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jeudi 22 mars 2012

URGENT ! #Freezedine - Freeze pour Free Ezzedine: Participez à l'activité de sensibilisation

#Freezedine - Freeze pour Free Ezzedine: Participez à l'activité de sensibilisation

Pour plus d'infos sur le cas d'Ezzedine Errouissi: http://24.mamfakinch.com/freeezzedine-petition. 


Ce formulaire a pour objectif de centraliser vos disponibilités à participer à l’événement qui aura lieu Vendredi 23 Mars, étalé sur la journée  dans la ville de Rabat. 
Le Jeudi 22 Mars aura lieu une réunion à 20h pour préparer ce "freeze", ou "flashmob" qui sera plutôt sous la forme d'une pièce de théâtre, ou d'un "sit in" silencieux et mis en scène. L’évènement prendra la forme suivante: Une vingtaine de personnes quittent la foule pour former un carré humain. Deux personnes poussent alors "Ezzedine" (cicatrices sur le visage) à l'intérieur du "carré" symbolisant la prison. Il siffle et lève une pancarte "grève de la faim - 95e jour". A ce moment le "carré" lui tourne le dos et se couvre la bouche, les oreilles ou les yeux avec leurs mains, "Ezzedine" s'allonge. A ce moment là, la troupe reste figée 1 minute pendant qu'une personne distribue des tracts expliquant le cas d'Ezzedine. 
Le freeze sera fait à plusieurs endroits à Rabat, le groupe d'"acteurs" en cours de route notamment lors du voyage en tram sensibilisent les passants sur le cas Ezzedine.

 / ! \ TRÈS IMPORTANT: SVP, VEUILLEZ N'INDIQUER VOS DISPONIBILITÉS QUE SI VOUS ÊTES ABSOLUMENT CERTAINS D’ÊTRE PRÉSENTS! VEUILLEZ ARRIVER 15 MINUTES A L'AVANCE!! L’ÉVÉNEMENT DOIT ÊTRE LANCÉ A L'HEURE. MERCI. 
Veuillez également vous fondre dans la foule et ne pas rester en groupe! Merci.

*Obligatoire

Nom et prénom *

Quels sont vos disponibilités? *

11H00 à CAMPUS AL IRFANE
12H00 devant le LYCEE DESCARTES
14H00 devant la MOSQUÉE BADR
15H00 à BAB EL HED
16H00 à la GARE RABAT VILLE
17H00 à BAB EL HED
18H00 à CAMPUS AL IRFANE

Soirée débat à Villeneuve avec Omar Aziki, s.g. d'Attac Maroc

Une soirée-débat  s'est déroulée à la Villeneuve (Isère) le 2 mars dernier. Voici un résumé de l'intervention d'Omar Aziki, secrétaire général d'ATTAC Maroc pour présenter le Mouvement du 20 février, dont les manifestations et les revendications ont caractérisé l'année 2011 au Maroc.
Les actions de ce mouvement ont rencontré diverses formes de répression de la part des autorités: harcèlement des manifestants (notamment par les fameux groupes de "baltajis"), arrestations, tabassages, condamnations judiciaires. Certains manifestants en sont morts, des cas de tortures par la police ont été documentés. Nous joignons également à ce message des extraits d'une lettre écrite par un étudiant prisonnier, en grève de la faim depuis le 19 décembre 2011, qui sera publiée dans le prochain bulletin du Centre d'Information Inter-Peuples à la fin du mois de mars.
Depuis que cette lettre a été écrite, d'autres explosions sociales sont intervenues, comme à Beni Bouayach (Al Hoceima), et ont été réprimées avec violence, comme à Taza. Elles font actuellement l'objet d'une enquête par l'AMDH (Association Marocaine des Droits Humains) et le PJD (Parti de la Justice et du Développement).

Pour le bureau de l'association Maroc solidarités citoyennes
Marc Ollivier
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Soirée-débat du 2 mars 2012 à la Villeneuve

MAROC : Quelles luttes ? Quelles solidarités ?

avec Omar AZIKI, Secrétaire Général d'ATTAC Maroc

Principaux axes de son intervention:

Des mobilisations aux racines profondes
Depuis la crise de la dette au début des années 80 et les Plans d'Ajustement Structurel qui en découlaient, la crise sociale s’aggravait dans les différentes couches de la société sous le règne d’un régime despotique soutenu par les puissances impérialistes la France en tête (pays colonisateur).
A partir des années 90, le régime continua d’approfondir la dépendance de l’économie marocaine aux exigences des centres impérialistes surtout avec les accords de libre-échange avec l’UE et les USA, et sa soumission totale aux politiques néolibérales dictées par les institutions économiques internationales. Ces politiques approfondissent d’avantage la pauvreté, le chômage de masse, et l’exclusion généralisée.
La répression féroce n’a pas freiné le mouvement de contestation et de revendication qui se développait et qui se manifestât dans 3 grands soulèvements populaires presque uniques dans la région à l’époque : 1981, 1984 et 1990 réprimés férocement.

La vague démocratique au début des années 90 provoquée par l’effondrement des pays du bloc socialiste constitua une pression sur le régime qui a intégré une partie de l’opposition historique dans un gouvernement d’alternance avec la participation de l’USFP et l’institutionnalisation de la politique du « dialogue social » avec les syndicats en 1996.
C’est une ouverture dictée par la nécessité d’une transition douce du pouvoir suivie par d’autres initiatives telles que l’allègement de quelques aspects flagrants du despotisme : retour des exilés, libération des prisonniers politiques, l’instance de réconciliation et de l’équité, L’INDH, libertés publiques relatives…
Ces pseudo réformes ne permettaient plus de gérer la crise politique qui se manifesta dans les larges taux d’abstention en 2007 et 2009. Et les protestations s’élargissaient : marches des populations pauvres des régions rurales marginalisées et des montagnes qui revendiquent les services sociaux (écoles , services de santé, routes...) ; soulèvements régionaux au Sud à Tata et Sidi Ifni, et a l ‘Est à Bouaârfa ; coordinations contre la cherté de la vie ; montée des mouvements des diplômés chômeurs ; luttes syndicales...
C’est bien ce contexte politique et social local qui explique l’impact positif du processus révolutionnaire de la région arabe et maghrébine qui se manifesta par une montée en force de ces contestations sociales, par leur généralisation et par l’apparition d’un mouvement politique réclamant la démocratie et la justice sociale, le mouvement du 20 février (M20).

Quelques caractéristiques du M20
Le mouvement de 20 Février, initié par les marches populaires massives du 20 février 2011 dans la majorité des villes et campagnes du pays, a permis pour la première fois de poser la question de la corruption généralisée et de la démocratie. Et depuis , il a organisé 12 journées nationales avec des participations atteignant 600.000 à 700.000 personnes dans l'ensemble du pays, et des dizaines de journées locales atteignant 100.000 participants dans des principales villes comme Casablanca ou Tanger.
Le M20 est un mouvement pluraliste, de jeunes, de femmes, dans les villes et campagnes, démocratique, prenant ses décisions par consensus. Il travaille par coordinations, n’a pas de direction centrale, en utilisant les réseaux internet. Il a réussi à stimuler des dynamiques militantes diverses, mais il n’a pas encore pu intégrer toutes les composantes du mouvement social (le mouvement syndical, diplômés chômeurs, étudiants, jeunes ..). C’est là justement où réside son salut vu la crise sociale profonde et le peu d’intérêt aux questions politiques et de pouvoir dans un pays où existent encore près de 60% d'analphabètes. Le M20 a des objectifs, mais n’a pas de programme ni de plan d’action propre et se contente d’adapter ses actions par rapport aux initiatives du régime.

