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lundi 24 juin 2013

Mali : 13 ans et déjà soldats

El Watan, 21/6/2013
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Détenus, forcés de combattre, chargé des besognes, violentés…Les enfants du Mali font la guerre comme des grands. Le dernier rapport des Nations unies dénonce le calvaire des enfants soldats au Mali. Autant de victimes de la guerre que les soldats tombés sur le champ de bataille.

«Ce rapport est une honte pour le Mali. Il est difficile de croire que les communautés du Nord et l’armée malienne ont recours à des enfants», s’alarme Ramata Camara, syndicaliste et présidente d’une association pour la protection des enfants «Les groupes armés et les milices  soutenant l’armée malienne ont fait beaucoup de tort à nos enfants et nos familles. Le gouvernement malien est complice et le rapport onusien le prouve. Il est impossible d’ignorer la participation d’enfants dans les rangs de l’armée loyaliste malienne», affirme-t-elle. En 2012, la situation sécuritaire au Mali s’est précipitamment dégradée, au point de constater que les violences contre les enfants étaient visibles pour les ONG sur place et les enquêteurs indépendants. Le nouveau rapport des Nations unies sur le sort des enfants en temps de conflit armé dénonce le recrutement massif de centaines d’enfants maliens.
D’abord dans les rangs d’Al Qaîda au Maghreb islamique (AQMI), d’Ançar Eddine, du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) et également dans les milices de l’armée malienne. «Les groupes armés opérant dans le nord du Mali ont formé des coalitions changeantes au fil du temps, menant des opérations militaires conjointes et partageant des campements communs», lit-on dans le rapport, en précisant que d’après les informations «limitées» dont ils disposent, «la composition de ces groupes armés est extrêmement fluide, de sorte qu’il est difficile d’essayer de définir les chaînes de commandement pour les violations commises contre des enfants signalées pendant toute l’année 2012. Bien que la situation sur le plan de la sécurité ait sévèrement limité tout accès, l’Organisation a reçu de nombreuses informations selon lesquelles des groupes armés se livreraient à une exploitation et un recrutement massif d’enfants.
Les premières informations ont indiqué que des centaines d’enfants, principalement des garçons âgés de 12 à 15 ans, ont été enrôlés pendant la période considérée». «Ce rapport des Nation unies démontre une fois de plus que le MNLA n’a jamais été un mouvement sérieux, mais plus un groupe de pression et de propagande. En recrutant des enfants pour mener la guerre et les mener à l’abattoir, souligne une fois de plus l’indifférence de ses membres, cloîtrés dans les hôtels, vis-à-vis des populations du Nord», déclare M. Touré, originaire de Gao et président de la Nouvelle jeunesse africaine. «Les hautes autorités maliennes qui ont commis cela doivent êtres détectées et soumises au joug de la justice malienne. Le Mali, avec les instances internationales, travaille pour que recrutement malsain soit aboli», précise-t-il.

«Petite besogne»

Le rapport de l’ONU spécifie qu’en octobre 2012, le Mali a créé «un groupe de travail interministériel pour empêcher les violations graves contre des enfants, en le chargeant notamment de mener des campagnes de sensibilisation pour prévenir le recrutement et l’utilisation des enfants» soutenu par des missions internationales «pour déterminer s’il y avait des enfants dans les rangs des milices d’autodéfense». Longtemps, l’accès aux régions du nord du Mali a été difficile, beaucoup de partenaires internationaux n’ont pu aller sur le terrain pour mener à bien leurs enquêtes.
«Lors de notre mission au Mali, nous avons eu des informations sur les enfants qui étaient enrôlés et relégués à ce qu’on appelle ‘‘la petite besogne’’ avec l’interdiction de porter des armes. Les rapports des institutions internationales ont indiqué le contraire et affirmé qu’il y avait une réelle violation», déclare Maya Sahli, juriste et rapporteur spécial à la Commission  africaine des droits de l’homme et des peuples. «Ces enfants ont besoin d’une prise en charge psychologique, suite aux conséquences dramatiques de la guerre au Mali», ajoute-t-elle.

