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vendredi 5 octobre 2012

Siège vacant au Conseil des droits de l’Homme : peu de chance pour le Maroc

   par Tamurt.info 25/9/2012

Le royaume du Maroc a peu de chance d’obtenir le siège vacant de la Libye au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU. Cette monarchie voit ainsi se chances se rétrécir et compromises suite aux observations faites par le rapporteur spécial de l’ONU sur la torture. 

Après une semaine passée dans ce pays, Juan Mendez, cite dans son rapport que « La torture semble être plus cruelle, violente et systématique quand il s’agit de la sécurité nationale ».
Mendez dit même qu’il a de « bonnes raisons de croire qu’il y a des rumeurs crédibles d’abus sexuels, de menaces de viol sur la victime ou les membres de sa famille ainsi que d’autres formes de mauvais traitements ».
R.T.
 http://www.tamurt.info/+siege-vacant-au-conseil-des-droits-de-l-homme-peu-de-chance-pour-le-maroc,1712+.html?lang=fr

vendredi 27 avril 2012

Catherine Ashton interpelée sur les 27 prisonniers politiques marocains en grève de la faim

 Source : "L'Humanité", 25/4/2012

Face à une grève de la faim de 27 "détenus politiques" marocains qui entre pour certains dans son troisième voire quatrième mois, leur Comité de soutien, après l'eurodéputé Patrick Le Hyaric, interpelle Catherine Ashton et l'Europe, rappelant notamment qu'a été octroyé en juin dernier au Maroc le statut de "partenaire pour la démocratie". 
27 prisonniers marocains, pour la plupart des étudiants, sont toujours en grève de la faim, certains depuis des semaines, d'autres depuis janvier voire décembre 2011, dans les prisons de Fès, Taza ou Safi notamment, pour protester notamment contre des cas de "détentions sans jugement", "d'absence d'enquête dans des cas de torture" et de "traitements inhumains", selon 18 ONG locales. Une situation qui s'éternise, et fait réagir leur Comité de Soutien, qui a décidé d'interpeler Catherine Ashton, haute représente de l'UE pour les affaires étrangères, en lui rappelant ses prises de position sur le dossier et en l'enjoignant de passer des paroles aux actes : "nous vous demandons, Madame la Haute Représentante, de regarder la réalité en face et d'intervenir pour sauver la vie des détenus en grève de la faim". "Vous êtes libre de "compter sur le nouveau gouvernement marocain en place pour assurer une application effective de ces dispositions", vous êtes libre de soutenir le régime marocain, mais vous n'avez pas le droit d'être complice avec ce régime contre les détenus politiques en grève de la faim depuis plusieurs mois", insiste le communiqué du Comité de soutien. Interpellée en février par Patrick Le Hyaric, eurodéputé PCF et directeur de l'Humanité, au sujet des 27 détenus politiques en grève de la faim depuis plusieurs semaines voire plusieurs mois, Catherine Ashton lui avait alors assuré que la situation dans les prisons marocaines était "régulièrement discutée avec les autorités", et qu'Ezedine Eroussi, en grève de la faim depuis le 19 décembre, était dans une situation stable et "hors de danger". En outre, elle avait estimé que "les dispositions adoptées par la nouvelle constitution garantissent à toute personne détenue de jouir de droits fondamentaux et de conditions de détention humaines et criminalisent toute pratique de la torture, sous toutes ses formes". 

Lire aussi Maroc : de Hassan II à Mohammed VI, les rois passent, la torture reste Raymond Kargar

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L’Europe interpellée sur le sort de prisonniers

 au Maroc



Saisi récemment par l’eurodéputé français et directeur de l'Humanité, Patrick Le Hyaric, au sujet des 27 « détenus politiques » marocains en grève de la faim, la haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères, Catherine Ashton, avait assuré que le gouvernement marocain se chargeait bien du dossier. Faux ? Le Comité de soutien aux prisonniers est monté au créneau et réclament une action conséquente de la part de la responsable européenne.
Catherine Ashton, Haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères, interpellée par l'eurodéputé français et directeur de l'Humanité, Patrick Le Hyaric et le Comité de Soutien au 27 prisonniers en grève de la faim au Maroc
« Vous êtes libre de ‘compter sur le nouveau gouvernement marocain en place pour assurer une application effective des dispositions’ [adoptées par la nouvelle constitution], vous êtes libre de soutenir le régime marocain, mais vous n'avez pas le droit d'être complice avec ce régime contre les détenus politiques en grève de la faim depuis plusieurs mois », indique le communiqué du Comité de soutien au 27 « détenus politiques » adressé à Catherine Ashton, haute représente de l'UE pour les affaires étrangères, rapporte le site Humanité. Ces prisonniers en grève de la fin depuis plusieurs mois pour certains et plusieurs semaines pour d’autres. « Nous vous demandons, Madame la Haute Représentante, de regarder la réalité en face et d'intervenir pour sauver la vie des détenus », note le communiqué. En effet 27 prisonniers, en majorité des étudiants, sont en grève de la fin depuis plusieurs mois pour certains et plusieurs semaines pour d’autres. La majorité d’entre eux sont dans un état de santé des plus lamentables.
« Complicité » avec le gouvernement ?
Catherine Ashton a été saisie en février par l’eurodéputé Patrick Le Hyaric au sujet des 27 détenus politiques. Elle lui avait assuré que la situation dans les prisons marocaines était « régulièrement discutée avec les autorités », et qu'Azzedine Roussi, en grève de la faim depuis le 19 décembre, était dans une situation stable et « hors de danger ». Mme Ashton avait par ailleurs estimé que « les dispositions adoptées par la nouvelle constitution garantissent à toute personne détenue de jouir de droits fondamentaux et de conditions de détention humaines et criminalisent toute pratique de la torture, sous toutes ses formes ».
La responsable européenne a tenu ces affirmations, alors qu’en réalité la situation de ces prisonniers n'est pas vraiment connu de l'opinion publique et le gouvernement ne communique pas sur le sujet. D’autant plus que le collectif d’ONG qui a récemment demandé une intervention du chef du gouvernement n’a toujours pas obtenu satisfaction.
Le CNDH répond à la place de Benkirane
Un collectif de 18 ONG pour la défense des droits de l’homme a récemment interpellé le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, pour une solution face à la situation des « 27 détenus politiques » en grève de la faim. Mais chose curieuse, « nous avons reçu une réponse du CNDH, il y a à peu près une semaine », indique à Yabiladi Khadija Riyadi, présidente de l’AMDH et membre de ce collectif. Pourtant, « nous ne les avons jamais saisis, poursuit-elle. Nous écrivons au chef du gouvernement et c’est le CNDH qui nous répond, on ne comprend pas », s’indigne Mme Riyadi.
Dans son communiqué, le collectif avait mentionné les noms de chacun des 27 détenus. Cependant, le CNDH dans sa réponse, dit qu’« il y a des noms de prisonniers qui ne sont pas en grève de la faim », selon la défenseure des droits de l’homme. « Ils nous ont dit que les [grévistes] sont dans un état stable, y compris Roussi [Azzedine Roussi] ». Toutefois, Khadija Riyadi ne comprend toujours pas pourquoi le chef du gouvernement ne réagit pas personnellement sur un sujet aussi grave que celui-là, où la vie des jeunes « étudiants pour la plupart » est en danger. « On a décidé de saisir à nouveau le chef du gouvernement. Nous enverrons peut-être notre note demain », conclut-elle.
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dimanche 25 mars 2012

