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dimanche 22 janvier 2017

Marche verte : Un document de la CIA met en lumière le compromis entre Hassan II et Juan Carlos

Mohammed Jaabouk, yabiladi.com, 21/1/2017

De nouveaux documents déclassifiés par la CIA lèvent en partie le voile sur les circonstances du déroulement de la Marche verte. L’entrée des Marocains au Sahara était le fruit d’un accord conclu entre Juan Carlos, alors prince héritier et le roi Hassan II, assure l'agence de renseignement américaine. Détails.


Hassan II et Juan Carlos de Borbón
A la veille de l’expiration du mandat de Barack Obama, la CIA, sur une décision de justice, a déclassifié plus de 930 000 documents secrets. L’un d’eux a particulièrement séduit les médias espagnols. Et pour cause, il se rapporte aux tractations entre le prince héritier Juan Carlos, alors chef des armées et chef d’État par intérim, et le roi Hassan II sur l’avenir du Sahara occidental.

samedi 5 novembre 2016

La religion à la rescousse de l’occupation marocaine du Sahara Occidental


  Maroc: Ministère des Habous et des Affaires Islamiques. Note de service aux Imams pour le sermon du vendredi

Qui a dit que l’islam politique est une exclusivité des partis islamistes et les groupes djihadistes? Plusieurs régimes du monde arabe usent et abusent du texte religieux pour des fins politiques, mais au moment où ces régimes arabes se livrent à la manipulation de leurs peuples, le régime colonialiste de Rabat est allé plus loin. Il met l’islam au service de l’occupation et pour passer à l’action, il se sert de ses Imams et prêcheurs religieux dans les mosquées et pendant les sermons de la prière du vendredi pour faire passer des messages de louanges au pouvoir divin de sa majesté et prôner les valeurs et les mérites de l’occupation du Sahara Occidental. 

Dans ce sens et comme le démontre le document joint ci-dessus, une note de service du ministère des Habous et des Affaires Islamiques marocaines ordonne à ses prêcheurs d’inclure les “grandes valeurs” de la Marche Verte dans leurs sermons de la prière du vendredi qui coïncide cette année avec la fête de la Marche Verte; l’événement de la marche des milliers de Marocains traversant les frontières sahraouies au moment où de l’autre côté les troupes militaires marocaines dégainent les glaives et sans la moindre pitié tuent et coupent les têtes des Sahraouis.

mercredi 5 octobre 2016

Quel avenir pour le Sahara Occidental ?


  

Quel avenir pour le Sahara Occidental ?

 BLOG  MEDIAPART: LE BLOG DE MARIE-JO ; 22/9/2016

M-J F  Solidmar , 4/10/2016

Le 13 septembre 2016, Melchior Wathelet, l’avocat général de la Cour de Justice de l’Union Européenne, a rappelé que “le Sahara occidental ne fait pas partie du territoire du Maroc et dans ces conditions ni l’accord d’association UE Maroc, ni l’accord de libéralisation ne lui sont applicables”.
 Sahraouis, et Marocains pour d’autres raisons, voient dans cette première conclusion les prémices de leur victoire. Mais il faudra attendre l’arrêt final de la Cour pour savoir où se trouvera la victoire.
 Depuis 1963 le Sahara Occidental est inscrit sur la liste des territoires non autonomes de l’ONU, et relève de la résolution 1514 portant sur le droit à l’autodétermination par les peuples coloniaux. Les institutions européennes n’ont jamais reconnu que le Sahara Occidental faisait partie du territoire du Maroc ni relevait de sa souveraineté.


mercredi 21 septembre 2016

Relire et réécouter : Les troupeaux des Rois du Maroc au Sahara Occidental occupé







par Khalil Asmar, écrivain sahraoui, 25/7/2015






Dans une émission sur les ondes de ‘Radio France Culture’, Sophie Caratini, anthropologue et écrivaine française, a témoigné sur les circonstances historiques qui ont marqué la période de l’invasion et l’occupation marocaine du Sahara Occidental. Lors de son intervention, elle explique comment les Marocains ont été déportés de force pour prendre part à l’évènement « mythique » de la « marche verte » médiatisée en grande pompe par le régime monarchique de Hassan II.

