une force extérieure. Et il ne faut guère qu’un seul jour à Gaza pour apprécier ce que doit être la survie dans la plus grande prison en plein air au monde, là où un million et demi de personnes, dans la zone la plus peuplée de la planète, sont soumis en permanence à une terreur aléatoire souvent sauvage et à des châtiments arbitraires n’ayant d’autre but que d’humilier et de dégrader, voire de ruiner tout espoir palestinien d’un avenir décent et de s’assurer que le soutien mondial dominant en faveur d’un règlement diplomatique garantissant ce droit soit réduit à néant.
L’intensité de cet effort de la part des dirigeants politiques israéliens vient d’être puissamment illustrée ces derniers jours, puisqu’ils préviennent qu’ils seront « fous de rage » si l’ONU reconnaît tant soit peu les droits palestiniens. Ce n’est pas un nouvel écart. La menace de devenir « fou [de rage] » est profondément ancrée depuis les cabinets travaillistes des années ’50, de même que le « complexe de Samson » : nous allons faire s’écrouler les murailles du Temple si on nous contrarie. C’était jadis une menace vaine ; plus aujourd’hui.
L’humiliation volontaire elle non plus n’est pas nouvelle, mais elle prend sans cesse de nouvelles formes. Il y a trente ans, des dirigeants politiques, notamment certains des faucons les plus marqués, soumettaient au premier ministre Begin un compte-rendu choquant et détaillé de la façon dont les colons maltraitent régulièrement les Palestiniens avec la plus grande dépravation et en toute impunité. Le fameux analyste politico-militaire Yoram Peri écrivit avec dégoût que la mission de l’armée n’est pas de défendre l’Etat, mais « de démolir les droits de gens innocents simplement parce que ce sont des Araboushim ("bougnoules", "sous-chiens") qui vivent dans les territoires que Dieu nous a promis ».
Les Gazaouis ont été élus pour un châtiment particulièrement cruel. Il est presque miraculeux que des gens puissent supporter pareille existence. La manière dont ils le font a été décrite il y a 30 ans dans les éloquentes mémoires de Raja Shehadeh (The Third Way), basées sur son expérience d’avocat engagé dans une impossible mission - tenter de protéger les droits fondamentaux au sein d’un système légal conçu pour garantir leur faillite - et sur son expérience personnelle en tant que Samid(1) « inébranlable dans ses convictions » qui voit sa maison transformée en prison par une occupation brutale et ne peut rien faire d’autre « qu’endurer » d’une façon ou d’une autre.
Depuis ce texte de Shehadeh, la situation a empiré.
Les accords d’Oslo célébrés en grande pompe en 1993 ont décrété que Gaza et la Cisjordanie sont une seule entité territoriale. A ce moment, Israël et les USA avaient déjà entamé leur programme de séparation totale, afin de bloquer un règlement diplomatique et de punir les Araboushim dans les deux territoires. Le châtiment des Gazaouis s’est encore aggravé en janvier 2006, lorsqu’il commirent un crime majeur : ils votèrent « mal » lors de la première élection libre dans le monde arabe, élisant le Hamas.
Faisant montre de leur « désir de démocratie », les Etats-Unis et Israël, soutenus par la timide Union Européenne, imposèrent sans tarder un siège brutal ainsi que des attaques militaires intenses. Les USA appliquèrent aussi immédiatement vers la procédure traditionnelle lorsque des populations désobéissantes élisent le mauvais gouvernement : préparer un coup d’état militaire pour rétablir l’ordre.
Un an plus tard, les Gazaouis commettaient un crime encore plus grand en bloquant la tentative de coup d’état, déclenchant une forte escalade du siège et des attaques militaires. Celles-ci culminèrent à l’hiver 2008-2009 avec l’Opération Plomb Durci, l’un des exercices les plus lâches et les plus vicieux de la force militaire, puisqu’une population civile sans défense, piégée par l’absence de toute issue, fut soumise à une attaque sans répit par l’un des systèmes militaires les plus avancés au monde, appuyé par l’armement et la diplomatie des Etats-Unis. Un compte-rendu inoubliable du massacre - « infanticide » est le terme qu’ils ont utilisé - a été donné par les deux courageux médecins norvégiens qui ont travaillé dans le principal hôpital de Gaza au cours de ce siège impitoyable, Mads Gilbert et Erik Fosse, dans leur livre remarquable « Les yeux à Gaza ».
