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mardi 16 décembre 2014

Un « Wikileaks marocain » qui secoue le pouvoir


Le monde vu à travers le prisme du Sahara occidental


Depuis deux mois, un faux profil met en ligne sur Twitter les secrets du royaume. Gouvernement et partis politiques n’osent ni analyser ni débattre des conséquences du piratage de milliers de câbles de la diplomatie marocaine.

En apparence il n’est pas très professionnel, et pourtant il a réussi à mettre sens dessus dessous les autorités du pays réputé le plus stable de l’Afrique du Nord : le Maroc. Depuis le 2 octobre, un profil anonyme (@chris_coleman24)1 distille sur Twitter des centaines de câbles de la diplomatie marocaine, de la Direction générale des études et de la documentation (DGED) — l’équivalent marocain de la Central Intelligence Agency (CIA) américaine ou de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) française — et aussi des courriels d’hommes de presse apparemment proches. Il a même mis en ligne des photos privées, comme celles du mariage de la ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères, Mbarka Bouaida, qui n’ont guère d’intérêt.
Tout cela est déversé sur le réseau dans le désordre le plus total — certains documents sont même mis en ligne trois fois — et dans les formats les plus divers. Celui qui se fait passer pour Chris Coleman, l’entraîneur de la sélection de football galloise, a commencé son déballage sur Facebook. Sa page a été fermée. Il a alors émigré sur Twitter, mais son compte a subi le même sort jusqu’à ce qu’il parvienne à convaincre l’entreprise de le rouvrir.
Ses tweets renvoyaient à des documents mis en ligne sur des sites de stockage et de partage de fichiers tels Dropbox, Mediafire ou 4Shared, mais sur ces supports, ses comptes ont été clôturés. «  C’est vrai que depuis quelques jours, le Makhzen2 a multiplié ses menaces pour me décourager  », se plaignait-il sur Twitter. «  Il a mobilisé d’importantes ressources, notamment financières, pour empêcher la diffusion des informations  », ajoutait-il, tout en promettant de continuer à se battre au risque de sa vie. Les métadonnées qui accompagnent ses tweets donnent à penser qu’il est au Maroc, mais il se peut qu’il ait réussi le tour de force de tromper Twitter sur l’endroit où il se trouve.

Un État fâché avec les Nations unies

mardi 4 février 2014

Le Sahara Occidental participera à la semaine internationale contre le colonialisme et le racisme

Le représentant du Front Polisario en France Mansour Omar a annoncé que l’Etat sahraoui participera "en force" à la semaine internationale "contre le colonialisme et le racisme" prévue à la mi-février à Paris (France), a indiqué lundi l’Agence de presse sahraouie (SPS) citant des sources médiatiques.


M. Mansour a fait cette annonce dans une déclaration à la presse à l’issue de la réunion annuelle de la plate-forme française de solidarité avec le peuple sahraoui qu’il a présidée samedi pour l’élaboration de la feuille de route pour l’année en cours.

Cette réunion annuelle de la plate-forme française de solidarité avec le peuple sahraoui a pour objectif de soutenir les réfugiés sahraouis, les territoires occupés et les régions du sud du Maroc. Elle vise également à dénoncer les violations commises contre les détenus sahraouis, notamment le groupe de Gdem Izik dans le cadre d’une campagne de sensibilisation qui sera organisée en France.
Les participants ont notamment mis l’accent sur les dossiers des droits de l’Homme, les richesses naturelles spoliées par le Maroc et la situation des réfugiés sahraouis.

Ils ont également évoqué l’importance de sensibiliser l’opinion publique française sur la nécessité de faire pression sur le gouvernement français pour qu’il prenne des positions positives vis à vis d’un règlement urgent et juste du conflit au Sahara Occidental de manière à permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination.

Lors de cette réunion qui a vu la participation d’associations d’amitié et de solidarité, les participants ont adopté un programme de vacances en faveur des enfants sahraouis pour l’été prochain.

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vendredi 10 mai 2013

Sahara occidental: le Front Polisario fête ses 40 ans

Des militaires fouillent les décombres du camp sahraoui démantelé, à la périphérie de la capitale du Sahara occidental, El-Ayoun, le 8 novembre 2010.

 


Des militaires fouillent les décombres du camp sahraoui démantelé, à la périphérie de la capitale du Sahara occidental, El-Ayoun, le 8 novembre 2010.  Reuters/MAP/Handout

Par RFI, 10/5/2013
 
Le Front Polisario fête, ce vendredi 10 mai, ses 40 ans. C’est un double anniversaire : celui de la création de ce mouvement indépendantiste et celui du déclenchement de la lutte armée pour la libération de l’ex-Sahara espagnol, aujourd’hui administré, à 80 %, par le Maroc, mais toujours considéré comme un territoire non autonome par les Nations unies. Quarante ans après, l’ONU peine toujours à rapprocher les deux parties et le Front Polisario continue d'afficher une farouche détermination à continuer le combat.