 Selon la propagande officielle du Makhzen, le 11 novembre 1975, quelque 350.000 Marocains ont pris part dans cette marche que selon les directives du monarque « divin » devraient franchir pacifiquement les frontières du Sahara Occidental, connu à l’époque sous le nom du Sahara Espagnol. En revanche, les directives du roi n’étaient pas désormais pacifiques, tout comme la marche verte qui n’était que la façade qui éclipse une sanglante invasion militaire où les sahraouis ont été violemment massacrés avec du napalm et le phosphore blanc, des armes internationalement interdites.

dimanche 15 novembre 2015

Titres sur http://solidmar.blogspot.com du 8 au 15/11/2015

   
Maroc, pays de  de la torture endémique , de la violence, de la répression
Le peuple marocain en colère, de véritables marées humaines dans les rues !
France : Attentats ignobles à Paris

vendredi 6 novembre 2015

Il y a 40 ans, le Maroc colonisait le Sahara Occidental Le grand bluff de Hassan II


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Par Tayeb Belghiche,El Watan, 5/11/2015
 
 
 Lorsqu’il a décidé d’envahir le Sahara Occidental, le roi Hassan II avait à l’idée d’occuper son armée. Il en avait peur.
Lorsqu’il a décidé d’envahir le Sahara Occidental, le roi Hassan II avait à l’idée d’occuper son armée. Il en avait peur.
 

L’ONU envoie, en juin 1975, une mission d’enquête dans la région, dirigée par l’ambassadeur ivoirien Simeon Aka. Son rapport conclut à la nécessité absolue d’organiser un référendum d’autodétermination.