Le Président élu Obama fut incapable de dire un mot, sinon en réitérant sa sincère sympathie pour les enfants sous attaque ... dans la ville israélienne de Sderot. L’assaut, minutieusement préparé, fut achevé avant son intronisation, de sorte qu’il put affirmer qu’il s’agissait maintenant de regarder devant nous, pas derrière nous, le faux-fuyant habituel des criminels.
Bien sûr il y avait des prétextes - il y en a toujours. Le plus courant, débité à l’envi, est la « sécurité : dans ce cas, des roquettes de fabrication maison tirées depuis Gaza. Comme c’est généralement le cas, le prétexte manquait totalement de crédibilité. En 2008 une trêve avait été établie entre Israël et le Hamas. Le gouvernement israélien reconnaît formellement que le Hamas l’observait pleinement. Pas une seule roquette Hamas ne fut tirée jusqu’à ce qu’Israël rompe la trêve sous couvert de l’élection américaine le 4 novembre 2008, envahissant Gaza sous des prétextes grotesques et tuant une demi-douzaine de membres du Hamas. Les plus hauts cadres du renseignement conseillèrent au gouvernement israélien de renouveler la trêve en allégeant le blocus et en mettant fin aux attaques militaires. Mais le cabinet de Ehud Olmert, une prétendue colombe, choisit de rejeter ces options, préférant utiliser son gros avantage comparatif en matière de violence : ce fut l’Opération Plomb Durci.
Les faits basiques sont repassés en revue par le politologue Jerome Slater dans la dernière livraison de la revue International Security publiée par l’Institut de Technologie du Massachusetts (MIT) à l’Université Harvard.
Le mode de bombardement de Plomb Durci a été minutieusement analysé par l’avocat gazaoui des droits humains Raji Sourani, très bien informé et mondialement respecté. Il souligne que le bombardement a été concentré sur le nord, ciblant des civils sans défense dans les zones les plus densément peuplées, ce qui exclut tout prétexte militaire. L’objectif, suggère-t-il, était peut-être de pousser la population vers le sud, près de la frontière égyptienne. Mais les Samidin n’ont pas bougé, en dépit de l’avalanche de terreur israélo-étatsunienne.
Un autre objectif pouvait être de les pousser au-delà. Dès les premiers jours de la colonisation sioniste, les colombes ont largement argué que les arabes n’ont pas vraiment de raison d’être en Palestine ; ils peuvent aussi bien être heureux ailleurs, et ils devraient partir - en termes polis « transférés », suggérait-on. Ce n’est sûrement le moindre souci des Egyptiens, et peut-être une raison en Egypte pour ne pas ouvrir la frontière librement aux civils ni même aux matériaux si désespérément nécessaires.
Sourani et d’autres sources bien documentées font observer que la discipline des Samidin recèle un baril de poudre qui peut exploser à tout moment, inopinément, comme la première Intifada à Gaza en 1989, après des années d’une répression lamentable qui ne suscita ni attention ni signal d’alarme.
Il suffit d’évoquer un de ces innombrables cas : peu avant l’explosion de l’Intifada, une jeune fille palestinienne, Intissar al-Atar, fut tuée par balle dans une cour d’école par un résident d’une colonie proche. C’était l’un des milliers de colons israéliens amenés à Gaza en violation du droit international, protégés par une importante présence de l’armée, accaparant une grande partie des terres et de l’eau - si rare - de la bande, vivant « luxueusement dans vingt-deux implantations au milieu de 1,4 millions de Palestiniens démunis », ainsi que le crime est décrit par l’universitaire israélien Avi Raz.
Shimon Yifrah fut arrêté mais rapidement libéré sous caution quand la Cour statua que « l’infraction n’était pas assez grave » pour requérir la détention. Le juge commenta que Yifrah avait seulement voulu choquer la jeune fille en tirant un coup de fusil vers elle dans une cour d’école, pas la tuer : donc « ceci n’est pas le cas d’une personne criminelle qui doit être châtiée, entravée, et recevoir une leçon en étant emprisonnée ». Yifrah obtint une peine de 7 mois avec sursis, tandis que les colons dans le prétoire éclataient en chants et en danse. Et le silence habituel régna. Après tout, rien que la routine.
