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samedi 5 mai 2012

URGENT : Communiqué du comité de soutien à Ezedine et ses quatre camarades de Fès, tous libérés à la fin de leur peine.


Mesdames, Messieurs,
Ci dessous le communiqué du comité de soutien aux détenus politiques en grèves de la faim. Ezedine Eroussi ainsi que les quatre grévistes de Fès (Mohamed Ghaloud, Mohamed Zeghdidi, Mohamed Fetal, Ibrahim Saidi) sont libres mais dans un état de santé difficile à imaginer. Cinq autres détenus qui continuent la grève de la faim depuis des mois  sont dans un état critique.
 Nous vous sollicitons pour publier notre communiqué et informer largement le public de ce qui se passe dans les prisons du régime marocain, grand ami et partenaire de démocratie de l'Europe officielle.
Bien cordialement. 


Communiqué : 

Par Moha Oukziz, pour le comité de soutien 

Ezedine Eroussi est libre depuis le premier mai 2012. Nos très admiratives salutations et considérations à ce grand militant qui a bravé le tortionnaire. Nous saluons son courage, sa détermination politique hautement forte et solide. Nous saluons également ses camarades libérés depuis le 18 avril 2012. Ce sont Mohamed Ghaloud, Mohamed Fetal, Mohamed Zeghdidi et Ibrahim Saidi. Ces grands militants ont écrit avec leur souffrance, leur bravoure, leur moral d’acier, l’histoire des luttes du peuple marocain qui combat pour sa liberté et sa dignité contre un régime en place qui ne se soucie que de ses intérêts et de son maintien contre les vents de changement qui traversent le Maroc. 

Dans ce pays, le Maroc, la résistance est d’actualité. Ezedine Eroussi, Mohamed Ghaloud, Mohamed Fetal, Mohamed Zeghdidi, Ibrahim Saidi ont été, dans la prison, en premières lignes  de combat et de lutte du peuple marocain contre le régime en place. Ces militants ont fait la preuve par leur engagement, dans leur face à face avec les tortionnaires, de la nature même antidémocratique du régime. Par leur détermination ils ont fait la démonstration  que le peuple marocain engage sa lutte contre le pouvoir. Ce dernier est aidé dans son administration répressive contre le peuple marocain par ses alliés et partenaires, l’Union Européenne (par exemple par la lettre de la Haute représentante de la commission européenne, madame Catherine ASHTON datée du 23 mars 2012 ).

 L'État marocain s'acharne encore en dehors de la prison sur Ezedine Erroussi et ses camarades du groupe de Fès libérés depuis le 18 avril 2012. Aucune prise en charge médicale, aucun  suivi médical n'est prescrit à ces grands militants qui ont subi tous les sévices et des tortures inimaginables, comme la photo d'Ezedine Eroussi en témoigne.
C'est l'image de tous ceux qui ont entamé des grèves de la faim illimitées face aux tortionnaires. Beaucoup de braves militants qui ont été dans la même situation que celle d’Ezedine Eroussi ont perdu la vie dans les geôles du régime (Saidia, Douraidy, Belhaouari, Chebeda, etc). Les années de plomb continuent contrairement à ce que peuvent véhiculer les organes de presse.  

Cette presse qui a tenu à s’absenter à la sortie d’Ezedine de sa prison. Aucun organe de presse ne s’est déplacé pour informer son public, aucune chaine de télévision n’a dépêché ses journalistes.  Aucune délégation syndicale ou politique n’a fait le déplacement à l’hôpital Suissi où Ezedine Eroussi était entre la vie la mort. Pourtant ce même hôpital est au cœur de la capitale, Rabat, qui abrite tous les bureaux de presse et  de correspondants mais aussi les sièges de toutes les organisations syndicales et politiques.  

Ezedine a été  reçu par sa famille et ses camarades, il faut noter aussi la présence de la présidente de l’AMDH, Khadija Ryadi et le secrétaire général de l’AMDH, Hassan Aharrath.  Ce sont ces camarades, ses amis et sa famille sous  silence médiatique et politique terrible qui se sont chargés de le recevoir comme un Héros à sa sortie. 