Le 25 avril 1974, l’armée portugaise renverse  le régime salazariste de Gaetano. La révolution des œillets va ouvrir la voie  à la décolonisation des territoires africains sous domination portugaise, c’est-à-dire l’Angola, le Mozambique, la Guinée Bissau, le Cap-Vert, Sao Tomé-et-Principe. L’OUA vient de concrétiser une partie des objectifs qu’elle s’était assignés à sa création, en mai 1963. Il restait l’Afrique du Sud, dirigée d’une main de fer par le système d’apartheid ; la Namibie, administrée par la même Afrique du Sud ; et le Sahara occidental, sous occupation espagnole.
Pour ce dernier pays, une question de décolonisations avortée va devenir une source de tension qui bloque l’avenir du Maghreb jusqu’à ce jour. Pourtant, on s’attendait à ce que l’évolution soit toute autre. En 1964, le Pérou et la Mauritanie (!) déposent aux Nations unies le premier projet de résolution sur le Sahara occidental qui, depuis, est considéré comme territoire non autonome auquel doit être appliquée la résolution 1514 reconnaissant aux peuples colonisés le droit à l’autodétermination et à l’indépendance.
Malheureusement, moins d’une dizaine d’années plus tard, les deux pays opèrent une volte-face en reniant leur combat pour la décolonisation du Sahara occidental. Entre-temps, le roi Hassan II échappe à une tentative de coup d’Etat en 1971, lorsque des militaires ont pénétré au palais de Skhirat près de Rabat au moment où il donnait une réception. Il n’a eu la vie sauve qu’en se cachant dans les toilettes. En 1973, lorsqu’il revient d’un séjour en France, son Boeing est intercepté par des chasseurs des Forces armées royales qui tentent de l’abattre. Son sang-froid lui permet d’échapper à une mort certaine.
L’auteur de cette tentative de coup d’Etat n’était autre que son bras droit et homme des basses besognes, comme l’assassinat de Bachir Ben Barka, le général Mohamed Oufkir, également agent du Sdece, le service du renseignement français.  Il sera abattu par le roi en personne dans le palais royal. A partir de ce moment, Hassan II a commencé à avoir peur de son armée et à chercher les moyens de l’envoyer le plus loin possible de Rabat. Or, à la même période, il apprend que du pétrole a été découvert au Sahara occidental par la société Esso.
Cela aiguise son appétit et provoque son revirement à l’égard de la cause sahraouie. De son côté, l’Espagne, elle aussi, a décidé de se retirer de sa colonie. Le général Franco contacte Houari Boumediène et lui propose de prendre le contrôle du Sahara occidental, selon les révélations faites par Mohamed Benahmed Abdelghani en 1984 à l’auteur de ces lignes. Boumediène réunit le Conseil de la révolution pour lui faire part de la proposition espagnole ;  un  débat s’ensuit. Il y avait des pour et des contre.
Finalement, Boumediène tranche. Il faut respecter la décision des Nations unies, c’est-à-dire soutenir le droit à l’autodétermination et à l’indépendance. A la même période, le souverain marocain avait pris attache avec le président algérien pour lui proposer le partage du territoire entre les deux pays. Refus net de Boumediène, qui ne voulait pas violer la règle sacro-sainte de l’Organisation de l’unité africaine sur le respect des frontières héritées à l’indépendance. Un climat de tension s’installe dans la région. Tout le monde avait oublié une donne.
Le peuple sahraoui avait décidé de prendre en charge son destin et, pour cela, il crée, en mai 1973, le Front Polisario, qui s’avérera plus être une redoutable machine de guerre qui emportera plus tard le régime mauritanien de Mokhtar Ould Daddah et a failli faire tomber le trône alaouite s’il n’y avait pas eu le soutien militaire direct de la France et de certains pays arabes du Golfe. A partir de là, les événements vont se précipiter.
L’ONU envoie, en juin 1975, une mission d’enquête dans la région, dirigée par l’ambassadeur ivoirien Simeon Aka. Son rapport conclut à la nécessité absolue d’organiser un référendum d’autodétermination. Hassan II panique. Il se met à préparer son opinion pour la mobiliser sur la «marocanité» du Sahara occidental, reprenant pour cela une thèse inventée en 1936 par le parti l’Istiqlal sur le «Grand Maroc» qui irait jusqu’au fleuve Sénégal et engloberait une grande partie de l’ouest algérien.
Un événement inattendu survient en septembre 1975 : le général Franco tombe dans le coma.
Toute l’Espagne s’angoisse et a peur pour son avenir. Hassan II profite du désarroi qui s’est emparé des Espagnols et organise le 6 novembre 1975 ce qu’il appelle une «Marche verte», en fait une opération pour tenter d’envahir le Sahara occidental par, dit-il, des «moyens pacifiques». En réalité, les «marcheurs», de pauvres malheureux ramenés de force par camions et abandonnés à leur sort à la frontière marocco-sahraouie, mais qui étaient accompagnés par des chars portés par des porte-chars. L’armée espagnole, refusant d’être humiliée de cette façon par le palais royal, a un sursaut d’orgueil. Elle menace de tirer sur les marcheurs et sur les militaires qui les accompagnent.
Mais le coup de bluff de Hassan II a marché. Son opinion croit au succès — qui n’en a jamais été un — de son coup de poker. Il arrête à temps les marcheurs pour échapper à une humiliation face au Tercio, la fameuse légion étrangère espagnole.Il n’en transforme pas moins cet échec en victoire et elle est célébrée comme telle chaque année par le Maroc. Mais Rabat, par son expansionnisme d’un autre âge, venait de détruire la fragile unité maghrébine naissante.
Tayeb Belghiche

La solidarité avec Ali Aarrass obtient de nouveaux soutiens


La solidarité avec Ali Aarrass obtient de nouveaux soutiens et prend de nouvelles formes. Des politiques belges ont rallié la grève de la faim observée par Farida, la sœur de l’ancien libraire. De son côté, Amnesty International lance une nouvelle campagne en faveur du détenu jugé pour terrorisme. A l’exception d’une délégation du CNDH qui a rendu visite à Ali, le gouvernement garde le silence.
[Trois députés régionaux bruxellois, dont Zoé Genot (Ecolo), participeront à la grève de la faim organisée devant le SPF Affaires étrangères en solidarité avec Ali Aarrass. - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA] Trois députés régionaux bruxellois, dont Zoé Genot (Ecolo), participeront à la grève de la faim organisée devant le SPF Affaires étrangères en solidarité avec Ali Aarrass. - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Amnesty International lance une nouvelle campagne de solidarité avec Ali Aarrass. L’ONG vient d'adresser un appel à ses membres et sympathisants pour envoyer des lettres au ministre de la Justice, Mustapha Ramid, au directeur général de l’Administration pénitentiaire, Saleh Tamek, et à l’ambassadeur belge accrédité au Maroc, Frank Carruet.

