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mardi 13 septembre 2016

Le 11 septembre est aussi l'anniversaire du coup d'Etat de Pinochet, en 1973

Nadine Rosa-Rosso a partagé sa publication.
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15 ans après les attentats du WTC, qui ont fait 2977 victimes, on se souvient toujours. Mais qui rappelle ce même jour l'anniversaire du coup d'état de Pinochet, en 1973, organisé et soutenu par la CIA américaine ? 3 200 personnes ont été tuées, 38 000 torturées et des milliers ont disparu sous le régime du général Pinochet. Hommage à la résistance chilienne, à ces familles qui recherchent toujours leurs disparus et réclament justice contre l'impunité et toutes nos pensées aux exilés chiliens, chez nous et partout dans le monde.

samedi 6 juillet 2013

Billet de très mauvaise humeur..

Par Gilbert Sinoué, 6/7/2013

Voilà que, depuis quelques jours, la Presse Internationale, nous bassine avec l’expression « coup d’État ». Quarante-huit heures, que les diplomates (dont on connaît l’esprit visionnaire), poussent des cris d’orfraies en évoquant la déposition de M. Morsi « président élu démocratiquement ».

« Coup d’État ! » crie la planète. « Coup d’État ! »

La Turquie de Monsieur Erdogan condamne. Y aurait-il un lien avec les événements récents de la place Taksim ? Non bien sûr. La Russie « appelle à la retenue », l'UE « désapprouve l'intervention militaire », l'Allemagne la considère « dangereuse » M. Obama, de plus en plus amnésique depuis son brillant discours du Caire du 4 juin 2009, se dit très « préoccupé ». Le Quai d’Orsay, s’est contenté de « prendre acte ». Le ministres des Affaires étrangères britannique, qui a oublié que le ridicule tue, nous dit : « Le Royaume-Uni ne voit pas dans les interventions militaires un moyen de régler des conflits dans un système démocratique. » Bien sûr, la douce Angleterre n’a jamais usé d’un processus aussi brutal, ni aux Malouines, ni en Palestine, ni en Inde, ni en Égypte, ni en Irak, et sûrement pas en Afrique du Sud, quand elle massacrait allègrement les Boers et les Zoulous, ni ailleurs dans le monde.

Bref… je pose une question : de qui se moque-t-on ? À quoi jouent nos chers « démocrates » ? Ont-ils jamais appris la véritable définition du coup d’État ? Elle est pourtant claire et sans équivoque: « Prise du pouvoir de façon violente et illégale » ou encore « renversement du pouvoir par une personne investie d'une autorité, de façon illégale et brutale. »

Est-ce donc ce qui s’est passé en Égypte le 3 juillet 2013 ? N’a-t-on pas vu un peuple en marche comme jamais dans l’histoire, exiger le départ d’un dirigeant qu’il jugeait d’une incompétence nobélisable, doublé d’un pyromane ? N’a-t-on pas vu que c’était le peuple et lui seul qui faisait son « coup d’État », et non les chefs militaires, ces derniers n’ayant agi que pour empêcher un bain de sang.

Mais où donc va le monde ? Hier, sur RMC dans l’émission d’Éric Brunet, (formidable journaliste au demeurant) j’ai dû livrer combat pendant une heure pour tenter de tordre le cou à cette réaction internationale aussi stupide que dangereuse : « coup d’État. » Lorsque Moubarak fut destitué à quelque chose près dans les mêmes circonstances, a-t-on entendu cette expression, une fois, une seule ? Jamais. Bizarre non ?

Peu importe. Je veux conclure par ceci : Si seulement en 40 le peuple allemand avait eu les c… s du peuple égyptien en destituant un homme « démocratiquement élu », cela nous aurait évité des millions de morts et la Shoah. Mais cet argument, l’Occident ne l’entend sûrement pas. Il ne veut pas l’entendre.

Morsi destitué : par le Peuple ? par l'armée ?...premières réactions, avis partagés

  Sur facebook, minute par minute
Par Romain Dautcourt, 3/7/2013
Assiste-t-on à un coup d'Etat ?