Dynamiques militantes existantes stimulées par le M20 et concessions immédiates du pouvoir
Le mouvement des diplômés chômeurs, dont les actions sont devenues de plus en plus combatives, la lutte des pauvres pour les services publics dans les régions marginalisées, le mouvement syndical avec la montée du nombre des grèves passant de 210 en 2009 et 230 grèves en 2010 à 400 en 2011.
En réaction, l'augmentation des salaires (15% pour le salaire minimum garanti , et 600 dh pour les employés du public), l'embauche directe d’une partie des diplômés chômeurs, le maintien des subventions de la Caisse de compensation, quelques dossiers de dilapidation des deniers publics présentés aux tribunaux, une réforme formelle de la constitution (le roi continue à monopoliser le pouvoir), et des élections anticipées en novembre 2011 où le taux de participation n’a pas dépassé 25%.
Ces concessions y compris la participation d’un parti islamique très modéré au gouvernement sur la base d’une majorité relative au parlement, ont contribué au faire régresser la participation aux marches du M20. En plus le retrait du mouvement intégriste radical « justice et bienfaisance » avec sa grande base sociale et sa puissance organisationnelle a aussi relativement affaibli le M20.
Mais ces succès relatifs à contenir les revendications du M20 ne seront que temporaires, surtout que la déclaration du gouvernement, votée par le parlement, poursuit les mêmes politiques économiques et sociales dictées par les Institutions Financières Internationales dans un contexte de crise généralisée.

Le contexte de crise mondiale et dans la zone euro
L’économie marocaine se base essentiellement sur le tourisme, les transferts des RME (résidents marocains à l'étranger) qui rapportent une moyenne de 5 millions d’euros par an, le phosphate, quelques produits alimentaires et textiles. Le Dirham marocain est aligné sur l’Euro avec un pourcentage de 80% par rapport au Dollar américain.
Le marché de l’UE constitue 60% des exportations marocaines et 70% des importations. La France est le premier investisseur au Maroc avec une moyenne de 1,2 milliards d’euros des IDE (investissements directs étrangers) sur la période 2001-2009, soit environ 60% du total des IDE au Maroc, et l’Espagne est classée deuxième avec 15% d’IDE. Le nombre de sociétés françaises présentes au Maroc avoisine 750 plus 340 sociétés à participation française. La dépendance alimentaire est très aigüe, et notre plat principal dépend des importations et donc des multinationales qui spéculent sur les denrées alimentaires.

Tournant répressif et nécessité de la solidarité internationale
Le pouvoir n’aura alors que la répression comme réponse. Vagues d’arrestations dans les rangs des diplômés chômeurs, populations dont les habitations sont démolies, violences contre les protestations populaires (Taza, Kenitra, Beni Mellal, Safi,…), les étudiants, le M20...
Ce qui nécessite la mise en place de collectifs de solidarité internationale.

AZIKI OMAR
Secrétaire général ATTAC Maroc.
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Journal de la torture

Par Ezedine ERROUSSI, détenu politique au Maroc
Prison locale de Taza, n°d’écrou 7000096

Les gouvernants français ne cessent de couvrir de louanges le roi du Maroc. Notre ineffable Alain Juppé déclare « j'ai de l'admiration pour le modèle marocain » et prend ainsi au Maroc le même chemin suivi par Alliot Marie en Tunisie. Comme s'il était vital pour la France de préserver nos dictateurs arabes préférés, en continuant à fermer les yeux sur les violences inqualifiables exercées par leurs policiers envers les jeunes manifestants qui exigent dans tous les pays arabes la démocratie et la justice sociale. Tabassages et tortures policières continuent pourtant à caractériser les réactions du roi du Maroc à l'agard des dizaines de milliers de manifestants du printemps arabe (qui a explosé au Maroc sous le nom de « Mouvement du 20 février ») qui occupent régulièrement les rues de toutes les villes du pays. Pour mettre en pleine lumière cette répression, nous publions ci-dessous les extraits les plus significatifs d'une lettre d'Ezedine Erroussi, transmise par son comité de soutien.
Et pour éclairer le contexte de la situation dramatique où se trouve cet étudiant de Taza, rappelons que d'autres prisonniers politiques en sont à plus de quarante jours de grève de la faim, depuis le 23 janvier 2012, dans la prison de Ain Kadouss à Fès: Mohamed Ghloud, Mohamed Zghdidi, Mohamed Fetal et Ibrahim Saidi, tous des étudiants militants de l'UNEM enlevés et incarcérés depuis plusieurs mois sans jugement. D'autres sont en grève de la faim à la prison de Taza, Errachidia et ailleurs. Le 18 janvier, quatre jeunes manifestants insultés par les policiers se sont immolés par le feu à Rabat dont l'un, Abdelwahab Zidoun, diplômé en droit, est décédé à l'hôpital et plusieurs autres ont menacé de se suicider de la même façon à Benguerir et à Nador. De même, un militant d'ATTAC Maroc, Kamal Amari, est décédé après son interpellation par la police à Safi lors d'une manifestation et une quinzaine d'autres manifestants ont été condamnés dans cette ville à de lourdes peines de prison. Bref c'est à nouveau risquer la torture, la prison et la mort que de vouloir exercer ses droits à la liberté d'expression au Maroc