Amnesty est persuadée que le moment est propice pour faire pression sur les autorités marocaines en vue de réviser sa position sur le cas du détenu belgo-marocain. D’autant qu'en Belgique le dossier bénéficie du soutien d’une partie de la classe politique. En témoigne la grève de la faim observée par trois députés bruxellois (Zoé Genot, Ecolo ; Jamal Ikazban, PS ; Youssef Handichi, Parti du Travail de Belgique) en solidarité avec l’action menée par Farida, la sœur d’Ali Aarrass.

Un cas qui pose problème pour le Maroc

Amnesty insiste que les messages doivent exhorter les autorités marocaine « à traduire dans les faits la décision prise en août 2013 par le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire ». L’instance avait en effet recommandé à Rabat la libération d’Aarrass. Le 19 mai 2014 le Groupe onusien était revenu à la charge, soulignant que le royaume « avait enfreint la Convention contre la torture dans le cas d’Ali Aarrass ».

Vivement bousculé par cette décision, le département de Ramid annonçait, le 21 mai 2014, que  « le procureur général du roi près la Cour d'appel de Rabat a présenté une requête au juge d'instruction à la quatrième Chambre près la même juridiction, pour mener une enquête sur des allégations de torture dont aurait été victime M. Ali Aarrass ».

Dix-huit mois plus tard, les résultats de l’enquête n’ont pas été communiqués au public. En attendant, c’est la version du Belge qui prime. L’ancien libraire affirme que juste après son extradition d’Espagne, survenue en décembre 2010, il avait été torturé pendant dix jours au centre de Témara, relevant de la DGST. Des mauvais traitements qu’il dit avoir subi, encore une fois, le 29 septembre dernier.

Aarrass est en grève de la faim depuis 71 jours. Il a été admis à l’hôpital Avicenne de Rabat le 27 octobre suite à une requête d’une délégation du CNDH qui lui avait rendu visite. Il y a passé deux jours avant de demander de regagner sa cellule.
Mohammed Jaabouk
Copyright Yabiladi.com

http://yabiladi.com/articles/details/39892/pressions-deputes-belges-d-amnesty-rabat.html




jeudi 5 novembre 2015

40 ans d'occupation coloniale du Sahara occidental

                Un rassemblement sera organisé le 6 novembre pour dénoncer
                les 40 ans d'occupation du Sahara occidental par le Maroc et protester
                contre la venue du roi du Maroc dans les territoires occupés pour  
                "fêter la marche verte".
               
1975-2015
40 ans d'occupation coloniale du Sahara occidental
40 ans de lutte du peuple sahraoui pour son indépendance
40 ans de répression dans les territoires sahraouis occupés
40 ans d'exil dans des campements dans le désert
40 ans de violation du droit international par le pouvoir marocain
40 ans de soutien du gouvernement français au Maroc
ASSEZ! REFERENDUM D’AUTODÉTERMINATION MAINTENANT!
LIBÉRATION DES PRISONNIERS POLITIQUES SAHRAOUIS!
Le 6 novembre 1975, jour de la sinistre "marche verte", les autorités marocaines ont occupé le Sahara occidental en violation totale des résolutions des Nations unies fondées sur le droit à l'autodétermination du peuple sahraoui.
40 ans plus tard, le Sahara occidental  est toujours occupé et colonisé par le Maroc.
Le 6 novembre 2015, le roi du Maroc va se rendre à El Aaiun, capitale du Sahara occidental, alors que la souveraineté du Maroc n'est reconnue par aucun pays dans le monde. C'est une violation du droit international et une véritable provocation à l'égard de la population sahraouie!
Pour dénoncer l'occupation et la colonisation du Sahara occidental depuis 40 ans et protester contre la venue du roi dans les territoires occupés, nous appelons à
UN RASSEMBLEMENT VENDREDI 6  NOVEMBRE À 15h30
         PLACE DU TROCADERO suivi d'une manifestation
         jusqu'à l'Ambassade du Maroc Paris 16ème
pour exiger en priorité:
         - l'organisation rapide du référendum d'autodétermination
- la libération des prisonniers politiques sahraouis ainsi que l'arrêt de la répression dans les territoires sahraouis occupés  
La mobilisation est aussi indispensable pour briser le silence des principaux médias et contraindre le gouvernement français à changer de politique et à ne plus soutenir le pouvoir marocain.
Signataires: ACCA,AFASPA, AFAPREDESA, AFDI, APSO,  ARAC, Association des Amis de la RASD, Association de la Communauté sahraouie en France(ACSF), Association des Sahraouis en France (ASF), ASPS Lorraine, CLSPS, COMIPSO, Comité de jumelage de Gonfreville L'Orcher, CORELSO, Droit Solidarité, ERMPL, FASTI, Fondation Frantz Fanon, Le Mouvement de la paix, MRAP, Plateforme de solidarité Sahara occidental, SolidaritéMaroc05, Sortir du colonialisme, Un Camion-citerne pour les Sahraouis
                                                                             