Sa famille et ses camardes ont noté l'absence même des médecins, l'absence même de la police!!! Ezedine sortait de sa prison tête haute, solide moralement et sur sa chaise roulante.  Il a fallu que  ses camarades et sa famille le transportent dans une clinique privée pour examen et soins avant de pouvoir supporter le transport jusqu'à Taza dans les véhicules privés  de ses camarades. Au téléphone, on entend à peine la voix d’Ezedine Eroussi , ce sont ses camarades et sa famille à son chevet qui prennent le relai pour finir la communication. Ezedine est actuellement à l’hôpital de Taza sous perfusion. 

Par ailleurs d'autres militants sont encore en grève de la faim illimitée dans la prison de Taza. Ils sont au nombre de cinq. Dans quel état  sont-ils? Un peu moins, un peu plus grave qu’ Ezedine Eroussi ? Nous condamnons le traitement réservé à ces militants emprisonnés, torturés pour la simple raison qu’ils sont des militants qui aspirent et militent pour le changement radical au Maroc. Ce sont les militants du mouvement syndical des étudiants au Maroc, ce sont les militants du mouvement dit « mouvement 20fevrier » qui traverse le pays. 

Les quatre détenus politiques libérés en grève de la faim  de la prison de Fès sont aussi faibles physiquement qu’Ezedine Eroussi. C'est leur moral d'acier et leur conviction qui les tiennent en vie. Mohamed Ghaloud a certainement besoin, en plus des soins et analyses médicaux,  de suivi et de prise en charge psychologique, vu la nature (violé "à la bouteille" ndlr) et l’ampleur des tortures qu’il a subies dans les centres de torture de la police. IL en souffre énormément. 

L’ÉTAT MAROCAIN  EST ENTIÈREMENT RESPONSABLE DE CE QU’ONT  SUBI CES MILITANTS, RESPONSABLE  DU TRAITEMENT ET DE SES  CONSÉQUENCES QUE LES ADMINISTRATIONS POLICIÈRES, PÉNITENTIAIRES,  JURIDIQUES ET POLITIQUES ONT RÉSERVÉ  ET INFLIGÉ À TOUS CES MILITANTS EMPRISONNÉS POUR LEUR ENGAGEMENT AUPRÈS DU PEUPLE MAROCAIN DANS SES LUTTES ET COMBATS POUR SON AUTODÉTERMINATION ET SA DISPOSITION DE SOI-MÊME. 

Nous continuons notre combat avec force auprès de ces militants de la liberté et de la dignité de tout un peuple. Nous leur manifestons tout soutien moral et matériel possible. Nous agirons auprès des instances et administrations  compétentes au niveau  national et international  pour exiger la prise en charge morale et matérielle de tous ces détenus politiques. Nous sollicitons toutes les bonnes volontés pour qu’elles nous rejoignent et appuient notre démarche.





jeudi 3 mai 2012

Interview : La sœur d’Ezzeddine ROUSSI raconte le calvaire du jeune étudiant.

Par mamfakinch, 2 mai 2012 
  Quelques heures après la sortie d’Ezzeddine, nous avons pu échanger avec la famille du jeune homme sur les mois de souffrances passés, leur ressenti aujourd’hui et le futur incertain qui se dessine pour Ezzeddine  
Mamfakinch : quel est aujourd’hui l’état de santé d’Ezzedine ? 
Jamila (la sœur d’Ezzedine) : Son état de santé s’est détérioré, il n’arrive pas a se mettre debout et est tout le temps dans une chaise roulante. Il parle très difficilement et nous avons à peine pu lui parler au téléphone depuis sa sortie. Il a confirmé qu’il est resté 20 jours avec sa main cassée sans soins, ils lui ont mis le plâtre 20 jours plus tard. Ses doigts sont toujours dans un état terrible. Nous n’avons reçu aucune aide et nous ne savons pas comment on va prendre en charge les dépenses de santé.
 Mamfakinch : Revenons un peu en arrière, vers ce douloureux jour où il a été enlevé, que s’est-il réellement passé ? 
Jamila : le jour de l’arrestation d’Ezzedine à la fac, ils ne l’ont pas simplement trainé des pieds hors de la fac: ils l’ont déshabillé. Ils l’ont fait passer presque nu le jeudi devant le souk de Taza qui est à côté de la fac. Des gens du souk peuvent le confirmer. 
 Mamfakinch : Nous avons eu des informations comme quoi, votre frère a été agressé alors qu’il était en prison, qu’en est-il ? 
Jamila: même si nous avons déposé une plainte auprès du procureur du Roi, c’est justement mon frère qu’on a accusé d’avoir agressé un prisonnier. En réalité, c’est ce dernier qui l’a violenté samedi alors que les gardiens n’ont rien fait pour le protéger. Du coup il était dans un état déplorable lundi. Nous avons donc des soupçons au sujet des motivations de ce prisonnier. Il se pourrait qu’il ait commis cette agression de manière exprès et que quelqu’un l’a poussé à le faire. D’ailleurs, le prisonnier lui a clairement signifié : « si tu n’arrêtes pas cette grève de la faim, je vais te tuer. Ça sera plus rapide puisque tu veux mourir ». Il n’y a pas de justice dans ce pays, on est parti chez tous les juges de Taza, ils nous ont tous déclaré que ce ne sont pas eux qui ont jugé mon frère et qu’ils ne l’ont même pas vu. 
Mamfakinch : Que comptez-vous faire à présent ? 
Jamila : Nous souhaitons poursuivre en justice l’Etat pour tous ces abus mais nous n’avons pas les moyens. 
Mamfakinch : Est-ce que Ezzedine va arrêter ses études ?
Jamila : Il veut continuer ses études mais son père estime que son futur est foutu dans ce pays, après ce qui s’est passé, les autorités ont la main longue et lui mettront les bâtons dans les roues. Là où il ira il aura des obstacles Nous sommes prêts à envoyer une lettre au ministre de la justice et au Roi aussi s’il le faut. 
 Déclaration d’Ezzeddine : Le lien vers la page où l’on constater la dégradation de l’état de santé de Ezzedine  :  http://youtu.be/17_BQJMKvs0