[…] Comme tout le monde le sait, j’ai été arrêté le jeudi 01/12/2011, quand les forces de l’ordre de tous bords sont intervenues alors que nous menions notre glorieuse bataille avec un cahier de revendications bien précises. La réponse du régime a été d’envoyer ses espions et ses agents pour épier nos actions. Les forces de l’ordre ont commis une boucherie à notre encontre. Elles ne cessent de militariser l’université et continuent à s’opposer violemment à notre mouvement contestataire, celui des étudiants et du peuple marocain en général.
J’ai été arrêté par trente agents répressifs, ils m’ont tabassé à coups de matraque jusqu’à ce que je m’évanouisse. Ils m’ont ligoté et tiré par les pieds jusqu’à la voiture blindée, stationnée devant la fac porte ouest du coté du cimetière. Là ils m’ont déshabillé. Ils ont commencé à m’insulter et à me frapper violemment. À plusieurs reprises, ils ont piétiné ma tête et mon ventre avec leurs pieds. Ensuite un des agents m’a mis un pistolet dans ma bouche en disant « une seule balle et c’en est fini de toi, les années de plomb ne sont pas terminées et tu verras les horreurs que tu n’as jamais vues depuis ta venue au monde ». Soudain, l’estafette blindée a redémarré, elle s’est arrêtée plus loin devant la station d’essence OL LYBIA qui est située en face de l’autre porte de la FAC du côté de l’institut de technologie appliquée. Les agents ont ouvert la porte de la voiture, j’ai vu des agents qui ont l’air haut gradés, ils étaient officiers, un des leurs a dit aux autres « voilà un de ces morveux qui vient de tomber » ; ils reprirent alors les insultes, les injures et les coups. Après quinze minutes, je fus transporté au commissariat. A mon arrivée, ils m’ont poussé de toutes leurs forces. Je suis tombé par terre et mon visage s’est cogné. Ils ont ligoté mes pieds et m’ont roué de coups de pied. Ensuite ils ont bandé mes yeux, ils ont ligoté mes pieds et mes mains.
Ils m’ont fait rentrer dans une chambre et ont commencé l’interrogatoire. J’ai refusé de parler et j’ai gardé le silence. Alors un des agents a mis encore une fois un pistolet dans ma bouche et sur ma tempe, il m’insultait et me menaçait « je vais t’exploser la tête si tu ne parles pas.. » J’ai quand même gardé le silence, alors ils ont commencé à arracher mes cheveux à tel point que qu’il arrachait mon cuir chevelu. Les questions se sont concentrées sur des détails de l’organisation de la mouvance des basistes. J’ai gardé le silence et là, ils se sont tous mis à me tabasser. Ils se sont mis à me provoquer pour m’amener à parler. Comme ils n’ont pas réussi, ils ont repris la torture. Ils ont mis un torchon plein de boue et d’huile de moteurs dans ma bouche. J’ai failli m’étouffer car ils ont continué à me rouer de coups sur la totalité de mon corps surtout sur les parties sensibles. Tout ça était accompagné de provocations verbales et de mots injurieux. Face à mon mutisme, ils m’ont transporté dans la cave, là ils ont trempé ma tête dans un seau d’eau et la torture a continué longtemps à ce rythme. J’ai gardé le silence, ils m’ont alors tiré, ont mis ma tête parterre et ont compressé ma poitrine avec leurs pieds ; ils ont mis encore un torchon plein d’eau de la cuvette des WC sur mon visage et ma bouche. Cette torture a duré plus de six heures non-stop sans que je dise un mot. Ils m’ont alors transporté dans ma cellule. Là, ils m’ont déshabillé encore une fois, et ont refusé de me donner des couvertures avec le temps glacial qu’il fait à cette époque de l’année ; cette séance de torture a perduré pendant tout le temps que j’ai passé au commissariat. Ils me sortaient de ma cellule, j’avais les pieds et les mains ligotées avec les yeux bandés, ils me torturaient et me ramenaient de nouveau dans la cellule. J’avais refusé de parler et mon corps me faisait mal. Tout mon corps était dévoré de douleurs. J’avais les mains et les pieds cassés. Je ne savais pas ce qui était arrivé à mes mains, ils ne m’avaient pas amené à l’hôpital. Je ne pouvais pas bouger et des douleurs aiguës ravageaient mon corps. J’ai refusé de signer leur procès verbal (je ne savais pas ce qu’ils y avaient écrit.) Alors, ils se sont mis à me taper dessus, à me donner des coups de pieds, m’insulter et m’injurier.
Je n’ai pas signé et je ne sais pas s’ils ont signé à ma place. Est-ce que c’est ça la constitution avancée, la constitution des droits et libertés, la constitution qui garantit les droits de l’homme et les droits des détenus, c’est ce qu’a promis le discours historique du 9 mars ?
Nous étions convaincus de la démagogie de ces étendards et nous ne nous sommes jamais leurrés. Seuls les ennemis du peuple marocain, tous les collabos et traîtres les ont applaudis.
La torture psychologique et physique épuisée, le régime en place a eu recours à d’autres méthodes plus perverses et plus criminelles, me sous-estimant et croyant que tous les marocains sont du bétail. Le régime a même recours à des parlementaires et à des gens qui se prétendent des défenseurs des droits de l’homme et qui ont essayé d’influencer ma famille. J’ignore pour qui ils travaillent.
Dans le cadre de ces pratiques perverses, j’ai reçu, il y a trois semaines, la visite du procureur du roi en présence de mon père. C’était une tentative pour atteindre mon père psychologiquement : ils l’ont convoqué devant le procureur pour me faire du chantage. Ils m’ont promis une bourse permanente comme c’est dû aux étudiants sahraouis. J’ai obtenu le baccalauréat à Esmara dans le Sahara occidental ; j’y ai été scolarisé pendant six ans ; le procureur m’a également promis un droit de visite ouvert à tous mes amis et à tous ceux qui souhaitent me voir ; il m’a promis de me « choyer ». Il est allé loin dans le chantage en me promettant de me trouver un travail stable à condition que je mette un terme à ma grève de la faim, d’arrêter la fronde et de m’éloigner des contestataires.
J’ai refusé et j’ai réitéré ma demande de satisfaire les revendications des étudiants et de libérer les détenus politiques, seules conditions à laquelle je mettrai fin à ma grève de la faim. Il a répondu en s’adressant à mon père « regardez votre fils à qui j’ai voulu du bien, il gâche tout et me le rend en mal ». Mon père lui a répondu : « je préfère que mon fils meure plutôt que de vivre humilié, il sait ce qu’il fait, et si moi-même je faisais des études, j’aurais été avec lui ici en prison ».
Mercredi dernier, le procureur auprès de la cour d’appel de Taza est venu me voir avec d’autres illusions à me proposer ; Il m’a appelé « MONSIEUR ERROUSSI» et m’a demandé de rédiger une demande de grâce, seule solution, selon lui, pour ma libération.
J’ai répondu clairement que je n’écrirai pas de demande de grâce, je ne m’inclinerai pas, je ne baiserai pas leurs pieds pour ma liberté. Je ne solliciterai personne et je ne me soumettrai à quiconque, quel que soit son pouvoir.
Notre cause est juste et légitime. Nous seuls, les militants, nous décidons de nos outils démocratiques pour mener nos combats en face des politiques que mène le régime collaborateur, régime qui est contre les intérêts de la nation, anti-démocratiques et antipopulaires. Il sera toujours l’ennemi historique de notre peuple qui trime et qui, pourtant, souffre de la pauvreté et de la répression.
Jeudi dernier, évanoui, j’ai été transféré à l’hôpital régional « Ibn Bayah » comme ça s’est produit à plusieurs reprises. A mon réveil, j’étais crucifié comme le fut Jésus sur sa croix : ils m’avaient ligoté les pieds et les mains avec huit menottes. J’avais auparavant refusé la perfusion. Pour m’en administrer, ils m’ont ligoté. J’ai alors reçu trente sachets de sérum en soixante-douze heures à l’hôpital ; j’étais sous surveillance très rapprochée. Six personnes alternaient pour me surveiller, m’injurier, m’insulter, me provoquer et m’ajuster les menottes. Ils étaient en extase et jouissaient de leur toute puissance en me demandant « il ne veut pas mourir celui-là encore ! » Ils m’ont en outre envoyé un psychiatre pour me faire douter de mes capacités mentales. A force d’ajuster mes menottes fortement, mes muscles ont été gravement abîmés et je ne peux plus bouger mes pieds.
Il est clair que le régime est dans l’impasse ; il s’acharne sur moi, en me maintenant en vie sous sérum. Tout ça pour briser ma volonté à mener ma grève de la faim illimitée. Jusqu’à quand le sérum me maintiendra-t-il en vie, jusqu’à quand j’aurai des veines et des vaisseaux sanguins pour continuer à me donner la vie ? Ceci ne durera pas longtemps dans quelques jours ce sérum n’aura plus d’effet ; j’indique aussi qu’on m’a administré des injections dont je ne sais pas l’intérêt ni le besoin. Actuellement, mon état de santé s’est détérioré, j’ai perdu vingt quatre kilos et les derniers jours je vomis et je pisse du sang. Je suis un cadavre couché jour et nuit.
Ce comportement est naturel au régime. Je ne m’attendais pas à des roses de sa part ni de jolis parfums. Ce régime ne peut offrir au peuple que plus d’appauvrissement et de liquidation.
Nous sommes convaincus que notre sacrifice jusqu’au dernier souffle n’est qu’une modeste participation à la libération de notre peuple. Nous offrirons notre vie pour notre cause.(…)
Restez, restons toujours fidèles aux luttes jusqu’à la victoire ou la mort !
20/02/2012


