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vendredi 24 janvier 2014

Rony Brauman : « Le devoir d'ingérence est une façon d’entériner le droit du plus fort. »




 

 par Max Leroy, 22/1/2014
Lire la version allégée

brauman Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières, est connu pour briser, assez régulièrement, un certain consensus médiatique. La dernière décennie a vu la France déployer sa force militaire dans un certain nombre de pays du globe, au demeurant fort différents : Afghanistan, Libye, Mali et Centrafrique – la Syrie aurait pu s’ajouter à cette liste. Le « devoir d’ingérence » et les « Droits de l’homme » sont régulièrement invoqués par les autorités politiques européennes et américaines pour accréditer certaines de ces interventions armées. Humanitaire doit-il désormais rimer avec militaire  ? Rony Brauman a répondu à nos questions.

La critique du « devoir d’ingérence » constitue l’un de vos chevaux de bataille. Pouvez-vous nous rappeler les origines de cette notion ?

Il faut d’abord préciser que l’ingérence est une pratique ancienne : depuis qu’il existe des États, certains s’immiscent dans les affaires des autres. Depuis l’existence d’une certaine régulation internationale, on appelle ça de « l’ingérence », c’est-à-dire l’imposition, par effraction, par la force, de la volonté de l’un à celle de l’autre. Le « devoir d’ingérence », c’est donc une formule rhétorique destinée à frapper les esprits, puisque l’ingérence est un délit et que le devoir de commettre un délit relèverait d’une morale transcendante et surplombante au nom de laquelle on irait se mêler d’affaires qui, juridiquement, ne nous regardent pas mais, moralement, nous concernent directement. Cette formulation du « devoir d’ingérence » date de la Guerre froide. Certains intellectuels, comme revelJean-François Revel – philosophe ex-communiste converti au libéralisme – appelaient leurs homologues français ou ouest-européens à aider les intellectuels de l’autre côté du rideau de fer, en publiant leurs écrits, en les défendant contre des persécutions de la part des  C’était une affaire de Droits de l’homme dans le contexte Est/Ouest.

Je précise aussi qu’il ne s’agissait pas, pour Jean-François Revel ou d’autres, de déclarer la guerre à l’Union soviétique ou ses alliés : c’était une façon de dire que l’ordre international, qui permettait à chacun, dans ses frontières, de réprimer sans encourir la réprobation devait être franchi – cet ordre ne devait plus être respecté de cette façon.
 Et c’est Bernard Kouchner qui, dans les années 1980, a repris cette formule à son compte, dans le domaine humanitaire, pour souligner la légitimité dont les équipes humanitaires pouvaient se réclamer lorsqu’elles passaient clandestinement une frontière pour aider des populations civiles dans une situation de guerre. C’était le cas en Afghanistan ou au Salvador, et dans quelques autres pays, comme l’Érythrée et le Tchad. C’était une rhétorique un peu flamboyante pour désigner une pratique assez évidente, qui signalait qu’une frontière n’était pas un obstacle infranchissable lorsqu’il s’agissait d’aider, au nom du droit des victimes à recevoir des secours, des populations éprouvées par une guerre. Le concept a changé profondément de sens avec les années 1990, avec la fin de la Guerre froide, et la militarisation de cette pratique.

Ce que vous évoquiez, dans une conférence, en parlant d’une évolution de l’humanitaire au militaire…

Voilà. C’est absolument fondamental. Dans les années 1980, je reprenais volontiers à mon compte cette formule, sans la trouver particulièrement utile, d’ailleurs, mais elle avait ce côté bravache qui permettait d’attirer des sympathies et de choquer les esprits. Associer « droit » ou « devoir » à « ingérence » relevait à l’époque de l’oxymore et cela donnait une tournure piquante à la formule ; avec le temps et la répétition, elle s’est affadie, et l’on a perdu de vue cette dimension. L’envoi de contingents armés pour protéger des convois et des entrepôts humanitaires, voire même des populations (comme ce fut le cas en Irak, après la première guerre du Golfe, et en Somalie, en 1992) a marqué le passage à une conception militarisée de cette notion d’ingérence. Il faut préciser encore que c’est vraiment en France que cette formule a connu, et connaît encore, un certain succès : ailleurs, à l’étranger, on appelait ça des « interventions militaro-humanitaires ».