Après la prison, où il s'est lié d'amitié avec le boxeur Ibrahim Lee Murrah, le boxeur Zakaria Moumni prêt à remonter sur le ring


Par Hanane Jazouani, Yabiladi, 4/3/2012

Zakaria Moumni est libre depuis 50 jours. Le boxeur et champion du monde marocain de kick-boxing a été libéré le 4 février, après avoir vécu 18 mois en prison pour un délit pour lequel il a toujours clamé son innocence. Après la prison et la torture, le boxeur veut rétablir son honneur en remontant sur le ring, pour gagner.

Le 4 février dernier, le boxeur marocain Zakaria Moumni sort de prison après avoir passé, au total, près de 18 mois en prison pour une affaire d’escroquerie. Mais lui clame son innocence. Il affirme que la réelle raison de la torture subie et de son emprisonnement est d’avoir trop dérangé l’entourage royal en réclamant un poste au ministère des Sports. Cet emploi dans la fonction publique est promis poste, par un décret royal de 1967, à tout athlète ayant remporté une médaille d’or dans une discipline sportive.

Zakaria Moumni a décroché une médaille d’or en 1999 en kick-boxing et durant plus de 10 ans, il n’a cessé de réclamer ce droit. Il va même jusqu'à manifester sous les fenêtres d’une des résidences royales en France pour réclamer son dû. Cependant, ce qu’il récoltera au final, c’est prison et torture. Aujourd’hui, le champion marocain veut plus que jamais retrouver son honneur : il veut remonter sur le ring et rapporter une nouvelle médaille d’or au Maroc.

Cela fait 50 jours que Zakaria Moumni, 30 ans, est un homme libre. Le samedi 4 février dernier, le médaillé d’or en kick-boxing bénéficie d’une grâce royale, deux mois avant sa libération. « Le matin, un gardien vient dans la cellule et appelle mon nom devant tous les autres détenus. Il m’ordonne de prendre mes affaires et me dit que je sors de prison immédiatement », raconte Zakaria Moumni. Une surprise pour le champion, emprisonné depuis plus de 17 mois. Il avait été accusé d’avoir escroqué deux Marocains en leur soutirant à chacun 1200 euros, en échange d’une promesse d’un contrat de travail en Europe, des accusations pour lesquelles le boxeur a toujours clamé son innocence.

« Quand j’ai franchi la porte de sortie de la prison, j’ai levé les bras au ciel, j’ai regardé le ciel bleu et j’ai crié je suis enfin libre ! », je n’y croyais vraiment pas ! », lâche-t-il d’une voix tremblante. De l’autre côté, ses parents, sa famille et des représentants d’associations des droits de l’homme l’accueillent. Avec sa famille, il rentre à Rabat. Là, Il fait d’abord ce que tout homme libre fait en sortant de prison : manger des plats décents. « Ça m’a fait du bien de manger quelque chose de propre. Je n’ai jamais mangé la nourriture de la prison, elle était dégueulasse ! De plus, j’avais toujours peur qu’on m’empoisonne. Mes parents me rapportaient donc des provisions une fois par mois seulement car la prison était loin de la maison. Ils m’apportaient du fromage, des céréales, des chips ou de la charcuterie et j’essayais de gérer au mieux ces provisions pour un mois », poursuit-il.

« C’était l’enfer ! »
Les journées suivant sa libération sont pleines. Zakaria passe ses journées auprès de sa famille qui vient lui rendre visiter. Mais le soir, dès que ses parents partent se coucher, il se retrouve seul face à ses démons. Il ne cesse de ressasser ce qu’il a vécu ces derniers mois. Ces souvenirs le rongent et le rendent insomniaque avec toujours la même question à l’esprit : pourquoi lui a-t-on fait subir cela ? « J’ai toujours représenté le Maroc, j’ai décroché une médaille d’or pour mon pays et qu’est-ce que je récolte ? La torture et la prison ! On m’a sali, on m’a volé mon honneur et en plus, on me colle sur le dos un dossier pour escroquerie. La justice marocaine est une mascarade, et je n’ai plus confiance en elle ! », lance-t-il plein de rage.

Il revoit également le film et les images atroces de son long séjour en prison. « La prison, c’était plus que l’enfer ! Je me suis transformé en un véritable animal. Un détenu a essayé une fois de m’égorger, j’ai dû me défendre. Au total, je me suis battu trois fois. Le fait que je sois un champion de kick-boxing, ça m’a beaucoup aidé. Ça les a remis à leur place », ajoute-t-il. Le soir, dans la cellule accueillant 49 autres détenus, Zakaria ne ferme pas l’œil, guettant les moindres faits et gestes des autres hommes partageant la même cellule que lui, afin de se protéger d’une éventuelle agression. « Les détenus avaient des lames de rasoirs. Ils se scarifiaient les bras et faisaient ensuite circuler la même lame entre eux. Les gens criaient à l’aide comme des fous pour que les matons viennent mais ils ne venaient jamais. Tout le monde se droguait. Certains détenus étaient violés devant moi et se prostituaient. D’autres avaient des relations sexuelles cachées derrière un petit rideau mais on entendait tout », détaille-t-il encore écœuré.