mercredi 21 mars 2012

Amina, Nabil, Azzedine, les victimes d'un Maroc qui va mal


Par Ibn Kafka, 20/3/2012
Entre crimes contre l’humanité commis par le régime baathiste en Syrie et assassinat d’écoliers juifs en France, l’actualité au Maroc peut sembler anodine vu de l’extérieur. Les Marocains savent, eux, qu’il n’en est rien. Une économie menacée par la sécheresse – au pays de « gouverner, c’est pleuvoir » (formule du Maréchal Lyautey), chacun sait ce que cela signifie – et une société confrontée à ses maux persistants de pauvreté, marginalisation et criminalité, nul besoin d’éplucher les rapports confidentiels de la Banque mondiale pour ne pas être exagérément optimiste. Et je ne parle même pas de politique… C’est la jeunesse marocaine qui paie le prix fort : je cite comme témoins à la barre Amina, Azzedine et Nabil – deux sont morts et un se laisse mourir.

Amina Filali n’est plus là pour témoigner, mais son acte a parlé pour elle. Vous connaissez tous son histoire : violée par un jeune homme, elle accepte, sous la pression combinée du procureur du Roi, de la famille de l’auteur et enfin, ce qui est pire encore, de ses propres parents, d’épouser son violeur, ce qui aboutit à la fin des poursuites. C’est en application erronée d’un texte de loi ne visant pas le viol mais le détournement de mineur sans contrainte ni violence que la justice marocaine a violé Amina pour une deuxième fois. Ne supportant pas une vie conjugale qu’on imagine guère portée sur le romantisme, elle a mis fin à ses jours le samedi 10 mars en ingurgitant du poison. Si sa vie fut anonyme, sa mort à déclenché une tempête de protestations au sein de l’opinion publique, choquée par l’instrumentalisation de l’article 475 du Code pénal relatif au détournement de mineur sans contrainte (c’est ce texte qui interdit toute poursuite si auteur de l’infraction et victime se marient) dans un cas concernant le viol (réprimé lui par l’article 486 du Code pénal). Des juges ne sachant pas lire la loi, un texte de loi directement copié du Code Napoléon de 1810 et des parents acceptant de marier leur fille violée à son violeur, ce fait divers éclaire brutalement la société marocaine.
Ce samedi 17 mars, c’est Nabil Zouhri qui a laissé sa vie dans un village non loin de Taza, ville secouée par de violentes émeutes depuis le 4 janvier. Si la version officielle parle de chute accidentelle de Nabil dans un ravin, la famille affirme que la police, lancée à ses trousses dans une colline avoisinante où s’étaient regroupés des jeunes, aurait précipité la chute mortelle de Nabil. Comme on le sait sur la base de l’expérience algérienne (les émeutes de Kabylie), française (les émeutes déclenchées à la suite de violences policières) ou palestinienne, la mort de Nabil a renforcé la mobilisation, 20.000 personnes ayant participé à ses funérailles, qui se sont terminées par des affrontements violents avec la police.

Et depuis, on a le cas de l’étudiant Azzedine Rouissi, (ou Ezedine Eroussi) militant d’extrême-gauche et membre du mouvement du 20 février, détenu depuis le 1erdécembre
2011 après une condamnation à cinq mois de prison suite à une procédure arbitraire pour avoir participé aux manifestations de Taza. Il a relaté ses tortures – notamment un pistolet introduit dans sa bouche – dans une lettre rendue publique, expliquant son combat. Il a entamé une grève de la faim le 19 décembre, et serait à 93 jours de grève de la faim (encore un record mondial à portée du Maroc : le record serait celui d’un Indien, Swami Nigamanda, décédé après 115 jours de grève de la faim), encore que des informations non-confirmées font état de sondes gastriques qui le nourriraient de force. Et si vous voulez empêcher qu’un troisième jeune marocain décède, vous pouvez toujours signer la pétition en sa faveur.

Pour paraphraser le général De Gaulle, le Maroc a une apparence : Morocco Mall, le TGV et le festival de Marrakech, qui passent en boucle dans la communication sur l’image de marque du produit Maroc entre deux communiqués de Hillary Clinton. Il a une réalité : un pays ou une enfant est contrainte, par des juges et des familles, à épouser son violeur, et ou des étudiants meurent au contact des forces de l’ordre ou se laissent mourir faute de se résigner à un procès arbitraire. Tout cela aurait pu être si facilement évité : il aurait suffi au procureur traitant la plainte pénale contre le violeur d’Amina et au juge de la famille la mariant à son violeur de faire leur travail, et elle serait sans doute encore parmi nous. Il aurait suffi à la police de chasser plutôt les pickpockets et voleurs à l’arraché que les manifestants pour que Nabil soit encore parmi nous. Et il suffirait à la justice de garantir des procès équitables pour que Ezzedine ne courre pas le risque de les rejoindre dans l’au-delà.

Nous sommes maintenant au bout de trois mois de gouvernement PJD. Pour quelques avancées – la liste des grimates bien évidemment – combien de déconvenues ? J’avais exprimé en novembre l’espoir d’un mieux au Maroc, vers moins d’autocratie et plus de démocratie, tout en étant sceptique. Comme souvent au Maroc, si le catastrophisme ne se réalise pas toujours, le pessimisme résigné est l’option la plus réaliste. Ceux qui croient que le Maroc dispose de temps et de marges de manœuvre lui permettant de faire l’économie de réformes profondes entraînent le pays dans leur chute.
http://www.yabiladi.com/articles/details/9503/amina-nabil-azzedine-victimes-d-un.html



Urgent : Situation tragique des prisonniers politiques marocains, de plus en plus nombreux . Silence coupable de la France

La  situation évolue très vite au Maroc

Par Moha Oukziz, coordinateur du comité de soutien aux étudiants Fès/Taza, 20/3/2012

Au nord du pays comme à Taza, la révolte continue, les manifestations pour le changement sont matées et malgré la répression, les protestations et manifestations continuent.
Les populations sont déterminées à affronter la situation. Les milliers des gens à Taza qui ont accompagné le jeune Nabil Zouhayiri à sa dernière demeure en scandant des slogans contre le régime est un symbole fort. Le peuple marocain a certainement abandonné la peur et envisage d'autres voies.