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Rony Brauman en Ethiopie (1985), par S. Salgado
C’est à cette époque que j’ai pris mes distances avec ce « devoir d’ingérence » en récusant la militarisation de l’humanitaire. D’une part, ce n’était rien d’autre, d’un point de vue philosophique, qu’une façon d’entériner le droit du plus fort (même si le plus faible n’était pas nécessairement le plus « gentil »). Les forts s’ingèrent chez les faibles, pas l’inverse, évidemment. Et, d’autre part, cela mettait les humanitaires dans une situation, pratiquement, d’occupant militaire, en les plaçant aux côtés de contingents militaires – comme on l’a vu en Somalie. Ça rendait la tâche des humanitaires très périlleuse. Voilà, en résumé, les trois moments du devoir d’ingérence : une formule destinée à promouvoir les Droits de l’homme libéraux contre la puissance soviétique ; une pratique humanitaire pacifique ; une tradition impériale visant à apporter, par la force, le Bien et la Civilisation à des pays lointains.

La “ROC”, selon Régis Debray

Les droits de l’homme, a fait entendre le médiologue Régis Debray dans son essai Le Moment fraternité (2009), sont devenus la nouvelle religion civile d’un monde moderne sécularisé et rompu à la communication – d’où l’acronyme de son cru : ROC, ou Religion de l’Occident contemporain. « Brouillant les frontières laborieusement tracées, en Occident, entre spirituel et temporel, la ROC n’est pas étrangère à la dépolitisation de la politique, la crétinisation des esprits, le regain du réflexe colonial et la montée aux extrêmes des lisières pilonnées. » L’assaut n’avait cependant rien de nouveau : son ouvrage Chroniques de l’idiotie triomphante, 1990-2003, dénonçait déjà les velléités impériales, fussent-elles parées de leurs plus nobles atours, des grandes puissances de notre globe.
Les droits de l’homme ont au moins pour eux le mérite de faire corps : qui oserait froncer les sourcils, hostile ou simplement perplexe ? Consensus des ennemis, droite et gauche en rang d’oignons. « Une certaine gauche divine s’accorde un accès privilégié à l’universel par la grâce irradiante des majuscules – Raison, Justice, Droits de l’Homme –, de telle sorte qu’il lui est plus difficile d’entrer dans les vues des autres, voire de saisir qu’il y a de l’autre et que cette incongruité n’est pas illégitime. Ce n’est pas un hasard si, de Jules Ferry à Guy Mollet, la gauche la plus férue de fins ultimes a excellé dans l’impérial en piétinant nègres, jaunes et bicots. On aurait pu en dire autant des chrétiens, en leur temps. Quand on apporte le Salut aux païens, la Civilisation aux barbares ou la Démocratie aux arriérés, on ne regarde pas trop aux moyens. La dernière vogue humanitaire aura été la face rose du messianisme botté de ceux que l’on n’ose pas appeler les nouveaux colonisateurs. »

L’humanitaire est par nature « pacifique », avez vous déclaré. Quels en sont donc les contours, les enjeux et les objectifs, tel que vous le concevez ?

J’exprime là une opinion personnelle et l’opinion d’un courant important du mouvement humanitaire, mais je ne peux pas, moi, imposer ma propre définition de l’humanitaire : elles sont diverses. Il existe toute une tradition impériale de l’humanitaire avec laquelle je pense que les humanitaires doivent couper, dont ils doivent se séparer définitivement. En revanche, il existe une conception pacifique, voire pacifiste, de l’humanitaire. J’estime pour ma part que les humanitaires ne doivent pas avoir d’ennemis. Ils ne doivent pas désigner un « mauvais » ; leur rôle est précisément de parvenir aux populations qui sont placées dans une situation impossible, du fait d’une guerre. Ils doivent négocier, transiger et convaincre de la vertu de leur présence, pour les gens qu’ils viennent aider. Ils ne doivent pas imposer. D’autant que c’est généralement sans lendemain…

Et de quelle façon la référence aux Droits de l’homme est-elle devenue, pour reprendre une de vos formules, « un discours de combat » ?