Les cauchemars l'assaillent

Puis arrive l’heure du départ pour Zakaria qui quitte sa famille pour rejoindre son épouse Taline, restée à Paris, n’ayant pas pu faire le déplacement le jour de sa libération. Le couple ne s’est pas vu depuis plusieurs le mois de juin dernier. Néanmoins ce départ est extrêmement douloureux pour Zakaria. D’une part, il quitte ses parents et ne sait pas quand il va les revoir. D’autre part, il doit prendre l’avion à l’aéroport de Rabat, là où il a été enlevé par des policiers en civil en septembre 2010 venus le cueillir à la descente de son avion. Il craint d’être à nouveau arrêté. « Je ne me suis senti libéré et en sécurité que lorsque j’étais dans les airs », se souvient-il.

Cependant, même en France, auprès de son épouse, Zakaria ne trouve pas la tranquillité de l’esprit. Il fait des cauchemars. « Je revois mes bourreaux m’électrocuter, je me revois suspendu en l’air et eux me frapper sur les jambes et les pieds. Puis je me réveille couvert de sueur », explique-t-il. Le boxeur a dû commencer un suivi thérapeutique pour parvenir à oublier le calvaire qu’il a vécu.

Objectif : nouvelle médaille d’or

Malgré ses souffrances, Zakaria Moumni montre qu'il veut reprendre le contrôle de sa vie. « Personne n’arrivera jamais à me briser. Mon moral est intact, mon corps en a pris certes un coup suite aux tortures mais je me sens fort et indestructible », lance-t-il d’un ton ferme.

Tous les jours depuis qu’il est France, Zakaria fait un footing, deux heures, chaque soir pour se remuscler et évacuer sa colère. Son objectif : remonter sur le ring pour reprendre les compétitions de kick-boxing. Il vise les prochains championnats du monde qui auront lieu en octobre prochain. Le kick-boxing, ça lui vient des tripes. Son père a été boxeur et Zakaria est tombé amoureux de cette discipline, à 10 ans, après avoir regardé de nombreux films de Jean-Claude Van Dame et de Bruce Lee, son idole. « C’est Bruce Lee qui m’a donné envie de devenir une star de ce sport ! », confie-t-il d’un ton amusé.

« Cette année je vais tout faire pour gagner et remporter une médaille d’or et personne ne m’en empêchera. Je compte bien montrer à ceux qui m’ont envoyé en prison qu’on ne peut pas me briser », répète-t-il. Malgré les actes de torture et son passage en prison au Maroc, Zakaria ne garde aucune rancune contre son pays et souhaite continuer à concourir pour le Maroc qu’il aime par-dessus-tout. « Je n’ai jamais pensé à concourir pour un autre pays. J’aime le Maroc et je fais ça avant tout pour le peuple marocain. Me battre pour les couleurs du Maroc est une manière de sauver mon honneur et d’honorer mon pays », explique-t-il. Il confie qu’il a reçu, au cours de sa carrière, plusieurs propositions de pays du Golfe, avec beaucoup d’argent à la clé, mais qu’il a toujours refusé. « Je ne regrette pas cela, parce que je ne fais pas ça pour l’argent. Je suis fier de l’avoir fait pour mon pays, cela n’a aucun prix ! » Au-delà des prochains championnats du monde, Zakaria Moumni entend bien continuer à monter sur les rings ces 10 prochaines années.
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Le braqueur Ibrahim Lee Murray, compagnon de cellule de Zakari Moumni

Le monde est petit. Parmi les dizaines de détenus ayant partagé la cellule de Zakaria Moumni en prison, le médaillé d’or marocain s’est lié d’amitié avec un autre détenu, qui n’est autre que le célèbre Ibrahim Lee Murray.

Ibrahim Lee Murray a été l'ami et le soutien de Zakaria Moumni pendant ses longs mois d'emprisonnement. Ibrahim, né de père marocain et de mère anglaise, est le cerveau présumé du plus grand braquage de banque jamais réalisé en Grande-Bretagne : le vole de près de 78 millions d’euros, en février 2006. Après le braquage, Ibrahim Lee Murray s’enfuit de Grande Bretagne pour se réfugier au Maroc. Mais il est arrêté à Rabat le mois de juin 2006.

Le royaume refuse de l’extrader vers la Grande Bretagne car la loi marocaine interdit l’extradition d’un ressortissant marocain. La justice marocaine a donc décidé de poursuivre elle même l’homme, âgé d’une trentaine d’année, à Rabat pour le braquage. Ibrahim Lee Murray est, dans un premier temps, condamné à 10 ans de prison puis la sentence passe à 25 ans. Les studios de cinéma d’Hollywood envisagent même de faire un film sur Ibrahim Lee Murray et son braquage.

Champion d’ultimate fighting

Mais avant de braquer des banques, Murray était un grand champion d’ultimate fighting, un sport de combat où tous les coups sont permis. Il a même réussi à mettre K.O plusieurs champions du monde. Ce sport que Zakaria Moumni avait pratiqué en Europe de l’Est a permis de renforcer l’amitié des deux hommes. « On est devenu comme deux frères en prison, on s’est entraîné tous les jours dans la cellule. Je me battais contre lui et c’est ainsi que je pouvais faire sortir de mon corps cette rage et cette colère que j’accumulais. Il était là pour moi dans le pire moment de ma vie », lance Zakaria Moumni. Aujourd’hui libre, Zakaria compte bien revoir Ibrahim Lee Murray, toujours en prison.

samedi 25 février 2012

AMDH Bruxelles : Etat des lieux des droits de l’Homme au Maroc

Par Mohammed Belmaïzi,  Commission Préparatoire Provisoire, 22/2/2012

COMMUNIQUÉ 

En dépit de l’Instance Equité et Réconciliation et de ses recommandations, restées d’ailleurs inappliquées, une chape de plomb savamment orchestrée empêche l’instauration d’un véritable État de Droit au Maroc. Nombre de litiges, à ce sujet, voient le jour sans discontinuer. Le point culminant de ces violations, les plus récentes, on l’a vu, entre autres, dans la descente punitive sur Taza ! Cette incursion répressive ressemble goutte pour goutte à l’offensive des forces de police sur la ville d’Ifni en juin 2008 : tabassage ; torture; arrestations ; portes des maisons défoncées ; biens mobiliers saccagés ; attouchements et langage ordurier envers les femmes. A Taza, même le Hammam et l’intimité des femmes n’ont pas été épargnés par les Forces de la Sécurité!