Et voilà. Quand Yifrah fut libéré, la presse israélienne rapporta qu’une patrouille de l’armée avait tiré sur une cour d’école pour garçons de 6 à 12 ans dans un camp de réfugiés cisjordanien, blessant cinq enfants, et allégué que leur intention était uniquement « de les choquer ». Il n’y eut pas de mise en examen, et l’événement n’attira pas davantage l’attention. Ce n’était qu’un autre épisode du programme « l’illettrisme comme châtiment », rapporta la presse israélienne, avec la fermeture d’écoles, l’usage de bombes lacrymogènes, le tabassage d’étudiants avec des crosses de fusils, le blocage de l’assistance médicale aux victimes ; et au-delà des écoles, le règne d’une brutalité plus grave encore, devenue de plus en plus sauvage pendant l’Intifada sous les ordres du ministre de la Défense Yitzhak Rabin, une autre colombe tant admirée.
Mon impression initiale, après une visite de plusieurs jours, c’est la stupéfaction, non seulement devant la capacité de vivre, mais aussi devant la vitalité éclatante des jeunes, en particulier à l’université, où j’ai passé une bonne partie de mon temps dans un colloque international. Mais là également, on peut déceler des signes de ce que la pression peut devenir trop lourde à supporter. Selon des rapports, la frustration parmi les jeunes gens est bouillonnante, ils prennent conscience que sous l’occupation israélo-étatsunienne l’avenir ne leur réserve rien. Il y a des limites à ce que peuvent endurer des animaux en cage, et il pourrait y avoir une éruption, peut-être sous des formes haïssables - offrant ainsi l’occasion aux apologistes israéliens et occidentaux auto-satisfaits de condamner les gens qui sont "culturellement arriérés", comme Mitt Romney l’a expliqué en toute perspicacité.
Gaza a l’allure d’une société typique du tiers monde, avec des poches de richesse entourées de pauvreté hideuse. Néanmoins, elle n’est pas « sous-développée ». Elle est plutôt « dé-développée », et ce de manière très systématique, pour emprunter les termes de Sara Roy, l’éminente universitaire spécialiste de Gaza. La bande de Gaza aurait pu devenir une région méditerranéenne prospère, avec une agriculture riche et une industrie de pêche florissante, des plages merveilleuses et, comme on l’a découvert il y a une dizaine d’années, de bonnes perspectives de ressources en gaz naturel dans ses eaux territoriales.
Coïncidence ou non, c’est à ce moment qu’Israël a intensifié son blocus maritime, repoussant les bateaux de pêche vers la côte, actuellement à 3 miles ou moins.
Les perspectives favorables ont avorté en 1948, quand la bande a dû absorber le flux de réfugiés palestiniens fuyant la terreur ou expulsés de force de ce qui est devenu Israël, expulsés dans certains cas des mois après le cessez-le-feu officiel.
En fait, il étaient encore expulsés quatre ans plus tard, comme rapporté par Haaretz (25.12.2008), dans une riche étude de Beni Tziper sur l’histoire de l’Ascalon israélienne remontant jusqu’aux Cananéens. En 1953, écrit-il, il y a eu « le calcul froid qu’il était nécessaire de nettoyer la région des arabes ». Le nom ancien d’Al-Majdal avait déjà été « judaïsé » en l’ Ashkelon d’aujourd’hui, une pratique très usitée.
C’était en 1953, alors qu’il n’y avait pas l’ombre d’une nécessité militaire. Tziper lui-même est né en 1953, et tandis qu’il arpente les vestiges du vieux secteur arabe, il se dit : « il est vraiment difficile pour moi, vraiment difficile d’imaginer que pendant que mes parents célébraient ma naissance, d’autres personnes étaient chargées sur des camions et expulsées de leurs maisons ».
Les conquêtes d’Israël en 1967 et leurs suites administrèrent encore d’autres coups. Puis vinrent les terribles crimes qui se poursuivent jusqu’à aujourd’hui.
Les signes sont faciles à voir, même lors d’une courte visite. Assis dans un hôtel près du rivage on entend le feu des mitrailleuses sur les canonnières israéliennes qui repoussent les pêcheurs hors des eaux territoriales de Gaza en direction de la côte, les contraignant à pêcher dans des eaux fortement polluées à cause du refus d’Israël et des USA d’autoriser la reconstruction des systèmes d’épuration d’eau et de fourniture d’énergie, systèmes qu’ils ont détruits.