Extrait du rapport de l’ONU :

Art. 95. On dispose de très peu d’informations sur les meurtres et les mutilations d’enfants en 2012. Cependant, 17 incidents ont été signalés, au cours desquels six enfants ont été tués et 22 ont été blessés par des restes explosifs de guerre. Pendant l’offensive, les dépôts d’armes des forces armées nationales ont été pillés, en particulier à Tombouctou, et des armes et des munitions ont été essaimés aux alentours des villes.
Des groupes armés ont également posé des bombes et laissé d’autres engins explosifs dans le nord du Mali en prévision des opérations militaires, faisant des morts et des blessés parmi les enfants. Entre mars et août 2012, 28 incidents graves auraient été occasionnés par des mines et des restes explosifs de guerre dans le nord du Mali, entraînant la mort de 24 enfants.
Il a été en outre affirmé que des enfants associés aux groupes armés ont été tués ou mutilés lors de la campagne militaire franco-malienne déclenchée en janvier 2013, notamment pendant les bombardements aériens. Certains enfants auraient été utilisés par les groupes armés comme boucliers humains. Les représailles interethniques contre des enfants d’origine arabe ou touareg, menées notamment par les forces armées nationales, demeurent préoccupantes.

 http://www.elwatan.com//international/mali-13-ans-et-deja-soldats-21-06-2013-218202_112.php http://www.elwatan.com//international/mali-13-ans-et-deja-soldats-21-06-2013-218202_112.php

vendredi 18 janvier 2013

Le Canada et l’opération militaire française au Mali


par , Rédacteur en chef adjoint, membre de Tolerance.ca®,18/1/2013
À l’instar d’autres puissances occidentales, le Canada appuie ''Serval.'' Une opération militaire française menée dans le nord du Mali. Un soutien apporté par Ottawa au nom de la ''lutte contre le terrorisme'' dans ce pays. Mais sans dépêcher de soldats sur place. Pour le moment…
Après la chute du régime Kadhafi en automne 2011, de nombreux partisans touaregs maliens du ''Guide'' libyen sont retournés chez eux, avec armes et bagages, dans une région demeurée marginalisée par Bamako. Ils ont retrouvé un pays instable en raison, entre autres, d’une mal-gouvernance, d’une classe politique inefficace et largement corrompue et d’une armée aux réflexes putschistes. D’ailleurs, un des siens, le capitaine Amadou Haya Sanogo (1972-), a fomenté un coup d’État en mars 2012, forcé la démission du président Amadou Toumani Touré et du Premier ministre Cheick Modibo Diarra et suspendu les institutions et la Constitution. Malgré les concessions faites aux pressions internationales, ce putschiste demeure le véritable homme fort de Bamako.
C’est dans ce contexte de crise politique que s’est inscrit l’apport aggravant des Touaregs de Kadhafi.








S’alliant avec les djihadistes d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et d’Ansar Dine, la rébellion touarègue du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) a cru arriver l’heure de la sécession du nord du Mali. Mais c’était sans compter, entre autres, avec l’appétit et les ambitions de ses alliés islamistes. Sa déclaration unilatérale, faite le 6 avril 2012, de l’indépendance de ce qu’il appelle ''l’Azawad'' ne lui a été d’aucun recours face aux alliés d’hier qui l’ont rapidement écrasé. Un autre groupe djihadiste, le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) ne lui a pas non plus épargné une nouvelle défaite humiliante. C’est donc la charia islamique à la sauce wahhabo-salafiste qui règne depuis plusieurs mois sur plus de la moitié du Mali (les provinces de Tombouctou, Gao et Kidal) avec comme emblème la bannière noire des salafistes. Suscitant la peur de nombre de Maliens, l’exil de 150 mille réfugiés dans les pays limitrophes et le déplacement à l’intérieur du pays de 250 mille personnes. Sans oublier le patrimoine malien qui en a lui aussi souffert.

