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vendredi 16 octobre 2015

La marche verte: Instrument d’annexion territoriale



Le roi Hassan avec des officiers de l'armée marocaine. Photo: D.R.
Par: Dr. Keltoum IRBAH
Enseignante sociologie/Responsable académique, Career workshop
Geneva Business School, Suisse

En août 1974, le gouvernement espagnol abandonna son projet initial d’octroi de l’autonomie interne au Sahara Occidental et informa les Nations Unies de son intention d’organiser un référendum d’autodétermination au cours du premier semestre 1975. La CIJ de La Haye se pencha sur le statut juridique de ce territoire avant sa colonisation par l’Espagne en 1884. Cet arbitrage avait été sollicité par l’Assemblée Générale des Nations Unies suite à une résolution adoptée le 13.12.74. Le 16 octobre 1975, la Cour rendit son avis consultatif et se prononça en faveur de l’autodétermination du peuple sahraoui.
De manière à contrecarrer cette décision, le 16 octobre 1975, le roi Hassan II annonça le départ d’une marche de 350’000 personnes au Sahara Occidental avec pour finalité d’annexer ce territoire considéré comme une province marocaine.  L’essence de ce projet se voulait l’expression d’une nation à travers un instrument de persuasion et de pression. Afin d’appréhender les fondements de la Marche verte, il convient de situer cet événement dans une perspective historique et de mettre en exergue l’élément religieux invoqué dans le discours politique de la monarchie marocaine pour justifier l’annexion du Sahara Occidental. Si nous nous penchons sur les fonctions manifestes et latentes de sa conception, l’union nationale réalisée autour de la marocanité du Sahara Occidental permettait au roi Hassan II de consolider son pouvoir, raffermir la cohésion de l’opinion publique marocaine autour de la monarchie, d’atténuer les manifestations engendrées par la paupérisation de la société marocaine ; et détourner ainsi les critiques de l’opposition. L’objectif manifeste pour le Maroc était le transfert des pouvoirs avec la puissance administrante espagnole ; pour atteindre un tel dessein, l’armée marocaine fit preuve d’une grande capacité d’organisation.
Pour asseoir le projet de la marche verte sur la scène diplomatique, le roi Hassan II s’appliqua à orchestrer une grande campagne d’information en direction de l’étranger à laquelle il associa des personnalités gouvernementales mais aussi des chefs de l’opposition. Le 2 novembre 1975, durant l’agonie du Général Franco, Juan Carlos, nouveau chef d’État par intérim, se rendit au Sahara Occidental, à El Ayoun, accompagné du ministre de l’armée et du chef d’état-major interarmes pour préparer les officiers espagnols en place à l’idée de repli.
En ce qui concerne l’organisation de la Marche, des bureaux furent ouverts dans différentes provinces marocaines pour accueillir l’inscription des volontaires. Force est de relever l’impact retentissant qu’eut cette initiative sur le peuple marocain, l’étude de Weiner mentionne que plus de 500’000 Marocains décidèrent de participer à cette manifestation : à travers le pays, des centaines de milliers de personnes quittèrent leur travail, leur village, leurs familles pour se porter volontaires. Dès lors, les autorités politiques de Rabat décidèrent de tirer au sort les marcheurs.  La grande majorité des marcheurs appartenaient aux classes sociales défavorisées ; ils étaient pour la plupart des ouvriers agricoles saisonniers venus de la campagne ou de jeunes chômeurs des milieux urbains. Les marcheurs avaient été recrutés selon des quotas fixés pour chaque province, déterminés par des critères à la fois politiques et logistiques. Ainsi, les villes dans lesquelles le roi était moins populaire étaient systématiquement sous-représentées. La majorité des étudiants étaient exclus, les partis d’opposition qui avaient apporté leur soutien à la marche furent tenus à l’écart. Il faut par ailleurs noter que 43’500 participants, soit 12,5% du nombre total étaient des personnages officiels.