Les Accords d’Oslo ont établi les plans de deux usines de dessalement, une nécessité dans cette région aride. L’une, une installation avancée, fut construite : en Israël. La seconde est à Khan Younis, dans le sud de Gaza. L’ingénieur chargé d’essayer d’obtenir de l’eau potable pour la population expliquait que cette usine était conçue de manière à ne pas pouvoir utiliser l’eau de mer, mais bien l’eau phréatique, processus moins coûteux qui contribue encore plus à dégrader la mince nappe aquifère et qui garantit de graves problèmes dans le futur. Même ainsi, l’eau est sévèrement limitée. L’UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine) qui s’occupe de réfugiés (mais pas des autres Gazaouis), a récemment publié un rapport avertissant que les dommages causés à la nappe aquifère deviendront bientôt « irréversibles » et que sans remédiation active et rapide, en 2020 Gaza ne serait plus « un endroit vivable ».
Israël autorise l’entrée de béton pour des projets UNRWA mais pas pour les Gazaouis engagés dans les importantes nécessités de la reconstruction. Les équipements lourds, limités, sont à l’arrêt puisqu’Israël ne permet pas que le matériel soit réparé. Tout ceci fait partie du programme général décrit par le haut fonctionnaire israélien Dov Weisglass, un conseiller du premier ministre Ehud Olmert, après que les Palestiniens eurent omis de suivre les ordres aux élections de 2006 : selon lui, « L’idée est de mettre les Palestiniens à la diète, mais pas de les faire mourir de faim ». Cela n’aurait pas l’air bien.
Et le plan a été suivi scrupuleusement. Sara Roy en a fourni des preuves complètes dans ses études de recherche. Récemment, après plusieurs années d’efforts, l’organisation israélienne pour les droits de l’homme Gisha a réussi à obtenir une décision de justice enjoignant le gouvernement à publier ses archives détaillant les plans de la diète, et leur mode d’exécution. Le journaliste Jonathan Cook installé en Israël les résume comme ceci : « Les fonctionnaires de la Santé ont établi le calcul du nombre minimum de calories nécessaires au million et demi d’habitants de Gaza pour éviter la malnutrition. Ces chiffres ont ensuite été traduits en camions de nourriture qu’Israël était censé autoriser chaque jour [...] En moyenne 67 camions seulement - beaucoup moins de la moitié des besoins minimum - sont entrés quotidiennement à Gaza. A comparer à plus de 400 camions avant le début du blocus ». Mais même cette estimation est trop généreuse, affirme un agent humanitaire de l’ONU.
Comme l’observe le spécialiste du Moyen-Orient Juan Cole, le résultat de cette diète imposée est que « 10 % environ des enfants palestiniens gazaouis de moins de cinq ans ont leur croissance freinée par la malnutrition ... de plus, l’anémie est largement répandue, affectant plus des deux-tiers des bébés, 58,6 % des écoliers et plus d’un tiers des mères enceintes ». Les Etats-Unis et Israël veulent s’assurer que rien n’est possible hormis la stricte survie.
« Ce qu’il faut bien avoir à l’esprit » fait remarquer Raji Sourani, « c’est que l’occupation et la fermeture absolue sont une attaque menée contre la dignité humaine du peuple de Gaza et de tous les Palestiniens en général. C’est la dégradation, l’humiliation, l’isolement et la fragmentation systématique du peuple palestinien. La conclusion est confirmée par beaucoup d’autres sources. Dans une des plus grandes revues médicales au monde, The Lancet, un médecin invité de l’Université Stanford, horrifié par ce qu’il a vu, décrit Gaza comme « quelque chose comme un laboratoire pour observer une absence de dignité », condition qui a des effets « dévastateurs » sur le bien-être physique, mental et social. « La surveillance constante depuis le ciel, la punition collective par le blocus et l’isolement, l’intrusion dans les maisons et les communications, et les restrictions frappant ceux qui tentent de voyager, ou de travailler, ou de se marier, rendent difficile de vivre une vie digne à Gaza ». Il faut que les Araboushim apprennent à ne pas relever la tête.