Les Droits de l’homme, et d’une certaine manière la vertu politique, sont des instruments de combat. Par exemple, lorsque le Japon veut, au début du XXe siècle, s’intégrer au cercle des nations modernes, après sa révolution, il met en avant le traitement qu’il a réservé aux prisonniers, qu’il estime exemplaire, ainsi que les méthodes de combat très restreintes qu’il a employées pour défaire la Russie. Ça fait partie du jeu politique de se présenter sous les meilleurs auspices, les meilleures apparences, pour faire avancer ses propres intérêts. C’est là que l’ambiguïté entre humanitaire, pouvoir et souveraineté est à son comble. Pour revenir à une période plus récente, dans le cadre des accords Est/Ouest des années 1970 – ceux qui conduisaient à la détente, en cette période de Guerre froide –, les Droits de l’homme ont pris une place croissante et était un instrument destiné à renforcer le camp occidental et à affaiblir le camp communiste. L’acception, par l’Union soviétique, de ce qu’on appelait la « troisième corbeille », dans les accords d’Helsinki, c’est-à-dire la corbeille des Droits de l’homme, était la preuve de son recul et de son affaiblissement dans cette négociation. Lorsque Jean-François Revel était un polémiste, sa défense des Droits de l’homme était évidemment une défense du camp libéral et démocratique, face à son idée du totalitarisme. L’esprit des Droits de l’homme a occupé une place éminente dans cet affrontement idéologique : c’était le soft power par excellence.

Vous avez fait savoir que l’intervention française en Libye n’était pas « légitime ». Mais que répondez-vous à ceux qui évoquent « la responsabilité de protéger » les populations menacées ?

sarkozy-kadhafiJe répondrais d’abord que tant que j’ai cru que la population de Benghazi était effectivement menacée par un projet d’anéantissement quasi total, j’approuvais, tout en étant partagé (du fait des difficultés politiques que ça posait), qu’on puisse opposer un « bouclier » pour protéger les civils – c’était l’expression que j’avais utilisée à l’époque – face aux assauts des forces armées gouvernementales. Mais je me suis rapidement aperçu qu’il n’en était rien : ce bouclier n’avait rien à protéger car la menace était virtuelle ! Ça a été le premier moment d’une prise de conscience : il y avait d’abord une énorme manipulation dans cette guerre. Pas une manipulation de concepts, mais de faits.
Les différents moments qui ont marqué la montée vers l’intervention armée en Libye ont été littéralement fabriqués ; c’étaient des créations propagandistes – comme, par exemple, le mitraillage aérien d’une foule de manifestants à Tripoli quelques jours seulement après les premières manifestations à Benghazi. Ce mitraillage, signalé par la chaîne Al Jazeera, n’a jamais eu lieu. La Maison blanche a d’ailleurs reconnu, quinze jours plus tard, qu’elle ne disposait d’aucun élément pour attester de la réalité de cette attaque aérienne. C’est cette histoire là, ce storytelling, qui a servi de déclencheur à la guerre. C’est le moment auquel se réfèrent Sarkozy, Obama et Cameron pour déclarer que Kadhafi ne peut plus gouverner, car un chef d’État qui envoie son aviation sur sa population n’est plus légitime pour diriger son pays. Trois chefs d’États déclarant cela, ça signifie qu’on est parti dans un engrenage d’escalade et de marche vers la guerre. Cet événement n’a jamais existé : c’est une pure fabrication d’Al Jazeera et du Qatar. Soit Sarkozy, Obama et Cameron ont embrayé là-dessus de façon totalement inconséquente, soit de façon délibérée, en fabriquant, comme ça a été le cas dans bien d’autres situations de guerre, un prétexte pour entrer en guerre.

mercredi 15 janvier 2014

Extraterrestres, si vous êtes vraiment là, débarquez vite!


Publiée le 5/1/2013

Ce documentaire explique comment les gouvernement nous manipule depuis plus de 50 ans pour dissimuler l'existence d'une vie extraterrestre : 



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Par Mohammed Belmaïzi
 
Extraterrestres, si vous êtes vraiment là, débarquez vite! Les terriens sont devenus fous.

Débarquez vite pour que l'on puisse remettre tout en question, chambouler nos certitudes et prendre une nouvelle tangente culturelle.

Ou alors débarquez vite pour nous achever dignement!

vendredi 3 juin 2011

Maroc : L’amateurisme de la propagande du makhzen

Par Mamfakinch, 31/05/2011

Après avoir lancé une vaste campagne de diabolisation du mouvement, le Makhzen se dote aujourd’hui d’outils de propagande les plus insidieux et trouve écho auprès de la presse écrite et pas des moindres.
Tandis que la MAP publiait dimanche à 15 heures un article concernant une manifestation pro-gouvernement devant le parlement, se déroulait à Casablanca une violente répression à l’encontre des manifestants dans le quartier de Sbata alors même que des manifestations pro-gouvernement ont eu lieu sans être interdites. Le quotidien gratuit Aufait en a fait un article intitulé « Les limites du mouvement du 20 février » et a utilisé pour photo d’illustration une image d’une pancarte accrochée sur un mur censée émaner des résidents.
Comparons les deux images illustrant l’article de la MAP et celui d’Aufait :