Presque. Ce n'est pas encore un coup d'Etat, mais cela y ressemble de plus en plus. L'armée est en train de se positionner aux principaux carrefours du Caire, elle encercle les rassemblements des supporteurs du président Morsi.

Les principaux dirigeants des Frères musulmans sont interdits de voyager à l'étranger, tout comme le président lui-même, dont personne ne sait où il se trouve exactement. Enfin, l'armée aurait demandé aux employés non essentiels de la radio-télévision de quitter les locaux.

Mais tant que l'armée n'a pas annoncé avoir dépouillé le président et le gouvernement de leurs fonctions exécutives, il ne s'agit pas d'un coup d'Etat au sens plein du terme. C'est pour cela que tout le monde attend avec impatience une intervention télévisée du ministre de la défense, Abdel Fattah Al-Sissi.
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2013/07/03/en-egypte-ce-n-est-pas-encore-un-coup-d-etat-mais-cela-y-ressemble-de-plus-en-plus_3441453_3212.html
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Par Wail Fakih
Selon la télévision égyptienne, le secrétaire général du gouvernement vient de démissionner, à moins d’une heure de l’expiration de l’ultimatum lancé par l’armée au président Morsi.
Les chaînes islamistes égyptiennes ne diffusent plus...
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Ça y est. C'est fait. L'armée a fait son coup.
Ceux qui applaudissent maintenant le Conseil suprême des forces armées se mordront les doigts. Et même peut-être plus...
Cela dit, la messe est loin d'être dite...
Et Mohammed El-Baradeï devrait penser à deux fois avant de faire quoi que ce soit. Autrement, il goûterait à la même médecine que le président démis par l'armée.

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  L’armée égyptienne dépose le président Morsi, qui dénonce un “coup d’Etat”


Par Euronew, 03/07 21:15 CET

L’armée égyptienne dépose le président Morsi, qui dénonce un “coup d’Etat”


L’armée égyptienne a écarté le président islamiste Mohamed Morsi, au pouvoir depuis un an. Il a été remplacé à la tête de l’Etat par le président du conseil constitutionnel. L’annonce a été faite par chef d‘état-major de l’armée, le général Abdel Fattah al-Sissi, dans une allocution télévisée ce mercredi soir.

L’homme fort de l’armée a annoncé que la constitution était provisoirement suspendue, qu’un gouvernement de technocrates serait nommé pour diriger le pays jusqu’à la tenue d‘élections présidentielles et législatives.
Cette déclaration a été accueillie par une explosion de joie par les manifestants anti-Morsi rassemblés notamment place Tahrir au Caire et ailleurs dans le pays.
Dans le camp de Mohamed Morsi, on dénonce un “coup d’Etat militaire”. Le président déposé appelle d’ailleurs les Égyptiens à résister “pacifiquement” à ce “coup d’Etat”.
Les principaux dignitaires religieux, musulmans et coptes, ont déclaré soutenir cette feuille de route présentée par l’armée.

Plus d'actualités sur : , , , Copyright © 2013 euronew
 http://fr.euronews.com/2013/07/03/egypte-morsi-ecarte-du-pouvoir-la-constitution-provisoirement-suspendue/#.UdR7vz2dZrA.facebook
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A l'annonce de la chute de Morsi je veux rendre un hommage à ma manière :
"Hommage au peuple d'Egypte"
http://www.youtube.com/watch?v=noVJZ6cxZGc&feature=youtu.be

www.youtube.com
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  Le Peuple égyptien démet le dictateur Morsi!
Par Ahmed Benani, 3/7/2013

Tous les pseudo analystes qui avaient sifflé la fin du Printemps Arabe peuvent aller se rhabiller; l'Occident et la plupart de ses médias qui n'ont jamais admis que des révolutions arabes ont cours avec des hauts et des bas depuis 2011 déchantent ce soir. Ces révolutions sont permanentes et continueront à surprendre le monde. Enfin, on est bien installés définitivement dans l'ère post-islamiste.