On espérait que le nouveau gouvernement Morsi en Egypte, moins asservi à Israël que la dictature Moubarak tournée vers l’Occident, pourrait ouvrir le poste-frontière de Rafah, seul accès à l’extérieur pour les Gazaouis piégés qui ne soit pas sous contrôle israélien direct. Il y a eu une petite ouverture, mais pas grand-chose de plus. La journaliste Laila el-Haddad écrit que la réouverture sous Morsi « est simplement un retour au statu quo des années passées : seuls les Palestiniens porteurs d’une carte d’identité ’Gaza’ approuvée par Israël peuvent utiliser le passage de Rafah », ce qui exclut beaucoup de Palestiniens, notamment la famille el-Haddad, où seul un des conjoints a sa carte.
En outre, ajoute-t-elle, « le passage ne mène pas en Cisjordanie et il ne permet pas le passage de marchandises, lesquelles sont limitées aux postes-frontières contrôlés par les Israéliens et sujettes à des interdictions sur le matériel de construction et l’exportation ». Le passage restreint de Rafah ne va pas changer le fait que "Gaza reste sous un contrôle maritime et aérien serré et continue d’être fermée au capital culturel, économique et académique des Palestiniens dans le reste des [territoires occupés], en violation des obligations US-Israël conformes aux Accords d’Oslo".
Les effets sont douloureusement évidents. A l’hôpital de Khan Younis, le directeur, qui dirige également la chirurgie, décrit avec colère et passion comment même les médicaments pour soulager la douleur des patients sont manquants, de même que l’équipement chirurgical le plus simple, laissant les médecins impuissants et les patients dans les affres. Les histoires personnelles ajoutent la texture du vécu au dégoût général que l’on ressent devant l’obscénité de cette âpre occupation. Un exemple : le témoignage de cette jeune femme désespérée parce que son père, qui aurait été fier qu’elle soit la première femme dans le camp de réfugiés à décrocher un haut diplôme, « était mort après 6 mois de lutte contre le cancer à l’âge de 60 ans. L’occupant israélien lui avait refusé un permis pour aller se faire soigner dans des hôpitaux israéliens. J’ai dû arrêter mes recherches, mon travail et ma vie pour aller le voir alité. Nous étions tous assis près de lui, mon frère médecin et ma sœur pharmacienne, tous impuissants et désespérés de le regarder endurer la douleur. Il est mort pendant l’inhumain blocus de Gaza à l’été 2006, où il y avait très peu d’accès aux services sanitaires. Je pense que se sentir impuissant et sans espoir est le sentiment le plus mortel pour un être humain. Il tue l’esprit et brise le cœur. On peut combattre l’occupation mais on ne peut combattre son propre sentiment d’impuissance. On ne peut même pas dissoudre ce sentiment ».
Dégoût devant l’obscénité, mêlé de culpabilité : il est en notre pouvoir de mettre fin aux souffrances et de permettre aux Samidin de jouir d’une vie de paix et de dignité qu’ils méritent.
(1) Ceux qui sont inébranlables dans leurs convictions, càd ceux qui font preuve de sumud, sont appelés des samidin (au singulier : samidet, samida).

* Noam Chomsky est professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT), Boston, Etats-Unis. Auteur, après bien d’autres ouvrages, de "Pirates et empereurs. Le terrorisme dans le monde contemporain", Fayard, Paris, 2003. La plupart des textes de Noam Chomsky sont disponibles sur son site Internet.



mardi 5 octobre 2010

Noam Chomsky : 10 stratégies de Manipulation

10 stratégies de Manipulation
Le linguiste nord-américain Noam Chomsky a élaboré une liste des « Dix Stratégies de Manipulation » à travers les média. Nous la reproduisons ici. Elle détaille l'éventail, depuis la stratégie de la distraction, en passant par la stratégie de la dégradation jusqu'à maintenir le public dans l'ignorance et la médiocrité.
 1/ La stratégie de la distraction
 Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »
 2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions
 Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.
 3/ La stratégie de la dégradation
 Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.
4/ La stratégie du différé
 Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.
5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge
La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisant, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »
 6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion
 Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…
 7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise
Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »
 8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité
Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…
 9/ Remplacer la révolte par la culpabilité
 Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!…
 10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes
 Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.
source : pour une alternative citoyenne  de gauche