Les arrestations arbitraires sont le lot quotidien au sein des étudiants et le Mouvement du 20 février. Les autorités se refusent à venir en aide à personne en danger, lorsqu’il s’agit de ces jeunes en prison pour délit d’opinion, en grève de la faim, menaçant leur vie.

La torture au Maroc ne s’arrête pas. Une liste de témoignages reste à disposition. Aux martyres tombés sous des coups meurtriers, durant l’année des protestations du Mouvement du 20 février, s’ajoute le décès sous la torture d’un homme El Asri Cherkaoui âgé de 26 ans, au cours d’une garde-à-vue à Témara, le 6 février 2012…

Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces agissements condamnables et condamnés, relèvent des caractéristiques d’un Etat-de-Non-Droit, et que le dossier des violations des Droits Humains au Maroc, n’a jamais été clos. L’impunité sur tous les plans règne inlassablement et de manière scandaleuse. Les tortionnaires et les assassins durant les années de plomb, occupent encore les hauts rangs de l’Etat. Et le système perdure sur les ruines de graves contentieux des violations des droits de l’Homme.

Quant aux Marocains Résidents à Étranger, ils ne voient ni leurs droits ni leurs rapports s’améliorer avec les autorités consulaires et l’Etat de leur pays d’origine. Marginalisés de la participation à la politique de leur pays, les MRE ne sont traités que comme une vache à traire. Leurs droits à la citoyenneté bafoués, ils s’exposent constamment à la maltraitance aux frontières douanières lors des vacances d’été.

Aujourd’hui l’immigration clandestine des jeunes mineurs marocains suscite l’indignation de la communauté des MRE. Un jeune de ces clandestins vient de décéder dans le froid meurtrier, alors que les autorités consulaires semblent indifférentes à ce drame qui relève du droit à la vie digne et à la justice sociale.

Nous exhortons les institutions européennes de faire pression sur l’Etat marocain pour respecter ses engagements, et les chartes universelles des Droits de l’Homme. Ses violations empêchent résolument le Maroc de faire partie des pays prospères et moderne.


mardi 7 février 2012

Silence sur les étudiants en grève de la faim, en danger de mort

Par  le comité de soutien aux étudiants de Taza et de Fès, 3/2/2012

Étudiants incarcérés à Taza et à Fès en grève de la faim.
Ezedine Eroussi en danger de mort
Ezedine EROUSSI, détenu politique marocain est en grève de la faim depuis le 19 décembre 2011. Très affaibli, il a même arrêté de boire de l’eau pendant quelques jours à partir du 26 janvier, ce qui, s’il continuait, pourrait avoir des conséquences dramatiques. 
Nous souhaitons tous qu’il ne vienne pas allonger la liste déjà longue des victimes de la politique du makhzen depuis bien avant le 20 février…Mais qu’il retrouve au plus vite la liberté et la pleine santé pour continuer ses luttes.

Arrêté le 1/12/2011 pour son appartenance à la mouvance des Basistes de l’UNEM, (Union Nationale des Étudiants Marocains) centrale syndicale arbitrairement interdite, Ezedine a d’abord été condamné à 3 mois avec une amende de 500 dh, puis en appel à 5 mois de prison. Du cœur de la prison de TAZA, il lutte pour améliorer ses conditions de vie dans la prison, pour sa liberté et celle de tous les prisonniers politiques du Maroc. Il demande aux autorités de l'université de Taza de satisfaire les revendications de ses étudiants.

A 120km de Taza, quatre étudiants de l’université de Fez sont détenus à la prison d’Aïn Kadouss. Ils sont en grève de la faim depuis le 23 janvier pour obtenir une amélioration de leurs conditions de vie dans la prison, avoir accès aux journaux, aux livres, et aux programmes scolaires, et contre le harcèlement des gardiens, pour le droit de visite sans conditions, etc. Ils se solidarisent avec Ezedine, ils sont presque dans la même situation que lui. Comme lui, ils réclament le statut de prisonnier politique.
 
Les cinq grévistes sont groupés sur la photo : de droite à gauche : Ezedine Eroussi, Ibrahim Saidi, Mohamed Ghaloud, Mohamed Fettal, Mohamed Ezaghdidi
Mohamed Ghaloud a été gravement violé par la police au cours de son interrogatoire musclé: méthode de la bouteille entre les fesses. Il saignait le jour de son audience devant le juge et sous le regard de sa famille présente.
L'état de santé d’Ezedine est des plus préoccupantes, ses conditions de vie à la prison de Taza sont inhumaines et inacceptables. Il est enfermé dans une petite cellule avec des dizaines de prisonniers de droit commun dont la majorité relève de la psychiatrie. Il est victime de tortures physiques, coups et blessures, et de tortures morales. Des aveux lui ont été arrachés sous la torture. Il a même eu des menaces de mort.
Les parents d'Ezedine à qui les visites à leur fils sont interdites, ont subi des harcèlements par téléphone et par lettres anonymes. Ils lancent un appel de détresse et sollicitent soutien et solidarité avec leur fils emprisonné pour ses activités syndicales et politiques. Sa vie est en danger.
Un appel est lancé à tous ses amis(e) et ses camarades afin qu’ils manifestent leur soutien et leur solidarité à Ezedine emprisonné pour son engagement auprès des étudiants au sein de l'UNEM qui est en train de mourir à petit feu dans la prison de Taza. 
Des journaux, des partis politiques et des parlementaires ont été mis au courant de l’état extrêmement faible d’Ezedine, de ce drame imminent qu’il faut à tout prix éviter en dénonçant cette situation inacceptable et en faisant pression sur le pouvoir marocain afin que cessent enfin ces arrestations arbitraires basées sur des aveux extorqués sous la torture. Des lettres ont été envoyées par l’AMDH (association marocaine de droit de l’homme). La famille d’Ezedine a également adressé un appel à toutes les forces progressistes, aux défenseurs des droits de l’homme pour sauver la vie de leur fils et de le protéger contre la torture et la violence qu’il subit. 
Aux dernières nouvelles reçues par le président de l’AMDH locale de Taza, l’état de santé d’Ezedine est très grave. Et que dire de cette « générosité » de l'administration pénitentiaire qui offre des comprimés aux prisonniers de droit commun enfermés avec lui pour les exciter afin qu’ils l'agressent sexuellement et le violent. L’ignoble est atteint !