De grâce qu'on nous parle pas de coup militaire, ce sont bien plus de 22 millions de citoyens égyptiens qui depuis des jours réclament et le départ de de Morsi et la fin de la mainmise des frères musulmans sur la Révolution de janvier. Je rappelle avec force ici que le déclenchement des révolutions arabes, en Tunisie en 2011, au Yémen, en Libye , en Syrie à Bahrein (sans compter les autres espaces arabes) s'est opéré avec des revendications sans référent religieux.

Toutes les mobilisations populaires, avec un rôle prépondérant des femmes, tournaient autour de revendications et de slogans qui mettaient en avant les exigences de liberté, de dignité , de justice et de démocratie. On est bien en présence d'une "mondialisation" et d'une modernité de ces révolutions.
Le renversement de Morsi par "la Mère des Mondes", "Oum Dounya", en est ce soir la plus belle illustration.

L'apparente contradiction entre les mouvements révolutionnaires démocratiques auxquels les formations religieuses n'ont pas participé et les "triomphes" électoraux des gestionnaires du sacré n'est dans le fond qu'un moment d'illusion entretenu par les télévisions satellitaires, Al Jazira et Al Arabiya, leurs muftis et leurs fatwas désuètes.

L'essentiel, aujourd'hui est de saluer la naissance d'une conscience citoyenne et authentiquement démocratique, l'émergence historique d'une révolution inédite et qui fait pâlir de jalousie l'Occident. 
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Morsi destitué par l’armée ! Amère victoire !


Déclaration de l’Organisation Communiste Marxiste-Léniniste Voie Prolétarienne
Le 3 juin à 21 heures, au terme d’un ultimatum, l’Armée égyptienne a destitué Mohamed Morsi, président élu démocratiquement. Elle affirmait ainsi répondre aux aspirations du peuple égyptien qui depuis la fin du mois de juin, hommes et femmes confondus, manifestait par millions contre la politique des Frères musulmans au pouvoir et les menaces qu’ils font peser sur les libertés politiques. Le fond social de ces manifestations est la dégradation de la situation économique du pays, avec ses conséquences dramatiques pour les travailleurs : chômage, inflation. Les grèves des ouvriers et ouvrières des usines, qui avaient commencé avant la chute de Moubarak, n’ont cessé de se développer. 
Le mouvement d’opposition à Morsi a commencé dans les villes, qui pour la plupart n’avaient pas voté en faveur du candidat des Frères musulmans, s’est ensuite étendu à toute l’Egypte. Le mouvement qui a exigé le départ de Morsi s’étend des travailleurs exploités à la bourgeoisie libérale. Cette dernière partage avec les Frères musulmans la défense de l’économie libérale et l’attachement à l’alliance avec les USA. Elle s’oppose à leurs conceptions sociales qui expriment les aspirations d’une moyenne bourgeoisie rurale et traditionaliste, bien qu’ils aient aussi en leur sein de grands bourgeois.

L’Armée, en dépit de son soutien affirmé au peuple, n’est en rien porteuse de ses intérêts. Elle représente une force économique considérable et une puissance politique qui a contrôlé le pouvoir depuis 1952. Depuis l’élection de Morsi, elle se trouvait confrontée à une tentative de marginalisation toute relative. Cette armée n’a jamais reculé, depuis la chute de Moubarak, devant une répression violente des manifestations lorsqu’elle l’a jugé nécessaire. Le 9 octobre 2011, ses chars ont écrasé des coptes qui protestaient contre la censure par la télévision des agressions dont ils étaient victimes : 25 personnes tuées et 300 blessées. Cette armée, équipée par les USA, qui lui allouent chaque année plus d’un milliard de dollars, est plus une affaire commerciale, une force de contrôle populaire par ses services de sécurité hypertrophiés, qu’une force combattante.