lundi 30 avril 2012

Communiqué de presse ATMF Maroc : Plus de 130 jours de grève de la faim pour un étudiant

 Communiqué de presse ATMF,30/4/2012

 Azzedine Roussi a été arrêté en novembre dernier alors qu’il participait à une manifestation d’étudiants. Il a été condamné par le tribunal à une sentence de cinq mois de prison en plus d’une amende de 5 000 dirhams.
  Il a commencé le 19 décembre 2011 une grève de la faim dans sa prison de Taza pour dénoncer l’injustice qu’il subit depuis son arrestation. Azzedine Roussi a été torturé et il a écrit une lettre, maintenant largement diffusée, dans laquelle il donne des détails sur le traitement que les forces de sécurité lui ont infligé. Les interpellations du nouveau gouvernement par les différentes associations des droits de l’homme nationales et internationales afin de criminaliser l’usage de la torture, n’ont eu aucun effet et l’état de santé de l’étudiant marocain, maintenant profondément détérioré. 27 étudiants de Fes, Taza, Rachidia, Safi, Agadir, Essaouira, Marrakech ... ont entamé une grève de la faim par solidarité avec Azzedine, pour protester contre leur condamnation arbitraire et dénoncer leurs conditions de détention (un des étudiants, Mohamed Ghaloud, a subi de graves sévices sexuels lors de son interrogatoire). La vie de ces militants est aujourd’hui menacée, il est urgent de réagir et d’exiger la libération des détenus politiques ! 
 Les manifestations citoyennes (ouvriers, étudiants, chômeurs, ...) dans plusieurs régions marocaines et en particulier en ce moment dans la région du Rif se multiplient de jour en jour pour réclamer une vie décente, de la dignité et la liberté. Le Makhzen en place n’a d’autres réponses que la répression, l’emprisonnement, la torture, et les intimidations.... 
  Le Bureau National de l’ATMF, réuni ce jour exprime son soutien et sa solidarité avec Azedine Roussi et tous les prisonniers politique au Maroc. L'ATMF rappelle la responsabilité directe des autorités marocaines quant aux conséquences dramatiques sur la santé de ces prisonniers. 
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Par Ristel Edimo,Paris le 28/04/12 
L’Europe interpellée sur le sort de prisonniers au Maroc
 Saisi récemment par l’eurodéputé français et directeur de l'Humanité, Patrick Le Hyaric, au sujet des 27 « détenus politiques » marocains en grève de la faim, la haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères, Catherine Ashton, avait assuré que le gouvernement marocain se chargeait bien du dossier. Faux ? Le Comité de soutien aux prisonniers est monté au créneau et réclament une action conséquente de la part de la responsable européenne. Catherine Ashton, Haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères, interpellée par l'eurodéputé français et directeur de l'Humanité, Patrick Le Hyaric et le Comité de Soutien au 27 prisonniers en grève de la faim au Maroc « Vous êtes libre de ‘compter sur le nouveau gouvernement marocain en place pour assurer une application effective des dispositions’ [adoptées par la nouvelle constitution], vous êtes libre de soutenir le régime marocain, mais vous n'avez pas le droit d'être complice avec ce régime contre les détenus politiques en grève de la faim depuis plusieurs mois », indique le communiqué