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vendredi 13 juin 2014

Le Maroc barricade ses frontières avec l’Algérie


 Maroc/Algérie : Rabat a commencé la construction de la muraille de barbelés
En décembre dernier, de hauts sécuritaires marocains réunis à Oujda, décidaient l’installation d’une ligne de barbelés à la frontière avec l’Algérie. Un projet qui a un double objectif : lutter contre l’immigration illégale et répondre aux tranchées creusées par l’armée algérienne.
Après six mois de mois de réflexion et d’études, le Maroc a commencé la première phase de la construction d’une muraille de barbelés tout au long de sa frontière avec l’Algérie. Le quotidien algérien Echourouk, citant des témoignages d’estivants, indique que les travaux sont effectués à une quarantaine de mètres de la plage Marsa Benmhaidi, relevant de la wilaya de Tlemcen.

450 km de barbelés
Des tranchées sont également en cours de réalisations en face de celles creusées par l’armée algérienne, il y a presque une année sur une distance de 700 km, dans le cadre de sa lutte contre la contrebande des carburants à destination du royaume. Le projet devrait couvrir 450 km de frontières avec le voisin de l’Est, de Saîdia jusqu’à la région de Figuig, prêt de Bechar en Algérie. Le cout global de cette opération est estimé à plus de 30 millions euros.
L’édification de cette ligne de barbelés s’inscrit dans un programme de lutte contre l’immigration subsaharienne. Celui-ci devrait être conclu par la signature entre le Maroc et la Commission européenne d’un accord de réadmission des Africains sans-papiers se trouvant dans l’espace de l’UE.

Les deux pays se surveillent
En attendant la concrétisation d’un tel objectif, le Maroc tient au préalable à opérer un tour de vis dans ses frontières très poreuses avec l’Algérie. Actuellement, il est difficile d’identifier avec précisions, les immigrés ayant transité par le Maroc de ceux qui sont passé par le territoire algérien. Le dispositif sécuritaire vise à contenir ce flux migratoire en provenance du voisin de l'Est. Mais il risque d'être insufisant même avec des barbelés munis de lames, comme l'Espagne a pû le constater. Certains observateurs estiment que cet aménagement vient compléter la campagne de régularisation des sans-papiers initiée il y a six mois.
Mais on pourrait surtout y voir une décision plus politique, les Marocains ne souhaitant pas laisser aux Algériens l’exclusivité du contrôle des frontières. En effet, les tranchées et les points de contrôles de l’armée ou des forces auxiliaires permettraient à Rabat d’avoir un œil sur l’activité illicite tout au long de la ligne séparant les deux pays ainsi que sur les déplacements de l'armée algérienne.
Mohammed Jaabouk
Copyright Yabiladi.com
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Le Maroc barricade ses frontières avec l’Algérie
selon Echoroukonline Journal

samedi 2 novembre 2013

Bande frontalière ouest : le Makhzen piétine le territoire national

Par Chahredine Berriah, El Watan, 28/10/2013

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 © D. R.

Les soldats de Sa Majesté reviennent à la charge pour tenter de grappiller quelques mètres du territoire national.

Jeudi et vendredi derniers, les villageois d’Ouled Mellouk, sur le tracé frontalier algéro-marocain (12 km de Maghnia) ont été surpris par des engins militaires commandés par des gradés marocains en train de déblayer une superficie appartenant à des Algériens.
Encore une fois, ce sont les agriculteurs d’Ouled Mellouk qui sont intervenus pour stopper la cupidité expansionniste des autorités chérifiennes. «Devant nos réclamations, le colonel marocain nous a rétorqué cyniquement que le gouvernement algérien avait creusé des tranchées, ce qui pourrait être considéré comme le tracé frontalier séparant les deux pays et qu’eux (les Marocains) ont respecté cette limite».  «Nos terres sont situées au-delà de ces tranchées. La preuve : on y a accès tous les jours pour nos occupations. Le poste militaire marocain est plus loin, à près de 500 m», tempête Ahmed Belkheir, un des défenseurs de l’environnement sur cette partie du territoire national.
Rachid B., exploitant algérien, explique à son tour : «Les pouvoirs publics algériens ont creusé ces fossés pour lutter contre les trafics de carburant et autres, mais ce qui est incompréhensible, c’est que ces fossés ont été creusés à une trentaine de mètres avant le vrai tracé frontalier, cédant, sans s’en rendre compte peut-être, une grande partie de notre territoire aux Marocains.» «Ces terres que tente d’exploiter le Makhzen nous appartiennent», renchérit Rachid, exhibant des documents cadastraux.
La bourgade d’Ouled Mellouk a déjà été la cible du Makhzen en 2007, qui avait procédé avec la même stratégie pour tenter de spolier quelques centaines de mètres.
Les mêmes agriculteurs algériens s’y étaient opposés, obligeant les autorités de la wilaya de Tlemcen à réagir et arrêter les militaires de l’autre rive. 24 heures plus tard,  des experts fonciers sont arrivés d’Alger pour constater le litige et procéder à un relevé topographique et rassurer les riverains algériens. «Cinq années après cette visite, non seulement on n’est plus rassurés, mais nos terres ont été ‘‘offertes’’ aux Marocains», commentent des fellahs d’Ouled Mellouk.