Des trains, puis des camions à partir de Marrakech permettaient d’acheminer les marcheurs, les vivres et l’eau jusqu’à la région de Tarfaya. Beaucoup de non-marcheurs, d’employés d’associations et de corporations apportèrent un soutien matériel en fournissant de la nourriture ou en récoltant des fonds spéciaux pour aider la marche.
Pour mieux saisir la représentation et l’impact de la marche verte au sein de la société civile marocaine, il convient également d’établir une corrélation entre les facteurs religieux et politique. En effet, les éléments religieux et politiques y sont fortement imbriqués, la monarchie marocaine s’affirme comme un pouvoir de droit divin. Cet événement comportait donc une connotation religieuse : la libération du Sahara Occidental, terre musulmane, est envisagée comme un objectif sacré. La Marche verte était perçue comme un acte de foi ; le roi évoqua sur un même plan le sentiment patriotique et religieux de la population marocaine, la couleur verte se référant à la couleur sacrée de l’Islam. Le roi Hassan II fit une analogie entre la marche verte et le retour du prophète Mahomet à la Mecque après son exil à Médine. Ainsi, il présenta la Marche comme une croisade religieuse conduite par lui-même en tant qu’Amir-Al muminin (commandeur des croyants); selon l’article 19 de la Constitution marocaine de 1972, le roi est Amir El Mouminin et représentant suprême de la nation. Le gouvernement marocain s’appliquait à renforcer son autorité de monarchie de droit divin. Aussi les marcheurs furent-ils encouragés à se considérer comme des moudjahidin, des combattants de Dieu, entreprenant une croisade à la fois sacrée et nationale pour chasser les infidèles. La marche verte se caractérise par une  dimension religieuse utilisée et instrumentalisée pour légitimer les convoitises de la monarchie alaouite. Le roi Hassan II s’adressa le 23 octobre à la population sahraouie en tant que commandeur des croyants et fit une analogie entre la Marche verte et l’enseignement du Coran en se basant sur la sourate el Fath (la victoire) : le Coran fut présenté comme une source d’inspiration. La référence au facteur religieux apparaît donc une composante déterminante du discours politique pour légitimer la Marche verte.
Sur le plan international, le 24 octobre 1975, le ministre marocain des Affaires étrangères, Ahmed Laraki, entama des pourparlers à Madrid. Le ministre espagnol de l’Information, Léon Merrera, fit savoir qu’un projet de loi serait soumis aux Cortès autorisant le gouvernement à prendre toute initiative jugée nécessaire pour mettre fin à l’administration espagnole du Sahara Occidental.  Le 8 novembre, le ministre espagnol chargé du Sahara, Antonio Carro Martinez, se rendit à Agadir où il rencontra Hassan II ainsi que le premier ministre et le ministre des Affaires étrangères.  Le même jour, Carro Martinez s’entretint avec le roi à Agadir, ce dernier ordonnant aux marcheurs de revenir au Maroc, à condition que toutes les dispositions soient immédiatement négociées à Madrid pour la cession du Sahara Occidental et le 9 novembre 1975 marqua l’annonce officielle de l’arrêt de la Marche, des négociations devaient en effet commencer avec l’Espagne. Le 11 novembre, une délégation marocaine se rendit à Madrid pour reprendre les négociations.  Le 12 novembre 1975, des pourparlers débutèrent à Madrid et aboutirent à l’accord du 14 novembre 1975 signé par l’Espagne, le Maroc et la Mauritanie. Cet accord consacrait la revendication des droits « légitimes » que clamait le Maroc sur le Sahara Occidental. La signature des accords tripartites de Madrid revêt dès lors une importance prépondérante car ils vont officialiser l’annexion de facto du Sahara Occidental par le Maroc et la Mauritanie en 1975. Il convient de souligner l’appui explicite des États Unis à la monarchie marocaine, dans la mesure où ils se prononcèrent en faveur de l’accord de Madrid. Ainsi, ils s’abstinrent à l’Assemblée générale des Nations Unies, sur la résolution (3 458 A) qui prônait la tenue d’un référendum et votèrent pour la résolution (3 458 B) soutenue par le Maroc.  