du Comité de soutien au 27 « détenus politiques » adressé à Catherine Ashton, haute représente de l'UE pour les affaires étrangères, rapporte le site Humanité. Ces prisonniers en grève de la faim depuis plusieurs mois pour certains et plusieurs semaines pour d’autres. « Nous vous demandons, Madame la Haute Représentante, de regarder la réalité en face et d'intervenir pour sauver la vie des détenus », note le communiqué. En effet 27 prisonniers, en majorité des étudiants, sont en grève de la faim depuis plusieurs mois pour certains et plusieurs semaines pour d’autres. La majorité d’entre eux sont dans un état de santé des plus lamentables.
 « Complicité » avec le gouvernement ? Catherine Ashton a été saisie en février par l’eurodéputé Patrick Le Hyaric au sujet des 27 détenus politiques. Elle lui avait assuré que la situation dans les prisons marocaines était « régulièrement discutée avec les autorités », et qu'Azzedine Roussi, en grève de la faim depuis le 19 décembre, était dans une situation stable et « hors de danger ». Mme Ashton avait par ailleurs estimé que « les dispositions adoptées par la nouvelle constitution garantissent à toute personne détenue de jouir de droits fondamentaux et de conditions de détention humaines et criminalisent toute pratique de la torture, sous toutes ses formes ». La responsable européenne a tenu ces affirmations, alors qu’en réalité la situation de ces prisonniers n'est pas vraiment connu de l'opinion publique et le gouvernement ne communique pas sur le sujet. D’autant plus que le collectif d’ONG qui a récemment demandé une intervention du chef du gouvernement n’a toujours pas obtenu satisfaction. Le CNDH répond à la place de Benkirane 
Un collectif de 18 ONG pour la défense des droits de l’homme a récemment interpellé le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, pour une solution face à la situation des « 27 détenus politiques » en grève de la faim. Mais chose curieuse, « nous avons reçu une réponse du CNDH, il y a à peu près une semaine », indique à Yabiladi Khadija Riyadi, présidente de l’AMDH et membre de ce collectif. Pourtant, « nous ne les avons jamais saisis, poursuit-elle. Nous écrivons au chef du gouvernement et c’est le CNDH qui nous répond, on ne comprend pas », s’indigne Mme Riyadi. 
Dans son communiqué, le collectif avait mentionné les noms de chacun des 27 détenus. Cependant, le CNDH dans sa réponse, dit qu’« il y a des noms de prisonniers qui ne sont pas en grève de la faim », selon la défenseure des droits de l’homme. « Ils nous ont dit que les [grévistes] sont dans un état stable, y compris Roussi [Azzedine Roussi] ». Toutefois, Khadija Riyadi ne comprend toujours pas pourquoi le chef du gouvernement ne réagit pas personnellement sur un sujet aussi grave que celui-là, où la vie des jeunes « étudiants pour la plupart » est en danger. « On a décidé de saisir à nouveau le chef du gouvernement. Nous enverrons peut-être notre note demain », conclut-elle. 

Aujourd'hui 30 avril

Aujourd’hui, 30 avril 2012, Ezedine Erouissi termine son 5ème mois de détention. Il aura tenu sa grève-vraiment illimitée –de la faim pendant 134 jours, gavé de force lors des pertes de connaissance. Aux dernières nouvelles il était à l’hôpital de Taza. Hommage à son courage !
  