La ressemblance entre les pancartes est flagrante : Même message, mêmes couleurs (rouge et noir), même typographie, et même dimension…

Attardons-nous désormais sur la Une du quotidien « L’Economiste » de 31 mai 2011. Rappelons que ce quotidien qui se voudrait « sérieux et indépendant » a pour sujet récurrent la corruption, le népotisme, la prévarication et le clientélisme qui rongent l’économie marocaine, soit une bonne partie des revendications du mouvement. Bien que ces sujets soient souvent traités en adoptant la langue du politiquement correct, il n’en demeure pas moins que pour la rédaction le Maroc a beaucoup de chemin à faire en la matière.
L’Economiste titre sa Une d’un décevant « Marches, grèves, sit-in, Ras-le-bol !! » et illustre ce titre d’un photo-montage reprenant lui aussi l’image de ladite pancarte.

Il n’y a aucun doute possible concernant l’origine de ces pancartes, mais quel est le but de cette manipulation ? Cette supercherie veut-elle signifier que le Makhzen met tout en œuvre pour jeter le discrédit sur un mouvement de contestations pacifique et pro-démocratique?
Les coups de matraques, la répression, les insultes, les menaces de mort, la manipulation de l’image, et la tentative de marginaliser les jeunes du 20 février en attirant sur eux l’opprobre de leurs concitoyens est-elle la meilleure réponse du gouvernement à la situation ?
Que penser des premières semaines du mouvement où le Makhzen semblait accueillir les contestations avec souplesse? Cette complaisance était-elle destinée à la presse étrangère et aux hautes instances internationales aujourd’hui trop occupées à couvrir la Syrie et la Lybie ?
Rappelons que les organisateurs du mouvement avaient pourtant annoncés que leurs marches pacifiques dureraient jusqu’aux réformes effectives pour maintenir une pression saine et avaient signifié que non seulement ces réformes sont nécessaires mais que celles annoncées sont insuffisantes.
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On y voit une jeune femme qui crie aux visages crispés des forces de répression : "Vous êtes nos frères : pourquoi vous nous tabassez ?"
La répression continue mais la lutte aussi et nous sommes de plus en plus nombreux déterminés à aller jusqu'au bout 
Jawad

samedi 20 novembre 2010

Human Rights Watch révèlele comportement scandaleux des forces marocaines dans les centres de détention à Laâyoune

Pour un "  mécanisme onusien"  de surveillance des droits de l'Homme au Sahara Occidental
par La Rédaction le 19/11/2010
L’organisation américaine des droits de l’Homme, Human Rights Watch (HRW), a condamné la « torture brutale » infligée par les forces marocaines aux civils sahraouis dans les centres de détention à Laâyoune et appelé à la mise en place d’un « mécanisme onusien » de surveillance des droits de l’Homme au Sahara occidental.
L’envoyé du HRW au Sahara occidental, Peter Bouckaert, a affirmé mercredi dans une déclaration de presse depuis la ville de Laâyoune occupée, rapportée par SPS, que « plusieurs victimes (de l’assaut contre le camp de la liberté) n’ont même pas pu aller à l’hôpital parce que la police marocaine y attendait les blessés pour les tabasser ».
M. Bouckaert a également déploré le fait que les centres sanitaires « refusaient l’assistance aux Sahraouis blessés ».
Partant de ce constat, l’envoyé de l’ONG américaine a sollicité « la présence, en urgence, d’une mission de l’ONU dotée de compétences en matière de droits de l’Homme », rappelant, dans ce cadre, que la MINURSO « est l’unique mission onusienne dépourvue de compétences en matière de surveillance de ces droits ».
Le représentant de HRW a, en outre, appelé à « l’ouverture du territoire (Sahara occidental) aux journalistes », relevant que l’absence de journalistes « alimente les rumeurs au lieu d’établir la vérité sur ce qui s’est réellement passé ».
L’envoyé de HRW, la seule organisation des droits de l’Homme autorisée par les autorités d’occupation marocaines à entrer à Laâyoune, quatre jours après l’assaut contre le camp de la liberté, le 8 novembre dernier, a révélé que « plusieurs Sahraouis arrêtés ont été torturés jusqu’à perdre conscience ». « Nous parlons de cas graves de torture », a-t-il ajouté, précisant que son organisation « a été obligée » d’interviewer la majorité des victimes à leurs domiciles, en raison de leur « incapacité de se déplacer ou marcher pour cause de lésions graves ».
Les forces de sécurité marocaines « frappent jusqu’à l’inconscience, hommes et femmes, les menaçant de viol, urinent sur eux, leurs refusent la nourriture durant les premiers jours et les arrosent d’eau durant la nuit pour les empêcher de dormir », a encore indiqué M. Bouckaert.