                contact: Plateforme pour la solidarité avec le peuple du Sahara occidental  plateformeSO@gmail.com



               

vendredi 16 octobre 2015

La marche verte: Instrument d’annexion territoriale



Le roi Hassan avec des officiers de l'armée marocaine. Photo: D.R.
Par: Dr. Keltoum IRBAH
Enseignante sociologie/Responsable académique, Career workshop
Geneva Business School, Suisse

En août 1974, le gouvernement espagnol abandonna son projet initial d’octroi de l’autonomie interne au Sahara Occidental et informa les Nations Unies de son intention d’organiser un référendum d’autodétermination au cours du premier semestre 1975. La CIJ de La Haye se pencha sur le statut juridique de ce territoire avant sa colonisation par l’Espagne en 1884. Cet arbitrage avait été sollicité par l’Assemblée Générale des Nations Unies suite à une résolution adoptée le 13.12.74. Le 16 octobre 1975, la Cour rendit son avis consultatif et se prononça en faveur de l’autodétermination du peuple sahraoui.
De manière à contrecarrer cette décision, le 16 octobre 1975, le roi Hassan II annonça le départ d’une marche de 350’000 personnes au Sahara Occidental avec pour finalité d’annexer ce territoire considéré comme une province marocaine.  L’essence de ce projet se voulait l’expression d’une nation à travers un instrument de persuasion et de pression. Afin d’appréhender les fondements de la Marche verte, il convient de situer cet événement dans une perspective historique et de mettre en exergue l’élément religieux invoqué dans le discours politique de la monarchie marocaine pour justifier l’annexion du Sahara Occidental. Si nous nous penchons sur les fonctions manifestes et latentes de sa conception, l’union nationale réalisée autour de la marocanité du Sahara Occidental permettait au roi Hassan II de consolider son pouvoir, raffermir la cohésion de l’opinion publique marocaine autour de la monarchie, d’atténuer les manifestations engendrées par la paupérisation de la société marocaine ; et détourner ainsi les critiques de l’opposition. L’objectif manifeste pour le Maroc était le transfert des pouvoirs avec la puissance administrante espagnole ; pour atteindre un tel dessein, l’armée marocaine fit preuve d’une grande capacité d’organisation.
Pour asseoir le projet de la marche verte sur la scène diplomatique, le roi Hassan II s’appliqua à orchestrer une grande campagne d’information en direction de l’étranger à laquelle il associa des personnalités gouvernementales mais aussi des chefs de l’opposition. Le 2 novembre 1975, durant l’agonie du Général Franco, Juan Carlos, nouveau chef d’État par intérim, se rendit au Sahara Occidental, à El Ayoun, accompagné du ministre de l’armée et du chef d’état-major interarmes pour préparer les officiers espagnols en place à l’idée de repli.
En ce qui concerne l’organisation de la Marche, des bureaux furent ouverts dans différentes provinces marocaines pour accueillir l’inscription des volontaires. Force est de relever l’impact retentissant qu’eut cette initiative sur le peuple marocain, l’étude de Weiner mentionne que plus de 500’000 Marocains décidèrent de participer à cette manifestation : à travers le pays, des centaines de milliers de personnes quittèrent leur travail, leur village, leurs familles pour se porter volontaires. Dès lors, les autorités politiques de Rabat décidèrent de tirer au sort les marcheurs.  La grande majorité des marcheurs appartenaient aux classes sociales défavorisées ; ils étaient pour la plupart des ouvriers agricoles saisonniers venus de la campagne ou de jeunes chômeurs des milieux urbains. Les marcheurs avaient été recrutés selon des quotas fixés pour chaque province, déterminés par des critères à la fois politiques et logistiques. Ainsi, les villes dans lesquelles le roi était moins populaire étaient systématiquement sous-représentées. La majorité des étudiants étaient exclus, les partis d’opposition qui avaient apporté leur soutien à la marche furent tenus à l’écart. Il faut par ailleurs noter que 43’500 participants, soit 12,5% du nombre total étaient des personnages officiels.