Signez la pétition pour la libération d'Ezedine :http://www.petitionenligne.fr/petition/etudiants-emprisonnes-en-greve-de-la-faim-ezedine-en-danger-de-mort/2151

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Création du Comité de soutien aux étudiants de Taza et de Fès
Premiers membres : Josiane Bru, Hana Derkaoui, Claudine Frassin, Marie-Jo Fressard, José Hernandez, Marylou Hernandez, Sabine Jauffret,  Christiane Odetti, Moha Oukziz, Danièle Rallières,Yves Rallières
Pour contacter les prisonniers et apporter soutien et solidarité :
- n° d’écrou d’Ezedine : 7000096, prison locale de Taza, cité Attouba, TAZA MAROC
- n° d’écrou des autres prisonniers : bientôt à disposition.
- L’adresse mail pour les prisonniers de Taza et de Fez : ezedinetaza@yahoo.fr
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http://www.cgtandalucia.org/Estudiantes-encarcelados-en-Taza-y


Silencio sobre los estudiantes en huelga del hambre, en peligro de muerte

Por el Comité de apoyo a los estudiantes de Taza y Fès, 3/2/2012

Estudiantes encarcelados en Taza y  Fez en huelga de hambre. Ezedine Eroussi en peligro de muerte

Ezedine EROUSSI, preso político marroquí está desde el 19 de diciembre de 2011 en huelga de hambre. Muy debilitado, ha incluso parado de beber agua durante algunos días a partir del 26 de enero, lo que, de seguir así, podría tener consecuencias dramáticas.

Todos deseamos que no vaya a ampliar la ya larga lista de víctimas de la política del Makzen desde mucho antes del 20 de febrero… sino que encuentre cuanto antes la libertad y la plena salud para seguir su lucha.

Detenido el 1/12/2011 para su pertenencia al movimiento baasista de la  UNEM, (Unión Nacional de Estudiantes Marroquíes) central sindical arbitrariamente prohibida, Ezedine en primer lugar fue condenado a 3 meses con una multa de 500 dh, luego en la apelación a 5 meses de prisión. Desde el corazón de la prisión de TAZA, lucha por mejorar sus condiciones de vida en la prisión, por su libertad y la de todos los presos políticos de Marruecos. Pide a las autoridades de la Universidad de Taza satisfacer las reivindicaciones de sus estudiantes

A 120km de Taza, cuatro estudiantes de la Universidad de Fez están detenidos en la prisión de Ain Kadouss. Están desde el 23 de enero en huelga de hambre para obtener una mejora de sus condiciones de vida en la prisión, tener acceso a los periódicos, a libros, y a los programas escolares, y contra el acoso de los carceleros, por el derecho de visita sin condiciones, etc. Se solidarizan con Ezedine, casi están en la misma situación que él. Como él, solicitan el estatuto de preso político.

Además de Ezedine Eroussi, los estudiantes de Fez en huelga de hambre son: Ibrahim Saidi, Mohamed Ghaloud, Mohamed Fettal y Mohamed Ezaghdidi

Mohamed Ghaloud fue violado gravemente por la policía durante su interrogatorio: método de la botella entre las nalgas. Sangraba el día de su audiencia ante el juez y bajo la mirada de su familia presente.

El estado de salud de Ezedine es el más preocupante, sus condiciones de vida en la prisión de Taza son inhumanas e inaceptables. Está encerrado en una pequeña celda con decenas de presos de derecho común  la mayoría con problemas psiquiátricos. Es víctima de torturas físicas, golpes y heridas, y de torturas morales. Se le arrancaron algunas confesiones bajo tortura. Incluso ha sido amenazado de muerte.

Los padres de Ezedine a quienes las visitas a su hijo están prohibidas, han sufrido acosos por teléfono y por cartas anónimas. Hacen un llamamiento de desamparo y solicitan apoyo y solidaridad con su hijo encarcelado por sus actividades sindicales y políticas. Su vida está en peligro.

Hacemos un llamamiento a todos sus amigos/as y a sus camaradas y compañeros/as para que manifiesten su apoyo y su solidaridad con Ezedine encarcelado por su compromiso con el movimiento estudiantil en el seno de la UNEM y que se está muriendo a fuego lento en la prisión de Taza.

Periódicos, partidos políticos y parlamentarios han sido informados del estado extremadamente débil de Ezedine, de este drama inminente que es necesario a toda costa evitar denunciando esta situación inaceptable y ejerciendo presión sobre el poder marroquí para que cesen por fin estas detenciones arbitrarias basadas en confesiones extraídas mediante la tortura. Cartas han sido envíadas por la AMDH (Asociación marroquí de derecho humano). La familia de Ezedine también ha dirigido un llamamiento a todas las fuerzas progresistas, a los defensores de los derechos humanos para salvar la vida de su hijo y protegerlo contra la tortura y la violencia que sufre.

Según las últimas noticias recibidas por el presidente de la AMDH local de Taza, el estado de salud de Ezedine es muy grave. Y que decir de esta “generosidad” de la administración penitenciaria que ofrece pastillas a los presos de derecho común encerrados con él para excitarlos para que ellos le ataquen sexualmente y lo violen. ¡Se alcanza la ignominia!

Para contactar con los presos y aportar apoyo y solidaridad:


- dirección de Ezedine: 7000096, prisión local de Taza, ciudad Attouba, TAZA MARRUECOS
- La dirección correo electrónico para los presos de Taza y Fez: ezedinetaza@yahoo.fr

 Por el Comité de apoyo a los estudiantes de Taza y Fès,
3/2/2012.