Mouvement du 20 Février - Maroc - حركة 20 فبراير 

Aujourd’hui 30 avril 2012, audience de Mouad L7a9ed à 16h. Les avocats plaident, venez nombreux au tribunal de Ain Sebaa! #Freel7a9ed

Soutien à tous les prisonniers politiques !

vendredi 27 avril 2012

Catherine Ashton interpelée sur les 27 prisonniers politiques marocains en grève de la faim

 Source : "L'Humanité", 25/4/2012

Face à une grève de la faim de 27 "détenus politiques" marocains qui entre pour certains dans son troisième voire quatrième mois, leur Comité de soutien, après l'eurodéputé Patrick Le Hyaric, interpelle Catherine Ashton et l'Europe, rappelant notamment qu'a été octroyé en juin dernier au Maroc le statut de "partenaire pour la démocratie". 
27 prisonniers marocains, pour la plupart des étudiants, sont toujours en grève de la faim, certains depuis des semaines, d'autres depuis janvier voire décembre 2011, dans les prisons de Fès, Taza ou Safi notamment, pour protester notamment contre des cas de "détentions sans jugement", "d'absence d'enquête dans des cas de torture" et de "traitements inhumains", selon 18 ONG locales. Une situation qui s'éternise, et fait réagir leur Comité de Soutien, qui a décidé d'interpeler Catherine Ashton, haute représente de l'UE pour les affaires étrangères, en lui rappelant ses prises de position sur le dossier et en l'enjoignant de passer des paroles aux actes : "nous vous demandons, Madame la Haute Représentante, de regarder la réalité en face et d'intervenir pour sauver la vie des détenus en grève de la faim". "Vous êtes libre de "compter sur le nouveau gouvernement marocain en place pour assurer une application effective de ces dispositions", vous êtes libre de soutenir le régime marocain, mais vous n'avez pas le droit d'être complice avec ce régime contre les détenus politiques en grève de la faim depuis plusieurs mois", insiste le communiqué du Comité de soutien. Interpellée en février par Patrick Le Hyaric, eurodéputé PCF et directeur de l'Humanité, au sujet des 27 détenus politiques en grève de la faim depuis plusieurs semaines voire plusieurs mois, Catherine Ashton lui avait alors assuré que la situation dans les prisons marocaines était "régulièrement discutée avec les autorités", et qu'Ezedine Eroussi, en grève de la faim depuis le 19 décembre, était dans une situation stable et "hors de danger". En outre, elle avait estimé que "les dispositions adoptées par la nouvelle constitution garantissent à toute personne détenue de jouir de droits fondamentaux et de conditions de détention humaines et criminalisent toute pratique de la torture, sous toutes ses formes". 

Lire aussi Maroc : de Hassan II à Mohammed VI, les rois passent, la torture reste Raymond Kargar

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L’Europe interpellée sur le sort de prisonniers