lundi 7 octobre 2013

Frontières avec l'Algérie : Le Maroc paie ses méfaits



Dans le but d'attirer du soutien à ses prétentions coloniales au Sahara Occidental, le Maroc n'hésite pas à engager sa machine médiatique et diplomatique contre l'Algérie. Au même temps, celle-ci est considérée comme une vache à traire qui contribue à la stabilité du royaume grâce au trafic de produits énergétiques et alimentaires au pris subventionné par l'Etat algérien.

Il paraît que l'Algérie a décidé de faire payer le Maroc ses méfaits en prenant une série de mesures en vue d'endiguer la contrebande qui rend un service incommensurable au Makhzen marocain. De ce fait, la lutte contre ce phénomène a bel et bien commencé depuis que l'armée algérienne a procédé au creusement de tranchées de plusieurs mètres de profondeur et de largeur sur toute la bande frontalière qui s'étend jusqu'aux confins du Sahara et une surveillance plus accrue qui a forcé les contrebandiers à lâcher du lest.

Au moment où les prix ont flambé suite à la décision du gouvernement de Benkirane d'indexer les prix des carburants sous pression du FMI, les régions orientales se sont vues privées de cette précieuse aide apportée par la contrebande. 

Fini les temps où le Makhzen crachait sur la soupe dont il mangeait. La région orientale du Maroc se trouve asphyxiée. Le carburant algérien, jusqu’à une date très récente, disponible et bon marché, commence à se faire rare et des débuts de pénuries se font sentir dès à présent. Non seulement le prix du carburant a augmenté mais aussi celui des taxis et autres transports collectifs. L'onde de choc de ces mesures risque de secouer violemment le système du Makhzen. 



mercredi 14 novembre 2012

Après le discours du roi du Maroc : Grosse colère à Alger



Le discours prononcé à l’occasion du 37e anniversaire de la «marche verte» par le roi Mohammed VI a irrité au plus haut point les responsables algériens.

Il a notamment appelé la communauté internationale à «mettre un terme au drame enduré par les séquestrés à Tindouf, à l’intérieur du territoire algérien, où sévissent, dans toute leur cruauté, la répression, la coercition, le désespoir et les privations, en violation flagrante des droits humains les plus élémentaires». Il a aussi réitéré la «détermination du Maroc à ne permettre en aucune manière et sous aucun prétexte que le sort du Sahara soit tributaire des calculs et des basses manœuvres des autres parties».
 Pour Alger, le souverain alaouite «a été trop loin cette fois».  Mohammed VI, qui a cru bon d’accabler l’Algérie sur la processus de normalisation au pas de charge des relations bilatérales et sur le dossier sahraoui, vient ainsi d’essuyer une volée de bois vert en guise de «cadeau» d’anniversaire à sa marche «verte». Dans une déclaration à El Watan, un haut responsable algérien a démonté point par point les reproches du roi et lui a imputé la responsabilité de l’impasse. «Nous le disons calmement, sans virulence et loin du ton réquisitorial auquel on nous a habitués, c’est bien le Maroc qui a torpillé le processus de normalisation des relations entre nos deux pays alors que nous étions engagés dans une dynamique constructive visant à assainir nos relations bilatérales.» Alger ne digère pas les propos du jeune roi, d’autant plus qu’ils interviennent dans un contexte marqué par un début de remise à flot des relations via un échange de visites ministérielles. Mieux encore, et pour une fois, ce haut responsable révèle que l’Algérie était prête à aller jusqu’à la réouverture des frontières comme point d’orgue d’une normalisation totale des relations avec le Maroc.  