La contribution logistique canadienne à l’effort de guerre de l’allié français
Suite aux demandes répétées des autorités politiques de Bamako (dont le Premier ministre Diango Cissoko et son prédécesseur démis) à l’adresse de la ''communauté internationale'', le Conseil de sécurité de l’ONU a, le 21 décembre, adopté la résolution 2085 autorisant le déploiement d’une force militaire internationale au Mali pour y mettre un terme à l’expansion du terrorisme djihadiste. À la lumière du précédent afghan, la crainte était de voir le territoire malien devenir un refuge ou base-arrière pour groupes islamistes radicaux. À l’ombre du surplace dans leurs négociations avec différentes parties et de l’hésitation de plusieurs pays à intervenir, les nouveaux maîtres du nord du Mali ont cru le temps jouer en leur faveur. C’est pourquoi ils ont, le 14 janvier, avancé vers Bamako. Une grave erreur stratégique de leur part.
Au lieu d’attendre la constitution de la force internationale avant d'agir, le président français Françoist Hollande a sauté sur l'occasion fournie par le nouveau développement pour entrer en jeu et autoriser les raids aériens contre les unités rebelles, avec comme double objectif, d'abord, de freiner leur mouvement et, ensuite, les obliger à rebrousser chemin.  Surprenant l’adversaire. Tout comme nombre d’alliés, y compris le Canada.
Le Mali fait partie des pays bénéficiaires de l’aide canadienne au développement. Il a reçu, à titre d’exemple, en 2011 une enveloppe de 110 millions de dollars. Ceux qui voulaient qu’Ottawa intervienne dans le conflit malien devaient être déçus d’entendre en septembre dernier le ministre canadien des Affaires étrangères rejeter cette idée. Au lieu d’envoyer des soldats ou apporter une aide logistique à Bamako, John Baird a exprimé sa préférence pour les pressions diplomatiques sur les autorités maliennes.
Mais il n’a pas fallu attendre longtemps avant de voir un premier signe d’évolution de la position canadienne. Mais cette fois, c’était autour du ministre de la Défense d’entrer en scène. Peter MacKey a, à la fin du mois de décembre, évoqué l'idée que le type d’aide militaire canadienne à apporter était à l'étude. Mais si Ottawa devait contribuer à l’entrainement de soldats africains, cela ne serait pas une incongruité. Rappelons-nous à ce propos d’un fait: les forces spéciales canadiennes avaient formé des unités maliennes et sont également en train de former, sur le sol nigérien des troupes attendues au nord du Mali pour en reprendre le contrôle. C’est dire l’engagement militaire indirect du Canada dans cette région.
Si la déclaration de M. MacKay pouvait réjouir les partisans d’une participation militaire canadienne au conflit malien, cela était de courte durée. Conformément à la déclaration faite, le 8 janvier, par le Premier ministre, le Canada n’envisageait pas de «mission militaire au Mali»! Et de préciser que le pays va en revanche apporter de l’aide humanitaire à la région et encourager les négociations en collaboration avec ses alliés africains et occidentaux.
Mais, cette déclaration n'a pas empêché la survenue, le 14 janvier, d'un nouveau glissement! Dans un communiqué de presse, Stephen Harper s’est dit inquiet de «l'établissement des terroristes dans cette région, au cœur de l'Afrique» et a déclaré que le Canada était «disposé», non à participer «directement à une mission militaire au Mali», mais à «fournir un soutien logistique limité et clairement défini pour assister les forces qui interviennent au Mali», conformément à la résolution 2085. C’est pourquoi il a déclaré mettre, durant une semaine, à la disposition de ''Serval'', la mission française, «un avion (militaire) de transport C-17». Cet avion-cargo devra appuyer les opérations de l’armée française.
Cette contribution logistique est une réponse à la demande d’aide faite par Paris relativement au transport d'équipement lourd par voie aérienne vers Bamako.
Ce volet logistique s’ajoute, toujours selon le communiqué du Premier ministre Harper, à d’autres volets, à savoir «l'aide humanitaire et l'aide au développement» fournies à ce pays.
On est donc loin d’une participation militaire directe aux combats contre les rebelles.
Le jeudi 17 janvier, l’avion-cargo canadien a par conséquent atterri dans la capitale malienne. Il transportait, en plus de véhicules blindés, de l'équipement et 900 kg de batteries. Si l’ambassadeur français Philippe Zeller a, dans un premier temps, remercié le gouvernement conservateur pour cette assistance logistique (Cf. l'entrevue accordée à Anne-Marie Dussault, Émission "24 heures en 60 minutes", RDI, 15 janvier), Paris lui a demandé, le jour même de l'atterrisage du C-17 à Bamako, d’en prolonger la durée. Mais si l’ambassadrice du Mali Traoré Ami Diallo en a parlé comme si c’était une chose déjà acquise, le gouvernement canadien a quant à lui annoncé ne pas en avoir pris encore de décision.
***
Même si Stephen Harper donne l’impression de freiner des quatre fers, il n’est pas exclu qu’il cède advenant le cas où la crise malienne s’emballe et force la redistribution des cartes et donc la dépêche des troupes sur le terrain des opérations. Si ce glissement devait survenir, l’opposition ne manquerait pas se faire entendre.