 au Maroc



Saisi récemment par l’eurodéputé français et directeur de l'Humanité, Patrick Le Hyaric, au sujet des 27 « détenus politiques » marocains en grève de la faim, la haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères, Catherine Ashton, avait assuré que le gouvernement marocain se chargeait bien du dossier. Faux ? Le Comité de soutien aux prisonniers est monté au créneau et réclament une action conséquente de la part de la responsable européenne.
Catherine Ashton, Haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères, interpellée par l'eurodéputé français et directeur de l'Humanité, Patrick Le Hyaric et le Comité de Soutien au 27 prisonniers en grève de la faim au Maroc
« Vous êtes libre de ‘compter sur le nouveau gouvernement marocain en place pour assurer une application effective des dispositions’ [adoptées par la nouvelle constitution], vous êtes libre de soutenir le régime marocain, mais vous n'avez pas le droit d'être complice avec ce régime contre les détenus politiques en grève de la faim depuis plusieurs mois », indique le communiqué du Comité de soutien au 27 « détenus politiques » adressé à Catherine Ashton, haute représente de l'UE pour les affaires étrangères, rapporte le site Humanité. Ces prisonniers en grève de la fin depuis plusieurs mois pour certains et plusieurs semaines pour d’autres. « Nous vous demandons, Madame la Haute Représentante, de regarder la réalité en face et d'intervenir pour sauver la vie des détenus », note le communiqué. En effet 27 prisonniers, en majorité des étudiants, sont en grève de la fin depuis plusieurs mois pour certains et plusieurs semaines pour d’autres. La majorité d’entre eux sont dans un état de santé des plus lamentables.
« Complicité » avec le gouvernement ?
Catherine Ashton a été saisie en février par l’eurodéputé Patrick Le Hyaric au sujet des 27 détenus politiques. Elle lui avait assuré que la situation dans les prisons marocaines était « régulièrement discutée avec les autorités », et qu'Azzedine Roussi, en grève de la faim depuis le 19 décembre, était dans une situation stable et « hors de danger ». Mme Ashton avait par ailleurs estimé que « les dispositions adoptées par la nouvelle constitution garantissent à toute personne détenue de jouir de droits fondamentaux et de conditions de détention humaines et criminalisent toute pratique de la torture, sous toutes ses formes ».
La responsable européenne a tenu ces affirmations, alors qu’en réalité la situation de ces prisonniers n'est pas vraiment connu de l'opinion publique et le gouvernement ne communique pas sur le sujet. D’autant plus que le collectif d’ONG qui a récemment demandé une intervention du chef du gouvernement n’a toujours pas obtenu satisfaction.
Le CNDH répond à la place de Benkirane
Un collectif de 18 ONG pour la défense des droits de l’homme a récemment interpellé le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, pour une solution face à la situation des « 27 détenus politiques » en grève de la faim. Mais chose curieuse, « nous avons reçu une réponse du CNDH, il y a à peu près une semaine », indique à Yabiladi Khadija Riyadi, présidente de l’AMDH et membre de ce collectif. Pourtant, « nous ne les avons jamais saisis, poursuit-elle. Nous écrivons au chef du gouvernement et c’est le CNDH qui nous répond, on ne comprend pas », s’indigne Mme Riyadi.
Dans son communiqué, le collectif avait mentionné les noms de chacun des 27 détenus. Cependant, le CNDH dans sa réponse, dit qu’« il y a des noms de prisonniers qui ne sont pas en grève de la faim », selon la défenseure des droits de l’homme. « Ils nous ont dit que les [grévistes] sont dans un état stable, y compris Roussi [Azzedine Roussi] ». Toutefois, Khadija Riyadi ne comprend toujours pas pourquoi le chef du gouvernement ne réagit pas personnellement sur un sujet aussi grave que celui-là, où la vie des jeunes « étudiants pour la plupart » est en danger. « On a décidé de saisir à nouveau le chef du gouvernement. Nous enverrons peut-être notre note demain », conclut-elle.
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lundi 16 avril 2012

le journal des détenus politiques qui agonisent dans les prisons au Maroc.

 Par Moha Oukziz, coordinateur du groupe de soutien, 16/4/2012
 
Mesdames, messieurs,
 La campagne de soutien aux détenus politiques en grève de la faim continue. 
- Le comité de soutien a mis en ligne une nouvelle  pétition que vous trouverez pour signature sur le site suivant : http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/nouvelle-sauver-ezedine-camarades-greve-faim-463.html  
et sur le blog http://solidmar.blogspot.comhttp://solidmar.blogspot.com
 -  Des ONG marocaines se sont mobilisées. Nous nous en réjouissons de cette mobilisation. 
- Des médias comme l'Humanité, france 24, tv5 monde et bien d'autres ont informé leur public. Nous nous réjouissons de la réussite de la campagne lancée par le comité. 
- Beaucoup d'associations et de réseaux sociaux ont repris les documents que le comité a mis en ligne, y compris le journal de torture d'Ezedine Eroussi en grève de la faim depuis le 19 décembre 2011. 
- Nous vous adressons une nouvelle fois le journal des quatre détenus politiques en grève de la faim illimitée dans la prison Ain Kadouss à Fès. 
- Nous sollicitons la presse de continuer à informer au sujet des prisonniers politiques au Maroc et demander leur libération. Nous profitons de l'occasion pour remercier la radio Canalsud à Toulouse qui a couvert largement les évènements au Maroc et continue d'informer ces auditeurs de la situation dans ce pays qui connait des bouleversements mais aussi qui bénificient d'un grand silence des grands médias européens.

"Le journal  du 28 février des quatre militants  détenus politiques dans la prison Ain Kadouss à Fès ,Maroc : Mohamed Ghaloud, Mohamed Zeghdidi, Mohamed Fetal, Ibrahim Saïdi.