Le peuple mobilisé a obtenu le départ de Morsi. Il a fait preuve de sa détermination et de son courage. Il a exprimé la profondeur de ses aspirations à une autre vie. Mais il n’a changé que la couleur de ses oppresseurs. Les programmes des libéraux ainsi que de l’armée d’une part, des Frères musulmans d’autre part, sont bien différents dans le domaine sociétal, dans le rapport à la religion, mais ils sont identiques sur le plan économique (libéralisme) et en politique étrangère, en particulier pour ce qui concerne la coopération avec Israël. Il ne faut pas attendre de l’Armée qu’elle défende les droits des femmes, agressées et violées par centaines pendant les manifestations. En 2011, ce sont ses soldats qui avaient agressé sur la place Tahir, une femme voilée, lui arrachant ses vêtements.

Le peuple mobilisé a obtenu le départ de Morsi. Ce départ est applaudi aussi bien par l’Arabie saoudite qui y voit un revers pour le Qatar, principal soutien et bailleur des fonts du gouvernement Morsi, que par Bachar el Assad, le « démocrate » bien connu. Les USA ont eu une réaction mesurée, car les Frères musulmans ne les gênaient guère. Toutefois, ils n’ont pas à craindre de l’Armée une orientation politique et économique qui aille à l’encontre de leurs intérêts. Et ils savent qu’elle s’emploiera à assurer un retour à l’ordre en Egypte.

Le peuple, les travailleurs exploités, ont été « volés » de leurs mobilisations. Inorganisés, ils n’étaient pas en mesure de faire valoir leurs intérêts économiques et politiques, en face des deux principales forces politiques de l’Egypte, l’Armée et la Confrérie des Frères musulmans. Ce sera nécessairement contre elles qu’ils devront imposer ses intérêts. Sans organisation, sans parti porteur des intérêts des exploités, ces derniers seront toujours frustrés de leurs combats et de leurs sacrifices et contraints de choisir entre la peste et le choléra.

Les soulèvements populaires ne cesseront pas. Pas plus en Egypte qu’ailleurs. Mais les conditions politiques et organisationnelles pour les transformer en une véritable révolution, ouvrant une autre perspective, sont à construire, aussi bien en Egypte, dans les autres pays arabes, que dans les pays d’Europe.

Vive les luttes du peuple égyptien !
Vive la solidarité ouvrière et internationaliste !

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Armées des peuples ?

Par Mohammed Hifad, 4/7/2013

J'ai suivi avec un grand intérêt les derniers événements en Egypte. .Je partage parfaitement  cette régulation de la Révolution égyptienne par le peuple descendu en masse dans la rue et non par l'armée comme le prétendent  le président déchu , son parti et les médias ennemis.

Sans cette intervention de l'armée , l'Egypte irait droit vers une république islamique à l'exemple de l'Iran si ce n'est pire .

Tous les observateurs au fond d'eux-mêmes savent qu'il s'agit de plus en plus d'une dérive et que les islamistes ont volé la Révolution égyptienne des jeunes à cause des  pétrodollars du Qatar et de l'Arabie Saoudite avec la bénédiction et la médiation  de Qaradaoui .

Les Egyptiens et les Tunisiens ont subi le même traitement et ce n'est pas par hasard que les jeunes tunisiens emboîtent aujourd'hui le pas  aux Egyptiens et revendiquent exactement la même chose(1).Les deux peuples tunisiens et égyptiens ont vu leurs Révolutions volées par les islamistes milliardaires financés par le Qatar et l'Arabie Saoudite, ce qui nous a déçus nous aussi en tant qu'observateurs.

En ce 3 juillet 2013, force est de constater que l'armée égyptienne ,fidèle à ses principes , s'est mise courageusement et dignement du côté de son Peuple.

Toutes les dictatures arabes , la peur au ventre , crient au coup d'Etat militaire.

J'ai suivi tous les discours de Morsi .Lorsqu'il a dit ,dans son avant dernier discours ,qu'il allait frapper les  mains de  ses ennemis , cela m'a fait peur, moi qui ne suis pas un citoyen égyptien.

Il ne dit pas qu'il demandera à la justice de faire son travail dans un Etat de droit et de démocratie..On peut compter à chaque discours une vingtaine de fois la répétition de "ana", moi. C'est un dictateur en herbe en plus de son fanatisme religieux.