Firmad la petición de liberación de Ezedine :
http://www.petitionenligne.fr/petition/etudiants-emprisonnes-en-greve-de-la-faim-ezedine-en-danger-de-mort/2151

Traducción: Equipo de trabajo para el norte de África de la S. de RR. II. de la CGT
http://solidmar.blogspot.com/2012/02/silence-sur-les-etudiants-en-greve-de.html
 http://www.cgtandalucia.org/Estudiantes-encarcelados-en-Taza-y
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Le Maroc continue à violer les libertés des citoyens. L'Etat marocain va tuer Ezedine Eroussi, pour ne pas vouloir le libérer. Ezedine Eroussi est en prison pour ses opinions et le combat qu'il mène contre la déliquescence de l'Etat makhzanien !!
 

vendredi 28 octobre 2011

Zakaria Moumni a évoqué devant le tribunal la torture subie par la DST

Par Demain avec AFP, 28/10/2011


Zakaria Moumni devant l'ambassade du Maroc à Paris avant qu'il ne soit arrêté par la police au Maroc

Rabat.- L’ancien champion de boxe Zakaria Moumni, détenu au Maroc depuis septembre 2010 et condamné pour « escroquerie » a été entendu jeudi matin par le tribunal de Rabat qui a rejeté sa demande de mise en liberté provisoire, a constaté un journaliste de l’AFP.

Lors de cette comparution, M. Moumni, 31 ans, a nié connaître l’identité des deux personnes qui l’auraient accusé de les avoir escroqués, et dénoncé des tortures subies par les agents de la DST (Direction de la surveillance du territoire, services de renseignement).

« J’ai été torturé pendant quatre jours dans un lieu secret avant d’être présenté devant un juge. Je n’ai jamais vu ceux qui m’ont accusé« , a-t-il déclaré à la cour.

Selon l’acte d’accusation du 30 septembre 2010 présenté au tribunal de Première instance de Rabat et qu’il dit avoir signé sous la torture, M. Moumni a avoué avoir soutiré à chacun de ces deux Marocains 1.200 euros, en échange de la promesse de leur trouver du travail en Europe.

Après l’avoir entendu, le tribunal a demandé que les deux accusateurs soient convoqués, a indiqué pour sa part le juge, qui a reporté la séance au 15 décembre.

L’avocat du boxeur, Me Abderrahim Jamaï, connu comme défenseur des droits de l’homme a, par ailleurs, demandé la mise en liberté provisoire, mais celle-ci a refusée par la cour, qui s’est prononcée en fin de matinée.

Le Parquet avait auparavant appelé à ce que la demande de liberté provisoire soit rejetée.

Condamné en octobre 2010 à trois ans de prison ferme, M. Moumni, qui résidait en France avant son arrestation et qui est marié à une française, a vu sa peine en janvier 2011 réduite à deux ans et demi en appel.

Au cours de l’audience de jeudi, le juge a demandé au boxeur s’il serait prêt à confronter les personnes qui l’accusent.

« Mais bien sûr M. le juge. Je ne demande que ça depuis plus de 13 mois. Mon seul tort est d’avoir honoré le drapeau de mon pays en gagnant le championnat du monde« , a-t-il répondu.

Dans une déclaration à l’AFP, Me Jamaï a précisé que la Cour suprême a explicitement demandé que les personnes qui accusent M. Moumni soit convoquées. Il est tout à fait normal que ces personnes confrontent l’accusé.

Mon client a toujours déclaré qu’il a été torturé par les agents de la DST. Ils lui ont dit au cours de ces quatre jours de détention illégale qu’il était dans +un abattoir pour hommes+, a ajouté M. Jamaï.

Depuis qu’il a remporté en 1999 le championnat du monde de boxe light-contact, M. Moumni réclame un travail dans l’administration au Maroc auquel il estime avoir droit en application d’un décret royal de 1967, ce que le gouvernement conteste.

Le ministre de la Jeunesse et des sports Mouncef Belkhayat a mis en cause ce droit, faisant valoir que ce décret s’applique uniquement, aux disciplines olympiques reconnues par le Comité international olympique (CIO).

Maintenant, tout le monde sait qui a ordonné l’arrestation de Zakaria Moumni. C’est après avoir embêté « Sidna » le sultan dans son château refuge de Betz, dans la région parisienne, que le boxeur a été arrêté. Auparavant, il avait eu une conversation houleuse avec le secrétaire particulier du roi, Mohamed Mounir Majidi (M3 pour les copains).

D’ailleurs, si la DST, une police politique qui ne répond que devant le roi Mohamed VI, est derrière l’arrestation et la torture subie par Zakaria Moumni, c’est bien pour une raison.

Bien entendu personne, pas même dans cette cour suprême de courbatures ne va appeler 3M pour déclarer.

http://www.demainonline.com/2011/10/27/zakaria-moumni-a-evoque-la-torture-subie-par-la-dst/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=zakaria-moumni-a-evoque-la-torture-subie-par-la-dst

 Un commentaire (parmi 7 autres)
Par Hatimi, 28 octobre 2011 - 17 h 06 min

« J’ai été torturé pendant quatre jours dans un lieu secret avant d’être présenté devant un juge. Je n’ai jamais vu ceux qui m’ont accusé«

Au delà des détails, ce qui est inacceptable c’est de constater que les mêmes pratiques de torture, détention dans des lieux secret, accusation fabriquées de toutes pièces (car franchement quand il y a accusation, la moindre des choses est de présenter les parties accusatrices, ), condamnations expéditives…toutes ces pratiques des régimes dictatoriaux, les pratiques de l’ère de Hassan2 sont bien vivantes sous le règne de son fils M6. On peut même constater que la torture, l’arbitraire, les dossiers louches où des innocents ont été expédiés dans les geôles du régime, se sont multipliés au cours de ces dix dernières années.

Prenez n’importe quel dossier d’atteinte aux Droits de l’Homme au Maroc depuis 1970, on retrouve systématiquement les même techniques, les mêmes méthodes et procédés.

Pourquoi ?

A mon humble avis, il n y a pas eu au Maroc une véritable réconciliation nationale. On n’a pas tourné la page des années de torture. On ne reconnaît pas encore les valeurs universelles des Droits de l’Homme.

Le régime a tout simplement calmé certains opposants en leur attribuant des indemnisations financières. Point. Il a acheté les opposants comme une vulgaire marchandise…

Les tortionnaires, les centres de détentions secrets, le recours à la torture, les inculpations fabriquées pour servir certains intérêts ou neutraliser ceux qui osent critiquer le régime…etc tout cela n’a pas changé.