 À l’opinion publique nationale et internationale, 
Le régime au Maroc a échoué de briser les prisonniers politiques au Maroc en grève de la faim. Il a utilisé différentes méthodes y compris la transfusion et les injections et des promesses pompeuses. Notre bataille subit aussi des complots et des mesquineries. Notre combat victorieux a réussi à dévoiler et à faire connaître le dossier des prisonniers politiques au plan national et international. Les masses populaires ont adopté notre combat.
 Le régime et ses collabos se sont précipités et utilisent tous les moyens pour briser la grève. Celle ci a permis de démasquer la nature meurtrière du régime et ses étendards démagogiques : respect des droits de l’Homme, rupture avec le passé etc. Nous , Mohamed Ghaloud, Mohamed Fetal, Mohaled Zeghdidi, Ibrahim Saîdi, détenus politiques dans la prison Ain kadouss à Fès, nous entamons la grève de la faim depuis le 23 février 2012. Mohamed Ghelat, détenu politique dans la prison de Taza est en grève de la faim depuis le 23 janvier 2012. Trois autres détenus politiques dans la prison locale à Errachidi ont rejoint le combat. Ils observent la grève de la faim depuis le 22 février 2012. Ezedine Erroussi est en grève de la faim depuis le 19 décembre 2011 dans la prison de Taza. Son état de santé est très détérioré. Il est au bord du martyre. Dans ce contexte, le régime ne peut que manœuvrer pour sortir de son isolement et œuvrer pour briser notre combat et limiter ses conséquences. Dimanche 26 février une caravane de solidarité s’est déplacée vers Taza. Au cours de cette manifestation de soutien, des agents de renseignement se sont déguisés en militants de droits de l’Homme et ils ont tenté d’intimider et d’influencer le papa d’Ezedine Erroussi. Ils lui tenaient des propos suivants : « quelques-uns exploitent ton fils et bénéficient de la grève de la faim, ils le poussent au sacrifice et à l’aventure de mourir. Ton fils met sa santé et sa vie en cause pour rien, lui qui n’a que quelques mois de détention à tenir. Ezedine doit réfléchir à ses intérêts personnels. Réveille-toi et assume ta responsabilité pour sauver ton fils… » Beaucoup d’autres avaient des plans et ont tenu des discours de campagne contre la bataille du camarade Ezedine, contre la bataille des étudiants et contre les militants de la voie démocratique basiste. Et pour éclairer l’opinion publique nationale et internationale, ainsi que les nobles militantes et militants, toutes et tous les camarades, nous les détenus politiques dans la prison Ain Kadouss à Fès, nous vous informons que : Le 27 février 2012, à sa demande, nous étions en dialogue avec le procureur général. Il nous a sollicité de suspendre la grève de la faim pendant une semaine en attente d’une réponse à nos revendications. Le procureur nous a avancé des promesses, surtout il nous a promis notre libération au plus tard le mois de mai ou juin prochain ! Selon le procureur général, « des discussions à haut niveau ont eu lieu pour solutionner le dossier des prisonniers d’opinion…etc » Bine évidemment on a rejeté la demande de suspendre la grève de la faim et nous avons réitéré notre demande de satisfaire nos revendications et celles des prisonniers politiques, en premier lieu la libération. Quelques minutes avant les négociations avec le procureur général, le directeur de la prison Ain Kadouss et soi-disant « responsable de l’administration régionale des prisons » nous ont annoncé qu’ils détiennent des informations sures et que Ezedine Erroussi a arrêté la grève de la faim et de soif , il est de notre devoir et responsablité , selon eux, de ne pas rater l’occasion des négociations avec le procureur général pour arrêter la grève et mettre fin à nos souffrances !! Autre point qui illustre l’ampleur du piège et du complot organisé contre nous, sans doute par le régime : Dimanche dernier, des gens suspects se sont rapprochés de la famille de notre camarade Ezedine Erroussi et ont propagé des contrevérités et des mensonges pour l’atteindre moralement et faire pression sur Ezedine. Lundi , juste avant notre rencontre avec le procureur, le directeur de la prison Ain Kadouss et le nommé « responsable régional » ont fait circuler la murmure de la fin de la grève de la faim à Taza. Organiser cette rencontre en ce moment même et dans ces conditions n’est pas du au hasard. Il s’agit bien d’un plan clair de traits qui est organisé contre la bataille des détenus politiques, contre les masses des étudiants en mouvement dans le bastion Dher EL Mehraz à Fès, victimes des violations et agressions des baltajis (collabos) du régime et contre les étudiants en grève à Taza victimes des interventions répressives des forces de l’ordre. Contrairement à ces plans abjects des agents et des collabos sous enseigne de « droits de l’homme », nous déclarons qu’Ezedine Eroussi continue sa grève de faim et de soif. Nous même, le détenu politique Mohamed Ghelat et les camarades détenus dans la prison d’Errachidia, nous continuons également la grève de la faim. Nous disons aux comploteurs et aux traitres que notre bataille est forte et nos convictions sont solides. Le chemin du sacrifice et du martyre que nous empruntons en toute conscience est le fossoyeur de vos tombes. Notre bataille ne peut qu’évoluer et s’intensifier et vos masques tomberont. 
Nous saluons toutes les militantes et tous les militants des associations de droits de l’homme, de l’association des enchômagés des cadres supérieurs, du mouvement du 20 février, des militants au niveau national et international, qui se solidarisent avec nous et soutiennent notre bataille, la bataille des gens libres et nobles et des révolutionnaires, bataille en dernier recours du peuple marocain. Nous accueillons toutes initiatives pour développer notre cause, la cause du peuple marocain. Nous confirmons notre attachement aux valeurs et principes de la lutte. Nous dévoilons et confrontons avec force toute tentative de surenchère, d’opportunisme, de compromission sur le dos des sacrifices des détenus politiques,leurs familles et des martyrs et des souffrances du peuple. Nous saluons nos familles et à travers elles toutes les familles résistantes et combattantes des détenus politiques . Nous saluons nos camarades de la voie démocratique basiste, les masses des étudiants et tous les détenus politiques Nous saluons également tous les nobles militant(e )s au Maroc et au niveau international Nous condamnons toutes les conspirations du régime en place et ses caudataires contre les détenus politiques, leurs familles, les masses des étudiants, la voie démocratique basiste, les masses populaires et leurs fidèles militants. Liberté pour les détenus politiques La bataille jusqu’à la victoire ou le martyre Ni paix ni résignation … la lutte en avant.