«Le roi est allé trop loin cette fois»

«Depuis le début, nous n’avions de cesse d’insister auprès de nos voisins sur la nécessité de fonder cette dynamique prometteuse sur la sincérité et la bonne foi afin de créer un mouvement irréversible devant aboutir à la normalisation totale de nos rapports, y compris la réouverture de la frontière», souligne notre source. Une déclaration qui sonne comme une mise au point à Mohammed VI qui a affirmé que le Maroc «ne cesse d’appeler à la normalisation, y compris l’ouverture de la frontière, conformément aux vœux d’un certain nombre de pays et d’organisations internationales». Or, Alger constate que «malheureusement, au cours des derniers mois et au moment même où l’échange de visites ministérielles avait atteint sa vitesse de croisière, nous nous sommes aperçus que nos voisins marocains ont multiplié les reniements en s’engageant dans des actions incompatibles avec l’esprit de rapprochement publiquement revendiqué». Les autorités algériennes fondent leurs désillusions à propos de la sincérité du makhzen sur au moins trois éléments. A commencer par «l’infiltration massive» de la drogue sur notre territoire, qui «n’a jamais connu une telle ampleur». Pour ce haut responsable, «les quantités saisies dépassent le fait de trafiquants individuels et nous fondent à nous interroger sur ceux qui sont derrière cette agression à large échelle menée contre notre pays et notre jeunesse». Une manière à peine voilée de suggérer que l’infiltration de la drogue en quantités industrielles sur le territoire national est pour le moins encouragée par les autorités marocaines. Alger reproche également à Rabat d’avoir mobilisé ses médias pour casser de l’Algérie malgré la promesse et l’engagement antérieurs.  «La trêve de la campagne de presse contre l’Algérie ne s’est jamais arrêtée malgré les promesses réitérées des officiels marocains et elle a même connu une rare virulence que rien ne justifie», souligne notre source.

Alger n’a plus foi en Mohammed VI

Enfin, et au sujet du dossier du Sahara occidental, les autorités algériennes soulignent la «volte-face inattendue de nos voisins qui ont décidé de désavouer le représentant personnel du secrétaire général de l’ONU dans une vaine tentative de changer les règles du jeu».
Or, précise le haut responsable, «nous étions convenus de laisser à l’ONU le soin d’assumer ses responsabilités selon sa doctrine et conformément à la légalité internationale». La source autorisée estime que ces «trois exemples concrets et édifiants» poussent l’Algérie à croire que la «sincérité n’était pas à la confluence de la volonté proclamée de normalisation de nos relations et des appels réitérés au renforcement des relations entre le Maroc et l’Algérie». Elle rappelle au passage que «nos voisins» ont déjà pris la «responsabilité de détruire un processus de normalisation» en 2005 quand le déplacement du chef de gouvernement algérien (Ahmed Ouyahia, ndlr) au Maroc fut déclaré «inopportun» par les autorités marocaines. Un «triste épisode», selon les mots de notre responsable, qui aura plombé le «rapprochement entre nos deux peuples et la relance effective de l’UMA.»

Une pierre dans le jardin du monarque

Au roi Mohammed VI, qui impute la responsabilité de la glaciation des relations à l’Algérie, la source autorisée jette la pierre dans son jardin. «Aujourd’hui, on est en droit de nous interroger si, finalement, ce n’est pas le statu quo qui est l’objectif véritablement recherché pour continuer à faire pression sur notre pays en appelant «aux vœux d’un certain nombre de pays et d’organisations nationales» (texte du discours royal ndlr), est-il souligné. Le souverain marocain a en effet inscrit, maladroitement, l’objectif d’une normalisation avec l’Algérie dans le sillage des «vœux d’un certain nombre de pays et d’organisations nationales». En décodé, le roi et ses sujets ne seraient pas personnellement acquis à l’idée qu’il faille faire la paix avec les Algériens. Son souhait serait juste motivé par le souci de relayer un vœu exprimé par un responsable français ou américain de passage dans la région. C’est ce que suggère en tous cas ce haut responsable algérien dont la conclusion s’apparente à un solde de tout compte : «En vous disant tout cela, vous comprendrez que les appels à un nouvel ordre maghrébin, fait de solidarité, de complémentarité d’intégration, relèvent du discours car, malheureusement, dénués de la sincérité de l’engagement et la bonne foi de l’action.»