Le conflit a commencé au moment où les démocrates ont quitté la commission formée pour la mise au point de la constitution et malgré leur départ , les islamistes ont continué leur travail et il les a soutenus et encouragés à finir leur sale boulot heureusement à revoir aujourd'hui .

La goutte qui a fait déborder le verre est la nomination du gouverneur du Luxor , site touristique par excellence, personnage qui appartient à la jamaa qui a commis un attentat justement dans cette ville , ce qui a coûté la vie à plusieurs touristes étrangers à l'époque.

Il faut être un dictateur sanguinaire ou un débile mental pour commettre une telle faute politique.

J'ai apprécié la manière dont l'armée égyptienne a tranché ce conflit et les mesures prises.

Dans un pays comme la Maroc et l'Algérie , sans l'aide de l'armée , il est presque impossible de changer les régimes en place.

Si l'armée a le devoir de protéger le peuple de ses ennemis , elle sait très bien que le régime peut atteindre le stade où il se transforme en un véritable ennemi du peuple et il est de son devoir d'intervenir.

J'ai toujours dit que l'armée doit dépendre du parlement issu du peuple et que les décisions la concernant soient  prises à la majorité absolue.C'est extrêmement dangereux  pour les peuples et la paix à travers le monde , que l'armée dépende d'une seule personne , d'un président ou un roi dictateur ou qui a l'esprit dérangé par exemple.

Au Maroc ,depuis les deux putschs héroïques   de 1971 et 1972  , Hassan II a tout fait pour couper définitivement notre valeureuse armée de son Peuple.

D'abord il a trouvé cette idée de la récupération du Sahara Occidental pour l'éloigner de lui avant tout , ensuite , il a écarté les officiers amazighs des postes clés de l'armée puisque c'étaient eux qui avaient fait les deux coups d'Etat  manqués de 1971 et 1972.

A partir  du recrutement et de la formation , il a coupé l'armée du Peuple qu'elle est censée défendre avant le territoire ,  ses frontières , son unité et intégrité.

Notre armée , comme chez les Pharaons et dans le culte de la personne , est formée pour adorer le roi-dieu ce qui est aux antipodes de sa mission et de son devoir envers le Peuple qui la nourrit et qu'elle devrait défendre en premier lieu même  contre  un président ou  roi dictateur qui s'auto-proclame son chef suprême par abus de pouvoir , ce que chacun sait très bien ..

Quand est-ce que l'armée marocaine et algérienne vont redevenir les armées des peuples marocain et algérien ?

(1)Lien:

dimanche 20 janvier 2013

Femmes du Mali: Disons "NON !" à la guerre par procuration

Slate, 20/1/2013

La féministe Aminata Traoré et de nombreuses personnalités maliennes s'opposent à l'intervention armée au Mali.

Femmes voilées en classe à Gao le 10 septembre 2012. Reuters/Stringer
l'auteur

De la situation dramatique du Mali, il ressort une réalité terrible qui se vérifie dans d’autres pays en conflit: l’instrumentalisation des violences faites aux femmes pour justifier l’ingérence et les guerres de convoitise des richesses de leurs pays.
Les femmes africaines doivent le savoir et le faire savoir.
Autant l’amputation du Mali des deux tiers de son territoire et l’imposition de la charia aux populations des régions occupées sont humainement inacceptables, autant l’instrumentalisation de cette situation, dont le sort réservé aux femmes, est moralement indéfendable et politiquement intolérable.
Nous avons, de ce fait, nous femmes du Mali, un rôle historique à jouer, ici et maintenant, dans la défense de nos droits humains contre trois formes de fondamentalisme: le religieux à travers l’islam radical; l’économique à travers le tout marché; le politique à travers la démocratie formelle, corrompue et corruptrice.
Nous invitons toutes celles et tous ceux qui, dans notre pays, en Afrique et ailleurs, se sentent concernés par notre libération de ces fondamentalismes à joindre leurs voix aux nôtres pour dire «Non» à la guerre par procuration qui se profile à l’horizon. Les arguments suivants justifient ce refus.