samedi 14 avril 2012

Nouvelle pétition pour sauver Ezedine et ses camarades en grève de la faim

Par Solidarité Maroc 05 et le Comité de soutien à Ezedine et ses camarades en grève, 11/4/2012
Lire le texte diffuser partout  et signer :
 


Pour sauver Ezedine et ses camarades en grève de la faim

Les 28 prisonniers politiques marocains grévistes soutiennent le combat d’Ezedine Erouissi

 
* Liste probablement incomplète des détenus en grève de la faim
dans les prisons du Maroc (situation fin mars 2012)
Prénom
Nom
prison
en grève  depuis
Ezedine
EROUISSI
Taza
19/12/2011
Mohamed
GHLOUD
Fès (Aïn Kadouss)
23/01/2012
Mohamed
FETAL
Fès (Aïn Kadouss)
23/01/2012
Ibrahim
SAÏDI
Fès (Aïn Kadouss)
23/01/2012
Mohamed
ZGHDIDI
Fès (Aïn Kadouss)
23/01/2012
Abdelkarim
KENDI
Safi
30/01/2012
Abdelkader
FIDADI
Safi
30/01/2012
Mohamed
GHELAT
Taza
14/02/2012
Agadil
ABDELJALIL
Safi
20/02/2012
Hicham
TANI
Safi
20/02/2012
Ali
TAABAN
Safi
20/02/2012
Zaid
AADIL
Safi
20/02/2012
Omar
MOURTAB
Safi
20/02/2012
Hicham
SALEH
Errachidia
22/02/2012
Alioui
El Ghali
Errachidia
22/02/2012
Abdellatif
AL IDRISSI
Errachidia
22/02/2012
Youssef
AHJIJ
Taza
29/02/2012
Tarik
LHAMANI
Taza
05/03/2012
Abdessamad
EL HIDOUR
Taza/Casa(Oukacha)
12/03/2012
Boubeker
JADA
Taza
14/03/2012
Lahcen
DRAHOU
Taza
14/03/2012
Mohamed
BOUKMARA
Taza
14/03/2012
Yassir
NOUJAJI
Sidi Ifni
22/03/2012
Mourad
ECHEOUINI
Marrakech
27/03/2012
Youssef
EL HAMDIA
Marrakech
27/03/2012
Mohamed
LAÂBID
Agadir
28/03/2012
Abdellah
BELLAJ
Agadir
28/03/2012
*




* 28ème : Driss Sedraoui, emprisonné à Kénitra au début de l'année avec 22 camarades, avait commencé une grève de la faim. Nous n'avons pu obtenir aucune information. Est-il toujours en grève, ses camarades sont-ils toujours avec lui ?