jeudi 17 janvier 2013

Mali : communiqué du Mouvement National pour la Libération de l'Azawad (MNLA)

PARIS (SIWEL) — Dans un communiqué daté du 12 janvier, le Mouvement National pour la Libération de l'Azawad (MNLA), bien que soutenant les opérations militaires contre les groupes terroristes, alerte la communauté internationale que l'intervention armée étrangère ne devrait pas autoriser l'armée malienne à franchir la ligne de démarcation entre l'Azawad et le Mali, avant un règlement politique du conflit entre les Touaregs et les Maliens.


Bilal Ag Acherif, Secrétaire général du MNLA et Président du CTEA. (PH/DR)
Bilal Ag Acherif, Secrétaire général du MNLA et Président du CTEA. (PH/DR)
Ci-dessous, la déclaration dans son intégralité :

 Le Mouvement National pour la Libération de l'Azawad (MNLA) alerte la communauté internationale que l'intervention armée étrangère contre les groupes terroristes ne devrait pas autoriser l'armée malienne à franchir la ligne de démarcation entre l'Azawad et le Mali, avant un règlement politique du conflit entre lui et le Mali.


Dans ce contexte, le Mouvement National pour la Libération de l'Azawad participera dans la réussite des opérations contre les groupes terroristes, et la réduction du nombre de victimes civiles innocentes.

Nous demandons que la population civile ne soit pas victime de cette intervention armée et de la confusion entre elle et les terroristes.

Nous notons que le Mouvement National pour la Libération de l'Azawad a toujours respecté ses engagements, y compris la cessation des opérations militaires entre lui et l'armée malienne, et reste prêt à la négociation.
.
Le 12/01/2013
Tinzaouatène./ Azawad
Bilal Ag Achérif
Secrétaire général du Mouvement National pour la Libération de l'Azawad (MNLA)
Président du Conseil de Transition de l’État de l'Azawad (CTEA) 

jeudi 13 décembre 2012

Solidarité avec l'Azawad le 15 décembre

Soyons nombreuses et nombreux pour témoigner notre solidarité aux Touaregs et leur dire qu'ils ne sont pas seuls !

mardi 23 octobre 2012

La rébellion touareg dément un afflux de jihadistes soudanais et sahraouis au nord du Mali

OUAGADOUGOU — La rébellion touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) a démenti "formellement" lundi un afflux de jihadistes soudanais et sahraouis dans le nord du Mali, y voyant une "intoxication" destinée à décourager une intervention armée internationale.
"L'arrivée de convois de combattants jihadistes du Soudan et du Sahara occidental est une information archi-fausse. Nous démentons formellement", a déclaré à l'AFP Ibrahim Ag Mohamed Assaleh, l'un des responsables du MNLA vivant à Ouagadougou.

Des témoignages, confirmés de source sécuritaire malienne, ont fait état de l'arrivée ce week-end de "centaines" de jihadistes venus du Soudan et du Sahara occidental et prêts se battre au côté des groupes islamistes occupant le nord du Mali depuis près de sept mois, en cas d'intervention armée internationale.
Il s'agit d'une "intoxication pour intimider les armées internationales qui veulent intervenir dans le nord du Mali", a poursuivi M. Assaleh.
"Nous reconnaissons qu'il y a depuis longtemps quelques Soudanais dans les forces du Mujao (Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest, l'un des groupes islamistes du Nord), dont l'un est au commissariat de Gao (l'une des grandes villes de la région) pour l'application de la charia" (loi islamique), a-t-il seulement admis.
Le MNLA, qui a lancé une offensive armée dans le nord du Mali en janvier, s'est ensuite allié aux différents groupes islamistes armés pour prendre les principales villes du nord, avant d'en être évincé par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et ses alliés.
Ces informations sur l'arrivée de renforts jihadistes sont intervenues après une réunion internationale vendredi à Bamako qui a demandé au Mali de redoubler d'efforts pour faciliter l'envoi d'une force armée ouest-africaine soutenue par l'ONU pour reconquérir le nord.