Le cas de Rachid NINI est très similaire sur la forme : on l’arrête, on le jette en prison, et après on cherche une formule d’accusation absurde. Aucune des personnes critiquée dans ses articles n’a porté plainte contre NINI. Pourtant, le Palais l’a condamné pour 1 an de prison.

Ce qui est certain, il n’est pas possible d’édifier un Etat de droits sans condamner les responsables de torture, de corruption, de détournements et d’abus de pouvoirs.

Au Maroc, force est de constater avec amertume, que les réponses du régime aux problèmes socio-économiques et à l’aggravation de la mauvaise gouvernance dans tous les domaines, vont dans le sens d’Etat de non droit, un Etat où les plus forts, ceux qui gravitent autour du Roi ont tous les droits.

Mais, tous les démocrates qui aspirent à un Maroc juste et équitable pour Tous les Marocains continueront à dénoncer et à se battre contre cette gouvernance féodale.

jeudi 6 octobre 2011

Ali Arrass innocenté en Espagne, torturé au Maroc est toujours détenu : des citoyens belges interpellent leur gouvernement

Par Ayad Ahram, SG de l'ASDHOM, 6/10/2011

Vous trouverez ci-dessous la lettre adressée par le Comité pour la Liberté d’Expression et d’Association (CLEA) au ministre belge des Affaires étrangères, M. Steven Vanackere. Cette lettre est cosignée par une soixantaine de personnalités. En pièce jointe la lettre et la liste des signataires.

Les auteurs de la lettre interpellent le gouvernement belge sur la situation de leur compatriote, le Belgo-marocain Ali Aarrass, qui est incarcéré à la prison de Salé au Maroc depuis son extradition le 14 décembre 2010 par l’Espagne. Nous rappelons qu’une instruction judiciaire à été menée en Espagne par le juge Baltasar Garzon et que ce dernier a innocenté Ali Aarrass de toutes les charges retenues contre lui.

L’émission Indices de la télévision belge a diffusé un reportage sur cette affaire en février 2011. Vous pouvez la visionner sur le lien ci-dessous, c’est très parlant de la réalité de la justice au Maroc. Ali Aarrass est toujours incarcéré en compagnie du groupe Belliraj, accusé de « terrorisme ».

L’ASDHOM a déjà alerté l’opinion publique sur ce dossier. Elle diffuse aujourd’hui cet appel de citoyens belges pour dire que les autorités marocaines continuent à faire la sourde oreille aux demandes des défenseurs des droits de l’Homme et s’obstinent à user de « la loi antiterroriste » comme d’une épée de Damoclès.

Ali Aarrass a subi torture et sévices de toutes sortes. Il est toujours en attente de son procès….
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A Monsieur le Ministre des Affaires étrangères, Steven Vanackere.

Monsieur le Ministre,

Par la présente, les soussignées et soussignés tiennent à vous exprimer leurs plus vives inquiétudes.

Le sort judiciaire réservé au ressortissant belge, Monsieur Ali Aarrass –emprisonné depuis 1.370 jours– ne cesse, en effet, d’interpeller les citoyens que nous sommes.

Plus le temps passe, plus l’accumulation des faits justifie nos craintes, nos appréhensions. Monsieur Aarrass (incarcéré depuis le 22 décembre 2010 à la prison marocaine de Salé –où la police l’a gravement torturé pour tenter de lui extorquer des aveux) est présentement la victime de ce qu’il faut bien appeler une parodie de procès.

Tout indique, en effet, que la Cour spéciale de Salé n’a, en la circonstance, qu’une seule préoccupation : faire condamner, «coûte que coûte», Monsieur Ali Aarrass au prétexte de sa soi-disant appartenance à un groupement terroriste. On rappellera que le ressortissant belge Ali Aarrass (habitant alors dans l’enclave de Melila, auprès de son père) avait déjà fait l’objet –en Espagne– de plus de deux ans d’enquête par le juge anti-terroriste Baltazar Garzon. Celui-ci avait cependant conclu, en 2008, à l’absence de tout élément ou indice corroborant de prétendus trafics d’armes dans le cadre d’actions terroristes. Cette enquête avait été initiée grâce à des informations transmises aux autorités espagnoles par la police marocaine, informations alléguant une prétendue implication de Monsieur Aarrass dans le dénommé «Réseau Belliraj». Par la suite, le Maroc avait émis un mandat d’arrêt extraditionnel, en 2008, toujours pour des prétendus faits de terrorisme.

Passant outre, de manière extravagante, «les Mesures provisoires» ordonnées par le Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies…, Madrid décidait néanmoins d’expulser Ali Aarrass vers le Maroc, le 14 décembre 2010.

Faut-il à nouveau le répéter ?

A l’époque, tant les autorités espagnoles que les services attachés à votre Ministère avaient pour ainsi dire justifié cette extradition, arguant des assurances données par les autorités marocaines d’une procédure et d’un procès équitables –respectant les règles de droit et les droits de la défense…

Dès son arrivée sur le sol marocain, Monsieur Aarrass a pourtant été sauvagement torturé par les services secrets marocains (il a fait l’objet d’injections de produits chimiques, de chocs électriques dans les parties génitales, de viols et de nombreux autres sévices inqualifiables). Lorsqu’il est présenté pour la première fois devant un juge d’instruction, Ali Aarrass se trouve d’ailleurs dans un état tel… qu’il est impossible de l’auditionner.

De quoi accuse-t-on Monsieur Aarrass ?

D’avoir transporté des armes entre la Belgique, l’Espagne et le Maroc, dans le cadre d’une association terroriste. Or ces accusations reposent uniquement sur les déclarations de personnes qui ont également fait l’objet de tortures…, déclarations qui ne figurent même pas au dossier de la procédure ! Qui plus est, au Maroc même, la police a évidemment recherché, avec toute l’ardeur voulue, des preuves matérielles de ces activités criminelles : autant le préciser… sans aucun résultat.

Maîtres Lahcen Dadsi (du Barreau de Casablanca), Zakaria Louski (du Barreau de Mekhnès) et Mohamed Jallal (du Barreau de Rabat) ont égrené de manière méthodique et sérieuse les nombreuses illégalités ayant (jusqu’ici) entaché la procédure.