De nouvelles condamnations :
Selon les sources des ONG des droits de l'Homme au Maroc,le régime au Maroc condamne des militants à des peines lourdes.
Aujourd'hui 20 mars 2012, le tribunal de première Instance à Taza a condamné six détenus politiques aux peines suivantes:
-Youssef Ahjij, un an et demi ferme plus amende de l'ordre de 500 Dh
-Jada Boubeker, un an ferme plus amende de l'ordre de 500 Dh
-Drajou Lahcen, 10 mois ferme plus amende de l'ordre de 500 Dh
-Kermad Abdelkader, 4 mois ferme plus amende de l'ordre de 500 Dh
-Boukmara Mohamed, 3 mois ferme plus amende de l'ordre de 500 Dh.
Le régime fait preuve encore une fois de plus de sa nature antidémocratique, les signataires de l'accord de "partenaire pour la démocratie" réservé au Royaume au Maroc doivent rougir et revoir leurs copies. 
 Ezedine
Selon les mêmes sources Ezedine Eroussi, qui est en grève de la faim depuis maintenant trois mois et trois jours, est un corps sans force en charpie , alimenté contre son gré par transfusion, son agonie est prolongée par ces méthodes dites médicales. Il subit une torture organisée et mise en place par un corps médical sous ordre et sous pression des services de l'Etat.
Un prisonnier de droit commun, condamné à 20 ans, au service de l'administration pénitentiaire, c'est à dire un para de la police, a menacé Ezedine Eroussi par son arme blanche, et lui a dit qu'il n'avait rien à perdre et qu'il allait le violenter et le déchirer s'il n'abandonne pas la grève de la faim. Toujours selon, les mêmes sources, la police a transporté Ezedine Eroussi au Tribunal pour témoin , ceci le 19 mars, dans le dossier des six autres détenus politiques qui viennent d'être condamnés. Le régime continue de s'acharner sur Ezedine Eroussi. 

Les autres grévistes de la faim
Les autres détenus dans la prison de Fès, sont à leur tour affaiblis, ils sont à leur 58eme jour de la grève de la faim.
Il s'agit de Mohamed Gheloud, Mohamed Zghdidi, Mohamed Fetal et Ibrahim Saïdi.
Les détenus politiques dans la prison d'Errachidia sont aussi en grève de la faim.
Mohamed Ghelat est en grève de la faim depuis le 14 fevrier, dans la prison de Taza
D'autres détenus ont rejoint le mouvement. 

Le silence honteusement coupable de la France
Le ministre des affaires étrangères de France, monsieur Alain JUPPÉ, était informé par les députés communistes français de la situation, il était reçu par le roi Mohamed VI et les hauts responsables du régime.
Madame Aubry, secrétaire du PS, était aussi en visite au Maroc. Elle a emboîté le pas à son ministre des affaires étrangères. Les politiciens français avaient d'autres préoccupations et intérêts au Maroc. Ils ont gardé silence sur la question des détenus politiques en grève de la faim. La complicité est à son comble. La question des violations des droits de l'Homme au Maroc est pliée jusqu'à nouvel ordre pour satisfaire les besoins des relations économiques et politiques qui relient la monarchie marocaine et la république française. Les liens et les accords entre les deux pays sont fortement de dimension historique. L'ombre d' Aix les Bains est toujours présent dans les affaires entre les deux pays.

mardi 20 mars 2012

Taza : Les manifestations dégénèrent en arrestations et grèves de la faim

Par Houda Belabd,Yabiladi,19/3/2012

Aujourd’hui, les affrontements à Taza ont refait surface. Et pour cause, le souvenir de la mort de Nabil Zouhri est encore frais. Décédé dans des conditions non-élucidées, hier, ses funérailles ont rassemblé près de 20 000 manifestants. Le climat d’abattement afflige d'autant plus cette ville en raison du nombre d'étudiants détenus qui frôlent l’agonie. Azzeddine Rouissi, Lahsen Drajou, Jadda Boubker, Mohammed Bouguemmara, Tarik Hemmani et Youssef Ahjij ont entamé une grève de la fin depuis plusieurs semaines.

« Azzeddine Rouissi en est à son 92ème jour de grève de la faim. Celui qui a envoyé une lettre ouverte à ses concitoyens a su mobiliser l’opinion publique étrangère mais pas les autorités locales », témoigne Soumaya Elouali, amie d’Azzedine. Contactée par nos soins, la jeune étudiante en droit privé à l’université des sciences juridiques de Taza interpelle l’attention du gouvernement marocain et l’exhorte à faire cesser ce qu’elle qualifie de barbarie policière. De même, elle juge la détention de Rouissi et sa condamnation à 5 mois de prison d’ « absurde » et de « systématique ». Selon ses termes : « pour avoir côtoyé Azzeddine et les autres, je peux affirmer qu’ils ne demandent pas plus qu’une prise en considération gouvernementale des soucis socio-économiques des habitants de la ville de Taza et de ses communes et villages limitrophes ». 
En cette fin d’après-midi, à l’heure de l’entretien téléphonique réalisé avec Soumaya par Yabiladi.com, elle était à quelques centaines de mètres d’une houleuse manifestation au centre-ville de Taza. « Les huées et les cris se font entendre à cent lieues à la ronde, rien n’arrête les forces auxiliaires. Ces derniers jours, il ne se passe pas une demie journée sans qu’il y ait une guéguerre de matraque entre étudiants manifestants et agents de la sûreté nationale. Cependant, le climat de consternation est plus révolté aujourd’hui », entrevoit-elle.

« Aujourd’hui à midi, la famille d’Azzeddine Rouissi a entendu parler d’une information non-vérifiée selon laquelle un gardien de prison a essayé de mettre un terme à la vie d’Azzeddine en l’assommant à coup de bâton. D’autres personnes interrogées sur place mentionnent qu’il a été agressé suite à une houleuse dispute entre les deux personnes », continue Soumaya et ce, avant d’ajouter qu’il n’y a pas eu moyen de vérifier ces informations pour le moins inquiétantes. Car le corps médical de l’hôpital qui accueille le jeune homme interdit les visites de son entourage à cause de son état lamentable. « La tentative de meurtre de Azzeddine n’est pas vérifiée, mais les coups qu’il a reçu au niveau du crâne ont malheureusement été confirmés », augmente-t-elle.

Parvenue à notre rédaction, la lettre ouverte d’Azzeddine mentionne qu’il continuerait sa grève de la faim jusqu’à sa libération ainsi que celle de tous les prisonniers désormais catégorisés comme « détenus politiques ». Ceux-ci militaient entre autre, jusqu’au moment de leur détention, pour la prise en considération des droits étudiants de la ville de Taza.

Un député du PCF s’en mêle…
Le député Jean-Paul Lecoq du Parti communiste français (PCF) vient d’envoyer une lettre au ministre français des affaires étrangères incitant ce dernier à demander la libération de Rouissi et des autres. Pour le député français, les manifestants marocains sont en danger et une mobilisation française est plus que jamais souhaitable pour lutter contre la torture et la recrudescence des grèves de la faim au Maroc.

dimanche 18 mars 2012

Les dernières informations des étudiants détenus politiques en grève de la faim au Maroc sont très inquiétantes.