Des militants islamistes détruisent un mausolée à Tombouctou, dans le nord du Mali, le 1er juillet 2012 (AFP/Archives)




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Légèreté ou intoxication? une dépêche AFP charge, l'espace d'une journée, les camps de Tindouf

Ce dimanche 21 octobre 2012, vers 21h sur la page d'accueil du site du Monde, est reprise une dépêche AFP très alarmante. Elle fait en effet état d'une arrivée massive de djihadistes sur armés, au Nord Mali, venant du Soudan et des camps de Tindouf au Sahara occidental.
Information reprise le lendemain sur radios, médias, internet, presse écrite et qui dès mardi, au moins pour la mention des Sahraouis et des camps de Tindouf, disparaît des écrans.
Deux communiqués ont calmé le jeu! celui du Ministère des Affaires étrangères qui indique ne pas avoir eu connaissance de liens entre Front Polisario et les mouvements djihadistes du Sahel et celui du Représentant du Front Polisario en France qui dément toute information de ce genre et rappelle combien la pratique du Front Polisario est contraire à de tels agissements, qu'il est pour l'intégrité territoriale du Mali et contre toute modification des frontières héritées de la colonisation.
Alors légèreté de la presse qui s'empare trop vite d'une rumeur qui court à Bamako mais qui sert si bien les intérêts du Maroc qui n'a de cesse depuis plusieurs années de promouvoir l'idée d'un Front Polisario affaibli, développant des liens douteux avec les groupes terroristes du Sahara-Sahel. Tentation d'intoxication puisque cette analyse est reprise par plusieurs " consultants" français à la remorque, sans doute avantageuse, de l'ami marocain!
Coïncidence avec l'actualité marocaine au Sahara occidental qui n'est pas si bonne! Christopher Ross, envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies, désavoué cet été par Mohamed VI, mais soutenu par les Nations unies, revient dans la région pour rencontrer les différentes parties et relancer le processus de négociations, bloqué par le Maroc. Les pressions de toutes parts en soutien aux 24 de Salé qui devaient passer devant un tribunal militaire ce 24 octobre, ont fait reculer le Makhzen! le procès est annulé ou reporté.
Voilà deux nouvelles qui ne peuvent que réjouir tous ceux et celles qui sont attachés au respect des droits de l'homme et à la recherche des solutions de paix! Amplifions notre soutien aux Sahraouis et au Front Polisario afin que ces nouvelles aillent enfin à leur terme.
Association des Amis de la RASD 356 rue de Vaugirard 75015 Paris
www.sahara-info.org / www.ecrirepourlesliberer.com

mardi 10 avril 2012

Le MNLA touareg proclame l’indépendance du nord du Mali



 Par demainonline, 6/4/2012


Le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), importante composante de la rébellion touareg malienne, a proclamé vendredi « l’indépendance de l’Azawad », le Nord du Mali, au lendemain de l’enlèvement de diplomates algériens par des islamistes, selon des témoins.

combattants du MNLA (Photo MNLA)
Sur la chaîne France 24, le porte-parole du MNLA a déclaré, en écho à un communiqué sur le site internet du mouvement: « Nous proclamons solennellement l’indépendance de l’Azawad à compter de ce jour ».

Mossa Ag Attaher, porte-parole du MNLA en France, a souligné vouloir respecter « les frontières avec les Etats limitrophes » sahariens (Algérie, Mauritanie, Niger).    « L’Azawad », une région du Sahara grande comme la France et la Belgique réunies, est considérée comme le berceau naturel des Touareg
 « Nous venons de terminer un combat très important, celui de la libération », a-t-il ajouté, avant de dénoncer « les forces terroristes qui ont profité de cette situation », faisant implicitement allusion aux islamistes.

La France a réagi par la voix du ministre de la Défense Gérard Longuet, affirmant qu’une « déclaration d’indépendance unilatérale » du Nord-Mali, « n’aurait pas de sens » si elle n’était pas reconnue par les Etats africains.