Quel sort le tribunal va-t-il réserver à certains procès-verbaux de la police qui sont manifestement des faux, les dates ayant été grossièrement manipulées afin de tenter, sans succès, de dissimuler la détention arbitraire et cruelle d’Ali Aarrass par les services de Renseignement marocains dès son arrivée sur le sol chérifien ?

Le premier procès-verbal, datant du 15 décembre 2010 mentionne, en particulier, des événements s’étant déroulés les 18 et 20 décembre… Comment expliquer que, placé en détention et finalement relaxé en Espagne, Monsieur Aarrass soit à nouveau poursuivi au Maroc… pour les mêmes faits ?

Pourquoi aucune investigation de médecine scientifique n’a-t-elle été diligentée concernant les allégations de torture, malgré la plainte formelle déposée auprès de cinq instances marocaines officielles (lesquelles n’y ont donné aucune suite ou accusés de réception)?

Comment concilier les pseudos aveux d’Ali Aarrass en langue arabe dans les procès-verbaux de la police, alors que «l’inculpé» ne connait pas cette langue et que le Tribunal lui a dès lors attribué un interprète ? Etc., etc.…

L’ensemble des faits ici répertoriés, les atteintes systématiques au déroulement d’une Justice juste…, tout montre qu’on assiste –en cette affaire– à la volonté délibérée de porter préjudice irrémédiable à l’intégrité physique, morale et psychologique de Monsieur Aarrass.

En conséquence, par la présente, nous vous prions –en tant que représentant du gouvernement de notre pays– d’interroger le Maroc quant à la situation d’un de nos ressortissants ; de solliciter notre Consulat à Rabat afin qu’un Conseiller visite, au plus vite, Monsieur Aarrass dans sa prison et assiste aux prochaines audiences de son procès pour prendre note, en toute objectivité, de la manière dont il se passe.

Dans l’attente d’une réponse diligente de votre part, nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, en l’expression de notre considération distinguée.

Ahmed el Khannouss , député CdH, échevin
Ahmed Mouhssin, député au Parlement régional bruxellois
Alain Van Praet, délégué syndical CSC
Anne Dombrecht, Centrale Générale FGTB, Namur
Anne Herscovici, députée Ecolo au parlement bruxellois
Brahim Harchaoui, Unie van Arabische Studenten in Europa
Céline Caudron, porte-parole LCR-SAP
Céline Delforge, députée bruxelloise, Groupe ECOLO
Christine Pagnoulle, enseignante à l’Université de Liège
Christine Schaut, sociologue
Daniel Fastenakel, secrétaire fédéral du MOC de BXL
Eric Corijn, professor VUB
Eric David, professeur ULB, Centre de droit international
Eric Hulsens, professeur d’honneur de l’enseignement supérieur, Province d’Anvers
Farida Aarrass, la soeur d’Ali Aarrass
Fatima Zibouh, doctorante en sciences politiques et sociales
François Houtart, Fundación Pueblo Indio del Ecuador
Freddy Dewille, conseiller communal du groupe « Gauche » Anderlues
Freddy Visconti, délégué syndical FGTB Aperam
Frédéric Ureel, avocat
Ginette Bauwens, filosoof
Grégoire Wallenborn, chercheur ULB
Guy Spitaels, président du PS de 1981 à 1992, docteur en droit à l’UCL
Guy Tordeur, secrétaire Fédéral de la CSC de B-H-V
Jacques Debatty, président du Mouvement Ouvrier Chrétien de Bruxelles
Jamal Ikazban, député PS, échevin
Jean Bricmont, professeur UCL
Jean Flinker, membre du CLEA
Jean-Claude Defossé, député Ecolo à la région de BXL et à la fédération Wallonie/Bruxelles
Jean-Pierre Kerckhofs, président de l’Aped (Appel Pour une Ecole Démocratique)
José Garcia, secrétaire général du Syndicat des Locataires
Josy Dubié, sénateur honoraire, ancien président de la Commission Justice
Juan Carlos Gonzalez, délégué ACV-CSC
Karim Amezian, asbl REPÈRE
Lieven De Cauter, filosoof, kunsthistoricus, auteur
Ludo De Brabander, woordvoerder Vrede vzw
Luk Vervaet, Campagne Free Ali
Michel Collon, écrivain et journaliste
Mireille Péromet, professeur retraitée
Myriam Gérard, secrétaire régionale CSC Bruxelles
Nadia El Yousfi, députée Bruxelloise et vice-présidente du Parlement Francophone Bruxellois – Groupe PS.
Nadia Fadil, sociologue, chercheur postdoctorale FNRS, KUL
Nordine Saïdi, porte-parole Egalité
Paul-Emile Dupret, juriste et conseiller politique, Parlement européen, groupe GUE/NGL
Philippe Vansnick, secrétaire fédéral adjoint à la CSC de B-H-V
Pierre Piccinin, Professeur d’histoire et de sciences politiques (Ecole européenne de Bruxelles I), Maître de stages
(Sciences politiques – Université catholique de Louvain)
Pierre Reynaert, criminologue, SPF Justice.
Pierre-Paul Van Gehuchten, avocat au barreau de Bruxelles
Rudi Barnet, consultant audiovisuel
Rudi Laermans, socioloog, KULeuven
Sarah Bracke, professor KULeuven
Serge Pahaut, anthropologue ULB
Souhail Chichah, chercheur à l’ULB
Stéphane Roberti, président ECOLO du CPAS de Forest
Tasnim Butt, assistante-chercheur(e), Centre d’Etudes de la Coopération International et du Développement
(CECID), ULB
Vincent Lurquin, avocat, député bruxellois ECOLO
Yacob Mahi, théologien et islamologue, Bruxelles.
Youssef Chihab AFD International
Zakia Khattabi, sénatrice ECOLO, députée – Parlement de la Communauté Française, députée – Parlement de la
Région de Bruxelles Capitale
Zoé Genot, députée fédérale ECOLO Bxl-H-V
Appel du CLEA, le Comité pour la Liberté d’expression et d’association, au Ministre
Steven Vanackere, cosigné par 60 personnalités du monde