Le déni de démocratie

La demande de déploiement de troupes africaines au nord du Mali, transmise par la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et l’Union Africaine (UA) aux Nations Unies, repose sur un diagnostic délibérément biaisé et illégitime.
Il n'est fondé sur aucune concertation nationale digne de ce nom, ni au sommet, ni à la base. Ce diagnostic exclut par ailleurs la lourde responsabilité morale et politique des nations, celles qui ont violé la résolution 1973 du Conseil de Sécurité en transformant la protection de la ville libyenne de Benghazi en mandat de renverser le régime de Mouammar Kadhafi et de le tuer.
La coalition des séparatistes du mouvement national de libération de l'Azawad (MLNA), de Al Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi) et de ses alliés qui a vaincu une armée malienne démotivée et désorganisée doit également cette victoire militaire aux arsenaux issus du conflit libyen.
Le même Conseil de Sécurité va-t-il approuver, dans les jours à venir le plan d’intervention militaire que les Chefs d’Etat africains ont approuvé en prétendant corriger ainsi les conséquences d’une guerre injuste par une guerre tout aussi injuste?
Marginalisée et humiliée dans la gestion de la crise libyenne, l'Union Africaine doit-elle se lancer dans cette aventure au Mali sans méditer les enseignements de la chute du régime de Mouammar Kadhafi?
Où est la cohérence dans la conduite des affaires du continent par les dirigeants africains, dont la plupart s’était opposé en vain à l’intervention de l’OTAN en Libye, lorsqu'ils s’accordent sur la nécessité d'un déploiement de forces militaires au Mali, aux conséquences incalculables.

L’extrême vulnérabilité des femmes dans les zones en conflit

L'international Crisis Group prévient, à juste titre, que:
«Dans le contexte actuel, une offensive de l’armée malienne appuyée par des forces de la Cédéao et/ou d’autres forces a toutes les chances de provoquer davantage de victimes civiles au Nord, d’aggraver l’insécurité et les conditions économiques et sociales dans l’ensemble du pays, de radicaliser les communautés ethniques, de favoriser l’expression violente de tous les groupes extrémistes et, enfin, d’entraîner l’ensemble de la région dans un conflit multiforme sans ligne de front dans le Sahara».
Ces conséquences revêtent une gravité particulière pour les femmes. Leur vulnérabilité qui est sur toutes les lèvres, devrait être présente dans tous les esprits lors des prises de décisions, et dissuasive quand la guerre peut être évitée. Elle peut l'être. Elle doit l’être au Mali.
Rappelons que les cas de viols que nous déplorons dans les zones occupées du Nord de notre pays risquent de se multiplier avec le déploiement de plusieurs milliers de soldats. A ce risque, il faut ajouter celui d’une prostitution plus ou moins déguisée qui se développe généralement dans les zones de grande précarité et par conséquent les risques de propagation du Sida.
Le  plan d’intervention militaire sur lequel le Conseil de Sécurité va se pencher prévoit-il des moyens de mettre réellement les femmes et les fillettes du Mali à l’abri de ce type de situation désastreuse?
Rappelons également que sur l'ensemble du territoire les sanctions économiques imposées par la communauté internationale au peuple malien au nom du retour à un ordre constitutionnel discrédité affectent considérablement les groupes vulnérables.
Les femmes du fait de la division sexuelle des tâches sont confrontées au niveau domestique à l'énorme difficulté d'approvisionnement des familles en eau, nourriture, énergie domestique, médicaments.
Cette lutte quotidienne et interminable pour la survie est déjà en soi une guerre. Dans ces circonstances de précarité et de vulnérabilité des populations, et des femmes en particulier, l'option militaire en préparation est un remède qui a toutes les chances d'être pire que le mal alors qu’une alternative pacifique, émanant de la société malienne, civile, politique et militaire, sera constructive.