Le MNLA a par ailleurs condamné l’enlèvement de diplomates algériens à Gao (nord-est), « par un commando terroriste » lors d’une opération qu’il a qualifiée de « très violente ».

Le consulat d’Algérie y a été occupé par des islamistes armés qui contrôlent la ville y ont hissé le drapeau salafiste noir et ont « arrêté des diplomates algériens », selon des témoins.

Alger a confirmé qu’un groupe d’assaillants « non-identifiés » ont emmené le consul et six de ses collaborateurs « vers une destination inconnue ».

Sur la chaîne de télévision française BFMTV, le porte-parole touareg a par ailleurs dit: « Nous avons proclamé la fin des opérations militaires pour répondre à la communauté internationale ».

Le MNLA a annoncé unilatéralement jeudi soir la fin de ses « opérations militaires ».

« Maintenant par rapport aux extrémistes, (…) nous savons que le MNLA a une lourde mission à accomplir, celle de sécurisation totale des régions de Gao, Tombouctou et Kidal », a-t-il ajouté, laissant entendre que son mouvement, laïque, pourrait engager des opérations militaires contre Aqmi et ses alliés touareg.

Les islamistes d’Ansar Dine, dirigés par le chef touareg Iyad Ag Ghaly, et des éléments d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ont pris le dessus sur le MNLA.

Cette prééminence des islamistes sur le terrain, voulant imposer la charia, inquiète l’ONU, les Etats-Unis et la France.

Dans sa « Déclaration d’indépendance », le MNLA proclame « l’adhésion totale à la charte des Nations unies » et son « engagement ferme à créer les conditions de paix durable, à initier les fondements institutionnels de l’Etat basés sur une Constitution démocratique de l’Azawad indépendant»

L’Afrique de l’Ouest menace
Les chefs d’état-major ouest-africains réunis jeudi à Abidjan ont élaboré un « mandat » pour une force susceptible d’être envoyée au Mali, qui reste à valider par les chefs d’Etat de la région, a-t-on appris de source officielle.

« Nous avons proposé au comité des chefs d’Etat de la Cédéao (Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest) un mandat pour l’engagement de la FAC (force d’attente de la Cédéao). Nous attendons un retour afin d’engager la FAC au Mali », a déclaré devant la presse le général Soumaïla Bakayoko, chef d’état-major ivoirien, après une douzaine d’heures de huis-clos.

La Cédéao avait annoncé plus tôt « la mise en place immédiate de cette force d’attente » entre 2.000 et 3.000 hommes, dont on ignorait encore si elle vise les putschistes, les rebelles touareg au nord, ou les deux.
La junte militaire qui a renversé le président Amadou Toumani Touré le 22 mars à Bamako a appelé les populations du nord à « résister » aux « groupes rebelles et autres assaillants extrémistes », parlant de séquestration de ces populations.

Rebelles touareg et groupes islamistes ont pris en fin de semaine dernière le contrôle des trois métropoles du nord – Kidal, Gao et Tombouctou – coupant de fait le pays en deux.

Le chef de la diplomatie française Alain Juppé a évalué jeudi à « un petit millier » le nombre de touareg et islamistes qui combattent actuellement dans le nord malien, mais estimé qu’il n’y a pas de « solution militaire » aux revendications des Touareg.
« Désastre humanitaire »

Cette région est « au bord d’un désastre humanitaire majeur », a affirmé Amnesty international, rapportant notamment des cas de jeunes filles enlevées.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a réclamé la reprise d’urgence de l’assistance humanitaire dans le nord du pays, en particulier pour les dizaines de milliers de personnes déplacées par les combats depuis mi-janvier.

Les organisations humanitaires Oxfam et World Vision s’inquiètent, elles, des conséquences de l’embargo total de l’Afrique de l’Ouest après le putsch, qui menace des millions de personnes déjà en insécurité alimentaire dans ce pays en proie à une crise politique et sécuritaire.

Des centaines de personnes ont fui les zones devenues inaccessibles à la presse et aux organisations internationales. De nombreux habitants ont fait état de saccages et pillages à Gao et Tombouctou.
D’après la junte, les nouveaux maîtres du Nord ont commis « de graves violations des droits de l’Homme », dont des viols, particulièrement à Gao.
AFP