Par Moha Oukziz, coordinateur du comité de soutien, 18/3/2012

Dans la prison de Taza, Ezedine Eroussi en est à son 90eme jour de  grève de la faim. Isolé dans sa cellule, du monde extérieur. Selon les dernières informations, il agonise, son corps est mis en charpie. J'espère que le corps médical est clément avec lui. La seule force qui lui reste est son mental.
En France une grande campagne s'est organisée depuis maintenant plus de deux mois pour demander et exiger sa libération.Malheureusement, la presse ne l'a pas trop relayée, à part l'Huma et l'Huma Dimanche
Ezedine Eroussi, ainsi que les autres détenus politiques et d'opinion en grève de la faim sont sous la responsabilité totale et intégrale de l’État marocain. Nous avons alerté l'opinion publique internationale de la situation des détenus politiques au Maroc, et de leur situation.
Les quatre autres grévistes en sont maintenant à 55 jours de la grève de faim.

lundi 12 mars 2012

Lettre du député français Jean-Paul Lecoq à Alain Juppé sur la situation des détenus politiques marocains et sahraouis


 La campagne de solidarité avec les détenus politiques au Royaume du Maroc continue, essentiellement les grévistes de la faim. Le député communiste Jean-Paul LECOQ a remis en mains propres la lettre ci-dessous à Alain JUPPÉ dans l'hémicycle du parlement français le mardi 6 mars 2012. Monsieur le Ministre des affaires étrangères a rétorqué au député qu'il verrait ce qu'il peut faire.
 Nous rappelons que cinq parlementaires ont adressé des lettres au Ministre des affaires étrangères, à Monsieur L'ambassadeur du Maroc à Paris et à la haute responsable des droits de l'homme au Parlement européen.
 D'autres responsables politiques français étaient en visite au Maroc, destination des amis du Maroc, de droite comme de gauche. Le dossier des détenus politiques est-il abordé?
 Continuons le combat pour la libération des détenus politiques au Maroc.
 Solidarité avec le peuple marocain, la situation au nord du pays est très inquiétante. Après Taza, Beni Mellal, Fès et les autres villages du Maroc lointain, les émeutes ont gagné le nord du pays. Jusqu'à quand ce silence de la France ?
 Moha Oukziz pour le comité de soutien
Cliquer deux fois puis encore une fois sur l'image pour lire la lettre

Maroc: Qui arrêtera le massacre?

Par Le drapeau rouge - Partisan No18 • 2/3/2012

Au moment de mettre sous presse, cela faisait déjà plus de 70 jours* que le prisonnier politique Azzedine Eroussi était en grève de la faim au Maroc.

Militant communiste âgé de 22 ans, Azzedine a été condamné pour son appartenance à la mouvance des «basistes» et son activité au sein de l’Union nationale des étudiants marocains (UNEM). Arrêté le 1er décembre dans l’enceinte de la faculté de Taza, il est actuellement en danger de mort. Quatre autres militants l’ont rejoint dans sa protestation et ont entamé à leur tour une grève de la faim le 23 janvier.

Ces cas s’ajoutent aux dizaines, voire aux centaines de prisonnières et prisonniers politiques, qui subissent la répression impitoyable d’un régime obscurantiste et corrompu, dirigé d’une main de fer par le roi Mohammed VI. Rappelons-nous la martyre Saida Lamnabehi, qui nous a quitté après 40 jours de grève, ainsi que les martyrs Belhouari, Dourayedi et Chbada. Si rien n’est fait au cours des prochains jours, Azzedine Eroussi subira le même sort.

Le régime marocain est le premier responsable du sort du détenu politique Azzedine; c’est lui le responsable de sa torture qui dépasse l’imagination. La jeunesse marocaine est laissée pour compte, entre un régime réactionnaire de droite et une «gauche» qui court derrière le premier ministre. Le tout, sous l’œil bienveillant des puissances impérialistes, dont la prétendue «sollicitude» pour les peuples arabes s’arrête là où prévalent leurs intérêts.

Dans une lettre de la famille d’Azzedine, on peut lire: «Notre fils a subi toutes sortes de torture, ils lui ont fracassé les bras, les doigts et les pieds après l’avoir dévêtu… Les rares fois où on a pu lui rendre visite, les gardes nous ont provoqués et nous ont parfois même interdit de le voir.»

Agissons immédiatement pour sauver la vie d’Azzedine Eroussi ! 
Téléphonez ou écrivez à l’ambassade du Maroc au Canada au 613 236-7391 (courriel: sifamaot@bellnet.ca) pour exprimer votre préoccupation et exiger sa libération immédiate!
* 85 aujourd'hui (ndlr)
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samedi 10 mars 2012

Journal de la torture d'Ezedine Eroussi

 Les nouvelles des détenus politiques au Maroc

Par Moha Oukziz, pour le comité de soutien, 5/3/2012
Bonsoir,
Certainement, vous connaissez le Maroc qui ne brille pas que par son soleil. Derrière cette beauté naturelle se cachent des bagnes qui continuent à exister, encore actuellement, au vu et au su de tout le monde. 

Nous avons reçu et traduit la lettre ci-dessous du détenu politique Ezedine Erroussi,  en grève de la faim depuis le 19 décembre 2011. Oui depuis plus de deux mois et demi. Torturé, blessé, harcelé. Sa vie tient à un tuyau qui le transfuse et des piqures dont on ignore la nature. Il est en permanence entre l'Hôpital de Taza et la prison de la même ville, isolé du monde extérieur. Ces derniers jours, sa famille et ses amis ignorent où il est exactement.
Il a pu trouver la force pour écrire au monde extérieur, peut être pour une dernière fois. Nous vous sollicitons de bien vouloir nous aider pour le libérer en informant largement vos amis, connaissances, élus, journalistes, tout le public de sa situation,
Nous faisons appel à votre conscience de citoyen avant tout, pour diffuser la lettre d'Ezedine et ses nouvelles, afin de lui sauver la vie.
D'autres prisonniers politiques sont à plus de quarante jours de grève de la faim, depuis le 23 janvier 2012, dans la prison de Ain Kadouss à Fès: Mohamed Ghloud, Mohamed Zghdidi, Mohamed Fetal et Ibrahim Saidi, tous des étudiants militants de l'UNEM enlevés et incarcérés depuis plusieurs mois sans jugement; d'autres sont en grève de la faim à la prison de Taza, Errachidia et ailleurs. Un mouvement de grève de la faim dans les prisons du Royaume, ami de la France, la Haute France.
Veuillez, agréer, madame monsieur, nos salutations distinguées.
Moha Oukziz

LA LETTRE :
Par Ezedine ERROUSSI, détenu politique
Prison locale de Taza n°d’écrou 7000096

Journal de la torture
Salutations militantes aux étudiants (tes),
Salutations à tous les nobles militants du Maroc blessé, Salutations de résistance à mes camarades de la prison de sinistre réputation Aïn Kadouss à Fès qui sont en grève de la faim à mes côtés depuis le 23/01/2012.
Salutations à tous les prisonniers politiques du Maroc notamment les prisonniers de la révolte de Taza la glorieuse avec, à leur tête, les grévistes de la faim depuis le 14/02/2012.
Salutations aux martyrs du peuple marocain qui resteront immortels.