Des incohérences de la communauté internationale

Chacun des puissants représentants  de la «communauté internationale»  ainsi que  la Cédéao (la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) et l’UA (Union africaine) ont prononcé des mots à propos de nos maudits maux de femmes en situation de conflit.
A tout seigneur tout honneur,  le président français, François Hollande, qui joue le rôle de chef de file dans la défense de l’option militaire, a souligné la souffrance des femmes «premières victimes des violences de guerre»                                                                                                        
Et pourtant, il a déclaré le 26 septembre 2012, à New York, lors de la réunion spéciale sur le Sahel, en marge de l'Assemblée Générale des Nations Unies:
«Je sais qu'il peut y avoir une tentation de mener des négociations. Négocier avec des groupes terroristes? Il ne peut en être question. Toute perte de temps, tout processus qui s'éterniserait ne pourrait faire que le jeu des terroristes».                                                 
«Il faut savoir terminer une guerre», semblent dire les présidents américains et français.
«La guerre d’Afghanistan s’est prolongée au-delà de la mission initiale. Elle attise la rébellion autant qu’elle permet de la combattre. Il est temps de mettre fin en bon ordre à cette intervention et j’en prends ici l’engagement», déclara le candidat François Hollande dans son discours d’investiture à l’élection présidentielle.
La Secrétaire d’Etat américaine aux affaires étrangères, Hillary Clinton dont l’escale du 29 octobre 2012, à Alger, avait en partie pour objet de convaincre le président Abdelaziz Bouteflika de rejoindre le camp de la guerre, s'était adressée aux chefs d’Etat africains réunis à Addis-Abeba en ces termes :
«En République Démocratique du Congo, la poursuite des actes de violences contre les femmes et les filles et les activités des groupes armés dans la région orientale du pays, sont pour nous une source constante de préoccupation. L’Union Africaine et les Nations Unies ne doivent épargner aucun effort en vue d’aider la RDC à réagir à ces crises sécuritaires incessantes ».
L’initiative du secrétaire des Nations Unies, Ban Ki Moon, intitulée «Unis pour mettre fin à la violence contre les femmes », lancée le 25 janvier 2008, accorde une attention particulière aux femmes de l’Afrique de l’Ouest. C'était avant les guerres en Côte d'Ivoire et en Libye qui ont largement compromis la réalisation des objectifs assignés à cette initiative.
Nous comprenons sa réserve quant au déploiement militaire et espérons qu'il ne soutiendra pas le plan d'intervention des Chefs d'États de la Cédéao. La guerre, rappelons-le, est une violence extrême contre les populations civiles, dont les femmes. Elle ne peut que nous éloigner des objectifs visés par cette initiative. 
Pourquoi les puissants de ce monde qui se préoccupent tant du sort des femmes africaines ne nous disent pas la vérité sur les enjeux miniers, pétroliers et géostratégiques des guerres.
La présidente de la commission de l'UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, pour sa part, souligne qu' «il est crucial que les femmes contribuent à, et s’impliquent activement dans, la recherche d’une solution au conflit. Leurs voix doivent être entendues dans les efforts visant à promouvoir et à consolider la démocratie dans leur pays. A cette fin, vous pouvez, sans aucun doute, compter sur le soutien de l`UA, ainsi que sur mon engagement personnel.»
La nomination pour la première fois d'une femme à ce poste pourrait être un facteur véritable d'émancipation politique pour les femmes et donc de libération du continent, si Nkosazana Dlamini-Zuma accepte d'élargir la base du débat sur les femmes africaines en y intégrant les enjeux globaux qui nous sont dissimulées.