En effet, le 10 décembre 1975, l’ONU adopta la résolution 3 458 A (XXX) qui ne prenait pas en compte l’accord de Madrid mais demandait à la Puissance administrante l’organisation d’un référendum sous la supervision des Nations Unies et la mise en œuvre de tous les moyens nécessaires, de manière à ce que « tous les Sahraouis originaires du territoire exercent pleinement et librement, sous la supervision de l’ONU, leur droit inaliénable à l’autodétermination. » Le caractère illicite, nul et non avenu de l’accord tripartite est incontestable dans la mesure où l’AG de l’ONU n’a pas entériné l’accord mais a insisté sur le besoin d’exercice du droit d’autodétermination par le peuple sahraoui.
Le 27 février 1976, au lendemain du retrait de l’Espagne du Sahara Occidental, le Front Polisario proclama la naissance de la République arabe sahraouie démocratique. En avril 1976, le Maroc et la Mauritanie se partagèrent officiellement le territoire ; s’ensuivit d’âpres années de combats entre les parties belligérantes. Afin de mettre fin aux hostilités, le Conseil de sécurité des Nations Unies, par la résolution 690, envisagea en avril 1990 d’organiser un référendum ; cette proposition fut acceptée par les parties concernées, un cessez-le-feu est intervenu le 6 septembre 1991. Enjeu capital pour les parties concernées, l’objet du référendum est de permettre à la population du Sahara Occidental de choisir librement entre l’indépendance ou l’intégration au Maroc.
En dépit de l’existence d’un plan de paix onusien, le conflit s’enlise dans un statu quo qui accentue les souffrances du peuple sahraoui séparé dans les zones non autonomes confronté à l’arbitraire de la force occupante et les campements de réfugiés où l’urgence humanitaire est de plus en plus acérée. Le référendum, après moult reports n’a toujours pas eu lieu, ce qui met en exergue l’incapacité des Nations Unies à faire valoir les résolutions votées depuis le début de ce conflit et met à mal l’espérance d’un peuple las d’une communauté internationale qui fait fi de ses souffrances.
K.I.
1 La CIJ conclut que « les éléments et renseignements portés à sa connaissance n’établissent l’existence d’aucun lien de souveraineté territoriale entre le territoire du Sahara occidental d’une part, le royaume du Maroc ou l’ensemble mauritanien d’autre part. La Cour n’a donc pas constaté l’existence de liens juridiques de nature à modifier l’application de la résolution 1514 (XV) quant à la décolonisation du Sahara occidental et en particulier l’application du principe d’autodétermination grâce à l’expression libre et authentique de la volonté des populations du territoire.» § 162 de l’avis consultatif de la CIJ.
2 La Marche verte se déroula du 5 au 10 novembre 1975, il était demandé aux marcheurs de se munir d’un Coran et d’un drapeau national.
3 Quotidien français Libération, 3 novembre 1975, p. 7.
4 WEINER, J., « The Green March in Historical Perspective », in The Middle East Journal, vol. 33, n°1, hiver 1979, p. 31.
5 Le Monde, 26-27 octobre 1975, p. 4.
6 Le 25 octobre 1975, Le ministre Laraki conclut un arrangement avec Carro Martinez au sujet de la Marche verte. L’ambassadeur d’Espagne Adolfo Martin Gamero commenta les faits de la façon suivante : « Ils parvinrent à un accord tacite en vertu duquel les forces armées espagnoles devaient dé militariser dix kilomètres du Nord du Sahara, de sorte que la Marche verte puisse pénétrer sur le territoire pour vingt-quatre heures et repartir ensuite. » Témoignage aux Cortès, devant la Comisión de Asuntos Exteriores del Congreso, 14 mars 1978, El Pais, 15 mars 1978.
7 Cette délégation était composée du Premier ministre Ahmed Osman, du ministre des Affaires étrangères, Ahmed Laraki ainsi que du directeur de l’Office chérifien des phosphates.
8 Entre novembre 1975 et janvier 1976, les troupes ainsi que les fonctionnaires espagnols abandonnèrent l’ex-colonie.
9  Initialement prévu pour janvier 1992, le référendum a été par la suite ajourné.