Des trains, puis des camions à partir de Marrakech permettaient d’acheminer les marcheurs, les vivres et l’eau jusqu’à la région de Tarfaya. Beaucoup de non-marcheurs, d’employés d’associations et de corporations apportèrent un soutien matériel en fournissant de la nourriture ou en récoltant des fonds spéciaux pour aider la marche.
Pour mieux saisir la représentation et l’impact de la marche verte au sein de la société civile marocaine, il convient également d’établir une corrélation entre les facteurs religieux et politique. En effet, les éléments religieux et politiques y sont fortement imbriqués, la monarchie marocaine s’affirme comme un pouvoir de droit divin. Cet événement comportait donc une connotation religieuse : la libération du Sahara Occidental, terre musulmane, est envisagée comme un objectif sacré. La Marche verte était perçue comme un acte de foi ; le roi évoqua sur un même plan le sentiment patriotique et religieux de la population marocaine, la couleur verte se référant à la couleur sacrée de l’Islam. Le roi Hassan II fit une analogie entre la marche verte et le retour du prophète Mahomet à la Mecque après son exil à Médine. Ainsi, il présenta la Marche comme une croisade religieuse conduite par lui-même en tant qu’Amir-Al muminin (commandeur des croyants); selon l’article 19 de la Constitution marocaine de 1972, le roi est Amir El Mouminin et représentant suprême de la nation. Le gouvernement marocain s’appliquait à renforcer son autorité de monarchie de droit divin. Aussi les marcheurs furent-ils encouragés à se considérer comme des moudjahidin, des combattants de Dieu, entreprenant une croisade à la fois sacrée et nationale pour chasser les infidèles. La marche verte se caractérise par une  dimension religieuse utilisée et instrumentalisée pour légitimer les convoitises de la monarchie alaouite. Le roi Hassan II s’adressa le 23 octobre à la population sahraouie en tant que commandeur des croyants et fit une analogie entre la Marche verte et l’enseignement du Coran en se basant sur la sourate el Fath (la victoire) : le Coran fut présenté comme une source d’inspiration. La référence au facteur religieux apparaît donc une composante déterminante du discours politique pour légitimer la Marche verte.
Sur le plan international, le 24 octobre 1975, le ministre marocain des Affaires étrangères, Ahmed Laraki, entama des pourparlers à Madrid. Le ministre espagnol de l’Information, Léon Merrera, fit savoir qu’un projet de loi serait soumis aux Cortès autorisant le gouvernement à prendre toute initiative jugée nécessaire pour mettre fin à l’administration espagnole du Sahara Occidental.  Le 8 novembre, le ministre espagnol chargé du Sahara, Antonio Carro Martinez, se rendit à Agadir où il rencontra Hassan II ainsi que le premier ministre et le ministre des Affaires étrangères.  Le même jour, Carro Martinez s’entretint avec le roi à Agadir, ce dernier ordonnant aux marcheurs de revenir au Maroc, à condition que toutes les dispositions soient immédiatement négociées à Madrid pour la cession du Sahara Occidental et le 9 novembre 1975 marqua l’annonce officielle de l’arrêt de la Marche, des négociations devaient en effet commencer avec l’Espagne. Le 11 novembre, une délégation marocaine se rendit à Madrid pour reprendre les négociations.  Le 12 novembre 1975, des pourparlers débutèrent à Madrid et aboutirent à l’accord du 14 novembre 1975 signé par l’Espagne, le Maroc et la Mauritanie. Cet accord consacrait la revendication des droits « légitimes » que clamait le Maroc sur le Sahara Occidental. La signature des accords tripartites de Madrid revêt dès lors une importance prépondérante car ils vont officialiser l’annexion de facto du Sahara Occidental par le Maroc et la Mauritanie en 1975. Il convient de souligner l’appui explicite des États Unis à la monarchie marocaine, dans la mesure où ils se prononcèrent en faveur de l’accord de Madrid. Ainsi, ils s’abstinrent à l’Assemblée générale des Nations Unies, sur la résolution (3 458 A) qui prônait la tenue d’un référendum et votèrent pour la résolution (3 458 B) soutenue par le Maroc.  