mardi 9 octobre 2012

Les altermondialistes appellent à la réouverture des frontières maroco-algériennes

Réunis à Oujda, ils ont plaidé pour un autre Maghreb : Les altermondialistes appellent à la réouverture des frontières maroco-algériennes

Par Mustapha Elouizi, 9/10/2012
Les altermondialistes maghrébins, réunis ce week-end à Oujda, ont appelé vivement à un autre Maghreb, épris de valeurs démocratiques, de justice sociale et de liberté. Lors de cette deuxième édition du Forum social maghrébin, plus de 400 personnes ont mis l'accent sur le coût politique, économique, culturel, social et même psychologique du non-Maghreb.

Une énorme perte pour les peuples de la région qui demeurent la partie lésée dans cette situation de désunion, souligne la déclaration d'Oujda, à laquelle ont adhéré des migrants de tous bords, des associations de la société civile maghrébine, des syndicats et des organisations de solidarité internationale, entre autres.
L'aspiration populaire à un espace géo-politique démocratique, de justice sociale, de liberté favorisant les échanges entre les peuples, ouvert et accueillant vis-à-vis des migrants, est confrontée à un manque de volonté politique et à une accélération de la dépendance au marché mondial aux dépens d'une intégration et d'un développement régional. « Ce choix est incapable d'insuffler une dynamique maghrébine unitaire à la hauteur des enjeux globaux régionaux et internationaux et des aspirations des peuples de la région », lit-on dans la déclaration d'Oujda.
La construction d'un Maghreb des peuples riches de sa diversité culturelle, linguistique et sociale nécessite une vision globale d'avenir attachée à un espace sans frontières intra-pays du Maghreb, démocratique et respectueux des droits humains, basé sur quelques principes fondateurs notamment l'ouverture des frontières permettant la libre circulation et l’installation aussi bien des nationaux que des migrants vivants sur le sol maghrébin.
Dans ce cadre, les altermondialistes maghrébins ont souligné que le traitement sécuritaire de la question migratoire est dans l’impasse. Les pays du Maghreb ont été appelés, à cet effet, à adopter une autre politique migratoire, à même de garantir la dignité du migrant, en tant qu'être humain d'abord. Ainsi, les altermondialistes maghrébins ont fait le procès des politiques sécuritaires stigmatisant les migrants vivant sur le sol maghrébin, au mépris de l'histoire qui lie les peuples du Nord de l'Afrique à ceux de l'Afrique subsaharienne, au mépris des intérêts mutuels de développement et d'enrichissement culturel et civilisationnel.
«Nos gouvernants rivalisent dans la mise en application des politiques et directives européennes érigeant un mur entre les deux rives de la Méditerranée, responsables de milliers de morts et de disparus, transformant la Méditerranée en un vaste cimetière », lit-on dans la déclaration d'Oujda.
Et de rappeler, son sans condamnation, les vagues d'arrestations, de refoulements, de traitements dégradants des migrants(es) subsahariens et la criminilisation de leur présence, ce qui constitue l'une des atteintes graves aux droits humains les plus élémentaires.
Les participants à cette rencontre ont souligné que le Maghreb, de tradition migratoire ancienne, est devenu un territoire aussi bien d'immigration que d'émigration. La présence des migrants subsahariens et d'autres pays, selon eux, est une chance pour le développement des deux espaces africains. L'avenir de l'Afrique du Nord et de l'Afrique subsaharienne passe par l'ouverture sur l'Autre et par les échanges humains, source d'enrichissement mutuel.

Recommandations
- Régularisation des sans-papiers souhaitant s'installer et vivre dans les pays maghrébins;
- Rejet de la politique européenne sécuritaire érigeant des murs au lieu de construire des ponts entre les deux rives de la Méditerranée;
- Fermeture de tous les lieux d'enfermement des immigrés et dépénalisation de la situation des sans-papiers ;
- Bannissement de toutes les formes de violence à l'égard des femmes migrantes;
- Rejet des discriminations et du racisme.

 http://www.e-joussour.net/node/11808