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mardi 19 février 2013

LE PROCÈS GDEIM IZIK qualifié dans les nombreux articles de : HONTEUX, INIQUE, SCANDALEUX, POUR FAIRE PEUR, LA PAIX ASSASSINÉE, SIMULACRE DE PROCES POLITIQUEMENT MOTIVÉ

Au Maroc, le grand écart : un procès qui se prétend convenable et un verdict honteux strictement destiné à rayer de l'histoire le mouvement de Gdeim Izik!
Du 8 au 17 février 2013, la Cour militaire de Rabat a jugé les 24 prisonniers politiques sahraouis, tous civils et dans leur majorité responsables associatifs, arrêtés à partir du 7 ou 8 novembre 2010, date du démantèlement du camp de la dignité de Gdeim Izik.
Opération politique d'envergure qui a associé le pouvoir royal et les militaires à la manœuvre dans leur tribunal et a été fortement et sans nuance soutenue par une presse aux ordres, appelant au châtiment exemplaire de ces criminels. Alors que le Maroc est encore aujourd'hui membre non permanent au Conseil de sécurité, manifeste de grandes ambitions auprès du Conseil des droits de l'homme de Genève, le risque d'une telle opération a été pris pour définitivement faire oublier aux Marocains, aux Sahraouis, au Monde la grande protestation de Gdeim Izik qui a dit massivement le refus de l'occupation marocaine en octobre 2010.
Règlement de compte politique tant les peines annoncées sont lourdes -de 20 ans à la perpétuité d'emprisonnement- et sans aucun rapport avec la qualification des charges retenues. Bande criminelle ces 24 militants sahraouis ? responsables associatifs, membres actifs du Comité de dialogue de Gdeim Izik, tous proclamant leur volonté d'action pacifique et surtout dénonçant devant ce tribunal les aveux extorqués, les tortures, les viols. Bande criminelle ces 24 de Salé alors que les observateurs présents n'ont pu que constater l'absence de toute preuve et la pauvreté des témoignages à charge qui n'ont jamais permis d'identifier aucun de ces criminels supposés.
Atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de l'Etat! mais à quel titre la Cour militaire peut-elle se prévaloir d'une telle qualification? Le Sahara occidental et sa population ne sont-ils pas considérés par la Communauté internationale comme territoire non -autonome sur lequel le Maroc n'exerce aucune souveraineté reconnue?
Mais aussi, expression d'une mobilisation étonnante autour du tribunal qui ne va pas manquer de porter ses fruits et résister à la cruauté et à l'injustice des peines.
Familles sahraouies nombreuses autour du tribunal, observateurs européens, avocats, représentants associatifs et de chancelleries qui ont été tout le temps du procès, présents, attentifs et vont s'employer désormais à le faire savoir! Liens renforcés avec des associations marocaines de défense des droits de l'homme comme l' AMDH, comme l'ASDHOM qui désormais sans "prudence" affichent publiquement leur solidarité avec les Sahraouis dont les droits humains sont menacés. Et prisonniers sahraouis tous résolus et confiants dans leurs convictions!
A nous aussi, associations solidaires en France de "réveiller" nos médias si discrets pendant ce procès, de bousculer les autorités françaises toujours soucieuses de ménager l'ami marocain, d'entraîner avec nous partis, associations, élus pour dénoncer ce procès inéquitable et soutenir encore plus les prisonniers et leurs familles.
Et faire en sorte que le Maroc soit contraint d'abandonner son grand écart et choisisse le droit : libération des prisonniers politiques et respect de l'autodétermination.
Pour commencer aller de suite sur le site www.ecrirepourlesliberer et s'engager comme beaucoup d'autres dans le parrainage d'un prisonnier politique sahraoui. Nous avons besoin d'être nombreux pour davantage peser. Les prisonniers sahraouis attendent encore plus maintenant, que des lettres arrivent auprès de leurs familles, auprès des autorités marocaines et françaises pour défendre leur droit et leur libération.
Association des Amis de la RASD 356 rue de Vaugirard 75015 Paris
www.sahara-info.org / www.ecrirepourlesliberer.com
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 Sahara occidental. Le procès de la peur

Pas de preuves, mis à part l’exhibition d’armes sans aucune empreinte et la projection d’une vidéo sur laquelle il n’était pas possible d’identifier un seul des prévenus, pas de trace ADN, mais des prises de vue de certains militants pacifistes de la cause sahraouie aux côtés de Mohamed Abdelaziz, président du Polisario et pour finir des aveux obtenus en détention, « sous la torture » selon les détenus …, pourtant, le verdict tombé dimanche dernier à 3h du matin à Rabat, est très sévère, trop sévère !  
Au même titre que la juridiction retenue –le Tribunal militaire permanent des Forces armées royales marocaines, pour ne pas le citer-, l’organisation du procès des militants de Gdeim Izik (El Ayoun) et les nombreuses irrégularités enregistrées en matière de détention provisoire, cette sentence, sans commune mesure avec la nature des preuves produites par l’accusation, ne visait pas à appliquer le droit, mais à faire peur.
C’est la recette que semble désormais vouloir appliquer le palais marocain à la question du Sahara occidental : la gestion de ce dossier par la peur, quitte à recourir à des simulacres de justice.  Résultat logique de ces largesses que s’était octroyé la monarchie avec le droit : Neuf militants pacifistes condamnés à perpétuité, quatre à 30 ans de réclusion, huit à 25 ans et deux autres à 20 ans de prison. Enfin deux des accusés ont vu leurs peines déduites à la durée de leurs détentions provisoires.
Nombre d’observateurs ont relevé que l’exploitation par l’accusation des prises de vue de certains militants pacifistes avec le président du Polisario, témoigne, on ne peut mieux, que le procès est bel et bien politique.
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CORELSO : Le Comité pour le Respect des    Libertés
  et des Droits humains au Sahara Occidental

                                               
UN PROCES INIQUE!
 UN VERDICT SCANDALEUX!