En effet, le 10 décembre 1975, l’ONU adopta la résolution 3 458 A (XXX) qui ne prenait pas en compte l’accord de Madrid mais demandait à la Puissance administrante l’organisation d’un référendum sous la supervision des Nations Unies et la mise en œuvre de tous les moyens nécessaires, de manière à ce que « tous les Sahraouis originaires du territoire exercent pleinement et librement, sous la supervision de l’ONU, leur droit inaliénable à l’autodétermination. » Le caractère illicite, nul et non avenu de l’accord tripartite est incontestable dans la mesure où l’AG de l’ONU n’a pas entériné l’accord mais a insisté sur le besoin d’exercice du droit d’autodétermination par le peuple sahraoui.
Le 27 février 1976, au lendemain du retrait de l’Espagne du Sahara Occidental, le Front Polisario proclama la naissance de la République arabe sahraouie démocratique. En avril 1976, le Maroc et la Mauritanie se partagèrent officiellement le territoire ; s’ensuivit d’âpres années de combats entre les parties belligérantes. Afin de mettre fin aux hostilités, le Conseil de sécurité des Nations Unies, par la résolution 690, envisagea en avril 1990 d’organiser un référendum ; cette proposition fut acceptée par les parties concernées, un cessez-le-feu est intervenu le 6 septembre 1991. Enjeu capital pour les parties concernées, l’objet du référendum est de permettre à la population du Sahara Occidental de choisir librement entre l’indépendance ou l’intégration au Maroc.
En dépit de l’existence d’un plan de paix onusien, le conflit s’enlise dans un statu quo qui accentue les souffrances du peuple sahraoui séparé dans les zones non autonomes confronté à l’arbitraire de la force occupante et les campements de réfugiés où l’urgence humanitaire est de plus en plus acérée. Le référendum, après moult reports n’a toujours pas eu lieu, ce qui met en exergue l’incapacité des Nations Unies à faire valoir les résolutions votées depuis le début de ce conflit et met à mal l’espérance d’un peuple las d’une communauté internationale qui fait fi de ses souffrances.
K.I.
1 La CIJ conclut que « les éléments et renseignements portés à sa connaissance n’établissent l’existence d’aucun lien de souveraineté territoriale entre le territoire du Sahara occidental d’une part, le royaume du Maroc ou l’ensemble mauritanien d’autre part. La Cour n’a donc pas constaté l’existence de liens juridiques de nature à modifier l’application de la résolution 1514 (XV) quant à la décolonisation du Sahara occidental et en particulier l’application du principe d’autodétermination grâce à l’expression libre et authentique de la volonté des populations du territoire.» § 162 de l’avis consultatif de la CIJ.
2 La Marche verte se déroula du 5 au 10 novembre 1975, il était demandé aux marcheurs de se munir d’un Coran et d’un drapeau national.
3 Quotidien français Libération, 3 novembre 1975, p. 7.
4 WEINER, J., « The Green March in Historical Perspective », in The Middle East Journal, vol. 33, n°1, hiver 1979, p. 31.
5 Le Monde, 26-27 octobre 1975, p. 4.
6 Le 25 octobre 1975, Le ministre Laraki conclut un arrangement avec Carro Martinez au sujet de la Marche verte. L’ambassadeur d’Espagne Adolfo Martin Gamero commenta les faits de la façon suivante : « Ils parvinrent à un accord tacite en vertu duquel les forces armées espagnoles devaient dé militariser dix kilomètres du Nord du Sahara, de sorte que la Marche verte puisse pénétrer sur le territoire pour vingt-quatre heures et repartir ensuite. » Témoignage aux Cortès, devant la Comisión de Asuntos Exteriores del Congreso, 14 mars 1978, El Pais, 15 mars 1978.
7 Cette délégation était composée du Premier ministre Ahmed Osman, du ministre des Affaires étrangères, Ahmed Laraki ainsi que du directeur de l’Office chérifien des phosphates.
8 Entre novembre 1975 et janvier 1976, les troupes ainsi que les fonctionnaires espagnols abandonnèrent l’ex-colonie.
9  Initialement prévu pour janvier 1992, le référendum a été par la suite ajourné.

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