Des parades militaires et civiles ainsi que des animations culturelles sont au menu des festivités de cet anniversaire, au camp d’El Ayoun, de Tindouf. De nombreuses personnalités ont été invitées et il y aura, bien entendu, un représentant du gouvernement algérien, accompagné d’une quinzaine de députés algériens – l’Algérie appuie le Polisario – mais aussi le Premier ministre du Lesotho, à la tête d’une importante délégation.
De la lutte du Polisario et de la guerre, 40 ans après, il ne reste plus que d'anciens combattants en treillis qui gardent une poignée de postes militaires au milieu du désert. Il reste également des militaires en civil qui voient grandir leur famille sous une tente dans les camps de Tindouf ainsi que des mines qui, parfois, explosent encore au milieu des sables quand un visiteur imprudent s'aventure.*
Depuis le 6 septembre 1991, un cessez-le-feu est en vigueur au Sahara. Les armes se sont tues, mais l'action se poursuit toujours : une action plus politique, plus diplomatique. D'abord aux Nations unies, mais aussi dans toutes les grandes capitales où le Front Polisario a un représentant. Une action qui se poursuit également sur le terrain, à savoir dans le Sahara, sous administration marocaine. C'est là – dans le Sahara occupé, selon les termes du Front Polisario - que les tensions sont les plus vives.
A Layoune, à Dakhla, ou encore à Smara, les indépendantistes jouent avec les nerfs des autorités marocaines. Régulièrement, des manifestants descendent dans la rue pour réclamer leur droit à l'autodétermination. Face aux forces de l'ordre, les marches dégénèrent - la plupart du temps, jets de cocktails Molotov, barricades et répression – et se soldent souvent par de nombreux blessés, dans les deux camps, et des arrestations.
C'est à une guerre d'usure que se livre une partie de la jeunesse sahraouie - trop jeune pour avoir combattu les armes à la main, mais néanmoins militante - qui dessine des drapeaux du Polisario dans les rues marocaines et fait le V de la victoire dans les médias.
Une jeunesse qui réclame, comme les anciens, 40 ans après, l'organisation d'un référendum d'autodétermination, prévu par les Nations-unies, mais dont l'idée, au fil des ans, semble bel et bien avoir été abandonnée.

Le combat continue
Au sein du mouvement indépendantiste, on reconnaît que le combat, ce sont des larmes et des souffrances ainsi qu’une vie difficile, depuis des décennies, dans les camps de Tindouf, mais c’est aussi une farouche détermination à continuer le combat.
Joint à Tindouf, par RFI, Mohamed Khaddad, membre du secrétariat exécutif du Front Polisario, explique que 40 ans, c’est une longue période et que les Nations unies n’ont pas été à même de résoudre le conflit, mais en tout cas, s’enthousiasme-t-il « Personne ne pouvait s’imaginer, il y a 37 ans, que les Sahraouis pourraient être là, à ce stade de leur combat, tant les forces coalisées étaient si fortes, si importantes, tant les moyens mis en branle pour les anéantir étaient colossaux  », mais malgré l’adversité et malgré ces conditions difficiles, 40 ans après « les Sahraouis sont là pour dire, aujourd’hui : nous sommes là. Non seulement nous avons le droit d’exister, mais nous avons plus que cela : la grande volonté, la ferme volonté de continuer notre combat jusqu’à la réalisation de nos objectifs », a déclaré Mohamed Khaddad.

De leur côté, les Nations unies qui, depuis 1991, ont déployé une mission d’observation du cessez-le-feu – Mission des Nations unies au Sahara occidental (Minurso) – peinent, pour l’instant, à rapprocher les deux parties. Joint par RFI, Jérôme Bernard, un des porte-parole des Nations unies, rappelle que c’est au Maroc et au Front Polisario de trouver une solution.
« Actuellement, Christopher Ross – envoyé personnel du secrétaire général de l’Onu Ban Ki-moon – poursuit ses efforts pour arriver à de réelles négociations entre le Maroc et le Front Polisario. Il a mis en garde contre la poursuite du statu quo ; il a mis en garde contre les risques qui entraîneraient la non-résolution de ce conflit, mais c’est aux deux parties de trouver une solution », a-t-il précisé.
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Nadir Bouhmouch, 9/5/2013
Le Maroc n'a pas encore signé la Convention sur l'interdiction des mines antipersonnel. 
Les Sahraouis souffrent périodiquement de morts ou la perte des membres car le Makhzen ne veut pas enlever ces bombes qui attendent qu'un enfant passe. Il y a plus de 1300 kilomètres couvert avec ces mines. C'est un abus de droits humains. Nous sommes 1 des 3 pays Africains qui ont encore à signer ce traité.
http://www.landmineaction.org/activities/activity.asp?PLID=1021