Des  militants sahraouis condamnés à de très lourdes peines,  jusqu’à la perpétuité, par le tribunal militaire de Rabat




Détenus depuis novembre 2010 à la prison de Salé (près de Rabat), les 24 militants sahraouis, tous des civils, ont été jugés par un tribunal militaire en violation du droit international et même de la législation marocaine.

Leur procès, "vicié à la base" selon Amnesty International, s'est déroulé du 8 au 17 février. Malgré le déchaînement de la presse au Maroc qui les présentait comme des criminels et malgré la forte présence policière jusque dans la salle d'audience, les militants sahraouis ne se sont pas laissé intimider et ont imposé leurs témoignages au tribunal. Accusés de crimes qu'ils n'ont pas commis, ils ont décrit et dénoncé leur enlèvement, les humiliations, tortures et traitements inhumains, les pressions psychologiques, les procès-verbaux fabriqués ou falsifiés...

La violence des traitements subis et  le refus par le tribunal de faire pratiquer des examens médicaux pour prouver les sévices n'ont pas eu raison de leur dignité, ni de leur idéal de liberté. Déniant la compétence de ce tribunal militaire, qui "est contraire aux normes d'équité reconnues au plan international "(Amnesty International), ils ont chanté à la face des juges l'hymne du Front Polisario et exprimé leur volonté de poursuivre leur lutte contre la colonisation marocaine et pour l'autodétermination du peuple sahraoui.

Ils ont rendu un hommage appuyé à leurs familles qui les soutiennent en manifestant jusque devant le tribunal, à leurs défenseurs mais aussi aux organisations internationales et marocaines (AMDH) des droits de l'Homme, aux nombreux observateurs internationaux et aux représentants d'ambassades qui ont tous été fortement impressionnés par leur détermination.



Le 17 février, le tribunal militaire les a condamnés  à de très lourdes peines de prison : 9 à  perpétuité, 4 à 30 ans (dont Ennâama Asfari co-président du CORELSO),  7 à  25 ans, 2 à 20 ans.



Au déchaînement médiatique partisan au Maroc répond le silence médiatique en France!

Le verdict scandaleux du 17 février doit être dénoncé par les gouvernements, les partis, les syndicats et les associations des droits de l’homme.

            Le mouvement de solidarité avec la lutte du peuple sahraoui doit renforcer la mobilisation. Il faut dès maintenant briser le silence des principaux médias français et obtenir du gouvernement qu'il cesse enfin de soutenir les thèses marocaines et s'engage pour la mise en œuvre du droit à l'autodétermination et l'extension du mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l'Homme au Sahara occidental.

                                                                                    Paris le 17 février 2013
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Par 18 février 2013