Je vais parler dans ce qui suit de quelques épisodes de la torture que j’ai subie depuis mon arrestation. Ce récit ne sera pas exhaustif car mon état de santé s’est détérioré suite à ma grève de la faim et à mes va et vient entre l’hôpital et la prison. Pour ces raisons je ne peux pas relater tous les détails en vue d’informer l’opinion publique, tous les militants et les masses étudiantes et populaires. Je ne peux vous informer de tout ce qui a trait aux violations de mes droits commises à mon encontre par le régime en place.
J’en ai parlé auparavant en date du 09/01/2012 dans une chronique intitulée « chronique d’une torture » subie dans ma cellule.
Comme tout le monde le sait, j’ai été arrêté le jeudi 01/12/2011, quand les forces de l’ordre de tous bord sont intervenues alors que nous menions notre glorieuse bataille avec un cahier de revendications bien précises. La réponse du régime a été d’envoyer ses espions et ses agents pour épier nos actions. Les forces de l’ordre ont commis une boucherie à notre encontre. Elles ne cessent de militariser l’université et continuent à s’opposer violemment à notre mouvement contestataire, celui des étudiants et du peuple marocain en général.
J’ai été arrêté par trente agents répressifs, ils m’ont tabassé à coups de matraque jusqu’à ce que je m’évanouisse. Ils m’ont ligoté et tiré par les pieds jusqu’à la voiture blindée, stationnée devant la fac porte ouest du coté du cimetière. Là ils m’ont déshabillé. Ils ont commencé à m’insulter et à me frapper violemment. À plusieurs reprises, ils ont piétiné ma tête et mon ventre avec leurs pieds. Ensuite un des agents m’a mis un pistolet dans ma bouche en disant « une seule balle et c’en est fini de toi, les années de plomb ne sont pas terminées et tu verras les horreurs que tu n’as jamais vues depuis ta venue au monde ». Soudain, l’estafette blindée a redémarré, elle s’est arrêtée plus loin devant la station d’essence OL LYBIA qui est située en face de l’autre porte de la FAC du côté de l’institut de technologie appliquée. Les agents ont ouvert la porte de la voiture, j’ai vu des agents qui ont l’air haut gradés, ils étaient officiers, un des leurs a dit aux autres « voilà un de ces morveux qui vient de tomber » ; ils reprirent alors les insultes, les injures et les coups.
Après quinze minutes, je fus transporté au commissariat. A mon arrivée, ils m’ont poussé de toutes leurs forces. Je suis tombé par terre et mon visage s’est cogné. Ils ont ligoté mes pieds et m’ont roué de coups de pied. Ensuite ils ont bandé mes yeux, ils ont ligoté mes pieds et mes mains.
Ils m’ont fait rentrer dans une chambre et ont commencé l’interrogatoire. J’ai refusé de parler et j’ai gardé le silence. Alors un des agents a mis encore une fois un pistolet dans ma bouche et sur ma tempe, il m’insultait et me menaçait « je vais t’exploser la tête si tu ne parles pas.. » J’ai quand même gardé le silence, alors ils ont commencé à arracher mes cheveux à tel point que qu’il arrachait mon cuir chevelu. Les questions se sont concentrées sur des détails de l’organisation de la mouvance des basistes. J’ai gardé le silence et là, ils se sont tous mis à me tabasser. Ils se sont mis à me provoquer pour m’amener à parler. Comme ils n’ont pas réussi, ils ont repris la torture. Ils ont mis un torchon plein de boue et d’huile de moteurs dans ma bouche. J’ai failli m’étouffer car ils ont continué à me rouer de coups sur la totalité de mon corps surtout sur les parties sensibles. Tout ça était accompagné de provocations verbales et de mots injurieux. Face à mon mutisme, ils m’ont transporté dans la cave, là ils ont trempé ma tête dans un seau d’eau et la torture a continué longtemps à ce rythme. J’ai gardé le silence, ils m’ont alors tiré, ont mis ma tête parterre et ont compressé ma poitrine avec leurs pieds ; ils ont mis encore un torchon plein d’eau de la cuvette des WC sur mon visage et ma bouche. Cette torture a duré plus de six heures non-stop sans que je dise un mot. Ils m’ont alors transporté dans ma cellule. Là, ils m’ont déshabillé encore une fois, et ont refusé de me donner des couvertures avec le temps glacial qu’il fait à cette époque de l’année ; cette séance de torture a perduré pendant tout le temps que j’ai passé au commissariat. Ils me sortaient de ma cellule, j’avais les pieds et les mains ligotées avec les yeux bandés, ils me torturaient et me ramenaient de nouveau dans la cellule. J’avais refusé de parler et mon corps me faisait mal. Tout mon corps était dévoré de douleurs. J’avais les mains et les pieds cassés. Je ne savais pas ce qui était arrivé à mes mains, ils ne m’avaient pas amené à l’hôpital. Je ne pouvais pas bouger et des douleurs aiguës ravageaient mon corps. J’ai refusé de signer leur procès verbal (je ne savais pas ce qu’ils y avaient écrit.) Alors, ils se sont mis à me taper dessus, à me donner des coups de pieds, m’insulter et m’injurier.
Je n’ai pas signé et je ne sais pas s’ils ont signé à ma place.
Est-ce que c’est ça la constitution avancée, la constitution des droits et libertés, la constitution qui garantit les droits de l’homme et les droits des détenus, c’est ce qu’a promis le discours historique du 9 mars ?
Nous étions convaincus de la démagogie de ces étendards et nous ne nous sommes jamais leurrés. Seuls les ennemis du peuple marocain, tous les collabos et traîtres les ont applaudis.
La torture psychologique et physique épuisée, le régime en place a eu recours à d’autres méthodes plus perverses et plus criminelles, me sous-estimant et croyant que tous les marocains sont du bétail. Le régime a même recours à des parlementaires et à des gens qui se prétendent des défenseurs des droits de l’homme et qui ont essayé d’influencer ma famille. J’ignore pour qui ils travaillent.
 Dans le cadre de ces pratiques perverses, j’ai reçu, il y a trois semaines, la visite du procureur du roi en présence de mon père. C’était une tentative pour atteindre mon père psychologiquement : ils l’ont convoqué devant le procureur pour me faire du chantage. Ils m’ont promis une bourse permanente comme c’est dû aux étudiants sahraouis. J’ai obtenu le baccalauréat à Esmara dans le Sahara occidental ; j’y ai été scolarisé pendant six ans ; le procureur m’a également promis un droit de visite ouvert à tous mes amis et à tous ceux qui souhaitent me voir ; il m’a promis de me « choyer ». Il est allé loin dans le chantage en me promettant de me trouver un travail stable à condition que je mette un terme à ma grève de la faim , d’arrêter la fronde et de m’éloigner des contestataires.
J’ai refusé et j’ai réitéré ma demande de satisfaire les revendications des étudiants et de libérer les détenus politiques, seules conditions à laquelle je mettrai fin à ma grève de la faim. Il a répondu en s’adressant à mon père « regardez votre fils à qui j’ai voulu du bien , il gâche tout et me le rend en mal ». Mon père lui a répondu : « je préfère que mon fils meure plutôt que de vivre humilié, il sait ce qu’il fait, et si moi-même je faisais des études, j’aurais été avec lui ici en prison ».
Mercredi dernier, le procureur auprès de la cour d’appel de Taza est venu me voir avec d’autres illusions à me proposer ; Il m’a appelé « MONSIEUR ERROUSSI» et m’a demandé de rédiger une demande de grâce, seule solution, selon lui, pour ma libération.
J’ai répondu clairement que je n’écrirai pas de demande de grâce, je ne m’inclinerai pas, je ne baiserai pas leurs pieds pour ma liberté. Je ne solliciterai personne et je ne me soumettrai à quiconque, quelque soit son pouvoir.
Notre cause est juste et légitime. Nous seuls, les militants, nous décidons de nos outils démocratiques pour mener nos combats en face des politiques que mène le régime collaborateur, régime qui est contre les intérêts de la nation, anti-démocratiques et antipopulaires. Il sera toujours l’ennemi historique de notre peuple qui trime et qui, pourtant, souffre de la pauvreté et de la répression.
Jeudi dernier, évanoui, j’ai été transféré à l’hôpital régional « Ibn Bayah » comme ça s’est produit à plusieurs reprises. A mon réveil, j’étais crucifié comme le fut Jésus sur sa croix : ils m’avaient ligoté les pieds et les mains avec huit menottes. J’avais auparavant refusé la perfusion. Pour m’en administrer, ils m’ont ligoté. J’ai alors reçu trente sachets de sérum en soixante-douze heures à l’hôpital ; j’étais sous surveillance très rapprochée. Six personnes alternaient pour me surveiller, m’injurier, m’insulter, me provoquer et m’ajuster les menottes. Ils étaient en extase et jouissaient de leur toute puissance en me demandant « il ne veut pas mourir celui-là encore ! » Ils m’ont en outre envoyé un psychiatre pour me faire douter de mes capacités mentales.
A force d’ajuster mes menottes fortement, mes muscles ont été gravement abîmés et je ne peux plus bouger mes pieds.
Il est clair que le régime est dans l’impasse ; il s’acharne sur moi, en me maintenant en vie sous sérum. Tout ça pour briser ma volonté à mener ma grève de la faim illimitée. Jusqu’à quand le sérum me maintiendra-t-il en vie, jusqu’à quand j’aurai des veines et des vaisseaux sanguins pour continuer à me donner la vie ? Ceci ne durera pas longtemps dans quelques jours ce sérum n’aura plus d’effet ; j’indique aussi qu’on m’a administré des injections dont je ne sais pas l’intérêt ni le besoin. Actuellement, mon état de santé s’est détérioré, j’ai perdu vingt quatre kilos et les derniers jours je vomis et je pisse du sang. Je suis un cadavre couché jour et nuit.
Ce comportement est naturel au régime. Je ne m’attendais pas à des roses de sa part ni de jolis parfums. Ce régime ne peut offrir au peuple que plus d’appauvrissement et de liquidation.
Nous sommes convaincus que notre sacrifice jusqu’au dernier souffle n’est qu’une modeste participation à la libération de notre peuple. Nous offrirons notre vie pour notre cause.
Partant de nos convictions et de nos positions, la prison pour nous est la continuité de la lutte et non un moment de repos. Notre évaluation des expériences des détenus politiques dans notre pays, nous a appris que les quelques concessions que peut accorder le régime ne sont que des tentatives pour nous aliéner et nous dissuader de continuer notre lutte. Nous sommes en phase avec la conjoncture actuelle et nous nous inscrivons dans la voie de nos héros, de nos martyrs, des célèbres grévistes de la faim tel Belhouari, Saïda, Douraïdi,, Chbada…
« Ici nous continuons la lutte, comme disait notre martyr Saïda, pour que personne ne se retrouve demain en prison ».
Notre objectif est d’abord de dénoncer les crimes du régime et sa nature antidémocratique. Nous ne faisons pas de la surenchère politique comme peuvent être accusés tous ceux qui ont comme ambition un changement révolutionnaire.
Loin de toute surenchère, ce sont mes convictions comme militant de la voie démocratique basiste. Je les défendrai jusqu’au dernier souffle. Aucune concession, aucun compromis avec ce régime qui tue, affame, spolie notre peuple depuis plus de cinq décennies, depuis l’indépendance formelle.