Lire aussi :
Droits de l’Homme: une mission britannique bientôt au Sahara occidental
Droits de l’homme: élargir la mission de la Minurso au Sahara occidental
Droits de l’homme au Sahara occidental: Ban Ki-moon exprime sa préoccupation
http://www.donnetonavis.fr/actu/news/laayoune-onu-surveillance-droits-homme-sahara-occidental_2766.html
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La presse italienne dénonce la conspiration de manipulations
(...) En attendant la publication du rapport global de HRW, la presse italienne continuait, hier, à dénoncer la conspiration et la manipulation marocaines. Le journal de la centrale syndicale italienne, la CGIL, Lavoro e societa (Société de travail), dénonce «les mensonges» officiels marocains dans sa dernière édition (18 novembre), sous le titre «Massacre de manifestants pacifiques». «Les forces marocaines d’agression ont utilisé des balles réelles, des grenades lacrymogènes, des bâtons, des pierres et des canons à eau contre une population civile pacifique et sans défense, constituée majoritairement de femmes, d’enfants et de personnes âgées», écrit Leopoldo Tartaglia, du département international de la CGIL.
«L’agence de presse officielle marocaine MAP a annoncé 4 blessés parmi les Sahraouis, 2 morts et 70 blessés parmi la police et 65 arrestations. Un mensonge flagrant dans une tentative de masquer la brutalité du massacre», ajoute l’auteur. Il rappelle ensuite la version de ce média selon laquelle les populations sahraouies du camp revendiquaient le règlement de questions sociales, auxquelles «les autorités marocaines ont pris le soin d’apporter une réponse adéquate et satisfaisante».
Rédaction internationale


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Exemple de désinformation !
http://www.maroc-journal.com
Evénements de Laâyoune: l'ambassadeur du Maroc aux USA met en exergue la démarche constructive des forces de l'ordre
L'ambassadeur du Maroc aux Etats Unis, M. Aziz Mekouar, a mis en exergue, vendredi à Washington, la retenue et la démarche constructive des forces de l'ordre marocaines lors des événements de Laâyoune.
"Bien que les autorités locales s'étaient engagées dans des discussions constructives avec les protestataires, la manifestation a été malheureusement détournée de son objet par des criminels motivés politiquement qui ont terrorisé les manifestants en les empêchant de rentrer chez eux", a déploré M. Mekouar dont les propos sont cités par le +Washington Post+.
Les autorités, a-t-il dit, ont procédé à la dispersion des manifestants "sans recourir aux armes à feu, comme cela a été d'ailleurs confirmé par les observateurs internationaux", soulignant que les forces de l'ordre ont été "attaquées par des milices armées qui ont assassiné 11 membres" de la force publique.
Le diplomate marocain a fait observer que des observateurs internationaux se trouvaient sur place comme le représentant de l'Organisation internationale des droits de l'Homme, Human Rights Watch, qui, dans ses rapports établis depuis la ville de Laâyoune, "a relevé le caractère +exagéré+ des chiffres avancés par le polisario".
Plusieurs médias internationaux, comme le quotidien français +Le Monde+, ont dépêché leurs reporters à Laâyoune "où ils continuent de réaliser des reportages en profondeur", a souligné M. Mekouar.
L'ambassadeur du Maroc aux Etats-Unis a, par ailleurs, réitéré que le règlement du conflit du Sahara, vieux de plus de trois décennies, réside dans une solution politique réaliste, sur la base de l'autonomie proposée par le Maroc.
 MAP

mardi 5 octobre 2010

Noam Chomsky : 10 stratégies de Manipulation

10 stratégies de Manipulation
Le linguiste nord-américain Noam Chomsky a élaboré une liste des « Dix Stratégies de Manipulation » à travers les média. Nous la reproduisons ici. Elle détaille l'éventail, depuis la stratégie de la distraction, en passant par la stratégie de la dégradation jusqu'à maintenir le public dans l'ignorance et la médiocrité.
 1/ La stratégie de la distraction
 Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »
 2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions
 Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.
 3/ La stratégie de la dégradation
 Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.
4/ La stratégie du différé
 Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.
5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge
La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisant, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »
 6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion
 Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…
 7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise
Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »
 8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité
Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…
 9/ Remplacer la révolte par la culpabilité
 Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!…
 10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes
 Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.
source : pour une alternative citoyenne  de gauche