Mohammed VI "assassine" la paix

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Les militants sahraouis qui comparaissaient devant le tribunal militaire de Rabat depuis le 8 février, ont écopé de peines allant de 2 ans d'emprisonnement à la réclusion à perpétuité.
Le souverain marocain qui a juré de ne pas «céder un pouce du Sahara» a décidé de bâillonner la voix au peuple sahraoui. Mohammed VI «assassine la paix». Rabat est désormais dans l'oeil du cyclone. Il faut s'attendre à un déluge de feu contre le pouvoir marocain qui n'a déjà pas bonne presse en matière de respect des droits de l'homme de la part d'organisations (Centre Robert Kennedy, Human Rights Watch, Amnesty International...) qui activent dans ce domaine.
Des manifestations à travers les territoires occupés et à travers le monde, des condamnations d'institutions internationales et de grandes capitales européennes qui avaient un œil sur ce procès, ne sont pas non plus à écarter. «Nous suivons de très près le procès des 24 prisonniers politiques sahraouis détenus à la prison de Salé.
Notre ambassade à Rabat continuera à insister auprès des autorités marocaines sur l'importance du plein respect des droits de l'homme dans le traitement de cette affaire», avait déclaré Alistair Burt, le ministre britannique délégué aux Affaires étrangères, chargé de l'Afrique du Nord. Le Parlement européen qui a reçu le prix Nobel de la paix avait adopté, le 13 décembre 2012, une résolution appelant au «respect des droits fondamentaux de la population du Sahara occidental». Dans un rapport adressé au Congrès US, le département d'Etat américain avait, de son côté, dénoncé «la situation générale des droits de l'homme dans les territoires sahraouis... la liberté d'expression et de réunion, le recours à la détention arbitraire et les abus physiques et verbaux contre les détenus lors des arrestations et emprisonnement». Ces grandes capitales très sourcilleuses sur le respect des droits de l'homme se tairont-elles? Certainement pas. Le pouvoir marocain a joué avec le feu. La justice marocaine a eu la main lourde. Elle doit répondre de sa sentence.
Les peines prononcées contre le groupe de militants sahraouis arrêtés suite à l'assaut lancé le 8 novembre 2010 par les forces de répression marocaines contre le camp sahraoui de Gdeim Izik à Laâyoune alors que ses occupants manifestaient pacifiquement pour faire valoir leurs droits et protester contre l'occupation marocaine, risquent d'embraser les territoires occupés du Sahara occidental. Un tel scénario compliquerait davantage une éventuelle reprise des négociations entre le Front Polisario et le Maroc.
Un objectif auquel s'est déjà attelé Christopher Ross, l'envoyé spécial de l'Organisation des Nations unies pour le Sahara occidental. Il manquait une petite étincelle pour mettre le feu aux poudres. C'est fait depuis hier. La paix a-t-elle été assassinée dans la nuit de samedi à dimanche? Le procès de Gdeim Izik, qui avait valeur de test pour juger de la qualité des discussions à venir entre Sahraouis et Marocains pour mettre fin à un conflit vieux de près de 40 ans, qui prive le peuple du Sahara occidental de décider librement de son destin, a finalement accouché des réelles intentions du Maroc.
Le royaume ne jure que par l'annexion de ce territoire. Il ne lâchera pas prise.
Le verdict du tribunal de Rabat est une réponse aux aspirations indépendantistes des Sahraouis. Rabat veut tuer toute contestation dans l'oeuf. Pas un pouce du Sahara occidental ne sera cédé. C'est ce qu'a fait entendre le souverain chérifien qui en a fait une question sacrée. Gdeim Izik laissera des traces. Il fait désormais partie intégrante de l'histoire dramatique du peuple sahraoui et de sa liberté en marche qui reste à arracher...
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 Par La Western Sahara Campaign, 18/2/2013

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La Western Sahara Campaign dénonce le procès des 24 Sahraouis au Maroc

La Western Sahara Campaign a condamné lundi le verdict prononcé par le tribunal militaire de Rabat à l'encontre des 24 prisonniers politiques sahraouis de Gdeim Izik.

Cette ONG britannique militant en faveur des droits de l'homme au Sahara occidental, a estimé que ce verdict ces peines ont été prononcées contre des militants sahraouis du camp de Gdeim Izik, érigé en protestation contre l'occupation marocaine, avant le déclenchement du printemps arabe.
"Non seulement nous condamnons ce procès, mais nous rejetons l'ensemble du processus juridique reconnu illégal", a déclaré, à ce propos, le coordinateur du Comité de soutien au peuple sahraoui au Royaume Uni, M. John Gurr.
"Ce procès aurait dû être tenu dans un tribunal civil et non pas militaire. De plus, il n'aurait pas dû être retardé de plus de deux ans", a-t-il souligné, soutenant que le procès aurait dû être ouvert, aussi, à des observateurs internationaux, aux juristes et journalistes.

Pour M. Gurr, les déclarations selon lesquelles les prisonniers avaient subi des tortures lors de leur détention, auraient du faire l'objet d'enquêtes "approfondies et indépendantes". C'est ainsi qu'il a estimé, à l'instar d'un grand nombre de personnalités qui ont réagi à l’issue du verdict, que le procès de Sale a été un "simulacre de procès politiquement motivé".
Pour rappel, le directeur d'Amnesty International pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, Philip Luther, a indiqué dimanche que le procès des 24 militants sahraouis condamnés par un tribunal militaire marocain, "ne répondait pas aux normes internationalement reconnues d'un procès équitable".

Pour Amnesty International, le procès des civils sahraouis était "vicié, dès le départ". Le Tribunal militaire de Rabat a condamné neuf prévenus du groupe des 24 prisonniers politiques sahraouis de Gdeim Izik à la réclusion à perpétuité, quatre à 30 ans de prison, huit à 25 ans et deux autres à 20 ans d'emprisonnement. 
Le procès des 24 mis en cause dans les évènements du camp de Gdeim Izik, proche d’El-Ayoun dans le Sahara occidental occupé, avait débuté le 1er février dernier, 27 mois après leur arrestation et leur emprisonnement.