De là, je déclare à l’opinion publique nationale et internationale la continuité de ma grève de la faim illimitée jusqu’à la satisfaction des revendications des étudiants et la libération de tous les détenus politiques.
Je salue chaleureusement mes camarades de la voie démocratique à la prison de Ain Kadouss à Fès qui entament leur 28ème journée de grève de la faim. Je salue également les prisonniers politiques et essentiellement les détenus de la révolte de Taza la glorieuse.
Je salue plus spécialement les grévistes de la faim de Taza. Je meurs d’envie de les voir, de les rencontrer, d’échanger des sourires avec eux et leur faire signe de victoire. Malheureusement, mon isolement en cellule, mon état de santé détérioré, mes va et vient entre l’hôpital et la leur isolement aussi, tout ça ne me permet pas de réaliser ce souhait.
Je salue tous les hommes et femmes dignes de ce pays blessé, ses révolutionnaires fidèles et tous les révolutionnaires du monde et des peuples qui se sont soulevés pour la liberté et la justice.
Je vous étreins, mes camarades de la voie démocratique, honorables de ce pays, je vous étreins dans ce long chemin de fidélité à nos martyrs, à notre histoire et à notre pensée de basiste . Oh combien je suis fier d’être de cette école révolutionnaire qui a tenu tête pour arriver à nos objectifs stratégiques : bâtir un régime démocratique au service des intérêts de notre peuple et de son épanouissement, débarrasser l’humanité de l’exploitation de l’homme par l’homme. Je sais, malgré tout, que le chemin est semé d’embûches, qu’il est dur. Je sais encore plus que notre peuple est généreux et qu’il y aura toujours des militants dignes pour continuer la mission. Certains tomberont et d’autres viendront pour continuer ce chemin aux côtés de notre peuple. Nous sommes convaincus de la victoire ;
Je salue toutes mes camarades, tous mes camarades qui luttent contre l’asservissement de notre peuple en ce moment historique du printemps arabe ; nous avons l’honneur de vivre cet instant historique et d’être de ces combattants. Je sais que tous mes camarades et tous ceux qui prennent part à cet instant, vont payer de leur personne afin d’offrir ce qui permettra à notre lutte de se radicaliser et d’avancer. Vous pouvez être fiers d’avoir été aux côtés du peuple dans sa révolte à Taza et dans toutes les régions de notre pays. Je n’omets pas de saluer tous ceux qui m’ont manifesté leur solidarité de près ou de loin, de l’intérieur ou de l’extérieur du pays ; tous ceux qui ont soutenu ma famille, en particulier les étudiants.
J’appelle tous les étudiants de Taza sans exception à participer au boycott des examens décidé le 21/02/2012 jusqu’à satisfaction de nos revendications ; l’essentiel est de satisfaire les revendications. Ma libération n’a pas d’importance, c’est ma conviction. Je vous assure que je continue la grève de la faim tant que nos revendications n’ont pas abouti. La lutte jusqu’à la victoire !
Je ne renonce à rien jusqu’à la mort et je reste optimiste jusqu’au bout. Ce ne sont pas les moyens militaires de pression qui vont vous terroriser ni les pistolets ni les armes des serviteurs du régime, ni même les matraques ni les arrestations qui vont vous faire peur.
Nous avons la foi dans les masses résistantes et militantes au sein du bastion rouge de Taza. Il se pourrait que ce soit la dernière force que j’aurai pour m’adresser à vous.
On est vivant si on mène une vie avec un objectif.
J’appelle les étudiants à boycotter les examens jusqu’à satisfaction des revendications.
Restez, restons toujours fidèles aux luttes jusqu’à la victoire ou la mort ! 

Probablement le 20/02/2012