Notre triste statut d’otages

Le Mali est un pays à la fois agressé, humilié et pris en otage par des acteurs politiques et institutionnels qui n'ont aucun compte à nous rendre, à commencer par la Cédéao. L'une des traductions de cette réalité est l'énorme pression exercée sur ce qui reste de l'État malien.
Le Président par intérim, Dioncounda Traoré, est le premier des otages maliens. S’il a cru devoir rappeler, le 19 octobre 2012, lors de la réunion du groupe de soutien et de suivi de la situation de notre pays, qu’il n’est pas un président pris en otage, c’est précisément parce qu’il l’est.
Sinon il n’aurait pas répété à trois reprises, le 21 septembre 2012, la veille de l’anniversaire de l’indépendance de notre pays qu’il privilégie le dialogue et la concertation, et demandé aux Nations Unies, trois jours plus tard, une intervention militaire internationale immédiate.
«J’ai conscience d’être le président d’un pays en guerre mais le premier choix est le dialogue et la négociation. Le deuxième choix est le dialogue et la négociation et», insiste-il « le troisième choix demeure le dialogue et la négociation.  Nous ferons la guerre si nous n’avons pas d’autre choix… », a-t-il déclaré dans son discours à la nation avant de changer d’avis.
Au-delà du président intérimaire, nous sommes tous des otages prisonniers d'un système économique et politique inégalitaire et injuste qui excelle dans l'art de briser les résistances à coup de chantage au financement. La suppression de l'aide extérieur se traduit cette année 2012 par un manque à gagner de 429 Milliards de francs CFA. La quasi totalité des investissements publics sont suspendus.
La fermeture de nombreuses entreprises a occasionnée licenciements et chômage technique pour des dizaines de milliers de travailleurs alors que les prix des denrées alimentaires continuent de flamber. Les pertes les plus importantes sont enregistrées dans les secteurs du bâtiment et des travaux publics.

Paix et intégrité territoriale

Le tourisme, l'artisanat, l'hôtellerie et la restauration, qui subissaient depuis 2008 les conséquences de l'inscription du Mali sur la liste des pays à risques, sont gravement affectés alors qu'ils constitutuaient des sources de revenus substantiels pour les régions aujourd'hui occupées, notamment celle de Tombouctou.
Référence est faite au statut d'otage non point pour dédramatiser l'épreuve insupportable des otages européens et de leurs familles mais pour rappeler l’égale gravité de la situation de tous les êtres humains piégés dans des systèmes dont ils ne sont pas personnellement responsables.
La question est toutefois de savoir comment agir de telle sorte que notre pays retrouve son intégrité territoriale et la paix, et que les six Français détenus par Aqmi retrouvent leurs familles sains et saufs, sans que ces libérations n’ouvrent la voie à une intervention militaire qui mettrait en péril la vie des centaines de milliers d'habitants du Nord Mali qui sont autant d'otages (...)
Nous demandons à toutes celles et à tous ceux qui partagent notre approche d'interpeller immédiatement les principaux acteurs de la communauté internationale, par écrit ou sous toutes autres formes d’expression, en plaidant pour que le Conseil de Sécurité n'adopte pas une résolution autorisant le déploiement de milliers de soldats au Mali.

Signataires :Aminata D. TRAORE ; SISSOKO Safi  SY ; SANOGO Sylvie KONE ; IMBO Mama SY ;  Kadiatou TOURE ;  TRAORE Sélikèné SIDIBE(Vieux) ;  DICKO Rokia SACKO ; Ténin  DIAKITE ;  DOUMBIA Fanta DIALLO ;  KONE Mamou TOURE ;  TRAORE Sarata SANOGO ;  TRAORE Penda DIALLO ; DIABATE Kadiatou KOUYATE ; Aminata BOCOUM ; Oumou KODIO ;  Assatou KAREMBE ; Awa KOÏTA ; Aminata DOUMBIA ; Fatoumata COULIBALY ; Badji BOIRE ; Awa TOURE ; Bintou KONE ; Fatoumata MARIKO ; Mariam KONE ; Minata DIARRA ; Oumou KEITA ; Kadiatou DIALLO ; Kankou KONE ; Rokia NIARE ; Kadia DJIRE ; Ada NANTOUMA ; Awa COULIBALY ; Soungoura DOUMBIA ; Fanta KANTE ; Safiatou COULIBALY ; Djaba TANGARA ; KONE Mama DIARRA ; Ismael DIABATE ; Karamoko BAMBA; Doumbi FAKOLY; Coumba SOUKO ;  Clariste SOH-MOUBE ; Nathalie M’Dela-Mounier ;
Lire la suite de l'appel: